Le Conseil de sécurité renforce ses sanctions contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC)

12 juin 2009
CS/9679

Le Conseil de sécurité renforce ses sanctions contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC)

12/06/2009
Conseil de sécurité
CS/9679
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6141e séance – après-midi

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ RENFORCE SES SANCTIONS CONTRE LA RÉPUBLIQUE POPULAIRE DÉMOCRATIQUE DE CORÉE (RPDC)

Le Conseil de sécurité a alourdi, ce matin, le régime de sanctions en vigueur contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC), après son essai nucléaire du 25 mai dernier.

Présenté par les États-Unis, la France, le Japon, la République de Corée et le Royaume-Uni, la résolution 1874 (2009), adoptée à l’unanimité, étend les mesures d’embargo sur les armes prévues par la résolution 1718 (2006) à tous les types d’armes et de matériels connexes, à l’exception des armes légères et de petit calibre (ALPC).  Sont également concernés, les opérations financières, la formation, les conseils, les services ou l’assistance techniques liés à leur fourniture, à leur fabrication, à leur entretien ou à leur utilisation.

De même, le Conseil de sécurité demande à tous les États de procéder, « dans le respect du droit international », à l’inspection dans leurs ports maritimes et aéroports, des chargements à destination et en provenance de la RPDC, y compris des navires se trouvant en haute mer, « avec le consentement de l’État du pavillon ».  Si ce dernier n’y consent pas, il devra ordonner au navire de se rendre dans un « port approprié et commode pour les inspections requises ».

Le Conseil appelle les États Membres à empêcher la fourniture de services financiers ou le transit par leur territoire de « tous fonds, autres actifs ou ressources économiques » susceptibles de contribuer aux programmes ou activités nucléaires ou balistiques de la RPDC, en gelant ceux-ci ou en exerçant une « surveillance renforcée ».

Le Conseil de sécurité prie le Secrétaire général de créer, pour une période initiale d’un an, un groupe de sept experts au maximum chargé de suivre les directives du Comité créé en application de la résolution 1718, en vue de l’aider à s’acquitter de son mandat.

Au cours du débat de cette réunion d’urgence demandée par le Japon*, les délégations ont salué l’adoption d’une résolution qui apporte une réponse internationale ferme face à un acte qui, notamment, sape le régime du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et constitue une menace grave à la paix et à la sécurité internationales. 

Elle reflète, selon les États-Unis, la « détermination de la communauté internationale et du Conseil de sécurité à s’exprimer d’une seule voix ».  Pour la Chine et la Fédération de Russie, elle démontre le ferme attachement du Conseil de sécurité à un règlement diplomatique et politique de la question de la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Le représentant russe a insisté sur le fait que le Conseil avait pris ses mesures en vertu de l’Article 41 de la Charte des Nations Unies, et qu’elles n’impliquaient pas, par conséquent, l’« emploi de la force armée ».  S’agissant de l’inspection, question « complexe et délicate » à ses yeux, le délégué chinois a affirmé qu’elle devait respecter les règlements nationaux et internationaux. 

La France s’est félicitée de la « force des sanctions » qui, a observé son représentant, « limiteront la capacité de la RPDC de poursuivre les programmes incriminés, par l’assèchement et le blocage des circuits financiers qui les alimentent ».

Son homologue du Japon a espéré que le Conseil saura « faire changer de cap la RPDC ».  « Pour que ces mesures aient un impact, il est essentiel que tous les États Membres mettent en œuvre ce régime fidèlement », a-t-il déclaré.

La République de Corée, pour qui son voisin a clairement démontré qu’il ne tenait pas compte de ses engagements ou des accords conclus, l’a appelé à rejoindre les pourparlers à six, afin de parvenir à un règlement pacifique de la question nucléaire, en renonçant « une fois pour toutes, à ses armements et à ses programmes nucléaires ».

Dans la résolution adoptée aujourd’hui, le Conseil de sécurité condamne, en effet, « avec la plus grande fermeté », l’essai nucléaire du 25 mai dernier.  Il décide que la RPDC doit abandonner « totalement toutes armes nucléaires et tous programmes nucléaires existants, de façon vérifiable et irréversible », et cesser « immédiatement toutes les activités qui y sont liées ». 

Le Conseil exige de la RPDC « qu’elle ne procède à aucun nouvel essai nucléaire ou tir recourant à la technologie des missiles balistiques ».  Il décide qu’elle doit suspendre « toutes activités liées à son programme de missiles balistiques » et rétablir ses engagements en faveur d’un moratoire sur les tirs de missiles. 

Le Conseil de sécurité exige, en outre, que la RPDC « revienne immédiatement sur l’annonce de son retrait du TNP ».  Il l’engage à adhérer « au plus tôt » au Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) et lui demande de « reprendre les pourparlers à six immédiatement, sans conditions préalables ».

*     S/2009/271

NON-PROLIFÉRATION: RÉPUBLIQUE POPULAIRE DÉMOCRATIQUE DE CORÉE

Texte du projet de résolution S/2009/301

Le Conseil de sécurité,

Rappelant ses précédentes résolutions sur la question, y compris les résolutions 825 (1993), 1540 (2004) et 1695 (2006), et, en particulier, la résolution 1718 (2006), ainsi que les déclarations faites par son président les 6 octobre 2006 (S/PRST/2006/41) et 13 avril 2009 (S/PRST/2009/7),

Réaffirmant que la prolifération des armes nucléaires, chimiques et biologiques et de leurs vecteurs constitue une menace pour la paix et la sécurité internationales,

Se déclarant extrêmement préoccupé par le fait que la République populaire démocratique de Corée a procédé, en violation de la résolution 1718 (2006), à un essai nucléaire le 25 mai 2009 (heure locale), par le défi qu’un essai de ce type pose pour le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et pour les efforts exercés à l’échelon international pour renforcer le régime de non-prolifération des armes nucléaires à travers le monde en prévision de la Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires qui se tiendra en 2010, et par le danger qui en résulte pour la paix et la stabilité dans la région et au-delà,

Soulignant qu’il appuie collectivement le Traité et l’engagement pris de le renforcer dans tous ses aspects, ainsi que l’action mondiale menée en faveur de la non-prolifération des armes nucléaires et du désarmement nucléaire, et rappelant que la République populaire démocratique de Corée ne peut, quoi qu’il en soit, avoir le statut d’État doté d’armes nucléaires, conformément au Traité,

Déplorant que la République populaire démocratique de Corée ait annoncé son retrait du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et sa poursuite de l’arme nucléaire,

Soulignant à nouveau qu’il importe que la République populaire démocratique de Corée tienne compte des autres préoccupations sécuritaires et humanitaires de la communauté internationale,

Soulignant également que les mesures imposées par la présente résolution ne visent pas à avoir des conséquences humanitaires négatives pour la population civile de la République populaire démocratique de Corée,

Se déclarant extrêmement préoccupé par le fait que l’essai nucléaire auquel a procédé la République populaire démocratique de Corée et les activités liées à son programme de missiles ont aggravé les tensions dans la région et au-delà et estimant que la paix et la sécurité internationales continuent d’être manifestement menacées,

Réaffirmant qu’il importe que tous les États Membres défendent les buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies,

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, et prenant des mesures sous l’empire de son Article 41,

1.    Condamne avec la plus grande fermeté l’essai nucléaire effectué par la République populaire démocratique de Corée le 25 mai 2009 (heure locale), au mépris flagrant de ses résolutions sur la question, en particulier des résolutions 1695 (2006) et 1718 (2006), ainsi que de la déclaration faite par son président le 13 avril 2009 (S/PRST/2009/7);

2.    Exige de la République populaire démocratique de Corée qu’elle ne procède à aucun nouvel essai nucléaire ou tir recourant à la technologie des missiles balistiques;

3.    Décide que la République populaire démocratique de Corée doit suspendre toutes activités liées à son programme de missiles balistiques et rétablir dans ce contexte les engagements qu’elle a précédemment souscrits en faveur d’un moratoire sur les tirs de missiles;

4.    Exige que la République populaire démocratique de Corée respecte immédiatement et intégralement les obligations qui lui incombent en vertu des résolutions du Conseil de sécurité sur la question, en particulier de la résolution 1718 (2006);

5.    Exige également que la République populaire démocratique de Corée revienne immédiatement sur l’annonce de son retrait du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires;

6.    Exige en outre que la République populaire démocratique de Corée revienne sans délai au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et aux garanties de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), en gardant à l’esprit les droits et les obligations qu’ont les États parties au Traité, et souligne la nécessité pour tous les États parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires de continuer à respecter leurs obligations en vertu du Traité;

7.    Demande à tous les États Membres de s’acquitter des obligations que leur impose la résolution 1718 (2006), y compris s’agissant des désignations auxquelles le Comité créé en application de la résolution 1718 (2006) (« le Comité ») a procédé, à la suite de la déclaration que son président a prononcée le 13 avril 2009 (S/PRST/2009/7);

8.    Décide que la République populaire démocratique de Corée doit abandonner totalement toutes armes nucléaires et tous programmes nucléaires existants de façon vérifiable et irréversible, et cesser immédiatement toutes les activités qui y sont liées, et respecter strictement les obligations mises à la charge des Parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et les conditions que lui impose l’Accord de garanties (AIEA INFCIRC/403) conclu avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et fournir à celle-ci des mesures de transparence allant au-delà de ces exigences, y compris l’accès aux personnes, à la documentation, au matériel et aux installations qui pourrait être requis et jugé nécessaire par l’Agence;

9.    Décide que les mesures imposées à l’alinéa b) du paragraphe 8 de la résolution 1718 (2006) s’appliquent également à toutes armes et matériels connexes, ainsi qu’aux opérations financières, à la formation, aux conseils, aux services ou à l’assistance techniques liés à la fourniture, à la fabrication, à l’entretien ou à l’utilisation de ces armes ou de ces matériels;

10.   Décide que les mesures énoncées à l’alinéa a) du paragraphe 8 de la résolution 1718 (2006) s’appliquent également à toutes armes et matériels connexes, ainsi qu’aux opérations financières, à la formation, aux conseils, aux services ou à l’assistance techniques liés à la fourniture, à la fabrication, à l’entretien ou à l’utilisation de ces armes ou de ces matériels, à l’exception des armes légères et de petit calibre et des matériels connexes, et prie les États de faire preuve de vigilance concernant la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects d’armes légères et de petit calibre à la République populaire démocratique de Corée, et décide en outre que les États doivent notifier au Comité, au moins cinq jours à l’avance, la vente, la fourniture ou le transfert d’armes légères à la République populaire démocratique de Corée;

11.   Demande à tous les États, en accord avec leurs autorités nationales et conformément à leur législation nationale, dans le respect du droit international, de faire inspecter dans leur territoire, y compris dans leurs ports maritimes et aéroports, les chargements à destination et en provenance de la République populaire démocratique de Corée, si l’État concerné dispose d’informations donnant des motifs raisonnables de penser que tel chargement contient des articles dont la fourniture, la vente, le transfert ou l’exportation sont interdits par les alinéas a), b) ou c) du paragraphe 8 de la résolution 1718 (2006) ou les paragraphes 9 ou 10 de la présente résolution, afin de garantir l’application stricte des dispositions;

12.   Demande à tous les États Membres d’inspecter, avec le consentement de l’État du pavillon, les navires se trouvant en haute mer, s’ils disposent d’informations leur donnant des motifs raisonnables de penser que le chargement de tel navire contient des articles dont la fourniture, la vente, le transfert ou l’exportation sont interdits par les alinéas a), b) ou c) du paragraphe 8 de la résolution 1718 (2006) ou les paragraphes 9 ou 10 de la présente résolution, afin de garantir l’application stricte des dispositions;

13.   Demande à tous les États de coopérer avec les inspections effectuées en application des paragraphes 11 et 12 et décide que, s’il ne consent pas à l’inspection en haute mer, l’État du pavillon ordonnera au navire de se rendre dans un port approprié et commode pour les inspections requises, où les autorités locales procéderont à l’inspection conformément au paragraphe 11;

14.   Décide d’autoriser tous les États Membres à saisir et à détruire, d’une manière qui ne soit pas incompatible avec les obligations que leur imposent les résolutions du Conseil de sécurité sur la question, y compris la résolution 1540 (2004), ni avec les obligations faites aux Parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, à la Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et sur leur destruction du 29 avril 1997 et à la Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication et du stockage des armes bactériologiques (biologiques) ou à toxines et sur leur destruction du 10 avril 1972, les articles trouvés lors des inspections effectuées en application des paragraphes 11, 12 et 13 dont la fourniture, la vente, le transfert ou l’exportation sont interdits par les alinéas a), b) et c) du paragraphe 8 de la résolution 1718 (2006) ou les paragraphes 9 et 10 de la présente résolution, et décide également que tous les États sont tenus de procéder ainsi et de coopérer à cette entreprise;

15.   Demande à chaque État Membre, quand il effectue une inspection en application des paragraphes 11, 12 ou 13 de la présente résolution, ou qu’il saisit et détruit une cargaison en application du paragraphe 14, de présenter rapidement au Comité un rapport contenant des informations détaillées sur ces opérations;

16.   Demande à chaque État Membre, si celui-ci n’obtient pas la coopération de l’État du pavillon à l’application des paragraphes 12 et 13, de remettre rapidement au Comité un rapport contenant des informations détaillées à ce sujet;

17.   Décide que les États Membres devront interdire la fourniture, par leurs nationaux ou à partir de leur territoire, de services de soutage, de combustibles ou autres fournitures, ou la prestation de tous autres services aux navires de la République populaire démocratique de Corée, s’ils sont en possession d’informations les amenant raisonnablement à croire que ces navires transportent des articles dont la fourniture, la vente, le transfert ou l’exportation sont interdits par les paragraphes 8 a), b) ou c) de la résolution 1718 (2006) ou par les paragraphes 9 ou 10 de la présente résolution, sauf si ces services sont nécessaires à des fins humanitaires, ou jusqu’à ce que la cargaison ait été inspectée, saisie et au besoin détruite, et souligne que rien dans le présent paragraphe ne vise pas à compromettre des activités économiques légales;

18.   Invite les États Membres, non seulement à se conformer aux obligations qui leur incombent en vertu des paragraphes 8 d) et e) de la résolution 1718 (2006), mais aussi à empêcher la fourniture de services financiers sur leur territoire, le transfert par leur territoire ou depuis leur territoire, par leurs nationaux ou des entités relevant de leur juridiction (y compris les filiales à l’étranger), ou à des personnes ou institutions financières se trouvant sur leur territoire, de tous fonds, autres actifs ou ressources économiques susceptibles de contribuer aux programmes ou activités de la République populaire démocratique de Corée, en rapport avec les armes nucléaires, les missiles balistiques et autres armes de destruction massive, notamment en gelant les fonds, autres actifs et ressources économiques se trouvant sur leur territoire ou qui se trouveront plus tard sur leur territoire, ou qui sont soumis à leur juridiction ou viendraient à l’être, et seraient associés à ces programmes ou activités et en exerçant une surveillance renforcée, pour prévenir de telles transactions conformément à leur législation et à leur réglementation nationale;

19.   Invite les États Membres et les institutions internationales de financement et de crédit à ne pas contracter de nouveaux engagements en vue de dons, d’une assistance financière ou de prêts concessionnels à la République populaire démocratique de Corée, sauf à des fins humanitaires ou de développement répondant directement aux besoins de la population civile ou de la promotion de la dénucléarisation, et invite également les États à faire preuve d’une vigilance accrue de façon à réduire les engagements actuellement en vigueur;

20.   Invite les États Membres à ne pas accorder à la République populaire démocratique de Corée d’aide financière publique au commerce international (et notamment de ne pas accorder de crédits à l’exportation, de garanties ou d’assurances à leurs nationaux ou aux entités engagés dans un tel commerce) si une telle aide financière est susceptible de contribuer aux programmes ou activités en rapport avec les armes nucléaires, les missiles balistiques et autres armes de destruction massive de la République populaire démocratique de Corée;

21.   Souligne que les États Membres doivent se conformer aux dispositions des paragraphes 8 a) iii) et 8 d) de la résolution 1718 (2006) sans préjudice des activités des missions diplomatiques en République populaire démocratique de Corée qui sont conformes à la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques;

22.   Invite les États Membres à lui rendre compte 45 jours au plus tard après l’adoption de la présente résolution, et par la suite à la demande du Comité, des mesures concrètes qu’ils auront prises pour appliquer effectivement les dispositions du paragraphe 8 de la résolution 1718 (2006) ainsi que les paragraphes 9 et 10 de la présente résolution, ainsi que les mesures financières édictées aux paragraphes 18, 19 et 20 de la présente résolution;

23.   Décide que les mesures édictées aux paragraphes 8 a), 8 b) et 8 c) de la résolution 1718 (2006) s’appliqueront aussi aux articles dont la liste est donnée dans la circulaire INFCIRC/254/Rev.9/Part 1 et INFCIRC/254/Rev.7/Part 2;

24.   Décide qu’il adaptera les mesures édictées par le paragraphe 8 de la résolution 1718 (2006) et par la présente résolution, notamment par la désignation des entités, des marchandises et des individus visés, et donne pour instruction au Comité de faire ce qu’il faut à cet effet, et de lui soumettre un rapport au plus tard 30 jours après l’adoption de la présente résolution, et décide en outre que si le Comité ne l’a pas fait, le Conseil de sécurité parachèvera l’adaptation de ces mesures au plus tard sept jours après avoir reçu ledit rapport;

25.   Décide que le Comité devra intensifier ses efforts pour promouvoir l’application intégrale de la résolution 1718 (2006), la déclaration du Président du Conseil en date du 13 avril 2009 (S/PRST/2009/7) et la présente résolution, par un programme de travail couvrant le respect des dispositions de ces textes, les investigations, l’information, le dialogue, l’assistance et la coopération, qu’il lui soumettra le 15 juillet 2009 au plus tard, et qu’il recevra et étudiera les rapports que les États Membres lui auront soumis en application des paragraphes 10, 15, 16 et 22 de la présente résolution;

26.   Prie le Secrétaire général de créer, pour une période initiale d’un an, en consultation avec le Comité, un groupe de sept experts au maximum (« le Groupe d’experts »), qui suivra les directives du Comité pour accomplir les tâches suivantes : a) aider le Comité à s’acquitter de son mandat, tel qu’il est défini par la résolution 1718 (2006) et des fonctions spécifiées au paragraphe 25 de la présente résolution; b) réunir, examiner et analyser des informations provenant des États, d’organismes des Nations Unies compétents et d’autres parties intéressées concernant l’application des mesures édictées dans la résolution 1718 (2006) et dans la présente résolution, en particulier les violations de leurs dispositions; c) faire des recommandations sur les décisions que le Conseil, le Comité ou les États Membres pourraient envisager de prendre pour améliorer l’application des mesures édictées par la résolution 1718 (2006) et par la présente résolution; et d) remettre au Conseil un rapport d’activité, au plus tard 90 jours après l’adoption de la présente résolution, ainsi qu’au plus tard 30 jours avant l’achèvement de son mandat, un rapport final au Conseil comportant ses conclusions et recommandations;

27.   Engage instamment tous les États, les organismes compétents des Nations Unies et les autres parties intéressées, à coopérer pleinement avec le Comité et avec le Groupe d’experts, en particulier en leur communiquant toutes informations à leur disposition sur l’application des mesures édictées par la résolution 1718 (2006) et par la présente résolution;

28.   Engage les États à faire preuve de vigilance pour empêcher que des ressortissants de la République populaire démocratique de Corée reçoivent un enseignement ou une formation spécialisés dispensés sur leur territoire ou par leurs propres ressortissants, dans des disciplines qui favoriseraient les activités nucléaires de la République populaire démocratique de Corée posant un risque de prolifération et la mise au point de vecteurs d’armes nucléaires;

29.   Engage la République populaire démocratique de Corée à adhérer au Traité d’interdiction complète des essais nucléaires au plus tôt;

30.   Est favorable au dialogue pacifique, demande àla République populaire démocratique de Corée de reprendre les pourparlers à six immédiatement, sans conditions préalables, et engage instamment tous les participants à ces pourparlers à intensifier les efforts qu’ils font pour appliquer intégralement et rapidement les déclarations communes publiées le 19 septembre 2005 et les documents communs publiés le 13 février 2007 et le 3 octobre 2007 par la Chine, les États-Unis d’Amérique, la Fédération de Russie, le Japon, la République de Corée et la République populaire démocratique de Corée, afin de parvenir à une dénucléarisation vérifiable de la péninsule coréenne et de préserver la paix et la stabilité dans la péninsule et dans l’Asie du Nord-Est;

31.   Exprime sa volonté de parvenir à un règlement pacifique, diplomatique et politique de la situation et accueille avec satisfaction les efforts que font certains membres du Conseil ainsi que d’autres États Membres pour faciliter un règlement pacifique et global par le dialogue et pour s’abstenir de toutes décisions susceptibles d’aggraver les tensions;

32.   Affirme qu’il suivra en permanence la conduite de la République populaire démocratique de Corée et se tiendra prêt à examiner le bien-fondé des mesures énoncées au paragraphe 8 de la résolution 1718 (2006) et aux paragraphes pertinents de la présente résolution, y compris de leur renforcement, de leur modification, de leur suspension ou de leur levée, en fonction de ce qui serait nécessaire au vu de la manière dont la République populaire démocratique de Corée se conforme aux dispositions pertinentes de la résolution 1718 (2006) et de la présente résolution;

33.   Souligne qu’il devra prendre d’autres décisions si des mesures supplémentaires s’avèrent nécessaires;

34.   Décide de rester activement saisi de la question.

Déclarations

Mme ROSEMARY A. DICARLO(États-Unis) s’est félicitée de l’adoption d’une résolution qui fournit une réponse internationale solide face au dernier essai nucléaire de la RPDC.  Elle a salué un texte qui exige que ce paysne procède à aucun nouvel essai nucléaire ou tir recourant à la technologie des missiles balistiques.  Elle a estimé que le comportement de la RPDC était inacceptable pour la communauté internationale et qu’elle se devait de réagir.  Elle a salué une résolution qui condamne avec la plus grande fermeté l’essai nucléaire, tout en renforçant l’embargo dans cinq domaines importants et tout en créant un cadre nouveau pour que les États coopèrent dans l’inspection des aéronefs et des navires.  Elle a souligné le caractère novateur et fort des sanctions, avant d’ajouter que cette résolution fournira de nouveaux outils pour empêcher la RPDC de continuer sur la voie de la prolifération.  Elle a exprimé son attachement à une résolution qui reflète la détermination de la communauté internationale et du Conseil de sécurité qui a parlé d’une seule voix.

M. ZHANG YESUI (Chine) a affirmé que la RPDC, en procédant à un nouvel essai nucléaire, faisait fi des objections de la communauté internationale.  La Chine, a-t-il dit, appuie la dénucléarisation de la péninsule coréenne et souhaite que la RPDC s’abstienne de toute mesure déstabilisatrice et revienne aux pourparlers à six.  En effectuant un nouvel essai, la RPDC a violé les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et a entravé l’efficacité du régime international, a-t-il estimé, appuyant une réaction équilibrée et proportionnée du Conseil.  Cette résolution, a-t-il ajouté, montre la détermination du Conseil de sécurité à résoudre pacifiquement la question par le dialogue et les négociations.  Si la RPDC respecte ses dispositions pertinentes, le Conseil examinera le caractère approprié de la suspension des mesures prises contre elle, a-t-il souligné.  Il a également constaté que la question de l’inspection demeurait complexe et délicate, les règles nationales et internationales devant être ainsi respectées à cet égard.  Il a déclaré que le Gouvernement chinois avait toujours préconisé un règlement pacifique de la question de la dénucléarisation de la péninsule.  Le représentant a estimé que les actions du Conseil de sécurité ne devaient pas seulement conduire à des sanctions, les moyens politiques et diplomatiques demeurant les seuls efficaces. 

M. YUKIO TAKASU (Japon) a estimé que la résolution était une réponse ferme à un acte inacceptable qui sape le régime du TNP et constitue une menace grave à la paix et à la sécurité internationales.  Il a mis l’accent sur certains points de la résolution, notamment la décision de condamner avec la plus grande fermeté l’essai nucléaire effectué par la RPDC et d’exiger qu’elle ne procède à aucun nouvel essai nucléaire ou tir recourant à la technologie des missiles balistiques.  Il a aussi salué la décision d’exiger que la RPDC respecte immédiatement et intégralement les obligations qui lui incombent en vertu des résolutions du Conseil de sécurité sur la question, en particulier de la résolution 1718 (2006).  Il a espéré que le Conseil saura faire changer de cap la RPDC.  Pour que ces mesures aient un impact, il est essentiel que tous les États Membres mettent en œuvre ce régime fidèlement.  Le Japon, a-t-il assuré, cherchera à faciliter une solution pacifique à travers le dialogue.  Il déploiera tous les efforts diplomatiques pour parvenir à la dénucléarisation de la péninsule coréenne, dans le cadre des pourparlers à six.  Le Japon espère, a conclu le représentant, que la RPDC décidera d’assurer sa sécurité en renonçant à l’arme nucléaire et en apportant la prospérité à sa population grâce à une coopération avec la communauté internationale. 

M. PHILIP PARHAM (Royaume-Uni) a relevé la fermeté de la résolution pour condamner l’essai nucléaire de la RPDC.  Ce texte démontre que la communauté internationale ne tolèrera plus que cet État passe outre ses obligations internationales, a-t-il dit.  Il a aussi appelé tous les États Membres à mettre en œuvre pleinement et sans retard les mesures prévues par la résolution, notamment le régime des nouvelles inspections.  Il a d’ailleurs assuré de la coopération active de son pays qui continuera à travailler avec ses partenaires de l’Union européenne et des Nations Unies pour une mise en œuvre rapide et efficace des mesures.  Enfin, M. Parham a exhorté la RPDC à s’abstenir à l’avenir de toute provocation, soulignant que cette attitude met en péril la sécurité régionale et isole encore plus le pays.  La RPDC doit revenir à la table des négociations et dialoguer sérieusement avec la communauté internationale, a-t-il ajouté.

M. CLAUDE HELLER (Mexique) a affirmé que la présente résolution constituait un message clair indiquant que les actions de la RPDC étaient inacceptables pour la communauté internationale et menaçaient la paix et la stabilité internationales.  Le représentant a ajouté que son pays, conscient de l’urgence et de la gravité de la situation, s’était uni à son adoption.  Le Mexique partage les préoccupations de la communauté internationale selon lesquelles la décision prise par la RPDC mettait à mal l’aspiration à un monde exempt d’armes nucléaires.  Il a dit espérer que la RPDC tiendra compte de l’appel au dialogue pacifique.  Les actions de la RPDC n’interviennent pas dans le vide, mais dans un contexte de menace constante de prolifération nucléaire, a-t-il expliqué.  Il a ainsi exhorté la RPDC à revenir sur l’annonce de son retrait du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). 

M. LE LUONG MINH (Viet Nam) a déclaré qu’en tant qu’État partie au Traité de Bangkok visant à établir une zone exempte d’armes nucléaires en Asie du Sud-Est, son pays appuyait la création des zones de ce type partout dans le monde.  C’est dans cet esprit, a-t-il dit, que le Viet Nam a toujours soutenu les efforts de dénucléarisation de la péninsule coréenne, cela dans l’intérêt de la paix, de la sécurité et de la stabilité régionales.  Le représentant a indiqué que son pays se ralliait au consensus du Conseil de sécurité selon lequel le règlement du dossier nucléaire nord-coréen doit s’effectuer dans le cadre des pourparlers à six.  Il a expliqué que durant les délibérations, le Viet Nam avait insisté pour que les mesures de non-prolifération, adoptées par le Conseil de sécurité, n’affectent ni la vie quotidienne du peuple de la RPDC, ni les activités humanitaires, économiques et de développement légitimes menées par les autorités de ce pays.  Indiquant que sa délégation a voté en faveur de la résolution 1874, M. Le Luong Minh a tenu à souligner que ce texte réaffirme l’engagement du Conseil à parvenir à une solution pacifique, diplomatique et politique de la situation en RPDC.

M. IBRAHIM DABBASHI (Jamahiriya arabe libyenne) a estimé que les armes de destruction massive n’étaient en aucun cas une source de sécurité, car elles constituaient une menace pour tous les États, qu’ils en soient dotés ou non.  Le monde ne connaitra pas la sécurité tant que nous ne serons pas parvenus à éliminer tous les stocks d’armes nucléaires dans tous les États, a-t-il insisté.  Il a indiqué que son pays avait mis un terme à son programme nucléaire sous la surveillance de la communauté internationale, et a rappelé ses efforts pour que l’Afrique et le Moyen-Orient soient des zones exemptes d’armes nucléaires.  Il a regretté que la communauté internationale n’ait pas offert des mesures d’incitation à la RPDC et n’ait pas tiré parti de l’exemple de la Lybie.  Il a insisté sur le droit de tous les États d’utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.  Tous les États sans exception doivent être soumis aux activités de contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a-t-il ajouté, en souhaitant l’abandon des approches sélectives pour que le Moyen-Orient soit à l’abri de la menace nucléaire.  Il a encouragé le recours au dialogue et aux bons offices et a rappelé que son pays avait toujours encouragé les pourparlers à six.  Nous pensons que les négociations constituent une démarche raisonnable, a-t-il encore dit.  Mon pays, a-t-il conclu, s’est associé à ce texte, rassuré que les mesures imposées ne visent pas la population civile. 

M. RUHAKANA RUGUNDA (Ouganda) s’est félicité de l’unanimité qui a présidé au vote de la résolution.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a estimé que cette résolution représentait une réponse adéquate et une démarche équilibrée, confirmant, en outre, le ferme attachement du Conseil de sécurité à un règlement diplomatique et politique de la question de la dénucléarisation de la péninsule coréenne.  L’action de la RPDC a constitué un coup très dur aux efforts internationaux en faveur du TNP, a-t-il dit, en ajoutant qu’elle a menacé la paix et la sécurité dans la région.  Dans la résolution, les mesures restrictives supplémentaires sont substantielles, ciblées et liées à la nécessité pour la RPDC de cesser ses programmes d’armes nucléaires et de missiles balistiques, a expliqué le représentant.  Il a insisté sur le fait que la résolution contenait une réserve, défendue par son pays, soulignant que les sanctions ne s’appliquent qu’en vertu de l’Article 41 de la Charte des Nations Unies, lequel ne prévoit pas le recours à la force. 

M. JEAN-MAURICE RIPERT (France) a estimé que cette résolution constituait un message très fort adressé à la RPDC.  Il a regretté la voie dangereuse empruntée par ce pays depuis des années, avec un programme de missiles balistiques qui démultiplie la menace de son programme nucléaire.  Il a rappelé que la RPDC avait violé maintes fois le TNP.  Il a fustigé l’attitude de la RPDC qui a demandé à plusieurs reprises des faveurs en contrepartie d’engagements jamais tenus de démanteler les infrastructures nucléaires.  Il a pris note de la réaction du Conseil de sécurité qui est à la hauteur des provocations de la RPDC, en condamnant avec la plus grande fermeté le dernier essai nucléaire, en violation flagrante des résolutions pertinentes.  Le représentant s’est félicité de la force des sanctions qui limiteront la capacité de la RPDC de poursuivre les programmes incriminés, par l’assèchement et le blocage des circuits financiers qui alimentent les programmes.  Dans les mois à venir, a dit le représentant, il faudra que le Conseil se mette d’accord sur les individus qui méritent des sanctions supplémentaires.  Il a aussi insisté sur l’importance des activités de suivi et d’assistance aux États qui en auront besoin.  Au cours de la prochaine Conférence d’examen du TNP en mai 2010, a-t-il encore dit, nous ne pourrons passer sous silence la menace de la prolifération qui pèse sur le monde.  Il a appelé la RPDC à reprendre les pourparlers à six et à rétablir des relations normales avec ses voisins, en estimant que sa population en sera la première bénéficiaire. 

M. PAUL ROBERT TIENDRÉBÉOGO (Burkina Faso) a déclaré que sa délégation, avec l’ensemble de la communauté internationale, condamnait avec la plus grande fermeté l’essai nucléaire de la RPDC.  Il a dit que cet essai était en contradiction avec les résolutions pertinentes du Conseil et portait en lui les germes d’une exacerbation des tensions dans la péninsule coréenne.  Nous espérons, a-t-il ajouté, que dans la mesure où elle prend en compte tous les paramètres essentiels de la question, la résolution 1718 du Conseil de sécurité contribuera aux efforts visant à trouver une solution durable.  Il a salué des mesures ciblées qui ont le souci d’éviter un impact négatif sur la population nord-coréenne.  Il a exhorté la RPDC à reprendre sa coopération avec l’AIEA, ainsi que les pourparlers à six qui demeurent le cadre diplomatique le plus approprié pour une sortie de crise.

M. THOMAS MAYR-HARTING (Autriche) s’est félicité de l’adoption à l’unanimité de cette résolution.  Celle-ci, a-t-il dit, constitue une réaction claire et sans ambiguïté face à la menace que représente l’essai nucléaire nord-coréen.

M. RONKA VILOVIC (Croatie) a appelé la RPDC à rejoindre les pourparlers à six et à revenir sur l’annonce de son retrait du TNP.

M. JORGE URBINA (Costa Rica) a jugé important que le Conseil de sécurité ait pu trouver le consensus nécessaire pour réagir à un défi majeur à la paix et à la sécurité internationales.  La décision du Conseil devait accélérer le renforcement du régime international de non-prolifération, a-t-il dit.  Elle offre également, selon lui, l’occasion à la RPDC de reprendre la voie du dialogue avec la communauté internationale. 

M. BAKI İLKIN (Turquie) a déclaré que l’essai nucléaire de la RPDC constituait une violation des résolutions 1695 et 1718 du Conseil de sécurité.  Nous pensons que ces actions sapent la crédibilité et la confiance dans la région.  Il a appuyé le fait que le Conseil de sécurité ait transmis un message clair et unifié contre cet acte provocateur.  Il a espéré que la RPDC et la communauté internationale respecteront les dispositions de cette résolution, en soulignant que les pourparlers à six constituent le meilleur moyen de parvenir à une dénucléarisation de la péninsule coréenne.  

M. PARK IN-KOOK (République de Corée) a estimé que l’essai nucléaire mené par la RPDC posait un grave problème à la paix et à la sécurité dans la péninsule coréenne et au-delà.  Ce faisant, ce pays a clairement démontré qu’il ne tenait pas compte ni des engagements qu’il a pourtant pris dans la Déclaration conjointe de 2005, ni des autres accords conclus dans le cadre des pourparlers à six, a déclaré le représentant.  Cet essai constitue également une violation des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, a-t-il ajouté, avant de saluer et de soutenir pleinement le texte adopté aujourd’hui.  Il exprime, a-t-il dit, la ferme volonté de la communauté internationale de répondre collectivement aux provocations de la RPDC.  Le représentant a exhorté ce régime à en respecter intégralement les dispositions et à s’abstenir de toute action susceptible d’aggraver la situation actuelle.  Il a enfin appelé la RPDC à rejoindre les pourparlers à six afin de parvenir à un règlement pacifique de la question nucléaire et renoncer, une fois pour toutes, à ses armements et à ses programmes nucléaires.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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