ROMANO PRODI PLAIDE POUR LA COORDINATION DES EFFORTS ENTRE L’UE ET L’UA DANS LE MAINTIEN DE LA PAIX ET LE RENFORCEMENT DES CAPACITÉS INSTITUTIONNELLES PERTINENTES DE L’AFRIQUE

18 mars 2009
AG/PKO/201

ROMANO PRODI PLAIDE POUR LA COORDINATION DES EFFORTS ENTRE L’UE ET L’UA DANS LE MAINTIEN DE LA PAIX ET LE RENFORCEMENT DES CAPACITÉS INSTITUTIONNELLES PERTINENTES DE L’AFRIQUE

18/03/2009
Assemblée générale
AG/PKO/201
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Comité spécial des opérations

de maintien de la paix

Session de fond de 2009                                    

210e séance – après-midi

ROMANO PRODI PLAIDE POUR LA COORDINATION DES EFFORTS ENTRE L’UE ET L’UA DANS LE MAINTIEN DE LA PAIX ET LE RENFORCEMENT DES CAPACITÉS INSTITUTIONNELLES PERTINENTES DE L’AFRIQUE

Le Comité spécial des opérations de maintien de la paix a entendu cet après-midi un exposé de M. Romano Prodi, ancien Président de la Commission européenne et Président du Groupe d’experts Union africaine-Nations Unies sur les modalités d’appui des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine (UA). 

M. Prodi, qui a repris une partie de la déclaration qu’il a faite quelques heures plus tôt devant les membres du Conseil de sécurité* est revenu sur le rapport élaboré par le Groupe**.  L’une des principales conclusions est que l’amélioration de la coordination entre l’UE et l’UA en matière de maintien de la paix doit aller de pair avec la construction d’une réelle capacité institutionnelle en Afrique. 

La résolution 1809 du Conseil de sécurité en vertu de laquelle le Groupe d’experts a été créé souligne la nécessité de renforcer la prévisibilité, la durabilité et la souplesse du financement des organisations régionales, dont l’UA, impliquées dans le maintien de la paix. 

M. Prodi a d’abord attiré l’attention du Comité spécial sur le financement de l’architecture africaine de paix et de sécurité (AAPS), qui nécessitera « l’effort coordonné de tous les États Membres ».  Il a demandé une coopération accrue entre le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’UA ainsi qu’entre leurs deux secrétariats. 

Pour l’ancien Président de la Commission européenne, les modalités de renforcement de la coordination entre l’ONU et l’UA devraient s’inspirer de celles entre l’ONU et l’Union européenne (UE).  Invoquant à ce propos le besoin d’une « vision commune », M. Prodi a recommandé de mettre en place un comité ONU-UA calqué sur le modèle du Comité directeur UE-ONU, et au travers duquel serait intensifiée la coopération aux plans logistique et administratif, de la formation et du financement entre les deux entités.  

C’est là qu’il a prévenu que l’amélioration de la coordination ne suffira pas si elle ne s’accompagne pas de la construction d’une capacité institutionnelle grâce à laquelle l’Afrique pourra prendre en charge son propre maintien de la paix.  Cela suppose un renforcement des capacités actuelles, qu’elles soient militaires ou non militaires. 

Concrétiser la « Vision commune » exige des ressources énormes, a poursuivi Romano Prodi, le Groupe d’experts ayant examiné diverses possibilités, notamment des contributions mises en recouvrement par l’ONU ou encore la création d’un fonds d’affectation spéciale « multidonateurs » qui serait alimenté par des contributions volontaires. 

Sur ce dernier point, M. Prodi a suggéré que ce fonds soit gouverné à représentation égale par un conseil composé de représentants de l’UA, de l’ONU et de la communauté des donateurs.  Les représentants des gouvernements qu’il a rencontrés se sont dits dans l’ensemble favorables à la création d’un tel fonds. 

L’enjeu est d’une importance cruciale, a jugé l’ancien Président de la Commission européenne, car il s’agit ni plus ni moins de permettre à l’Afrique, via l’UA, de se doter des capacités logistiques, institutionnelles et humaines pour pouvoir répondre rapidement et efficacement aux crises qui secouent régulièrement le continent. 

M. Prodi a conclu en estimant que compte tenu du tarissement futur des ressources exogènes, les dirigeants africains allaient devoir s’entendre et œuvrer côte à côte dans le maintien de la paix, ce qui est une condition préalable à la réalisation des objectifs de développement.  Le maintien de la paix n’est pas qu’une question militaire, a-t-il répété, mais aussi une question d’organisation des sociétés entre elles.

La prochaine réunion du Comité spécial sera annoncée dans le Journal des Nations Unies.

* Voir communiqué de presse CS/9616

 **A/63/666-S/2008/813

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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