LE CONSEIL DE SÉCURITÉ EXAMINE LA DEMANDE DE CRÉATION D’UN BUREAU INTÉGRÉ DES NATIONS UNIES POUR LA CONSOLIDATION DE LA PAIX EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

10 mars 2009
CS/9611

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ EXAMINE LA DEMANDE DE CRÉATION D’UN BUREAU INTÉGRÉ DES NATIONS UNIES POUR LA CONSOLIDATION DE LA PAIX EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

10/03/2009
Conseil de sécurité
CS/9611
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Conseil de sécurité

6091e séance – après-midi


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ EXAMINE LA DEMANDE DE CRÉATION D’UN BUREAU INTÉGRÉ DES NATIONS UNIES POUR LA CONSOLIDATION DE LA PAIX EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE


Le Président de la formation République centrafricaine de la Commission de consolidation de la paix soutient cette recommandation du Secrétaire général


Le Conseil de sécurité a examiné, cet après-midi, une recommandation* du Secrétaire général, qui souhaite que soit créé un Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (RCA), qui dans un premier temps succéderait, jusqu’au 31 décembre 2009, au Bureau d’appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix actuellement en place dans ce pays (BONUCA).


Dans la lettre qu’il a adressée à cet égard au Conseil de sécurité, Ban Ki-moon recommande de doter ce nouveau Bureau intégré d’un mandat visant à consolider les premiers résultats nés du Dialogue politique sans exclusive qui s’est tenu du 8 au 20 décembre à Bangui, capitale de la RCA, et « qui représente sans doute, à ce jour en République centrafricaine, l’effort de réconciliation nationale le plus authentiquement ouvert » .


Les résultats du Dialogue politique ont été présentés aux membres du Conseil par François Lonseny Fall, dont c’était la dernière intervention en sa qualité de Représentant spécial du Secrétaire général et Chef du BONUCA.


M. Fall a expliqué que le Dialogue politique, qui a rassemblé des représentants du Gouvernement, des partis politiques proprésidentiels, de l’opposition et des partis politiques modérés, des mouvements rebelles et de la société civile, avait débouché sur des accords dans les domaines politique et de la gouvernance, de la sécurité, des groupes armés et du développement socioéconomique.


S’agissant des questions de gouvernance, un gouvernement incluant toutes les entités ayant participé au Dialogue a été mis en place début janvier et doit s’atteler à la préparation des élections municipales, législatives et présidentielles de 2009 et 2010, dont le déroulement sera supervisé par une Commission électorale indépendante.


D’autres accords portent sur la mise en place d’une réforme du secteur de la sécurité; sur la restructuration des forces armées nationales; sur le lancement immédiat d’un programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration; sur la lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre; et sur l’introduction de mesures en vue d’identifier et d’indemniser les victimes des conflits passés.


Enfin, dans le domaine socioéconomique, a précisé M. Fall, les participants au Dialogue politique sont tombés d’accord sur l’importance d’une stratégie de réduction de la pauvreté pour l’exercice 2008-2011; ainsi que sur une réforme des finances publiques, une meilleure gestion des ressources naturelles du pays; et sur le développement de ressources humaines nationales.


Le Représentant spécial du Secrétaire général s’est félicité de voir que les conclusions du Dialogue politique sont au centre du cadre actuellement développé par la Commission de consolidation de la paix (CCP).  Le Président de la « configuration République centrafricaine » de la CCP, le représentant de la Belgique, M. Jan Grauls, a alors pris la parole et a indiqué que ce cadre serait « bientôt finalisé » et constituerait « la base d’un engagement à long terme entre la République centrafricaine et la communauté internationale ».


« Ce cadre, a-t-il ajouté, a été rédigé en étroite collaboration avec toutes les parties nationales en République centrafricaine et bénéficie dès lors d’une large appropriation nationale au sein du pays. »


M. Grauls a lui aussi plaidé en faveur de la création d’une mission intégrée des Nations Unies en République centrafricaine.  Une mise en œuvre rapide des recommandations du Secrétaire général s’impose, « vu le besoin urgent d’une approche qui s’avère cruciale dans l’histoire politique de la République centrafricaine », a-t-il recommandé.


Si des développements positifs ont été constatés depuis la conclusion du Dialogue politique, notamment l’engagement des groupes rebelles ayant pris part au Dialogue à soumettre les listes respectives de leurs combattants d’ici le 15 mars, le Représentant spécial n’en a pas moins regretté « la détérioration de la situation sécuritaire dans diverses localités du nord du pays ».


« Ces villes et autres agglomérations ont récemment essuyé des combats intensifs et quelques attaques très audacieuses commises contre des institutions gouvernementales et des établissements militaires », a regretté M. Fall.  En outre, des émeutes ont éclaté la semaine dernière dans plusieurs quartiers de Bangui, à la suite d’une attaque perpétrée contre un commissaire de police par des éléments de la garde présidentielle, a-t-il ajouté.


La recrudescence des incidents sécuritaires dans le nord du pays a été attribuée à un groupe rebelle inconnu jusqu’à présent, la « Convergence des patriotes centrafricains pour la justice et la paix » (CPJP), ainsi qu’au groupe armé conduit par Abdoulaye Miskine, le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC).


Les deux groupes accusent le Gouvernement centrafricain de revenir sur ses engagements concernant la mise en œuvre des recommandations du Dialogue politique et menacent d’unir leurs forces pour reprendre la lutte armée.  Il est important de noter que l’ancien Ministre Charles Massi a refait surface comme Coordonnateur général adjoint du Conseil politique de la CPJP, a précisé François Lonseny Fall.


La Commission de consolidation de la paix appelle tous les groupes politico-militaires, en particulier le FDPC, « à adhérer à l’Accord de paix global de Libreville et à s’inscrire dans la mise en œuvre des recommandations du Dialogue politique inclusif ».


Pour la CCP, l’action la plus urgente requise pour maintenir l’élan du Dialogue politique inclusif est « la finalisation et la mise en œuvre du programme de DDR », a expliqué M. Jan Grauls, estimant que chaque groupe politico-militaire devait, sans plus tarder, remettre au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) la liste complète de ses combattants.


Malgré ces reculs, les perspectives de stabilisation de la RCA offertes par le Dialogue demeurent solides, a rassuré le Représentants spécial.  Mais les protagonistes centrafricains ont souligné la nécessité d’obtenir l’appui de la communauté internationale pour mettre en œuvre les recommandations du Dialogue politique.


Ainsi, a indiqué le Représentant spécial, la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) a-t-elle annoncé une contribution de 8 milliards de francs CFA, soit 16 millions de dollars, en faveur du processus de DDR en République centrafricaine.


Prenant la parole à l’issue de ces deux exposés, le représentant de la République centrafricaine s’est félicité que le Conseil de sécurité « mûrisse » la recommandation du Secrétaire général en vue d’établir un Bureau intégré pour la consolidation de la paix dans son pays, auquel il a promis la coopération active de son gouvernement.


*     S/2009/128


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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