LA COMMISSION DE LA CONDITION DE LA FEMME ACHÈVE SES TRAVAUX EN ADOPTANT DES CONCLUSIONS CONCERTÉES SUR LE THÈME PRIORITAIRE DE SA SESSION

13 mars 2008
FEM/1679

LA COMMISSION DE LA CONDITION DE LA FEMME ACHÈVE SES TRAVAUX EN ADOPTANT DES CONCLUSIONS CONCERTÉES SUR LE THÈME PRIORITAIRE DE SA SESSION

13/03/2008
Conseil économique et social
FEM/1679
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Commission de la condition de la femme

Cinquante-deuxième session

16e séance (reprise) – matin

LA COMMISSION DE LA CONDITION DE LA FEMME ACHÈVE SES TRAVAUX EN ADOPTANT DES CONCLUSIONS CONCERTÉES SUR LE THÈME PRIORITAIRE DE SA SESSION

Après avoir adopté cinq résolutions vendredi dernier*, la Commission de la condition de la femme a achevé aujourd’hui ses travaux, en adoptant par consensus ses « conclusions concertées » sur le thème prioritaire de la session qu’était le financement de la promotion de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes**. 

Le texte couvre plusieurs des domaines prioritaires identifiés dans le Consensus de Monterrey sur le financement du développement.  Il recommande, par exemple, que l’impact différencié des politiques commerciales sur les hommes et les femmes soit reconnu et que l’aide publique au développement (APD) ciblant spécifiquement les programmes relatifs à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes, soit augmentée.  La Commission demande d’ailleurs aux États Membres d’intégrer la perspective sexospécifique dans les préparatifs et les résultats de la Conférence sur le suivi du Consensus de Monterrey, prévue à Doha en décembre 2008.

Les « conclusions concertées » qui se présentent, dans le document qui les contient, en un préambule de 29 paragraphes, un dispositif de 39 et deux paragraphes de conclusion, ont été présentées par le Facilitateur et Vice- Président de la Commission, Julio Peralta, du Paraguay.  Il s’est ainsi félicité de l’issue positive de consultations dont l’intensité avait obligé la Commission à reporter du vendredi 7 mars à aujourd’hui la fin de ses travaux.

Le texte fournit des recommandations concrètes qui permettront de générer un réflexe « genre » qui n’est pas encore acquis, s’est réjoui le Président de la Commission, Olivier Belle, de la Belgique.  La présence de nombreux ministres aux travaux de la Commission démontre que la volonté politique existe, a-t-il rassuré les délégations, en appelant pour l’avenir à des engagements plus concrets et à l’affectation des moyens requis. 

Nous pouvons aller de l’avant, car la session a jeté des bases très solides pour une action plus ambitieuse aux niveaux national, régional et international.  Nous avons rempli notre contrat en substance, en engagement politique et en sérieux.  Nous pouvons parler d’un succès collectif devant ce résultat positif, a conclu le représentant après que les représentants de la Slovénie, parlant au nom de l’Union européenne, de l’Iran, des États-Unis et du Chili se soient exprimés.

Le préambule des « conclusions concertées », a expliqué le Facilitateur, rappelle un certain nombre d’engagements passés particulièrement pertinents pour la question du financement de l’égalité des sexes.  Il réaffirme la responsabilité première des États de promouvoir cette égalité et note les rôles des différentes parties prenantes. 

Le dispositif couvre quant à lui un large éventail de mesures à prendre pour augmenter le financement de l’égalité des sexes.  Il appelle à l’intégration de la perspective sexospécifique dans les politiques économiques, la gestion des finances publiques et les budgets nationaux.  En la matière, il souligne le rôle des mécanismes nationaux de promotion de la femme. 

Le texte appelle d’ailleurs au renforcement des cadres institutionnels, ainsi que des mécanismes de contrôle et des capacités dans le domaine de l’intégration de la perspective sexospécifique dans les politiques budgétaires auxquelles les femmes doivent participer.  Il recommande des mesures pour renforcer la base des données, les outils et les méthodologies d’évaluation des progrès

    Dans ses commentaires, la représentante de la Slovénie, qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, a réitéré l’importance que l’Union européenne attache à l’égalité des sexes et à l’autonomisation de la femme, qui nécessitent des efforts à tous les niveaux.  Les obstacles qui continuent à se poser dans la mise en œuvre des textes de Beijing doivent être abordés de façon holistique.  Les ressources existantes doivent être utilisées d’une façon qui soit effective et soucieuse de la sexospécificité, a dit la représentante slovène.  La représentante a aussi dit attacher une grande importance aux travaux de la société civile et a regretté que son importance ne soit pas mentionnée dans les conclusions.  Elle a aussi estimé que la référence aux priorités nationales affaiblissait le texte.

Le représentant de l’Iran s’est dissocié des mentions faites à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW).  La promotion de la condition de la femme est une priorité nationale pour l’Iran, qui continuera à déployer tous les efforts en ce sens, a affirmé le représentant.

La représentante des États-Unis a souligné que son pays n’étant ni partie à la CEDAW ni à la Convention sur les droits de l’enfant, le paragraphe 5 ne saurait lui être appliqué.  Elle a défini le « droit au développement » comme celui de chaque individu de développer ses capacités intellectuelles ou autres par l’exercice de tout l’éventail des droits civils et politiques.  Elle a aussi estimé que la création, comme le fait la Commission, de nouvelles définitions des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ou l’élargissement de leur portée ne contribue en rien au consensus.  Elle a rejeté toute référence à la fixation par le Secrétariat de l’ONU d’une nouvelle cible pour l’Objectif relatif à la santé reproductive qui, aux yeux de son pays, n’inclut en aucun cas l’avortement.  

Elle a, par ailleurs, précisé que l’OMD nº3 porte sur l’élimination de la disparité entre les sexes dans l’éducation primaire et secondaire, d’ici à 2015.  Elle a en outre prévenu que les appels à l’intégration de la perspective sexospécifique dans les questions économiques, la lutte contre les changements climatiques ou l’allègement de la dette ne préjuge en rien de l’issue des négociations dans d’autres fora.  Elle a rejeté tout lien entre dépenses militaires et financement du développement.  Elle a aussi précisé que le concept de santé sexuelle et reproductive n’inclut, n’appuie, ni ne promeut l’avortement. 

La représentante a conclu en estimant que le fait que la Commission ait adopté des conclusions concertées si longues est le signe qu’elle s’est dessaisie de sa responsabilité de hiérarchiser les nombreux aspects de la question que les États-Unis auraient préféré voir dans un document concis et ciblé qui aurait servi de directives au système des Nations Unies et aux États Membres.  La représentante est revenue sur le paragraphe 4 de la résolution adoptée vendredi dernier sur la mutilation génitale pour prévenir que les références faites au Protocole de la Charte africaine des droits de l’homme n’impliquent en aucun cas une adhésion à toutes ses dispositions.

La représentante du Chili a également souligné qu’elle aurait préféré un texte plus concis établissant des priorités à l’intention des ministères concernés.  Elle s’est néanmoins dite heureuse de voir que les préoccupations de son pays ont été reflétées dans le texte.  Elle s’est félicitée que dans le domaine des changements climatiques, la responsabilité de tous les pays ait été reconnue, en particulier en ce qui concerne leur impact sur les femmes.  La représentante a tout de même argué qu’elle aurait préféré que la mention relative à la société civile soit faite de manière plus vigoureuse et a demandé aux États Membres de ne pas l’oublier dans les futures conclusions.  Elle a aussi souligné le rôle du secteur privé. 

Dans sa déclaration de clôture, le Président de la Commission a estimé que la session a été concluante, politiquement intense, substantielle, efficace et tournée vers l’avenir.  Les Conclusions concertées sont un texte utile qui tombe à point pour d’autres événements comme la Conférence de Doha.  C’est un texte, a-t-il dit, qui marque le début d’un processus.  Il s’est félicité de ce que de nombreuses délégations aient été conduites par des ministres, ce qui dénote de l’intérêt et de l’importance politiques des travaux de la Commission.  Outre la présence des ministres, la Commission a eu la chance de pouvoir organiser des événements de haut niveau, comme le lancement par le Secrétaire général lui-même de la Campagne mondiale contre la violence faite aux femmes.  Le Secrétaire général est d’autre part revenu une nouvelle fois participer à la commémoration de la Journée internationale de la femme.

Les travaux de la Commission ont aussi été marqués, a rappelé le Président, par le lancement de l’Appel interinstitutions contre les mutilations génitales, en présence de la Vice-Secrétaire générale elle-même.  Une série de personnalités sont également venues à la Commission, comme le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, le Président du Conseil économique et social (ECOSOC), la Secrétaire générale adjointe au Bureau de la consolidation de la paix, les représentants des agences du système de l’ONU, sans parler de la présence constante de la Conseillère spéciale du Secrétaire général pour l’égalité des sexes et la promotion de la femme, et de la Directrice de la Division de la promotion de la femme.

La session, a encore dit le Président, a été substantielle parce qu’elle est parvenue à des Conclusions concertées sur un thème important.  Elle a en outre abordé, au cours de différents ateliers interactifs, des thèmes comme la participation des femmes dans le règlement des conflits, apportant ainsi une contribution importante au Conseil de sécurité qui traite de la question.  La Commission a aussi parlé de la responsabilité égale entre hommes et femmes, en particulier face au VIH/sida, thème de sa prochaine session, et a tenu une réunion conjointe de la Commission des statistiques sur la création d’indicateurs de la violence faite aux femmes.  La Commission a enfin tenu un débat sur l’impact des changements climatiques sur les femmes. 

Sur tous ces thèmes, les discussions ont été productives***.  La Commission a été un bon exemple de gestion et a démontré l’efficacité d’une entité internationale et du multilatéralisme, a souligné le Président.  Les débats ont été constructifs et animés, ce qui est indispensable pour obtenir des résultats qui ont été rendus tangibles grâce à la participation d’experts de très grande qualité, a-t-il conclu. 

*FEM/1678

 **E/CN.6/2008/L.8

  *** Les résumés des ateliers sont parus sur le site Web de la Division de la promotion de la femme: http://www.un.org/womenwatch/daw/csw/52sess.htm

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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