COMMISSION DE LA CONDITION DE LA FEMME: LES DÉLÉGATIONS DÉBATTENT DES AVANTAGES SOCIOÉCONOMIQUES QU’OFFRE LA BUDGÉTISATION SENSIBLE AU GENRE

3 mars 2008
FEM/1672

COMMISSION DE LA CONDITION DE LA FEMME: LES DÉLÉGATIONS DÉBATTENT DES AVANTAGES SOCIOÉCONOMIQUES QU’OFFRE LA BUDGÉTISATION SENSIBLE AU GENRE

03/03/2008
Conseil économique et social
FEM/1672
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Commission de la condition de la femme

Cinquante-deuxième session

11e et 12e séances – matin et après-midi

COMMISSION DE LA CONDITION DE LA FEMME: LES DÉLÉGATIONS DÉBATTENT DES AVANTAGES SOCIOÉCONOMIQUES QU’OFFRE LA BUDGÉTISATION SENSIBLE AU GENRE

La Commission de la condition de la femme a achevé ce soir son débat général, qu’elle consacre depuis le 25 février au thème du financement de la parité entre les sexes et de l’autonomisation de la femme.  En présence de nombreuses délégations dirigées par des femmes, ministres chargées de la condition féminine dans leur pays, la Commission a ainsi pris le pouls des efforts menés aux niveaux nationaux pour réaliser une budgétisation qui soit sensible à la dimension genre et prenne en compte ses exigences.

Les délégations se sont, dans leur ensemble, ralliées aux recommandations du Secrétaire général pour lequel il est essentiel d’élaborer des méthodes et des instruments qui permettent de prendre systématiquement en compte l’égalité des sexes dans la gestion des finances publiques ainsi que dans les mécanismes de surveillance et d’évaluation.  Elles ont aussi convenu que les préparatifs de la Conférence internationale de suivi sur le financement du développement, chargée d’évaluer la mise en œuvre des termes du Consensus de Monterrey, sont l’occasion d’étudier de manière approfondie l’influence des mécanismes de financement du développement sur la promotion de l’égalité entre les sexes.  Les délégations ont aussi convenu de la nécessité de disposer de données ventilées par sexes, car les chiffres permettraient de mesurer l’ampleur des problèmes qui se posent et de prendre des mesures ciblées.

Décrivant l’expérience française en la matière, le représentant de la France a souligné que dans cette optique, le budget genre exigeait un dialogue entre les ministères des finances et les mécanismes nationaux chargés de promouvoir l’égalité et la parité hommes/femmes.  La politique française s’inscrit pleinement dans cette optique et repose à la fois sur une approche spécifique et sur une approche intégrée.  En Suisse, a pour sa part indiqué le représentant de ce pays, pas moins de huit projets ont été mis en œuvre pour intégrer la dimension genre dans les dépenses publiques.  Le financement pour l’égalité des sexes, a ajouté le représentant, fait partie intégrante de la politique extérieure et de la politique d’aide au développement de la Suisse. 

Contrairement à la majorité des délégations, le représentant de la République islamique d’Iran a estimé que, prise isolément, la budgétisation sensible au genre est impraticable et illogique.  En effet a-t-il expliqué, les programmes iraniens en matière de lutte contre la pauvreté, d’éducation ou de santé servent autant les hommes que les femmes.  En Iran, l’approche principale du programme de développement est fondée sur la protection de la santé familiale, a-t-il souligné, en estimant qu’en définitive, il s’agit donc de garantir l’intégrité familiale par la création d’un environnement économique et culturel favorable à l’élimination des désordres sociaux.

La prochaine réunion de la Commission de la condition de la femme aura lieu mercredi, le 5 mars, à partir de 17 heures.

SUIVI DE LA QUATRIÈME CONFÉRENCE MONDIALE SUR LES FEMMES ET DE LA VINGT-TROISIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE INTITULÉE « LES FEMMES EN L’AN 2000: ÉGALITÉ ENTRE LES SEXES, DÉVELOPPEMENT ET PAIX POUR LE XXIE SIÈCLE »

Suite et fin du débat général

M. KYAW TINT SWE (Myanmar) a fait remarquer que dans sa région, la discrimination à l’égard des sexes dans l’accès à l’éducation et à l’emploi coûtait 80 milliards par an, soit 47 milliards de dollars de perte en raison des inégalités dans l’accès à l’emploi et 30 millions en raison des inégalités dans l’accès à l’éducation.  Le crédit, a-t-il ajouté, en particulier le microcrédit, a des effets positifs sur l’autonomisation des femmes.  En 2004, 3 164 institutions de microcrédit ont accordé des prêts à 92 milliards de clients, les femmes comptant parmi les plus pauvres.  Il a relevé que la mise en pratique de programmes d’autonomisation des femmes se heurtait au manque de ressources et qu’il était regrettable que le fossé en matière de financement pour atteindre les OMD pour les pays à faible revenu se situait entre 8,6 milliards en 2006 et 23,8 milliards en 2015.  Le représentant a expliqué que dans son pays, 70% de la population vivait en zone rurale et que dans les zones frontalières 18 centres spéciaux de développement avaient été mis en place.

Mme ISMAT JAHAN (Bangladesh) a souligné que son pays a toujours été à l’avant-garde des efforts internationaux visant à réaliser l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.  Le Plan d’action national pour la promotion de la femme a été mis en œuvre au Bangladesh grâce à une intégration des questions d’égalité dans la stratégie nationale pour la lutte contre la pauvreté.  Les questions du genre sont intégrées dans les 19 matrices de la stratégie nationale, a indiqué Mme Jahan.  Le Bangladesh a aussi adopté le principe de la budgétisation sensible au genre.  Il a mis en place un cadre pour évaluer et surveiller l’impact d’une telle politique.  Il faut encore, a dit la représentante, améliorer la collecte de données ventilées par sexe pour mesurer les progrès et garantir l’égalité des sexes dans l’allocation des ressources nationales.  L’accès aux ressources est particulièrement important, a dit la représentante bangladaise, en appelant les pays développés à respecter leur engagement de consacrer 0,7% de leur PNB à l’aide publique au développement (APD).  Elle a d’ailleurs souhaité que l’impact différencié des politiques commerciales soient pris en compte, avant de plaider pour que les fonds tirés des programmes d’annulation de la dette aillent d’abord aux plans visant l’égalité des sexes.

M. ALPHA IBRAHIMA SOW (Guinée) a assuré la Commission du soutien total de la Guinée à la Campagne contre la violence faite aux femmes, lancée la semaine dernière par le Secrétaire général.  Il s’est aussi félicité du thème choisi pour les travaux de cette session et a exprimé son appréciation à la Commission de la condition de la femme pour ses efforts incessants en faveur des droits des femmes.  En Guinée, des efforts déployés à cet égard se sont traduits par la création d’un cadre stratégique et multisectoriel qui concourt à l’atteinte de l’Objectif nº3 du Millénaire pour le développement, a dit M. Sow.  Le représentant a fait part du financement de la parité entre les sexes, qui est inscrit aux différents plans de développement quinquennaux de la Guinée.  Il a indiqué que la lutte contre la traite des êtres humains était une priorité de son pays.

M. JEAN-DANIEL VIGNY (Suisse) a indiqué que pour intégrer la dimension genre dans les dépenses publiques, pas moins de huit projets ont été mis en œuvre en Suisse dans le domaine de la budgétisation sensible au genre.  Faisant part d’études menées dans son pays, il a indiqué qu’au niveau national, le travail non rémunéré a été mesuré pour la première fois en tant que facteur de grandeur économique dans le cadre d’un projet pilote de Compte satellite établi par l’Office fédéral de la statistique.  Les résultats démontrent que les heures consacrées au travail non rémunéré sont nettement supérieures à celles du travail rémunéré et que près de deux tiers de la somme du travail non rémunéré est accompli par les femmes.  Le travail non rémunéré est en outre estimé à plus de 70% de la valeur ajoutée brute enregistrée dans la comptabilité nationale, a précisé le représentant.  En outre, un instrument d’autocontrôle de l’égalité salariale a pu être développé grâce à des fonds publics, a-t-il indiqué.  Cet instrument permet dorénavant aux entreprises de plus de 50 salariés de vérifier elles-mêmes si elles respectent le principe de l’égalité des salaires.  Le financement pour l’égalité des sexes, a ajouté le représentant, fait partie intégrante de la politique extérieure et de la politique d’aide au développement de la Suisse.  Ainsi, au sein du Département fédéral des affaires étrangères, un projet pilote de budgétisation sensible au genre a été développé en 2007 dans les domaines de la promotion de la paix et de l’aide au développement.  Il sera mis en œuvre en 2008.

M. AHMAD AL-JARMAN SABAH (Émirats arabes unis) a déclaré que le Gouvernement des Émirats arabes unis était engagé à mettre en œuvre les recommandations de toutes les conférences et sommets consacrés aux femmes, notamment celles du Plan d’action de Beijing.  Les Émirats, a-t-il ajouté, ont compris depuis leur création que les femmes étaient des partenaires clefs de la promotion du développement durable, que le pays s’efforce d’atteindre.  Les dispositions de la Constitution mettent donc l’accent sur l’égalité entre les sexes au sein de sa population, qu’il s’agisse de leurs droits ou de leurs responsabilités.  M. Al-Jarman a expliqué que les Émirats avaient accompli des progrès considérables dans l’élimination de toutes les formes de discrimination contre toutes les catégories de femmes dans tous les domaines.  Il a mentionné que le nouveau Cabinet incluait quatre femmes ministres et que les femmes occupaient 22% des sièges du Conseil national fédéral et représentaient 20% du corps diplomatique émirien.  En outre, le système judiciaire a été aménagé pour permettre aux femmes d’y participer, a précisé le représentant.  Les Émirats arabes unis ont également établi sept mécanismes nationaux en faveur des femmes et des enfants, dont le dernier en date est la Fondation pour le développement de la famille.  Des résultats concrets ont été obtenus jusqu’à présent dans les domaines de l’éducation, de la santé et du travail.  Le pourcentage de filles scolarisées dans le primaire a atteint 83%, s’est encore félicité le représentant, tandis que les femmes représentent 77% des étudiants inscrits dans les universités.

M. KIM HYUNG JONG (République de Corée) a déclaré que la violence envers les femmes se poursuivait en cette période difficile marquée par trop peu de constantes et par trop de variables que sont les changements climatiques, les fossés entre les pays pauvres et riches, l’urbanisation et le vieillissement des sociétés.  J’engage les institutions de l’ONU à étudier l’impact de ces changements sur les femmes, a dit le représentant.  Par ailleurs, nous demandons instamment que soit créée une entité plus forte dans le contexte de la nouvelle initiative visant à créer une seule institution des Nations Unies dédiée aux femmes.  Le représentant a également attiré l’attention des délégations sur la violence que subissent les femmes réfugiées, et a demandé que la santé reproductive et sexuelle soit inclue dans les programmes d’aide aux peuples autochtones et aux autres femmes.  Il a souligné la détermination de la République de Corée à accorder des financements aux programmes d’habilitation des femmes par le biais des institutions des Nations Unies, notamment par le biais de l’UNIFEM.  Nous continuerons de redoubler d’efforts pour inclure la sexospécificité dans les mesures d’APD, a-t-il souligné.

M. SERGEI RACHKOV (Bélarus) a noté avec préoccupation que les engagements mondiaux pris à Beijing n’ont pas été traduits dans la réalité malgré les efforts des Nations Unies.  Plus particulièrement, il a regretté l’absence de prise en compte des sexospécificités dans la mobilisation des ressources financières, alors qu’il s’agit d’un élément essentiel à l’autonomisation des femmes.  Le Bélarus dispose d’un plan quinquennal en faveur de l’égalité entre les sexes, et le pays se trouve à la vingtième place pour le nombre de sièges occupés par des femmes au Parlement.  Le manque de protection des femmes en cas de perte d’un emploi est un sujet de préoccupation.  Nous accordons une attention particulière au chômage des femmes, qui a baissé de 1% dans le pays, a précisé le représentant.  Le chômage est compensé par des allocations sociales et des prêts à la création d’entreprise octroyés à 0% d’intérêt, et dont 300 000 femmes ont bénéficié.  La lutte contre la traite des êtres humains est aussi un élément prioritaire de notre politique, et nous proposons qu’il en soit ainsi au sein du système des Nations Unies où la prise en compte de cette question est insuffisante, a proposé le représentant. 

Mme MAMA KOITE, Caucus des femmes africaines, a invité les gouvernements à reconnaître la centralité de la question de l’égalité des sexes dans les processus de définition des modalités de l’octroi de l’aide et des résultats escomptés.  Ils doivent allouer des ressources suffisantes aux mécanismes nationaux chargés des programmes de renforcement des capacités des femmes et des filles.  Les gouvernements doivent aussi reconnaître le rôle des organes de la société civile comme partenaires égaux et renforcer les unités et les points focaux « genre » à tous les niveaux.  La représentante a également appelé les partenaires au développement à augmenter leurs financements pour que l’aide au développement en matière d’égalité des sexes et de renforcement du pouvoir des femmes soit conforme à l’objectif convenu de consacrer 0,7% de leur PNB à l’aide publique au développement.  Les donateurs doivent aussi réajuster de toute urgence leur intervention pour qu’elle soit à la hauteur des besoins des communautés locales et évaluer l’efficacité de l’aide, a conclu la représentante.

Mme ILEANA BÁRBARA NÚÑEZ MORDOCHE(Cuba) a estimé que l’on ne peut parler d’autonomisation des femmes sans mentionner les forts taux de pauvreté qui les affectent dans le monde.  Aujourd’hui, 13 ans après l’adoption du Programme d’action de Beijing, les dispositions relatives au financement respectueux de la sexospécificité ne sont toujours pas réalisées, a-t-elle déploré.  La représentante a donc appelé à une révision des dépenses militaires pour en réaffecter une partie des fonds au développement et à la lutte contre la pauvreté.  Elle a aussi appelé à la réalisation de l’objectif visant à ce que les pays développés consacrent 0,7% de leur PNB à l’APD.  Elle a également lancé des appels à la réduction de la dette extérieure et à la mobilisation de ressources nouvelles et additionnelles.  À moins de joindre leurs efforts, ni la communauté internationale, ni les gouvernements, ni les organisations financières et encore moins les mouvements de femmes ne pourront, chacun de son coté, réaliser le Programme d’action de Beijing, a prévenu la représentante.

Mme MARIA RUBIALES DE CHAMORRO (Nicaragua) a fait part de l’expérience nationale du Nicaragua, en précisant qu’il était indiscutable qu’en cette ère de libération et de croissance néolibérale les inégalités s’étaient creusées et que les femmes, qui constituent la majorité des pauvres avaient plus sombré dans la pauvreté que les hommes.  Au Nicaragua, où une transformation sociale est en cours afin de créer une croissance pour tous, nous avons développé un sens du civisme et de la participation au sein de toutes les couches de la société et de tous les secteurs sociaux, a dit la représentante.  Nous tentons d’assurer 50% de présence féminine dans tous les secteurs d’activités de la société.  Toutes les politiques de développement portent en priorité sur les filles et les femmes.  Nous avons lancé avec succès le programme « faim zéro » et mis en place des programmes de financement pour les femmes rurales par le biais de coopératives, ce qui permet de rompre la chaîne habituelle d’exploitation dont elles sont parfois les victimes ou les perdantes.

M. MOHAMMED AL-ALLAF (Jordanie) a rappelé que, dans son pays, l’égalité des sexes est garantie par la Constitution.  Ainsi, cette année, le Parlement jordanien a appuyé un Code contre la violence domestique, qui s’ajoute à d’autres initiatives institutionnelles en la matière.  L’autonomisation des femmes est également une des priorités nationales de la Jordanie, comme en témoigne, par exemple, la présence de quatre ministres femmes dans le Cabinet actuel, qui compte 28 membres.  Les femmes représentent désormais 25% des conseillers municipaux, et leur pourcentage sur le marché du travail a atteint 14,7%, a indiqué M. Al-Allaf.  La Jordanie a adopté une législation sociale et économique donnant des chances égales d’emplois et d’investissements aux hommes et aux femmes.  Les efforts portent désormais sur les amendements à apporter aux lois du travail et de la sécurité sociale pour étendre la protection juridique à tous les travailleurs.  Le pays envisage aussi d’élargir les programmes de microcrédit.  De son côté, le Comité national des femmes continue son plaidoyer en faveur de l’intégration de la dimension sexospécifique dans les plans et programmes, en particulier auprès du Ministère des finances. 

M. GERHARD PFANSELTER (Autriche) a déclaré qu’en matière d’égalité entre les sexes, l’Autriche poursuivait une stratégie double: intégration des sexospecificités et promotion de projets visant l’autonomisation des femmes.  Nous avons créé un Ministère de la condition de la femme au sein du Cabinet du Premier Ministre.  Nous avons mis l’accent sur l’élargissement de services conseils accessibles aux femmes des régions défavorisées et avons augmenté le budget alloué dans le cadre de projets de lutte contre la violence à l’égard des femmes, a dit M. Pfanselter.  Les femmes victimes d’abus ou de traite humaine reçoivent une aide psychologique et bénéficient des services de centres d’intervention.  Nous jouerons un rôle important dans la mise en place d’une budgétisation soucieuse des sexospécificités, dont le principe a été intégré à la Constitution.  En 2007, deux guides sur la mise en œuvre de l’intégration de la sexospécificité dans la budgétisation ont été publiés.  Cette approche est celle que nous appuyons dans le cadre des programmes de coopération et notamment dans la perspective des discussions qui auront lieu lors de la Conférence de Doha sur le financement du développement.

M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER (Qatar) a appuyé l’avis du Secrétaire général de l’ONU selon lequel la Conférence de Doha sur le financement du développement doit être l’occasion d’accorder une plus grande importance à la dimension sexospécifique dans les politiques de financement du développement énoncées dans les six domaines d’action du Consensus de Monterrey.  Au Qatar, a-t-il indiqué, des mesures législatives et administratives ont été prises pour rendre la politique des dépenses publiques plus sensible au genre.  Le représentant qatarien a poursuivi en mettant l’accent sur les efforts déployés par son gouvernement dans le domaine de l’éducation, qui est le « pilier fondamental des efforts visant l’égalité des sexe ».

Mme TIINA INTELMANN (Estonie) a déclaré que la promotion de l’égalité et l’émancipation des femmes, hormis leur valeur intrinsèque, est liée au développement et à la sécurité.  La lutte contre le VIH/sida et celle contre les changements climatiques, par exemple, ne donneront pas de résultats si nous n’accordons pas une attention particulière à l’égalité entre les sexes.  En Estonie, une loi sur l’égalité entre les sexes est entrée en vigueur en 2004, et une nouvelle institution a été créée, à savoir le « Commissariat pour l’égalité entre les sexes ».  Nous avons aussi incorporé les sexospécificités dans de nombreux documents stratégiques, a dit la représentante.  Elle a attiré l’attention des délégations sur la nécessité de disposer de données ventilées par sexe pour l’élaboration des politiques.  Depuis 2006, le pays a déployé des efforts constants pour parvenir à de meilleures données ventilées par sexe, a-t-elle indiqué.  En 2008-2009 une étude nationale des victimes de la violence à l’égard des femmes sera lancée.

Mme SENDID-BERRAH (Algérie) a déclaré que l’inégalité entre femmes et hommes était un phénomène planétaire dont certains facteurs contribuent à son aggravation.  L’insuffisance des ressources budgétaires allouées à des projets de promotion d’emploi des femmes en est un exemple concret.  La représentante a expliqué qu’en Algérie plusieurs aménagements institutionnels et dispositifs visaient à assurer l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.  Elle a ainsi indiqué qu’en 2002, le Ministère délégué chargé de la famille et de la condition féminine a été créé pour conforter la volonté de l’État de promouvoir le rôle de la femme algérienne dans le développement économique et social.  La représentante a ensuite précisé que l’État algérien a financé plusieurs dispositifs de création d’emplois qui, pour la plupart, ont bénéficié davantage aux femmes qu’aux hommes.  Près de la moitié des bénéficiaires des emplois salariés d’initiatives locales sont des femmes, a-t-elle ainsi dit, et quelque 7 000 microentreprises financées par le dispositif de microentreprise ont été initiées et réalisées par des femmes.  Elle a également relevé que les politiques agricoles avaient permis à plus de 22 000 femmes algériennes d’obtenir une carte d’agricultrice, laquelle leur ouvre l’accès aux subventions de l’État et aux crédits.

Mme FATIMA OUTALEB, Caucus des femmes asiatiques, a appelé les Nations Unies à appuyer l’UNRWA et toutes les organisations internationales concernées et impliquées dans la promotion du bien-être des femmes palestiniennes et du Moyen-Orient.  Il faut, a-t-elle dit, fournir des ressources suffisantes pour renforcer les mouvements de femmes.  Les Nations Unies doivent aussi lancer un appel urgent aux gouvernements pour qu’ils mettent en place des politiques visant à lutter contre la marginalisation et la discrimination dans les cas de l’Iran, de l’Afghanistan et du Pakistan.  Elle a aussi réclamé la mise en place de politiques pour protéger et codifier le travail des travailleuses migrantes dans la région.  La Commission, a-t-elle dit, doit, en conséquence, amender les conclusions agréées pour mettre l’accent sur la situation des femmes réfugiées, apatrides et travailleuses migrantes. 

M. GRÜNTER FROMMELT (Liechtenstein) a déclaré qu’au niveau national son gouvernement soutenait l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes au travers d’un mécanisme national mis en place à cet effet et de l’affectation de ressources financières.  Le Liechtenstein a ouvert en 1996 un Bureau de l’égalité entre les sexes, rebaptisé en 2005 « Bureau de l’égalité des chances ».  Ce Bureau participe à l’élaboration de politiques et à l’organisation de séminaires sur la sensibilisation des femmes à leurs droits, il contribue aussi à la mise en œuvre de la législation pertinente et de campagnes d’information, a précisé le représentant.  Le Gouvernement du Liechtenstein a également mis en place les conditions nécessaires à l’épanouissement des organisations non gouvernementales, qui jouent un rôle important dans les politiques d’égalité entre les sexes dans le pays.  Un réseau regroupant 18 ONG se réunit régulièrement sous l’égide du Bureau pour échanger des informations et discuter des projets de lois qui sont en étude.  C’est dans ce cadre que ce réseau a lancé une requête aux parlementaires du Liechtenstein pour leur demander d’ajuster le régime patrimonial et ce afin de renforcer les droits des femmes en matière de mariage et dans les situations de partenariats conjugaux et domestiques, a indiqué le représentant.  Le Gouvernement a également lancé des politiques visant à inscrire la diversité au cœur de l’activité économique nationale et à promouvoir un marché du travail équilibré.  Par ailleurs, le pays contribue régulièrement à la promotion des femmes dans le système international, en apportant son soutien financier de manière constante aux fonds et programmes des Nations Unies qui s’occupent des questions de parité.  Ainsi, l’an dernier, notre niveau d’aide publique au développement a atteint 0,6%, soit près du niveau de 0,7% réaffirmé dans le Consensus de Monterrey, a conclu M. Frommelt.

Mme MARY ANN DANTUONO, Observatrice du Saint-Siège, a estimé que l’éducation doit être au cœur des efforts d’autonomisation des femmes, avant de rappeler le rôle joué par les instituts catholiques à travers le monde.  Il faut, a-t-elle ajouté, lutter en même temps contre les pratiques discriminatoires et assurer l’égalité aux femmes sur les questions de salaires, d’accès aux soins de santé et de droits à la propriété.  Elle a également jugé nécessaire d’allouer davantage de ressources pour rémunérer le travail des femmes dans les foyers.  Les gouvernements et la société civile doivent œuvrer ensemble pour donner aux femmes un accès aux programmes de développement et aux moyens de financement, a conclu la représentante de la mission d’observatrice du Saint-Siège, en estimant que des initiatives telles que le microfinancement pour les femmes démontrent que l’aptitude humaine à innover est capable de créer des solutions nouvelles et novatrices.

M. COLLIN BECK (Îles Salomon) a rappelé que le défi de l’amélioration de la vie des femmes reste inaccompli.  L’incidence des changements climatiques, les conséquences du VIH/sida, le manque de progrès dans le cadre du processus de Doha sur le financement du développement n’ont fait qu’aggraver la condition des femmes, notamment celles des zones rurales qui sont à 80% employées dans le secteur informel.  Les Nations Unies ne sont pas sur la bonne voie pour ce qui est de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, a estimé la représentante.  Il faut déployer davantage d’efforts pour que les Nations Unies soient réellement à l’écoute des femmes, ce qui peut être obtenu par le biais du renforcement de la présence onusienne dans les pays.  En ce qui concerne le financement de l’égalité, la représentante a précisé que les ressources venant de l’APD et des impôts étaient insuffisantes et qu’il convenait d’examiner des concepts novateurs comme les programmes de microcrédit, qui sont porteurs de changements même s’ils ne permettent pas d’ouvrir de nouvelles possibilités au niveau international.

M. HAMID CHABAR (Maroc) a souligné que le travail des femmes est une contribution décisive au développement économique et au progrès global de la démocratie.  Conscient que le développement humain et durable passe par des politiques intégrant la dimension genre, le Maroc a pris des mesures spécifiques telles que l’intégration du genre dans l’élaboration et l’analyse de ses budgets nationaux.  Cette dynamique a fait que les départements ministériels ont été appelés à inclure une dimension sexospécifique dans les indicateurs de performance.  Parmi les impacts positifs d’une telle politique, le représentant a insisté sur le désenclavement du monde rural par l’élargissement de l’accès aux services sociaux de base.  Pour lever les contraintes du financement, a poursuivi le représentant, la microfinance a montré des résultats très probants, notamment dans le milieu rural.  Deux cent cinquante mille femmes ont pu ainsi bénéficier de projets générateurs de revenus.  La promotion de la femme est un combat qui interpelle tout le monde, quelles que soient la culture et la religion, a souligné le représentant du Maroc.  Il s’est réjoui du fait que son pays compte 34 femmes au Parlement et sept femmes ministres, grâce à l’implication personnelle du Roi, qui est à l’origine de la révision du Code de la famille qui a lieu en 2006, et a été suivie l’année d’après par une réforme importante du Code de la nationalité.  Par ailleurs, la révision du Code de travail a introduit pour la première fois le principe de la non-discrimination en matière d’emplois.  Le représentant a aussi mentionné les efforts liés à la création de coopératives, à la sensibilisation et à la lutte contre l’analphabétisme. 

Mme CARMEN MARIA GALLARDO HERNÁNDEZ (El Salvador) a réaffirmé l’engagement politique de El Salvador à mettre en œuvre les engagements pris dans le cadre du Programme d’action de Beijing et lors de la vingt-troisième session de l’Assemblée générale, qui sont des instruments politiques importants et doivent permettre l’inclusion des sexospécificités dans les programmes nationaux et internationaux.  Dans notre pays de grands progrès ont été réalisés dans la mise en œuvre de programmes macroéconomiques.  Nous avons élaboré un processus de libéralisation commerciale ouvrant le marché domestique aux flux de biens venant de l’extérieur, une ouverture qui a été associée à des programmes compensatoires permettant un meilleur positionnement de nos produits sur le marché international.  Dans ce cadre, la formation de la femme et le renforcement des institutions scolaires et d’enseignement technique ont pris une importance considérable.  La représentante a par ailleurs souligné que la sexospécificité apparaît de manière transversale dans le cadre mis en place par le processus de Doha, et que la Commission de la condition de la femme aura une contribution importante à faire à la Conférence internationale sur le financement du développement, qui aura lieu prochainement à Doha, au Qatar.  Elle a également félicité le Secrétaire général pour son initiative, qui s’est traduite par le lancement de la Campagne contre la violence à l’égard des femmes.

M. LEBOHANG FINE MAEMA (Lesotho) a félicité le Secrétaire général pour le lancement de sa Campagne contre la violence faite aux femmes.  Au Lesotho, a-t-il affirmé, l’égalité des sexes est au centre des lois et des politiques de développement.  Le Gouvernement a mis en place un mécanisme de promotion de la femme et a décidé, cette année, d’augmenter son budget de 10,42%.  Le Ministère de l’égalité des sexes a créé, pour sa part, un programme pour relancer le caucus des femmes parlementaires.  Le Gouvernement du Lesotho a mis en œuvre le cadre à moyen terme des dépenses publiques, ce qui a été l’occasion d’opérer une budgétisation sensible au genre.  Le Gouvernement a aussi fait adopter une législation qui rend obligatoire le congé de maternité, ainsi qu’une loi contre la violence domestique.  Le Gouvernement du Lesotho, a conclu le représentant, coopère avec la société civile dans le but d’intégrer la dimension sexospécifique dans tous les plans et programmes sociopolitiques et économiques du pays. 

Mme LITHA MYSYIMI OGANA, Union africaine, a fait part des progrès réalisés en Afrique dans la mise en œuvre du Programme d’action de Beijing et la mise en œuvre de la Convention CEDEF, précisant qu’un atelier avait été organisé récemment à ce sujet avec la participation de nombreuses femmes ministres et d’ONG.  Le but était de préparer le thème de cette réunion.  Il est indéniable que l’égalité entre les sexes doit être au centre du financement du développement, et une déclaration commune a été élaborée qui met l’accent sur cinq points: l’égalité entre les sexes est centrale au processus de développement, le financement du développement doit reposer sur une approche basée sur les droits et reconnaître tous les instruments des droits de l’homme, le financement du développement ne doit pas seulement s’attacher à la mobilisation de ressources mais trouver des solutions aux conditionnalités qui sont afférentes comme le prévoit la Déclaration de Paris, les modalités de financement doivent tenir compte de la contribution des femmes aux processus économiques et le financement du développement doit aussi porter sur la mobilisation des ressources nationales.

M. FERNANDO M. VALENZUELA, Commission européenne, a indiqué que la Commission a adopté une communication sur l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes dans la coopération au développement.  Les mécanismes de contrôle étant un préalable, la Commission a décidé d’utiliser le « marqueur » de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ce qui permet de dire aujourd’hui que 35% de l’aide au développement sont consacrés à des projets ayant un effet positif sur l’égalité des sexes.  La Commission et l’UNIFEM viennent de lancer une initiative de 2,5 millions d’euros pour appuyer les initiatives de budgétisation sensible au genre, a indiqué M. Valenzuela.  Les résultats seront présentés au Forum de haut niveau d’Accra, a-t-il précisé.  La Commission est également très active pour faire de l’égalité des sexes un objectif dans ses relations avec d’autres pays.  Elle est très attachée à la question de la protection des femmes dans les conflits armés et de leur rôle dans les négociations de paix.  Une initiative a été lancée avec l’UNIFEM et l’OIT pour améliorer la capacité des différents acteurs de la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité.  La Commission coopère aussi avec la future présidence de l’Union européenne pour mettre au point des indicateurs afin de suivre les domaines de préoccupation du chapitre consacré aux femmes dans les conflits armés dans le Programme d’action de Beijing, a dit le représentant, qui a conclu sur les politiques mises en œuvre au sein de l’Union européenne.

Mme GÜLSER CORAT, Organisation des Nations Unies pour la science, l’éducation et la culture (UNESCO), a indiqué que l’UNESCO avait décidé de faire de l’égalité entre les sexes l’élément central de sa stratégie 2008-2013, qu’elle traduit en action grâce à un programme d’action élaboré sur la base de consultations et sur la concertation.  Il ne faut pas se poser la question du pourquoi? mais plutôt celle du comment favoriser l’autonomisation des femmes?  Alors que la plupart des autres sources de financement de l’égalité se sont taries au cours des dernières années, une action plus importante, à caractère philanthropique, a été menée par le secteur privé, a-t-elle relevé.  Il nous faut donc voir comment relancer les politiques nationales, et il nous faut faire de l’égalité le premier point de l’ordre du jour, car c’est un préalable à la réalisation des OMD.  Le coût de la promotion de l’égalité est bien inférieur au coût socioéconomique que créent les discriminations entre les sexes, a estimé la représentante.

Mme AMINATTA DIBBA, Directrice en exercice du Centre pour l’égalité des sexes de la Communauté économique des pays d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a attiré l’attention sur le travail de son centre, qui fait office d’organe technique de la CEDEAO pour générer des connaissances et des transferts de compétences en matière d’intégration de la dimension sexospécifique et d’autonomisation des femmes dans l’ordre du jour sous-régional ouest-africain.  Le Centre travaille au renforcement de la participation des femmes dans les processus de prise de décisions politiques et socioéconomiques, a indiqué Mme Dibba.  Il a aussi pour mission de mobiliser la société civile, les organisations de femmes et le secteur privé pour qu’ils s’impliquent davantage dans les processus de paix et de reconstruction après conflit.  Le Centre promet également la coopération régionale pour influer sur les politiques et programmes visant à renforcer la contribution des femmes au développement économique et à la lutte contre la pauvreté. 

M. DJANKOU NDJONKOU,Organisation internationale du Travail (OIT), a estimé que le thème des travaux de la Commission cette année était fondamental pour garantir un travail décent aux femmes.  Investir dans l’égalité apporte des atouts considérables, notamment une hausse de la productivité des sociétés.  Le travail décent ne porte pas seulement sur la quantité de travail à accomplir, mais aussi sur sa qualité.  Les statistiques montrent qu’il y a plus que jamais, des femmes actives au plan économique, alors que la lutte pour un accès égal sur le marché du travail ne progresse que lentement, et alors que les femmes sont présentes à raison de 67 femmes pour 100 hommes sur le marché du travail dans le monde.  Le plein-emploi, la sécurité de l’emploi et la protection sociale sont les piliers d’un emploi décent.  En Afrique et en Asie, l’on favorise l’action en faveur de partenariats de femmes pauvres.  Les Conventions 100, et 111, 156, 183 de l’OIT sont particulièrement pertinentes, car elles traitent précisément de l’emploi de femmes, a dit le représentant.  Bien qu’une nouvelle architecture de développement des Nations Unies a été mise en place et qu’elle vise aussi à canaliser les diverses sources d’aide, elle ne garantit pas que l’égalité entre les sexes est la clef du développement des sociétés, a estimé le représentant.

Mme PAULINE MUCHINA, Programme commun coparrainé des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), a indiqué qu’aujourd’hui dans le monde, 15,4 millions de femmes vivent avec le VIH, soit 1,6 million de plus qu’en 2001.  Les femmes représentent 50% des personnes séropositives dans le monde, a noté la représentante.  En Afrique, 61% des séropositifs sont des femmes et la proportion des femmes séropositives dans les autres continents ne cesse d’augmenter.  Les liens entre l’inégalité entre les sexes et la vulnérabilité des femmes au VIH sont nombreux et variés.  Les recherches ont montré que les femmes séropositives sont plus souvent victimes de traumatismes et souffrent plus de discrimination.  Les efforts visant à lutter contre le VIH/sida doivent tenir compte des facteurs socioculturels et économiques.  La représentante a jugé encourageant que les programmes des droits de l’homme, tels que ceux concernant la discrimination, l’assistance juridique ou la formation du personnel, aient été intégrés dans les stratégies nationales contre le VIH/sida.  Toutefois, a-t-elle dit, les programmes spécifiques comme l’assistance juridique ou l’émancipation économique des femmes n’y sont pas intégrés.  Au niveau international, les ressources sont là, mais il faut les utiliser efficacement en s’attaquant aux moteurs sociaux de l’épidémie, y compris l’inégalité des sexes.  Il est donc important d’intégrer les questions d’égalité des sexes dans les cadres d’action nationaux qui doivent s’aligner sur les engagements internationaux.  Il importe aussi que les organisations de femmes soient impliquées à tous les stades de l’élaboration des cadres d’action nationaux.  Elles doivent être dotées des ressources nécessaires, a conclu la représentante, en soulignant l’importance des données ventilées par sexe.

Mme SAFIYE CAGAR, Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), a indiqué que le FNUAP avait toujours été le champion de l’autonomisation des femmes.  Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour renverser la tendance qui voit une féminisation croissante de la pauvreté, a dit Mme Cagar.  Cette onde de choc devrait inciter à une augmentation des investissements en matière de santé et de lutte contre la violence envers les femmes, a-t-elle estimé.  Le temps est venu pour le monde de faire de la condition de la femme une priorité.  La nouvelle Campagne du Secrétaire général renforce les priorités établies dans le cadre de la campagne du Millénaire.  Trop de femmes aujourd’hui sont victimes de la violence sexuelle et souffrent de faiblesse de l’offre en matière de soins de santé génésique, ce qui les prive de leur productivité potentielle, a estimé Mme Cagar.  Plus de 200 millions de femmes dans le monde ne réalisent pas leur droit à l’accès à la santé génésique, a-t-elle souligné.  Investir dans les femmes paie et le FNUAP est engagé à travailler avec les Nations Unies, les gouvernements et la société civile sur cette question.  Afin d’augmenter l’investissement dans les femmes, nous avons créé des fonds pour garantir la santé maternelle et mettre un terme aux mutilations génitales et aux ravages causés par la fistule obstétrique.  Nous savons que ce que nous faisons aujourd’hui modèle notre avenir, a dit la représentante du FNUAP.

Mme SANABRA, Réseau international des femmes libérales, a invité les gouvernements à inclure la perspective sexospécifique dans leur budget en vue de réaliser l’autonomisation des femmes.  Elle a aussi proposé à toutes les parties prenantes de renforcer les efforts financiers dans les trois domaines que sont l’éducation, la santé et les politiques d’autonomisation économique.  L’éducation, la santé et l’indépendance économique des femmes sont les trois piliers de leur autonomisation, a insisté la représentante, avant d’encourager un dialogue entre ONG et gouvernements pour veiller à l’allocation suffisante de moyens humains et financiers.

Mme PALWASHA KAKAR, Vice-Ministre de la condition féminine de l’Afghanistan, a rappelé qu’après plus de 20 ans de conflit et de destruction, le pays fait face à d’immenses défis.  Aujourd’hui, le Gouvernement afghan fonde son développement sur les femmes afghanes, a-t-elle dit.  Une loi a été votée pour assurer la participation égale des femmes dans toutes les sphères de la vie publique, mais en dépit des progrès, les femmes afghanes ont l’un des indicateurs de développement les plus bas au monde si l’on se base sur l’index de développement par sexe qui combine l’espérance de vie, l’éducation et le standard de vie.  En conséquence, le pays s’est engagé à renforcer ses efforts d’intégration de la perspective sexospécifique et de mise en œuvre du Programme d’action de Beijing, a dit Mme Kakar.  C’est la raison pour laquelle, il a adopté un plan décennal d’action pour les femmes qui est mis en œuvre par tous les ministères.  Mais la capacité du Ministère de la condition de la femme doit être renforcée pour qu’il soit capable de coordonner les efforts, de fournir une assistance technique et la formation requise en matière de sexospécificité.  En outre, une unité de budgétisation sensible au genre a été créée au sein du Ministère des finances.

Mme FATOU JASSEH-KUYATEH (Gambie) a expliqué que dans son pays une loi a porté création d’un Conseil chargé d’évaluer les politiques et la législation.  En 1996, le Ministère gambien des femmes a été créé et des points focaux ont été chargés de l’intégration soutenue de la politique en faveur de l’égalité entre les sexes.  Afin d’aligner les stratégies nationales sur les stratégies adoptées au plan international, une politique sur la promotion de la parité sera mise en place avec l’aide de la Banque africaine de développement.  Cette politique servira de point de référence pour une intégration efficace et effective des sexospécificités, a indiqué Mme Jasseh-Kuyateh.  Elle a précisé qu’une analyse du budget était en cours dont les résultats alimenteront la politique sur le genre.  Un budget qui soit sensible au genre exige un engagement politique, a signalé la représentante.  Elle a aussi mentionné l’exercice de révision de la législation mené en 2007, qui servira de base au projet de loi sur les femmes et sera présenté prochainement à l’Assemblée nationale.

M. NEVEN JURICA (Croatie) a indiqué que son pays, la Croatie, tient des discussions sur les moyens d’améliorer la budgétisation sensible au genre.  Pour renforcer la position des femmes dans le monde des affaires, le Gouvernement mène plusieurs programmes en envisageant d’adopter une stratégie nationale pour le développement de l’entreprenariat féminin, a indiqué M. Jurica.  Il y a deux ans, le Ministère de l’économie de la Croatie a commencé à développer un projet visant à accorder des subsides et des dons aux femmes entrepreneurs.  En outre, la politique nationale d’égalité entre les sexes vise à renforcer les moyens de collecte des données relative à la discrimination dans le monde du travail.  Le Gouvernement est aussi entré dans un processus de réforme de la loi sur l’égalité des sexes.  Soulignant l’importance des campagnes contre la violence faite aux femmes, le représentant croate a estimé que les efforts devraient aussi viser les causes sous-jacentes de cette violence.  La Croatie vient d’ailleurs d’adopter sa stratégie nationale, qui couvre la période allant de 2008 à 2010.

M.NIRUPAM SEN (Inde) a estimé que la croissance économique n’était pas synonyme de réduction des inégalités, pour laquelle une politique publique supplémentaire est nécessaire afin d’assurer un changement social en Inde.  Depuis son septième plan quinquennal, l’Inde a modifié progressivement sa politique afin de fournir une aide et d’élaborer des programmes spécifiquement dédiés aux femmes.  Le Plan pour la femme prévoit que 30% des fonds de tous les secteurs soient réservés aux femmes.  En 2004 l’Inde a adopté le « budget genre » qui depuis, bénéficie d’une grande adhésion.  Pour améliorer l’indépendance des femmes en zones rurales, un programme de création d’emplois a été lancé en 2006 qui garantit 100 jours de travail payé par an à chaque foyer rural.  Le Gouvernement de l’Inde encourage également la formation de groupes d’entraide de femmes, qui sont à l’heure actuelle au nombre de 2 millions dans le pays.  Un accent particulier est aussi mis sur la formation des femmes pour leur permettre un accès à un emploi à responsabilités.  La proportion des femmes dans le domaine des technologies de l’information est de 20% de la main d’œuvre totale, a indiqué la délégation indienne.

M. LIU ZHENMIN (Chine) a estimé que les efforts visant l’égalité des sexes se heurtent toujours aux effets multiplicateurs de la mondialisation, de l’urbanisation, de l’inégalité des niveaux de développement dans une même région et des migrations.  Le financement de l’égalité des sexes et de l’autonomisation est la clef de la promotion de la femme, a dit le représentant, en appelant la communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour mettre en œuvre le Consensus de Monterrey.  Après avoir détaillé les initiatives et les actions prises par la Chine, il a dit que son pays se tient prêt à partager son expérience avec d’autres.  

M. FABIEN FIESHI (France) a estimé que, comme le souligne le Secrétaire général, il est essentiel d’élaborer des méthodes et des instruments qui permettent de prendre en compte systématiquement la promotion de l’égalité des sexes dans la gestion des finances publiques ainsi que dans les mécanismes de surveillance et d’évaluation.  À cet effet, le dialogue entre ministère des finances et mécanismes nationaux chargés de promouvoir l’égalité est important, a estimé le représentant.  La politique française s’inscrit pleinement dans cette optique et repose sur l’approche spécifique et l’approche intégrée.  L’approche intégrée, a précisé le représentant, a donné lieu à la Charte de l’égalité le 8 mars 2004.  Par ailleurs, un document de politique transversale est rédigé à partir d’informations dont la fourniture par les administrateurs est obligatoire.  La France est convaincue que l’égalité entre les sexes est aussi une condition préalable à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Le représentant a aussi abordé la situation des femmes vivant dans des situations postconflit et dans la reconstruction des sociétés déchirées par la guerre, en précisant que la France s’efforce de garantir la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.  Le représentant a aussi abordé les efforts déployés par son pays pour éliminer la violence à l’égard des femmes, et il a rappelé que la France est coauteur du projet de résolution sur l’intensification des efforts menés en vue de l’élimination d’une telle violence.

M. EMADI (République islamique d’Iran) a expliqué que la Charte iranienne des droits et des responsabilités des femmes se fonde sur les trois piliers que sont la spiritualité, la justice et la sécurité, conformément aux préceptes religieux et culturels de l’Islam.  La Charte traite des questions liées aux femmes sous un angle bien plus large que celui des conventions internationales.  Ainsi, en plus de leur budget ordinaire, les ministères reçoivent des budgets spéciaux pour améliorer leurs performances en ce qui concerne les conditions de vie des femmes.  Prise isolément, la budgétisation sensible au genre est impraticable et illogique parce que les programmes iraniens en matière de lutte contre la pauvreté, d’éducation ou de santé servent autant les hommes que les femmes, a dit le représentant.  En Iran, l’approche principale du programme de développement est fondée sur la protection de la santé familiale.  Il s’agit donc de garantir l’intégrité familiale par la création d’un environnement économique et culturel favorable à l’élimination des désordres sociaux, a-t-il souligné.  Le représentant s’est dit convaincu qu’en offrant le nouveau modèle d’une femme pieuse, chaste, politiquement avisée, responsable, prompte au sacrifice et promotrice de la spiritualité dans la famille, une nouvelle civilisation ne manquera pas d’émerger.  Il a donc argué que l’examen des problèmes touchant les femmes sous un angle moral, culturel et sociopolitique, permettra, au niveau international, de parvenir à un consensus sur une manière de promouvoir la condition de la femme en tenant compte des différences religieuses, nationales et ethniques.

Mme MARIE LAURENCE JOCELYN LASSEGUE, Ministre de la condition féminine et des droits de la femme d’Haïti, a signalé que son pays présentera au mois de mars son premier rapport national sur la mise en œuvre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination faite aux femmes, qu’Haïti avait ratifié en 1981.  La Ministre a estimé qu’il s’agissait là d’une avancée significative qui s’est trouvée renforcée par la révision des lois discriminatoires, du Code pénal et du Code civil.  La publication dans le Journal officiel du décret du 6 juillet 2005 modifiant le régime des agressions sexuelles et éliminant en la matière les discriminations contre les femmes dans le code pénal marque un tournant important dans la philosophie haïtienne, a indiqué Mme Lassegue.  Trois projets de lois sont en cours d’examen, dont les projets de loi sur la violence domestique, sur la filiation et sur les unions consensuelles, qui marqueront aussi un tournant déterminant et auront un impact sur 52% de Haïtiens, a précisé la Ministre haïtienne.  Elle a aussi fait état de l’adoption d’un quota de 30% de femmes dans les programmes à haute intensité de main d’œuvre du Ministère des travaux publics.  Au rang des autres priorités que s’est fixé son gouvernement, elle a aussi mentionné la lutte contre la violence faite aux femmes et celle contre la féminisation de la pauvreté.

M. ALDO MANTOVANI (Italie) a rendu hommage au courage dont font preuve les femmes pour défendre leurs convictions comme cela a été le cas pour Benazir Bhutto.  Il a aussi appelé à la libération immédiate d’Ingrid Betancourt.  Il a poursuivi, en estimant que pour honorer la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’on a l’impératif moral de dire non à la traite et à l’exploitation des êtres humains, non à toutes les formes de mutilations génitales, non à la ségrégation et à la persécution de ceux qui ont choisi de vivre librement et de manière autonome et non à la tendance à sélectionner le sexe des enfants et à éliminer les fœtus de sexe féminin.  Après avoir fait part des efforts que déploie son pays et appuyé la Campagne du Secrétaire général contre la violence faite aux femmes, le représentant de l’Italie a rappelé que son pays contribue à la mise en œuvre de la résolution 1325 par son programme d’assistance au développement.  À ce propos, le représentant a appuyé l’appel du Secrétaire général pour que le Conseil de sécurité mette en place un mécanisme sur la violence contre les femmes et les filles, qui serait opérationnel dans le cadre de la résolution 1325. 

M. IYA TIDJANI (Cameroun) a affirmé que la politique de développement de son pays était sous-tendue par le principe de justice sociale, au profit de l’épanouissement de tous les citoyens, et qu’elle intégrait bien évidemment la sexospécificité afin de susciter des transformations structurelles et institutionnelles favorables à sa mise en œuvre.  Il a précisé que toutes les structures gouvernementales, ainsi que celles mises en place par la société civile et les ONG internationales, intégraient progressivement la perspective d’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes.  Afin de réduire les disparités observées entre les sexes et prendre en compte les besoins spécifiques des femmes, il a souligné la création au Cameroun des comités de développement, dont les comités villageois, qui ont une forte représentation de femmes à tous les niveaux de décision.  M. Tidjani a aussi mis en avant les projets d’appui aux stratégies paysannes destinées aux femmes rurales initiés au Cameroun, ou encore, les mesures pour mieux intégrer les filles aux filières de formation professionnelle.  De plus, il a noté que les processus budgétaires s’inscrivaient dans un cadre de collaboration entre les ministères chargés des finances et de la planification et les autres parties prenantes, avec comme base la conviction que la promotion de la femme constituait une question de développement.  Le représentant a aussi affirmé que des initiatives étaient prises spécifiquement pour les femmes, grâce aux ressources provenant de l’initiative PPTE, s’accompagnant d’un volet renforcement des capacités.  Enfin, il a appuyé la recommandation du Secrétaire général visant à faire de la prochaine Conférence internationale de suivi sur le financement du développement l’occasion d’intégrer la sexospécifité dans les politiques macroéconomiques et les objectifs convenus au plan international. 

M. LUIS ENRIQUE CHAVEZ (Pérou) a dit que sa délégation partageait les recommandations du Secrétaire général concernant le financement de l’autonomisation des femmes et de la parité entre les sexes.  Le Pérou a pris des mesures dans ce sens, notamment pour réaliser l’Objectif nº3 du Millénaire pour le développement et le Programme d’action de Beijing.  Il a ainsi adopté la loi d’égalité entre les sexes qui établit le cadre normatif institutionnel.  Le Pérou est engagé dans la promotion d’une politique de tolérance zéro face à la violence faite aux femmes, ceci grâce à des mesures publiques, notamment la création de centres d’accueil d’urgence, d’un réseau de facilitateurs composé de femmes bénévoles et d’un plan intégral de réparation pour les actes de violence intervenus entre 1980 et 2000, ce qui comprend la compensation aux victimes de diverses formes d’agressions, a dit M. Chavez.  Il a précisé que la lutte contre la violence envers les femmes survenant dans le cadre des conflits armés doit reposer sur l’application de la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.

M. ROBERT AISI (Papouasie-Nouvelle-Guinée) a fait part de l’expérience de son pays dans certains domaines de promotion de la femme.  Ainsi, il a mis en avant les deux points focaux nationaux créés en faveur des femmes, indiquant que le premier était un mécanisme gouvernemental, alors que le deuxième, appelé Conseil national des femmes, rassemblait 39 ONG.  M. Aisi a aussi annoncé que depuis janvier 2008, son pays s’était doté d’un Bureau pour les femmes qui est responsable de planifier des politiques, ainsi que l’évaluation et le suivi du Plan d’action de Beijing.  Le Bureau est aussi chargé du suivi de la mise en œuvre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.  M. Aisi a cependant noté que la Papouasie-Nouvelle-Guinée manquait de ressources pour mettre en œuvre les diverses politiques et programmes existant dans ce domaine.  S’agissant de la budgétisation sensible au genre, M. Aisi a affirmé que le Gouvernement avait, de manière constante, alloué équitablement les ressources financières, et que cela allait encore être amélioré par la mise en place du Bureau pour les femmes.  Il a enfin déclaré que son pays reconnaissait les femmes en tant que partenaires égales au développement.  Il a fait valoir que le projet donnant les directives de planification du développement intégrait la sexospécificité et la promotion des femmes en tant que question importante du processus de développement dans son ensemble.  Il a précisé que cet engagement était reflété dans la création récente du Bureau pour le développement des femmes, qui doit conseiller le Gouvernement et s’occuper du suivi des engagements internationaux. 

Mme NADYA RIFAAT RASHEED, Observatrice de la Palestine, a souligné qu’il n’y a absolument rien de normal dans la vie des peuples soumis à une occupation étrangère.  La libre circulation leur est interdite et ils sont exclus de l’accès aux hôpitaux.  La malnutrition, le chômage et la pauvreté sont le lot quotidien de ces populations.  La terreur qui leur est infligée ne disparaît jamais.  La situation des femmes palestiniennes, a-t-elle dit, exige beaucoup d’attention de la part de la communauté internationale.  L’occupation israélienne est le premier obstacle à l’avancement politique, économique et social de ces femmes, a souligné M. Rasheed, en rappelant Israël à ses obligations humanitaires et en l’invitant à se lancer sur la voie de la paix.

Mme MANJU BHATTRARAI (Népal) a indiqué que son pays attache la plus grande importance à la promotion de l’égalité entre les sexes et à l’autonomisation de la femme.  La déclaration parlementaire adoptée en mai 2006 a garanti les droits égaux des femmes à l’accession à la propriété et à la citoyenneté, ainsi qu’une représentation d’un tiers de femmes lors des élections, y compris le scrutin parlementaire.  La Constitution intérimaire du Népal garantit les libertés civiles et les libertés fondamentales, y compris les droits des femmes, a indiqué Mme Bhattrarai.  La nouvelle loi sur le service civil permet l’augmentation du nombre de Népalaises dans la bureaucratie du pays.  Le financement de la parité, a encore ajouté la représentante, est l’aspect le plus important du développement de la femme, a-t-elle conclu.

Mme PANICO, Caucus des filles, a demandé aux États d’allouer les ressources nécessaires à la lutte contre la traite des femmes et aux combats à mener contre l’exploitation sexuelle des filles, en débloquant les fonds, en adoptant des lois efficaces et en luttant contre le crime organisé.  Les États doivent aussi diffuser les informations pertinentes et assurer la facilitation de la réintégration des victimes dans leur foyer et dans leur société, a-t-elle recommandé.  Elle a, à son tour, appuyé la Campagne du Secrétaire général contre la violence faite aux femmes.

M. LUCA DALL’OGLIO, Observateur permanent de l’Organisation internationale des migrations(OIM) a rappelé que le travail de l’OIM vise à sensibiliser la société aux problèmes que rencontrent les femmes migrantes et que l’OIM fait la promotion de politiques spécifiques visant à réaffirmer la protection des femmes migrantes.  Les efforts déployés ont donné des résultats encourageants et l’OIM ne cesse de sensibiliser la communauté internationale aux problèmes que rencontrent ces femmes aussi bien dans les pays d’accueil que dans leurs pays d’origine.  La contribution de la diaspora a été mise en exergue dans de nombreux fora, tout comme l’a été le phénomène de la traite des êtres humains.  Le corollaire de ce plaidoyer est l’amélioration du savoir et la nécessité de disposer de données appropriées.  Disposer de données pertinentes permet de faire apparaître un certain nombre de questions aussi bien dans les pays d’accueil que dans les pays d’origine, a estimé le représentant.  L’impact socioéconomique de la migration féminine, sur le tissu social et sur leur communauté d’origine, et notamment l’impact sur les enfants qu’a le phénomène des femmes migrantes, sont encore des questions auxquelles il nous faut répondre.

Mme LORENA AGUILAR REVELO, Union mondiale pour la conservation de la nature, a cité une étude de la London School of Economics qui, après avoir examiné 141 situations de catastrophes naturelles, a apporté les preuves irréfutables que le nombre de femmes victimes de ces catastrophes est directement lié à leur condition économique et sociale.  Quand leurs droits ne sont pas protégés, les femmes meurent plus que les hommes pendant les catastrophes naturelles, a dit Mme Aguilar Revelo.  En conséquence, l’autonomisation des femmes devrait être l’une des priorités des politiques d’adaptation aux catastrophes naturelles et de réduction des risques.  Il ne faut pas seulement considérer les femmes comme des victimes, a prévenu la représentante.  Ce sont des agents du changement et leur leadership est essentiel.  Elle a demandé des mesures sexospécifiques pour la protection en cas de catastrophes, la participation d’experts hommes et femmes dans les processus de prise de décisions relatives aux changements climatiques et l’intégration d’une dimension sexospécifique dans les programmes de mise en œuvre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

Mme LINE VREVEN, Vice-Présidente de l’Association américaine des personnes retraitées (AARP), a déclaré qu’il restait encore beaucoup à faire, en dépit des initiatives déjà prises par les Nations Unies, pour améliorer la condition de la femme.  Les gouvernements doivent accroître leurs efforts pour permettre la mise en œuvre des accords existants, et ceci exige plus que de la volonté politique et davantage de ressources, a dit Mme Vreven.  Bien que des progrès notables aient été faits en matière de financement du développement et d’intégration du budget genre, des millions de femmes continuent de vivre une vie d’insécurité chronique en raison de leur marginalisation, a-t-elle déploré.

Mme XENIA VON LILIEN-WALDAU, Fonds international du développement agricole (FIDA), a souligné que dans la plupart des pays en développement, les petites exploitations agricoles sont détenues par des femmes.  Elle a donc regretté que les besoins des agricultrices ne figurent pas comme il se doit dans les stratégies et les programmes de développement des gouvernements.  Les femmes produisent la moitié de la production alimentaire mondiale, et entre 60% à 80% des produits agricoles dans les pays en développement, a dit Mme Lilien-waldau.  La représentante a donc préconisé l’élargissement de l’accès des femmes aux moyens et biens de production, le renforcement de leur rôle dans les processus de prise de décisions et l’allègement de leur travail.

Mme BANDANA RANA, qui s’exprimait au nom de la Campagne d’architecture du genre, a expliqué que cette campagne regroupe plus de 80 organisations qui plaident en faveur d’une entité plus forte au sein des Nations Unies.  Des progrès considérables ont été faits au sein du système grâce notamment au Programme d’action de Beijing et à la convention CEDEF, mais il manque un mécanisme spécifique pour exécuter les engagements pris.  Nous demandons à la communauté internationale d’agir maintenant, a dit Mme Rana.   Elle a aussi demandé que ce mécanisme puisse disposer des financements adéquats qui lui sont nécessaires. 

Mme SIMIONI, parlant au nom des commissions régionales des Nations Unies, a indiqué qu’en prévision de la Conférence de suivi de la mise en œuvre du Consensus de Monterrey, les commissions régionales vont organiser, dans la première moitié de cette année, des consultations au niveau régional pour identifier les particularités du financement du développement propre à chaque région.  Ces consultations bénéficieront de l’appui des banques régionales de développement et d’autres organisations régionales, a dit la représentante.  Elle a invité la Commission à tenir compte, dans ses délibérations, de l’aspect régional des choses.  Par ailleurs, a-t-elle conclu, les commissions régionales vont renforcer leurs efforts pour soutenir la Campagne du Secrétaire général contre la violence faite aux femmes.  Plusieurs activités sont déjà programmées, en collaboration avec les État Membres selon les régions concernées, ainsi qu’avec le système des Nations Unies et la société civile.

Mme AUNE, Caucus des femmes d’Amérique latine et des Caraïbes, a estimé que les recommandations du Groupe d’experts sur le financement de la parité sont un outil important pour assurer que davantage de ressources financières et humaines accompagnent les progrès des femmes.  Elle s’est aussi félicitée des recommandations visant la collecte de données ventilées par sexe et a suggéré que cette désagrégation aille plus loin et porte aussi sur la race et l’ethnie.  Il convient que la participation des femmes et des groupes marginalisés soit plus importante dans le cadre des processus de prise de décisions à tous les niveaux, local, régional et international.  Il faut établir une perspective de la parité dans tous les ministères pertinents en tant que priorité, et il faut intégrer les femmes dans tous les programmes économiques.

Mme TAN, Conseil international des femmes, a fermement appuyé la Campagne du Secrétaire général contre la violence faite aux femmes.  Elle a demandé l’augmentation des ressources pour financer adéquatement les efforts visant l’égalité des sexes.  La Commission doit demander à tous les gouvernements d’accorder un pourcentage approprié de leur budget à ces efforts.  La représentante a aussi demandé à la Commission de condamner sans équivoque la traite des femmes et des enfants.  L’ONU doit fournir aux femmes une protection internationale immédiate dans toutes les zones de conflit.  Les questions de souveraineté ne devraient pas prendre le pas sur la vie des plus vulnérables, a estimé la représentante.  La Commission peut rassembler les hommes et les femmes qui veulent se joindre aux États Membres pour surmonter les obstacles actuels à la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité, a conclu la représentante.  

La représentante du Caucus d’organisations dans le domaine de l’information a estimé que le changement exige des efforts, une bonne communication et l’échange d’informations fiables, qui forment la mémoire collective.  Les systèmes d’information régionaux devraient donc être développés et comprendre la connaissance mais aussi le traitement de l’information en faisant appel aux techniques de communication les plus récentes.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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