Assemblée générale: maître de son destin, l’Afrique ne pourra néanmoins pas réaliser son développement sans le respect des engagements passés

20 octobre 2009
AG/10873

Assemblée générale: maître de son destin, l’Afrique ne pourra néanmoins pas réaliser son développement sans le respect des engagements passés

20/10/2009
Assemblée générale
AG/10873
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale                                         

Soixante-quatrième session                                 

22e et 23e séances plénières – matin et après-midi

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE: MAÎTRE DE SON DESTIN, L’AFRIQUE NE POURRA NÉANMOINS PAS RÉALISER SON DÉVELOPPEMENT SANS LE RESPECT DES ENGAGEMENTS PASSÉS

Personne n’est plus responsable du développement de l’Afrique que les peuples africains eux-mêmes, les États et les institutions africaines, a déclaré aujourd’hui le Groupe des États d’Afrique par la voix du représentant de la Tunisie, lors d’une réunion consacrée à la promotion du développement sur le continent et au Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD), lancé en 2001.  En ayant pour principe l’ancrage du développement du continent sur ses ressources propres, le NEPAD a permis à l’Afrique de prendre pleinement le contrôle de son destin, a souligné le représentant de l’Indonésie.

Toutefois, à l’instar de Singapour qui a évoqué un risque réel que le continent reste à la traîne, la trentaine de délégations qui ont pris la parole, ont demandé des ressources supplémentaires et un respect des engagements pris par les partenaires de développement.  L’Algérie a été parmi celles qui ont réclamé la mise en œuvre de la résolution de l’Assemblée générale relative à la création d’un mécanisme de suivi pour évaluer la mise en œuvre des engagements pris en faveur de l’Afrique, alors que le représentant du Guyana, au nom de la CARICOM, a estimé que l’Afrique était encore loin d’avoir obtenu l’appui nécessaire pour mettre en œuvre le NEPAD, dans l’aide publique au développement (APD), comme dans le transfert de technologie, la réduction de la dette, les investissements étrangers directs (IED) et les négociations commerciales.

Sur ce dernier point, la communauté internationale a été pressée de conclure le Cycle de Doha, afin de permettre à l’Afrique de continuer sur la lancée de la croissance que le continent connaît depuis les années 2000, soit une moyenne annuelle de 5%, malgré l’impact des crises économiques et financières sur son développement.  Il est clair que sans un frein à la grave entorse au libre-échange que constituent les subventions agricoles, les frontières de la pauvreté ne reculeront pas, a notamment dénoncé le représentant du Sénégal.

Le développement de l’Afrique exigeant un renforcement de ses capacités, le représentant de la Chine a promis un appui renouvelé aux pays africains dans le cadre de la coopération Sud-Sud.  Le représentant de l’Inde a pour sa part rappelé que son pays avait porté à 5,4 milliards de dollars la ligne de crédit à titre concessionnel ouverte pour l’Afrique, pendant les cinq prochaines années, et permis l’entrée sans quotas et sans contingentement des produits exportés par les 34 pays les moins avancés (PMA) d’Afrique.

Tout comme les crises financière, économique, alimentaire et énergétique, le paludisme, qui continue de tuer un million de personnes chaque année, avec neuf cas sur dix en Afrique, est un autre obstacle au développement qui sape les progrès réalisés ces dernières années.  Le paludisme est une maladie des pauvres dont l’impact sur le développement socioéconomique est énorme, a dit le représentant de la Tunisie.  Son homologue de l’Éthiopie a estimé le coût de la maladie pour le continent à plus de 10 milliards de dollars par an, celui de la République du Congo à 12 milliards de dollars.

Le représentant des États-Unis a indiqué que l’Afrique consacrait 40% de ses dépenses de santé au paludisme et qu’en s’attaquant à cette maladie, dont les méthodes efficaces de guérison et de prévention sont connues, ces ressources pourraient être utilisées pour lutter contre d’autres maladies particulièrement meurtrières, comme la diarrhée.  Le rapport du Secrétaire général sur le sujet souligne d’ailleurs que la mortalité liée à la maladie a été significativement réduite dans des parties d’Afrique où les niveaux d’intervention ont atteint la couverture ciblée et que, dans certains cas, cette baisse avait même été supérieure à celles prévues.  C’est notamment le cas en Zambie où le nombre de cas a été réduit de 60%.

En tant que plus grand donateur en général, et dans le secteur de la santé en particulier, l’Union européenne (UE), par la voix de la Suède, a promis de continuer à encourager les engagements financiers pour répondre au paludisme, alors que de nombreuses délégations ont estimé que les conséquences dévastatrices de cette calamité appelaient une mobilisation toujours plus large et plus forte de la communauté internationale. 

Enfin, l’instabilité dans certains pays du continent, comme la Somalie, la Guinée, la République démocratique du Congo ou le Soudan, a été évoquée par de nombreuses délégations qui ont souligné que la paix avait besoin du développement pour s’inscrire dans la durée.  Paix, développement et protection des droits de l’homme sont liés entre eux et se renforcent mutuellement, a notamment déclaré le représentant de l’Angola.

L’Assemblée générale poursuivra son débat demain à partir de 10 heures.

NOUVEAU PARTENARIAT POUR LE DÉVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE: PROGRÈS ACCOMPLIS DANS LA MISE EN ŒUVRE ET APPUI INTERNATIONAL; LES CAUSES DES CONFLITS ET LA PROMOTION D’UNE PAIX ET D’UN DÉVELOPPEMENT DURABLES EN AFRIQUE

Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique: septième rapport complet sur les progrès de la mise en œuvre et l’appui international (A/64/204)

Ce rapport explique que ces dernières années, les pays africains ont, avec l’appui de la communauté internationale, pris plusieurs grandes mesures pour mettre en œuvre les priorités sectorielles du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) et se donner de meilleures chances d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement.

Il indique que, malgré la crise financière et économique mondiale et sa nocivité, des progrès ont été accomplis dans la mise en œuvre du NEPAD.  Le grand problème actuel pour les pays africains est de faire en sorte que la crise financière, aggravée par la crise alimentaire et énergétique latente, n’efface pas les progrès réalisés, et d’éviter aux groupes les plus vulnérables d’être encore plus éprouvés.  Face à la crise, la coopération internationale au développement s’impose donc.  Le rapport invite les partenaires internationaux du développement, y compris l’ONU, à agir de concert et d’urgence pour atténuer l’effet socioéconomique de la crise et aider les pays africains à remonter la pente vers la mise en œuvre du NEPAD et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.

Il engage les donateurs à tenir leurs engagements d’aide car la crise a rendu plus nécessaire d’accélérer l’exécution des grands programmes de développement socioéconomique.  Pour permettre à l’Afrique de maintenir son rythme de croissance et faciliter l’exécution des projets du NEPAD, les partenaires du développement devraient prendre des mesures pour faire aboutir les négociations commerciales du Cycle de Doha.

La section II du rapport met l’accent sur les progrès des pays africains dans la réalisation des priorités sectorielles du NEPAD.  La section III illustre le concours de la communauté internationale au développement de l’Afrique.  La section IV porte sur l’appui du système des Nations Unies et la section V présente les conclusions et recommandations.

Les besoins de développement de l’Afrique: état de la mise en œuvre des divers engagements, défis et perspectives ( A/64/208)

Le rapport mesure les effets qu’ont sur le développement les crises dans lesquelles l’Afrique se trouve précipitée: crise économique et financière, crise alimentaire, changements climatiques et crise de l’énergie. Il examine également les principaux engagements pris par les États africains et les institutions africaines, les partenaires de développement et les Nations Unies, en faveur du développement du continent, et leur état d’avancement. L’accent est mis sur les engagements pris dans les domaines de la croissance économique durable, du développement humain, de la gouvernance et de la sécurité, de l’aide publique au développement, de l’allègement de la dette, de la libéralisation des échanges et de l’aide au commerce. Le rapport passe en revue les différentes instances de surveillance et souligne que le suivi est indispensable si l’on souhaite atteindre les objectifs internationaux.

Il parvient au constat que les crises sont survenues à un moment où les pays africains connaissent une remarquable croissance économique. L’année 2008 a donc été marquée par un ralentissement en Afrique dans des secteurs clés tels que la croissance économique, le développement agricole et l’élimination de la pauvreté, ainsi qu’en ce qui concerne nombre d’autres indicateurs du développement humain.

Application des recommandations formulées par le Secrétaire général dans son rapport sur les causes des conflits et la promotion d’une paix et d’un développement durables en Afrique ( A/64/210)

Ce rapport relate les progrès accomplis dans l’application des recommandations contenues dans le rapport du Secrétaire général sur les causes des conflits et la promotion d’une paix et d’un développement durables en Afrique (A/52/871-S/1998/318).  Les recommandations relatives aux moyens d’aborder les facteurs économiques et sociaux qui sont susceptibles de concourir au développement durable sont traitées dans le rapport parallèle du Secrétaire général sur la mise en œuvre du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (A/64/204) qui doit être lu avec le présent rapport.

Le rapport offre un bref aperçu des principaux faits nouveaux survenus en Afrique au cours de l’année écoulée concernant la paix et la sécurité et présente les graves problèmes que l’Afrique et la communauté internationale cherchent à résoudre pour rétablir et préserver la paix et relever les pays dévastés par un conflit.  Il examine également les progrès réalisés en ce qui concerne le renforcement des capacités et l’intensification de la coopération avec l’Union africaine et les organisations sous-régionales et fait le point sur l’appui des Nations Unies à la défense et à la promotion des droits de l’homme en Afrique.  En conclusion, en attendant l’examen détaillé des recommandations formulées dans le rapport de 1998 et des nouveaux obstacles à une paix et un développement durables demandé par l’Assemblée générale, la communauté internationale doit, plus que jamais, redoubler d’efforts en Afrique et faire en sorte que les engagements pris soient concrétisés.

2001/2010: Décennie pour faire reculer le paludisme dans les pays en développement, particulièrement en Afrique

Note du Secrétaire généra sur la Décennie (A/64/302)

Ce rapport souligne les progrès obtenus dans la réalisation des objectifs fixés pour 2010 en vue de faire reculer le paludisme.  Il se fonde sur les données recueillies pour le rapport mondial sur le paludisme de 2009, qui sera publié par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à la fin octobre 2009.  Le rapport présente également les conclusions et les recommandations à soumettre à la considération de l’Assemblée générale.

Le rapport rappelle qu’une lutte agressive contre le paludisme influence nettement le taux de mortalité infantile, toutes causes confondues.  D’importantes réductions dans la mortalité ont à présent été démontrées dans des parties d’Afrique où les niveaux d’intervention ont atteint la couverture ciblée.  Néanmoins, le paludisme continue de tuer environ un million de personnes par an. 

La maladie est considérée endémique dans 109 pays, dont 42 sont situés dans la région africaine de l’OMS.  Les pays participant à l’Assemblée mondiale de la santé et les partenaires de Faire reculer le paludisme se sont fixés le but de réduire la morbidité et la mortalité dues à cette maladie d’au moins 50% d’ici la fin 2010, par rapport à l’an 2000, et d’au moins 75% d’ici à 2015.  En septembre 2008, le partenariat Faire reculer le paludisme a lancé son Plan d’action mondial contre le paludisme, qui s’aligne sur les meilleures approches techniques recommandées par l’OMS.

Une analyse préliminaire porte à penser que, en 2008, la cible de 2010 était déjà atteinte, ou presque, dans 5 pays africains à savoir l’Érythrée, la Gambie, le Rwanda, São Tomé-et-Principe, la Zambie et à Zanzibar, en République-Unie de Tanzanie.

Toutefois, le financement et les produits de base destinés à la lutte contre le paludisme ont à nouveau augmenté en 2007 et en 2008, par rapport à la période 2000/2006.  Il manque encore environ 250 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide de longue durée pour atteindre l’objectif de couverture universelle fixé pour la fin 2010.

La passation de marchés pour des médicaments antipaludiques destinés au secteur public a également augmenté à nouveau en 2008 par rapport à 2006/2007.  Par ailleurs, le rapport souligne que tant la résistance des parasites aux médicaments antipaludiques que la résistance des moustiques aux insecticides sont des menaces majeures à l’encontre des objectifs ciblés par la lutte mondiale contre le paludisme.  L’utilisation continue d’une monothérapie à base d’artémisinine est un des principaux facteurs contribuant à la résistance des parasites.

Pour atteindre les objectifs ciblés de 2010 par le partenariat de l’Assemblée mondiale de la santé et de Faire reculer le paludisme, les interventions relatives au paludisme doivent viser toutes les personnes au lieu de viser uniquement les enfants et les femmes enceintes.  Presque l’ensemble du million de décès annuels dus au paludisme pourrait être évité grâce à une application universelle des outils existants.

Débat général

M. ALI ABDUSSALAM TREKI, Président de l’Assemblée générale, a rappelé que le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), créé en 2001, constitue la vision de la revitalisation du développement de l’Afrique.  Estimant nécessaire de renforcer l’engagement en faveur de cette vision, il a jugé encourageants les progrès dans la mise en œuvre des différentes composantes du programme d’infrastructures du NEPAD.  S’agissant du climat, a-t-il aussi relevé, les ministres africains des affaires étrangères ont adopté une plate-forme commune pour les négociations menées en prévision de la Conférence de Copenhague en décembre 2009.

Le Président a aussi salué les efforts faits dans le cadre de l’Alliance contre le paludisme.  Dans un sentiment d’urgence renforcé par des actions concrètes, il est fondamental, a conclu le Président, de créer un environnement propice aux investissements et à une croissance économique à long terme en Afrique.  Il a dit attendre beaucoup de la réunion de haut niveau prévue en septembre 2010. 

M. ANDERS LIDÉN (Suède) a, au nom de l’Union européenne (UE), souligné que l’Afrique était un partenaire majeur de l’Union européenne et qu’il y avait des raisons d’être optimiste quant au développement de l’Afrique, malgré des défis non encore résolus et la crise financière internationale.  Les domaines de la paix, des libertés politiques et de la croissance économique ont progressé depuis les dernières années, a-t-il poursuivi, tout en reconnaissant que le continent avait été très affecté par le ralentissement économique mondial et qu’il porte un fardeau particulièrement lourd lorsqu’il s’agit de la sécurité alimentaire et des changements climatiques.

Le représentant s’est félicité de ce que l’Union africaine soit devenu un acteur régional indispensable, en sept ans seulement, et que la coopération régionale ait gagné en vivacité en Afrique.  Soulignant la pertinence du Partenariat stratégique Afrique-Europe, le représentant a estimé que le but doit être de passer de l’aide à la coopération et au commerce aussi vite que possible.  La promotion de la gouvernance démocratique et le respect des droits de l’homme sont également des composantes clefs de ce Partenariat, a-t-il tenu à réaffirmer. 

Le représentant a également réaffirmé l’objectif de l’Union européenne qui est de consacrer 0,56% de son PIB à l’aide publique au développement (APD) dès l’année prochaine et 0,7% d’ici à 2015.  Sur ces augmentations, 50% au moins iront à l’Afrique, a-t-il annoncé.  S’agissant du commerce, il a affirmé que l’Union européenne a jugé prioritaire de finaliser les négociations du Cycle de Doha, dès l’année prochaine.  Abordant la question de la santé, M. Lidén l’a présentée comme un des défis les plus importants de l’Afrique.  En tant que plus grand donateur en général, et dans le secteur de la santé, en particulier, l’Union européenne, a promis le représentant, continuera à encourager les engagements financiers pour répondre au paludisme.  L’Union européenne travaille avec les gouvernements africains pour les aider à respecter leur engagement de consacrer 15% de leur budget à la santé, conformément à la Déclaration d’Abuja de 2001, a insisté le représentant.

Venant pour finir aux questions de la paix et de la sécurité en Afrique, le représentant a réitéré l’appui de l’Union européenne aux efforts de l’Union africaine, en attirant l’attention sur la Stratégie conjointe Union européenne-Afrique de Lisbonne.  Dans le cadre de la Facilité pour la paix en Afrique, l’Union européenne a promis une contribution supplémentaire de 300 millions d’euros pour la période allant de 2008 à 2010.  L’Union européenne a en outre quatre missions déployées en Afrique dans le cadre de sa politique pour la sécurité et la défense, a encore dit le représentant.

M. MOHAMED SHARIF (Soudan), qui intervenait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a déclaré que le NEPAD avait permis aux pays africains de changer de manière fondamentale leur paradigme de développement .  L’approche « étroite » du Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) s’est élargie, s’est-il félicité, pour devenir une approche globale et holistique menée par un leadership proprement africain.  Ces efforts nécessitent un environnement national et international propice à la croissance et au développement. Or, l’Afrique est toujours loin d’avoir reçu l’appui nécessaire dans le cadre du NEPAD, a regretté le représentant. 

Le représentant soudanais s’est ensuite félicité des progrès accomplis par l’Union africaine dans le domaine de la prévention de conflits même s’il a souligné que le développement était la meilleure façon de promouvoir la paix.  Le représentant a donc souligné que le développement durable de l’Afrique exige l’annulation de la dette non viable par les donateurs bilatéraux et multilatéraux.  Pour atteindre l’objectif de 2015 en matière de réduction de la pauvreté, l’Afrique doit assurer une croissance de 7 à 8% par an.  Or, ces taux élevés requièrent un certain nombre de mesures de mobilisation de ressources extérieures, a insisté le représentant.

Venant aux pandémies de VIH/sida et de paludisme, le représentant a engagé la communauté internationale à continuer d’appuyer le Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme et à faciliter le plein accès aux moustiquaires imprégnées d’insecticide, ainsi qu’aux pulvérisations intradomiciliaires et aux traitements thérapeutiques. Rappelant par ailleurs que les pays africains étaient gravement frappés par les crises alimentaire et énergétique, ainsi que par les changements climatiques, il a appelé à la finalisation du Cycle de négociations de Doha et à l’augmentation de l’aide publique au développement (APD). 

M. GHAZI JOMAA (Tunisie), au nom du Groupe des États d’Afrique, a rappelé que les rapports du Secrétaire général montraient bien que les effets combinés des crises économique, financière et alimentaire, des changements climatiques et des prix de l’énergie, avaient sapé les avancées en matière de réduction de la pauvreté.  La communauté internationale, y compris les Nations Unies doivent initier, de manière urgente, des actions concertées pour atténuer les effets des crises sur les pays africains et tenir leurs engagements en matière d’aide, a-t-il déclaré, rappelant aussi les engagements dans le domaine des investissements étrangers directs (IED) et de transfert de technologie ainsi que la détermination à finaliser les négociations commerciales du Cycle de Doha.  La pleine mise en œuvre de l’initiative « Aide pour le commerce » est nécessaire dans les pays africains pour qu’ils puissent appliquer et profiter des accords de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a insisté le représentant. 

Les partenaires du développement doivent également, a poursuivi le représentant, traiter des effets des changements climatiques, en investissant dans les programmes d’atténuation et d’adaptation, et tenir compte des besoins de l’Afrique dans les négociations menées en prévision de la Conférence de Copenhague.  L’échec des pays africains à atteindre leurs objectifs budgétaires en matière d’agriculture et de santé montre dans quels secteurs les partenaires du développement doivent travailler avec l’Afrique, a-t-il estimé.

Le représentant a assuré que le continent africain explorait les moyens de restaurer et de consolider la paix et la stabilité, estimant que la situation dans de nombreuses régions instables s’était améliorée.  Ceci a été en partie possible grâce aux transformations de l’architecture de sécurité de l’Union africaine, à une meilleure coopération de cette dernière avec les Nations Unies et à l’établissement d’une Commission de consolidation de la paix.  Garantir le développement économique et social est le meilleur moyen de prévenir les conflits en Afrique, a-t-il déclaré, assurant que le continent était conscient du besoin de renforcer la gouvernance démocratique, le respect des droits de l’homme et l’état de droit.  À cette fin, le Mécanisme d’examen par les pairs, auquel 30 pays se sont joints, permet des approches novatrices, a-t-il assuré.

Abordant la question du paludisme, M. Jomaa s’est réjoui de l’augmentation des fonds pour la lutte contre ce fléau, les Africains, a-t-il dit, sont résolus à travailler sans relâche pour faire de l’Afrique une zone de partenariat actif et établir les conditions favorables à la paix et au développement durables, a-t-il assuré.  La tâche prioritaire doit être d’obtenir de toutes les parties prenantes le respect de leurs engagements en faveur de l’Afrique.

M. NORACHIT SINHASENI (Thaïlande), qui intervenait au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), s’est félicité des progrès accomplis par les pays africains pour mettre en œuvre les priorités sectorielles du NEPAD.  L’ANASE, a-t-il ajouté, estime qu’il est important de rappeler à toutes les parties que l’actuelle crise économique et financière a un « visage humain ».  M. Sinhaseni a estimé que la coopération Sud-Sud et le partenariat tripartite pouvaient positivement compléter la coopération Nord-Sud.  Il a argué que, bien souvent, les pays en développement sont mieux à même de se comprendre entre eux et de partager leurs expériences sur les défis et les succès qu’ils ont connus dans leurs efforts de développement.

Nous sommes convaincus, a-t-il insisté, que l’aide au développement et les partenariats doivent viser à émanciper les pays africains en libérant leur potentiel sur la base de leurs avantages comparatifs, leurs priorités nationales et l’appropriation nationale.  Aujourd’hui, a-t-il rappelé, de nombreux pays de l’ANASE travaillent avec leurs partenaires africains dans des domaines aussi divers que le renforcement des capacités humaines et institutionnelles, la santé publique et le développement agricole.  Il s’est par ailleurs félicité des progrès réalisés dans le cadre du Nouveau Partenariat stratégique Afrique-Asie. 

Tout en espérant la bonne conclusion des pourparlers de Doha, M. Sinhaseni a estimé, à l’instar des conclusions du rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), que l’Afrique profiterait énormément d’un commerce interrégional renforcé, ainsi que de l’intégration et de l’harmonisation en termes d’infrastructures et de politiques commerciales.  En conclusion, le représentant a souhaité que les relations entre l’Asie et l’Afrique aillent au-delà des relations entre gouvernements.  Il a plaidé pour la multiplication des programmes éducatifs, commerciaux et culturels pour assurer des partenariats et des amitiés durables.

M. SHASHI THAROOR, Secrétaire d’État aux affaires extérieures de l’Inde, a rappelé les liens historiques entre son pays et l’Afrique, lesquels sont devenus un partenariat durable et soutenu.  L’Inde est pleinement engagée à travailler avec l’Afrique, conformément aux priorités de cette dernière, notamment dans le développement des infrastructures, l’agriculture, la santé, l’alimentation et la technologie.  Le premier Sommet Inde-Afrique en avril 2008 a été une étape importante de l’engagement de l’Inde avec l’Afrique, a souligné le Secrétaire d’État, en rappelant qu’à cette occasion, son pays a décidé de porter à 5,4 milliards de dollars la ligne de crédit à titre concessionnel ouverte pour l’Afrique, pendant les cinq prochaines années. 

Le Secrétaire d’État a aussi rappelé qu’au cours des cinq prochaines années, son pays va consacrer une somme de 500 millions de dollars à des programmes de bourses.  Le d’e-réseau panafricain, qui vise à réduire la fracture numérique est un autre exemple de la volonté de l’Inde d’aider l’Afrique à développer ses capacités, a-t-il ajouté.  L’Inde s’est engagée activement en faveur du NEPAD, a-t-il poursuivi, en rappelant là aussi que son gouvernement a annoncé une ligne de crédit de 300 millions de dollars qui s’ajoutent aux 200 millions accordés en 2002. 

En outre, le secteur privé indien a accru ses investissements en Afrique, faisant passer le commerce indo-africain à plus de 36 milliards de dollars entre 2008 et 2009.  Le Secrétaire d’État a souligné que son pays a pris la décision unilatérale de permettre l’entrée sans quota et sans contingentement des produits exportés par 34 pays les moins avancés (PMA) d’Afrique. 

Un autre facteur important du développement est la paix, a-t-il rappelé, indiquant que l’Inde avait actuellement 7 000 soldats de la paix sur le terrain en Afrique, dont 5 000 en République démocratique du Congo (RDC).  Le pays est également membre fondateur de la Commission de consolidation de la paix.

S’agissant de la lutte contre le paludisme, le Secrétaire d’État a rappelé que le Cadre de coopération Afrique-Inde de 2008 prévoit des programmes de renforcement des capacités des spécialistes dans le domaine de la santé.

M. GEORGES TALBOT (Guyana), s’exprimant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a plaidé auprès de la communauté internationale pour qu’elle respecte ses engagements en faveur de l’Afrique.  L’inadéquation des moyens, a-t-il estimé, est le principal obstacle au développement de l’Afrique.  Les progrès réalisés en Afrique seront un baromètre important des OMD, a-t-il souligné.  L’APD, l’investissement étranger direct (IED) et le commerce sont les clefs de la croissance en Afrique, a estimé le représentant.  La question de la dette doit également être traitée de manière cohérente, a-t-il poursuivi, en jugeant, par ailleurs, que le manque manifeste de progrès dans le Cycle de Doha réduit les perspectives de développement de l’Afrique.  Le représentant a également mis l’accent sur la nécessité d’aider l’Afrique à développer son secteur agricole.  

La CARICOM, a-t-il conclu, est fière de s’être jointe à l’Afrique et à d’autres dans le projet lié à la création d’un mémorial permanent pour les victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique.  Nous continuerons, a-t-il dit, à travailler avec « nos frères africains » pour renforcer les mécanismes institutionnels de la coopération entre nos deux régions, la consolidation de nos relations de longue date et l’établissement de liens productifs dans les domaines économiques, sociaux et culturels, a insisté le représentant.  

M. TONNY LOH (Singapour) a, à son tour, souligné que l’APD, l’IED et le commerce sont les moteurs de la croissance économique de l’Afrique.  Il a donc rappelé qu’il y a deux semaines, une forte délégation de son pays, conduite par le Ministre du commerce et de l’industrie s’est rendue au Nigéria, en Afrique du Sud et au Ghana.  Il a chiffré à 36 milliards de dollars, le montant des investissements de son pays en Afrique, en 2007, soit une augmentation annuelle de 146% au cours des 22 dernières années.  En plus des IED, a ajouté le représentant, Singapour fournit une assistance technique à de nombreux pays africains.  Le représentant a indiqué que son pays vient d’accueillir un groupe de haut niveau de 35 décideurs politiques du Ghana, du Mozambique, du Nigéria, du Rwanda et de la Tanzanie pour la troisième visite de travail Sud-Sud sur le thème « Compétences et connaissances pour un développement durable en Afrique ».  En conclusion le représentant a estimé que le NEPAD devait continuer à être dirigé par les Africains eux-mêmes mais a, dans le même temps, invité la communauté internationale à appuyer les efforts de développement durable de l’Afrique. 

M. LIU ZHENMIN (Chine) a déclaré que la communauté internationale se devait de prendre au sérieux les préoccupations de l’Afrique, de respecter ses positions et d’appuyer ses demandes.  Il a signalé que l’impact des crises financière, alimentaire et énergétique, de même que les changements climatiques, présentaient un défi « sans précédent » pour le développement de l’Afrique.  Il a appelé la communauté internationale à agir immédiatement afin d’atténuer l’effet de ces crises sur le continent africain, ainsi que pour l’aider à mettre en œuvre le NEPAD et à réaliser les OMD.

Le représentant de la Chine a notamment engagé les pays développés à respecter leur engagement de consacrer 0,7% de leur PIB à l’APD, avant de proposer la création par les institutions financières internationales, d’un nouveau mécanisme capable de débloquer une aide rapide, efficace et sans conditionnalités.  M. Liu a également insisté sur l’importance de respecter le droit des pays africains à déterminer leur mode de développement, estimant que la communauté internationale devait avoir confiance en « la sagesse » des gouvernements et peuples africains. 

Il a estimé que la coopération Sud-Sud complétait de façon utile la coopération Nord-Sud et s’était avérée être un moteur efficace pour le développement économique de l’Afrique.  Il a engagé la communauté internationale à appuyer le renforcement des capacités du continent africain et à l’aider à s’intégrer davantage au commerce international.  Le représentant de la Chine a également estimé que les institutions internationales financières devaient intensifier leur appui à l’Afrique.

Relevant par ailleurs que les conflits armés entravaient le développement de l’Afrique et y aggravaient la pauvreté, M. Liu a dit appuyer les efforts déployés par l’ONU et l’Union africaine en matière de règlement des conflits.  Il s’est ensuite attardé sur « l’amitié traditionnelle » entre les peuples d’Afrique et de Chine.  Il a expliqué que la Chine accordait une attention particulière au renforcement de la coopération sino-africaine dans le secteur agricole, les infrastructures, la formation des ressources humaines et la santé publique.  Il a également annoncé qu’à la fin du premier trimestre de 2009, la Chine avait annulé la dette de 32 pays africains.  De plus, a-t-il ajouté, en 2008, la Chine a importé l’équivalent de 56 milliards de dollars de produits africains, soit une augmentation de 54% par rapport à 2007.

M. MESFIN MIDEKSSA (Éthiopie) a rappelé que depuis 2000, l’Afrique a connu une croissance réelle de plus de 5% et a réussi à maintenir l’inflation à un taux à un chiffre. Il a également salué la baisse du nombre des conflits armés et les améliorations en matière de gouvernance.  Toutefois, a-t-il rappelé, les prix élevés des produits pétroliers et alimentaires et la crise économique qui a suivi mettent en péril les progrès.  Les conséquences de cette crise devaient être moins graves sur les économies africaines mais les taux de croissance ont baissé, s’est-il inquiété, notamment en raison de la perte d’emplois et de la réduction des flux de capitaux vers l’Afrique. 

La crise a exposé les faiblesses de l’économie mondiale qui va rentrer sans doute dans une période de moindre croissance, rendant nécessaire la revitalisation du NEPAD, a estimé M. Midekssa.  La crise est due aux échecs en matière de réglementation du système financier actuel, a-t-il estimé, en jugeant qu’une conclusion rapide du Cycle de Doha doit compléter les changements nécessaires au système financier actuel.  Il a également rappelé que le paludisme coûtait plus de 10 milliards de dollars par an au continent africain.  Conscient de l’impact de la maladie, le Gouvernement éthiopien, a-t-il affirmé, a lancé un plan national qui a déjà enregistré un succès « remarquable » comme en atteste la baisse du nombre de morts.  Mais, a prévenu le représentant, la coopération des partenaires et des donateurs est toujours fondamentale.  

M. MAGED ABDELAZIZ (Égypte) a estimé que le document final du prochain Sommet sur les OMD, prévu en 2010, devait comprendre un segment sur un examen précis et détaillé du développement de l’Afrique et les moyens de surmonter les obstacles en la matière.  Les actions doivent partir de deux postulats, a-t-il dit, en citant d’abord la mise en œuvre immédiate et complète des engagements pris en faveur de l’Afrique dont ceux du G-8 et du G-20.  Il a ensuite cité le versement de ressources nouvelles et additionnelles pour alléger le fardeau imposé aux budgets nationaux par les différentes crises qui frappent le monde actuel. 

Le représentant a aussi estimé que le système financier et économique international doit être réformé de façon à mettre un terme à la marginalisation du continent africain et à renforcer sa voix dans les processus de prise de décisions.  Il a par ailleurs plaidé pour l’élargissement de la composition du G-20 pour le rendre plus représentatif du continent africain.  Après s’être félicité de la création du Mécanisme d'examen par les pairs dans le cadre du NEPAD, le représentant de l’Égypte a rappelé aux partenaires du développement que, eux, n’ont pas respecté leurs engagements en faveur du continent africain. 

Il a donc jugé important d’obtenir, avant la fin de la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale, un consensus international sur la création d’un mécanisme de suivi intergouvernemental qui permettrait d’évaluer la mise en œuvre de tous les engagements pris en faveur du développement de l’Afrique.

Après avoir fait part de l’appui qu’accorde l’Égypte aux opérations de maintien de la paix de l’ONU et de l’Union africaine, le représentant a souligné l’importance d’améliorer la prévisibilité et la disponibilité du financement des opérations de l’Union africaine établies sous mandat de l’ONU.  Il a dit attendre avec intérêt les discussions sur le rapport que le Secrétaire général doit présenter sur la question.  Il a aussi dit attendre avec impatience l’examen du travail de la Commission de consolidation de la paix qui suivra celui du Fonds pour la consolidation de la paix. 

Passant ensuite au problème du paludisme, le représentant a appuyé l’octroi du statut d’observateur au Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, comme moyen de renforcer les relations entre l’ONU et le secteur privé dans ce domaine.  M. Abdelaziz a également estimé impératif de résoudre la question des droits de propriété intellectuelle liés au commerce des médicaments et des vaccins antipaludéens en circulation ou en fabrication. 

M. HASAN KLEIB (Indonésie) a souligné que bien que le continent africain soit loin de l’épicentre de la crise économique et financière, les conséquences de cette dernière n’ont fait qu’ajouter à ses difficultés, a-t-il estimé, s’inquiétant notamment de l’insécurité alimentaire et des effets des changements climatiques.  La combinaison de tous ces défis fait que les progrès vers la réalisation des OMD ont été ralentis, et des mesures urgentes qui prennent en compte les liens entre ces différentes crises sont nécessaires à court et à long termes, a-t-il ajouté.  À cet égard, il a salué le lancement du Programme global sur le développement agricole en Afrique.  Le représentant a aussi plaidé pour la finalisation à Copenhague d’un accord ambitieux sur l’adaptation aux changements climatiques.

Il a fait part de l’engagement de son pays à développer les partenariats entre l’Asie et l’Afrique et à mettre en œuvre les priorités définies dans le Nouveau Partenariat stratégique Asie-Afrique (NAASP) de 2005.  Il a dit attendre avec intérêt le deuxième Sommet Afrique-Asie qui se tiendra en Afrique du Sud, l’année prochaine.  Il a aussi rappelé que son pays est l’hôte du Centre de formation du Mouvement des pays non alignés.

M. PAUL BADJI (Sénégal) a souligné, après avoir donné des chiffres, que l’on imagine aisément l’étendue de la tâche de l’Afrique, surtout à la lumière d’obstacles « quasi insurmontables » comme l’absence d’issue dans les négociations commerciales de Doha, le poids « croulant » de la dette et les fluctuations « injustifiables » du prix du pétrole.  Saluant les différentes initiatives comme celles de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et du G-2O, M. Badji a tout d’abord souligné que le déficit de soutien international reste réel mais, a-t-il ajouté, il n’est pas le seul obstacle au décollage économique de l’Afrique. 

Il a ainsi pointé le doigt sur le manque d’intégration des priorités du NEPAD dans les interventions du système des Nations Unies.  Le représentant a apporté son soutien aux recommandations du Secrétaire général concernant l’application de politiques d’emprunt prudentes et de renforcement de la capacité de gestion de la dette extérieure; et le Dispositif mondial d’alerte vulnérabilités et impacts pour réagir aux crises de façon coordonnée.  S’agissant du paludisme, il a appelé la communauté internationale à soutenir les efforts africains à travers une mobilisation des ressources et la mise en œuvre renforcée des « Initiatives à effet rapide » convenues lors du Sommet mondial de 2005.

M. GERALD SCOTT (États-Unis) a rappelé que son pays était attaché à la lutte contre le paludisme, une composante clef de la stratégie américaine de soutien au développement.  L’assistance du Gouvernement américain a permis d’obtenir des améliorations sans précédent dans la santé publique, a-t-il déclaré, rappelant que le Président Barack Obama, avait annoncé qu’une attention croissante allait être accordée à l’amélioration des systèmes de santé dans le monde.  Le paludisme cause de nombreux décès, nuit gravement à la productivité de tous les groupes d’âge des pays et représente un poids sur les familles et les systèmes de santé africains. 

Un taux de 40% des dépenses de santé lui est consacré en Afrique, a souligné le représentant, en se félicitant de ce que sur trois ans, les États-Unis aient pu toucher 32 millions de personnes, ce qui a permis de réduire ce fardeau sur les systèmes de santé nationaux.  Notre assistance permet que des ressources essentielles puissent être réaffectées à la lutte contre d’autres maladies, comme la diarrhée, a souligné le représentant.  Même si le Gouvernement américain a lancé plusieurs programmes contre le paludisme, l’accent mis actuellement sur cette question et l’ampleur du financement qui lui est consacré, soit 1,2 milliard de dollars, est sans précédent, a insisté le représentant.

M. NÚÑEZ MOSQUERA (Cuba) a relevé les liens historiques entre l’Afrique et Cuba.  Les plus profondes convictions internationalistes de la Révolution cubaine ont permis à Cuba de toujours se mettre aux côtés de l’Afrique, a-t-il lancé.  Aujourd’hui plus de 2 400 collaborateurs cubains fournissent des services dans 35 nations africaines dans des domaines aussi divers que la santé, l’éducation, l’agriculture ou la construction.  En outre, plus de 1 120 médecins et techniciens de santé cubains travaillent auprès d’une population de 48 millions d’âmes dans 23 pays africains.  Par ailleurs, plus de 2 200 jeunes de 45 pays africains étudient à Cuba et à ce jour, 32 000 étudiants sont titulaires d’un diplôme cubain. 

Le développement de l’Afrique ne viendra pas des lamentations rhétoriques des puissants ou en réexaminant indéfiniment les statistiques sur telle ou telle situation, a prévenu le représentant.  Inévitablement, a-t-il dit, le système international actuel qui plonge 80% de la population mondiale dans la pauvreté pour que les 20% de riches puissent piller les ressources naturelles doit changer.  Dans ce même système, les pays africains sont priés de dépenser, pour rembourser leur dette, cinq fois plus de ressources que dans la santé ou l’éducation, a ajouté le représentant.  Ce même système, a-t-il accusé, fait que les multinationales luttent pour le contrôle des ressources minières africaines alors que les pays riches ne veulent pas toujours respecter les modestes engagements qu’ils ont pris en matière d’APD et que le régime injuste de patentes et du commerce fait obstacle au développement de l’Afrique.  Pour résoudre les problèmes de l’Afrique, il faut se débarrasser de la philosophie du profit à tout prix qui sous-tend l’ordre international actuel, a préconisé le représentant.  Nous ne voulons pas du paternalisme en Afrique mais nous réclamons l’égalité des chances, a-t-il précisé, en arguant que l’Afrique mérite d’abord et avant tout solidarité et respect. 

M. SHIGEKI SUMI (Japon) a déclaré que le développement de l’Afrique était une des priorités les plus urgentes pour la communauté internationale et l’ONU.  Il a expliqué qu’en mai 2008, lors de la quatrième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD IV), le Japon s’était engagé à doubler son APD à l’Afrique, et à fournir jusqu’à 4 milliards de dollars en prêts à titre concessionnel, entre autres.  Il a également signalé que le Japon avait mis en place un mécanisme de suivi pour le Plan d’action de Yokohama, et que l’Agence japonaise de coopération internationale avait créé une Coalition pour le développement du riz en Afrique en partenariat avec l’Alliance pour une révolution verte en Afrique. 

De plus, a-t-il ajouté, le Japon a organisé pendant le débat général un évènement consacré à la « Promotion des investissements internationaux responsables dans l’agriculture ».  M. Sumi a expliqué que son pays cherchait à promouvoir les partenariats entre les secteurs public et privé de manière à améliorer les investissements en Afrique.  Il a notamment évoqué la création, au mois d’avril, par la Banque japonaise pour la coopération internationale, d’une facilité pour les investissements en Afrique, ainsi que la tenue, en Ouganda, de la cinquième édition du Forum sur le commerce entre l’Asie et l’Afrique.

Le représentant a poursuivi en affirmant que les principes du NEPAD étaient essentiels pour la promotion du développement durable en Afrique, avant de souligner la nécessité de tenir compte du concept de sécurité humaine.

M. JOHN MCNEE (Canada) a déclaré que son pays avait tenu son engagement du G-8 consistant à doubler l’aide versée à l’Afrique depuis 2003/2004, qui est passée à 2,1 milliards de dollars.  De plus, le Canada a réaffirmé son engagement à doubler son aide internationale d’ici à 2010/2011 par rapport aux niveaux de 2001/2002.  Ces initiatives feront grimper l’aide internationale du Canada à environ 5 milliards de dollars au total, a-t-il souligné. 

En outre, a-t-il annoncé, le Canada fera plus que doubler son investissement en matière de sécurité alimentaire et augmentera ses fonds de 600 millions de dollars sur trois ans, portant ainsi la somme à 1,18 milliards de dollars.  Le Canada, a encore dit le représentant, a complètement délié le budget de l’aide alimentaire et s’est engagé à faire de même avec l’aide bilatérale d’ici à 2013.  En réponse aux prévisions de la Banque africaine de développement (BAD), le Canada a pris une initiative pour accroître la capacité de crédit de la Banque d’environ 2,6 milliards de dollars en prêts supplémentaires.

Le représentant a estimé que l’expansion du secteur privé constituait un volet non négligeable du développement.  Plus de 290 entreprises canadiennes sont exploitées dans au moins 36 pays africains, faisant ainsi du Canada le plus important investisseur étranger non africain dans l’industrie minière en Afrique avec des avoirs cumulés de plus de 20 milliards de dollars.  Le Canada encourage fortement les entreprises canadiennes à respecter des normes élevées en matière de responsabilité sociale, a affirmé le représentant

M. Mcnee a ensuite signalé que sa délégation considérait le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs comme un élément essentiel à la réussite d’ensemble du développement de l’Afrique.  Le Canada a ainsi versé près de 6 millions de dollars au Fonds d’affectation spéciale du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Passant au paludisme, le représentant a signalé que son pays s’était engagé à verser 450 millions de dollars supplémentaires sur trois ans au Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, faisant ainsi grimper le total des contributions à 978,4 millions de dollars.  Par ailleurs, les deux programmes de l’Agence canadienne de développement international permettront, a affirmé le représentant, de sauver plus de 250 000 vies.

Venant à la question de la paix, il a rappelé que depuis 2006, son pays a versé plus de 647 millions de dollars pour soutenir les objectifs pacifiques et humanitaires au Soudan.  Depuis la même date, le Canada a débloqué une somme de 98 millions de dollars pour l’aide humanitaire et au développement en République démocratique du Congo (RDC).  Il en va de même pour la Somalie où le Canada a versé 65 millions de dollars pour l’aide humanitaire et compte déployer une fois de plus un navire militaire dans la région, en novembre, pour une période de service de six mois.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a déclaré que la crise économique avait mis en péril le développement de l’Afrique, avant de réclamer la mise en œuvre des politiques d’appui au continent.  Il a rappelé que la Fédération de Russie avait alloué 50 millions de dollars au Fonds d’affectation spéciale pour les mesures spéciales.  Il faut, a-t-il préconisé, réorienter les efforts nationaux et internationaux pour assurer à l’Afrique un développement économique à long terme et fournir un appui social aux couches les plus vulnérables de la population. 

Le représentant a souligné que de nombreux Africains avaient été formés dans son pays, en se félicitant de ce que les relations entre la Fédération de Russie et l’Afrique connaissent un nouvel élan.  Il a insisté sur la nécessité d’adopter des mesures de lutte contre les groupes armés, le commerce de stupéfiants et l’impunité, et pour la gestion des frontières.  Le représentant a conclu en annonçant l’intention de son pays d’accroître son assistance au continent africain. 

M. MOURAD BENMEHIDI (Algérie) a souligné l’importance du NEPAD pour la « renaissance de l’Afrique », relevant dans un deuxième temps qu’en dépit de tous les engagements pris par les pays africains, le problème principal reste le manque de ressources financières.  L’Algérie, a-t-il ajouté, partage l’avis du Secrétaire général concernant l’urgence de l’action pour faire face à la crise économique et financière.  Il a également estimé que la coopération internationale s’imposait comme une « impérieuse nécessité » dans le contexte international actuel. 

Il a engagé les pays développés et les institutions financières internationales à se mobiliser pour aider l’Afrique à mener à bien tous les volets du NEPAD, avant de rappeler que l’APD à destination de l’Afrique devait être portée, en 2010, à au moins 55 milliards de dollars.  Il a aussi insisté sur la promesse du G-8 d’accorder une aide de 20 milliards de dollars au secteur agricole dans les pays en développement.  Le représentant de l’Algérie a également signalé que sa délégation se félicitait de l’initiative « louable »de la Présidence italienne du G-8 d’opérationnaliser la décision d’Hokkaido 2008.

M. Benmehidi a poursuivi en affirmant que le système des Nations Unies doit améliorer la qualité et l’efficacité de ses programmes du NEPAD et redoubler d’efforts pour compléter l’aide à l’Afrique par des activités de plaidoyer et de financement appropriés.  Il doit aussi respecter les dispositions de l’Assemblée générale concernant la mise en place, avant la soixante-cinquième session de l’Assemblée générale, d’un mécanisme de suivi pour évaluer la mise en œuvre des engagements pris en faveur du développement de l’Afrique. 

Après avoir abordé les questions de paix, M. Benmehidi a souligné que les pays africains ont déployé des efforts considérables pour respecter les engagements pris en vertu du NEPAD, et plus particulièrement la mise en œuvre d’un Mécanisme d’évaluation par les pairs.  Cela démontre que le continent a accompli des progrès réels dans le domaine de la bonne gouvernance, du respect des droits de l’homme et de la promotion de la démocratie.  Avec les ressources humaines et naturelles abondantes dont dispose l’Afrique et l’engagement de ses dirigeants en faveur de la réalisation des objectifs du NEPAD, le succès est possible, a conclu le représentant, si le NEPAD reçoit l’appui sans faille de la communauté internationale. 

M. DANIEL CARMON (Israël) a rappelé le travail de l’Agence de développement international, MASHAV, qui est au cœur des efforts de développement d’Israël en Afrique.  Fondé comme un modeste programme a-t-il dit, l’Agence est devenue un programme qui promeut le développement durable, la production alimentaire et les programmes de santé publique.  Le MASHAV a signé des partenariats novateurs avec le PNUD-Afrique et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).  S’agissant de la lutte contre le VIH/sida, Israël, a poursuivi le représentant, a maintenu sa coopération avec ONUSIDA, l’UNICEF, les partenaires de la société civile en Afrique et les organisations privées. 

Dans ce cadre, a précisé le représentant, Israël entend organiser en janvier 2010, une formation multidisciplinaire sur la thérapie antirétrovirale à l’intention des médecins, des infirmiers et des techniciens de santé africains.  Le pays a aussi dépêché des professionnels de santé et des volontaires spécialement formés pour travailler sur les orphelins du sida en Afrique.  Le représentant a aussi attiré l’attention sur le concept Tipat Chalav qui offre des cliniques spécialisées en soins prénataux et pédiatriques.  Revenant sur les questions agricoles, M. Carmon a fait part des efforts de son pays en matière de coopération technique, en particulier en ce qui concerne la lutte contre la désertification.

M. RAYMOND SERGE BALÉ (République du Congo) a souligné que son pays compte parmi les pays les plus endémiques du paludisme en Afrique, avec un taux de prévalence de 5,6%.  Dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national de lutte contre le paludisme, le Gouvernement a déployé plusieurs actions dont la distribution gratuite de plus de 500 000 moustiquaires imprégnées en octobre 2007 et 470 000 en septembre dernier.  Depuis décembre 2007, s’est-il félicité, la gratuité du traitement des cas de paludisme simple est assurée chez les enfants de 0 à 15 ans et chez leurs mères.  Cette expérience « salvatrice » s’étendra progressivement aux cas les plus graves et se poursuivra dans la perspective d’assurer l’accès universel des médicaments aux populations, a affirmé le représentant.

L’accès universel des médicaments aux populations reste pour le pays un axe cardinal de la lutte contre le paludisme, a-t-il insisté.  Le Gouvernement a donc mis en place une centrale d’achat.  Mais cet accès, a-t-il reconnu, ne saurait seul faire reculer le paludisme.  Il a souligné l’importance des campagnes de sensibilisation, des traitements préventifs, de la pratique de la pulvérisation, des tests de diagnostic plus rapides et la formation des personnels de santé.  Compte tenu des coûts, a expliqué le représentant, le Gouvernement compte développer un partenariat avec le secteur privé.  Toutefois, des actions et des ressources plus importantes, tant au plan national que mondial, sont nécessaires, a prévenu le représentant, en adhérant « sans réserve » aux recommandations formulées dans le rapport dont est saisie aujourd’hui l’Assemblée.  Il a aussi appuyé le projet de résolution relatif à la création d’un fonds mondial de soutien à la lutte contre le paludisme initié par la Tanzanie.

Mme SUSAN WAFFA-OGOO (Gambie) a déclaré que le NEPAD avait permis aux dirigeants africains de s’approprier le développement de leur continent.  Avant l’avènement des crises actuelles, a-t-elle ajouté, ils avaient réussi à mettre le développement social sur les rails.  La représentante a réclamé la suppression des subventions agricoles accordées dans les pays développés et le succès du Cycle de Doha.  Elle a également souligné l’importance d’investir dans les infrastructures, élément essentiel, selon elle, du développement de l’Afrique.  Elle a aussi jugé important de diversifier les investissements pour développer des secteurs autres que le secteur minier.  Elle a notamment évoqué le rôle important que jouent les petites et moyennes entreprises dans le développement économique des États.  S’attardant ensuite sur le problème de la fuite des cerveaux, en particulier dans le domaine de la santé, la représentante a proposé la création d’un mécanisme qui veillerait à enrayer cette hémorragie.

La représentante a mis le doigt sur la situation « intenable » qui consiste pour les ménages à consacrer une grande part de leurs revenus au traitement contre le paludisme.  Si la Gambie a enregistré des progrès notables dans ce domaine, elle a cependant besoin de ressources supplémentaires pour se procurer les traitements, a souligné la représentante, qui a réclamé un partenariat concerté, notamment en faveur des enfants et des femmes en Afrique subsaharienne.

M. KHALID K. A. FAQEEH (Arabie saoudite) a souligné que la crise économique représentait un nouveau défi pour le développement d’une Afrique composée de systèmes déjà fragiles.  Il a énuméré les nombreuses contributions de son pays à différents fonds d’aide au développement.  Malgré une forte croissance démographique qui nécessite des dépenses supplémentaires importantes, l’Arabie saoudite a versé d’importantes contributions, notamment au Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, a souligné le représentant.  Il a cité le rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) qui a hissé son pays au rang d’un des plus grands contributeurs aux missions humanitaires.  Soulignant que le Royaume avait également octroyé des prêts à des conditions favorables à de nombreux pays en développement, le représentant a appelé les pays industrialisés à s’acquitter de leurs obligations envers les pays en développement, particulièrement en Afrique, et à leur ouvrir leurs marchés sans restrictions. 

L’Afrique ne peut pas se permettre de perdre une autre décennie, a déclaré M. LESLIE KOJO CHRISTIAN (Ghana), appelant au respect des engagements pris malgré la crise économique actuelle.  L’expérience montre que quand les dirigeants africains et leurs partenaires de développement agissent avec détermination et dans un but commun, les résultats sont remarquables, a-t-il estimé, soulignant que le continent africain comptait moins de guerres civiles et plus de démocraties que jamais auparavant, et que des progrès significatifs avaient été faits en matière de reddition des comptes et de gestion économique.  Il y a également eu des développements positifs dans le domaine de la santé, a poursuivi le représentant, notamment en matière de taux de prévalence du sida et d’accès aux traitements antirétroviraux. 

Le représentant a souligné la responsabilité première qui incombe aux dirigeants africains eux-mêmes de construire un développement durable et appelé de ses vœux un esprit de partenariat.  Avec le soutien idoine, l’Afrique peut aussi contribuer à trouver des solutions aux problèmes mondiaux, mais pour cela, elle a besoin d’être mieux représentée dans les fora de prise de décisions comme le G-8, le G-20 et le système multilatéral dans son ensemble, a-t-il ajouté.

M. Christian a aussi évoqué les nombreux défis auxquels l’Afrique est toujours confrontée, notamment des systèmes de santé toujours sous-financés et mal équipés, et manquant de personnels qualifiés.  Il s’est à ce titre inquiété du manque de fonds, à hauteur de 4 milliards de dollars, qui touche le Fonds mondial pour la période 2008/2010.  Il a aussi rappelé qu’un cinquième de la population africaine vivait toujours en zone de conflit, malgré les améliorations apportées à l’architecture de paix et de sécurité de l’Union africaine. 

Le secteur des infrastructures et une exploitation plus poussée des ressources énergétiques renouvelables, pour lesquelles l’Afrique a un potentiel énorme, sont des secteurs où des investissements doivent être faits pour créer des emplois et ouvrir de nouveaux marchés aux pays développés, a-t-il dit, estimant essentiel de revoir les politiques commerciales et de s’inspirer des expériences de développement de la Chine, du Brésil et de l’Inde, notamment.    

M. MOHAMED LOULICHKI (Maroc) a déclaré que malgré un contexte défavorable, les pays africains avaient continué et même accéléré les efforts pour améliorer le bien-être de leurs populations.  Il a ensuite regretté que ces efforts n’aient pas été soutenus comme il se doit et aient pâti d’un manque de ressources substantielles.  Soulignant la difficulté pour les pays africains de mettre en œuvre les OMD du fait de la conjonction des crises successives, il a prédit que des millions de personnes risquent de sombrer dans la pauvreté et le dénuement.  Le représentant a espéré que le renouvellement des engagements du G-20 et du G-8 à l’égard du continent sera diligemment et pleinement concrétisé.  Il a aussi estimé que l’Afrique avait besoin d’aide pour la mise en place d’un climat propice aux investissements étrangers.

Abordant les questions de coopération, le représentant a dit que son pays a toujours été convaincu des avantages et des mérites de la coopération Sud-Sud, faisant référence aux nombreux programmes initiés par son pays dans d’autres pays africains et notamment dans les domaines de l’éducation, des infrastructures, de l’agriculture, des transports et des télécommunications.  Le Maroc a également pris l’initiative d’annuler la dette bilatérale des PMA et de leur accorder un accès à son marché sans contingentement, et en franchise de douane.  Sur les questions climatiques le représentant a estimé que l’Afrique était le continent le plus vulnérable.  Ses préoccupations, a-t-il plaidé, doivent être prises en compte à la Conférence de Copenhague mais aussi dans les négociations du Cycle de Doha.

Mme ANNE LUZONGO MTAMBOH (Zambie) a affirmé que son pays avait fait des progrès réels vers la réalisation de ses objectifs de développement nationaux, comme vers les OMD, notamment en matière de baisse des taux de mortalité maternelle et infantile et de lutte contre le paludisme, dont le nombre de cas a été réduit de 60%.  Toutefois, la Zambie voit aujourd’hui ses progrès menacés par la crise économique et la retenue de certaines ressources promises par ses partenaires de développement, a averti la représentante.  Pourtant, les résultats ont été particulièrement bons puisque la Zambie est l’un des pays qui a atteint la couverture préventive universelle pour le paludisme, c’est-à-dire l’accès à toute la population aux équipements nécessaires pour se protéger de la maladie.

Pour les pays qui n’ont pas encore atteint ces objectifs, il reste toujours beaucoup à faire, a-t-elle noté, faisant part des principales opérations menées par le Ministre de la santé de son pays comme la vaporisation d’insecticides dans les maisons, la distribution de moustiquaires imprégnées, l’accès aux médicaments et aux outils de diagnostic nécessaires, et le traitement préventif des femmes enceintes.  Ces succès ont été remportés grâce à une volonté politique affirmée, des interventions simultanées sur plusieurs fronts, un partenariat entre le Gouvernement et ses partenaires de développement, et la mobilisation des communautés, a dit Mme Mtamboh.  Les défis qui demeurent incluent un manque de ressources pour poursuivre les campagnes de vaporisation, un usage parfois irrationnel des médicaments et des structures de distribution toujours faibles.  Nous avons la conviction qu’en intervenant avec sagesse et grâce à des partenariats sains, nous nous débarrasserons rapidement du paludisme, en Zambie et dans le reste du monde, a-t-elle enfin déclaré.

M. MORTEN WETLAND (Norvège) a déclaré qu’il revient aux pays africains de financer le NEPAD; l’aide traditionnelle n’étant qu’un complément ou un catalyseur.  Il s’est donc félicité de la mobilisation des ressources nationales en Afrique.  Cependant, a-t-il nuancé, les engagements pour augmenter l’aide internationale doivent être tenus.  Il a déploré la faible attention accordée à la qualité des flux de capitaux qui se déversent en Afrique.  Les capitaux illicites qui arrivent en Afrique représentent désormais trois fois le montant de l’aide.  Une absence de contrôle qui, a-t-il poursuivi, provient de l’évasion fiscale dans les pays développés et de l’argent du crime et de la corruption.  Le représentant a proposé une plus grande collaboration internationale pour combattre les capitaux illicites et donner à l’Afrique les moyens d’améliorer leur système fiscal.

M. Wetland a poursuivi en soulignant le caractère « énorme » du potentiel énergétique de l’Afrique dont 93% de l’énergie hydraulique est encore inexploitée.  Cependant les besoins en investissements sont tels, a-t-il poursuivi, que l’aide ne serait qu’une participation mineure.  Il faut mettre à contribution le secteur privé pour attirer les financements et la technologie.  Cela exige, a-t-il prévenu, la bonne gouvernance, des institutions saines et un climat favorable aux investissements.  Il a, en l’occurrence, placé sa confiance dans le NEPAD pour créer de telles conditions.  À titre d’exemple, il a cité le cas d’une collaboration réussie entre l’Ouganda et son pays pour la construction d’une usine hydraulique, le premier construit sur le continent depuis 14 ans.

Abordant la question de la paix, il a souligné la nécessité de renforcer le rôle et le pouvoir des femmes dans la résolution des conflits.  Il a aussi souligné que des gains peuvent être enregistrés économiquement et politiquement, en augmentant la part des femmes dans le travail productif.  En conclusion, le représentant de la Norvège a invité la communauté internationale à s’acquitter de ses engagements en faveur des OMD.  Ce serait, a-t-il conclu, la contribution la plus significative que nous pourrions apporter à l’Afrique.  Il a terminé en annonçant que l’année prochaine, son pays allait consacrer 1,09% de son PIB à l’APD. 

M. HILLARIO G. DAVIDE (Philippines) a affirmé que la Conférence de haut niveau sur la coopération Sud-Sud, qui se tiendra au mois de décembre au Kenya, et le Sommet de haut niveau de 2010 sur les OMD devaient porter une attention particulière au NEPAD.  Il a également estimé que les différentes conférences de l’ONU traitant des crises actuelles devaient prendre en compte les besoins des plus vulnérables, y compris l’Afrique.  Le représentant a souligné que son Gouvernement accordait une attention particulière au contrôle et à l’éradication du paludisme car cette maladie continue d’être l’une des 10 principales causes de mortalité aux Philippines. 

Les zones les plus endémiques se trouvent dans les régions les plus pauvres et reculées du pays, lesquelles ont une importante population autochtone, a-t-il précisé.  Il a expliqué que les Philippines avaient déployé une stratégie axée sur cinq piliers, à savoir la sensibilisation politique et communautaire, l’amélioration des techniques de diagnostic et des traitements, la formation du personnel médical aux cas les plus graves de paludisme ainsi que la distribution aux mères de moustiquaires imprégnées d’insecticide.  Il a également évoqué le stockage de médicaments et la promotion de l’approvisionnement aux familles déplacées, aux communautés autochtones et aux écoliers.  M. Davide a par ailleurs expliqué que le mois de novembre avait été décrété « Mois de sensibilisation au paludisme ».

Tout en se félicitant de l’augmentation substantielle, entre 2000 et 2008, des fonds accordés à la lutte contre le paludisme, le représentant s’est inquiété du fait que ces fonds proviennent d’un nombre restreints de contributeurs.  À moins d’élargir l’assiette des donateurs, les efforts antipaludéens risquent d’être mis en péril si un de ces contributeurs venait à se retirer, a-t-il signalé.  Il a ensuite indiqué que les Philippines avaient augmenté de 2 000% le budget de la lutte contre le paludisme.  M. Davide a par ailleurs averti que le réchauffement planétaire risquait de provoquer une aggravation des maladies telles que le paludisme, et que des risques notables demeuraient également du fait de la résistance aux insecticides et aux traitements, du manque de financement et des ruptures de stocks au niveau national.

Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a indiqué que l’une des priorités de la politique étrangère de son pays était le renforcement de la coopération avec l’Afrique, notamment par le biais d’un réseau d’ambassades riches de 34 établissements.  Les échanges commerciaux ont également été multipliés par six en six ans, pour atteindre 36 milliards de dollars, a-t-elle dit, soulignant que l’intensification de la coopération Sud-Sud ne devait pas être restreinte par l’éloignement géographique.  Notre approche vis-à-vis du NEPAD est que ce dernier appelle à un partenariat avec l’Afrique, plutôt que pour l’Afrique, a-t-elle ajouté, rappelant l’importance de la coopération dans le domaine agricole et plus spécifiquement des biocarburants, une spécialité du Brésil.

Il est important que les institutions financières internationales soient capables de fournir aux pays qui en ont besoin les liquidités et les crédits nécessaires, dans des conditions favorables, et le Brésil travaille à cet objectif avec le G-20 et d’autres pays en développement, a poursuivi Mme Ribeiro Viotti.  En outre, le pays est engagé dans la lutte internationale contre le paludisme à travers la coopération bilatérale et la participation aux efforts multilatéraux.  La représentante a estimé qu’il n’était pas acceptable que des enfants continuent de mourir de maladies que l’on peut prévenir et qu’il était par conséquent impératif, en plus d’étendre l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide, de mettre en place les mécanismes nécessaires pour garantir l’accès aux médicaments qui permettent de traiter la maladie.

M. PAUL NEVILLE (Australie) a estimé que le NEPAD continuait de fournir un cadre de travail important pour répondre aux défis critiques auxquels l’Afrique est confrontée.  L’Australie a identifié trois priorités pour son engagement propre à savoir le soutien aux efforts africains, à travers l’investissement et le commerce, la réalisation des OMD et les défis liés à la paix et à la sécurité.  L’aide au développement à l’Afrique a été augmentée de 40% dans un esprit de coopération, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’eau et de la santé maternelle et infantile, a-t-il dit, rappelant qu’un effort particulier était également fait en matière d’éducation par un élargissement du système de bourses.  L’Australie partage également la frustration du Secrétaire général en ce qui concerne le Cycle de Doha, a assuré le représentant, et s’efforce d’arriver à un résultat qui soit bon pour le développement, bon pour la réforme du commerce agricole et bon pour le système commercial multilatéral.

Le paludisme a des conséquences graves au niveau humain comme au niveau économique, a aussi souligné M. Neville, rappelant que la maladie nourrissait le cycle de la pauvreté en touchant particulièrement les plus démunis.  Le fait qu’il soit responsable de la mort d’un enfant sur cinq est une tragédie inacceptable, a-t-il insisté, soulignant que la région de l’Asie-Pacifique était également touchée, ce qui fait du paludisme une question réellement mondiale.  À travers l’Initiative Pacific Malaria, l’Australie fournit un soutien technique ciblé aux gouvernements pour les aider à mettre en place leurs plans d’action nationaux.  Ainsi, les Îles Salomon sont passées d’un taux de prévalence de 199 cas pour 1 000 en 2003 à 82 cas en 2008, et Vanuatu de 74 à 14 cas pour 1 000 sur la même période, a-t-il précisé, ce qui montre l’importance de travailler avec les gouvernements, de faire preuve d’une volonté politique forte et de fournir l’expertise technique nécessaire à la lutte, a-t-il conclu.

M. SULAY-MANAH KPUKUMU (Sierra Leone) a signalé qu’après l’actuelle crise économique et financière, les 34 pays les moins avancés (PMA) d’Afrique risquaient de ne pas atteindre les OMD d’ici à 2015.  Il s’est tout de même félicité de la baisse du nombre de conflits, de la propagation des moustiquaires imprégnées dans les communautés, de la nouvelle Alliance des dirigeants africains contre le paludisme et de la mise en œuvre continue de projets du NEPAD, comme le Programme détaillé pour le développement agricole de l’Afrique.

M. Kpukumu a poursuivi en expliquant que la Sierra Leone avait lancé un agenda pour le changement qui établi des priorités claires dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture et du renforcement des infrastructures de façon à promouvoir le développement.  Il a également signalé que son gouvernement renforçait ses liens dans le cadre de la coopération Sud-Sud.  Le représentant a ensuite estimé que les efforts déployés par l’Union africaine au Darfour et en Somalie, ainsi que pour répondre à la crise postélectorale au Kenya indiquaient que le continent pouvait être à la hauteur des évènements, avec l’appui de l’ONU et de la communauté internationale.  Il a cependant signalé que des défis se profilaient à l’horizon. 

Le représentant a notamment évoqué les changements anticonstitutionnels de gouvernements, la criminalité transnationale organisée, le trafic de drogues, notamment dans le golf de Guinée, et la corruption.  On ne peut pas sous-estimer la nécessité de nouveaux partenariats pour renforcer les capacités du continent à répondre aux crises et aux menaces sécuritaires.  Le représentant de la Sierra Leone a également engagé les partenaires du développement à lever les barrières commerciales, à honorer leur engagement de consacrer 0,7% de leur PIB à l’APD, à garantir un financement adéquat et prévisible aux efforts de consolidation de la paix, à promouvoir la coopération entre l’ONU et l’UA et à apporter une solution au problème de la dette non viable des pays pauvres très endettés.

M. ISMAEL ABRAÃO GASPAR MARTINS (Angola) a rappelé que le NEPAD avait été conçu pour l’Afrique par les Africains afin de relever les principaux défis en matière de croissance économique et de développement durable dans le continent.  Il y a des signes visibles de progrès, notamment dans le secteur de l’agriculture, s’est-il félicité.  La paix, le développement et la protection des droits de l’homme sont liés entre eux et se renforcent mutuellement, a-t-il ajouté, saluant le niveau de coopération entre l’Union africaine et les Nations Unies.  L’Union africaine a amélioré de façon substantielle ses capacités en matière de résolution pacifique des conflits et les partenaires de l’Afrique doivent continuer de soutenir ses efforts, car ils sont cruciaux pour la croissance économique et le développement durable, a-t-il dit.  Au niveau national, l’Angola a amélioré ses infrastructures en mettant en œuvre un programme de reconstruction sur tout le territoire permettant de relier les 18 provinces entre elles, a-t-il indiqué.

Le représentant a estimé que malgré les progrès tangibles faits en Afrique dans le secteur de la santé, les générations futures sont toujours sous la menace du paludisme et d’autres maladies évitables.  L’espérance de vie des moins de 5 ans est une donnée particulièrement triste, a-t-il déploré, avant de saluer le lancement de l’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme ainsi que l’Initiative de santé globale des États-Unis, à laquelle le Président Barack Obama a promis 63 milliards de dollars.  Afin de relever les défis que la crise économique met sur le chemin de l’Afrique, l’Angola estime que la communauté internationale doit continuer de travailler à la réforme du système financier international, conclure le Cycle de Doha, s’engager fermement auprès des pays en développement pour les aider à s’adapter aux changements climatiques et prendre des engagements concrets pour le développement, dans le cadre d’un calendrier précisément établi.

M. BIODUN OWOSENI (Nigéria) a déclaré que l’Afrique reste confiante quant au fait que le NEPAD est la meilleure stratégie pour atténuer les crises et propager un développement et croissance durables sur le continent.  Le Nigéria, a-t-il poursuivi, attache surtout de l’importance au Mécanisme d’examen par les pairs, le seul et unique instrument africain pour promouvoir et renforcer la bonne gouvernance.  Le représentant a lancé un appel aux pays qui ne sont pas encore membre à le devenir car, a-t-il dit, la gouvernance concerne le bien-être des peuples.  Les Nations Unies et le NEPAD fournissent des plates-formes pour articuler et formuler les besoins de l’Afrique, a-t-il aussi estimé, avant de réaffirmer sa foi dans les recommandations contenues dans la Déclaration politique de 2008 et dans le Document final de la Conférence de haut niveau sur la crise financière internationale.

Le Nigéria, a-t-il poursuivi, se félicite du renforcement stratégique et des engagements productifs de l’Afrique avec l’Union européenne, le Japon et l’Amérique du Sud.  Nous demandons urgemment, a-t-il lancé, le renforcement des mesures suggérées notamment, pour le renforcement des capacités nationales, l’APD, les IED, le Cycle de Doha et la dette pour les pays les plus pauvres.  S’agissant de la paix et de la sécurité dans le continent, le représentant a appuyé les recommandations contenues dans le rapport pertinent du Secrétaire général.  Il ne devrait y avoir aucune tolérance pour les renversements des régimes ou leur autosuccession, a-t-il tranché.  Il a estimé, en conclusion, que les défis auxquels doit faire face l’Afrique nécessitaient une harmonisation et une coordination des actions conduites par les structures telles les Nations Unies, le NEPAD et le Mécanisme d’examen par les pairs.

M. JORGE VALERO (Venezuela) a expliqué que la tenue, les 26 et 27 septembre dernier, au Venezuela, du deuxième Sommet Afrique-Amérique du Sud, avait permis de renforcer la coopération Sud-Sud et d’apporter une réponse au « capitalisme sauvage » du Nord.  Les dirigeants se sont engagés à promouvoir l’égalité et la croissance économique en garantissant une distribution équitable des ressources, a-t-il signalé.  Selon lui, la tenue de ce Sommet présente une étape cruciale du rapprochement de ces deux continents.  Le représentant a poursuivi en signalant que le Venezuela disposait de 18 ambassades en Afrique, comparé à 8 avant la venue d’Hugo Chavez au pouvoir.  Il a également évoqué le travail de la Banque du Sud qui dispose d’un capital de 20 milliards de dollars pour appuyer les activités de la Banque africaine de développement (BAD). 

Le représentant s’est ensuite attardé sur le programme PETROSUR qui vise à garantir une répartition plus juste et plus démocratique des ressources énergétiques, avant de rappeler que le Président Chavez avait décidé de créer une Université du Sud pour réduire l’écart scientifique et technologique entre pays développés et pays en développement.  M. Valero a ensuite engagé la communauté  internationale à appuyer les efforts déployés par l’Afrique pour lutter contre le VIH/sida.  Il a estimé indispensable de garantir l’accès universel et gratuit aux traitements, qualifiant d’« immoral » le fait que les compagnies pharmaceutiques s’enrichissent avec la souffrance des personnes.  La santé de l’humanité ne peut être commercialisée, a-t-il insisté.

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