Après la démission du Premier Ministre népalais, le Conseil juge urgent que le Gouvernement et les partis politiques continuent de collaborer entre eux

5 mai 2009
CS/9652

Après la démission du Premier Ministre népalais, le Conseil juge urgent que le Gouvernement et les partis politiques continuent de collaborer entre eux

05/05/2009
Conseil de sécurité
CS/9652
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Conseil de sécurité

6119e séance – matin

APRÈS LA DÉMISSION DU PREMIER MINISTRE NÉPALAIS, LE CONSEIL JUGE URGENT QUE LE GOUVERNEMENT ET LES PARTIS POLITIQUES CONTINUENT DE COLLABORER ENTRE EUX

Au lendemain de la démission du Premier Ministre maoïste du Népal, le Conseil de sécurité a fait part de sa préoccupation face à la crise politique que connaît le pays.  Dans une déclaration lue par son Président pour le mois de mai, M. Vitaly Churkin, de la Fédération de Russie, les membres du Conseil ont souligné qu’il faut d’urgence que le Gouvernement népalais et tous les autres partis politiques continuent à collaborer entre eux, dans un esprit de compromis.   Notant les mesures prises à ce jour pour mettre en œuvre le processus de paix et rappelant qu’ils soutiennent pleinement ce processus, les membres du Conseil ont en outre réaffirmé leur plein appui à la Mission des Nations Unies au Népal (MINUNEP). 

Le Chef de la Mission et Représentante du Secrétaire général, Mme Karin Langdren, avait préalablement fait un exposé sur l’évolution de la situation dans le pays.  Elle a expliqué que la démission, intervenue hier, du Premier Ministre maoïste, M. Pushpa Kamal Dahal « Prachanda », constitue le point culminant des tensions entre l’armée népalaise, soutenu par le Président de la République, M. Ram Baran Yadav, et le Parti communiste unifié du Népal/Maoïste (UCPN-M) au pouvoir.

À l’origine des tensions, Mme Langdren a cité le recrutement par l’armée népalaise de 3 000 nouveaux membres, « une violation de l’Accord global de paix de 2006 ainsi que de l’Accord sur la gestion et le contrôle des armes et des armées »; le rétablissement dans leurs fonctions de huit généraux de brigade retraités et ce, contre l’avis du Ministère de la défense; et le désistement de membres de l’armée népalaise à plusieurs événements liés aux Jeux nationaux. 

Alors même que le Gouvernement demandait le 3 mai, la démission du chef d’état-major, le général Katawal, le Président de la République lui ordonnait de rester à son poste.  Le Premier Ministre, qui avait menacé de quitter le Gouvernement si aucun compromis satisfaisant n’était trouvé, a mis sa menace à exécution le 4 mai, même si dans une allocution télévisée à la nation, il a exhorté le pays à respecter le processus de paix ainsi que l’esprit et la lettre de la Constitution provisoire, affirmant que son geste avait pour objectif de parvenir à une sortie rapide de la crise politique actuelle.

Pour la Représentante du Secrétaire général, ces développements auront des répercussions sur le processus d’élaboration de la nouvelle constitution.  À moyen terme, les risques existent qu’une paralysie empêche la formation d’un nouveau gouvernement et la poursuite des activités de la Mission, en premier lieu l’intégration et la réhabilitation des combattants de l’armée maoïste. 

Intervenant au cours d’un débat auquel ont pris part tous les membres du Conseil, le représentant du Népal a assuré que l’Assemblée constituante travaille sérieusement, tout comme le Comité spécial et la Commission technique chargés de superviser, d’intégrer et de réhabiliter les combattants de l’armée maoïste.  Il a indiqué que les préparatifs pour la libération des mineurs avancent de façon significative, avec l’aide de la MINUNEP et d’autres institutions de l’ONU.  Nous sommes déterminés à remplir nos obligations à cet égard, a-t-il ajouté, avant d’assurer que son gouvernement ferait tous les efforts possibles pour permettre à la MINUNEP de mener ses activités jusqu’à la fin de son mandat.

LETTRE DATÉE DU 22 NOVEMBRE 2006, ADRESSÉE AU PRÉSIDENT DU CONSEIL DE SÉCURITÉ PAR LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL (S/2006/920)

Rapport du Secrétaire général sur la demande que le Népal a faite à l’ONU d’appuyer son processus de paix ( S/2009/221)

Dans ce rapport, le Secrétaire général fait le point sur les progrès accomplis dans le cadre du processus de paix et de l’exécution du mandat de la Mission des Nations Unies au Népal (MINUNEP) depuis le 2 janvier 2009, et ce dans la perspective d’une nouvelle réduction des effectifs de la Mission.  La Mission est dirigée par Mme Karin Landgren, la nouvelle Représentante du Secrétaire général au Népal, depuis février 2009.  Elle a remplacé M. Ian Martin, qui occupait le poste de Représentant du Secrétaire général depuis février 2007.

Concernant les activités de la Mission, le rapport note que, dans le cadre de l’Accord sur le contrôle et la gestion des armes et des armées, le Bureau du contrôle des armements de la MINUNEP continue de veiller à ce que l’armée népalaise et l’armée maoïste permettent aux contrôleurs des armements de surveiller en permanence le dépôt d’armes de l’armée népalaise et les zones de stockage des sept principaux cantonnements de l’armée maoïste.  D’autres opérations sont menées par des équipes mobiles depuis le siège du Bureau du contrôle des armements à Katmandou.

Ban Ki-moon souligne également que les spécialistes des affaires politiques ont continué d’évaluer l’état d’application de l’Accord de paix global et des autres accords pertinents, et ont suivi les travaux de l’Assemblée constituante.  Il signale que les difficultés politiques continuent de peser sur les relations entre les parties prenantes.  Il note que, qu’il s’agisse des décisions « contestables » prises par le Gouvernement sous la domination du Parti communiste népalais-maoïste ou par l’armée népalaise en ce qui concerne le personnel militaire, la tension qui en résulte favorise un climat de méfiance susceptible d’empêcher les différentes parties de progresser sur les modalités d’intégration et de réadaptation. 

Le Secrétaire général estime que l’esprit de coopération nécessaire pour faire avancer le processus de paix doit être revigoré, nombre d’accords entre le Gouvernement et les autres entités, partis ou groupes, n’ayant pas été honorés.  Enfin, Ban Ki-moon réaffirme que tous les responsables doivent s’efforcer de susciter la confiance du public dans le processus de paix du Népal, « ainsi qu’un sentiment d’unité nationale et un dessein communs ».

Déclarations

Mme KARIN LANDGREN, Représentante du Secrétaire général au Népal et Chef de la Mission des Nations Unies au Népal (MINUNEP), est revenue sur les événements récents dans le pays.  Présentant brièvement le rapport du Secrétaire général, elle a d’abord souligné que les progrès que le processus de paix a réalisés depuis janvier restaient entachés par des différends persistant entre partis politiques, le faible degré de consultations préalables aux plus importantes prises de décisions et un climat général de méfiance mutuelle. 

Se référant ensuite aux évènements du lundi 4 mai, la Représentante a déclaré que la démission du Premier Ministre maoïste, M. Pushpa Kamal Dahal « Prachanda », constituait le point culminant des tensions entre le parti du Gouvernement, le parti communiste unifié du Népal, le chef de l’État et le chef d’état-major.  Les maoïstes voient dans les positions défendues par le chef des forces armées et les autres principaux partis politiques un moyen de saper leur influence et l’action gouvernementale, tandis que leurs détracteurs considèrent que les actions des maoïstes démontrent leur intention de s’arroger l’entièreté du pouvoir, a poursuivi Mme Landgren. 

Ces développements ont des répercussions sur le fonctionnement des institutions, le processus d’élaboration de la nouvelle constitution et, à moyen terme, des risques existent qu’une paralysie empêche la formation d’un gouvernement et la poursuite des activités de réintégration et de réhabilitation des combattants de l’armée maoïste.  Karin Landgren a énuméré les raisons qui ont conduit le Premier Ministre à démissionner.  Elle a indiqué que cette décision faisait suite à plusieurs événements survenus au cours des deux dernières semaines.  Le 20 avril, a-t-elle rappelé, le Cabinet a demandé que le général Katawal fournisse des éclaircissements sur trois problèmes récents, et tout d’abord, le recrutement par l’armée népalaise de 3 000 nouveaux membres, fin 2008, en violation de l’Accord global de paix de 2006 et de l’Accord sur la gestion et le contrôle des armes et des armées.  Elle a précisé que l’armée n’avait pas tenu compte de la demande du Gouvernement de mettre fin au recrutement. 

Le second problème concerne le rétablissement dans leurs fonctions de huit généraux de brigade retraités contre l’avis du Ministère de la défense et le troisième problème porte sur le désistement des membres de l’armée népalaise à plusieurs événements liés aux Jeux nationaux, cela après que des athlètes de l’armée maoïste aient été autorisés à concourir à la dernière minute. 

La Représentante du Secrétaire général a ensuite indiqué que les deux premiers problèmes avaient été portés à l’attention de la Cour suprême qui devrait rendre bientôt un avis.  De son côté, le chef d’état-major, dans sa réponse au Premier Ministre, le 21 avril, a déclaré n’avoir jamais défié la légitimité de l’autorité civile, tout en clamant que le Premier Ministre ne disposait pas de l’autorité constitutionnelle pour le contraindre à démissionner.  Mme Langdren a également noté que, le 24 avril, des sources médiatiques avaient obtenu de la part d’officiers de l’armée népalaise des informations détaillant un possible coup militaire.  Le 3 mai, la coalition gouvernementale a explosé après le retrait du parti communiste népalais maoïste. 

Le même jour, le Président de la République a ordonné au chef d’état-major, le général Katawal, de rester à son poste contre l’avis du Gouvernement qui l’avait limogé la veille.  Le Premier Ministre, qui avait menacé de quitter le Gouvernement si aucun compromis satisfaisant n’était trouvé, a mis sa menace à exécution le 4 mai.  Dans son allocution télévisuelle à la nation, il a exhorté le pays à respecter le processus de paix, ainsi que l’esprit et la lettre de la Constitution provisoire, affirmant que sa démission avait pour objectif de parvenir à une sortie rapide de la crise politique actuelle.  Il s’en est, en outre, pris aux forces internationales et étrangères qui, en s’ingérant dans les affaires politiques du Népal, sapent l’intégrité et la souveraineté du pays.

Notant la promesse du Premier Ministre de continuer à rester dans le processus de paix, dans l’opposition, Mme Langdren a rappelé que de nombreux engagements doivent encore être honorés, comme l’élaboration d’un projet de constitution, ainsi que l’intégration et la réhabilitation des soldats maoïstes.  La Représentante du Secrétaire général a estimé que les multiples saisines de la Cour suprême illustraient la faiblesse de l’accord politique et l’absence d’un mécanisme efficace de règlement des différends.  Elle a appelé les parties à travailler activement dans un esprit renouvelé de consensus et de compromis afin de protéger les acquis et garantir des progrès.  Les défis de demain ne pourront pas être relevés sans un haut degré de coopération politique et une vision commune, a-t-elle conclu. 

M. PHILIP PARHAM (Royaume-Uni) a exprimé sa préoccupation face à la situation sur le terrain.  Il s’est cependant dit encouragé par les garanties données par les différentes parties qu’elles restent engagées dans le processus de paix.  Il est important que tous les partis politiques s’engagent en faveur de l’Accord de paix de 2006, a-t-il ajouté, appelant à résoudre la crise sans nuire à cet Accord.  La situation sur le terrain sera importante pour évaluer l’opportunité de mettre fin à la Mission des Nations Unies en juillet prochain, a-t-il estimé.  Le représentant a appelé la communauté internationale à porter ses efforts sur l’aide aux Népalais pour résoudre la crise actuelle.  C’est un processus de fond auquel toutes les parties au processus de paix doivent participer, a-t-il dit.

Mme SUSAN RICE (États-Unis) a estimé que les partis politiques doivent s’engager dans le dialogue pour sortir de l’impasse et garantir la continuité d’un gouvernement légitime.  La formation d’un nouveau gouvernement ne doit pas traîner, a-t-elle souhaité, demandant aussi que soient évités les « bains de sang ».  Elle a aussi averti du mauvais usage des groupes politiques de jeunes qui peuvent mettre à mal le processus de paix.  Les États-Unis exhortent la ligue communiste à renoncer aux violences, a précisé Mme Rice, et nous incitons tous les partis à mener des activités pacifiques et constructives.  Nous espérons, a-t-elle poursuivi, que le Gouvernement va adopter immédiatement les recommandations du Représentant spécial pour la démobilisation.  Elle a cependant noté que de nombreux aspects de l’Accord de paix ne sont pas encore respectés.  Comme l’indique le rapport du Secrétaire général, certains progrès ont été accomplis dans l’intégration de l’armée népalaise mais ces progrès sont menacés par les évènements récents, a-t-elle averti.

M. YUKIO TAKASU (Japon) a exprimé sa profonde préoccupation face à l’évolution de la situation politique au Népal, après le congédiement du chef des armées et la démission du Premier Ministre.  Il a dit soutenir l’appel lancé hier par le Secrétaire général qui demandait aux parties de faire preuve de retenue et d’arriver à un consensus politique.  Rappelant les progrès accomplis par le pays depuis l’Accord de paix de 2006, avec la présence de la Mission des Nations Unies depuis deux ans, il a aussi souligné les avancées constatées dans la rédaction du projet de constitution népalaise.  Malgré les évènements politiques récents, a-t-il ajouté, nous sommes encouragés par l’assurance donnée par le parti maoïste qu’il s’engage dans le processus de paix, et notamment qu’il participe à la rédaction de ce texte.  En ce qui concerne la démobilisation et l’intégration des soldats maoïstes, a poursuivi M. Takasu, cette tâche est essentielle pour le processus de paix mais difficile à accomplir.  Nous ne jugeons pas réaliste de considérer que cela peut être réalisé dans les trois prochains mois, a-t-il estimé.  Il a invité les partis à mener des consultations de bonne foi et dans un esprit de coopération.  Il est urgent notamment de trouver une solution pour les 19 000 soldats de l’armée maoïste, a-t-il ajouté, afin de contribuer à la reconstruction et au développement du pays.

M. LA YIFAN (Chine) a déclaré que l’Assemblée constituante devrait finaliser d’ici au 15 juillet les dispositions liées à la réinsertion et à la démobilisation des éléments non qualifiés de l’armée maoïste.  La communauté internationale, y compris par le biais de la MINUNEP, doit continuer d’accompagner ses efforts, a-t-il ajouté.  Notant ensuite l’évolution récente de la situation au Népal, le représentant a demandé à tous les partis politiques de faire preuve d’esprit de compromis en vue de régler les différends qui les divisent et avancer main dans la main pour protéger le processus de paix.  Il a ensuite rendu hommage au personnel de la Mission, qu’il a qualifié de « dévoué », notamment concernant son rôle dans la supervision des activités de désarmement et d’assistance à la réintégration et à la réhabilitation des combattants réguliers cantonnés de l’armé maoïste.

M. BUI THE GIANG (Viet Nam) a rappelé que sa délégation avait réagi de manière positive à la situation décrite par le Secrétaire général dans son rapport, une situation relativement stable au cours de la période considérée.  Toutefois, a-t-il dit, nous demeurons inquiets quant aux questions non résolues, touchant notamment à la situation politique, aux revendications ethniques et à la nouvelle structure fédérale du pays.  Le représentant a demandé à son tour à tous les partis politiques de faire preuve de retenue en assurant l’unité nationale dans un esprit de compromis.  Il en va, a-t-il estimé, de la relance du processus de paix, dont la mise en œuvre dépend pour partie de l’action importante de la MINUNEP, en particulier s’agissant de la bonne conduite des activités de désarmement.

M. BAKIN İLKIN(Turquie) a affirmé que le degré de coopération entre les différentes parties prenantes au processus de paix au Népal demeurait insuffisant.  À vrai dire, la démission du Premier Ministre Prachanda constitue une manifestation flagrante de cette situation volatile, a-t-il dit, ajoutant que cette décision risquait de porter un coup aux efforts de stabilisation du pays.  Nous souhaitons ardemment que la crise actuelle soit résolue dans le calme et de manière démocratique afin d’éviter de saper le processus de paix, a encore dit le représentant.  Il a ensuite appelé lui aussi les parties au conflit à travailler de concert dans un esprit de compromis et de coopérer activement pour remettre  le processus de paix sur les rails.  M. İlkin a ensuite salué l’action de la Mission, dont le rôle restera important dans le contexte actuel.  Il a jugé prématurées les discussions concernant une stratégie de retrait de la MINUNEP, l’urgence étant d’unifier toutes les forces en présence pour résoudre la crise politique et appuyer tous les efforts qui permettront de préserver le processus de paix de 2006. 

M. CLAUDE HELLER (Mexique) s’est dit convaincu que les efforts de la Représentante du Secrétaire général et de la MINUNEP contribueront utilement au processus politique au Népal.  Le Comité spécial chargé de surveiller l’intégration et la réinsertion de l’armée maoïste s’est réuni pour la première fois le 16 janvier, puis plusieurs fois, a-t-il rappelé.  Il a aussi souligné la création d’un Conseil constitutionnel et celle d’un Conseil d’union nationale, qui vont dans le sens des efforts de rédaction de la nouvelle constitution.  Malgré ces avancées, a-t-il confié, nous sommes préoccupés par les récents évènements dont les conséquences ne sont pas encore connues de tous.  Nous souhaitons que les parties reprennent le dialogue pour une issue heureuse du processus de paix.  Le recrutement de soldats par l’une ou l’autre des deux anciennes armées constitue une violation de l’Accord de paix global, a-t-il tranché, avant d’inviter le Gouvernement du Népal à poursuivre sa collaboration avec le Bureau de la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

M. THOMAS MAYR-HARTING (Autriche) a espéré qu’un Gouvernement stable au Népal, jouissant du plus grand consensus possible, serait formé au plus tôt.  Encouragée par l’évolution positive du processus de paix au cours des trois premiers mois de cette année, notamment avec la rédaction du projet de constitution, l’Autriche est prête à appuyer ce processus en apportant ses compétences, a-t-il assuré.  Le représentant a jugé malheureux que malgré les progrès enregistrés, la question de la démobilisation et du désarmement soit au cœur de la crise actuelle.  Il a été déçu que la démobilisation des 3 000 soldats mineurs de l’armée maoïste soit retardée.  Selon lui, il est nécessaire que toutes les mesures prises dans ce domaine ne se révèlent pas vaines.  Il faut avancer au plus vite dans la réintégration des mineurs, de façon transparente et en étroite collaboration avec les Nations Unies.  Le représentant a aussi mis l’accent sur la lutte contre l’impunité.  Dans les mécanismes de justice transitionnelle que le Gouvernement cherche à mettre en place, il faut assurer la protection nécessaire aux femmes et aux enfants, en incluant des dispositions sexospécifiques.  Le Bureau des droits de l’homme au Népal doit en outre continuer à jouer un rôle important sur le terrain, a estimé le représentant, avant de réaffirmer son plein appui à la MINUNEP. 

M. BONAVENTURE KOUDOUGOU (Burkina Faso) a appelé les parties à arriver à une vie politique plus apaisée, les encourageant à sauver les progrès accomplis dans l’élaboration de la constitution.  L’intégration et la réinsertion des combattants maoïstes est une des questions les plus importantes, selon lui.  La mise en place du Comité technique constitue une avancée notable dans ce domaine.  Il est certain que les acquis ne pourront être renforcés que dans un climat sociopolitique serein et les efforts dans ce sens doivent être soutenus, a-t-il souhaité.  Nous exhortons l’Équipe de pays et ses partenaires à poursuivre leurs efforts dans ce sens.  Nous appelons aussi le Gouvernement à respecter les engagements pris, en prenant en compte, en particulier les droits des minorités, une question qui reste problématique.  Le représentant a enfin réitéré son soutien à la MINUNEP, l’appelant à favoriser la démobilisation des enfants.

M. JORGE URBINA (Costa Rica) a déclaré que face à la situation actuelle, le Conseil devait exhorter les parties à faire preuve de maturité politique.  Il faut que les parties au conflit continuent à coopérer pour permettre notamment la poursuite des travaux de la MINUNEP, et qu’elles envoient un message d’unité nationale au peuple népalais, qui au cours des dernières élections a manifesté son attachement au processus de paix.  Le représentant a ajouté que l’effort du Gouvernement devait être axé sur la lutte contre l’impunité, la bonne gestion des modalités de réinsertion des anciens combattants de l’armée maoïste et le renforcement des droits de l’homme.  Les parties à la crise actuelle doivent démonter un plus grand esprit de coopération afin que le peuple népalais puisse jouir des bénéfices qui découleront de la réussite du processus de paix, a conclu M. Urbina.

M. RUHAKANA RUGUNDA (Ouganda) a demandé aux parties de régler par le dialogue leurs différends et de trouver une solution durable dans le cadre du processus constitutionnel en cours.  Selon lui, l’Assemblée constituante pourra réconcilier les opinions présentées par les différents partis politiques, ces derniers devant assurer la poursuite du processus de paix en dépit des obstacles actuels.  Il a ensuite estimé que l’intégration des combattants maoïstes dans l’armée régulière népalaise aurait pour effet positif de renforcer l’unité nationale.  Dans ce cadre, le rôle de la MINUNEP en faveur de la stabilité et du soutien au processus de paix est encore plus essentiel que jamais, a dit le représentant, la paix juste et le développement durable au Népal devant être l’objectif ultime soutenu activement par la communauté internationale. 

M. JEAN-PIERRE LACROIX (France) a évoqué le risque non négligeable de remise en cause du processus de paix au Népal, malgré les avancées récentes.  Constatant que le Népal assure que les conditions sont réunies pour achever ce processus avant la fin du mandat de la MINUNEP, il a cependant émis des doutes au vu des problèmes de démobilisation des combattants maoïstes.  Il a dit attendre la libération des mineurs détenus dans les camps de l’armée maoïste, une situation qu’il a qualifiée d’« intolérable ».

M. ABDURRAHMAN MOHAMED SHALGHAM (Jamahiriya arabe libyenne) a souhaité que le peuple népalais puisse jouir de la paix et de la stabilité tant attendues.  Évoquant les progrès accomplis en ce qui concerne le futur des deux armées et la rédaction de la constitution, il a espéré que les avancées se poursuivraient.  Il a notamment émis l’espoir que le processus de réhabilitation et de réinsertion serait achevé prochainement.  Le représentant s’est préoccupé des enlèvements et des meurtres, ainsi que du refus de certains groupes de participer au dialogue.  Nous exhortons tous les acteurs à respecter les institutions nationales et l’Accord de paix global, a-t-il dit.  Il a aussi appelé à tenir compte des besoins des groupes marginalisés.  Enfin, il a partagé l’avis du Secrétaire général selon lequel les continuels défis politiques ont épuisé les uns et les autres, au détriment du processus de paix.

M. VICE SKRAČIĆ (Croatie) s’est préoccupé de la situation actuelle qui nuit à tous les acquis engrangés jusqu’ici.  Il a lancé un appel à toutes les parties pour qu’elles fassent preuve de retenue et qu’elles avancent par la voie du dialogue.  Il s’est dit cependant encouragé par l’engagement de certains acteurs politiques en faveur du processus de paix.  Demandant la démobilisation des mineurs se trouvant dans les camps, il a aussi appelé le Gouvernement à créer les conditions favorables à la poursuite des activités de la MINUNEP, assurant appuyer la Mission et la Représentante du Secrétaire général.

En sa capacité nationale, M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a noté, à son tour, les progrès accomplis dans les domaines clefs du processus de paix népalais, notamment les discussions en cours sur l’avenir des deux armées, la mise en place d’un Conseil constitutionnel et d’un Conseil national de sécurité.  Il a ensuite exprimé sa préoccupation face aux événements survenus au cours des derniers jours.  Des différends voient le jour, qui pourraient saper le processus de paix et qui, de ce fait, doivent être réglés de manière démocratique, a-t-il plaidé.  M. Churkin a conclu en disant que dans ce contexte, la MINUNEP doit pouvoir tenir son rôle en matière d’assistance technique au processus démocratique et aider le peuple et les autorités népalaises, aux cotés de la communauté internationale, à surmonter leurs problèmes.

M. MADHUBAN PRASAD PAUDEL (Népal) a constaté que le processus historique de transformation de son pays a connu des hauts et des bas après la signature de l’Accord de paix en 2006, mais il a dit croire en la souplesse des partis politiques pour régler les différends.  Il a réaffirmé que ces partis sont engagés dans le dialogue avec pour but de dégager un consensus conforme à l’esprit de l’Accord de paix global.  L’Assemblée constituante travaille sérieusement à la rédaction de la constitution, a-t-il ajouté, et le peuple népalais attend avec intérêt de voir ses sujets de préoccupation traités dans ce texte.  Le représentant a aussi parlé des travaux menés par le Comité spécial et par sa Commission technique, organes chargés de superviser, d’intégrer et de réhabiliter les combattants de l’armée maoïste.  Il a indiqué que les préparatifs pour la libération des mineurs avancent de façon significative, avec l’aide de la MINUNEP et d’autres institutions de l’ONU.  Nous sommes déterminés à remplir nos obligations à cet égard, a-t-il ajouté, avant d’assurer que son gouvernement ferait tous les efforts possibles pour permettre à la MINUNEP de mener ses activités jusqu’à la fin de son mandat.

La Représentante du Secrétaire général a repris la parole pour dire que la transformation démocratique du Népal restait mouvementée, ce qui nécessite l’implication continue de la MINUNEP, dans le cadre « aussi limité soit-il » de son mandat.  Selon elle, la Mission doit appuyer techniquement les autorités népalaises à se doter d’un cadre constitutionnel solide et durable, ce qui suppose que les parties aux différends actuels fassent preuve de retenue et d’esprit de compromis dans les secteurs relevant du processus de paix.  Elle a ainsi évoqué la frustration persistante au sein de l’armée maoïste, dont certains des membres se trouvent dans des sites de cantonnement depuis plus de deux ans.  Le Comité conjoint de surveillance a un rôle crucial à jouer pour parvenir à unifier la nation, car c’est dans ce forum de dialogue que se réunissent les deux armées pour des discussions qui doivent être « professionnelles et courtoises » concernant, notamment, le désarmement et la démobilisation des mineurs.  La Représentante du Secrétaire général a également demandé que soient reflétés dans la nouvelle constitution les droits et les intérêts des différents groupes ethniques népalais.  Ceux-ci doivent pouvoir trouver leur place dans la « mosaïque népalaise », a-t-elle dit, faisant finalement siens les propos du Secrétaire général relatifs à la nécessité de sortir les groupes minoritaires de la marginalité. 

Déclaration présidentielle

« Le Conseil de sécurité se déclare préoccupé par la crise politique que le Népal connaît actuellement et souligne qu’il faut d’urgence que le Gouvernement népalais et tous les partis politiques du pays continuent à collaborer entre eux, dans un esprit de compromis.  Il note les mesures prises à ce jour pour mettre en œuvre le processus de paix, et rappelle qu’il soutient pleinement ce processus.

Le Conseil réaffirme son plein appui à la Mission des Nations Unies au Népal (MINUNEP) et rappelle que dans sa résolution 1864 (2009), il a demandé au Gouvernement népalais de continuer à prendre les décisions voulues pour créer des conditions propices à l’achèvement des activités de la MINUNEP d’ici à la fin du mandat en cours, notamment dans le cadre des travaux du Comité spécial et de sa commission technique, chargés de superviser, d’intégrer et de réhabiliter les combattants de l’armée maoïste.

Le Conseil rappelle que le Gouvernement népalais s’est engagé à élargir les mineurs des lieux de cantonnement et lui demande de respecter son engagement conformément au droit international. »

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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