CONSEIL DE SÉCURITÉ: ESPOIRS DE PAIX ENCORE FRAGILES DANS LES KIVUS, SELON LE REPRÉSENTANT SPÉCIAL DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL POUR LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

9 avril 2009
CS/9631

CONSEIL DE SÉCURITÉ: ESPOIRS DE PAIX ENCORE FRAGILES DANS LES KIVUS, SELON LE REPRÉSENTANT SPÉCIAL DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL POUR LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

9/04/2009
Conseil de sécurité
CS/9631
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Conseil de sécurité

6104e séance – matin


CONSEIL DE SÉCURITÉ: ESPOIRS DE PAIX ENCORE FRAGILES DANS LES KIVUS, SELON LE REPRÉSENTANT SPÉCIAL DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL POUR LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO


Les espoirs de paix dans les Kivus se heurtent encore à des difficultés considérables, a prévenu ce matin, devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général pour la République démocratique du Congo (RDC).  M. Alan Doss a néanmoins espéré que la consolidation de la situation sécuritaire dans l’est « permettra dans un avenir proche de réduire progressivement la présence de la Mission de l’Organisation des Nations Unies en RDC (MONUC) à travers tout le pays et de préparer son départ ».


Venu présenter le rapport périodique* du Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, sur la MONUC, M. Doss a fait, dans un premier temps, état de progrès encourageants en vue de résoudre le conflit principal qui a dominé la situation dans les Kivus, deux provinces de l’est du pays frontalières du Rwanda.


« Une bonne partie des deux territoires jadis les plus affectés, le Rutshuru et le Masisi, est aujourd’hui mieux sécurisée et l’autorité de l’État est en train d’y être rétablie », s’est-il félicité.  Cela tient en partie au rapprochement des Gouvernements rwandais et congolais, qui ont mis en place, en octobre 2008, une Commission bilatérale en vue de normaliser leurs relations.


Le Représentant spécial a également relevé une « augmentation significative des candidats au rapatriement volontaire », tandis que « les personnes déplacées commencent à rentrer chez elles » et que « le Gouvernement a lancé une initiative pour accélérer les programmes de réhabilitation afin de consolider la paix ».


Dans son rapport, le Secrétaire général précise qu’il existe désormais une possibilité réelle d’atteindre les principaux objectifs définis dans le Communiqué de Nairobi du 9 novembre 2007 et dans les Actes d’engagement de la Conférence de Goma du 23 janvier 2008.


Mais, a souligné M. Doss, le processus d’intégration des combattants du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et d’autres groupes armés se heurte à des difficultés considérables, comme la poursuite des opérations des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans le Nord-Kivu, même si celles-ci ont été chassées de plusieurs zones qu’elles occupaient jusque-là.


Le Représentant spécial a regretté que la « soi-disant » intégration « accélérée » des groupes armés congolais ait tardé à être mise en œuvre.  Si de nombreux éléments du CNDP et d’autres groupes ont été enregistrés, leurs salaires n’ont toujours pas été versés et les unités engagées dans des opérations militaires contre les FDLR manquent de vivres et de munitions.


« Sans une transformation profonde de l’armée et de la police, y compris une sélection rigoureuse du personnel des services de sécurité, et une restauration du système judiciaire, les perspectives d’une paix et d’une stabilité durables s’amenuiseront considérablement, même après la fin des affrontements armés qui se déroulent actuellement dans les Kivus et dans le Haut-Uélé », assure M. Ban, dans son rapport.


Les autorités congolaises s’efforcent désormais de répondre à ces préoccupations, avec l’assistance de la MONUC, mais le Gouvernement doit faire davantage pour assurer la transition de l’intégration vers l’indispensable réforme de ses forces armées et leur donner les moyens de mener à bien l’opération Kimia II, a insisté son Représentant spécial.


Cette opération vise à protéger les civils et à poursuivre la neutralisation des FDLR en les empêchant de reprendre leurs anciennes positions et en les privant de leurs sources de revenus. 


« La prochaine phase de l’opération sera particulièrement difficile », a prévenu M. Doss, puisque les 4 500 combattants des FDLR se sont repliés dans des zones particulièrement difficiles d’accès du Sud-Kivu.  Maintenant que le conflit entre le Gouvernement et le CNDP a pris fin, empêcher les représailles du FDLR contre les centres de population demeure un aspect fondamental de Kimia II, a-t-il expliqué.


Le Représentant spécial a cependant averti le Conseil de sécurité des conséquences humanitaires inévitables, notamment des déplacements, qu’auront les actions visant à mettre fin au contrôle du FDLR sur de vastes portions des deux Kivus.


M. Doss a par ailleurs fermement condamné les attaques « horribles » perpétrées contre des civils par l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) dans la province orientale, entre Noël 2008 et mi-janvier 2009.  Près de 1 100 personnes y ont trouvé la mort, des centaines d’autres ont été enlevées et 200 000 déplacées, a-t-il précisé.  Malgré une baisse significative des violences au cours des dernières semaines, M. Doss n’a pas écarté une nouvelle vague d’attaques à l’avenir imputable à un possible regroupement des forces de la LRA.


Le Représentant spécial a également mis l’accent sur la nécessité de veiller au redressement économique des Kivus, indispensable à l’atténuation des tensions ethniques, qui pourraient être aggravées par le retour des personnes déplacées et des réfugiés.  « Si les Kivus continuent de lutter contre l’extrême pauvreté, le chômage et des infrastructures à l’abandon, de nouvelles escalades de violence pourraient naître des tensions intercommunautaires », a-t-il dit.


Dans ce contexte, la réforme des forces de sécurité est également essentielle pour mettre fin au pillage des ressources naturelles considérables de la RDC, qui prive le Gouvernement de revenus légitimes et alimente les conflits dans l’est du pays, a poursuivi M. Doss. 


La MONUC coopère avec le Ministère congolais de l’intérieur et les autorités provinciales pour améliorer les mécanismes de contrôle et prévenir les exportations illégales, ainsi que pour former les personnels militaires et civils de la Mission et les responsables gouvernementaux.


Le Représentant spécial a d’ailleurs indiqué que la crise économique mondiale, qui s’est notamment traduite par une baisse du cours des minéraux et du pétrole brut et par la chute du franc congolais, a contraint le Gouvernement à revoir à la baisse son budget pour l’année 2009. 


Dans son rapport, le Secrétaire général dit craindre « que la crise financière actuelle n’entrave le processus d’intégration et ne recrée l’instabilité au sein des forces armées ».


C’est pourquoi les autorités congolaises ne doivent pas seulement compter sur l’assistance de la communauté internationale, mais aussi lutter vigoureusement contre la corruption et améliorer la gestion des deniers publics, a estimé le Représentant spécial.


* S/2009/160


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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