LE CONSEIL DE SÉCURITÉ RENOUVELLE L’AUTORISATION ACCORDÉE À L’UNION AFRICAINE DE MAINTENIR SA MISSION EN SOMALIE POUR UNE PÉRIODE DE SIX MOIS

16 janvier 2009
CS/9574

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ RENOUVELLE L’AUTORISATION ACCORDÉE À L’UNION AFRICAINE DE MAINTENIR SA MISSION EN SOMALIE POUR UNE PÉRIODE DE SIX MOIS

16/01/2009
Conseil de sécurité
CS/9574
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6068e séance – matin

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ RENOUVELLE L’AUTORISATION ACCORDÉE À L’UNION AFRICAINE DE MAINTENIR

SA MISSION EN SOMALIE POUR UNE PÉRIODE DE SIX MOIS

Il entend établir une opération de maintien de la paix des Nations Unies pour prendre la suite de l’AMISOM

Le Conseil de sécurité a renouvelé, ce matin, pour un maximum de six mois, l’autorisation accordée à l’Union africaine de maintenir une mission en Somalie.  De même, le Conseil a exprimé son intention d’établir, « sous réserve d’une nouvelle décision d’ici au 1er juin 2009 », une opération de maintien de la paix des Nations Unies destinée à prendre la suite de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).

Par sa résolution 1863 (2009), adoptée à l’unanimité, le Conseil de sécurité demande aux parties somaliennes et aux autres parties prenantes de « respecter les principes de l’Accord de paix de Djibouti », conclu le 25 novembre 2008, de « mettre fin aux hostilités », de « garantir sans retard le libre accès de l’assistance humanitaire à la population somalienne », de « mettre fin à tous actes d’affrontement armé », de « parvenir à un accord au sujet de mécanismes pour un cessez-le-feu permanent » et de recourir au Comité mixte de sécurité pour régler tous différends d’ordre militaire.

Le Conseil, qui agit en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, « exige de tous les États de la région qu’ils s’abstiennent de toute action de nature à exacerber l’instabilité en Somalie ou dans la corne de l’Afrique ».  Il réaffirme en outre son « intention de prendre des mesures à l’encontre de ceux qui cherchent à empêcher ou bloquer tout processus politique pacifique, qui menacent par la force les participants au processus politique, ou qui compromettent la stabilité en Somalie ou dans la région ».

Avant le 15 avril 2009, le Secrétaire général devrait lui présenter un rapport sur l’établissement d’une opération de maintien de la paix des Nations Unies en Somalie.  Ce rapport devrait contenir des recommandations au sujet du mandat d’une telle opération, compte tenu de tâches dont elle s’acquitterait à Mogadiscio et dans ses environs, notamment pour faciliter l’assistance humanitaire, contrôler le respect de l’arrêt des hostilités ou assurer la sécurité et la liberté de mouvement du personnel de l’ONU.

Le Conseil de sécurité prie aussi le Secrétaire général de créer un fonds d’affectation spéciale pour fournir un appui financier à l’AMISOM jusqu’au déploiement d’une opération de maintien de la paix de l’ONU.

Le Conseil, qui se félicite de la décision de l’Union africaine de maintenir l’AMISOM en Somalie jusqu’au 16 mars 2009, accueille favorablement les recommandations du Secrétaire général dans sa lettre* sur le renforcement de l’AMISOM.  Il demande aussi aux États Membres d’apporter leur concours à l’AMISOM « sous forme de personnel, de matériel et d’autres ressources ».

Dans cette lettre, le Secrétaire général présente un ensemble de mesures qui « devraient être prises immédiatement » pour appuyer la mise en œuvre du processus de paix de Djibouti et contribuer à assurer les conditions nécessaires au déploiement ultérieur d’une opération de maintien de la paix en Somalie, « sous réserve des progrès réalisés dans le processus politique et d’une amélioration de la situation en matière de sécurité sur le terrain ».

Dans une nouvelle lettre** adressée le 31 décembre 2008 au Président du Conseil de sécurité, M. Ban Ki-moon indique avoir déjà pris des mesures pour assurer la fourniture d’un soutien logistique à l’AMISOM.  « Étant donné le temps nécessaire pour mettre en place les dispositions appropriées pour assurer les services requis, l’Organisation devra peut-être compter, à titre temporaire, sur les arrangements logistiques existants de l’AMISOM de sorte que le soutien logistique puisse être fourni sans interruption », écrit-il.

Le représentant de la Somalie a estimé que la résolution que vient d’adopter le Conseil constituait, pour l’heure, « le pas à prendre dans la bonne direction en vue de faire face à la situation en Somalie ».  Cette résolution exige, a-t-il précisé, des « mesures vigoureuses et urgentes, ainsi qu’une approche globale et holistique ».

Le représentant de la France a, quant à lui, jugé « prématuré » l’établissement dès maintenant d’une opération de maintien de la paix.  « L’approche prônée par la résolution permet à la fois d’envoyer un signal politique fort et de se tenir prêt à agir », a-t-il souligné, ajoutant que le Conseil de sécurité serait prêt à créer une opération de maintien de la paix dès lors que les conditions nécessaires seront réunies.

Son homologue de l’Ouganda a néanmoins observé que « la situation en Somalie est si complexe que s’il faut faire du rétablissement de la paix une condition sine qua non du déploiement d’une mission de maintien de la paix, nous n’y parviendrons pas du tout ».  « L’ONU doit non seulement assurer un rôle pour le maintien de la paix, mais aussi pour l’instauration et la consolidation de la paix dans le pays », a-t-il déclaré, soutenu en ce sens par le représentant de la Somalie. 

Par ailleurs, le représentant de la France, M. Jean-Maurice Ripert, qui préside ce mois-ci le Conseil, a rendu hommage à l’Ambassadeur Zalmay Khalilzad, qui participait à la dernière séance du Conseil de sécurité en sa qualité de Représentant permanent des Etats-Unis auprès des Nations Unies.  « C’est un homme de conviction, d’engagement et, surtout, de talent », a-t-il dit.  « Personne n’est en mesure d’oublier la chaleur du personnage », a-t-il ajouté.  M. Khalilzad aura notamment « permis de rapprocher, après une période difficile, les États-Unis de l’Organisation des Nations Unies », a rappelé M. Ripert. 

* S/2008/804

** S/2008/846

LA SITUATION EN SOMALIE

Texte du projet de résolution (S/2009/37)

Le Conseil de sécurité,

Rappelant ses résolutions antérieures concernant la situation en Somalie, en particulier les résolutions 733 (1992), 751 (1992), 1356 (2001), 1425 (2002), 1519 (2003), 1725 (2006), 1744 (2007), 1772 (2007), 1801 (2008), 1811 (2008), 1814 (2008), 1831 (2008) et 1844 (2008), ainsi que les déclarations de son président, en particulier celles des 13 juillet 2006 (S/PRST/2006/31), 22 décembre 2006 (S/PRST/2006/59), 30 avril 2007 (S/PRST/2007/13), 14 juin 2007 (S/PRST/2007/19), 19 décembre 2007 (S/PRST/2007/49) et 4 septembre 2008 (S/PRST/2008/33),

Réitérant son attachement à un règlement global et durable de la situation en Somalie,

Réaffirmant qu’il respecte la souveraineté, l’intégrité territoriale, l’indépendance politique et l’unité de la Somalie,

Réaffirmant également que l’Accord de paix de Djibouti constitue la base d’un règlement du conflit en Somalie, et soulignant l’importance d’institutions largement représentatives issues d’un processus politique qui soit à terme sans exclusive,

Accueillant avec satisfaction les principes directeurs convenus par les parties à l’Accord de paix de Djibouti le 25 novembre 2008, en particulier la mise en place d’un gouvernement d’unité nationale et d’un parlement pleinement représentatif,

Sachant que toutes les parties doivent contribuer à un processus politique renforcé, demandant aux parties somaliennes à l’Accord de paix de Djibouti de s’acquitter des obligations qu’elles y ont souscrites et prenant note du fait que les parties ont demandé que l’ONU autorise et déploie une force internationale de stabilisation,

Saluant le concours apporté par la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) à l’instauration d’une paix et d’une stabilité durables en Somalie, se félicitant de l’engagement constant des Gouvernements ougandais et burundais en Somalie, condamnant tout acte d’hostilité envers l’AMISOM et soulignant l’importance de la reconstitution, de la formation et de la rétention de forces de sécurité somaliennes,

Accueillant avec satisfaction la proposition du Secrétaire général tendant à l’établissement d’un partenariat entre les parties somaliennes, l’ONU, l’AMISOM et d’autres partenaires internationaux en vue d’élaborer un programme d’assistance à la constitution d’une capacité somalienne en matière de sécurité,

Se déclarant de nouveau vivement préoccupé par l’aggravation de la situation humanitaire en Somalie et demandant à tous les États Membres de répondre aux appels humanitaires globaux en cours et à venir,

Sachant que de graves crimes ont été commis contre les civils lors du conflit actuel en Somalie et réaffirmant qu’il importe de combattre l’impunité,

Prenant note de la déclaration et du communiqué en cinq points de l’Union africaine en date des 10 et 22 décembre 2008, respectivement, par lesquels le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine demande l’établissement d’une force intérimaire de stabilisation dans la perspective d’une opération de maintien de la paix des Nations Unies en Somalie pour prendre la suite de l’AMISOM et soutenir la stabilisation et la reconstruction à long terme du pays,

Considérant que la situation en Somalie constitue une menace pour la paix et la sécurité internationales dans la région,

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,

1.    Se félicite de la décision de l’Union africaine de maintenir l’AMISOM en Somalie jusqu’au 16 mars 2009, et prie l’Union africaine de maintenir l’AMISOM dans le pays et de la renforcer pour atteindre l’objectif initial de 8 000 hommes prévu par son mandat et de lui donner ainsi des moyens accrus de s’acquitter de son mandat et de protéger les installations essentielles de Mogadiscio, y compris l’aéroport, le port et d’autres zones stratégiques;

2.    Décide de renouveler pour une durée pouvant aller jusqu’à six mois à compter de la date de la présente résolution l’autorisation donnée aux États membres de l’Union africaine de maintenir en Somalie une mission autorisée à prendre toutes mesures nécessaires pour s’acquitter du mandat énoncé au paragraphe 9 de la résolution 1772 (2007), et souligne en particulier que l’AMISOM est autorisée à prendre toutes mesures nécessaires pour assurer la sécurité des infrastructures essentielles et pour contribuer, sur demande, et dans la limite de ses moyens et du mandat actuel, à l’instauration des conditions de sécurité nécessaires à la fourniture de l’assistance humanitaire;

3.    Demande aux parties somaliennes et aux autres parties prenantes de respecter les principes de l’Accord de paix de Djibouti, de mettre fin aux hostilités, de garantir sans retard le libre accès de l’assistance humanitaire à la population somalienne, de mettre fin à tous actes d’affrontement armé, de parvenir à un accord au sujet de mécanismes pour un cessez-le-feu permanent et de recourir au Comité mixte de sécurité pour régler tous différends d’ordre militaire et prie le Secrétaire général de lui faire rapport sur les moyens d’améliorer l’application de l’Accord de paix de Djibouti, y compris la possibilité d’organiser une conférence internationale pour la paix regroupant des acteurs locaux, régionaux et internationaux;

4.    Entend établir une opération de maintien de la paix des Nations Unies en Somalie pour prendre la suite de l’AMISOM, sous réserve d’une nouvelle décision du Conseil de sécurité d’ici au 1er juin 2009;

5.    Prie le Secrétaire général de lui soumettre au 15 avril 2009 au plus tard un rapport sur l’établissement d’une opération de maintien de la paix des Nations Unies en Somalie, qui renseignerait notamment sur l’évolution de la situation en Somalie, les progrès réalisés dans le sens du déploiement intégral de l’AMISOM et de son renforcement en vue de porter ses effectifs au niveau prévu par son mandat dans la perspective de son remplacement par une opération de maintien de la paix des Nations Unies et les progrès réalisés en matière politique et de sécurité afin de l’informer de son évaluation de la situation avant qu’il n’adopte la décision visée au paragraphe 4 ci-dessus et de procéder au déploiement rapide de l’opération;

6.    Prie également le Secrétaire général de lui faire dans son rapport des recommandations au sujet du mandat d’une telle opération de maintien de la paix compte tenu des tâches ci-après dont elle s’acquitterait à Mogadiscio et dans ses environs:

a)    Faciliter l’assistance humanitaire et améliorer l’accès des organisations humanitaires à la population, y compris en assurant la sécurité des infrastructures humanitaires essentielles et en restant en contact avec l’ensemble des parties à l’Accord de paix de Djibouti et aux accords connexes postérieurs, et faciliter la fourniture d’une assistance humanitaire aux déplacés, aux réfugiés, aux enfants et aux autres personnes touchées;

b)    Contribuer à assurer la liberté de mouvement, les déplacements en toute sécurité et la protection des personnes participant au processus politique, assurer la sécurité des principales infrastructures politiques, protéger les institutions d’un futur gouvernement d’unité et les aider à s’acquitter de leurs fonctions;

c)    Contrôler, en fonction de ses moyens, le respect de l’arrêt des hostilités prévu par l’Accord de paix de Djibouti ainsi que de tout futur mécanisme de cessez-le-feu et de sécurité convenu dans le cadre du Comité mixte de sécurité, être en liaison avec le Comité mixte de sécurité, fournir à celui-ci une assistance technique pour lui permettre de s’acquitter de sa mission, y compris enquêter sur toutes violations du cessez-le-feu, et l’aider à surveiller le trafic d’armes en communiquant au Groupe de contrôle toutes informations à ce sujet;

d)    Assurer la sécurité et la liberté de mouvement du personnel des Nations Unies, et protéger son personnel, ses bâtiments, ses installations, son matériel et sa mission;

e)    Appuyer, en liaison avec des donateurs régionaux et partenaires internationaux et d’autres parties intéressées, la reconstitution, la formation et la rétention de forces somaliennes de sécurité –armée et police– et d’une justice sans exclusive;

7.    Affirme que les dispositions des paragraphes 11 et 12 de la résolution 1772 (2007) continuent de s’appliquer;

8.    Prie le Secrétaire général de créer un fonds d’affectation spéciale pour fournir un appui financier à l’AMISOM jusqu’à ce qu’une opération de maintien de la paix des Nations Unies soit déployée et d’aider au rétablissement, à la formation et à la rétention des forces de sécurité somaliennes sans exclusive comme prévu au paragraphe 4 c) de la résolution 1744 (2007), le prie également de tenir aussi tôt que possible une conférence des donateurs pour solliciter le versement de contributions à ce fonds d’affectation spéciale, invite l’Union africaine, en consultation avec le Secrétaire général, à lui soumettre des demandes de financement à ce fonds, et engage les États Membres à verser des contributions au fonds, tout en notant que l’existence de ce fonds n’empêche pas la conclusion d’accords bilatéraux directs à titre d’appui de l’AMISOM;

9.    Souligne qu’il importe de créer les conditions qui permettent au Représentant spécial du Secrétaire général de continuer à faire progresser le processus politique;

10.   Accueille favorablement les recommandations formulées par le Secrétaire général dans sa lettre datée du 19 décembre 2008 sur le renforcement de l’AMISOM (S/2008/804), rappelle que le Conseil assume la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales et que la coopération avec les organisations régionales et sous-régionales peut renforcer la sécurité collective, rappelle en outre que, dans sa résolution 1772 (2007), il a demandé de continuer à développer les plans conditionnels en vue du déploiement éventuel d’une opération de maintien de la paix ayant vocation à remplacer l’AMISOM et que, dans sa résolution 1744 (2007), il a pris note du fait que l’AMISOM était chargée de concourir à la phase initiale de stabilisation et qu’elle était appelée à devenir une opération des Nations Unies, accueille favorablement à cet égard la proposition du Secrétaire général tendant à apporter une assistance immédiate en nature pour renforcer l’AMISOM à la faveur du transfert d’actifs par suite de la liquidation de la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE), et prie le Secrétaire général, pour permettre l’intégration des forces de l’AMISOM dans une opération de maintien de la paix des Nations Unies, d’offrir à l’AMISOM un dispositif d’appui logistique, notamment en matériel et en services, comme il ressort des paragraphes 7 et 8 de sa proposition (S/2008/804), à l’exclusion du versement de fonds à l’AMISOM, et ce jusqu’au 1er juin 2009 ou jusqu’à ce qu’intervienne la décision visée au paragraphe 4 ci-dessus, si celle-ci intervient plus tôt;

11.   Prie le Secrétaire général de superviser l’assistance évoquée au paragraphe 10 ci-dessus et le prie en outre de lui faire rapport, au plus tard le 30 janvier, sur le matériel et les services spécifiques qui auront été fournis, puis, tous les 30 jours, sur les progrès accomplis dans le déploiement de ces biens et services;

12.   Prie l’AMISOM de veiller à ce que tous les matériels et services fournis par l’ONU en application de la présente résolution soient utilisés de manière transparente et efficace aux fins auxquelles ils sont destinés et prie en outre l’AMISOM de faire rapport au Secrétaire général, selon un mécanisme qui sera précisé dans un mémorandum d’accord entre l’ONU et l’Union africaine, sur l’utilisation faite de ces matériels et services en s’appuyant sur des procédures de contrôle internes appropriées;

13.   Prie également le Secrétaire général d’appuyer les efforts de l’Union africaine pour constituer la force, de continuer d’appuyer les préparatifs à la planification et au déploiement de l’Union africaine grâce à l’équipe de planificateurs du Secrétariat à Addis-Abeba et de continuer, en collaboration étroite avec l’Union africaine, à planifier la constitution de la force et les arrangements logistiques, administratifs, financiers et autres, nécessaires à la transition de l’AMISOM à une opération de maintien de la paix des Nations Unies;

14.   Demande aux États Membres d’apporter leur concours à l’AMISOM sous forme de personnel, de matériel et d’autres ressources et les encourage à coopérer étroitement à cette fin avec l’Union africaine, l’Organisation des Nations Unies, les pays fournisseurs de contingents et d’autres donateurs;

15.   Engage toutes les parties à coopérer pleinement au déploiement et aux opérations de l’AMISOM, notamment en garantissant la sécurité et la liberté de circulation du personnel de l’Union africaine et des Nations Unies et du personnel associé sur tout le territoire somalien et de respecter pleinement les obligations qui leur incombent en vertu du droit international, y compris le droit international humanitaire, des droits de l’homme et des réfugiés;

16.   Prie le Secrétaire général, par l’intermédiaire de son Représentant spécial en Somalie, de coordonner toutes les activités des organismes des Nations Unies dans le pays, d’offrir ses bons offices et un soutien politique afin d’appuyer l’action menée pour y instaurer une paix et une stabilité durables et de mobiliser des ressources, ainsi que l’appui de la communauté internationale pour le redressement immédiat et pour le développement économique à long terme de la Somalie, décide que le Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie et l’équipe de pays des Nations Unies continueront de promouvoir une paix et une stabilité durables en Somalie en favorisant l’application de l’Accord de paix de Djibouti et de faciliter la coordination de l’assistance internationale à l’appui de cette entreprise et prie le Secrétaire général d’établir sans tarder un plan d’action aux fins du déploiement des bureaux et organismes des Nations Unies en Somalie;

17.   Exige de tous les États de la région qu’ils s’abstiennent de toute action de nature à exacerber l’instabilité en Somalie ou dans la corne de l’Afrique et réaffirme son intention de prendre des mesures à l’encontre de ceux qui cherchent à empêcher ou bloquer tout processus politique pacifique, qui menacent par la force les participants au processus politique, ou qui compromettent la stabilité en Somalie ou dans la région;

18.   Engage les États Membres à répondre aux appels humanitaires globaux en cours et à venir;

19.   Réaffirme ses résolutions 1325 (2000) et 1820 (2008) sur les femmes, la paix et la sécurité, et 1674 (2006) et 1738 (2006) sur la protection des civils dans les conflits armés, et souligne la responsabilité de toutes les parties et de tous les groupes armés en Somalie pour ce qui est de prendre des mesures appropriées afin de protéger la population civile dans le pays conformément au droit international humanitaire, des droits de l’homme et des réfugiés, et notamment d’éviter tout emploi aveugle ou excessif de la force dans des zones peuplées;

20.   Réaffirme ses résolutions 1539 (2004) et 1612 (2005) sur les enfants et les conflits armés et rappelle les conclusions ultérieures du Groupe de travail du Conseil de sécurité sur les enfants et les conflits armés en Somalie (S/AC.51/2007/14);

21.   Engage les parties somaliennes à poursuivre la mise en place de forces de sécurité de transition, qui à terme seront entièrement responsables de la sécurité en Somalie;

22.   Prie le Secrétaire général de l’informer promptement de l’état de mise en œuvre de ses plans tendant à aider le Gouvernement fédéral de transition et l’Alliance pour la seconde libération de la Somalie à élaborer et à coordonner, par l’intermédiaire de son Représentant spécial pour la Somalie et en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement, les autres donateurs internationaux, les États Membres et l’AMISOM, selon qu’il convient, une stratégie cohérente et des moyens de commandement et de contrôle, de formation et d’équipement en vue de constituer les forces de sécurité et de police de transition et de les doter d’un effectif d’environ 15 000 personnes, comme prévu dans sa lettre du 19 décembre 2008 (S/2008/804) et en application des

recommandations du Comité mixte de sécurité du Gouvernement fédéral de transition et de l’Alliance pour la seconde libération de la Somalie, et à prendre des mesures touchant l’état de droit, les établissements pénitentiaires et d’autres domaines clefs recensés par les parties somaliennes, et engage les États Membres à contribuer à cette initiative;

23.   Engage les États Membres à appuyer, en réponse à la lettre du Secrétaire général en date du 19 décembre 2008 (S/2008/804), le renforcement et le développement des capacités du Gouvernement somalien aux niveaux fédéral, des États et local, notamment dans les domaines du développement des institutions, du développement des ressources humaines, de la gestion des finances publiques et des mécanismes de responsabilité et d’appuyer la fourniture de services;

24.   Accueille avec satisfaction la proposition formulée par le Secrétaire général dans sa lettre du 19 décembre 2008 (S/2008/804) qui tend à la création au sein du Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie d’une capacité spécifique, qui apporterait des connaissances d’expert dans les domaines de la formation des policiers et des militaires, de la planification d’activités futures de désarmement, de démobilisation et de réintégration et de la réforme du secteur de la sécurité, ainsi que des composantes état de droit et secteur pénitentiaire;

25.   Décide de rester activement saisi de la question.

Déclarations

M. ZALMAY KHALILZAD (États-Unis), qui participait aujourd’hui pour la dernière fois à une séance du Conseil de sécurité en sa qualité de représentant permanent des États-Unis, a remercié ses collègues du travail accompli ensemble, de leur amitié et de l’esprit qui a présidé aux relations entre les membres pour traiter des nombreux défis auxquels le Conseil a été confronté.  Les États-Unis ont besoin des Nations Unies et l’ONU a besoin d’un participant actif comme les États-Unis, a-t-il assuré.  S’agissant de la résolution sur la Somalie, il s’est dit fier du rôle joué par son pays pour faire avancer le dossier somalien.  La piraterie n’est pas l’unique problème, a-t-il dit, plaidant en faveur de l’adoption d’une approche globale pour combattre les difficultés de la Somalie sur le plan économique, sécuritaire ou humanitaire.  La résolution souligne que la responsabilité ultime de la réconciliation incombait aux Somaliens eux-mêmes, a-t-il notamment indiqué. 

Mme KAREN PIERCE (Royaume-Uni) a affirmé que la situation en Somalie a toujours été délicate pour le Conseil de sécurité.  La résolution qu’il vient d’adopter est bien équilibrée et permet de renforcer l’appui à l’AMISOM, qui est chargée d’une mission délicate dans des conditions particulièrement difficiles.  « Notre délégation estime que les mécanismes de financement prévus par la résolution adoptée ce matin sont appropriés, a-t-elle indiqué, ajoutant qu’il faudra cependant les garder à l’examen.  En temps voulu, il faudra aussi réexaminer la situation en Somalie pour déterminer s’il y a une « paix » qui puisse être gardée par les Casques bleus des Nations Unies, a conclu Mme Pierce.

M. YUKIO TAKASU (Japon) a déclaré que son pays soutenait une approche en deux phases pour ramener la paix en Somalie: dans un premier temps, renforcer l’AMISOM et, une fois que les conditions nécessaires seront réunies, établir une mission de maintien de la paix des Nations Unies en Somalie.  C’est la raison pour laquelle, le Japon s’associe à l’adoption unanime du Conseil de sécurité sur la résolution 1863, a expliqué son représentant.  M. Takasu a souligné cependant deux principes importants pour établir une telle mission.  Tout d’abord, il faut un mandat crédible et réalisable, a-t-il dit.  Sa délégation, a-t-il poursuivi, a tiré des leçons douloureuses du déploiement de forces multinationales et de maintien de la paix, y compris en Somalie.  Lorsque le Conseil décide d’établir une telle opération, il doit s’assurer qu’elle ne se limite pas à répondre à une nécessité mais qu’elle puisse également s’acquitter immédiatement de son mandat.  C’est dans cette perspective que le Japon étudiera de près l’évaluation que le Secrétaire général présentera dans son rapport en avril, y compris concernant l’évolution des conditions politiques et sécuritaires en Somalie.  M. Takasu a assuré que sa délégation participera activement à la discussion du Conseil pour décider d’un éventuel déploiement en Somalie, en prenant en compte toutes les considérations pertinentes, a-t-il ajouté.

Le représentant a ajouté qu’un soutien logistique sera indispensable.  Invoquant l’Article 17 de la Charte des Nations Unies et la nécessité de respecter la compétence de l’Assemblée générale sur les questions financières et administratives, le Japon a exprimé de sérieuses réserves à l’idée de remettre en question le principe de financer les seules activités menées par les Nations Unies.  À cet égard, la résolution que vient d’adopter le Conseil de sécurité demande au Secrétaire général de fournir un soutien logistique pour l’AMISOM, a fait observer le représentant.  Cette demande, a-t-il estimé, doit être examinée avec la plus grande attention par l’Assemblée générale, à la lumière des précédentes résolutions.  Enfin, il a souligné l’importance de promouvoir le processus politique, condition sine qua non à la paix et à la sécurité dans le pays.  Dans ce contexte, il a réaffirmé son appui au Processus de paix de Djibouti.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a rappelé que le Conseil de sécurité avait accordé beaucoup d’attention ces derniers temps à la Somalie.  La Fédération de Russie appuie les activités de l’AMISOM, a-t-il dit.  Le représentant a également souligné que la décision future du Conseil de sécurité concernant une présence de l’ONU dépendrait, dans une large mesure, de la volonté de paix des Somaliens eux-mêmes, de l’amélioration sensible de la sécurité et d’un règlement sérieux de la situation politique.  Il a appelé toutes les parties à respecter les engagements pris dans l’Accord de Djibouti.

M. CLAUDE HELLER (Mexique) a estimé que seule une approche globale du conflit permettrait de parvenir à la paix, à la fin de la violence et au retour des réfugiés dans leurs foyers.  Il s’est dit reconnaissant du rôle que l’AMISOM joue pour ramener la stabilité, ainsi que des engagements pris par les Gouvernements du Burundi et de l’Ouganda.  Le représentant a exprimé sa profonde préoccupation devant la détérioration de la situation humanitaire.  Face aux graves crimes contre les civils, il a mis l’accent sur la nécessité de lutter contre l’impunité.  Il a, de même, souligné l’importance pour les pays voisins afin d’intensifier leurs efforts de lutte contre le trafic d’armes et de munitions. 

M. FAZLI CORMAN (Turquie) a déclaré que son pays attachait de l’importance à un règlement de la situation en Somalie.  Il a félicité l’AMISOM de sa contribution à la paix et à la stabilité en Somalie, tout en se déclarant préoccupé par la crise humanitaire dans le pays.  Le représentant a estimé que la résolution que vient d’adopter le Conseil de sécurité renforçait la possibilité de créer une mission de maintien de la paix pour succéder à l’AMISOM.  Il a déclaré que son pays participerait à une conférence des donateurs au cours de laquelle une contribution financière sera faite par la Turquie, ainsi qu’à la formation du personnel susceptible d’être déployé sur le terrain.

M. FRANCIS BUTAGIRA (Ouganda) a rappelé que son pays ne perdait jamais une occasion de participer aux débats publics du Conseil de sécurité sur ce sujet et demandait depuis un certain temps que l’ONU établisse une mission de maintien de la paix en Somalie.  Il a ainsi remercié le Conseil de la décision prise aujourd’hui.  La situation en Somalie est si exceptionnellement difficile que s’il faut faire du rétablissement de la paix une condition sine qua non du déploiement d’une mission de maintien de la paix, nous n’y parviendrons pas du tout, a-t-il estimé.  L’ONU doit faire non seulement jouer un rôle dans le maintien de la paix, mais aussi dans l’instauration et la consolidation de la paix, a-t-il déclaré.  Le représentant s’est félicité également des principes fondamentaux convenus par les parties dans l’Accord de Djibouti.  La responsabilité de la paix en Somalie revient aux Somaliens eux-mêmes, a-t-il assuré. 

M. IBRAHIM O. A. DABBASHI (Jamahiriya arabe libyenne) a déclaré que la résolution adoptée aujourd’hui constituait un pas important en direction de la paix et la stabilité pour la Somalie et répondait aux appels de notre délégation en faveur de l’établissement d’une mission des Nations Unies pour prendre le relais de l’AMISOM.  L’absence de stabilité actuelle en Somalie ne devrait pas empêcher certains membres de ce Conseil d’appuyer la mise en œuvre de cette résolution, a-t-il ajouté.  « Nous considérons que le Conseil ne devrait pas se contenter de cette résolution, mais aller de l’avant pour faire progresser le processus politique en Somalie par le biais d’un dialogue global qui inclurait toutes les composantes de la société somalienne.  Le Conseil doit saisir cette occasion pour mettre en œuvre toutes les dispositions de cette résolution, a insisté le représentant, avant de conclure.

M. PAUL ROBERT TIENDREBEOGO (Burkina Faso) a affirmé que le Conseil était confronté à un dilemme: « comment agir de manière efficace dans une situation de chaos alors que ce n’est pas en raison même de ce chaos que l’action de l’ONU est nécessaire? »  Le représentant a indiqué qu’il aurait souhaité, dans la résolution, une disposition exprimant un engagement plus ferme du Conseil de sécurité.  Il a appelé les donateurs à contribuer au Fonds d’affectation spéciale destiné à soutenir les efforts de l’AMISOM. 

M. JEAN-MAURICE RIPERT (France) s’est félicité de l’adoption à l’unanimité de la résolution 1863, soulignant que l’inaction n’était pas une option face au drame que vivent aujourd’hui des millions de Somaliens.  Il a toutefois estimé que l’établissement dès maintenant d’une opération de maintien de la paix était prématuré, et que l’approche prônée par la résolution permet à la fois d’envoyer un signal politique fort et de se tenir prêt à agir.  Le Conseil de sécurité est prêt à créer une opération de maintien de la paix dès lors que les conditions nécessaires seront réunies, a rappelé le représentant de la France.  « Cette décision sera prise en fonction de l’évolution de la situation politique et sécuritaire sur le terrain et, à cet égard, « nous attendons le rapport détaillé du Secrétaire général sur la question qu’il présentera en avril prochain », a souligné M. Ripert.  Il a également précisé que la résolution demandait au Secrétaire général de créer un fonds d’affectation spéciale et d’organiser une conférence des donateurs à l’appui de la Somalie.  Il incombe désormais aux parties, avec l’appui du Conseil, de mettre en œuvre l’Accord de Djibouti, a-t-il poursuivi.  Le Conseil de sécurité a fait le choix de l’action en Somalie en adoptant cette résolution, comme celles qui attestent de son engagement en faveur de la lutte contre la piraterie.

M. ELMI AHMED DUALE (Somalie) s’est félicité de l’unanimité dont ont fait montre les membres du Conseil de sécurité dans l’adoption de la résolution.  Cette résolution, a-t-il dit, constitue, pour l’heure, le pas à prendre dans la bonne direction en vue de faire face à la situation en Somalie, qui exige des mesures vigoureuses et urgentes, ainsi qu’une approche globale et holistique.  À l’instar de son homologue de l’Ouganda, il a estimé que s’il fallait faire du rétablissement de la paix une condition sine qua non du déploiement d’une mission de maintien de la paix de l’ONU, cela risque de prendre 10 ans de plus.  Le représentant a souligné l’importance d’axer tous les efforts sur la mise en œuvre de l’Accord de Djibouti. 

*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.