L’Assemblée énumère des mesures pour une meilleure coordination des secours et pour la sécurite du personnel humanitaire

7 décembre 2009
AG/10900

L’Assemblée énumère des mesures pour une meilleure coordination des secours et pour la sécurite du personnel humanitaire

07/12/2009
Assemblée générale
AG/109009
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Assemblée générale                                         AG/10900

Soixante-quatrième session                                  7 décembre 2009

59e séance plénière – matin & après-midi

L’ASSEMBLÉE ÉNUMÈRE DES MESURES POUR UNE MEILLEURE COORDINATION DES SECOURS ET POUR LA SÉCURITÉ DU PERSONNEL HUMANITAIRE

Au cours d’un débat consacré à l’aide humanitaire d’urgence, l’Assemblée générale a réclamé aujourd’hui une meilleure coordination des secours et le renforcement de la sécurité du personnel humanitaire.  Elle a adopté plusieurs autres résolutions portant sur des sujets aussi divers que la lutte contre le paludisme, la restitution des biens culturels ou encore la culture de paix.

L’Assemblée a aussi fait siennes deux résolutions consacrées au développement durable et à la sauvegarde du climat mondial, recommandées par la Commission économique et financière. 

Par la résolution sur le renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence fournie par les organismes des Nations Unies, présentée par la Suède et adoptée par consensus, l’Assemblée générale prie ces organismes de continuer à coopérer avec le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Elle leur lance un appel pour qu’ils intensifient aussi la coordination avec les autorités nationales des pays touchés et renforcent encore la transparence, la performance et la responsabilisation.  Elle leur demande aussi de contribuer à l’amélioration de la procédure d’appel global et d’étoffer les observations factuelles sur lesquelles repose l’action humanitaire en mettant en place d’autres mécanismes communs en vue d’améliorer la qualité, la transparence et la fiabilité de leurs évaluations des besoins et de progresser encore dans la réalisation d’évaluations conjointes. 

L’Assemblée prie également tous les États de prendre des mesures pour faire face à la violence sexiste dans les situations d’urgence humanitaire.  Plusieurs délégations, dont celle de la Norvège, ont engagé le Secrétaire général à nommer un Représentant spécial chargé de mener une action internationale concertée pour lutter contre la violence sexuelle. 

La Suède était également à l’origine d’un texte consacré à la sûreté et la sécurité du personnel humanitaire, qui a également été adopté par consensus.  L’Assemblée générale y fait part de sa « profonde préoccupation »face aux menaces dirigées contre le personnel et prie le Secrétaire général de continuer à prendre les mesures requises pour que le personnel de l’ONU et les autres personnels soient dûment informés des conditions dans lesquelles ils sont appelés à travailler et des règles qu’ils sont tenus de respecter. 

L’Assemblée dit attendre avec intérêt un rapport d’activité sur les mesures prises pour donner suite aux recommandations du Groupe indépendant sur la sûreté et la sécurité du personnel et des locaux de l’ONU dans le monde entier, et sur le processus indépendant concernant la question de la responsabilité. 

Toujours dans le cadre de l’aide humanitaire, l’Assemblée générale a également adopté par consensus deux autres résolutions consacrées d’une part à la participation de volontaires aux opérations de secours humanitaire, et de l’autre, à l’assistance humanitaire à El Salvador après le passage de l’ouragan Ida.

Pour le Président de l’Assemblée générale, M. Ali Treki, les résolutions adoptées aujourd’hui « soulignent la nécessité urgente de réduire les risques de catastrophes et de se préparer à des situations d’urgence ».

L’Assemblée générale poursuivra ses travaux mercredi 9 décembre et se prononcera sur les recommandations de la Commission des affaires juridiques (Sixième commission).

SAUVEGARDE DU CLIMAT MONDIAL POUR LES GÉNÉRATIONS PRÉSENTES ET FUTURES: RAPPORT DE LA DEUXIÈME COMMISSION (A/64/420/Add.41)

Voir communiqué de presse de la Commission économique et financière (Deuxième Commission) paru le 4 décembre 2009 sous la cote AG/EF/3273.

RENFORCEMENT DE LA COORDINATION DE L’AIDE HUMANITAIRE ET DES SECOURS EN CAS DE CATASTROPHE FOURNIS PAR LES ORGANISMES DES NATIONS UNIES, Y COMPRIS L’ASSISTANCE ÉCONOMIQUE SPÉCIALE

Rapport du Secrétaire général sur la sécurité du personnel humanitaire et la protection du personnel des Nations Unies (A/64/336)

Dans ce document, le Secrétaire général fait le point sur ce qui s’est passé au cours de l’année écoulée, notamment l’action menée par le Département de la sûreté et de la sécurité pour mettre en œuvre les recommandations de l’Assemblée générale contenues dans la résolution 63/138.  Le Secrétaire général décrit les menaces qui ont pesé sur le personnel des Nations Unies et le personnel humanitaire et décrit les mesures prises pour faire accepter l’idée d’un dispositif de gestion de la sécurité renforcé et élargi à l’échelle du système, et pour en préparer la mise en place.

Rapport du Secrétaire général sur le renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence fournie par les organismes des Nations Unies ( A/64/84 )

Le Secrétaire général décrit dans ce document les tendances et difficultés notables qui ont fait leur apparition au cours de l’année écoulée et offre une analyse de deux questions thématiques qui suscitent des préoccupations du fait de leurs répercussions sur l’aide humanitaire à savoir, le respect et l’application des principes directeurs de l’aide humanitaire au niveau opérationnel et les solutions à apporter à l’impact des difficultés et tendances actuelles sur la fourniture de l’aide humanitaire dans des conditions d’efficacité.  Le Secrétaire général donne aussi un aperçu général des principales procédures actuellement mises en œuvre pour améliorer la coordination de l’action humanitaire dans son ensemble et, en conclusion, il fait des recommandations aux fins du perfectionnement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence fournie par les organismes des Nations Unies.

Rapport du Secrétaire général sur le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires ( A/64/327 )

Le rapport indique que du 1er juillet 2008 au 30 juin 2009, le Coordonnateur des secours d’urgence a alloué 374,3 millions de dollars du Fonds pour mener à bien des activités d’importance vitale dans 50 pays et territoires.  Quatorze organismes d’aide humanitaire ont reçu des crédits directement du Fonds pour répondre à des besoins urgents et de nombreux projets ont été mis en œuvre en partenariat avec des organisations non gouvernementales (ONG).  Le Fonds a renforcé son action et continue de jouer le rôle essentiel qui est le sien dans l’intervention humanitaire.  Pour que le Fonds puisse maintenir et améliorer l’efficacité de son action, il faudra, indique le rapport, que les États Membres renforcent l’appui politique et financier qu’ils lui prêtent, notamment au vu des conséquences délétères de la crise économique mondiale et de plusieurs autres tendances mondiales.

Rapport du Secrétaire général sur la coopération internationale en matière d’aide humanitaire à la suite de catastrophes naturelles: de la phase des secours à celle de l’aide au développement ( A/64/331 )

Dans ce rapport, le Secrétaire général fournit un aperçu des catastrophes liées à des risques naturels qui se sont produites et des interventions humanitaires auxquelles elles ont donné lieu.  Il souligne également les tendances nouvelles, leurs incidences sur l’action humanitaire et les principaux problèmes à résoudre.  Le rapport couvre la période comprise entre le 1er janvier 2008 et le 31 mai 2009.

Rapport du Secrétaire général sur l’assistance au peuple palestinien ( A/64/78 )

Le Secrétaire général indique que pendant la période à l’examen, le Gouvernement du Premier Ministre Salam Fayyad a fait des progrès dans les domaines de la réforme fiscale et monétaire, ainsi que dans le secteur de la sécurité.  Les donateurs ont versé 1,8 milliard de dollars aux fins du financement du budget de fonctionnement, une somme bien supérieure aux annonces de contribution faites à la Conférence des donateurs de Paris.  À la Conférence internationale sur le soutien à l’économie palestinienne pour la reconstruction de la bande de Gaza, tenue le 2 mars 2009, les donateurs ont annoncé des contributions d’un montant de 4,5 milliards de dollars en vue de répondre aux besoins du peuple palestinien. 

Globalement, la situation économique et politique était difficile.  L’isolement croissant, des divisions entre Palestiniens et le conflit armé ont entraîné une dégradation considérable des conditions économiques et humanitaires dans la bande de Gaza que le Hamas continue de contrôler.  En Cisjordanie, bien que les restrictions imposées par Israël à la liberté de circulation aient été assouplies à certains endroits, le nombre d’obstacles n’a globalement pas changé pendant la période considérée.  L’implantation de colonies et d’avant-postes de peuplement s’est poursuivie et les démolitions de maisons se sont multipliées, en particulier à Jérusalem-Est.

Les négociations politiques bilatérales ont continué entre le Gouvernement d’Israël et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) sans aboutir à un accord.  Malgré plusieurs tentatives de médiation de l’Égypte, aucun progrès n’a été accompli concernant la réconciliation entre Palestiniens, l’échange de prisonniers ou un cessez-le-feu durable.

Le rapport du Secrétaire général rend compte des efforts déployés par les organismes des Nations Unies, en collaboration avec l’Autorité palestinienne et les donateurs, pour venir en aide à la population et aux institutions palestiniennes.

Aide aux survivants du génocide de 1994 au Rwanda, en particulier aux orphelins, aux veuves et aux victimes de violences sexuelles ( A/64/313 )

Dans son rapport paru sous la cote A/64/313, le Secrétaire général fait le point de la situation et analyse les défis actuels que l’ONU et ses partenaires doivent relever.

Débat commun

Mme GRY LARSEN, Secrétaire d’État aux affaires étrangères de la Norvège, s’est dite préoccupée par le fait que l’espace humanitaire ne soit toujours pas respecté.  Appelant toutes les parties, y compris les acteurs non étatiques et les pays voisins, à coopérer pour faciliter l’accès aux populations civiles et protéger les agents humanitaires, la représentante a déclaré que son pays continuera de promouvoir le respect des principes humanitaires fondamentaux et une division claire entre les rôles des organisations humanitaires et les forces militaires.  La complexité des situations d’urgence exige une réflexion poussée sur l’interprétation et la mise en œuvre de ces principes, a-t-elle reconnu.  La reddition des comptes est ici essentielle, a-t-elle dit, en promettant de donner suite à l’étude commanditée par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP).

Elle a poursuivi en disant qu’avec le nombre croissant de catastrophes naturelles, le lien entre reconstruction et prévention doit être renforcé.  Ardent défenseur de l’action humanitaire, la Norvège, a confié la représentante, va signer aujourd’hui même un accord quadriennal avec OCHA portant sur un montant de plus de 40 millions de dollars.  Plus tard dans la semaine, le pays fera une promesse de contribution de 325 millions de couronnes norvégiennes au Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF), soit plus de 58 millions de dollars, ce qui représente une hausse de 10% par rapport à l’année dernière.  La représentante a conclu en appelant à l’élargissement de l’assiette des donateurs, car en matière de catastrophes, « il n’y a ni donateurs ni récipiendaires ».  Les pays qui se sont tournés vers leurs amis lorsqu’ils étaient victimes d’une catastrophe peuvent aujourd’hui aider les autres, a-t-elle insisté.

M. CARL SKAU (Suède) qui présentait le projet de résolution A/64/L.32 sur le renforcement de l’aide humanitaire, a signalé que celle-ci était bien trop souvent perçue comme n’étant ni neutre, ni indépendante, mais l’instrument de l’agenda occidental.  Il est temps de déplacer l’accent mis aujourd’hui sur la « brigade internationale de sapeurs pompiers » vers le renforcement des capacités locales, nationales et régionales.  Il nous faut, a-t-il dit, une nouvelle approche qui respecte entièrement les populations et les sociétés auxquelles on vient en aide.  Nous devons aussi, a-t-il dit, approfondir notre compréhension du lien entre aide humanitaire et aide au développement, en particulier dans les situations de développement où l’aide humanitaire est requise.  Nous devons, a-t-il conclu, privilégier la prévention plutôt que la réaction et renforcer les programmes de protection sociale dans les pays en développement. 

M. GABRIEL FUKS (Argentine) qui présentait le projet de résolution A/64/L.31, a estimé qu’il fallait renforcer la collaboration avec OCHA, en renforçant notamment le Cadre d’action de Hyogo.  Il a également annoncé que son pays allait accueillir, en 2010, la troisième rencontre régionale pour mettre au point des partenariats pour l’assistance humanitaire.

M. PER ÖRNÉUS (Suède), au nom de l’Union européenne, a présenté les projets de résolution sur la sécurité du personnel humanitaire et sur l’assistance au peuple palestinien.  Sur ce dernier projet, il a affirmé que l’Union européenne appuyait pleinement le projet du Gouvernement de l’Autorité palestinienne intitulé « La Palestine – Mettre fin à l’occupation et créer un État », avant de se dire gravement préoccupé par la situation humanitaire dans la bande de Gaza.  Le représentant a engagé toutes les parties à contribuer activement à l’établissement d’une solution durable au conflit israélo-arabe.

Prononçant ensuite une déclaration au nom de l’Union européenne, au sujet du rapport du Secrétaire général, M. Örnéus a estimé que la prévention des catastrophes doit être intégrée à la planification et aux politiques en matière de coopération au développement et à l’adaptation aux changements climatiques.  Il a, à cet égard, souligné l’importance des Directives de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) adoptées en 2007, en jugeant utile de renforcer les capacités des coordonnateurs humanitaires.  Il a aussi jugé utile de mettre au point un cadre d’évaluation des besoins communs pour une meilleure compréhension de ces besoins.  Toujours sur la question du financement, il a exhorté tous les donateurs à appliquer les « Principes et bonnes pratiques d’action humanitaire » et a souligné la pertinence du CERF. 

Il a, à son tour, appelé au respect de l’espace humanitaire et a jugé qu’il reste encore beaucoup pour améliorer la protection des civils, en particulier en matière de lutte contre l’impunité.  S’alarmant d’une plus grande implication des acteurs militaires dans l’assistance humanitaire, il a qualifié d’essentielle la coordination entre les civils et les militaires, une tâche qui, selon lui, revient à OCHA. 

M. JAKKRIT SRIVALI (Thaïlande), au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), a insisté sur les nouveaux dangers liés au climat et a estimé que ces tendances montrent clairement ce qui est en jeu à Copenhague.  À cet égard, il a jugé que le renforcement des capacités locales et nationales doit être une priorité, capacités qui doivent être complétées par un leadership régional.  Faisant part des décisions de l’ANASE en la matière, qui renforce d’ailleurs sa coopération avec toute l’Asie de l’Est, le représentant a aussi souligné l’importance de la synergie entre les Nations Unies et les organisations régionales qui ont souvent des connaissances plus approfondies des sensibilités et des spécificités de certaines situations locales et peuvent ainsi jouer « les parapluies diplomatiques ».  Le représentant a illustré ses propos en rappelant le rôle joué par l’ANASE auprès du Gouvernement du Myanmar après le cyclone Nargis.

Mme REGINA MARIA CORDEIRO DUNLOP (Brésil) a souligné que l’imprévisibilité des catastrophes naturelles prouvait, si besoin en était, le caractère fondamental de la prévention et de la préparation, et en la matière du transfert du savoir-faire et des financements.  Se disant particulièrement préoccupée par la crise alimentaire mondiale, la représentante a indiqué que son pays soutient pleinement les « Achats au service du progrès (P4P) » du Programme alimentaire mondial (PAM).  Mme Dunlop a aussi rappelé l’inauguration, aujourd’hui, de la Conférence de Copenhague et a souligné que la coopération internationale est nécessaire pour renforcer l’adaptation à ces changements, à travers le versement de ressources financières nouvelles et additionnelles et l’appui au renforcement des capacités des pays en développement.  Enfin, elle a souligné que les attaques contre le personnel humanitaire, au-delà de la criminalité, étaient parfois la conséquence d’une mauvaise interprétation de la nature des activités humanitaires.  Des efforts particuliers doivent donc être consentis pour corriger ces mauvaises interprétations, à l’occasion, par exemple, de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, le 19 août.

M. NORIHIRO OKUDA (Japon) a d’abord annoncé que son pays va lancer, dès cette année, un nouveau programme d’assistance humanitaire et à la reconstruction en Afghanistan, financé à hauteur de 5 milliards de dollars sur une période de cinq ans.  Le Japon, a-t-il par ailleurs annoncé, a décidé de doubler son aide publique au développement (APD) à l’Afrique d’ici à 2012 dans les domaines de l’agriculture, de l’alimentation, de la santé et de l’eau.  Après avoir fait part des efforts de son pays pour renforcer la coopération régionale, le représentant a exprimé l’intention de son pays de mettre à la disposition de la communauté internationale le savoir-faire et les technologies qu’il a développés en matière de prévention des risques de catastrophe.  Le Japon organisera ainsi, en novembre 2010, la première réunion du Groupe consultatif international sur la recherche et les secours. 

Mme CLAUDIA BLUM (Colombie) a déclaré que la coopération internationale était particulièrement pertinente pour consolider les multiples mesures que son pays a entreprises en matière de prévention aux catastrophes naturelles.  Elle a expliqué que son pays avait mis en œuvre la Plénière nationale humanitaire, un processus de coordination, et qu’il était conscient de l’importance de la coopération régionale et sous-régionale.  La représentante a notamment signalé la création d’une série de directives sur l’aide mutuelle en cas de catastrophes pour la Communauté des nations andines. 

Mme Blum a ensuite engagé les agences de l’ONU à renforcer leur coordination afin d’appuyer la transition de l’aide au développement.  L’assistance humanitaire doit permettre de rétablir le tissu social des communautés touchées, a-t-elle dit.  Elle a réclamé, à l’instar du Secrétaire général, un meilleur financement des programmes de redressement.  Il importe également, selon elle, de répondre aux besoins des femmes et des fillettes, de les protéger de la violence sexiste et de donner une meilleure visibilité aux femmes.  Mme Blum a également évoqué le renforcement des capacités locales et nationales, avant de condamner les actes de violence qui prennent pour cible le personnel humanitaire.  Elle a réclamé à cet égard le renforcement de la coordination entre l’ONU et les gouvernements.

M. ALEXANDER S. ALIMOV (Fédération de Russie) a estimé que la prise en considération des principes de l’aide humanitaire permettrait d’améliorer l’efficacité de l’aide humanitaire et de limiter le nombre de victimes, y compris au sein de la communauté humanitaire.  Dans le contexte de la crise économique et financière mondiale, de nombreux États sont de plus en plus vulnérables aux catastrophes naturelles, a-t-il dit, déclarant que l’attention et les efforts pour leur venir en aide ne devaient pas faiblir.  Le représentant a aussi souligné que le gouvernement qui accepte l’aide humanitaire devait pouvoir choisir ses partenaires.  Reconnaissant l’importance de l’accès humanitaire, le représentant a insisté sur la nécessité d’assurer une coordination constructive et coordonnée des efforts, y compris avec les ONG.

Mme ANNETTE ELLIS (Australie) a souligné que ces derniers mois aux Philippines, au Viet Nam ou à El Salvador avaient rappelé les effets dévastateurs des catastrophes naturelles liées au climat sur les vies et les économies des pays en développement.  Par conséquent, la réduction des risques, notamment en matière d’urbanisation et d’environnement, doit être incorporée dans l’action humanitaire, a-t-elle dit.  Elle a en outre salué l’adoption récente de la Convention de l’Union africaine sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées et a insisté sur la nécessité d’intégrer à l’action humanitaire des mesures sexospécifiques pour lutter contre la violence sexuelle.  Enfin, la représentante a condamné les attaques de plus en plus nombreuses contre les travailleurs humanitaires, appelant tous les acteurs à respecter les principes d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance.

M. ABDULLAH HUSSAIN HAROON (Pakistan) a souligné l’importance d’améliorer la coordination d’OCHA et a demandé que l’on arrête de chercher à savoir si les défis humanitaires émanant de situations d’urgence complexes sont plus graves que ceux qui découlent des catastrophes naturelles, et vice versa.  Il faut aussi éviter une approche « à taille unique » et se montrer sensible aux spécificités locales.  Le représentant a aussi plaidé pour un plus grand recours à la production et à l’expertise locales, en arguant que le renforcement des capacités dans les pays affectés est un élément crucial de l’état de préparation.  Il a aussi appelé à la responsabilisation de tous les acteurs humanitaires et à l’établissement de mécanismes de suivi qui prennent en considération le fait que les différentes situations humanitaires ne sont pas comparables.  Une trop grande politisation des secours humanitaires ne peut qu’avoir un effet négatif sur les populations touchées, a-t-il souligné.  M. Haroon a ensuite détaillé l’expérience que son pays a acquise depuis le tremblement de terre de 2005. 

M. RYAD MANSOUR, Observateur permanent de la Palestine auprès des Nations Unies, a indiqué qu’au cours des dernières années écoulées, l’aide internationale au peuple palestinien a augmenté de manière significative.  Or, cette augmentation n’a eu qu’un impact limité sur la sombre réalité sur le terrain, puisque les Palestiniens continuent de souffrir de l’agression militaire, du siège et de l’expansion coloniale.  Cette tendance est intolérable et il est du devoir de la communauté internationale de déployer de sérieux efforts pour y mettre un terme.  Pour que l’assistance internationale puisse aboutir aux résultats escomptés, la communauté internationale doit axer son énergie sur l’aide à l’Autorité nationale palestinienne en vue de la mise en œuvre de son programme d’instauration d’un État.  Il s’agit de lui fournir des fonds, mais aussi de l’aider à surmonter les énormes obstacles posés par Israël sur le terrain pour entraver ce programme.  Sans de tels efforts, l’assistance internationale et son rôle crucial finiront par couvrir les coûts de l’occupation israélienne au lieu de garantir le développement et la construction des institutions, si nécessaires, à un État palestinien indépendant, seul garantie pour la paix au Moyen-Orient. 

L’Observateur permanent a ensuite mentionné le programme du Gouvernement palestinien, dévoilé le 25 août 2009, prévoyant l’établissement d’un État palestinien d’ici à deux ans, et qui a bénéficié de l’appui du Comité spécial de liaison pour la coordination de l’assistance internationale aux Palestiniens (AHLC), du groupe de donateurs à l’Autorité palestinienne, ainsi que de celui de la communauté internationale, des Nations unies notamment.  « Il importe donc de mettre en œuvre ce programme, l’objectif ultime étant d’annoncer, sous peu, que par la souveraineté, le peuple palestinien s’est libéré de la dépendance.   Pour ce faire, nous avons besoin de votre assistance pour protéger vos investissements dans la paix et faire en sorte qu’il ne soient pas vains », a-t-il conclu.  

M. EDGARD PÉREZ ALVÁN (Pérou) a rappelé que son pays était régulièrement touché par des catastrophes naturelles, et avait donc mis en place des mécanismes de réaction rapide qui sont complétés par l’assistance de la communauté internationale en cas de besoin.  L’un des éléments les plus déterminants du travail humanitaire est la mise en place de systèmes d’alerte précoce, a-t-il souligné, appelant les États à accélérer la mise en œuvre du Cadre d’action de Hyogo et insistant sur l’importance de la coordination entre tous les acteurs et à tous les niveaux en la matière.  Le représentant a souligné que la coordination de l’effort humanitaire au niveau national incombait en premier lieu à l’État qui doit garantir un accès rapide aux travailleurs humanitaires.  À cet égard, il s’est inquiété des mesures de restriction dont ces derniers sont de plus en plus victimes, ainsi que des attaques qui se multiplient contre eux.  Dans les situations de catastrophe naturelle, il faut renforcer la promotion et la protection des droits de l’homme, a-t-il préconisé, rappelant en outre que les contributions des États au CERF et à d’autres fonds de réponse rapide étaient l’une des preuves les plus concrètes de la volonté politique de soutien aux victimes. 

M. ANWAR OTHMAN AL-BAROUT (Émirats arabes unis) a recommandé à l’ONU et à ses partenaires de redoubler d’efforts en vue de répondre aux besoins humanitaires croissants et de fournir les ressources financières et humaines nécessaires.  Il s’est félicité que son pays ait été le premier du Moyen-Orient à lancer l’Appel consolidé de l’ONU pour 2009, une première dans cette région.  Au cours des deux années écoulées, sa contribution s’est accrue de 300%, atteignant 156 millions de dollars américains en 2008, contre 45 millions en 2007.  Il a également indiqué que son pays avait acheminé dans de nombreux pays affectés par la crise alimentaire des tonnes de blé et de produits alimentaires.  Les Émirats arabes unies jouent aussi un rôle majeur dans la coordination et le renforcement des efforts de secours internationaux, en offrant des structures logistiques très efficaces sur son propre territoire, tel que le Bureau pour la coordination de l’assistance étrangère, considéré comme le premier de son genre au Moyen-Orient.  Il a souligné l’importance particulière que son pays accorde à l’appui et à l’assistance au peuple palestinien et a rappelé qu’il avait fait des annonces de contribution à Charm el-Cheikh de l’ordre de 174 millions de dollars en vue de la reconstruction de Gaza. 

Mme SOCORRO ROVIROSA (Mexique) a espéré que la Conférence de Copenhague qui s’ouvre aujourd’hui permettrait d’aboutir à des solutions durables aux changements climatiques et à leurs effets.  La diversité de l’assistance humanitaire actuelle témoigne du degré de maturité de la communauté internationale en matière de réponse aux catastrophes naturelles, a-t-elle estimé, appelant à renforcer la coordination, notamment avec OCHA et l’Équipe des Nations Unies pour l’évaluation et la coordination en cas de catastrophe (UNDAC), et saluant l’action du CERF en la matière.  Le Mexique a contribué, en 2009, à hauteur de 150 000 dollars, et maintiendra cet effort en 2010, malgré la crise économique et financière.

Le Mexique réitère l’importance d’éviter les doubles emplois et le gaspillage des ressources et estime qu’approfondir le dialogue dans le domaine de l’aide humanitaire est dans l’intérêt de tous.  Mme Rovirosa a souligné la tenue de réunions régionales avec les pays d’Amérique latine et des Caraïbes dans cette perspective, en coopération avec OCHA, et a assuré que ce processus serait poursuivi et renforcé.

M. KYUNG-HOON SUL (République de Corée) s’est associé à l’appel en vue d’une coordination plus forte de l’ONU en matière d’assistance humanitaire et des secours, ainsi que sa stricte adhésion aux principes d’humanisme, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance.  Il a estimé que la prolifération des acteurs humanitaires au cours des deux dernières décennies, bien que louable, impliquait des dangers sérieux de fragmentation ou de doublon.  Dans ce cadre, il a exhorté à une coordination accrue, avec les Nations Unies comme chef de file.  Il a en outre estimé que les mécanismes régionaux de coordination devraient être pleinement intégrés en vue d’une réponse locale aux catastrophes.  Il incombe aux Nations Unies de s’engager plus « vigoureusement » dans la coordination de ces mécanismes, a-t-il affirmé, en insistant sur la nécessité de garantir la sûreté et la sécurité du personnel humanitaire et de l’accès aux victimes.

Il a aussi jugé que l’ONU devrait s’engager avec les ONG locales et les organisations régionales telles que l’ANASE et l’Union africaine en vue d’améliorer les réseaux de sécurité.  Cela permettra à l’ONU de protéger plus efficacement son personnel humanitaire et fournira davantage d’options pour un accès sûr et sans entrave aux victimes, a–t-il affirmé, avant de plaider en faveur de l’intégration d’une perspective d’égalité entre les sexes dans la perspective plus large des affaires humanitaires. 

Mme CLAUDIA PÉREZ ÁLVAREZ (Cuba) a réaffirmé qu’il convient de mener l’assistance humanitaire en respectant pleinement les principes contenus dans la résolution emblématique 46-182 de l’Assemblée générale.  Elle a rejeté par ailleurs « les concepts ambigus non agréés qui peuvent facilement être manipulés pour justifier toute action contraire aux principes de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de la non-ingérence dans les affaires internes des États ».  « Il faut respecter la Charte en toute circonstance, y compris les urgences humanitaires, et ses buts et principes ne sauraient être réécrits ou déformés, restreints ou faire l’objet de conditions », a insisté Mme Pérez Álvarez.  Cuba considère, a-t-elle conclu, qu’il importe de consolider la Stratégie internationale de réduction des catastrophes en tant que mécanisme de coordination des efforts dans ce domaine et de faire en sorte que les Nations Unies et la communauté internationale jouent le rôle qui leur revient dans l’aide aux pays en développement aux fins d’améliorer leurs capacités, leur savoir-faire, ainsi que les institutions dont ils disposent, et de les assister pour qu’entre autres, ils puissent avoir un meilleur accès aux technologies, aux ressources financières et au savoir-faire technique. 

M. TALAL AL-MANSOUR (Koweït) s’est dit préoccupé par l’augmentation du nombre de catastrophes naturelles imputables aux changements climatiques et qui frappent tout particulièrement les pays en développement.  Il a indiqué que le Koweït fournissait une assistance financière à plusieurs pays et qu’il figurait parmi les 10 premiers contributeurs au CERF.  Il a appelé la communauté internationale à renforcer son appui à ce Fonds, avant d’expliquer que l’Émir du Koweït avait établi un Fonds doté d’un capital de 2 milliards de dollars.  Le Koweït accorde également un appui notable à l’aide au développement et a souligné que l’atténuation des souffrances du peuple palestinien était « une obligation pour tous ».  Le représentant du Koweït a aussi passé en revue les initiatives lancées par son pays en matière d’aide humanitaire.

M. JOSIEL MOTUMISI TAWANA (Afrique du Sud) a souligné que le système humanitaire des Nations Unies était confronté à l’augmentation de la demande dans un contexte de ressources en déclin.  Toutefois, la communauté internationale doit fournir les ressources adéquates aux urgences, a-t-il-dit, saluant les succès remportés grâce au CERF, notamment en ce qui concerne les urgences oubliées.  Des défis demeurent dans le cadre de ce Fonds, a-t-il expliqué, souhaitant qu’il contribue de manière plus efficace au travail des Nations Unies.  Il faut en outre renforcer les capacités de réponse aux urgences humanitaires à tous les niveaux, a-t-il insisté, en respectant le rôle directeur des gouvernements nationaux à cet égard.

Les agents humanitaires doivent fournir leur assistance sur la base des principes d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance, a rappelé le représentant, condamnant toute attaque contre eux et demandant en outre aux États qui ne l’ont pas encore fait d’adopter des mesures de prévention et d’action contre la violence envers les populations civiles.  La crise économique et humanitaire actuelle requiert des partenariats efficaces entre les États Membres, les organisations de l’ONU et les ONG; les conséquences de plus en plus graves des changements climatiques appelant une attention mondiale, a-t-il estimé.  À cet égard, il a souhaité une assistance renforcée aux pays en développement, y compris en matière de transfert de technologies et de données d’expertise.  Enfin, M. Tawana a appelé les États à tenir les engagements pris au Sommet de Rome sur la sécurité alimentaire et à poursuivre leur appui à l’assistance aux survivants du génocide rwandais.

M. HENRI-PAUL NORMANDIN (Canada) s’est dit fermement convaincu des progrès réalisés face à la mutation du paysage humanitaire et aux défis que cela suscite.  Mais, a-t-il reconnu, nous avons toujours du mal à trouver les stratégies judicieuses pour surmonter les obstacles à l’accès humanitaire et contrer les menaces à la protection et à la sécurité des agents humanitaires.  Il a accusé certains pays de faire sciemment obstacle au consensus sur l’accès humanitaire.  Trois grandes priorités se dessinent à l’horizon, a poursuivi M. Normandin, en citant d’abord la rationalisation des efforts pour éviter les redondances et optimiser les ressources limitées et en faisant écho aux appels pour l’amélioration des connaissances et des compétences des coordonnateurs humanitaires.  Il a aussi plaidé en faveur du renforcement de la procédure d’appel global. 

En deuxième lieu, le représentant a cité la nécessité d’améliorer l’évaluation des besoins pour pouvoir invoquer des arguments crédibles, objectifs et fondés sur les faits pour l’affectation des ressources et l’établissement des priorités connexes.  Enfin, le représentant a cité l’amélioration du dialogue entre les différents acteurs, tout particulièrement au niveau local.  Nous devons, s’est-il expliqué, collaborer plus étroitement avec les collectivités locales et mettre en place un processus participatif, a-t-il dit, saluant les activités de communication d’OCHA.  Les acteurs du développement, des chercheurs, des spécialistes des finances et le secteur privé doivent aussi participer à ces discussions, a-t-il enfin dit. 

M. JIM MCLAY (Nouvelle-Zélande) a, en parlant de sa région, mentionné les catastrophes récentes dans les îles Samoa, les Samoa américaines et dans le nord de Tonga, de même que le tremblement de terre dans l’ouest de Sumatra occidental et plusieurs typhons et tempêtes dans le sud-est asiatique et les inondations au Népal, pour ne citer que quelques exemples.  À la lumière de ces catastrophes, il a souligné l’urgence d’investir dans la réduction des risques et la préparation aux catastrophes.  Il faudrait que la communauté internationale, a-t-il ajouté, fasse bien plus pour l’adaptation aux effets des changements climatiques.  Les petites nations insulaires du Pacifique sont parmi les plus vulnérables du monde à ces effets.  Il faut donc davantage investir dans le processus de redressement précoce afin de réduire efficacement l’écart entre le travail humanitaire pour sauver des vies et le développement durable à plus long terme.  Il a appuyé les « principes des bonnes pratiques de l’action humanitaire » et l’implication des gouvernements nationaux en tant que partenaires actifs dans les efforts de coordination et de renforcement de l’assistance humanitaire. 

M. MANJEEV SINGH PURI (Inde) qui intervenait également au nom de la Suède, a déclaré qu’il importe de respecter l’esprit et la lettre des principes qui régissent l’assistance humanitaire.  Ma délégation, a-t-il ajouté, est gravement préoccupée par les derniers incidents sécuritaires et estime que c’est aux États Membres que revient en premier lieu la responsabilité de protéger et de répondre aux besoins des populations qui nécessitent une aide humanitaire.  Le représentant a réclamé une augmentation des capacités de coordination d’OCHA, une meilleure synergie des efforts au sein de l’ONU, ainsi qu’une plus grande transparence et responsabilisation.  M. Puri a également estimé que davantage d’attention devait être accordée à la réduction de risques et à la préparation, ainsi qu’au renforcement des capacités à tous les niveaux et à l’édification des partenariats.  Une plus grande cohérence au niveau du pays est une autre dimension critique, a-t-il dit, avant de se féliciter du travail accompli par le CERF.

M. WELLINGTON WEBB (États-Unis) a souligné que l’efficacité des efforts d’assistance des agences humanitaires exigeait que ces dernières puissent être présentes sur le terrain.  Les États-Unis sont par conséquent extrêmement préoccupés par l’augmentation des attaques contre elles, comme récemment au Pakistan ou en Afghanistan, et appellent les États Membres à prendre des mesures de grande envergure afin de mettre fin à ces actes de violence.  Le représentant a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur de la neutralité, de l’impartialité et de l’indépendance des agents humanitaires, et a demandé la levée de certaines entraves bureaucratiques qui visent à limiter la présence des humanitaires dans certaines zones en crise.  Ces entraves coûtent des vies, a-t-il insisté, soulignant que l’assistance fournie par les agences de l’ONU, les ONG, la Croix-Rouge ou le Croissant-Rouge ne représentait aucune menace pour les États.  Il a salué les efforts d’OCHA pour améliorer l’efficacité des opérations et a appelé à poursuivre l’appui aux Nations Unies qui « font la différence entre la vie et la mort dans les communautés déchirées par les conflits ».

M. LIU ZHENMIN (Chine) a estimé que les principes directeurs sur l’assistance humanitaire figurant dans la résolution 46-182 de l’Assemblée générale constituent la condition préalable et le socle d’une assistance humanitaire efficace.  Les partenaires de l’aide humanitaire, en particulier les agences et le personnel de l’ONU, doivent respecter les principes d’humanisme, de neutralité, d’impartialité, de souveraineté et d’intégrité territoriale du pays affecté, se plier aux lois du droit humanitaire et à la législation du pays d’accueil, et respecter la culture et les traditions locales, de façon à garantir la crédibilité et l’exécution harmonieuse de l’aide humanitaire des Nations Unies.  Il a appuyé l’intensification du programme de formation du personnel de l’ONU pour assurer le plein respect et l’application des principes mentionnés.  Il a salué le rôle unique joué par OCHA, en préconisant son renforcement.  Le représentant a dit attendre d’OCHA la prévisibilité des ressources; des recommandations sur le renforcement des capacités des pays; la promotion d’un processus décisionnel débarrassé de « tout souci de visibilité médiatique »; une attention soutenue sur les catastrophes liées aux changements climatiques; et l’amélioration du recrutement d’un personnel susceptible de promouvoir la communication et la confiance entre OCHA et les pays en développement.  

M. YURII ONISCHENKO (Ukraine) a rappelé l’importance de préserver les principes fondamentaux de l’assistance humanitaire, à savoir la neutralité, l’humanité, l’impartialité et le respect pour la souveraineté et l’intégrité territoriale des États.  De même, l’Ukraine accorde une importance capitale au rôle des Nations Unies, particulièrement le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), pour atténuer les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.  Le représentant a espéré que l’examen de la mise en œuvre de la résolution 62/9 sur les questions liées à Tchernobyl permettrait d’adopter un texte « inclusif et ambitieux ».

Dans un souci de rappeler à la communauté internationale les conséquences de cette tragédie, l’Ukraine envisage d’organiser, sous les auspices des Nations Unies, une conférence internationale à Kiev, en avril 2010, a annoncé le représentant, souhaitant que l’Assemblée générale soutienne cette idée et soulignant la nécessité de maintenir cette question à l’ordre du jour de l’Assemblée.  Je ne peux qu’insister sur l’importance des efforts de la communauté internationale pour conclure la construction de la structure de protection et les autres projets de sécurité en cours à Tchernobyl, a-t-il enfin déclaré, appelant à continuer d’étudier les conséquences de cette catastrophe afin que l’humanité n’oublie jamais les leçons amères du passé.

M. EUGÈNE-RICHARD GASANA (Rwanda) a estimé que les progrès ont été lents depuis l’adoption de la résolution pertinente, il y a cinq ans, même si quelques avancées doivent être constatées.  Il a attiré l’attention sur la « Vision 2020 », la stratégie d’unité et de réconciliation nationale, la mise en place du système Gacaca et la nouvelle Constitution qui illustrent les valeurs sur lesquelles se fonde désormais le Rwanda.  Il a jugé impératif que l’ONU, en collaboration avec son gouvernement, identifie et mette sur pied des programmes précis pour venir en aide aux survivants du génocide rwandais. 

Il a également évoqué, à l’instar du rapport du Secrétaire général, la persistance de nombreux défis, avant d’expliquer que son gouvernement a lancé plusieurs initiatives pour répondre à ces défis, notamment les Gacaca ou l’Itorero, une plate-forme qui permet de résoudre les différends, de promouvoir l’unité nationale et de mettre en œuvre les programmes de développement, ou encore l’Igando, un outil facilitant la coexistence au sein des communautés.  La diaspora rwandaise, a-t-il ajouté, a lancé cette année « La Campagne Un Dollar » pour faire en sorte que chaque orphelin ait un logement décent et que tous les survivants du génocide aient accès à la sécurité sociale.  Le représentant a conclu en demandant la mise en œuvre des recommandations contenues dans le rapport pertinent du Secrétaire général.

M. WALTER A. FÜLLERMANN, Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a expliqué que la complexité inhérente aux situations de crise actuelles fait qu’il devient particulièrement difficile de déterminer une réponse humanitaire appropriée.  Dans de nombreuses situations, un nombre croissant et varié d’acteurs, politiques, militaires, de développement et humanitaires, avec des objectifs distincts et des approches différentes coexistent.  D’autre part, les forces armées, nationales ou internationales, tendent également à prendre de plus en plus part à l’action humanitaire, ce qui est parfois exploité à des fins politiques.  Tout ceci a pour résultat que les lignes ne sont pas bien délimitées entre les rôles et les objectifs, réduisant de fait l’acceptation de l’action humanitaire par les parties en guerre et par les bénéficiaires potentiels, a-t-il estimé.  Il a mis l’accent sur la nécessité essentielle d’établir et de préserver une distinction claire et visible entre les différents rôles et activités de toutes les parties prenantes.  Il est surtout essentiel que l’action humanitaire en particulier soit clairement séparée de tout agenda politique et militaire, y compris de celui des acteurs internationaux.

M. MARWAN JILANI, Observateur permanent de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), a déclaré que la formation de bénévoles dans les communautés pour les préparer à être les premiers à répondre à une situation d’urgence a clairement contribué à réduire les pertes en vies humaines dans toutes les zones sinistrées.  Il reste néanmoins beaucoup à faire dans le domaine de la préparation aux catastrophes et de réduction des risques, a-t-il reconnu.  Il s’est réjoui que 12 États aient d’ores et déjà adopté les nouvelles règles utilisant les Directives adoptées par la trentième Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.  « Notre capacité d’atteindre les plus vulnérables dans des circonstances difficiles et dans les quatre coins du monde dépend du niveau de sûreté et de sécurité de notre personnel et de nos bénévoles, aussi bien les expatriés que les locaux », a-t-il encore souligné.  M. Jilani a conclu en réitérant l’appel du Secrétaire général de l’ONU en faveur d’une diversification des canaux de financement et d’un soutien consistant et prévisible à tous ces canaux. 

M. LUCA DALL’OGLIO, Organisation internationale pour les migrations (OIM), s’est tout d’abord félicité de l’adoption, par l’Union africaine, de la toute première Convention sur la protection et l’assistance des personnes déplacées en Afrique.  Il a ensuite expliqué que l’OIM œuvrait pour attirer l’attention sur l’impact humanitaire des changements climatiques et prêtait une attention particulière au lien entre les changements climatiques et la mobilité de la population.  Il a indiqué qu’un rapport consacré à ce sujet sera publié demain.  M. Dall’Oglio a également signalé que l’OIM développe actuellement une approche détaillée et coordonnée pour répondre aux conséquences migratoires des changements climatiques, et ce d’un point de vue humanitaire et sécuritaire.  Il a ensuite appelé les parties à un conflit à garantir l’accès humanitaire et la sécurité du personnel humanitaire.

M. ROBERT L. SHAFER, Observateur permanent de l’Ordre de Malte, a souligné que les 80 000 volontaires et 20 000 employés de l’Ordre conduisaient leurs activités humanitaires en accord avec les principes d’impartialité politique et religieuse.  Il a salué le rôle prééminent de mécanismes comme le CERF et des agences des Nations Unies et a indiqué que l’Ordre était au cœur de nombreux projets de développement qui bénéficiaient de fonds du CERF, en République démocratique du Congo (RDC), au Soudan, au Sri Lanka ou en Palestine, entre autres.  L’Observateur a d’ailleurs annoncé que l’Ordre contribuerait au CERF dès 2010.

Au Kenya, l’Ordre construit six centres de santé, deux hôpitaux et un dispensaire pour le traitement du paludisme et d’infections bactériennes.  Il fournit aussi de l’aide alimentaire à près de 20 000 personnes, a-t-il précisé.  L’Ordre de Malte a aussi participé aux efforts lors des tremblements de terre et des typhons qui ont touché, au mois d’octobre dernier, l’Indonésie, le Viet Nam et les Philippines.  Il entend mettre en place des projets de préparation aux catastrophes auprès des communautés touchées.  Soulignant que de nombreux volontaires et docteurs de l’Ordre ont perdu la vie sur le terrain, il a appelé les États à prendre des mesures au plus haut niveau pour prévenir ces attaques et en poursuivre les auteurs.

Adoption de résolutions

Aux termes de la résolution intitulée « Assistance humanitaire, secours d’urgence et relèvement pour El Salvador à la suite des effets dévastateurs de l’ouragan Ida (A/64/L.19 », l’Assemblée générale prie instamment tous les États Membres et tous les organes et organismesdes Nations Unies, ainsi que les institutions financières internationales et lesorganismes de développement, de contribuer d’urgence aux activités de secours, derelèvement et d’assistance menées en El Salvador.

Elle demande aussi à la communauté internationale de fournir l’aide demandée dans l’appel éclair en faveur d’El Salvador.  Elle prie en outre les organes et organismes compétents des Nations Unies et les autres organisations multilatérales de renforcer l’appui et l’assistance qu’ils apportent pour développer la capacité d’El Salvador en matière de planification préalable aux catastrophes.

Par la résolution sur la « Participation de volontaires, les « Casques blancs », aux opérations de secours humanitaires et aux activités de relèvement et de coopération technique pour le développement entreprises par l’Organisation des Nations Unies (A/64/L.31 », l’Assemblée générale engage les collaborateurs opérationnels du système des Nations Unies, en particulier le programme des Volontaires des Nations Unies et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), à mettre à profit l’expérience acquise par les volontaires des « Casques blancs ».

Elle encourage par ailleurs les « Casques blancs » à poursuivre le renforcement de la coordination avec le système humanitaire international et à étudier des mécanismes de partage des meilleures pratiques s’agissant, notamment, de la préparation aux catastrophes et des opérations d’intervention avec d’autres organisations régionales dans les zones exposées.

Elle invite également le Secrétaire général à proposer des mesures qui permettraient de mieux intégrer le projet « Casques blancs » dans les activités des organismes des Nations Unies.

Aux termes de la résolution intitulée « Renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence fournie par les organismes des Nations Unies (A/64/L.32) », l’Assemblée générale prie les organismes de l’ONU, les autres organisations intergouvernementales concernées, ainsi que les autres acteurs de l’aide humanitaire et du développement de continuer à coopérer avec le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) pour améliorer la coordination, la gestion et l’efficacité de l’aide humanitaire. 

Elle leur lance un appel pour qu’ils intensifient la coordination sur le terrain, notamment avec les autorités nationales des pays touchés et en renforçant encore la transparence, la performance et la responsabilisation.  L’Assemblée prie tous les États, ainsi que tous ceux qui jouent un rôle dans les crises humanitaires complexes, en particulier les conflits armés et les situations d’après conflit, de coopérer pleinement avec les organismes des Nations Unies et les autres organismes et organisations humanitaires, et d’assurer l’accès, dans la sécurité et sans entrave, du personnel humanitaire, ainsi que de ses approvisionnements et de son matériel.

L’Assemblée prie aussi tous les États de prendre des mesures pour faire face à la violence sexiste dans les situations d’urgence humanitaire et de s’assurer qu’ils disposent du dispositif juridique et institutionnel voulu pour prévenir les actes de violence sexiste, diligenter des enquêtes lorsqu’ils sont commis et en poursuivre les auteurs.

L’Assemblée engage les États Membres et la communauté internationale à augmenter les ressources consacrées aux mesures de réduction des risques associés aux catastrophes.  Elle encourage la communauté internationale à appuyer les efforts faits par les États Membres pour renforcer leurs moyens de préparation et d’intervention et à soutenir les initiatives prises pour renforcer les systèmes de détection et de surveillance des risques de catastrophes.

L’Assemblée engage à soutenir ces efforts notamment en offrant des transferts de technologies et de compétences aux pays en développement et des programmes d’appui ayant pour objet de renforcer les capacités de coordination des pays touchés. 

Elle demande aux organismes compétents de l’ONU de contribuer à l’amélioration de la procédure d’appel global notamment en analysant les besoins et en élaborant des plans d’action humanitaire communs, ainsi qu’en examinant de plus près les crédits affectés à la problématique hommes-femmes de façon à affiner le processus et en faire un instrument de planification stratégique et d’établissement des priorités.

L’Assemblée les prie aussi d’étoffer les observations factuelles sur lesquelles repose l’action humanitaire en mettant en place d’autres mécanismes communs en vue d’améliorer la qualité, la transparence et la fiabilité de leurs évaluations des besoins et de progresser encore dans la réalisation d’évaluations conjointes. 

Elle se félicite des importants résultats obtenus par le CERF et engage tous les États Membres à envisager d’y accroître leurs contributions volontaires.

L’Assemblée prie le Secrétaire général de lui faire rapport sur les mesures prises par le Secrétariat de l’ONU en vue d’élaborer et d’appliquer des règles et procédures d’urgence propres à accélérer le décaissement des fonds de secours, l’achat de fournitures et de matériel et le recrutement de personnel afin d’améliorer l’efficacité générale des interventions humanitaires d’urgence.

Aux termes de cette résolution intitulée « Sûreté et sécurité du personnel humanitaire et protection du personnel des Nations Unies (A/64/L.33) », l’Assemblée générale prie instamment tous les États de prendre les mesures nécessaires pourassurer cette sûreté et cette sécurité et de faire respecter l’inviolabilité des locaux des Nations Unies.

Elle engagetous les États à envisager de devenir parties au Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), ainsi qu’au Protocole facultatif à la Convention sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé.

L’Assemblée prie le Secrétaire général de continuer à prendre les mesures requises pour que le personnel de l’ONU et les autres personnels soient dûment informés des normes minimales de sécurité opérationnelles et des codes de conduite pertinents et soient également dûment informés des conditions dans lesquelles ils sont appelés à travailler et des règles qu’ils sont tenus de respecter. 

Elle le prie aussi de continuer à prendre les mesures nécessaires pour que tous les locaux et les biens de l’ONU soient conformes aux normes minimales et autres règles pertinentes. 

L’Assemblée prend note de l’action entreprise par le Secrétaire général pour étudier les recommandations du Groupe indépendant sur la sûreté et la sécurité du personnel et des locaux de l’ONU dans le monde entier, notamment celles portant sur la responsabilité. 

Elle attend avec intérêt un rapport d’activité sur les mesures prises pour donner suite à ces recommandations et sur le processus indépendant concernant la question de la responsabilité.  L’Assemblée accueille aussi avec satisfaction le travail fait par le Secrétaire général pour améliorer la collaboration avec les gouvernements hôtes.

Explications de position

Le représentant du Soudan s’est exprimé sur la résolution relative à la sûreté du personnel.  Tout en se félicitant de son adoption, il a émis des réserves sur le paragraphe 6 du préambule relatif à la CPI.  Il a expliqué que le fait de s’être associé au consensus ne signifiait en aucune manière que son pays reconnaissait la Cour, car les décisions de cette dernière ne sont applicables qu’aux États parties au Statut de Rome, qui contient d’ailleurs une disposition stipulant que seuls les États parties doivent se plier aux règles de la Cour. 

Le représentant de l’Iraq, au nom du Groupe des États arabes, a salué l’adoption de la même résolution en la qualifiant d’action positive pour les millions de personnes qui souffrent dans les situations d’urgence humanitaire.  Il a remercié la Suède qui a consenti à des efforts infatigables pour rapprocher les points de vue.  Il a toutefois exprimé le souci du Groupe des États arabes d’inclure dans la résolution la situation des personnes vivant sous occupation étrangère, notamment dans les territoires arabes.  Cette requête, a-t-il prévenu, continuera d’être formulée devant toutes les instances des Nations Unies et ailleurs, notamment devant les instances européennes.  L’obstruction de l’aide humanitaire dans les territoires palestiniens occupés, notamment dans la bande de Gaza, confirme les craintes sur l’application du principe de « deux poids deux mesures » lorsqu’il s’agit de l’examen des droits de l’homme, a-t-il conclu.

S’agissant de la résolution sur la sûreté et la sécurité du personnel humanitaire, le représentant du Pakistan qui s’est joint au consensus, a affirmé que son gouvernement a pris toutes les mesures nécessaires sur son territoire et demeure déterminé à renforcer la prévention.  Il a rappelé qu’il y a huit ans, le Gouvernement pakistanais avait alloué aux Nations Unies un terrain adéquat à Islamabad dans l’enclave diplomatique hautement sécurisée.  Lors des discussions avec les fonctionnaires du Secrétariat, mon gouvernement, a-t-il souligné, a mis l’accent sur la nécessité de consolider en un seul lieu sûr tous les bureaux de l’ONU dispersés à Islamabad.

L’Équipe spéciale interinstitutions de l’ONU sur les locaux communs doit toujours allouer des ressources à cette fin.  Il va sans dire, a prévenu le représentant, que les considérations relatives à la sécurité ne doivent pas passer au second plan par rapport aux considérations d’ordre procédural et financier.  Il s’est donc félicité que la résolution mette en exergue le besoin d’un rôle proactif aussi bien de la part des gouvernements que de l’ONU dans la promotion de la sûreté, la sécurité et la protection du personnel humanitaire et de l’ONU.  Le Gouvernement pakistanais prend toutes les mesures et attend des agences concernées des Nations Unies qu’elles résolvent rapidement cette question, a insisté le représentant. 

La représentante d’El Salvador a rappelé que l’Amérique centrale avait été particulièrement touchée par de graves catastrophes naturelles, ce qui entraînait des difficultés supplémentaires vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Au mois de novembre dernier, des pluies torrentielles ont fait 190 morts et des milliers de sinistrés, a-t-elle dit.  Nous sommes persuadés que la communauté internationale continuera à nous aider et nous souhaitons réitérer nos remerciements pour l’appel urgent lancé par le PNUD en faveur des régions sinistrées, et appelons les États Membres à y répondre favorablement, a-t-elle enfin dit.

RETOUR OU RESTITUTION DE BIENS CULTURELS À LEUR PAYS D’ORIGINE

Adoption de la résolution

Aux termes de la résolution du même nom « ( A/64/L.17 », l’Assemblée générale engage tous les organes, organismes, fonds et programmes intéressés des Nations Unies et les autres organisations intergouvernementales compétentes à travailler de concert avec l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) afin de continuer à étudier la question du retour ou de la restitution de biens culturels à leur pays d’origine.

Elle prie instamment les États Membres de prendre, aux niveaux international et national, des mesures efficaces pour prévenir et combattre le trafic de biens culturels, notamment de faire connaître la législation pertinente et de dispenser une formation spécifique aux services frontaliers, des douanes et de police.  L’Assemblée les invite également, agissant en coopération avec l’UNESCO, à continuer de dresser des inventaires systématiques de leurs biens culturels et d’œuvrer à la création d’une base de données sur leurs législations culturelles nationales.

Explications de position

Le Ministre de la culture de la Grèce a estimé que l’adoption de la résolution représentait le paroxysme de la mission de cette Organisation.  La culture est le fondement de notre identité et du dialogue mondial, a-t-il dit.  Pour le Ministre, on ne parviendra pas à édifier une culture mondiale à moins de reconnaître les différences qui existent sur le plan local.  En protégeant l’héritage des peuples à travers le monde, l’ONU s’est engagée à protéger l’identité de chacun, a-t-il affirmé, avant de souligner l’importance non seulement de protéger, mais également de guérir le patrimoine mondial.  Il a évoqué la restitution de plusieurs parties du Parthénon et s’est dit impatient de collaborer avec d’autres musées pour organiser le retour d’autres marbres.  Il importe de garantir l’intégrité d’un patrimoine mondial de l’humanité, s’est-il défendu.

Le représentant de la Colombie a signalé que son pays n’était pas partie à la Convention évoquée dans le paragraphe 5 de la résolution et que sa délégation estimait que le droit souverain de chaque État prévalait sur les dispositifs internationaux.

Pour sa part, la représentante des États-Unis a précisé que les recommandations que contient le paragraphe 2 avaient été émises au cours des sessions de formation régionales et des réunions internationales de l’UNESCO, organisées en République de Corée et qu’elles ne tenaient pas compte des recommandations d’une autre réunion qui s’était également tenue en République de Corée.

2001-2010: DÉCENNIE POUR FAIRE RECULER LE PALUDISME DANS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT, PARTICULIÈREMENT EN AFRIQUE

Mme JOYCE KAFANABO (République-Unie de Tanzanie) qui intervenait au nom du Groupe des États d’Afrique, a présenté le projet de résolution pertinent, en signalant qu’en Afrique, 24% des morts chez les enfants âgés de moins de cinq ans étaient liés au paludisme et que la maladie représentait une charge économique considérable pour le continent.

Adoption de la résolution

Par la résolution intitulée « 2001-2010: Décennie pour faire reculer le paludisme dans les pays en développement, particulièrement en Afrique ( A/64/L.28 », l’Assemblée générale engage les États Membres notamment à continuer à marquer la Journée mondiale du paludisme et à participer aux activités organisées pour marquer la dernière année de la Décennie pour faire reculer le paludisme dans les pays en développement, particulièrement en Afrique.

Elle se félicite du lancement, le 23 septembre 2009 de l’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme et de la campagne « Unis contre le paludisme ».  Elle prie instamment la communauté internationale de soutenir la mise en œuvre du Plan d’action mondiale contre le paludisme et de s’employer à améliorer, renforcer, harmoniser et maintenir l’assistance bilatérale et multilatérale à la lutte contre le paludisme.

L’Assemblée générale invite les partenaires dans la lutte contre le paludisme à remédier aux goulets d’étranglement d’ordre financier et logistique qui entraînent les ruptures de stock, à l’échelon du pays, des moustiquaires imprégnées d’insecticides de longue durée, de polythérapies à base d’artémisinine et de tests diagnostiques rapides.

Elle engage vivement les pays où le paludisme est endémique à rechercher la viabilité financière et à augmenter les ressources nationales affectées à la lutte contre cette maladie.  Elle demande en outre aux États Membres d’élaborer ou de renforcer les politiques et plans opérationnels nationaux afin de réaliser les objectifs de 2010 et 2015 adoptés au niveau international.

Elle demande à la communauté internationale d’intensifier les investissements et les efforts consacrés à la recherche-développement de nouveaux médicaments, produits et technologies et d’appuyer l’action menée pour rendre les produits essentiels plus accessibles et abordables.  Elle invite en outre les fabricants de moustiquaires imprégnées d’insecticides de longue durée à accélérer le transfert de technologies en direction des pays en développement. 

CULTURE DE LA PAIX

Adoption de résolutions

Par ce texte intitulé « Décennie internationale de la promotion d’une culture de la paix et de la non-violence au profit des enfants du monde, 2001-2010 ( A/64/L.5 », l’Assemblée générale engage la Commission de consolidation de la paix (CCP) à continuer depromouvoir, dans le cadre de ses activités, une culture de paix et de non-violence au profit des enfants.

Elle engage également la société civile, y compris les ONG, à intensifier encore les efforts qu’elle déploie pour servir les objectifs de la Décennie, ainsi que les médias à participer à l’éducation en faveur d’une culture de paix et de non-violence, en particulier en ce qui concerne les enfants et les jeunes, notamment au moyen de l’élargissement prévu du Réseau d’information pour une culture de paix qui deviendrait un réseau mondial de sites Internet multilingues.

Elle invite en outre les États Membres à célébrer chaque année, le 21 septembre, la Journée internationale de la paix comme une journée mondiale de cessez-le-feu et de non-violence et à continuer de communiquer au Secrétaire général des renseignements sur les manifestations organisées pour célébrer la Décennie et sur les activités entreprises pour promouvoir une culture de paix et de non-violence.

Par la résolution intitulée « Promotion du dialogue, de l’entente et de la coopération entre les religions et les cultures au service de la paix ( A/64/L.15/Rev.1 », l’Assemblée générale encourage la promotion du dialogue entre les médias de toutes les cultures et civilisations.  Elle souligne que chacun a droit à la liberté d’expression et réaffirme que l’exercice de ce droit comporte certaines obligations et responsabilités et peut, par conséquent, être soumis à certaines restrictions.

Elle encourage également les États Membres à continuer d’examiner, selon qu’il conviendra, des initiatives visant à mettre en évidence des domaines d’action dans tous les secteurs et à tous les niveaux de la société en vue de promouvoir la tolérance, la compréhension, la coopération et les échanges interreligieux et interculturels.  Elle les encourage également à envisager d’adhérer à la Déclaration de 2005 sur le dialogue et la coopération œcuméniques pour la paix.

L’Assemblée encourage par ailleurs les États Membres à continuer de promouvoir la réconciliation afin de contribuer à la paix et au développement durables, etl’UNESCO à promouvoir le plan d’action relatif à la célébration de l’Année internationale du rapprochement des cultures.

Elle prie en outre le Secrétaire général d’organiser une manifestation spéciale pour marquer le lancement de la célébration de l’Année internationale du rapprochement des cultures, dans la limite des ressources disponibles, et demande que soit renforcé le rôle de coordonnateur joué par le Bureau de l’appui au Conseil économique et social et de la coordination du Département des affaires économiques et sociales du Secrétariat.

Explications de vote

La représentante de la Suède, au nom de l’Union européenne, a émis certaines réserves, en expliquant que la religion n’est qu’une facette du dialogue entre les cultures.  Elle a estimé que les religions ne devaient pas être parties actives au dialogue et ne devaient pas être institutionnalisées au sein des Nations Unies.  Elle a également regretté que dans le texte de la résolution, les individus soient caractérisés exclusivement par leur religion et leur croyance.  Il est important que la diversité des identités se retrouve dans le dialogue d’ensemble, a-t-elle dit.  En outre, elle a rappelé que l’Union européenne s’oppose, par principe, à la prolifération de nouvelles dates, années ou décennies sur un thème, compte tenu de leur manque d’efficacité dans de nombreux cas.  L’Union préfère des actions concrètes sur le terrain, a-t-elle souligné.

Le représentant des États-Unis a fait part de l’attachement de son pays à tout programme qui permette la réconciliation et le dialogue entre les différentes croyances.  Les efforts interreligieux peuvent permettre un meilleur dialogue, a-t-il souligné.  Toutefois, il a rappelé que chacun avait le droit à la liberté d’expression et d’opinion qui sont « l’antidote nécessaire à l’intolérance ».  Cette résolution ne doit donc pas être interprétée comme une restriction de la liberté d’expression et ne saurait être utilisée pour justifier l’emprisonnement, le recours à la torture ou l’application de la peine de mort contre des personnes pour leurs opinions, a-t-il déclaré.

Le représentant du Bangladesh a remercié les États Membres pour l’adoption par consensus de cette résolution qui, selon lui, est l’illustration du monde que nous voulons édifier pour l’avenir de nos enfants.

STRATÉGIE ANTITERRORISTE MONDIALE DE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES

M. JORGE ARGÜELLO (Argentine) a présenté le projet de résolution A/64/L.27 sur l’institutionnalisation de l’Équipe spéciale de lutte contre le terrorisme.  Il a déclaré qu’il ne fallait pas faillir dans la lutte contre le terrorisme et qu’il importait donc d’assurer la pleine mise en œuvre des quatre piliers de la Stratégie antiterroriste mondiale de l’ONU.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.