TRANSCRIPTION DE LA CONFÉRENCE DE PRESSE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL, M. BAN KI-MOON, AU SIÈGE DES NATIONS UNIES, LE 11 SEPTEMBRE 2008

11 septembre 2008
SG/SM/11786

TRANSCRIPTION DE LA CONFÉRENCE DE PRESSE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL, M. BAN KI-MOON, AU SIÈGE DES NATIONS UNIES, LE 11 SEPTEMBRE 2008

11/09/2008
Secrétaire général
SG/SM/11786
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

TRANSCRIPTION DE LA CONFÉRENCE DE PRESSE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL, M. BAN KI-MOON, AU SIÈGE DES NATIONS UNIES, LE 11 SEPTEMBRE 2008


(Publié tel que reçu de la Section française de rédaction des procès-verbaux de séance)


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais):C'est un plaisir pour moi que de vous revoir, la troisième fois ce mois-ci.  Je suis désolé de ne pas avoir pu vous rencontrer aussi souvent que je l’aurais voulu.  Cela fait plusieurs mois depuis la dernière conférence de presse de ce genre.  J’aimerais vous rencontrer plus régulièrement à partir du mois prochain et je propose donc que nous nous réunissions le premier mardi de chaque mois, à moins que mon calendrier ne me le permette pas.  Mais si par exemple, je dois quitter le Siège, nous essaierons de trouver une autre date.  Mais comme je l’ai dit, j’aimerais vous rencontrer plus régulièrement à partir d’aujourd’hui.


À la veille de l’ouverture de la prochaine session de l’Assemblée générale, qui sera d’ailleurs ma deuxième session d’Assemblée générale en tant que Secrétaire général, je peux vous dire que je suis très impatient et très désireux de rendre cette session de l’Assemblée générale aussi couronnée de succès que possible, même encore plus que l’année passée.  Je pense qu’il s’agit d’un nouveau départ, avec de nouvelles initiatives.


Comme vous le savez, le 25 septembre, le Président de l’Assemblée générale et moi-même allons tenir une réunion de haut niveau sur les Objectifs du Millénaire pour le développement, et avant cela, le 22 septembre, il y aura un autre sommet de haut niveau tout aussi important sur les questions relatives au développement de l’Afrique, et sur le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) en particulier.


L’année passée, nous nous sommes servis de ce genre de réunion de haut niveau pour essayer de galvaniser la volonté politique, pour susciter des actions sur les changements climatiques, et j'aimerais saisir ces deux occasions pour essayer d’en faire davantage pour les plus pauvres parmi les pauvres, le « dernier milliard » qui vit dans l’indigence.


Cent-cinquante pays seront représentés environ, y compris plus de 90 chefs d’État et de gouvernement et d'autres personnalités internationales.  Près de 20 philanthropes importants et des fondations seront également présents ici.  Aujourd’hui, nous publions le rapport sur les Objectifs du Millénaire pour le développement pour 2008.  C’est l’évaluation mondiale la plus complète à ce jour.  Ce document indique ce que nous avons fait de bon et ce qui doit encore être fait si nous souhaitons réaliser ces objectifs d’ici à 2015.


Les pays en développement consacrent davantage de leurs ressources à l’éducation et à la santé grâce à la réduction du service de la dette extérieure, grâce à une nouvelle assistance et à un nouveau financement par des fondations privées.  Les taux d'inscription dans l’enseignement primaire augmentent et nous avons constaté des progrès au niveau de la santé et de l’égalité entre les sexes.


La proportion de personnes vivant dans l’extrême pauvreté devrait diminuer de moitié d'ici à 2015, d'après de nouvelles données de la Banque mondiale.  Il s’agit aussi d’une réalisation très importante.  Récemment encore, l’Afrique subsaharienne perdait du terrain dans le cadre de sa lutte contre la pauvreté extrême.  À cet égard, l’investissement dans l’agriculture est essentiel Mais malgré les défis à relever, des succès nous montrent que la plupart de ces objectifs sont réalisables dans la majorité des pays.  Dans la plupart des cas, nous savons déjà ce qui doit être fait et comment.  Il nous faut relancer ces efforts pour que le monde avance sur la bonne voie.  Il y a eu des questions et des doutes à propos des OMD.  Certains se sont demandé s’ils étaient réalisables ou non.  Personnellement, je crois que nous pouvons atteindre ces objectifs fixés et énoncés par les dirigeants du monde en 2000.  Comme je l’ai dit, il ne faut cesser de stimuler la volonté politique, mobiliser les ressources nécessaires et je compte sur le rôle des pays développés à cet égard.  J’espère que tous les participants annonceront des engagements ou des initiatives particulières et qu’ils élaboreront des plans pour les réaliser.  D’ici à la fin de la réunion, nous espérons être dans une situation très différente de celle d'aujourd’hui.


Je donnerai une autre conférence de presse après la clôture de la réunion de haut niveau du 25 septembre.  Je pense qu’il s’agit d’une nouvelle ère de partenariat mondial, non seulement pour les États mais aussi pour d’autres acteurs nouveaux sur la scène internationale. 


Je sais que vous avez des préoccupations immédiates et je vais en évoquer quelques-unes.  Il y a des questions sur les conflits.  Concernant la Géorgie par exemple, je suis en contact presque quotidien avec les dirigeants mondiaux et j’ai proposé mes bons offices pour faciliter les discussions internationales et pour explorer les différents arrangements en termes de maintien de la paix ou autres pour l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud.  Nous envisageons d’envoyer une mission d’enquête en Géorgie.  Les organismes de l’ONU fournissent une aide à toutes les personnes qu’elles peuvent atteindre.


S’agissant de Chypre, je suis encouragé par les progrès et par notre rôle de médiation et de facilitation.  Cette semaine, j’ai parlé à tous les acteurs principaux, y compris le dirigeant chypriote turc, M. Mehmet Ali Talat, et le dirigeant chypriote grec, M. Demetris Christophias, ainsi qu’avec le Premier Ministre grec, M. Kostas Karamanlis, le Premier Ministre turc, M. Recep Erdogan.  Les premières négociations de fond auxquelles participe mon Conseiller spécial, M. Alexander Downer, ont commencé ce matin.  M. Downer a qualifié cette réunion de productive et de fructueuse.  Au cours des entretiens téléphoniques que j’ai eus avec tous ces dirigeants, je les ai exhortés à saisir cette occasion, à profiter de cette dynamique pour faire preuve de leadership politique, avec souplesse et sagesse, mais également pour essayer de dépasser leurs problèmes régionaux, et je pense qu’ils doivent se tourner vers l’avenir, l’avenir du peuple chypriote.  Je pense que ce peuple doit s’approprier ce processus et nous nous sommes engagés à continuer à faciliter cet effort.


En ce qui concerne le Liban, je suis encouragé par les efforts du Président [Michel] Suleiman visant à établir un dialogue ouvert à tous au plan national et à rétablir des relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie, mais en même temps, je condamne l’attaque commise hier contre un véhicule et je demande à tous de faire preuve de retenue.  Il s’agit d’une situation très frustrante lorsque l’on voit de telles explosions, de tels attentats.  Cette violence ne fait que montrer à quel point le dialogue est important et à quel point la réconciliation doit avancer. 


La Vice-Secrétaire générale,[Mme Asha-Rose] Migiro est arrivée au Liban.  Sa mission portera principalement sur le développement économique, mais il y aura également une réunion avec le Président Suleiman et le Premier Ministre [Fouad] Siniora, ainsi qu’avec le Président du Parlement, M. [Nabih] Berri. Nous avons appuyé fermement le processus d’Annapolis et ses objectifs très ambitieux d’une paix globale d’ici à la fin de 2008, une paix qui envisagera la réalité de deux États, un État palestinien et Israël vivant côte à côte dans la paix.


En marge de l’Assemblée générale, il y aura d'autres réunions qui seront l’occasion de faire le bilan de la situation et de déterminer la voie à suivre.  Il y aura des réunions du Quatuor et du Comité de liaison ad hoc, ainsi qu’un iftar pour les dirigeants arabes.


Je partage la frustration ressentie par beaucoup vis-à-vis de la situation au Myanmar.  Nous n’avons pas vu de progrès politiques, en tout cas, pas les progrès que j’aurais souhaités.  Nous souhaitons que les parties, et en particulier le Gouvernement du Myanmar, prennent des mesures concrètes pour établir un processus crédible et ouvert dans le pays, ce qui, bien entendu, doit inclure des progrès sur la question des droits de l’homme.


La Somalie ne doit pas être abandonnée.  Depuis ma prise de fonctions, j’ai insisté sur une réaction plus forte.  Le récent Accord de Djibouti, conclu sous les auspices de mon Représentant spécial, est très encourageant.  Mais pour consolider ce processus, nous devons déployer une force internationale.  Les États Membres doivent renforcer la force actuelle de l’Union africaine sur le terrain.


Dans la corne de l’Afrique, plus de 14 millions de personnes ont besoin d’une aide urgente.  En Éthiopie, la part de la population qui a besoin d’aide alimentaire pourrait doubler et atteindre huit millions d’ici à la fin de cette année.


Les ouragans ont été dévastateurs dans les Caraïbes.  Au cours des derniers mois, Haïti a été frappé de manière particulièrement dure.  Il y a également eu des inondations en Asie du Sud.


Les chocs climatiques affectent tout le monde, et partout. Nous devons trouver les moyens de relancer ce débat. Notre premier test aura lieu dans trois mois, à Poznan (Pologne). D’ici là, nous devons avoir une vision partagée, commune, du genre d’accord sur les changements climatiques qui est nécessaire.  Il ne nous reste plus que 18 mois jusqu’à Copenhague.  Le temps passe vite, c’est pour cette raison que j’appelle instamment les dirigeants – le Gouvernement polonais, le Gouvernement danois et tous les autres États Membres de l’ONU – à faire preuve de leadership politique.


Notre thème de l’Assemblée générale, l’année passée, était de construire une ONU plus forte pour un monde meilleur.  Il s’agit d’un effort en cours.  Vous avez peut-être lu les remarques que j’ai adressées à mes conseillers principaux à Turin, lors de notre retraite.  Certains rapports dans la presse ont mal interprété ce que j’ai dit, suggérant que je considérais que notre première année avait été un échec.  Mais, bien au contraire, je pense que nous avons fait de très bons progrès dans de nombreux domaines, et en particulier s’agissant de la réforme de la gestion.  Souvenez-vous que l’objectif de la retraite de Turin était de faire le bilan, de faire le point, bien sûr, mais nous voulions également faire mieux dans les domaines où les progrès n’avaient pas été à la hauteur, plutôt que de nous concentrer uniquement sur les domaines où des progrès avaient été enregistrés.  Par conséquent, les remarques que j’ai faites à mes conseillers se sont concentrées principalement sur ce que nous devons faire de plus.


Mon point principal, c’est que nous avons besoin de changement.  Le monde change, il évolue, et l’ONU doit également suivre ce mouvement.  Nous sommes responsables à l’égard des bailleurs de fonds et des milliers de membres du personnel de l’ONU qui travaillent d’arrache-pied pour créer une Organisation qui soit plus efficace et plus moderne, et qui soit mieux équipée pour faire face aux problèmes du monde.  Cette année, et au cours des années à venir, je consacrerai beaucoup d’efforts à essayer de changer et de réformer la façon dont fonctionne cette Organisation.


Aujourd’hui, nous commémorons encore une fois l’anniversaire des attentats tragiques du 11 septembre 2001.  Cette semaine, comme vous le savez, l’ONU a tenu un symposium sans précédent pour soutenir les victimes du terrorisme, et nous avons également eu une session d’examen de la Stratégie antiterroriste mondiale de l’Organisation des Nations Unies.  À l’occasion de cette journée solennelle, nous sommes aux côtés des familles et des êtres chers qu’elles ont perdus et vous pourrez compter sur notre ferme engagement de lutter contre le terrorisme.


Merci beaucoup.  Je vais maintenant répondre à vos questions.  Je vois qu’il y a beaucoup de mains levées.


Question (interprétation de l’anglais): Comme vous l’avez dit, Monsieur le Secrétaire général, cela fait déjà longtemps depuis notre dernière rencontre.  Je vous remercie d’avoir évoqué certains des conflits qui ont lieu à travers le monde.  Voilà près de trois semaines que M. Gambari est allé au Myanmar, et la presse a présenté cette visite comme un échec.  Mais ce qui est prévu d’ici à 2010 au Myanmar n’est pas démocratique du point de vue des différentes parties prenantes dans le pays.  Au Conseil de sécurité, les relations se sont tendues, et il y a une situation d’échauffement en ce qui concerne notamment la Géorgie et la Russie. Je crois donc qu’il serait utile qu’il y ait une collaboration fructueuse à ce sujet.


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): En ce qui concerne le Myanmar, moi non plus, je ne suis pas satisfait de la situation, mais je crois qu’il ne convient pas de qualifier la visite de M. Gambari d’échec.  Si l’on estime que c’est un échec, si l’on renonce aux moyens d’intervention préventive, alors effectivement, c’est un échec.  Il faut continuer de déployer des efforts, comme l’Assemblée générale nous l’a demandé.  Vous le savez, il y a un groupe des amis du Myanmar qui va se réunir au niveau des ambassadeurs, et je serai présent, cela aura lieu demain. Je continuerai à tout mettre en œuvre, avec l’appui des États Membres, et notamment de ceux qui ont une certaine influence sur le Myanmar, pour faire progresser les choses.


En ce qui concerne la Géorgie, je suis en contact presque quotidien avec les dirigeants à ce sujet, et l’ONU fait tout ce qui est en son pouvoir pour contribuer à régler la question.  M. Guterres s’est saisi de la question presque immédiatement quand le problème s’est produit, et le HCR s’est déployé sur place.  Il aide les personnes déplacées et les réfugiés, et il met tout en œuvre pour que ces personnes puissent rentrer chez elles.  Sur les questions de droits de l'homme et les questions humanitaires, l’intervention est coordonnée par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, avec la participation de beaucoup d’institutions des Nations Unies.


Comme vous le savez, le Président de l’Union européenne est saisi de la question et, en ce qui concerne l’accord en six points, l’ONU a de toute évidence un rôle à jouer.  Il s’agit de mettre en place un mécanisme international, conformément à ce qui est stipulé dans l’accord.  À la conférence internationale sur la Géorgie, qui aura lieu à Genève le 15 octobre, comme cela a été annoncé, nous chercherons à mieux définir le rôle des Nations Unies, et je m’en entretiens déjà avec les différentes parties prenantes.  Nous sommes sur le point d’envoyer une équipe d’évaluation de la situation humanitaire.


Question (interprétation de l’anglais): Êtes-vous d’accord pour dire qu’il pourrait y avoir une nouvelle guerre froide, dans laquellevous pourriez jouer un rôle de médiateur, n’est-ce pas?


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): En ma qualité de Secrétaire général, j’essaie d’éviter cette question.  Je ne veux pas songer pour le moment à ce type de possibilités.


Question (interprétation de l’anglais): Je voudrais donner suite à ce que vous avez dit au sujet de la mission d’établissement des faits en Géorgie.


Vous avez évoqué la réunion de Turin, mais l’une des critiques principales a porté sur le manque de flexibilité des organisations du système des Nations Unies, qui, de ce fait, ne sont pas à même de répondre aux attentes du monde en ce qui concerne le personnel.  Quelles mesures envisagez-vous de prendre pour rendre l’Organisation plus sensible aux besoins et mieux à même d’y réagir.


Le Secrétaire général: La Mission se rendra bien sûr en Ossétie du Sud et dans d’autres zones également.  Mais nous sommes en train de mettre au point le mandat.  Nous n’en sommes pas encore à envoyer la Mission.  Nous travaillons très dur à la mise au point du mandat en coordination, bien entendu, avec les parties concernées.  Pour ce qui est du manque de souplesse de l’Organisation, dites-moi, si je puis me permettre, qui est plus flexible que moi.  Je crois que mon personnel sera d’accord avec moi pour dire que je suis une personne flexible.  Il faut de la souplesse, il faut un jugement sûr.  Je ne m’accroche pas à mes propres vues.  J’ai prévenu mes hauts fonctionnaires.  Je respecte tous les points de vue.  Parfois, je demande l’avis de mes collaborateurs.  Parfois, je préfère un avis indépendant, mais lorsqu’on travaille avec un personnel composé de multiples nationalités, il faut avoir un style de gestion qui fasse régner l’harmonie.  C’est pourquoi lorsqu’on me reproche un manque de souplesse, il me semble que c’est injuste.  C’est mon avis personnel.  Sur les principes, je suis très ferme.  Il peut y avoir des cas exceptionnels.  Il n’y a pas de règle sans exception.  C’est un fait de la vie, un fait de la réalité.  Je souhaite fonder ma conduite et mon style sur les règles.  Il faut respecter la déontologie.  Pour ce qui est de la mobilité, je crois que le changement est nécessaire.  Il y a parfois des réticences de la part du personnel face à la mobilité.  Quand je parle de mobilité, je crois que pour que le personnel soit mobile, il faut lui offrir de bonnes perspectives de carrière et de formation.  Si vous prenez certaines statistiques, vous serez surpris de constater le manque de mobilité de l’Organisation.  Je souhaite rendre le personnel plus mobile, plus adaptable et donc plus efficace.  Pourquoi ne pas réagir aux critiques.  Les critiques sont parfois constructives.  Parfois, les critiques à l’encontre de notre Organisation sont très sévères.  On porte des accusations graves contre l’Organisation, et je dois prendre ces critiques au sérieux.  Je dois faire tout ce qui est en mon pouvoir pour améliorer les choses.  Je veux rendre le personnel plus mobile.  Mais le personnel n’a pas à avoir de crainte au sujet de la mobilité.  Il faut que nous parvenions à une meilleure entente là-dessus.  Je vais à nouveau rencontrer l’ensemble du personnel une fois que le débat général sera achevé.  Mais les observations que j’ai faites à Turin ne visaient nullement à réprimander le personnel.  Au contraire.  J’ai fait l’éloge du dévouement et de la délégation de mon personnel.  Mon observation portait davantage sur les dirigeants de l’Organisation, sur nos hauts fonctionnaires.  Eux aussi doivent mettre en œuvre nos politiques pour que le personnel suive leur exemple.


Question: J’aimerais vous poser une question au sujet du Sahara occidental.  Nous aimerions savoir si c’est vous qui avez décidé de ne pas renouveler le contrat de votre Envoyé spécial, M. Peter van Walsum, ou si c’est lui qui a démissionné.  Quand allez-vous désigner un nouvel Envoyé?  Pourriez-vous nous donner des détails en ce qui concerne l’Accord d’Annapolis et sa mise en œuvre d’ici à la fin 2008.  Pensez-vous qu’il est trop tard?


Secrétaire général: Je veux être parfaitement clair.  Ce n’est pas moi qui ai décidé de ne pas prolonger son mandat.  Il est venu me trouver et m’a envoyé une note dans laquelle il me disait qu’il estimait en avoir fait assez et qu’il était peut-être préférable que je trouve quelqu’un d’autre.  J’ai vraiment attendu la dernière minute pour prendre la décision.  Il a pris son mandat très au sérieux, il s’en est acquitté avec beaucoup de dévouement et d’enthousiasme.  J’apprécie hautement sa contribution.  Puisqu’il a choisi volontairement de renoncer à ce poste, il a bien fallu que je lui trouve un remplaçant, parce que je tiens absolument à ce que le processus des négociations se poursuive.  Il a organisé quatre séries de négociations.  Certains progrès ont été faits, il y a eu des avancées et des reculs.  Les deux parties ne sont pas parvenues encore à un accord.  Mais elles acceptent de poursuivre les contacts.  Je suis en train de sélectionner une personne pour le remplacer.  Je ne suis pas en mesure de confirmer quoi que ce soit.


En ce qui concerne le Quatuor, j’ai participé aux réunions du Quatuor et j’ai pensé qu’il était très utile et souhaitable d’avoir une autre réunion du Quatuor pendant le débat général.  Je crois que ce sera le vendredi 26 septembre, si cela est possible.  Après cela, j’aurai une conférence de presse et ensuite, je convoquerai un dîner à l’occasion de l’iftar pour réunir un grand nombre de dirigeantsarabesavec les acteurs principaux du Quatuor.  Bien sûr il y a encore des questions et des doutes par rapport à ce processus d’Annapolis, si ce dernier est réalisable avant la fin de cette année comme cela avait été annoncé.  Jusqu’à ce moment et tant qu’il n’y aura pas de résolution finale du processus d’Annapolis, nous devons poursuivre nos efforts.  Les dirigeants de la Palestine et d’Israël se sont réunis régulièrement, c’est une situation tout à fait encourageante.  J’espère qu’ils vont continuer à le faire, quoi qu’il arrive à la direction d’Israël.  Si nous ne voyons pas d’accords concrets d’ici à la fin du mois de décembre, dans ce cas, j’espère vraiment que la prochaine Administration des États-Unis reprendra le flambeau et poursuivra ce processus.  Pour l’instant, je souhaite sincèrement que ce processus se poursuive et que nous essayions d’obtenir autant que possible dans le cadre de ce processus, en nous fondant sur les progrès déjà réalisés.


Question: Vous dites que vous avez eu des discussions avec les dirigeants des deux communautés chypriotes et les Premiers Ministres de la Turquie et de la Grèce.  Que pensez-vous de leur engagement?  Sont-ils sérieux?  Que l’ONU peut-elle faire différemment cette fois-ci?


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): La question chypriote remonte à quatre décennies.  C’est donc un conflit très ancien qui doit absolument être réglé le plus rapidement possible.  J’ai tenu des réunions bilatérales avec les deux dirigeants chypriotes en juin à Paris.  J’ai été très impressionné par leur volonté de nouer des contacts et de poursuivre leurs négociations.  Il paraît que ce sont de vieux amis.  Je pense que cela pourrait être favorable au développement politique.  Je pense qu’un élan a été insufflé.


L’ONU est en train de relancer le processus grâce au Conseiller spécial, qui a beaucoup d’expérience.  C’est un diplomate respecté par les deux parties et par d’autres acteurs concernés.  Je les exhorte donc, lors de leurs débats portant sur les questions de fond, telles que le gouvernement, le partage du pouvoir, la propriété, à faire preuve de souplesse, d’esprit d’initiative et à dépasser les problèmes actuels et à penser à l’avenir.


Question (interprétation de l’anglais): Vous avez dit il y a quelques instants que vous ne pensiez pas devoir répondre directement à toutes les critiques dirigées contre l’ONU.  Cependant, la paralysie actuelle -- en tout cas la paralysie apparente du Conseil de sécurité sur certaines questions – et les divisions ne vous inquiètent-elles pas?  Cela ne vous donne pas l’impression que nous allons bientôt entendre la critique habituelle que l’ONU n’est pas efficace?  Je ne parle pas seulement de ceux qui plaident en faveur des démocraties.  Etes-vous inquiet?  Que pensez-vous faire pour faire avancer la réforme du Conseil de sécurité?


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Au cours des 20 derniers mois --même en l’absence de conflit régional important-- j’ai régulièrement consulté les membres du Conseil de sécurité.  J’ai organisé des déjeuners mensuels avec les membres du Conseil et je me suis également réuni avec les présidents du Conseil de sécurité, les cinq membres permanents et les membres non permanents.  Il est vrai que souvent, nous avons été déçus par l’incapacité du Conseil à parvenir à un accord en raison de divergences politiques profondes.


Ne soyons pas frustrés et déçus.  J’espère sincèrement que les membres du Conseil de sécurité s’accorderont sur toutes ces questions, tout en reconnaissant le fait que la responsabilité principale de la paix et de la sécurité leur incombe conformément à la Charte des Nations Unies.


Question (interprétation de l’anglais): Ma question porte sur le Liban.  Vous vous êtes dit favorable au dialogue.  Vous avez également dit que vous étiez un peu déçu par ce que vous voyez au Liban en ce moment même.  En juillet, vous avez envoyé une équipe d’enquêteurs dont le rapport a été publié il y a deux jours.  C’est un rapport officiel.  Les recommandations faites dans le rapport n’allaient pas suffisamment loin.  Êtes-vous préoccupé par la contrebande d’armes au Liban, à la lumière de la déclaration officielle des dirigeants israéliens, M. Olmert, qui ont lancé des avertissements très forts contre le Liban? Qui a remplacé M. Verbeke qui était le représentant au Liban?


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Du fait de quelques circonstances imprévues dont je ne parlerai pas publiquement, j’ai décidé, en étroite coordination avec le Conseil de sécurité, de nommer un représentant spécial de la Géorgie.  M. Verbeke a donc été nommé Représentant spécial de la Géorgie.  Il est en train de discuter de sa transition avec le représentant spécial actuellement en place.  En ce qui concerne le Liban, la contrebande illégale d’armes vers cepays est en effet une source de grave préoccupation.  Nous avons essayé d’appliquer la résolution 1701 du Conseil de sécurité et la FINUL a très étroitement coordonné ses efforts avec les forces armées libanaises.  Il est encourageant de constater que les Gouvernements libanais et syrien ont accepté de parler de la question de la démarcation de la frontière, de sa sécurité, y compris le problème du transfert illégal d’armes.  Chaque fois que j’ai rencontré le Président Assad de la Syrie, j’ai soulevé cette question.  Je l’ai instamment prié de renforcer le contrôle de la frontière; c’est un engagement qui se poursuit.  C’est un effort constant de la part de l’ONU.  Nous continuerons à les exhorter d’accélérer ce processus.


Vous savez sans doute qu’il y a eu des pourparlers indirects entre Israël et la Syrie avec l’aide du Gouvernement turc.  J’espère que ces négociations se poursuivront car cela devrait permettre de réduire les menaces posées à la sécurité du Liban.  Nous souhaitons de toute évidence que la paix et la stabilité soient instaurées dans la région.  Toutefois, la paix et la stabilité au Liban sont également très importantes.  À présent, on constate une évolution positive de la situation entre toutes les parties concernées.  Nous continuons à œuvrer dans ce sens.  Je suis en contact constant avec les dirigeants; j’en ai d’ailleurs parlé avec le Premier Ministre de la Turquie que j’ai encouragé à poursuivre ses efforts et à contribuer à ce processus.


Question (interprétation de l’anglais): Pensez-vous que le Liban devrait entamer un processus de paix avec Israël?


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Tout processus de paix est bien sûr souhaitable.  Puisqu’il y a maintenant un Gouvernement d’unité nationale en place, ils ont désormais beaucoup plus de poids et d’unité politique.  Je pense en effet que c’est le moment idoine pour qu’ils entament un dialogue.


Question (interprétation de l’anglais): Je voudrais tout d’abord dire que j’appuie votre idée de tenir des conférences de presse régulières, mais pour ce qui est du premier mardi de novembre, le 2 novembre, je ne sais pas si c’est une très bonne idée.


J’ai deux questions sur la République populaire démocratique de Corée.  Premièrement, à quel point êtes-vous préoccupé par le fait que le dirigeant est peut-être malade et par les conséquences d’un transfert de pouvoir sur ce pays mais également sur toute la péninsule coréenne?  Deuxièmement, êtes-vous inquiets par les nouvelles qui disent que le réacteur nucléaire de Yongbyong a été réactivé?


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): En tant que Secrétaire général de l’ONU, mais également en tant que citoyen coréen, je suis de très près cette situation.  Mais à ce stade, je n’ai pas de sources d’information indépendantes qui pourraient confirmer ce que l’on a vu dans la presse.  Mais je le répète, je suis de très près la situation et tout ce que j’espère, c’est que la situation en République populaire démocratique de Corée n’aura pas d’effets négatifs en ce qui concerne le processus de dénucléarisation et les Pourparlers à Six pour la péninsule coréenne.  En ce qui concerne ce processus de dénucléarisation, moi aussi je suis très préoccupé par ce qui se passe et j’espère que la République populaire démocratique de Corée va éviter de relancer son programme nucléaire.  Il faut qu’elle respecte, qu’elle honore ce qui est ressorti des discussions à six pour qu’il y ait un bon processus de dénucléarisation qui se fasse rapidement.  J’ai toujours été en faveur de cet accord des six pays; c’était une évolution tout à fait heureuse pour la péninsule coréenne, mais étant donné l’impasse actuelle, j’ai de sérieux espoirs et je prie instamment tous les membres de ces discussions à six parties de jouer le rôle qu’il leur revient pour faciliter ce processus.  Veuillez poser des questions courtes s’il vous plaît car nous n’avons plus beaucoup de temps.


Question (interprétation de l’anglais): M. le Secrétairegénéral,vous avez déjà dit que vous préfériez éviter, par l’entremise de votre porte-parole, d’utiliser l’expression « guerre froide ».  Pourtant je vous prie de bien vouloir dire quelque chose, de dire ce que vous pensez par rapport à tout ce qui a été dit concernant la possibilité d’un retour à cet état, ou même d’entendre cette rhétorique de la guerre froide aux Nations Unies.  Quelles sont vos vues à ce sujet?


Le Secrétaire général (interprétation de langlais): En tant que Secrétaire général et en tant que citoyen du monde, j’aimerais exclure toute possibilité d’un retour à l’ère de la guerre froide.  Je ne souhaite même pas utiliser cette expression, c’est pour ça que  j’ai évité de l’utiliser jusqu’à présent.  Mais je crois que ce serait un peu précipitéde qualifier la situation actuelle comme étant une espèce de retour en arrière à la soi-disant guerre froide.  Tous les conflits, tous les différends doivent être résolus par le biais du dialogue, de façon harmonieuse.  L’Union européenne et la Fédération de Russie ont discuté de cette question, la situation en Géorgie, et ils sont tombés d’accord sur un plan en six points, et ils sont également tombés d’accord sur un grand nombre d’autres questions.  Nous espérons sincèrement que lorsque nous nous rencontrerons le 19 octobre à Genève, nous aurons la possibilité de discuter de toutes ces questions de façon approfondie.  Ne soyons pas trop pessimistes par rapport à ce qui se passe dans le monde.  Il y a eu à de nombreuses reprises des situations où les Membres du Conseil de sécurité n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur certaines questions particulières.  Mais c’est exagéré, c’est même dangereux de parler de retour à la guerre froide.


Question (interprétation de l’anglais): Que pensez-vous de l’échange très dur il y a quelques semaines entre les ambassadeurs de la Fédération de Russie et des États-Unis au Conseil de sécurité?


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Ce genre d’échange ne favorise pas la recherche d’une solution et c’est pourquoi j’attache beaucoup d’importance au dialogue.  Si c’est nécessaire, je crois qu’il faut déployer une diplomatie sereine, très discrète.  Parfois il faut que la diplomatie soit visible, parfois il faut qu’elle se déroule derrière des portes closes.  Un dialogue discret, en coulisses, produit parfois de meilleurs résultats que les grandes envolées rhétoriques.


Question  (interprétation de l’anglais): Nous commémorons aujourd’hui l’anniversaire du 11 septembre et nous pensons beaucoup aux victimes du terrorisme.  Vous avez parlé de l’attentat qui a eu lieu hier au Liban et les populations du Moyen-Orient se demandent quand on va mettre un terme à l’impunité au Liban.  Pouvez-vous annoncer quelque chose concernant le tribunal par exemple, va-t-il se produire quelque chose avant la fin de l’année?  Et en ce qui concerne le terrorisme, le New York Times a indiqué que le Président Bush avait donné son accord en juillet dernier à la conduite d’une opération spéciale dans le sud du Pakistan, mais le nouveau président pakistanais a indiqué qu’il n’autoriserait pas d’intervention de forces étrangères sur le territoire du Pakistan.  Est-il possible de mener une opération sur un territoire étranger sans l’approbation des autorités?


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): En ce qui concerne votre deuxième question, je crois que je ne suis pas habilité à réagir.  Sur la question du terrorisme, nous en avons parlé longuement lors de ma dernière conférence de presse, le terrorisme ne se justifie en aucun cas.  Il faut combattre toutes les formes et toutes les manifestations du terrorisme.  L’Organisation des Nations Unies met tout en œuvre pour mobiliser la volonté politique de la communauté internationale.  Dernièrement, nous avons assisté à beaucoup d’attentats suicides contre des civils, et cela montre à quel point il est important et prioritaire de protéger les civils.


Question (interprétation de l’anglais): En ce qui concerne le Liban, y-a-t-il des progrès envisageables au sujet du tribunal par exemple?  Et en ce qui concerne le Pakistan, et la déclaration du chef des forces armées, c’est une situation grave qui menace la paix et la sécurité.  Vous devriez avoir un avis là-dessus.  Je comprends bien que ce sont les États-Unis qui sont concernés au premier chef, mais nous avons besoin d’avoir un avis de votre part.


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Mon greffier a été chargé de continuer ses activités pour poursuivre les préparatifs du tribunal.  Une fois que le tribunal aura été officiellement créé et mis en place, il devrait pouvoir commencer à fonctionner immédiatement.  Comme je l’ai déjà dit, des fonds suffisants ont été réunis pour assurer la création du tribunal et son fonctionnement pendant 12 mois, et je suis en train de mobiliser des ressources pour deux autres années de fonctionnement.  Et je dois m’entretenir de la question avec les dirigeants  libanais pour arrêter une date réaliste pour le lancement officiel du tribunal.  Mais pour ce qui est de la volonté politique, je peux vous assurer de la mienne.  Je souhaite m’abstenir de toute observation sur l’autre question.


Question  (interprétation de l’anglais):Monsieur le Secrétaire général, vous avez parlé de la retraite de Turin au sein de l’Organisation.  Il semble y avoir beaucoup de résistance au changement.  Envisagez-vous de modifier la composition de votre personnel pour réduire ces résistances?  Et pour ce qui est des OMD, qu’entendez-vous dire aux contribuables dont vous avez parlé –nous en fait- par les gouvernements qui versent leur contribution au budget de l’Organisation?  


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais):Pour ce qui est des politiques de réforme, vous conviendrez que chaque fois qu’on lance une réforme, elle rencontre des résistances, des réticences.  Les personnels des Nations Unies sont de nationalités très diverses et il est donc logique qu’il y ait des résistances à cause des différences de tradition, de culture, peut-être d’un manque de compréhension.  Il faut donc du temps et c’est sans doute pourquoi l’Organisation n’est pas encore parvenue à achever sa réforme.  Mais je ne compte pas tout révolutionner.  Je souhaite vraiment que l’Organisation change, qu’elle évolue, mais la réaction au changement, cela n’a rien de nouveau.  Dès que j’ai pris mes fonctions, j’ai insisté sur la nécessité d’une plus grande mobilité.  Personne ne peut nier l’importance du changement pour que l’Organisation fonctionne mieux.  De toute façon, c’est le mandat que m’ont confié les États Membres.  J’ai donné des instructions pour que le Secrétaire général adjoint et la Sous-Secrétaire générale à la gestion mettent au point un programme-pilote qui comporterait une formation pour rendre la proposition plus acceptable pour le personnel.  Mais il est indéniable qu’il faut introduire un changement.  Cela peut être très confortable d’occuper les mêmes fonctions pendant 10 ou 15 ans, mais souvent ceux qui occupent ces mêmes fonctions depuis si longtemps ne sont plus motivés.  C’est souvent le cas.  Il faut donc créer de nouvelles motivations et il faut que le personnel retrouve sa créativité et qu’il soit polyvalent.  C’est là l’objectif de la réforme et de la mobilité en particulier.


Pour ce qui est des OMD, je comprends parfaitement les  difficultés économiques de nombreux pays développés, sans parler les difficultés économiques des pays en développement, et il se peut que les pays développés aient du mal à parvenir à l’objectif de 0,7% du PIB d’ici à 2015.  Il faut pour cela une volonté politique.  Il faut accorder la priorité à cette question.  Les ressources sont toujours limitées.  Aucun pays ne peut prétendre avoir trop de ressources ou des ressources en abondance.  Mais il faut fixer des priorités politiques et il faut que les OMD soient une priorité pour les dirigeants de la communauté internationale.  C’est pourquoi je convoque cette réunion de haut niveau sur la réalisation des OMD.


Question:(interprétation de l’anglais):En ce qui concerne cette réunion de haut niveau sur les OMD, j’aimerais que vous nous disiez quelles sont vos attentes pour ce qui est de la Chine.  Comment réalise-t-elle ses objectifs et que peut-on attendre d’elle en matière de coopération internationale?


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): La Chine est l’une des économies qui connaisse l’essor le plus rapide dans le monde.  Et son économie constitue donc un exemple qui peut être imité par beaucoup de pays en développement, et je suis très reconnaissant au Premier Ministre chinois qui s’est engagé à venir en personne à la réunion de haut niveau.  J’espère sincèrement que les États Membres pourront tirer parti de l’expérience de la Chine et que ce pays sera disposé à la partager avec les autres États Membres.  Il est indispensable que la Chine réalise les OMD.  Elle aide beaucoup l’Afrique depuis plusieurs années et offre une coopération technique et financière à beaucoup de pays en développement, ce que d’autres pays peuvent imiter.


Question (interprétation de l’anglais):Qu’attendez-vous de la Chine en ce qui concerne les changements climatiques et notamment l’empreinte carbone?


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Quand je me rendu en Chine en juillet dernier, j’ai eu des rencontres très utiles avec le Premier Ministre, le Ministre des affaires étrangères et beaucoup d’autres hauts responsables chinois.  Et ils m’ont exprimé leur volonté de contribuer à la lutte contre les changements climatiques.  Et ils ont tous convenu que pour parvenir à un accord mondial d’ici la fin de l’année prochaine, un accord efficace et acceptable pour tous pour remplacer le Protocole de Kyoto, il faut un engagement constructif et une volonté politique sans faille de la part de plusieurs grands pays en développement -Chine, Inde, Brésil– des pays dont la communauté internationale attend beaucoup, qu’ils prennent la tête du mouvement.  Nous parlons là d’un défi mondial que la communauté internationale doit relever par l’entremise de partenariats mondiaux.  Cela ne concerne pas seulement un pays.  Il faut dépasser les frontières nationales et géographiques.  


Question: Est-ce que cet immeuble est sûr?


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais:Je peux vous dire qu’il est sûr. Nous avons pris beaucoup de mesures pour essayer de respecter les normes suggérées par la mairie de New York.  Le département des pompiers de New York a fait plusieurs inspections, et j’ai rencontré le maire Bloomberg et le Haut Commissaire des pompiers de New York dans mon bureau, et j’ai de nouveau rencontré le maire Bloomberg plusieurs fois.  J’ai été chez lui, dans sa résidence, et nous avons parlé de ces questions.


D’après les suggestions, les recommandations et les conclusions, l’ONU a modifié le parcours de ses visites guidées, cela dès le 1er août.  Nous avons également constaté que des conseillers de New York spécialisés dans la protection anti-incendie ont confirmé que le bâtiment est sûr pour les visiteurs, les délégations et le personnel.  Près de 50 000 étudiants visitent le Siège des Nations Unies chaque année, sur un total de 500 000 visiteurs par an.  Il est regrettable que certains étudiants des écoles publiques n’auront pas la possibilité de voir de leurs yeux, d’apprendre le programme, la vision de l’ONU.


Nous avons donc pris les mesures nécessaires pour garantir la sécurité, et en particulier du point de vue des normes anti-incendie.  Nous souhaitons également confirmer que nous sommes convaincus que les bâtiments de l’ONU sont sûrs et que nous continuerons à prendre toutes les mesures pour garantir la sécurité de ce bâtiment pour tous les visiteurs, toutes les délégations et tous les membres du personnel, également.


Alors que nous nous préparons pour l’ouverture de l’Assemblée générale, et avec l’arrivée de nombreux chefs d’État et de gouvernement, ainsi que de nombreuses délégations, c’est notre devoir de garantir la sécurité de ce bâtiment.  Nous avons installé de nombreuses portes coupe-feu, qui pourraient empêcher la propagation des flammes.


Question (interprétation de l’anglais): Mais il me semble que maintenant, le bâtiment est encore plus difficile d’accès pour les personnes handicapées.  Cet endroit est devenu un cauchemar pour les personnes handicapées et aurait du tenir davantage compte d’eux.


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Oui, je me pencherai à nouveau sur cette question, bien sûr.  Écoutez, nous allons devoir terminer cette séance,merci beaucoup – et ceux qui n’ont pas eu l’occasion de poser des questions, je m’excuse auprès d’eux.  Il y avait 25 personnes qui souhaitaient poser des questions, maisseules 12 en ont eu la possibilité.  Nous nous souviendrons de cela la prochaine fois.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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