DES DÉFIS SUSBISTENT EN AFRIQUE DE L’OUEST ET RISQUENT DE COMPROMETTRE LES AVANCÉES RÉALISÉES, AFFIRME LE CHEF DU BUREAU DE L’ONU POUR L’AFRIQUE DE L’OUEST AU CONSEIL DE SÉCURITÉ

21 janvier 2009
CS/9581

DES DÉFIS SUSBISTENT EN AFRIQUE DE L’OUEST ET RISQUENT DE COMPROMETTRE LES AVANCÉES RÉALISÉES, AFFIRME LE CHEF DU BUREAU DE L’ONU POUR L’AFRIQUE DE L’OUEST AU CONSEIL DE SÉCURITÉ

21/01/2009
Conseil de sécurité
CS/9581
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6073e séance – après-midi

DES DÉFIS SUSBISTENT EN AFRIQUE DE L’OUEST ET RISQUENT DE COMPROMETTRE LES AVANCÉES RÉALISÉES, AFFIRME LE CHEF DU BUREAU DE L’ONU POUR L’AFRIQUE DE L’OUEST AU CONSEIL DE SÉCURITÉ

Le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest (BNUAO), M. Said Djinnit, a affirmé cet après-midi, devant le Conseil de sécurité, que si des progrès significatifs avaient été réalisés dans la consolidation de la paix et de la stabilité dans la sous-région, de nombreux défis subsistaient, risquant de compromettre ces avancées. 

M. Djinnit présentait le dernier rapport du Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, sur la situation, au cours des six derniers mois, dans cette région.

« Aux problèmes connus que constituent le chômage des jeunes, l’insécurité alimentaire et l’urbanisation rapide, ainsi que la corruption, les migrations irrégulières, la traite des êtres humains, le trafic de stupéfiants » -questions qui selon lui doivent être traitées « efficacement et durablement »- se sont ajoutés, a-t-il indiqué, les effets des crises financière et alimentaire mondiales, aggravés par les craintes d’une récession mondiale. 

M. Djinnit a également souligné que la criminalité transnationale organisée et, en particulier le trafic de stupéfiants, représentait une source croissante de préoccupation dans la sous-région.  Il a ainsi affirmé que le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest continuait de sensibiliser des dirigeants à tous les niveaux aux effets néfastes que le trafic de stupéfiants et la criminalité transnationale organisée ont sur la gouvernance et la sécurité. 

Le Représentant spécial a indiqué que le Bureau avait continué de suivre de près l’évolution de la situation dans la région du Sahel, en particulier l’avancée des processus de médiation concernant la rébellion du nord du Mali et la situation au Niger, y compris les efforts en cours pour la tenue d’un sommet sur la paix, la sécurité et le développement.

En outre, si l’Afrique de l’Ouest a fait des progrès considérables dans la consolidation de la gouvernance démocratique, le processus a connu des revers importants au cours des six derniers mois en Mauritanie et en Guinée, deux pays objets de coups d’État militaires, a-t-il dit.  Le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest s’est efforcé, a-t-il ajouté, de « favoriser un dialogue constructif parmi les partenaires nationaux, régionaux et internationaux » et œuvre pour « faciliter un retour, le plus tôt possible, de l’ordre constitutionnel en Mauritanie et en Guinée ». 

Enfin, en sa qualité de Président de la Commission mixte Cameroun-Nigéria (CMCN), il a continué d’apporter son concours au processus de délimitation et de démarcation de la frontière entre le Cameroun et le Nigéria, a indiqué M. Djinnit.  À l’issue du transfert réussi de l’autorité du Nigéria au Cameroun dans la péninsule de Bakassi, le 14 août 2008, les efforts visent désormais à accélérer le processus de démarcation de la frontière entre les deux pays, à promouvoir les mesures de rétablissement de la confiance et à répondre aux besoins des populations affectées, a-t-il précisé avant de conclure.

* S/2009/39

CONSOLIDATION DE LA PAIX EN AFRIQUE DE L’OUEST

Rapport du Secrétaire général sur le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest (S/2009/39)

Ce rapport du Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, qui couvre la période du 1er juillet au 31 décembre 2008, porte essentiellement sur l’évolution des questions intersectorielles et transfrontières dans la sous-région et sur les activités entreprises par le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest pour mieux faire comprendre les nouvelles menaces et les nouveaux défis, promouvoir les consultations et les synergies au niveau sous-régional, assurer la liaison avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’aider à promouvoir la paix et la stabilité.

Le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest a « contribué activement » aux efforts déployés pour relever les défis posés par l’évolution de la situation socioéconomique et politique et des conditions de sécurité risquant d’avoir des effets déstabilisateurs sur la sous-région, observe M. Ban.  Le Bureau, précise-t-il, a également œuvré à favoriser « une collaboration plus étroite entre les entités des Nations Unies présentes dans la sous-région, ainsi que le renforcement des partenariats entre le système des Nations Unies et les organisations sous-régionales et autres présentes en Afrique de l’Ouest, notamment, la CEDEAO, l’Union du fleuve Mano, l’Union africaine et l’Union européenne ».

Le Secrétaire général encourage le Bureau à « continuer de travailler en étroite coopération avec les autres organisations et institutions internationales en vue de promouvoir la coordination de l’action menée dans la sous-région ».

Au cours des six prochains mois, dans une démarche qui a « déjà porté ses fruits », poursuit M. Ban, son Représentant spécial « continuera de contribuer aux efforts de médiation et aux missions de bons offices dans la sous-région, en accordant une attention particulière aux initiatives menées conjointement par la CEDEAO et d’autres organisations régionales en faveur de la prévention des conflits et de la consolidation de la paix ».

Sur le plan de la sécurité en Afrique de l’Ouest, le Secrétaire général met en avant les domaines prioritaires suivants: « sécurité alimentaire et conséquences de la crise financière mondiale; problèmes électoraux; réforme du secteur de la sécurité et état de droit; droits de l’homme et justice transitionnelle; application des résolutions 1325 (2000) et 1820 (2008) sur les femmes, la paix et la sécurité.

M. Ban estime que le Bureau « devrait plus que jamais appeler l’attention sur les liens entre lutte contre le trafic de stupéfiants et paix et sécurité en Afrique de l’Ouest », ainsi que « sur la nécessité de prendre des mesures énergiques pour s’attaquer au problème de la drogue dans la région ». 

Le Secrétaire général plaide également pour un renforcement de la coopération étroite établie dans ce domaine entre le Bureau, l’ONUDC et la CEDEAO.  « Concrètement, ajoute-t-il, le Bureau, en étroite collaboration avec les spécialistes techniques de l’ONUDC, devrait jouer un rôle de chef de file dans la coordination des efforts déployés par le système des Nations Unies pour mettre en œuvre le Plan d’action de la CEDEAO pour la lutte contre le trafic de stupéfiants, adopté à Abuja le 19 décembre, au lendemain de la Conférence de Praia, qui s’était tenue les 28 et 29 octobre.  Il exprime, à cette fin, son intention de déployer, début 2009, une mission d’évaluation technique, « chargée d’examiner les possibilités et les besoins d’un appui renforcé à la CEDEAO et à la sous-région dans ce domaine, en s’intéressant en particulier au renforcement des capacités en matière de sécurité, de maintien de l’ordre et aux institutions judiciaires qui participent à la lutte contre la criminalité organisée en Afrique de l’Ouest ». 

Enfin, le Secrétaire général estime que le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest devrait également continuer d’aider le Cameroun et le Nigéria, dans le cadre général de l’application de l’arrêt rendu en octobre 2002 par la Cour internationale de Justice (CIJ).

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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