Troisième Commission: les États Membres expriment leur appui à la Déclaration politique et au Plan d’action de la Commission des stupéfiants

8 octobre 2009
AG/SHC/3948

Troisième Commission: les États Membres expriment leur appui à la Déclaration politique et au Plan d’action de la Commission des stupéfiants

08/10/2009
Assemblée générale
AG/SHC/3948
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Troisième Commission

6e & 7e séances – matin et après-midi

TROISIÈME COMMISSION: LES ÉTATS MEMBRES EXPRIMENT LEUR APPUI À LA DÉCLARATION

POLITIQUE ET AU PLAN D’ACTION DE LA COMMISSION DES STUPÉFIANTS

Plusieurs délégations présentent des exemples d’initiatives

régionales réussies dans la lutte contre la criminalité transnationale organisée

La Déclaration politique et le Plan d’action sur la coopération internationale en vue d’une stratégie intégrée et équilibrée de lutte contre le problème mondial de la drogue constituent une nouvelle riposte prometteuse de la communauté internationale face à ce fléau mondial, ont estimé aujourd’hui, à l’unisson, les États Membres qui participaient au débat de la Troisième Commission sur la prévention du crime et justice pénale et sur le contrôle international des drogues.

Ces deux documents, adoptés en mars 2009 à Vienne à l’issue du segment ministériel de la cinquante-deuxième session de la Commission des stupéfiants, visent à aider les pays à obtenir des résultats mesurables dans les actions qu’ils entreprennent dans la lutte contre le problème mondial de la drogue.

Ils contiennent des mesures relatives à la coopération internationale pour l’éradication des cultures illicites destinées à la production de stupéfiants et de substances psychotropes  -dont les transactions annuelles sont estimées à près de 320 milliards de dollars- et pour le développement alternatif.  Ils s’attachent également à la lutte contre le blanchiment d’argent et la promotion de la coopération judiciaire pour renforcer la coopération internationale.

La quarantaine de délégations qui se sont exprimées tout au long de la journée ont toutefois émis un bémol en mettant chaque pays devant ses responsabilités, notamment, sur la question des ressources nécessaires à une mise en œuvre concrète desdites mesures.

Des pays directement affectés par la production de drogues, tels la Colombie, l’Afghanistan ou le Pakistan, ont mis l’accent sur le principe de la responsabilité commune et partagée, qui se concrétiserait par une assistance technique et financière plus substantielle et mieux coordonnée.

« Notre expérience a montré que ce n’est qu’en menant le combat sur tous les fronts que l’on réussira à vaincre les criminels », a préconisé la Colombie, qui a également sollicité l’accès de ses produits aux marchés mondiaux pour garantir le succès de ses efforts visant à faire face à la nature « dynamique et changeante » des cartels de la drogue.

L’un après l’autre, les intervenants ont dénoncé le problème mondial de la drogue –dans toutes ses ramifications- comme étant un frein au développement durable, à la stabilité politique et à l’établissement d’institutions et de structures démocratiques.

Par ailleurs, plusieurs délégués ont présenté des actions régionales concertées réussies dans la lutte contre la criminalité transnationale organisée.

L’Initiative triangulaire, associant l’Afghanistan, la République islamique d’Iran et le Pakistan, a d’ores et déjà porté ses fruits, ont estimé les représentants de ces trois pays, qui ont expliqué qu’une première opération commune pilote, initiée en mars 2009, avait permis la saisie d’importantes quantités de drogues et le démantèlement de réseaux de trafiquants.

La Zambie, qui s’est exprimée au nom des pays de la Communauté des États d’Afrique australe (SADC), a illustré cette tendance par le biais d’un modèle de coopération régionale réussie à travers l’Opération Mangochi, qui visait à lutter contre les vols de véhicules, le trafic de drogues, la prolifération des armes de petit calibre et légères et le trafic des armes à feu illégales entre plusieurs pays de la région.    

Plusieurs États Membres ont également mentionné l’Initiative du Pacte de Paris et sa Stratégie Arc-en-ciel qui sert, entre autres, à juguler le trafic d’opiacées en provenance de l’Afghanistan.

Les délégations ont systématiquement exposé l’action de leurs pays respectifs aux niveaux législatif et institutionnel, allant de la prévention par la sensibilisation et la formation des responsables publics, jusqu’au traitement des toxicomanes en passant par des mesures de répression.

Les États Membres suivants ont pris la parole: Jamaïque (au nom de la CARICOM), Fédération de Russie, Qatar, Colombie, Soudan, Cuba, Algérie, République islamique d’Iran, Malaisie, Zambie, Singapour, Arabie saoudite, République arabe syrienne, Nicaragua, Bolivie, Jordanie, Éthiopie, Liechtenstein, Afghanistan, Israël, Pérou, Maroc, Équateur, Ukraine, Inde, Serbie, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Nigéria, Émirats arabes unis, Thaïlande, Arménie, Yémen, Sierra Leone, Maldives, Sri Lanka, El Salvador, République de Corée et Bangladesh.

Les Observateurs permanents du Saint-Siège et de l’Organisation internationale des migrations (OIM) et le Directeur de l’Institut africain pour la prévention du crime et le traitement des délinquants (UNAFRI) ont également participé à ce débat général de deux jours, qui s’est achevé aujourd’hui.  

La Commission reprendra ses travaux lundi 12 octobre à 10 heures pour commencer l’examen des questions relatives à la promotion et à la protection de la femme.

PRÉVENTION DU CRIME ET JUSTICE PÉNALE ( A/64/99 , A/64/121 , A/64/123 , A/64/130 , A/64/227-S/2009/402 ET A/C.3/64/L.2 )

CONTRÔLE INTERNATIONAL DES DROGUES ( A/64/120 ET A/64/92-E/2009/98 )

Suite du débat général

M. RAYMOND WOLFE (Jamaïque), qui s’exprimait au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a souligné que le problème associé au crime illicite préoccupait les pays de la région.  En effet, la situation géographique des Caraïbes fait que la région peut être utilisée comme un pont entre grands producteurs de drogues et consommateurs.  Il est reconnu que le commerce de la drogue est lié au crime transnational organisé, a-t-il dit.  Les Chefs d’État et de gouvernement ont décidé d’inclure la sécurité dans le Traité de Chaguaramas, comme le quatrième pilier de l’intégration des Caraïbes, joignant ainsi les trois premiers que sont l’intégration économique, la coordination en matière de politique étrangère et la coopération.  Il a précisé que la région avait mis en place des mécanismes pour s’attaquer à ces problèmes.  L’équipe sur le crime et la sécurité examine ces questions y compris le chômage, la pauvreté, le trafic illégal d’armes et l’inefficacité du système pénal.  Il a également évoqué une initiative de la CARICOM et de l’UNODC consistant en un plan d’action pour la prévention du crime et le développement social sur la période 2009-2013.

En février dernier, une Conférence ministérielle a adopté une déclaration politique et un mécanisme de partenariat, le Pacte de Saint-Domingue qui prévoit notamment une base de données automatisée, a-t-il également expliqué.  La CARICOM appuie le plan d’action de la cinquante-deuxième session des stupéfiants, en particulier lorsque la Déclaration politique lie le contrôle des stupéfiants au développement, à la sécurité et à la santé.  Il a, par ailleurs, estimé que la traite des personnes était une préoccupation pour la région.  Un des meilleurs moyens de lutter contre cette traite est la coopération multilatérale et bilatérale avec une mise en commun des connaissances, a-t-il dit.  La CARICOM souligne que le rôle des Nations Unies est crucial pour le problème de la drogue et la prévention du crime, a-t-il poursuivi, affirmant attendre de voir l’UNODC jouer un rôle dans la coordination des activités dans les Caraïbes.

M. DANIL V.MOKIN (Fédération de Russie) a déclaré que l’organisation des efforts de lutte contre la criminalité transnationale organisée pouvait avoir de meilleurs effets en améliorant le potentiel de l’ONU.  La communauté internationale, sous les auspices des Nations Unies, est en train d’élaborer une stratégie dans ce sens.  Il a salué les recommandations du Secrétaire général quant au renforcement du programme de l’ONU de lutte contre la criminalité organisée.  Il a considéré que ces propositions allaient dans la bonne voie.  Le représentant a mis l’accent sur la participation active de la Fédération de Russie qui est disposée à offrir son appui pour arriver à une stratégie internationale sérieuse et approfondie contre les différents fléaux examinés par la Commission.

Au plan national, les règles concernant les fonctionnaires ont été durcies pour éviter la corruption et le blanchiment d’argent notamment.  Il est indispensable d’accroître les efforts de l’ONU et de ne pas perdre certains éléments.  Il faut donc créer un espace de lutte contre la corruption, encourager la coopération et renforcer les procédures nationales.  Il a invité à une meilleure coopération.  Évoquant la position du Kazakhstan qui s’était exprimé mercredi au nom de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), il a manifesté sa préoccupation face à la situation en Afghanistan qui est devenu, selon lui, une véritable usine d’opiacées.  En se basant sur le rapport de l’UNODC, il est clair qu’il y a des défis majeurs; notamment, l’existence de groupes terroristes et de drogues dans ce pays.  Une telle situation pousse à œuvrer d’arrache-pied dans ce contexte sous l’égide de l’ONU.  Le moment est venu, a-t-il dit, de réfléchir à la manière dont on peut développer les activités de l’UNODC.  Il s’agira d’autre part de créer des cordons sanitaires autour de l’Afghanistan pour lutter contre le trafic.  Il a évoqué la Déclaration de Shanghai, concernant la lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme, comme exemple de ce qui pourrait être fait dans le cadre de la coopération internationale.  Le représentant s’est par ailleurs félicité des décisions prises à l’occasion du segment de haut niveau de la cinquante-deuxième session de la Commission des stupéfiants, en particulier la Déclaration et le Plan d’action en vue d’une stratégie de lutte contre les drogues.  La Convention contre la drogue et le crime doit toutefois continuer à constituer une base pour s’organiser tant aux niveaux national qu’international puisqu’ il n’existe pas encore de méthodologie précise pour être plus efficace dans la lutte contre les stupéfiants.  Certains pays ont adopté des mesures louables qu’il ne faut, néanmoins, pas percevoir comme des normes internationales, a-t-il conclu.

M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER (Qatar) a affirmé que la traite des êtres humains constituait un défi majeur.  À ce titre, son pays a pris des mesures exécutives et législatives pour faire face à ce phénomène, notamment avec la création d’un bureau national: l’Office qatari contre la traite des êtres humains.  Il a également adopté des lois adaptées aux critères internationaux.  Les efforts du Qatar ont été renforcés par sa coordination avec l’UNODC, a ajouté le représentant.  Sur le plan international, en dépit des efforts nationaux, il faut renforcer le travail collectif, a-t-il dit.

Il a, par ailleurs, affirmé que la corruption administrative et financière était une entrave aux investissements étrangers et aux efforts de lutte contre la pauvreté.  Le Qatar a ratifié la Convention des Nations-Unies pour lutter contre la corruption, a-t-il précisé.  Des mesures ont également été prises, comme celle de la création du Comité national pour la transparence et l’intégrité.  Le Qatar organisera la Troisième Conférence des États parties pour lutter contre la corruption, ainsi que la Sixième Session du Forum international pour lutter contre la corruption et pour l’intégrité.  Le Forum examinera le rôle du secteur privé et public dans la lutte contre la corruption, a précisé le représentant du Qatar.

Mme CLAUDIA BLUM (Colombie) a rendu hommage au travail de l’UNODC, sous la houlette de son Directeur exécutif, M. Antonio Maria Costa, en tant qu’agence responsable de l’assistance aux États Membres pour qu’ils s’acquittent de leurs obligations en vertu de leurs engagements internationaux.  Le Rapport mondial 2009 de l’UNODC sur ses activités est encourageant puisqu’il révèle une diminution de la production de la cocaïne et de l’héroïne.  Même si les données ne permettent pas de faire des estimations exactes quant à la réduction de la production mondiale d’opium et de coca, la représentante s’est déclarée confiante car il ne fait aucun doute, selon elle, que la tendance est également à la baisse.  Elle a relevé que ce rapport mettait en outre l’accent sur la corrélation entre le trafic de drogues et d’autres manifestations qui engendrent violence et corruption.  La Colombie est toujours prête à lutter résolument contre ces crimes.

L’année 2008 a permis d’enregistrer des progrès retentissants dans cette bataille.  Le pays a besoin d’efforts nationaux et internationaux, a-t-elle souligné, en sollicitant non seulement une aide technique et économique mais également l’accès de ses produits aux marchés mondiaux.  Elle a dit s’attendre à un accroissement de la coopération internationale avec des mesures efficaces contre le blanchiment d’argent et le terrorisme notamment.  Des efforts communs aideront à relever le défi de la drogue, a-t-elle insisté.  L’expérience de la Colombie a montré que ce n’est qu’en menant le combat sur tous les fronts que l’on réussira à vaincre les criminels.  Il s’agit de s’attaquer résolument et ensemble aux trafiquants de drogues du monde entier.  Cela se traduira par des mesures concrètes sans merci contre les criminels de tout genre, dans un esprit de responsabilité partagée.  Elle a encouragé à partager d’une manière généreuse les expériences dans ce domaine au-delà des frontières nationales.  La communauté internationale doit s’efforcer d’éliminer à jamais tous ces crimes d’une manière systématique et la Colombie réaffirme sa détermination à continuer à œuvrer aux niveaux bilatéral, régional et multilatéral, à travers des mesures de coordination et de coopération concrètes pour affronter la nature dynamique et changeante de cette menace mondiale.

M. HASSAN ALI (Soudan) s’est félicité des actions entreprises par l’Institut africain des Nations Unies pour la prévention du crime malgré ses ressources limitées.  Il a appelé les Nations Unies à appuyer ce type d’institut.  Il a demandé plus d’appui de la part des Nations Unies au continent africain en général.  Les États africains ont besoin d’aide pour combattre la traite des êtres humains ainsi que le trafic d’armes, a-t-il précisé.  Il a expliqué que le Soudan faisait des efforts en collaboration avec les pays frères.  Le Soudan souffre des effets du crime transnational, a-t-il ajouté, rappelant la Déclaration de Charm el-Cheikh, adoptée lors du Sommet des pays non alignés, où avait été défini l’engagement d’adopter un plan international contre la traite des êtres humains.  Il a estimé que le Soudan avait un rôle primordial à jouer dans la lutte contre le trafic de stupéfiants.  Il a fait état également des bons résultats obtenus en collaboration avec l’Institut africain.

De plus, il a souligné que le Soudan a signé des accords bilatéraux avec plus de 21 pays dans l’échange d’informations et la coopération internationale.  Au niveau national, le Soudan fait des efforts pour adapter la législation nationale.  En outre, le représentant a mis l’accent sur la nécessité d’augmenter la coopération en matière de prévention du crime et justice pénale.  Le cadre juridique doit être développé mais ce n’est pas suffisant, a-t-il affirmé.  Selon lui, l’approche ne peut être efficace si on ne tient pas compte de la crise économique dans les pays en développement.  La communauté internationale et les pays développés doivent soutenir les pays en développement pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), ainsi qu’un ordre international fondé sur une répartition juste des richesses, a-t-il assuré.  Enfin concernant la lutte contre le terrorisme, il a indiqué que le Soudan avait fourni de l’aide et a renouvelé l’engagement de son pays à coopérer avec ceux qui cherchent à l’éradiquer.  Selon lui, les Nations Unies devraient rassembler tous les pays pour lutter contre le terrorisme afin que ce dernier ne soit pas utilisé comme alibi politique.  Il a préconisé une stratégie internationale visant à coordonner et à dialoguer avec les différents gouvernements.

M. JORGE VALLEJO (Venezuela) a indiqué que les derniers rapports de l’ONU relatifs à la drogue témoignaient que la République bolivarienne du Venezuela était le quatrième pays du monde à avoir opéré des saisies de grandes quantités de drogues, soit plus de 47 tonnes de drogues variées.  Le Venezuela a ainsi démontré son engagement sans faille dans la lutte contre le trafic illicite de drogues et est devenue une référence en Amérique latine dans ce domaine.  L’emplacement géographique du Venezuela, en tant que pays voisin d’un des plus grands producteurs de cocaïne dans le monde, oblige à prendre des mesures souveraines et audacieuses pour éviter que son territoire ne serve de transit au trafic illicite de drogues vers les principaux marchés des États-Unis et de l’Europe où se trouve la plus grande demande mondiale de stupéfiants.  Grâce à des politiques étatiques de sensibilisation du public et de participation populaire à l’édification d’une société fondée sur l’éthique, le pays a pu opérer des saisies importantes.  Parmi les mesures prises, le représentant a insisté sur la mise en place de 10 radars d’alerte et de détection des vols aériens illégaux et l’installation de scanners corporels dans les aéroports.  Instituto Venezolano de Investigaciones Científicas(IVIC), en collaboration avec le Bureau national anti drogue (ONA) et la garde nationale bolivarienne ont aussi mis sur pied une série de dispositifs spéciaux de fabrication nationale pour déterminer le type de drogue consommée.  En résumé, le représentant a souligné que son pays développait ses propres mécanismes innovateurs.

En outre, le Venezuela a procédé à l’arrestation de plus de 10 grands patrons de la drogue, lesquels ont été immédiatement extradés et placés sous la juridiction du système pénal de leur pays respectif, en particulier les États-Unis et la Colombie.  L’an dernier, 14 puissants patrons de cartel ont aussi été détenus et extradés vers ces mêmes pays.  Il s’est félicité du fait que son pays fut l’hôte du dix-neuvième Sommet mondial de lutte contre la drogue, du 28 septembre au 2 octobre dernier, avec la participation de 77 pays d’Amérique latine et des Caraïbes, d’Europe et d’Afrique ainsi que de neuf organisations internationales.  Il a souligné en particulier les avancées vers des accords concrets de coopération entre les pays d’Amérique latine et des Caraïbes et les pays de l’Afrique de l’Ouest qui font, actuellement, face à d’énormes défis dans la lutte contre le narcotrafic. 

Mme CLAUDIA PÉREZ ÁLVAREZ (Cuba) a affirmé qu’aucun pays ne pouvait lutter seul contre le terrorisme, le trafic de stupéfiants ou la traite d’êtres humains.  Les moyens pour faire face à ces crimes passent par la restructuration de l’ordre international, la coopération et la responsabilité partagée mais différenciée.  Elle a également réitéré l’importance d’une meilleure distribution des richesses.  À Cuba, de toutes les formes de délinquance, aucune n’atteint celle du trafic de drogues, a-t-elle expliqué.  Cuba est prêt à collaborer avec tous les efforts sérieux et cohérents sur la base de l’intégrité et de la souveraineté territoriale des États.  La lutte contre ce phénomène n’admet pas la politique des deux poids deux mesures ni des déclarations hypocrites et unilatérales qualifiant certains États d’êtres bons et d’autres, diaboliques, a-t-elle estimé.  Elle a, ainsi, pris l’exemple de quelques lois appliquées par certaines puissances dont l’objectif délibéré est, a-t-elle assuré, d’encourager l’immigration illégale et la contrebande de citoyens Cubains vers les États-Unis.

La représentante s’est aussi étonnée que certains pays, se déclarant champions de la lutte contre le terrorisme, offraient l’impunité à des meurtriers et terroristes tels que Luis Posada Carriles, qui a, a-t-elle dit, provoqué la chute d’un avion Cubain en 1976, faisant 73 morts.  De plus, elle a affirmé qu’en dépit du blocus imposé par le Gouvernement américain, et grâce au système social cubain, son pays avait connu de grands succès dans la lutte contre les crimes.  Ainsi, a-t-elle expliqué, le pays ne connaît pas de problème de drogue et n’a pas un taux élevé de morts violentes.  Enfin, elle a précisé que son pays participait aux activités bilatérales et multilatérales dans les domaines du crime transnational et de la lutte contre la drogue.  Elle a renouvelé la proposition de son pays de collaborer avec les États-Unis dans les domaines du trafic de drogues, du terrorisme et du trafic d’êtres humains.

M. ABDELGHANI MERABET (Algérie) a souligné que la production de stupéfiants figurait parmi les principales activités du crime international organisé, avec des transactions annuelles estimées à près de 320 milliards de dollars.  Selon lui, il est primordial de s’en tenir aux objectifs définis lors de la vingt-deuxième session extraordinaire de l’Assemblée générale, lesquels s’articulent autour de la réduction de l’offre et de la demande.  Il a précisé que l’approche de la communauté internationale devait être fondée sur la responsabilité partagée.  Se basant sur des études et analyses, il a souligné la relation entre la situation économique de certains États et la propagation de la pratique de cultures illicite de drogue, ce qui montre, a-t-il dit, l’importance d’avoir une politique de développement alternatif.

Le représentant a plaidé en faveur de politiques de réduction de la demande.  À cet égard, il a déploré les politiques de tolérance appliquées par quelques gouvernements de pays développés à l’égard de consommateurs de certaines catégories de drogues, notamment le cannabis.  Ces politiques stimulent les producteurs des pays en développement, ce qui aggrave une situation déjà précaire, a-t-il dit.  Outre le trafic de drogues, il a relevé d’autres défis, citant, par exemple, la corruption.  Toutes les sociétés font face à ce fléau, a-t-il affirmé, soulignant la nécessité de créer un environnement international qui garantit une répression sévère, une meilleure protection des témoins et la levée du secret bancaire dans certains cas.  Affirmant que les groupes de crime organisé utilisaient tous les moyens pour blanchir les revenus du crime et de la contrebande, il a mis l’accent sur la nécessité de s’attaquer de manière concomitante aux fléaux qui puisent dans les mêmes sources de financement et dont les liens sont avérés.  Il a souligné, de même, que l’action des Nations Unies était reliée au niveau régional par le Mouvement des non-alignés et de l’Union africaine (UA).  Ainsi, il a relevé que l’UA avait demandé à l’UNODC d’élargir sa coopération avec les communautés régionales en Afrique.  Il a enfin évoqué l’action de son pays qui a adopté des mesures législatives et institutionnelles allant de la prévention jusqu’au traitement des toxicomanes en passant par des mesures de répression.  À cela s’ajoute la mise en place d’un Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONDLDT), a précisé le représentant.

M. MOHSEN EMADI (République islamique d’Iran) a affirmé que la nature occulte du trafic de drogues en faisait un problème d’une telle ampleur internationale qu’il ne pouvait être résolu que par des efforts collectifs et concertés fondés sur le principe de responsabilité partagée.  En dépit des diverses mesures et initiatives adoptées par les États Membres, il n’y a pas de bonnes perspectives pour résoudre ce problème.  On a, au contraire, assisté à une augmentation du trafic de drogues et la baisse de la production en 2008 est plutôt imputable à la sécheresse en Afghanistan.  La présence de la coalition a accéléré, a-t-il dit, la culture d’opiacés en Afghanistan par des groupes militaires et des chefs de guerre.  Dans la lutte contre le transit illégal de drogues en Afghanistan, l’Iran affecte des milliards de dollars et mobilise 30 000 troupes et forces de l’ordre à la frontière avec l’Afghanistan.  Ces efforts ont payé car, a-t-il souligné, l’Iran est le premier pays au monde à avoir procédé à 80% des saisies d’opium et d’héroïne dans le monde en 2008, ce qui représente environ 702 tonnes.

Deux centres d’échange d’informations, comme le quartier général de la police contre les drogues et l’organe international de la lutte contre les stupéfiants, ont procédé à des échanges d’informations avec les agents des pays voisins.  L’Iran a aussi contribué à la mise en place de services de lutte contre la drogue ainsi que de réduction de l’offre et la demande.  Au niveau de la coopération régionale, la République islamique a collaboré avec ses voisins ainsi qu’avec les pays de la route des Balkans, et a tenu des réunions trilatérales en 2008 dans le cadre de l’Initiative triangulaire associant l’Afghanistan, l’Iran et le Pakistan.  Cette initiative a été longuement traitée par le rapport du Secrétaire général et a permis une première grande opération trilatérale de saisie de drogues.  Le pays a aussi pris part à la série de réunions du Pacte de Paris et aux réunions de Dublin.  Nous avons assumé un lourd fardeau depuis plusieurs années mais nous ne pouvons pas tout faire tout seul, a-t-il conclu.

M. WEE CHOO KEONG (Malaisie) a prôné, en matière de lutte contre le crime transnational, une approche fondée sur la coopération bilatérale entre pays ainsi que le partage d’informations et de données qui doit être fait sur une base réciproque et en respectant le caractère sensible de cette information.  Il s’est réjoui du nombre croissant d’États qui ont ratifié la Convention contre le crime organisé, qui porte désormais leur nombre à 149.  Il a ajouté que son pays restait engagé à lutter contre le problème de la traite des êtres humains.  À cet effet, son pays a signé la Convention des Nation Unies contre la criminalité transnationale organisée.  La nature complexe de ce problème exige plus de ressources, a-t-il précisé.  Il faut souligner les questions de développement à l’intérieur de chaque pays qui fait que des personnes sont exploitées, a-t-il dit.  Bien que cette question ait été discutée durant la dernière session de l’Assemblée Générale, il a trouvé que les discussions sur ce sujet avaient été limitées. 

Concernant la question des stupéfiants, il s’est félicité de l’adoption d’une stratégie intégrée adoptée lors de la cinquante-deuxième session de l’UNODC via un Plan d’action.  Il a dit être préoccupé par la consommation de drogues synthétiques chez les jeunes.  Selon lui, il faut des efforts concertés et il est nécessaire d’intensifier l’aide technique pour donner d’autres sources de financement aux pays qui produisent des stupéfiants.  Il a  assuré que son pays luttait efficacement contre le trafic de drogues illicites.  En outre, une grande partie des personnes infectées par le VIH/sida le sont à cause de la consommation desdites drogues, a-t-il souligné, notant que son pays avait mis en œuvre des thérapies de substitution et un programme d’échanges de seringues.  Enfin, il a estimé qu’en dehors du travail important effectué par l’UNODC, les agences et les États devaient continuer leurs efforts et lutter pour la justice pénale.

M. LAZAROUS KAPAMBWE (Zambie), qui s’exprimait au nom des États membres de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), s’est dit conscient que l’incidence des crises mondiales économique, financière, alimentaire et énergique sur les pays en développement avait conduit à une baisse de la qualité de vie des régions concernées et avait créé un véritable vivier pour le crime dans les pays qui avaient déjà fort à faire.  Il a énuméré les activités visant à la prévention et à la réduction du trafic d’armes, notamment celles de petit calibre.  Il a, en particulier, décrit l’utilité de l’Opération Mangochi qui visait à remédier au vol de véhicules, au trafic de drogues illicites, à la prolifération des armes légères et de petit calibre ainsi qu’au trafic des armes à feu illégales.  Cette opération a été conjointement mise en œuvre par la Namibie, le Botswana, le Zimbabwe, le Lesotho, le Swaziland et le Mozambique, tandis que l’Opération Scorpion couvrait l’Angola et la Namibie.  De leur côté les opérations « Green Mamba » et « Katse » ont surtout ciblé la détection des armes à feu illégales respectivement en Swaziland et au Lesotho.

La région de la SADC a montré son engagement en formulant un programme régional 2005-2010 contre la corruption qui vise à détecter et à punir la corruption dans les secteurs publics et privés.  De nombreux défis restent à relever, a-t-il remarqué, en invitant à une aide à travers des mesures très claires et efficaces pour combattre la criminalité transnationale organisée.  En mai 2009, les Ministres de la SADC responsables de la lutte contre la traite des personnes ont mis en lumière des méthodes pour combattre cet autre fléau, a-t-il expliqué.  Ils ont en effet adopté un plan régional de 10 ans pour combattre la traite des personnes, récemment approuvé par le Sommet de la SADC.  Il a, par ailleurs, admis la nécessité, pour les pays de la région, d’améliorer leur capacité en matière de prévention du crime et la justice pénale, non seulement par une formation accrue des professionnels du système judiciaire, mais également à travers la restructuration de ces systèmes de manière efficace du point de vue des coûts et orientée vers les résultats.  Il a mis l’accent sur la nécessité d’une assistance technique à la mesure des besoins de chaque pays.

M. KOH BOON PIAU(Singapour) a illustré l’impact social et humain de la consommation et du trafic de drogues en racontant l’histoire d’une famille dont le père était toxicomane qui, de fil en aiguille, a accepté de travailler pour un puissant cartel international de stupéfiants.  Il a décrit également les incidences désastreuses sur son épouse et ses enfants, qu’il maltraitait.  Il y a des millions d’histoires comme celles-ci, a indiqué le délégué en ajoutant que les communautés continuaient de payer un lourd tribut à ce fléau.  Selon l’édition 2009 du Rapport mondial sur la drogue, il y aurait environ 38 millions d’utilisateurs, chroniques, de stupéfiants et, plus affligeant encore, quelque 250 millions de personnes toxicomanes sont âgées entre 15 et 64 ans et consomment de la drogue depuis une année au moins.  C’est là un mal mondial qui n’a ni limites d’âge, de sexe, de race ou de nation, a constaté le représentant.

Au niveau national, il a indiqué que la politique et les structures mises en place par les pouvoirs publics avaient permis de mettre fin aux activités de 11 cartels internationaux cette année et que le nombre de consommateurs de drogues avait chuté de 13% au premier semestre.  Il a évoqué l’étroite coopération entre son pays et les membres de l’Association des nations de l’Asie de Sud-Est (ANASE) en vue de la lutte contre le trafic transnational des stupéfiants et du partage de pratiques optimales pour relever ce défi.  Les autorités de Singapour se sont aussi concentrées sur la mise sur pied de programmes d’éducation et de prévention ciblant les établissements scolaires et les groupes de jeunes.  Il a également fait le point sur son approche différentielle adoptée dans le traitement et la réhabilitation des toxicomanes à travers des centres pourvus à cet effet.  Ces centres insistent sur l’abstinence, des services de conseil religieux et sociaux, le travail, la formation et l’éducation pour les aider à surmonter leur toxicomanie.     

Mme ASSEL ALSHEHAIL (Arabie saoudite) a montré comment son pays déployait des efforts où le secteur privé et public coopéraient.  Elle a évoqué la mise sur pied d’un programme de lutte contre la criminalité, notamment au sujet de la détention provisoire, basé sur la charia.   Elle a notamment insisté sur le caractère non rétroactif des peines.  Elle a évoqué un programme établi pour les 20 années à venir, à l’initiative du roi Abdullah.  Le plan œuvre à établir un cadre juridique et à développer une éducation préventive.  En outre, des experts d’Arabie Saoudite ont participé, en février dernier, à une étude portant sur la lutte contre le terrorisme, le blanchiment d’argent, le crime transnational, le clonage humain et la protection des droits des enfants.

L’Arabie Saoudite a également mis au point un système visant à garantir la confidentialité des informations des personnes impliquées dans des actions terroristes.  Enfin, prônant une responsabilité internationale sur toutes ces questions, elle a cité les Protocoles auxquels son pays a adhérés.  Elle a précisé que son pays mettait l’accent sur la recherche et le contrôle pour lutter contre la criminalité et favorisait la coordination avec le système bancaire.

Mme WARIF HALABI (République arabe syrienne) a affirmé que son pays avait adhéré à la plupart des instruments de prévention du crime.  Il a ratifié, cette année, la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et ses deux protocoles additionnels s’y rapportant.  La traite des personnes est un phénomène criminel international qui ne connaît aucune frontière géographique, a-t-elle dit.  La Syrie, du fait de sa situation géographique, est un pays de transit.  Elle a réussi à démanteler des réseaux en collaboration avec des pays comme l’Allemagne, l’Italie et la France.  En collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), il existe un projet qui a été soumis aux autorités compétentes en vue de sa finalisation, a-t-elle dit.  Un foyer d’accueil des victimes a été créé en coopération également avec l’OIM et d’autres organisations. 

La représentante a ajouté que son pays déployait tous les efforts pour réduire la demande de drogues, tandis que les membres de la Commission nationale de la drogue (CONALD) s’efforcent d’appliquer les dispositions des accords bilatéraux avec un certain nombre de pays.  Ce fléau international appelle des efforts communs pour y faire face, a-t-elle estimé.  La représentante a salué les efforts déployés par le centre régional de l’UNODC pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord et a souhaité que des moyens additionnels lui soient accordés pour qu’il soit à même de s’acquitter de sa tâche, laquelle consiste notamment à apporter une assistance technique aux pays de ces régions. 

Mme MARÍA RUBIALES de CHAMORRO (Nicaragua) a souligné qu’une Déclaration politique ministérielle avait été récemment adoptée dans son pays sur le trafic des drogues illicites, la criminalité transnationale organisée et le terrorisme.  Dans cette déclaration, les Ministres de la région ont reconnu, une fois de plus, que l’abus de drogues, la production et le trafic illégal des stupéfiants, la criminalité transnationale organisée, le terrorisme de même que son financement, et le fléau de la corruption étaient autant de défis pour la sécurité et le développement en Amérique centrale.  La lutte contre de tels phénomènes passe inexorablement par une coopération internationale et des mesures concertées basées sur le principe de responsabilité partagée ainsi que sur des actions multilatérales dans un cadre juridique bien établi.  La représentante s’est réjouie de l’adoption de la Déclaration politique et du Plan d’action sur la coopération internationale en faveur d’une stratégie de lutte intégrale et équilibrée contre le problème mondial du trafic de drogues.

La représentante a dénoncé, en revanche, certains États Membres qui ont l’intention de recourir à des moyens non pacifiques, comme l’établissement de bases militaires, comme alternatives de coopération dans la lutte contre le trafic international de drogues.  Ces méthodes, loin d’offrir une solution, menacent la paix et la sécurité dans la région, a-t-elle considéré.  Le Nicaragua fait partie des groupes de pays qui encouragent la formulation d’un plan mondial de lutte contre la traite des personnes, lequel, loin de faire double emploi, permettra de faciliter l’application des mécanismes et instruments internationaux existants, de promouvoir une coordination accrue et de compléter les efforts collectifs des États Membres, du système des Nations Unies et des associations de la société civile tout en renforçant la coopération internationale.  Ce plan d’action permettra la formulation des plans opérationnels, assortis d’indicateurs précis pour l’évaluation et le suivi et qui tiendront compte des stratégies et des efforts régionaux, nationaux, bilatéraux et internationaux.

M. PABLO SOLÓN-ROMERO (Bolivie) a concentré son intervention sur les succès rencontrés par son pays dans la lutte contre la drogue.  Ainsi, le nombre de laboratoires démantelés augmente t-il.  Depuis l’élection à la présidence du pays de M. Evo Morales, le nombre d’agents luttant contre le trafic a augmenté.  Les opérations contre les stupéfiants ont augmenté de 58% par rapport à 2005.  L’efficacité de ces agents a permis d’accroître la saisie de cocaïne qui est passée de 11,4 tonnes en 2005 à 28,8 en 2008, ainsi que d’augmenter la confiscation de substances chimiques destinées à la confection de drogues.  Le représentant a préconisé la réinstallation du bureau de l’UNODC en Bolivie.  Il a réitéré le principe de responsabilité partagée au sujet de la lutte contre la drogue.  Il a souligné que son pays avait consacré 20 millions de dollars à la lutte contre le trafic de stupéfiants.  Il a indiqué que dans le cadre de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR), un Conseil sud-américain de lutte contre les stupéfiants avait été créé et que son pays avait conclu des accords binationaux avec l’Argentine et le Brésil.  Grâce au plan binational Brésil–Bolivie, des laboratoires de précurseurs chimiques ont été démantelés.

Le représentant s’est félicité de la réussite de la stratégie que son pays a utilisée avec les producteurs de coca pour réduire leurs cultures.  Ces cultures ont été réduites de 5 000 hectares et ce, sans recours à la violence et sans violation des droits de l’homme.  Enfin, il a déclaré que le Président Morales avait présenté une proposition d’amendement visant à dépénaliser la pratique culturelle de la mastication de la feuille de coca. 

Mme SAMAR AL-ZIBDEH (Jordanie) a souligné le danger constitué par la criminalité transnationale organisée et insisté sur la nécessité d’une action globale concertée en vue de la prévention et de la lutte contre ses manifestations variées.  Il s’agit surtout de lutter contre la traite des personnes, phénomène qui, a-t-elle dit, n’existe pas en Jordanie mais contre lequel le pays dispose d’ores et déjà d’une législation.  La Jordanie a ratifié récemment la Convention des Nations Unies sur la criminalité transnationale organisée.  Une Commission nationale a été établie pour la lutte contre la traite des personnes, et le Ministère du travail a achevé la première phase du projet de lutte contre la traite, débutée en 2007. 

La représentante a indiqué qu’un autre projet de jumelage avec l’Europe pour combattre la criminalité avait également été signé.  Des programmes sont en place également pour la prévention de la consommation de drogues, en particulier chez les jeunes.  La législation et la stratégie nationale dans ce cadre ont des dispositions relatives à la sensibilisation du public.  Sur le plan du traitement, la stratégie consiste à réhabiliter les toxicomanes dans des centres spécialisés et équipés à cet effet.  Elle a exhorté à un véritable engagement politique pour traiter les différents aspects de la criminalité internationale.  

M. ATSEDE KIDANU (Éthiopie) a souligné que le fléau de la drogue et de son trafic illégal était l’un des plus grands défis pour l’humanité, un crime d’une envergure mondiale nécessitant également une réponse au niveau mondial.  À cette fin, l’existence d’un système judiciaire criminel efficace, de l’état de droit et d’un mécanisme d’application de la loi sont fondamentaux dans la lutte contre le trafic de drogues, a souligné le délégué.  Les Conventions des Nations Unies ont déjà servi, et devraient continuer de servir d’instruments pour la coopération internationale, apportant un cadre légal et institutionnel assurant une similarité dans leur mise en œuvre par les États Membres. 

Sur un plan national, l’Éthiopie fait tous les efforts possibles pour enrayer le problème de l’usage de stupéfiants et du trafic illégal, a affirmé le représentant, citant la création de plusieurs leviers politiques, stratégiques et légaux.  Le Gouvernement a, ainsi, déjà adopté une politique contre la drogue, s’attaquant à la production, à la distribution et à la consommation de narcotiques et de psychotropes, et prévoit plusieurs peines dans son code pénal.  L’Éthiopie a, de surcroît, adopté un plan pluriannuel avec l’appui technique de l’UNDOC, pour les années 2009-2013.  Le représentant a, en outre, plaidé pour une collaboration étroite entre diverses agences gouvernementales, jugeant nécessaire la création d’un comité interministériel pour mettre en œuvre le plan pluriannuel.  L’Éthiopie a aussi salué la contribution significative et encourageante de l’UNDOC mais aussi d’autres partenaires bilatéraux à l’échelle nationale, et a plaidé pour une collaboration étendue, à la région et en compagnie de la communauté internationale.

M. GEORG SPARBER (Liechtenstein) a rappelé que son pays était coauteur traditionnel de la résolution sur l’amélioration du programme des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale, en particulier l’aspect concernant la coopération en matière de capacité technique.  Il a estimé que l’UNODC était un instrument important dans la promotion d’une action efficace de renforcement de la coopération dans ce domaine et dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.  Il a indiqué que son pays était internationalement reconnu en tant que centre financier et, qu’à ce titre, il respectait les plus hautes normes de transparence, de professionnalisme et de légalité.  Abordant les efforts de son pays dans la lutte contre le terrorisme, il a indiqué que la législation nationale dans ce but était entrée en vigueur en mars 2009.

M. ZAHIR TANIN (Afghanistan) a annoncé que les efforts pour lutter contre le trafic de drogues avaient enregistré des succès importants cette année.  Ces succès sont le résultat d’efforts sincères, a-t-il dit, citant la baisse de 22% de la production d’opium.  En outre, 20 provinces au lieu de 18 ne produisent plus d’opium.  Le Ministère en charge de la lutte contre les stupéfiants va procéder à la destruction de milliers d’hectares de pavot.  Des cultures alternatives vont être promues.  Il a précisé que sans solutions alternatives, tous les efforts seraient inutiles.  La coordination a été également améliorée au niveau national.  Ainsi, le Ministère afghan en charge de la lutte contre les stupéfiants a organisé une conférence avec les gouverneurs pour discuter des bonnes pratiques.  Ensemble, ils mènent des campagnes de sensibilisation avec les médias et les chefs religieux, a-t-il expliqué.  De plus, le Ministère de la justice a créé un tribunal particulier et le pays dispose d’une force de police spécifique.  Selon lui, il est important de se concentrer sur le renforcement de l’état de droit.  Il a précisé ainsi que le Gouvernement s’était engagé à réaliser des progrès grâce à l’aide de la communauté internationale.

S’agissant de la coopération avec les pays voisins, il a évoqué l’initiative triangulaire entre la République islamique d’Iran, le Pakistan et l’Afghanistan, grâce à laquelle ont pu être démantelés des réseaux de trafiquants.  À cela, il faut ajouter, dans le cadre de l’opération UNODC lancée en mai dernier, la coopération avec les gouvernements de la région en vue d’assurer la formation d’agents de contrôle des frontières et de la police antistupéfiants.  Le représentant a indiqué qu’une opération militaire conjointe menée avec L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) avait permis de détruire 90 tonnes de précurseurs chimiques, 459 tonnes de pavot, 51 tonnes d’opium, sept tonnes de morphine, une tonne et demie d’héroïne, 19 tonnes de cannabis et 44 laboratoires illégaux.  Il a fait état de la signature d’un accord avec la Fédération de Russie portant sur l’arrêt du transfert de précurseurs.  Sur le plan international, il a prôné la coopération avec l’UNODC pour toutes les questions liées aux drogues.  Il faut, a-t-il dit, promouvoir des stratégies globales qui comprennent tous les aspects du problème de la drogue, de la culture à la consommation.  Il a insisté sur les efforts à mettre en œuvre afin de réduire non seulement l’offre mais aussi la demande.  Enfin, il a souligné que les profits d’activités illégales nourrissaient le terrorisme et, a pointé le lien entre insécurité et production de drogues.  Ainsi, a-t-il expliqué, 98% du pavot est produit dans les provinces où règnent les plus hauts niveaux d’insécurité.  Il faut améliorer la sécurité via la formation de la police afghane, a assuré le représentant.

Mme SANDRA SIMOVICH (Israël) a affirmé que le trafic de drogues ainsi que la traite d’êtres humains constituaient des crimes transfrontières et, qu’à ce titre, la lutte contre ces trafics se devait d’être internationale.  Elle a indiqué qu’Israël avait œuvré à renforcer les mécanismes de coopération régionale, notamment en renforçant son partenariat avec l’Union européenne (UE).  Reconnaissant l’importance de la lutte contre la drogue, Israël a établi, il y a 20 ans, une autorité antidrogue qui est chargée de coordonner les entités gouvernementales et non gouvernementales dans leur lutte contre la drogue.  À la suite de l’appel lancé lors de la session spéciale de l’Assemblée Générale, qui portait sur la lutte contre les amphétamines et les précurseurs chimiques, Israël a pris des mesures législatives afin d’inclure ces substances dans son ordonnance de drogues dangereuses, a-t-elle indiqué.

La représentante a ensuite évoqué l’action de son pays envers les toxicomanes.  Israël a mis au point diverses méthodes en vue de fournir des solutions aux différents segments de la communauté.  Des cadres spéciaux existent pour les enfants, les patients psychiatriques et les jeunes.  En outre, il existe des programmes de prévention incluant des formations et des campagnes d’information à la radio.  Enfin, elle a estimé que l’un des grands défis était la lutte contre le terrorisme.  Les deux types de criminels, qu’il s’agisse de la drogue ou du terrorisme, utilisent les mêmes méthodes, a-t-elle dit.  Dans les deux cas, il faut une forte coopération internationale, aucun pays ne pouvant lutter seul.

M. EDGARD PEREZ (Pérou) a déclaré qu’en dépit des statistiques de l’UNODC selon lesquelles l’année 2008 avait révélé une baisse de la production d’héroïne et de cocaïne au niveau mondial, il n’en reste pas moins qu’il fasse intensifier les efforts.  Le rapport du Secrétaire général mentionne d’autre part une aggravation du problème de la production des stimulants de type amphétamine, ce qui confirme, selon lui, qu’il faut poursuivre la coopération déjà en cours.  Le trafic des drogues va de plus en plus de pair avec celui des armes, la traite des personnes, la corruption et les activités terroristes, a-t-il noté, en recommandant des actions conjuguant la prévention de ces dernières ainsi que leur répression.  La production illicite du coca est un facteur qui affecte l’environnement du Pérou et la forêt amazonienne souffre des brûlis pour cultiver le coca.  Cette culture a contribué au déboisement de l’Amazonie, ce qui ne manque pas d’avoir des incidences dramatiques sur les écosystèmes de toute la région car plus de 2,5 millions d’hectares de la forêt tropicale amazonienne ont subi des dégâts, ce qui vient s’ajouter aux effets néfastes du réchauffement climatique. 

Le représentant a encouragé à poursuivre la recherche de programmes de développement alternatifs, instruments utiles pour confronter le problème des cultures illicites et réduire l’offre de drogues illicites.  Ces programmes sont des instruments utiles qui permettent de réduire le problème de la drogue et de fournir aux populations affectées des moyens de subsistance adéquats et durables.  Leur efficacité dépend de la capacité de les mettre en œuvre sur le long terme et de manière continue.  Il est en conséquence impératif d’investir dans leur financement et en vue de leur planification et exécution, a-t-il affirmé.  Dans le cas spécifique du Pérou et malgré le fait d’avoir consenti plus de 600 millions de dollars par an pour lutter contre le trafic illicite, il est difficile de contrecarrer un réseau criminel engagé dans la production et le trafic, dont le coût s’élève à 22 000 millions de dollars.  Il est dès lors, évident qu’une coopération internationale soutenue est nécessaire pour faire face à ce problème.  Il importe que les pays développés, en particulier les pays consommateurs, accorde une haute priorité à la coopération contre le trafic des drogues dans leur agenda, dans l’esprit du principe de la responsabilité partagée.  Il s’est déclaré préoccupé par la réduction de l’aide aux pays de la région. 

M. HASSAN EL MKHANTAR (Maroc) a affirmé que, conformément à ses engagements internationaux, son pays était en phase d’harmonisation de sa législation nationale avec les dispositions de la Convention contre la criminalité transnationale organisée.  Le Maroc dispose d’une Commission nationale des stupéfiants, d’une unité de coordination de la lutte antidrogues.  Il a cité des mesures locales comme, entre autres, des actions de désenclavement en cours dans le nord de son pays afin d’assurer à cette région un haut niveau de développement devant conduire à l’élimination de la culture du cannabis.  Il a confirmé l’engagement de son pays contre le trafic de drogues.  Selon lui, cette lutte doit être le fruit d’une coopération régionale, d’efforts nationaux et d’une assistance internationale.  À cet égard, il a évoqué la Déclaration de Rabat, adoptée au terme de la première réunion ministérielle des États africains riverains de l’Atlantique.  Cette déclaration appelle à un mécanisme de coopération régionale dans la lutte contre le trafic de drogues.

Dans le domaine de la lutte contre le trafic d’êtres humains, le Maroc a mis en place une stratégie en 2007.  Concernant le trafic de migrants, une Stratégie globale de lutte contre la migration irrégulière a permis des résultats concrets, notamment à travers une baisse significative des flux clandestins à partir du Maroc.  Au sujet de la lutte contre les organisations terroristes, le Maroc a élaboré un plan afin de consolider le potentiel matériel et humain de ses services de sécurité.  Ce plan, a-t-il précisé, sera mis en place entre 2008 et 2012.  Ces stratégies, a-t-il ajouté, ne peuvent être mises en œuvre sans coopération internationale.

M. SANTIAGO CHIRIBOGA (Équateur) a fortement condamné toutes les formes de narcotrafics, les qualifiant d’atteinte à la vie et à la dignité humaine.  Il a réitéré les priorités de son gouvernement et a inscrit la lutte contre la criminalité transnationale organisée et le trafic de drogues dans le contexte du strict respect des droits de l’homme et dans le cadre des instruments juridiques en vigueur et des normes et principes relatifs au droit international.  Il a affirmé que l’Équateur avait pris des mesures pour aligner sa législation sur ces instruments, interdisant notamment la culture de la coca et imposant des peines de prison à ceux qui enfreignent la loi.  Ces efforts ont été qualifiés d’« impressionnants » par l’UNODC dans son dernier rapport qui révèle aussi que la présence de la culture de la coca est insignifiante et, son étendue, minimale.  Dans les cas où ces cultures existent, elles sont immédiatement détruites par une opération conjointe des forces armées et de la police nationale, a-t-il précisé.  

Mme OLHA KAVUN (Ukraine) a affirmé que son pays était favorable à une coopération renforcée pour combattre la mondialisation du crime organisé.  Des mesures contre ce phénomène doivent être contenues dans des politiques pour le développement durable, a-t-elle dit.  Elle a précisé que les mécanismes de l’ONU jouaient un rôle fondamental.  À ce titre, elle a salué le rapport de l’UNODC portant sur les activités de l’Organisation.  Elle s’est également félicitée de la proposition de créer un groupe de travail pour améliorer la gouvernance.  Elle a souligné que la lutte contre la corruption et le crime restait une priorité pour le Président ukrainien.  Le Gouvernement prend des initiatives afin de jouer un rôle actif dans la mise en œuvre d’une politique anticorruption, a-t-elle dit.

En outre, l’Ukraine appuie des initiatives contre la traite des êtres humains, notamment la création de partenariats.  Selon elle, il est urgent d’agir pour réduire la demande, viser les criminels et protéger les victimes.  Nous devons avoir une réponse internationale coordonnée, a-t-elle dit.  Concernant les stupéfiants, un système de contrôle des stupéfiants ainsi que la prévention font partie des priorités ukrainiennes.  Elle espère que la mise en œuvre des mesures prises lors de la cinquante-deuxième session de la Commission sur les stupéfiants contribuera à améliorer la coopération internationale dans ce domaine.  La représentante a enfin souligné la nécessité de lutter contre la piraterie.  Elle appuie l’établissement de règles claires pour lutter contre cela et demande la tenue d’une session de l’Assemblée générale à ce sujet.

M. HARDEEP SINGH PURI (Inde) a souligné que le terrorisme était le fléau de notre époque, rappelant que son pays en était victime depuis des décennies.  L’attentat barbare contre des civils innocents à Mumbay, le 26 novembre 2008, rappelle cette menace latente et permanente que représente le terrorisme pour tous les pays.  Il a aussi dénoncé l’attentat en juillet de la même année contre son ambassade à Kaboul et celui dont elle a été victime aujourd’hui même à Kaboul.  Il est essentiel que nous soyons fermes vis-à-vis de ceux qui recourent à ces moyens ignominieux, a-t-il dit.  La Convention mondiale sur le terrorisme international a été négociée pendant de longues années au sein de l’ONU et le groupe de travail sur cette convention est réuni actuellement.  Il est temps que la communauté internationale achève les négociations et s’engage fermement en adoptant cette convention, a-t-il déclaré.

Mettant l’accent sur le lien entre les terroristes et le blanchiment d’argent, il a une fois encore exhorté à un renforcement de la coopération internationale.  Il faut davantage d’efforts pour mettre en œuvre des mesures pratiques sur le terrain afin de relever ces défis.  Le rapport du Secrétaire général fait état de la réduction des cultures de drogues et une baisse de la consommation au niveau mondial.  La pierre angulaire dans ce contexte consiste à développer des cultures alternatives.  Il a déploré que cela n’ait pas été toujours suivi dans les pays affectés et a encouragé à fournir des solutions alternatives durables aux agriculteurs dans ces régions.  Il a aussi exhorté à enrayer la demande.  L’Inde est un grand producteur d’opium et c’est la raison pour laquelle le pays applique une politique équilibrée pour qu’il n’y ait pas de production d’opiacées illégaux.  Le code de procédure pénale a adopté des lois sévères pour empêcher le blanchiment d’argent, lutter contre la criminalité transnationale organisée et contre la corruption.  Aucun progrès social ne peut nous protéger totalement contre ces fléaux multiples et seule une action internationale concertée facilitera leur élimination, a déclaré le représentant.

Mme MARINA IVANOVIC (Serbie) a articulé son discours autour des efforts nationaux, ainsi que de la coopération aux niveaux tant régional qu’international en matière de prévention du crime et du contrôle de drogues.  Elle a mis en exergue la nécessité de consolidation et d’harmonisation de tels efforts dans la lutte contre les diverses formes de criminalité.  Dans ce cadre, la Serbie a adopté cette année trois importantes stratégies: la Stratégie nationale contre la criminalité transnationale organisée, la Stratégie nationale contre la drogue pour la période 2009-2013 et la Stratégie nationale contre les migrations clandestines pour 2009-2014.  Elle a considéré qu’étant donné la nature transfrontalière de la criminalité organisée, il était impératif de mettre en œuvre une bonne coopération régionale et internationale.  Celles-ci se concrétisent à travers une coopération entre la Serbie et des pays et des organisations régionales telles que l’UNODC, l’Initiative de coopération pour l’Europe du Sud-Est (ICESE) et l’Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE), y compris avec les missions internationales dans la province du Kosovo et Metohija, au sud de la Serbie, ainsi qu’avec INTERPOL et EUROPOL.

En septembre dernier, a-t-elle ajouté, le Ministre de l’intérieur a signé un protocole de coopération avec la Mission de police et de justice de l’Union européenne au Kosovo (EULEX), en vue d’un échange d’informations sur les drogues, les armes, la traite des personnes, le crime organisé et le terrorisme.  La Serbie a également accueilli, du 27 au 29 septembre 2009, la Conférence ministérielle régionale sur le renforcement de la coopération régionale et transnationale comme préalable à des procès réussis, à laquelle ont participé des Ministres de l’intérieur et de la justice et d’autres responsables de l’Albanie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Croatie, de l’Italie, de l’ex-République yougoslave de Macédoine, du Monténégro et de la Serbie.  La représentante a également estimé que le trafic d’organes humains était une pratique abominable.  La Serbie, a-t-elle dit, continue à être engagée à coopérer pleinement avec le Rapporteur spécial sur cette question, y compris en lui fournissant les preuves recueillies par le Procureur chargé des crimes de guerre en Serbie, et attend que celui-ci prenne des initiatives pour une enquête complète sur les allégations d’enlèvements et du trafic d’organes de Serbes et de non Albanais dans la province du Kosovo et dans le nord de l’Albanie.

M. CAMILLO GONSALVES (Saint-Vincent-et-les Grenadines) a affirmé que l’économie de son pays était encore, il y a peu, basée sur l’exportation de ressources agricoles, notamment la banane.  Mais aujourd’hui, le pays ne produit plus que la moitié de bananes qu’il produisait il y a 10 ans, a-t-il dit.  Les conséquences en sont le chômage et la pauvreté, le démantèlement du réseau social et la progression de la culture de marijuana.  Le pays est désormais l’un des plus grands producteurs de marijuana des Caraïbes.  Cette culture est orchestrée par les barons de la drogue et les gangs.  Reprenant les résultats de divers rapports de l’UNODC, il a rappelé que le taux de meurtres dans les Caraïbes ne faisait qu’augmenter.  Cette escalade de la violence est liée à la drogue, a-t-il dit.  Les Caraïbes sont une zone de transit vers les pays développés, a-t-il expliqué, précisant qu’elles étaient en effet situées entre les pays sources, les régions andines, et les pays consommateurs d’Amérique et d’Europe.

Le représentant a appelé à une assistance financière et technique, comme prévue par la cinquante-deuxième session de la Commission sur les stupéfiants, dans la mesure où les coûts financiers et humains ne peuvent pas être portés par les États.  Il a exprimé sa préoccupation et sa détresse face à la fermeture du bureau des Caraïbes de l’UNODC.  Il s’agit, selon lui, d’un véritable et inacceptable abandon. 

M. AHMADU GIADE (Nigéria) a mis l’accent sur la coopération régionale en cours contre les diverses formes de trafic.  Personne ne peut lutter seul quels que soient les moyens dont il dispose, a-t-il affirmé.  L’Afrique de l’Ouest est fortement frappée par le problème de la drogue qui devient rapidement une zone de transit et d’entreposage des drogues illicites.  Le Nigéria coopère étroitement avec la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et avec le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent (GIABA).  Il a salué le fait que la CEDEAO a récemment pris des mesures musclées pour inverser cette tendance par le biais d’un plan d’action régional, appuyé par le Conseil de sécurité, l’Union européenne ainsi que plusieurs agences des Nations Unies.  Le Nigéria s’efforce d’empêcher que son territoire soit utilisé comme pays de transit.  Le mécanisme national a adopté une approche alliant la prévention à la répression par la destruction de plantations de cannabis et de centres de fabrication de drogues.

Les activités de surveillance ont été accélérées le long des frontières, dans les aéroports et les ports car ce sont les principales voies d’acheminement.  Les délinquants ont été appréhendés et des enquêtes sont menées pour identifier leurs collaborateurs à l’étranger.  Des peines lourdes sont prononcées pour dissuader d’autres personnes d’emprunter cette voie.  Le Nigéria salue sa coopération avec l’UNODC.  Il œuvre également dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest et un protocole d’entente a été signé avec le Royaume-Uni.  Une collaboration est en cours avec les ambassades de la région à propos des visas accordés aux trafiquants de drogues.  Il a appuyé la résolution 63/195 qui appuie l’Institut africain pour la prévention du crime et le traitement des délinquants et a demandé aux Nations Unies de lui fournir davantage de ressources financières pour lui permettre de s’acquitter de son mandat comme il se doit.  Il a exhorté l’Assemblée générale à garantir davantage de ressources à cet institut au titre de son budget ordinaire.

M. KHALIFA ALMAZROOEI (Émirats arabes unis) s’est dit convaincu de la nécessité d’une coopération internationale pour faire face à la criminalité sous toutes ces formes.  Il a précisé que les Émirats luttaient contre les crimes à travers des coopérations régionales et des initiatives nationales.  Le pays, a-t-il dit, a mis au point une stratégie nationale pour lutter contre la traite humaine.  Cette stratégie s’appuie sur quatre points: la criminalisation, l’application de la loi, l’assistance aux victimes et la coopération internationale.  Ainsi, des accords bilatéraux ont été conclus avec les États exportateurs de travailleurs.

Les Émirats arabes unis ont également coopéré dans le domaine du blanchiment d’argent.  Au plan national, il a évoqué la mise en place d’une commission nationale pour lutter contre le blanchiment d’argent afin de coordonner les politiques dans ce domaine.  Le pays a également adhéré à la Convention des Nations Unies et a conclu un mémorandum d’entente avec 21 pays.  Enfin, étant donné la position géographique des Émirats arabes unis, proche de pays producteurs, ceux-ci sont considérés comme un pays de transit.  Le représentant a indiqué que son pays avait élevé les peines punissant le trafic et avait adhéré à toutes les Conventions internationales de lutte contre la drogue.  Il a précisé que son pays avait créé des centres de traitement et de réintégration des toxicomanes.

Mme SANSANEE SAHUSSARUNGSI (Thaïlande) a affirmé que le moment était venu pour que la communauté internationale envoie un message aux femmes détenues dans le monde entier afin que leurs droits, dignité et sécurité soient protégés dans le cadre du système judiciaire et pénal.  Dans le cadre de la prévention du crime et justice pénal, elle a insisté sur l’importance que son pays attache aux droits.  La pauvreté ne peut servir de prétexte à l’impunité lorsqu’il s’agit du respect du droit.  Pour son Gouvernement, il faut aborder tous les aspects du problème et identifier les causes profondes.  En conséquence, la représentante a invité à éliminer les facteurs sociaux qui conduisent à cette situation comme la pauvreté, l’absence d’opportunités économique.  Aussi longtemps que les besoins élémentaires ne sont pas garantis et les opportunités économiques améliorées, la société continuera à être aux prises avec le cycle vicieux de la pauvreté et du crime.  Le but n’est pas de châtier les criminels comme une forme de vengeance sociale mais de réduire ou d’éliminer les facteurs sociaux qui induisent la criminalité, tels que la misère, le désespoir ou l’exclusion sociale, pour ne citer que quelques exemples.  Elle a cité le cas d’une approche thaï sous l’égide de la Princesse Bajrakitiyabha Mahidol à qui l’UNODC a décerné une médaille de reconnaissance pour son plaidoyer en faveur de l’amélioration de la situation des femmes détenues avec leurs enfants en prison.  Cette initiative concentrait ses activités sur la prestation de services vitaux tels que l’éducation, le conseil ainsi que des services pratiques de santé et de soins infantiles pour cette population, qui, en règle générale ne bénéficie pas de tels services.  Le pays multiplie les initiatives qui prennent en compte les droits des femmes détenues, avec une approche sensible à l’égalité entre les hommes et femmes.  La Thaïlande fait tous les efforts nécessaires pour que ces initiatives trouvent un appui à l’échelle mondiale.

Le pays s’apprête à accueillir une réunion d’experts sur cette question.  Elle a dit espérer qu’une stratégie sera adoptée par consensus pour avoir un document contenant des normes acceptables pour tous.  Elle a lancé un message d’espoir aux femmes incarcérées afin de les assurer qu’elles seront protégées dans le cadre du système pénitentiaire, en les sortant de la marginalisation.  La pauvreté fait partie des facteurs incitateurs au trafic de la drogue.  Selon elle, l’ONU peut jouer un rôle vital en exhortant les pays développés à ouvrir leurs marchés aux produits des pays en développement.  Elle a affirmé que la Thaïlande allait créer une zone exempte de drogues dans la région de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE).  Elle a estimé que les toxicomanes étaient des victimes et non des criminels.  Ils nécessitent donc l’assistance et l’appui des services de santé publics.  Dans son pays, a-t-elle précisé, les personnes infectées par le VIH/Sida, du fait de la toxicomanie, bénéficient d’une couverture médicale depuis 1993.  Cela fait partie, a-t-elle dit, de la politique d’accès à ces soins pour tous.

M. GAREN NAZARIAN (Arménie) a affirmé que la lutte contre le trafic de drogues était une priorité du Gouvernement, son pays étant proche des routes de trafic.  En ce sens, il a prôné une coopération internationale et un partage de l’information.  Il a précisé que son pays avait ratifié diverses conventions traitant de la lutte contre les drogues.  Il a souligné que ces conventions avaient été incorporées dans la législation nationale.  Au niveau national, de profonds changements ont été adoptés. 

Le représentant a estimé que la coopération régionale et internationale était indispensable.  Il a précisé que son pays avait mené des activités conjointes avec le Gouvernement américain grâce à l’établissement d’un laboratoire indépendant et un réseau informatique qui permet d’avoir des bases de données communes.  Il a également fait état d’un programme antidrogues pour la région du sud du Caucase associant l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie, et créé par l’Union européenne (UE) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).  L’appui apporté par le The Southern Caucasus Anti-Drug Programme (SCAD) a permis à l’élaboration de divers projets de lois pour adapter le Code pénal arménien afin de dépénaliser certaines catégories de crimes.

M. WAHID AL-SHAMI (Yémen) a souligné qu’il était évident que le problème de la drogue constituait un danger pour l’humanité entière et a rappelé que son pays avait été l’un des premiers à signer et à ratifier la Convention des Nations Unies contre la corruption.  Un bureau spécial a été établi au Ministère de l’intérieur, avec des branches dans différents organismes.  Le Yémen poursuit ses efforts dans la lutte contre le trafic des stupéfiants.  Il poursuit et traîne en justice les trafiquants.  Ces activités contribuent à barrer la route aux trafiquants et à empêcher que le Yémen ne se convertisse, malgré lui, en un pays de transit.

Le représentant a expliqué que la loi yéménite criminalisait la traite des personnes et organisait des campagnes régulières pour sensibiliser le public.  Les méthodes les plus efficaces pour combattre ce phénomène consistent à s’attaquer aux causes profondes qui constituent un terreau pour sa prolifération.  Les victimes devraient, par ailleurs, être protégées et réinsérées dans la société, avec l’aide des personnalités religieuses et des médias.  Le représentant a sollicité une coopération pour affiner les mesures afin de faire disparaître ce fléau définitivement.

Mme VICTORIA SULIMANI (Sierra Leone) a félicité l’Institut Africain des Nations Unies pour la prévention du crime pour son rôle dans les activités de collaboration régionale.  À cet effet, elle a précisé que des efforts collectifs étaient nécessaires afin de combattre le crime et la drogue.  Elle a souligné que la Sierra Leone, en tant que pays sortant de la guerre, se trouvait dans un tourbillon de défis socioéconomiques, ce qui entraîne des tensions structurelles influencées par le crime.  Les activités de crime transfrontalier augmentent, a-t-elle indiqué.  Elle a souligné que les trafiquants de drogue et d’autres groupes utilisaient des experts pour étudier les flux commerciaux.  Ils sont ainsi mieux en mesure de faire circuler des biens de contrebande et d’échapper aux règlements.  Ces pratiques privent nos pays de revenus importants, a-t-elle déclaré.

La représentante a également affirmé que le crime transnational, et surtout celui concernant les stupéfiants, notamment en Afrique de l’Ouest, avait une influence sur la corruption et sapait l’état de droit.  Elle a montré que dans de nombreux pays le système de justice pénal manquait d’infrastructures.  Concernant son pays, elle a cité diverses lois, notamment une loi antiblanchiment d’argent sale, ainsi que des lois contre le trafic des êtres humains et contre le trafic de stupéfiants.

Mme IRUTHISHAM ADAM (Maldives) a indiqué qu’en tant que petit État insulaire, son pays ne pouvait se passer des efforts mondiaux dans la lutte contre la criminalité.  À cause du tourisme, les Maldives sont liées au monde extérieur par leurs aéroports internationaux et par leurs ports.  Or, de nombreuses îles ont été affectées par le trafic de drogues même si les Maldives, qui comptent 196 îles et 300 000 habitants, n’en produisent pas.  Le pays, a-t-elle dit, sert de zone de transit et une étude conduite en 2003 a révélé une consommation importante de l’héroïne et de cannabis chez les jeunes âgés de 16 à 24 ans.  Elle a, en particulier, cité la pression des amis comme l’une des raisons majeures incitant les victimes à participer à ce commerce dangereux. 

Une campagne intitulée « Réveillez-vous » a été conjointement lancée avec la société civile et l’UNICEF en décembre 2007.  Elle mettait l’accent sur l’importance de l’appui communautaire et sur l’acceptation et le soutien des toxicomanes afin qu’ils puissent rompre ce cycle et se faire soigner.  Leur combat à l’échelle mondiale ne doit pas faiblir pour protéger les consommateurs et les familles, a-t-elle souligné.  Il faudrait réorienter le combat en privilégiant le traitement des victimes.  Il faut les aider à se réinsérer dans la société en tant que citoyens utiles et productifs.  Elle a appuyé l’appel du Directeur exécutif de l’UNODC en vue de ne pas pénaliser les toxicomanes.  Les leçons apprises peuvent être utilisées pour davantage coordonner l’action internationale. 

Mgr CELESTINO MIGLIORE, Observateur du Saint-Siège, a déclaré que l’abus de drogues était un phénomène qui désormais concernait des régions qui auparavant étaient faiblement touchés.  La toxicomanie affecte toutes les couches sociales, a-t-il dit, notant qu’il s’agissait là d’une source d’échappatoire financière et émotionnelle.  Il a souligné la nécessité de protéger la santé et la dignité des populations en prévenant l’usage des drogues et en fournissant des traitements aux personnes toxicomanes.  En outre, il faut aborder les divers facteurs qui sont derrière la production et la consommation de drogues.  À cet effet, il a indiqué que sa délégation suivait avec un grand intérêt l’approche thématique et régionale 2008-2011 développée par le Bureau des Nations Unies contre la drogue et le crime.

Il a précisé que les pays en développement étaient particulièrement vulnérables car ils constituent des centres de trafic faciles.  À ce titre, il a prôné la constitution de programmes alternatifs de développement dans ces pays afin de fournir aux familles de cultivateurs de véritables alternatives aux récoltes de pavot et de cocaïne.  Ces projets de développement doivent être soutenus aux niveaux national, régional et international et l’accent doit être mis sur la relation causale entre les progrès dans le développement et l’éradication du commerce illégal de la drogue.  Il a souligné que les familles devaient être considérées comme des points stratégiques concernant la réduction de la demande.  En outre, il a précisé que la toxicomanie pouvait affaiblir la famille, fondement de la société.  Enfin, il a relevé les liens entre le commerce de la drogue et d’autres tragédies humaines telles que la traite des personnes, la prolifération des petites armes illicites, le crime organisé et le terrorisme.

M. PALITHA T. B. KAOHOMA (Sri Lanka) a salué les efforts de l’UNODC qui contribue au développement des capacités nationales des États pour être mieux armés contre la criminalité transnationale organisée et le trafic des stupéfiants.  Il a relevé que la plupart des groupes terroristes et les trafiquants d’êtres humains avaient des connexions et tous ces éléments étaient liés entre eux.  Le transport d’équipement et de matériel destiné à l’utilisation de groupes terroristes continuent de constituer un problème épineux pour de nombreuses régions.  Une réponse internationale vigoureuse et efficace dans le cadre du droit international s’avère plus que nécessaire.  Il a noté que la plupart des marchés de consommation de drogues se trouvaient en Amérique du Nord et en Europe ce qui prouve, s’il le faut, que le problème de la drogue est mondial.  Il s’agit aussi de reconnaître que les progrès technologiques ont favorisé la fabrication des drogues synthétiques ainsi que leur vente, entre autres.  Les efforts internationaux de lutte contre le trafic des personnes sont liés à la lutte contre la pauvreté et à ceux en vue du développement et de la promotion sociale.  Il a recommandé de forger un consensus mondial sur la base des intérêts communs. 

M. JOSÉ MARÍA MONTERREY SUAY (El Salvador) a prôné une coopération et une collaboration internationales tout en respectant le principe d’intégrité territoriale et de souveraineté.  Il a précisé que son pays était affecté par le trafic de stupéfiants.  Cela entraîne des coûts économiques importants pour lutter contre ce trafic.  Selon lui, cette lutte devrait faire partie d’une stratégie nationale et régionale.  La République d’El Salvador, a-t-il dit, a pris la tête des activités dans sa région, et a souscrit à 12 accords de collaboration bilatéraux.  En outre, il a adopté une législation contre le terrorisme.

Le représentant a évoqué la rencontre en décembre 2007 au Guatemala entre les Présidents des pays d’Amérique centrale et du Mexique qui a abouti à l’adoption d’une stratégie de sécurité contre la délinquance organisée, le terrorisme, la corruption fondée sur la législation internationale en la matière.  Il a ensuite axé son intervention sur la présence des gangs dans son pays, phénomène qui dépasse le cadre d’un problème social, puisque ceux-ci se consacrent souvent au trafic de drogues.  À cet égard, son pays a créé un programme préventif et de réinsertion sociale qui nécessite une coopération internationale.

M. KOH SANG–WOOK (République de Corée) a estimé que la communauté internationale avait accompli des progrès dans la voie d’un monde exempt de drogues illicites et de criminalité.  Dans ce monde qui change rapidement, la criminalité transnationale organisée a resurgi sous de nouvelles formes et il s’avère impératif de redoubler d’efforts dans la lutte, y compris à travers la formulation de nouvelles politiques durables et de longue portée.  Avec le développement des moyens de transport et les progrès de l’Internet, le crime transnational peut être commis plus facilement, a-t-il dit.  Il a estimé que le partage des informations devrait jouer un rôle central.  Il a ajouté que son pays coopère, à cet égard, avec l’Administration américaine par le biais d’un système international de partage d’informations conçu pour la première fois dans le monde.  Il a salué les directives produites par l’UNODC sur les substances psychotropes.  Évoquant le traitement des personnes victimes de la toxicomanie, il a jugé que la société civile serait susceptible d’être un canal efficace pour prévenir et détecter les trafics de drogues.  Il a aussi insisté sur les droits humains des personnes affectées par la toxicomanie.  Il a réaffirmé l’appui de son pays à l’UNODC dans ses activités liées aux différents aspects de la criminalité transnationale organisée.

M. ABDUL MOMEN (Bangladesh) a déclaré qu’il fallait aborder le problème de la drogue sur tous les fronts.  Il a précisé que son Gouvernement prenait les mesures nécessaires pour contrôler l’abus de drogues.  Ces dernières années, de nouveaux types de drogues sont apparus, a-t-il dit.  Il a affirmé que son pays s’efforçait de faire de son mieux pour poursuivre les trafiquants de drogues et les traduire en justice, notant que les peines étaient très dures, pouvant aller jusqu’à la peine de mort.  Il a également fait état de la coopération avec les pays voisins afin que les délinquants ne puissent pas y trouver refuge.

Il a souligné que son pays va poursuivre les campagnes de lutte contre le terrorisme.  Il a indiqué également que la lutte contre la traite humaine était importante.  Cette question a été abordée au 10ème Sommet de l’Association sud-asiatique de coopération régionale (ASACR) qui a adopté deux mesures: créer une prise de conscience publique à l’intérieur des nations de l’ASACR et créer un fonds afin d’aider les victimes de la traite humaine. 

M. LUCA DALL’OGLIO, Organisation internationale pour les migrations (OIM), a affirmé que la question de la traite des être humains était un problème mondial majeur.  Malgré les avancées importantes, un rapport publié il y a peu de temps, note qu’il n’est pas suffisamment fait mention de ce phénomène, surtout au niveau transfrontalier.  Il concerne plus de 12 millions de personnes, hommes femmes et enfants.  Une des grandes réalisations a été la publication d’un guide à l’usage des victimes, qui leur fournit un certain nombre de conseils pour les aider à se réintégrer dans la société.  Il leur offre les moyens de leur dignité, a-t-il précisé.

Il a ajouté que si la traite des personnes était un crime, la contrebande en était un également.  Chaque jour, a-t-il expliqué, des migrants trouvent la mort au large des côtes occidentales de l’Afrique de même qu’au Sud-Est de l’Asie.  Il est parfois difficile d’identifier la catégorie légale où ils se trouvent mais cela ne doit pas empêcher de les aider et de leur garantir une protection, a-t-il dit.  Il a plaidé en faveur d’une transparence accrue dans la régulation des législations du travail.  Comme l’Afrique est un des continents d’origine du trafic, des concertations sont en cours pour mettre au point des règles en matière de gouvernance pour aider les États africains à améliorer leur gestion dans la surveillance des frontières, a—t-il expliqué.

M. MASAMBASITA, Directeur de l’Institut Africain  des Nations Unies pour la prévention du crime et le traitement des délinquants (UNAFRI), a apporté quelques informations complémentaires au rapport du Secrétaire général sur son institut (A/64/121).  Il a également sollicité, à la requête du conseil d’administration de l’UNAFRI, telle que définie dans le rapport, l’appui de la Troisième et de la Cinquième Commissions pour une augmentation de la subvention à partir de l’examen biennal 2010-2011.  Selon lui, un montant total de 697 900 dollars est nécessaire pour financer les traitements des principaux fonctionnaires de la catégorie des administrateurs.  Ce soutien financier devrait permettre à l’Institut de pouvoir offrir à ses États Membres et à ses partenaires une assistance technique accrue dans le domaine de la prévention du crime et de la justice pénale, a-t-il dit.  Par ailleurs, il a déclaré que le crime était à considérer comme un obstacle majeur au développement socioéconomique harmonieux et durable dans différentes parties du monde.  En ce sens, soutenir l’Institut dans l’exécution de ses programmes d’activités, c’est en même temps contribuer aux divers efforts déployés dans la réduction de la pauvreté, en particulier celle qui résulte de différentes formes du crime, dans les régions durement touchées par ce fléau, a déclaré le Directeur de l’UNAFRI.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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