L’Assemblée proclame le 18 juillet « Journée internationale Nelson Mandela » et rappelle la tenue en 2010 à Rio de Janeiro du troisième Forum de l’Alliance des civilisations

10 novembre 2009
AG/10885

L’Assemblée proclame le 18 juillet « Journée internationale Nelson Mandela » et rappelle la tenue en 2010 à Rio de Janeiro du troisième Forum de l’Alliance des civilisations

10/11/2009
Assemblée générale
AG/10885
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-quatrième session

42e séance plénière – matin

L’ASSEMBLÉE PROCLAME LE 18 JUILLET « JOURNÉE INTERNATIONALE NELSON MANDELA » ET RAPPELLE LA TENUE EN 2010 À RIO DE JANEIRO DU TROISIÈME FORUM DE L’ALLIANCE DES CIVILISATIONS

L’Assemblée générale a décidé aujourd’hui de célébrer la « Journée internationale Nelson Mandela » le 18 juillet de chaque année à compter de 2010, en adoptant par acclamation une résolution* présentée par l’Afrique du Sud et dans laquelle elle invite tous les États Membres, les organismes des Nations Unies et les autres organisations internationales, ainsi que la société civile, à célébrer cette Journée comme il le convient.

L’Assemblée a également adopté par consensus une résolution intitulée « L’Alliance des civilisations »**, présentée hier par l’Espagne et la Turquie, par laquelle elle encourage les gouvernements, les organisations internationales et la société civile à participer au troisième Forum de l’Alliance, qui aura lieu au Brésil en 2010, ainsi qu’aux prochains forums qui seront organisés par le Qatar en 2011, et par l’Autriche en 2012.

En adoptant la résolution sur la « Journée internationale Nelson Mandela », a déclaré le Président de l’Assemblée générale, Ali Abdussalam Treki, « nous témoignons de notre respect pour ce grand homme qui a souffert au nom de tous ».

Nombreux ont été les États qui ont profité de ce débat consacré à la promotion d’une culture de paix pour faire l’éloge de l’ancien Président de l’Afrique du Sud.  Parmi la vingtaine de délégations, la représentante des États-Unis a parlé d’un homme « qui a toujours su qu’un gouvernement juste et correct vient du pouvoir de l’esprit, mais que la réconciliation est une affaire de cœur ».

Son homologue du Portugal a estimé que « le combat et l’exemple de Nelson Mandela se confondent avec l’histoire contemporaine et inspirent tous ceux qui se battent pour un monde meilleur ».

Le représentant de la République-Unie de Tanzanie a vu dans le prix Nobel de la paix « le véritable symbole du courage face à la violence, et de la dignité face à l’humiliation ».  « Nelson Mandela était l’incarnation de la paix telle qu’envisagée par la Charte de l’ONU », a-t-il affirmé.

« Nous voulons honorer l’homme », a renchéri pour sa part le représentant de la Zambie, « mais plus important encore, nous voulons honorer les principes et les idéaux pour lesquels il s’est toujours battu ».

S’agissant de l’Alliance des civilisations, la représentante du Brésil a précisé que le troisième Forum se tiendra du 28 au 29 mai 2010 sur le thème « Alliance des civilisations: la diversité culturelle comme chemin de la paix ».

Le représentant de la République de Corée a engagé l’Alliance à élargir ses activités en Asie, et à renforcer son travail dans le domaine de la migration, tandis que son homologue du Monténégro a souhaité le développement de stratégies régionales, en se félicitant de la perspective de voir la Stratégie pour l’Europe du Sud-Est adoptée en décembre prochain par la Conférence de Sarajevo.

L’Assemblée générale a, en revanche, décidé de reporter sa décision sur deux autres textes portant sur la « Décennie internationale de la promotion d’une culture de paix et de la non-violence au profit des enfants du monde, 2001/2010 »*** et la « Promotion du dialogue, de l’entente et de la coopération entre les religions et les cultures au service de la paix »****.

L’Assemblée générale poursuivra ses travaux jeudi 12 novembre, à partir de 10 heures, avec l’examen du rapport annuel du Conseil de sécurité.

*    A/64/L.13

 **   A/64/L.14

  ***  A/64/L.5

   **** A/64/L.15

CULTURE DE PAIX

Déclarations (suite et fin)

M. HASAN KLEIB (Indonésie) a souligné que le dialogue entre les peuples, les cultures, les confessions et les civilisations était essentiel pour le développement d’une culture mondiale de la paix.  Un dialogue sérieux peut résoudre les conflits, réaliser la paix, renforcer les partenariats et édifier des communautés.  Mais il faut faire plus pour réunir des gens de différentes confessions et cultures.  Il faut prendre des mesures concrètes pour renforcer la compréhension mutuelle et la coopération entre civilisations.  En Indonésie, le dialogue est favorisé entre les différents groupes non seulement pour garantir l’harmonie et la stabilité nationales mais aussi pour promouvoir le développement national, a déclaré le représentant.  Il ne peut y avoir de vrai développement sans une éducation qui permette aux gens de se voir non plus sous l’angle de leur propre religion, mais sous celui de l’autre.  Le représentant a indiqué que son pays s’était engagé dans de multiples dialogues à divers niveaux, notamment dans le cadre des organisations régionales et sous-régionales.

Tout en réaffirmant que la liberté d’expression est un droit universel, il a estimé que cette liberté devait s’exercer de manière responsable et avec l’intérêt de tous à l’esprit, pour éviter « les formes les plus provocatrices de l’extrémisme ».  Nous ne parlons plus de liberté si cette liberté est exercée pour offenser l’autre, a tranché le représentant.  Il a donc plaidé pour un équilibre « judicieux » entre la liberté d’expression et les sensibilités culturelles.  Aucune liberté n’est absolue, a-t-il prévenu, estimant que la liberté d’expression est limitée par le droit des communautés à la dignité de leurs croyances et de leurs cultures.  C’est pourquoi aucun groupe, ni aucun individu ne devrait pouvoir tourner en ridicule un élément sacré de la religion d’une communauté, a-t-il insisté.  Rappelant l’importance du rôle des médias et des organisations de la société civile, il a attiré l’attention sur le « Dialogue mondial entre médias » organisé en coopération avec la Norvège. 

M. KIM BONG-HYUN (République de Corée) a déclaré qu’il fallait savoir résister à la thèse « tenace » du choc inévitable entre les civilisations.  Le monde ne doit pas être défini par nos différences mais par notre humanité et nos similarités, a-t-il dit.  Il a indiqué que sa délégation appuyait sans réserve le mandat et les activités de l’Alliance pour les civilisations et qu’elle souhaitait que l’Alliance se tourne davantage vers l’action, qu’elle élargisse ses activités en Asie et qu’elle renforce son travail dans le domaine clef de la migration.  M. Kim a également salué le travail de l’Université des Nations Unies (UNU), du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).  Il a également cité les activités du Centre Asie-Pacifique pour l’éducation à une compréhension mutuelle.

Le représentant a poursuivi en affirmant que la religion devait être considérée comme une source de paix.  Toutes les sociétés doivent combattre son exploitation dangereuse par des extrémistes, a-t-il dit, et le dialogue interconfessionnel et interculturel doit remplacer la division et la méfiance.  Il a également indiqué que sa délégation appuyait l’utilisation d’une approche régionale pour promouvoir le dialogue et la coopération, avant de rappeler que son pays a accueilli, en collaboration avec la Finlande, le cinquième Dialogue interconfessionnel de la Réunion Europe-Asie (ASEM), au mois de septembre dernier.

M. NORACHIT SINHASENI (Thaïlande) a réitéré son appui à la proclamation d’une décennie des Nations Unies pour le dialogue interreligieux et interculturel. La Thaïlande a toujours et continuera de soutenir de tels efforts, a-t-il lancé, citant le fait que son pays a accueilli en février dernier, un camp interreligieux de la jeunesse, sous les auspices de la Réunion Europe-Asie.  L’année prochaine, a annoncé le représentant, la Thaïlande accueillera le troisième Dialogue Asie-Moyen-Orient.  Concluant, le représentant a estimé que les efforts pour promouvoir la culture de paix devraient commencer chez soi avant de l’étendre ailleurs.  Une solide base d’institutions et de structures et de règles juridiques doit être jetée pour garantir le droit des peuples à jouir de la diversité culturelle et de la non-discrimination, a-t-il conclu.

Mme REGINA MARIA CORDEIRO DUNLOP (Brésil) a dénoncé le fait que trop souvent, la diversité a été utilisée à mauvais escient pour alimenter les mécontentements et les conflits au nom d’intérêts inavoués.  Lorsqu’elle est bien gérée, a insisté la représentante, la diversité est une chance.  Pour en exploiter le potentiel, il faut placer le respect des droits de l’homme, des libertés fondamentales et des valeurs démocratiques au cœur des politiques nationales, a-t-elle estimé, en particulier dans le domaine de l’éducation.  Il faut bien reconnaître, a souligné la représentante, que le manque de progrès en la matière est souvent à la base des tensions entre groupes ethniques et culturels.  La quête d’une meilleure compréhension aura peu de chances d’aboutir si la pauvreté et la faim perdurent, a-t-elle insisté.  La représentante a souligné que le Brésil était fier des différentes races, traditions et cultures qui ont défini son identité.  Il est donc tout à fait naturel, a-t-elle jugé, que le troisième Forum de l’Alliance des civilisations se tienne à Rio de Janeiro, les 28 et 29 mai 2010 sur le thème « Alliance des civilisations: la diversité culturelle comme chemin de la paix ».

M. MESFIN MIDEKSSA (Éthiopie) a déclaré que la promotion d’un dialogue interactif entre les principales religions et cultures du monde était une noble idée qui méritait l’action concertée des États Membres.  Il a ensuite indiqué qu’en Éthiopie, la tolérance et le respect entre différentes cultures, ethnicités et croyances étaient un élément fondamental de la façon de vivre.  Compte tenu de la multitude de langues, de couleurs, de religions et de coutumes, il s’agit véritablement d’une question de survie car il faut assurer la cohésion de la nation.  Il a expliqué que la Constitution fédérale éthiopienne garantissait l’identité individuelle, ainsi que la pleine représentation et participation de toutes les nations et nationalités du pays.  Le principe de la coexistence pacifique est l’un des principaux piliers de la Constitution et de la politique étrangère de l’Éthiopie, a-t-il ajouté.  Le représentant s’est donc félicité de ce que la candidature de son pays au Groupe des Amis de l’Alliance des civilisations ait été accueillie favorablement par le Haut Commissaire. 

M. KOKOU NAYO M’BEOU (Togo) a souligné que dans la recherche de la paix à travers la compréhension et le respect des croyances, les dirigeants des trois grandes religions monothéistes ont un rôle crucial à jouer.  Si toutes confessent le même Dieu, il n’y a pas de raison pour les pratiques pour parvenir à ce Dieu, d’être une source de division, de haine, voire de guerre.  Le représentant a salué, une nouvelle fois, le débat organisé à l’initiative du Roi d’Arabie saoudite ainsi que le discours prononcé par le pape Benoît XVI, l’année dernière à l’Assemblée générale.  Dans ce contexte, le représentant a estimé que ce qu’il faut combattre, c’est le fondamentalisme et l’extrémisme qui ont pris corps au sein de certaines religions et qui, malheureusement, gagnent de plus en plus de cœurs, a-t-il ajouté, affirmant que le laxisme dans ce domaine est suicidaire pour les sociétés et les cultures. 

Le représentant a indiqué que l’appartenance à une religion est un droit fondamental de toute personne humaine, garanti par la Charte des Nations Unies, la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Constitution togolaise.  Au Togo, les religions cohabitent dans la compréhension mutuelle et dans la paix, a-t-il assuré, saluant la solidarité religieuse qui unit l’animisme, l’islam et le christianisme.  Cette solidarité est le fruit de l’action des responsables politiques et confessionnels, et surtout du Gouvernement, qui ont régulièrement créé des occasions de rencontres fraternelles sans considération d’appartenance religieuse, a-t-il dit.  Il a conclu en citant feu Félix Houphouët-Boigny, qui soulignait que « la paix ne saurait être un mot, elle doit être et demeurer un comportement ».

Mme LAURA ROSS (États-Unis) s’est déclarée fière d’être parmi les coauteurs du projet de résolution sur la Journée internationale Nelson Mandela qui n’a jamais cessé de chérir « l’idéal de la démocratie et d’une société libre où tout le monde vivrait en harmonie et jouirait de l’égalité des chances ».  L’apartheid, a-t-elle rappelé, a été conçu dans le mensonge et la violence mais il s’est achevé dans la vérité et la réconciliation.  Nelson Mandela, a-t-elle souligné, a mis son pouvoir moral au service d’un objectif moral.  Il a changé les ennemis en partenaires, la peur en confiance, la haine en pardon et la discrimination en démocratie.  L’Afrique du Sud est devenue aujourd’hui la « nation arc-en-ciel » à il laquelle rêvait.  Mon propre pays, a dit la représentante, a été créé sur la croyance que tous les hommes naissent égaux, et il travaille encore à faire une réalité de cette promesse.  Nelson Mandela a toujours su qu’un gouvernement juste et correct vient du pouvoir de l’esprit, mais que la réconciliation est une affaire de cœur, a conclu la représentante. 

M. PEDRO NÚÑEZ MOSQUERA (Cuba) a rappelé que son pays avait lutté contre l’apartheid et continuait de combattre toutes les formes de racisme et de discrimination raciale dans le monde, saluant l’exemple donné par Nelson Mandela.  Le strict respect de la Charte des Nations Unies et de ses principes est la base fondamentale d’une culture de paix, a-t-il estimé, ajoutant que le dialogue et le multilatéralisme constituent les seules options pour combattre la mondialisation néolibérale et l’unilatéralisme qui tentent de maintenir les pays du Sud dans le sous-développement et d’imposer la domination de certaines cultures. 

La paix n’est pas seulement l’absence de conflit, a poursuivi le représentant, rappelant que la promotion de la paix exigeait la promotion de l’éducation à tous les niveaux, le développement économique et social durable et le respect des droits de l’homme.  Nous devons lutter contre toute action qui entraîne des préjugés, de la discrimination, des préjugés raciaux ou la diffamation des religions, a-t-il dit, jugeant inacceptable la tendance de certains pays à associer certaines cultures et religions au terrorisme et à la violence.  Il ne peut y avoir de culture de paix sans reconnaître l’inadmissibilité de l’acquisition de territoires par la guerre, a-t-il aussi dit, condamnant l’installation de nouvelles bases militaires sur le continent américain par « la superpuissance » de l’Amérique.

Déplorant la course aux armements qui se poursuit, il a estimé que si les pays riches d’Occident étaient réellement engagés vers une culture de paix, ils ne continueraient pas à soutenir un ordre international basé sur l’usage de la force, de la technologie et du pouvoir économique contre les plus faibles, et qui distribue les richesses de manière inégale et laisse tous les pouvoirs entre les mains des mêmes personnes.  Ensemble nous partageons l’espoir qu’un monde meilleur est possible, a-t-il enfin déclaré. 

M. OLUGBENGA ASHIRU (Nigéria) a jugé qu’au lieu d’un choc entre les civilisations, il faut plutôt travailler à la convergence du pluralisme, a ajouté le représentant.  Il a estimé que la stratégie pour édifier une culture de paix doit se fonder sur des paramètres plus grands comme la résolution et la prévention des conflits, le développement de cadres institutionnels et capacités pertinentes pour les initiatives de paix et la mobilisation, pour ces initiatives, de ressources tant au niveau national que régional.  Il a également souligné le rôle important des médias, avant de lancer un appel à la tenue régulière de réunions interconfessionnelles pour combattre l’intolérance, la désunion, les conflits et la violence. 

M. VIJAY RAMNIKLAL RUPANI (Inde) a d’abord exprimé sa fierté d’être coauteur de la résolution sur la Journée internationale Nelson Mandela.  Il a ensuite estimé que la plupart des conflits actuels étaient dus à une absence de tolérance.  Il nous faut créer un environnement propice au renforcement du dialogue entre les cultures, les confessions et les religions.  La paix ne peut être maintenue par la force mais par la compréhension, a dit le représentant, paraphrasant Albert Einstein.  C’est parce que nous nous sommes éloignés du dialogue et de la compréhension que nous avons laissé le champ libre aux idéologies extrémistes, à la violence et au terrorisme, a prévenu le représentant.

Il ne fait aucun doute que le terrorisme, a-t-il poursuivi, est l’antithèse de toutes les religions.  Le représentant a indiqué que l’histoire de l’Inde était l’histoire des conversations entre différentes civilisations.  Les Indiens, a-t-il ajouté, n’auraient jamais pu maintenir et renforcer l’identité composite du pays sans tolérance et sans une détermination à vivre ensemble.  Appelant les États Membres à s’unir contre la menace du terrorisme et de l’extrémisme, le représentant a paraphrasé le mahatma Gandhi en ces termes: « L’intolérance est en soi une forme de violence et un obstacle au développement d’un réel esprit démocratique ». 

M. JOSÉ FILIPE MORAES CABRAL (Portugal), abordant le projet de résolution sur l’instauration d’une Journée internationale Nelson Mandela, a d’abord présenté Mandela comme un homme qui a combattu toute sa vie pour la justice, la paix et la démocratie et les droits de l’homme et contre toutes les discriminations, qu’elles soient fondées sur la couleur, la religion ou le sexe.  Son combat et son exemple, a-t-il poursuivi, se confondent avec l’histoire contemporaine et servent d’inspiration à tous ceux qui se battent pour un monde meilleur, a-t-il dit.  M. Moraes Cabral a annoncé que son pays venait de décerner à Nelson Mandela le premier prix Geremek pour la promotion de la démocratie.  M. Moraes Cabral a ensuite souligné l’importance des activités de l’Alliance des civilisations, en se félicitant que l’Assemblée générale reconnaisse aujourd’hui cette importance.

M. AUGUSTINE P. MAHIGA (République-Unie de Tanzanie) a déclaré que Nelson Mandela était l’incarnation de la paix et de la réconciliation telle qu’envisagée par les Nations Unies pour mettre fin aux conflits.  Le représentant a rappelé que l’ancien Président sud-africain, qui disait « Je me suis battu contre la domination blanche et je me suis battu contre la domination noire.  J’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle tout le monde vivrait en harmonie et jouirait de l’égalité des chances.  C’est un idéal auquel j’espère consacrer ma vie et si nécessaire, pour lequel je suis prêt à mourir ».  Pendant son incarcération, a poursuivi le représentant, Nelson Mandela a continué à être une source d’inspiration et d’espoir.  Peut-être, a affirmé le représentant, que sa plus grande contribution a été son appel à la réconciliation et à la paix avec ses anciens oppresseurs, à la démocratie et à la coexistence multiraciale en Afrique du Sud.  C’est un exemple qui doit être suivi par la communauté internationale et que les Nations Unies doivent passer aux futures générations en célébrant la Journée internationale Nelson Mandela. 

M. IVAN BARBALIĆ (Bosnie-Herzégovine) a estimé que malgré de franches avancées depuis la fin de la guerre froide, le monde fait face à une montée des tensions sociales, culturelles et religieuses, dont certaines ont tourné en conflit, notamment dans son pays.  La Bosnie-Herzégovine, a-t-il affirmé, fait partie des pays résolus à se libérer des différends du passé et à les surmonter en développant une culture de paix et du dialogue.  La paix est indissociable du dialogue, a insisté le représentant, en jugeant que le défi auquel nous faisons face chaque jour est de remplacer la crainte et le harcèlement par l’acceptation et la tolérance.  La Bosnie-Herzégovine, a-t-il encore affirmé, a réalisé que le dialogue doit être mené sur la base de la démocratie, de l’état de droit, du respect des droits de l’homme et de la dignité de l’individu.  Nous sommes pleinement conscients que sans un dialogue ouvert, il ne peut pas y avoir de réconciliation non plus, a poursuivi le représentant.  Comme tous les autres pays de la région, la Bosnie-Herzégovine a pour objectif d’assurer son intégration dans une Europe unifiée qui porte la promesse d’une stabilité et d’une prospérité débarrassées de tout conflit interreligieux ou interethnique.   

M. HENRY-PAUL NORMANDIN (Canada) a affirmé que son pays avait démontré son engagement envers l’Alliance des civilisations, notamment en coorganisant un colloque sur la gestion des villes multiethniques.  Il a, à son tour, dit que son pays s’est porté coauteur du projet de résolution sur la Journée internationale Nelson Mandela, « un des plus grands hommes d’État de notre temps ».  Il a rappelé qu’il avait obtenu le prix Nobel de la paix pour sa contribution à la paix dans le monde.  Le représentant a aussi rappelé que son pays avait fait de Nelson Mandela un compagnon d’honneur de l’Ordre du Canada en 1998, et en 2001, un citoyen d’honneur du Canada après le consentement unanime du Parlement.  C’est une marque de respect réservé à une poignée de personnes que le Canada tient en haute estime, a précisé le représentant.

M. LAZAROUS KAPAMBWE (Zambie) a rappelé qu’amis, alliés, adversaires et étrangers ont eu quelque chose à dire sur Nelson Mandela.  Certains propos ont été flatteurs et beaucoup d’autres ont été diffamants.  « En tant qu’être humain, Nelson Mandela mérite certainement les deux ».  Mais aujourd’hui, a dit le représentant, nous voulons honorer l’homme et plus important encore, les principes et les idéaux pour lesquels il s’est toujours battu.  Le représentant a cité le courage, la persévérance, la paix, la justice, la réconciliation, la liberté, l’endurance et la dignité humaine.  Nelson Mandela est spécial.  Il est l’une des rares personnes dont tout le monde se réclame.  Il est un « trésor mondial », a conclu le représentant, en se disant fier de s’être porté coauteur du projet de résolution.  

M. NEBOJŠAKALUDJEROVIĆ (Monténégro) a déclaré que l’Alliance pour les civilisations a été déterminante pour engager les gouvernements, la société civile et les organisations internationales à promouvoir le dialogue interculturel et interreligieux et à contrer les divisions, la polarisation et l’extrémisme au sein et entre les sociétés.  Il a jugé important d’intégrer l’Alliance dans les processus régionaux par la création de stratégies régionales, un outil important permettant aux États qui font face à un même défi de comparer leurs approches et de partager leurs informations.  Ma délégation, a-t-il ajouté, se félicite de l’approbation prochaine, au mois de décembre, de la Stratégie régionale pour l’Europe du Sud-Est à l’occasion de la Conférence de Sarajevo.  Le représentant a ensuite indiqué que le Monténégro était un membre « très enthousiaste » du Groupe des Amis de l’Alliance.

M. KHALID K. A. FAQEEH (Arabie saoudite) a estimé que la culture de paix et le dialogue interculturel et interreligieux sont des éléments essentiels dans toute stratégie de partenariat avec les pays étrangers.  C’est le meilleur moyen de régler les conflits sans tensions, a lancé le représentant, avant de déplorer qu’une « minorité » exploite les progrès techniques pour diffuser et promouvoir la haine.  Poursuivant sur le même point, le représentant a estimé que le dialogue entre les peuples dépendait essentiellement des médias et de leur capacité de véhiculer l’image de l’autre.

Il a ensuite présenté les initiatives de son pays en faveur du dialogue, citant notamment le Sommet musulman de la Mecque et la Réunion de haut niveau des Nations, tenue l’année dernière.  Abordant la question religieuse au Moyen-Orient, il s’est dit très préoccupé par la persécution et l’intolérance vis-à-vis de certaines religions.  Nous invitons au dialogue, surtout dans cette partie du monde, où il y a un brassage des trois religions, a-t-il plaidé.  Nous ne devons pas exploiter l’extrémisme et attiser l’affrontement entre les cultures, a-t-il insisté.

M. TAKASHI ASHIKI (Japon) a insisté sur l’importance que son pays accorde au dialogue entre les civilisations, espérant que l’Alliance des civilisations produira des résultats concrets.  Il s’est également félicité de ce que la nouvelle Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, ait promis de poursuivre le partenariat avec l’Alliance, lequel doit produire encore plus de résultats, a plaidé le représentant. 

Mgr CELESTINO MIGLIORE, Observateur permanent du Saint-Siège, a estimé que la question de la religion et de la contribution des religions à la paix et au développement avait refait surface aux Nations Unies ces dernières années car elle était urgente et inévitable pour l’opinion mondiale.  Il y a un siècle et demi, au commencement de la révolution industrielle, la religion était décrite comme « l’opium du peuple ».  Et aujourd’hui dans le contexte de la mondialisation, elle est de plus en plus considérée comme « la vitamine du pauvre ».  Il s’est expliqué en disant que la contribution unique des religions et du dialogue et de la coopération entre elles réside dans leur raison d’être à savoir, « servir la dimension spirituelle et transcendantale de la nature humaine ».  Les religions tendent à élever l’esprit humain, protéger la vie, émanciper le faible, traduire les idéaux en actes, purifier les institutions, contribuer à résoudre les inégalités socioéconomiques, inspirer les dirigeants du monde pour aller au-delà de leur simple devoir, permettre à l’individu d’exploiter son potentiel et inverser les situations de conflit. 

L’observateur a néanmoins reconnu que les religions ont été maintes fois manipulées dans l’histoire.  Récemment, la religion, utilisée à des fins politiques, a été l’objet de débats et de délibérations aux Nations Unies, la plaçant dans le contexte des droits de l’homme, a-t-il remarqué, soulignant par conséquent la nécessité ressentie par tous d’une vision cohérente et d’une approche appropriée. 

Le dialogue interreligieux pour une compréhension mutuelle et la coopération est de plus en plus impératif, a estimé l’observateur, saluant le leadership que l’Église catholique assume depuis 40 ans et rappelant l’initiative récente « Un monde commun entre vous et nous », signée par les représentants de 138 signataires musulmans.  Ce type de dialogue a besoin d’être conduit entre croyants avec une méthodologie propre, a-t-il estimé.  Il a affirmé, en concluant, que la responsabilité première des Nations Unies vis-à-vis de la religion était d’aider les États à garantir pleinement et à tous les niveaux le droit à la liberté de religion, dont la liberté de conscience mais aussi la liberté de pratiquer sa religion sans restriction.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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