L’ECOSOC MET L’ACCENT SUR L’IMPORTANCE DE LA RÉDUCTION DES RISQUES POUR FAIRE FACE AUX CONSÉQUENCES HUMANITAIRES DES CATASTROPHES NATURELLES

16 Juillet 2008
ECOSOC/6363

L’ECOSOC MET L’ACCENT SUR L’IMPORTANCE DE LA RÉDUCTION DES RISQUES POUR FAIRE FACE AUX CONSÉQUENCES HUMANITAIRES DES CATASTROPHES NATURELLES

16/07/2008
Conseil économique et social
ECOSOC/6363
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil économique et social

Session de fond 2008

31e & 32e séances – matin & après-midi


L’ECOSOC MET L’ACCENT SUR L’IMPORTANCE DE LA RÉDUCTION DES RISQUES POUR FAIRE FACE AUX CONSÉQUENCES HUMANITAIRES DES CATASTROPHES NATURELLES


Le Conseil procède également à l’élection de membres à des sièges qui étaient vacants dans six de ses organes subsidiaires


La réduction des risques, y compris la préparation des pays et des populations et la planification des secours, ont été identifiées aujourd’hui, lors des débats du Conseil économique et social (ECOSOC), comme des éléments essentiels dont la communauté internationale et les États affectés ont besoin pour faire face aux catastrophes naturelles et aux conséquences humanitaires qui leur sont associées. 


Le Conseil a d’abord tenu, ce matin, une réunion-débat sur le thème de la planification en prévision des catastrophes et l’atténuation des risques qui leur sont associés.  Les intervenants à la discussion ont rappelé que les changements climatiques constituaient la principale cause de déclenchement des catastrophes naturelles qui, au cours de la dernière décennie, ont affecté 2,5 milliards de personnes.  Ils ont estimé que dans un contexte aggravé par la crise alimentaire et énergétique, il fallait agir rapidement pour permettre aux pays et aux groupes les plus vulnérables de renforcer leur résilience par des mesures d’adaptation et de préparation aux catastrophes, dont la mise en place de systèmes d’alerte rapide.


Lors de cette discussion, les panélistes ont aussi insisté sur l’importance de garantir que l’aide humanitaire s’inscrive dans un processus de développement d’ensemble et permette de renforcer la capacité des pays à faire face, eux-mêmes, aux catastrophes naturelles.  Ces mêmes principes ont été soulignés par les délégations, cet après-midi, alors que l’ECOSOC concluait son débat général consacré aux affaires humanitaires.  En ce qui concerne le renforcement des capacités, les délégations ont précisé que l’assistance humanitaire devait tenir compte des activités nationales des pays auxquels elle est prodiguée en ce qui concerne la planification et l’exécution des activités de secours.


La plupart des délégations ont par ailleurs réaffirmé l’importance des priorités identifiées dans le Cadre d’action d’Hyogo pour 2005-2015, qui vise notamment à renforcer la capacité de récupération des pays et des collectivités face aux catastrophes.  Elles ont enfin rappelé l’importance d’assurer l’accès du personnel humanitaire aux populations vulnérables et condamné les actes de violences commis contre ces travailleurs.


L’ECOSOC a procédé dans l’après-midi à l’élection de membres de six de ses organes subsidiaires.  À l’issue d’un vote, M. Eugenio A. Insigne des Philippines a ainsi été élu par 22 voix en tant que membre de l’Instance permanente sur les questions autochtones pour un mandat de deux ans, débutant le 1er  janvier 2009.  M. Berenado Vunibobo, l’autre candidat, de Fidji, a reçu 18 votes. 


S’agissant de la Commission du développement social, le Gabon a été élu par acclamation, au nom des États africains, pour un mandat de quatre ans, prenant effet en 2009.  Les élections d’un membre devant représenter les États d’Europe de l’Est et de deux membres représentant les États d’Amérique latine et des Caraïbes ont été reportées, aucun candidat n’ayant été présenté par ces deux groupes régionaux. 


Par ailleurs, la République démocratique du Congo a été élue par acclamation en tant que membre, au nom des États d’Afrique, de la Commission pour la prévention du crime et la justice pénale pour un mandat de trois ans débutant le 1er janvier 2009.  Cette élection a ainsi complété la composition de la Commission pour l’année 2009. 


Ce même pays ainsi que la Guinée équatoriale ont été élus par acclamation pour occuper les sièges encore vacants, et revenant aux États d’Afrique, à la Commission de la science et de la technique au service du développement.  Le mandat de quatre ans de ces deux pays prendra effet le 1er janvier 2009.  En l’absence d’autres candidats, le Conseil a reporté l’élection d’un membre issu du Groupe de l’Amérique latine et des Caraïbes, et de deux membres du Groupe de l’Europe occidentale et autres États. 


L’ECOSOC d’autre part a élu, par acclamation, la République du Congo en tant que membre du Conseil de coordination du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) pour un mandat de trois ans, prenant effet à partir du 1er janvier 2009, ce qui complète ainsi la composition de cet organe.  Enfin, la République centrafricaine a été élue par acclamation, au nom des États d’Afrique, comme membre du Comité du programme et de la coordination pour un mandat de trois ans, son mandat prenant effet le 1er janvier 2009.  L’élection de trois membres issus du Groupe des États d’Europe occidentale et autres États a été reportée. 


Les délégations suivantes ont pris la parole au cours du débat général de la journée: Liechtenstein, République du Congo, Algérie, Pakistan, El Salvador, République de Corée, Uruguay, Bolivie et Sri Lanka.  Les représentants de l’Ordre souverain militaire de Malte, de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croisant-Rouge, du HCR, d’ONU-Habitat et de l’UNESCO sont également intervenus. 


Le Conseil poursuivra ses travaux demain, jeudi le 17 juillet, à 10 heures. 


DÉBAT CONSACRÉ AUX AFFAIRES HUMANITAIRES


Réunion-débat sur le thème « Planification en prévision des catastrophes et atténuation des risques qui y sont associés: Remédier aux conséquences humanitaires des catastrophes naturelles, y compris l’impact des changements climatiques »


Déclarations liminaires


Mme CATHERINE BRAGG, Sous-Secrétaire générale aux affaires humanitaires et animatrice de la réunion-débat, a espéré que la discussion serait l’occasion de souligner l’importance de la préparation contre les catastrophes et de la planification.  Elle a aussi noté que les mécanismes d’adaptation devaient utiliser l’expérience déjà acquise.  Elle a affirmé qu’il fallait promouvoir les synergies entre les solutions aux changements climatiques, l’atténuation des risques qu’ils posent et les mesures humanitaires.  Elle a précisé qu’il reste certains écarts à combler, notamment en ce qui concerne les migrations ou les situations de conflits, situations pour lesquelles la communauté humanitaire doit, selon elle, trouver des solutions novatrices.


Mme BARBARA CARBY, Directrice de la gestion des risques aux Îles Caïmanes, a centré son intervention sur les changements climatiques et l’atténuation des risques dans la région des Caraïbes.  Elle a fait valoir qu’en 1997, la Communauté des Caraïbes (CARICOM) a décidé de mettre sur pied un centre relatif aux changements climatiques.  Elle a expliqué que ce centre mettait en œuvre différents projets lié à l’adaptation à ce phénomène.  Elle a précisé que le dernier programme élaboré visait à veiller à ce qu’on intègre les changements climatiques dans les politiques nationales.  Mme Carby a estimé qu’on ne reconnaissait pas assez l’importance critique des mesures destinées à promouvoir l’atténuation des effets des catastrophes dans les politiques de gestion des risques.  Toutefois, elle a constaté que la région des Caraïbes, par ses efforts d’atténuation, avait réussi à gérer de nombreux effets des changements climatiques.  À titre d’exemple, elle a noté que, face aux cyclones et aux inondations, plusieurs pays avaient élaboré et amélioré leurs systèmes d’alerte et de prévision et avaient mis en place des mécanismes de prévision au niveau des communautés.  Rappelant que les catastrophes naturelles affectaient les moyens de subsistance, elle a évoqué un projet pilote mis en œuvre en Jamaïque.  Ce projet pilote consiste en un programme d’horticulture qui a permis de modifier la conception des serres afin qu’elles puissent être démontées avant un ouragan, puis être rapidement remontées une fois le danger éloigné.  Cela limite la perte de revenus pour les horticulteurs car la période de reconstruction est plus courte, a-t-elle déclaré. 


Par ailleurs, elle a indiqué que le Centre de la CARICOM sur les changements climatiques s’employait maintenant à rassembler des données et à mettre au point des modèles d’évaluation et de risques.  Elle a aussi rappelé qu’au début de ce mois, les Ministres de la CARICOM avaient demandé que des mesures soient prises pour réagir aux changements climatiques, et que le Centre élaborait un Plan stratégique régional pour l’adaptation dans les Caraïbes.  Mme Carby a rappelé que le coût de l’impact des changements climatiques pourrait atteindre, selon les estimations, un quart du produit intérieur brut (PIB) de la région.  Il faut donc agir rapidement, a-t-elle lancé.  Elle a souligné que les mesures de protection côtières devaient tenir compte de la montée du niveau de la mer, de la fréquence et de l’intensité accrue des tempêtes.  Enfin, elle a noté que les effets, actuels ou prévus, des changements climatiques pouvaient être gérés dans le cadre du Plan de Hyogo. 


Mme MADELEEN HELMER, Chef du Centre du climat de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FISCR), a déclaré que les personnes les plus pauvres, vivant dans les pays les plus pauvres, et qui ont le moins contribué au problème, souffraient le plus des effets des changements climatiques.  La communauté mondiale, et en particulier ceux qui ont le plus profité des avantages de l’utilisation des carburants fossiles et de la déforestation, porte une large responsabilité dans le règlement des problèmes liés aux conséquences de l’évolution du climat, a souligné Mme Helmer.  Elle a notamment rappelé qu’en 2002, la Croix-Rouge néerlandaise a établi un Centre mondial sur les changements climatiques, l’objectif principal étant de soutenir les 186 sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge afin de mieux comprendre, pour mieux s’y attaquer, les risques provoqués par l’évolution du climat, en particulier dans les pays en développement. 


Plusieurs éléments doivent être pris en compte dans la gestion des risques climatiques, dont notamment, une évaluation des risques climatiques, l’intégration des changements climatiques dans les programmes, la sensibilisation à ce problème, l’établissement et le renforcement de partenariats, un plaidoyer international, une documentation et un partage des expériences et des informations, a préconisé Mme Helmer.  Elle a également dressé une liste d’actions à entreprendre au cours de l’année à venir.  Ainsi, selon elle, toutes les agences humanitaires et de développement, ainsi que les différents départements doivent entamer un processus de renforcement des capacités en prévision des risques liés aux changements climatiques.  De même, les gouvernements des pays donateurs peuvent jouer un rôle au cours des trois prochaines années en vue de faciliter et de financer le renforcement des capacités pour la gestion des risques climatiques.  Enfin, Madeleen Helmer a souligné l’importance, dans ce processus, de la prochaine Conférence des États parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, qui se déroulera le 14 décembre à Potsdam, en Pologne.


M. MOSTAFA MOHAGHEGH, Chef du Bureau régional de l’Asie de l’Ouest et de l’Afrique du Nord de la Stratégie internationale de prévention des catastrophes, a rappelé que les catastrophes naturelles avaient affecté 2,5 milliards de personnes au cours de la dernière décennie et en avaient tué 889 000.  Il a noté que les pays les plus pauvres étaient 5 fois plus touchés par ces catastrophes que les autres.  Dans ce contexte, il a souligné l’importance de la réduction des risques et la promotion des mesures d’adaptation pour contrôler et limiter l’impact de ces désastres.  Il a indiqué que la vulnérabilité avait plusieurs facettes et pouvait être socioéconomique ou physique, étant causée, par exemple, par un mauvais aménagement du territoire et des infrastructures.  Il a affirmé que toute stratégie de réduction de la vulnérabilité devait traiter de tous ces aspects.  Rappelant les grands objectifs du Cadre d’action de Hyogo, il a déclaré que, conformément à ce plan, il fallait adopter une démarche d’ensemble, à tous les niveaux, et qui implique différentes parties prenantes.  Il a indiqué qu’il fallait aussi investir en faveur de l’atténuation des risques, avant, pendant et après les catastrophes, afin de traiter de la vulnérabilité.  Toute activité doit se fonder sur la nécessité de réduire la vulnérabilité des personnes vivant dans les communautés affectées.  L’atténuation des risques veut dire qu’il faut une meilleure planification et des capacités de réaction renforcées, a-t-il ajouté. 


M. Mohaghegh a évoqué la situation de la région arabe, précisant qu’elle était de plus en plus exposée aux catastrophes naturelles et était vulnérable aux changements climatiques en raison de la rareté de l’eau, qui crée une plus grande menace sur l’agriculture, et d’une concentration des populations sur les zones côtières.  Il a estimé que si des mesures adéquates urgentes n’étaient pas prises rapidement pour réduire la vulnérabilité de la région, celle-ci serait exposée à des impacts économiques et sociaux importants provenant des changements climatiques.  Il a indiqué que les pays de la région avaient souscrit, depuis 2007, à une approche basée sur l’atténuation des risques comme politique pouvant permettre aux États de devenir plus résilients et de renforcer leurs capacités dans ce domaine.  Il a mis l’accent sur le plan d’action régional sur les changements climatiques, qui doit être adopté dans les prochains mois.  La plupart des connaissances sont disponibles, il faut maintenant améliorer la méthodologie et investir dans l’atténuation des risques, a-t-il conclu.   


M. WALTER KAELIN, Représentant du Secrétaire général pour les droits des personnes déplacées dans leur propre pays, a notamment estimé qu’il ne fallait pas se laisser distraire par des discussions sémantiques sur la définition à donner à la situation des personnes déplacées en raison des effets des changements climatiques.  Il en est de même en ce qui concerne le fait de savoir si elles sont des réfugiées des changements climatiques, des migrantes écologiques ou autres, a dit M. Kaelin.  Il a dressé la liste des différents cas de figure expliquant les déplacements et les migrations.  Cette catégorisation peut contribuer à identifier la nature des déplacements et à évaluer les moyens dont nous disposons pour garantir la protection et l’aide nécessaires aux personnes contraintes de quitter leurs foyers, a indiqué Walter Kaelin.  Il a ainsi évoqué l’augmentation du nombre de catastrophes hydrométéorologiques, comme les inondations, les ouragans, les glissements de terrain, etc.  Les catastrophes naturelles doivent inciter les gouvernements à désigner des zones à haut risque et celles qui sont trop dangereuses pour l’habitation humaine, a-t-il ajouté. 


Il a en outre cité la détérioration de l’environnement et la réduction des ressources d’eau, la désertification, les inondations récurrentes, les zones côtières submergées ainsi que le cas des petits États insulaires (PEI) exposés à la montée du niveau de la mer.  Enfin, il a abordé le phénomène de la réduction des ressources de base en raison des effets des changements climatiques, qui entraîne des conflits armés et de la violence.  Face à ces problèmes, il convient de reconnaître aux niveaux national, régional et international, que les effets des changements climatiques vont certainement entraîner des déplacements provisoires ou permanents affectant un grand nombre de populations, et qu’il faut prendre les mesures nécessaires.  En outre, les déplacements peuvent être réduits par la mise en œuvre de mesures de gestion des risques des catastrophes naturelles, et par la promotion de stratégies d’adaptation.  Les gouvernements ont la responsabilité première de protéger et d’aider les personnes touchées par les catastrophes naturelles et devraient coopérer avec les agences internationales au niveau des pays afin, notamment, d’établir des structures de gestion efficaces des catastrophes naturelles et des capacités visant à assurer la protection et l’aide aux personnes touchées.  Ceci devrait se faire aussi bien lors de la phase d’urgence que pendant la phase de relèvement après une catastrophe. 


M. PHIL BLOOMER, Directeur des campagnes et des politiques de l’ONG Oxfam, a mis l’accent sur les enseignements tirés par son organisation afin d’augmenter la résilience et réduire les risques encourus par les pays et les populations face aux changements climatiques.  Il a ainsi affirmé que la réduction des risques ne pouvait se faire dans une optique basée sur des projets.  La réduction doit être associée aux plans nationaux d’adaptation et faire partie du plan national de développement ou de la stratégie de réduction de la pauvreté, a-t-il assuré.  En outre, il a indiqué que la réduction des risques et les mesures d’adaptation devaient prendre en compte les inégalités de la société, puisque les plus pauvres étaient aussi les plus affectés par les catastrophes naturelles.  Il a par ailleurs estimé que la participation des femmes et des pauvres était une condition préalable à la réussite de mesures de réduction des risques et de promotion de l’adaptation.  Il s’est interrogé sur l’ampleur des mesures d’adaptation et de réduction des risques qui seront nécessaires à l’avenir, sachant que même en mettant un terme à toute émission de gaz à effet de serre aujourd’hui, les conséquences ultérieures des émissions déjà présentes se feraient encore sentir pendant 20 ans.  Il a déclaré que les dirigeants politiques et ceux du monde des affaires devaient avoir la volonté nécessaire pour prendre des décisions difficiles dans les deux prochaines années.  Il a estimé que l’accord intervenu au G-8, la semaine dernière, de réduire de 50% les émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés d’ici à 2050 ne représentait pas réellement une avancée parce que cette déclaration n’avait pas de référence pour mesurer cette réduction; ni d’objectif à mi-parcours, et que les pays riches ne s’étaient pas engagés à agir en premier et le plus rapidement possible. 


S’agissant de l’aspect humanitaire des changements climatiques, M. Bloomer a rappelé que les Nations Unies avaient lancé, l’année dernière, 15 appels consolidés, ce qui est un chiffre record en la matière.  Il a souligné l’impact potentiel des changements climatiques, notamment en termes de pauvreté et d’inégalité, et affirmé que la communauté humanitaire devait intégrer les questions humanitaires, de réduction des risques et d’adaptation, afin de renforcer la résilience des plus vulnérables.  Il a par exemple indiqué qu’il fallait, durant les crises, acheter les denrées alimentaires régionalement, ce qui apporterait un appui aux marchés locaux.  Il a aussi dit qu’il fallait renforcer les capacités locales afin de répondre au nombre croissant de crises.  S’adapter aux changements climatiques doit aussi se faire au sein de la communauté humanitaire, a-t-il estimé. 


Échange de vues interactif


Prenant la parole au nom de l’Union européenne, le représentant de la France a estimé qu’une politique de réduction des risques efficace, développée grâce à des analyses menées en commun par tous les partenaires, devrait être incorporée à la fois dans les documents stratégiques et dans les politiques de développement nationales et locales.  Il a ainsi insisté sur la nécessité de coordonner l’adaptation aux changements climatiques avec des mesures pertinentes sur la réduction des risques posés par les catastrophes naturelles.  Le représentant a souligné que l’Union européenne s’engageait à finaliser les négociations sur le climat en 2009 avec un accord international ambitieux sur les changements climatiques.  Cet accord, a-t-il précisé, doit comprendre des contributions de tous les pays, dans le cadre des principes définis dans la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.  Pour prouver le rôle de leader de l’Union en la matière, les pays membres de l’Union européenne ont décidé de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 20% à l’horizon 2020, a-t-il dit.  Le niveau de réduction devrait atteindre 30% dans le cadre d’un accord global, à condition que d’autres pays développés s’engagent à procéder à des réductions d’émission comparables et que les pays en développement économiquement les plus avancés fassent aussi des efforts, en fonction de leurs responsabilités et de leurs capacités respectives, a-t-il poursuivi.


L’observateur de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a notamment demandé à M. Kaelin s’il jugeait utile l’élaboration d’un instrument, juridiquement contraignant ou pas, régissant les migrations transfrontières dues aux effets des changements climatiques. 


C’est plutôt une démarche qu’il faut entreprendre, a répondu le Représentant du Secrétaire général pour les droits des personnes déplacées dans leur propre pays.  Différentes normes existent déjà, a-t-il souligné, par exemple lorsqu’il s’agit de fournir un accès aux travailleurs humanitaires.  Il faut créer des nouvelles lois, négocier et parvenir à des consensus au niveau international, a dit M. Kaelin.  Il a rappelé que l’Assemblée générale avait, l’an dernier, demandé à la Commission du droit international de mettre sur pied de nouvelles lois et règles issues de traités en vue de réfléchir aux aspects juridiques des catastrophes naturelles et de leurs effets.  Des négociations sont actuellement en cours à Genève sur cette question, a-t-il précisé. 


L’observateur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a tenu à indiquer que l’OMS veillait en permanence à ce que les questions relatives à la santé soient intégrées dans l’adaptation aux changements climatiques.


Assistance économique spéciale, aide humanitaire et secours en cas de catastrophe


Suite du débat général


M. LUC JOSEPH OKIO (République du Congo) a rappelé la fréquence et l’ampleur des catastrophes naturelles et l’amplitude des désastres sociaux et économiques qu’elles ont engendrés.  Il a noté que l’Afrique était particulièrement affectée par ces catastrophes, précisant que le continent faisait aussi face à des situations d’urgence complexes dues à la persistance des conflits armés.  Décrivant un « tableau sombre » de déplacements massifs de population et de vulnérabilité accrue des couches défavorisées, il a indiqué que son pays faisait siennes les principales recommandations du Secrétaire général, notamment relatives à l’amélioration de la coordination de l’action humanitaire.  Par ailleurs, il a souligné l’importance de la planification, de la coopération et de la direction des opérations ainsi que de la continuité entre la conduite de la phase des secours et celle des opérations de relèvement et de développement.  Le représentant a aussi appuyé la mise en œuvre du Cadre d’action de Hyogo pour 2005-2015 qui vise à renforcer la capacité de récupération des pays et des collectivités face aux catastrophes.  Tout en reconnaissant les efforts déployés par les Nations Unies et d’autres partenaires pour améliorer la réponse humanitaire, il a estimé que de nombreux défis restaient à relever, citant les domaines du financement et du développement des partenariats.  La sécurité et la sûreté du personnel humanitaire, et l’accès des populations à l’aide, demeurent également des sujets de préoccupation, a-t-il déclaré. 


M. CHRISTIAN WENAWESER (Liechtenstein) s’est dit préoccupé par la flambée des prix des produits de base depuis le début de l’année, et a fait remarquer que les causes de ce phénomène sont complexes et interdépendantes.  Le représentant s’est félicité de l’établissement par le Secrétaire général d’une Équipe spéciale sur la sécurité alimentaire et le développement d’un cadre d’action globale.  Il est impératif, a-t-il dit, que le cadre d’action globale soit actualisé de façon permanente par les acteurs pertinents des Nations Unies.  Des mesures d’urgence doivent être mises en place pour atténuer les effets dévastateurs des mauvaises récoltes, des catastrophes naturelles, de la hausse des prix pétroliers et de la spéculation.  M. Wenaweser s’est par ailleurs déclaré alarmé par la récente attaque meurtrière lancée contre une patrouille de l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD).  Il s’est ainsi félicité du projet de résolution qui exhorte clairement les États Membres à faire en sorte que les auteurs de crimes commis sur leurs territoires contre des personnels humanitaires soient présentés devant la justice.


M. NOR-EDDINE BENFREHA (Algérie) a constaté que ce débat intervenait au cours d’une période marquée par la recrudescence des crises humanitaires qui surviennent sous l’effet conjugué des changements climatiques, des conflits armés et de la crise alimentaire mondiale.  Il a estimé que ces défis nécessitaient plus que jamais le renforcement de la coordination des efforts du système des Nations Unies dans le domaine humanitaire.  Il a rappelé que les réponses aux urgences humanitaires devaient être guidées par les principes de la neutralité, de l’humanité, de l’impartialité et de l’indépendance.  M. Benfreha a par ailleurs déclaré que les efforts humanitaires devaient consacrer le caractère prioritaire des décisions prises par les autorités nationales dans l’identification, la coordination et l’exécution de l’assistance, et viser la maîtrise nationale de l’aide humanitaire par le développement des capacités.  M. Benfreha a en outre affirmé que l’aide humanitaire devait s’inscrire dans une perspective à long terme et ne devait pas se substituer à l’aide au développement.  L’action humanitaire gagnerait en crédibilité et en efficacité à travers le renforcement du rôle des ONG représentatives qui ont leur siège dans les pays en développement, a-t-il souligné.


M. FARUKH AMIL (Pakistan) a estimé que la fourniture d’une aide d’urgence à un pays affecté par des catastrophes ne devait pas être considérée comme un mécanisme isolé dans l’effort global d’assistance humanitaire et la promotion du développement.  Il a ainsi mis l’accent sur la nécessité de reconnaître la corrélation claire existant entre l’aide d’urgence, le relèvement et le développement à long terme.  L’aide d’urgence doit être fournie de manière à assurer le relèvement et le développement à long terme du pays concerné, a-t-il souligné.  Le représentant a également souligné que le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale des États devait demeurer le principal paramètre à respecter dans tous les efforts visant à fournir et à coordonner l’assistance humanitaire.  L’aide, a-t-il ajouté, devrait être basée sur des besoins actuels, et acheminée par des acteurs impartiaux et neutres en maintenant totalement le caractère civil de la réponse humanitaire.  De même, le rôle primordial de l’État concerné dans l’initiation, l’identification, la coordination et la fourniture de l’assistance humanitaire devrait être aussi reconnu, a-t-il préconisé.   


M. ENRIQUE JOSÉ VÁSQUEZ ROMERO (El Salvador) a noté que l’atténuation des risques posés par les catastrophes naturelles et la planification préalable des secours étaient des éléments essentiels de la réponse humanitaire.  Il a indiqué que son pays avait établi une plate-forme pour la gestion des risques au niveau national et que tous les plans de développement territorial intégraient la gestion des risques afin de prendre en compte les changements climatiques et les effets des catastrophes.  Il a mis en avant l’importance de la coordination dans la phase de transition, qui se situe entre la période des secours et celle du rétablissement durable.  Il a noté que son pays avait mis sur pied un organe responsable de cette phase.  Insistant sur le passage des secours au relèvement, il a affirmé que l’assistance devait être apportée dans une perspective de développement à long terme, et que les mesures d’urgence devaient être considérées comme une étape transitoire vers le développement durable.  Il a par ailleurs mis l’accent sur la nécessité de renforcer les capacités des autorités locales et des ONG, comme le fait El Salvador.  À cet égard, mais également au niveau national, il s’est félicité de l’apport apporté par les Nations Unies grâce à leur expérience et leurs connaissances.  Le représentant a noté qu’El Salvador faisait des exercices de planification en cas de catastrophes, conformément aux recommandations du Cadre d’action de Hyogo, et qu’El Salvador avait aussi élaboré un rapport sur la vulnérabilité du pays, ce document fournissant de bons indicateurs et permettant de renforcer les politiques et les programmes dans les zones les plus vulnérables.  Enfin, il a souligné le rôle que peuvent jouer les forces armées en cas de catastrophes naturelles, arguant que leurs infrastructures, leur matériel et leur organisation leur permettaient d’appuyer efficacement les autorités civiles lors des situations d’urgence.


M. KIM BONG-HYUN (République de Corée) a estimé que des mesures préventives étaient plus précieuses que des tentatives, même coordonnées, visant à régler les problèmes quand ils ont déjà éclaté.  Il a ainsi souligné l’importance des capacités nationales et régionales dans la réduction des risques de catastrophes naturelles.  Il a cité, notamment, l’initiative prise par le Ministère coréen des affaires étrangères et du commerce concernant la mise en place d’un mécanisme de coopération régionale entre la République de Corée, la Chine et le Japon dans le nord-est de l’Asie.  Cette proposition a été avancée en juin, lors d’une réunion ministérielle.  L’initiative sera examinée à l’occasion de la neuvième Réunion au sommet de ces trois pays, a-t-il précisé.  Le représentant a par ailleurs souligné que son pays réalisait des efforts en vue d’accroître son assistance humanitaire à travers le système des Nations Unies, y compris la contribution au processus d’appels consolidés des Nations Unies et à d’autres financements humanitaires.


M. JOSE LUIS CANCELA (Uruguay) a rappelé l’importance de la résolution 46/182, qui trace le cadre de l’action humanitaire.  L’ECOSOC doit contribuer à établir un climat de confiance en ce qui concerne les activités humanitaires en soulignant leur caractère apolitique et impartial, a-t-il précisé.  Insistant sur l’importance de veiller à la sécurité des travailleurs humanitaires, il a appelé tous les États Membres à prendre les mesures nécessaires pour les protéger.  En outre, il a déclaré qu’il fallait faciliter l’accès de ces travailleurs aux populations vulnérables et a, à ce titre, regretté que les rapports du Secrétaire général doivent constamment répéter que cet accès est un préalable du droit international humanitaire.  Le représentant a aussi mis en avant le rôle crucial que doit jouer la société civile lors de catastrophes naturelles et a estimé que les États et les ONG devaient mieux coordonner leurs activités pendant les situations d’urgence.  La société civile doit être reconnue et encouragée correctement, a-t-il dit.  S’agissant du lien entre catastrophes naturelles et changements climatiques, il a estimé qu’il fallait examiner les raisons multiples qui engendrent les crises humanitaires.  Il a fait valoir que son pays s’employait à mettre en place des mesures pour atténuer les changements climatiques et la crise alimentaire actuelle, notamment en apportant un appui aux plus vulnérables.  Toutefois, il a constaté que ces problèmes étaient mondiaux et nécessitaient donc des réponses mondiales. 


M. HUGO SILES-ALVARADO (Bolivie) a mis l’accent sur l’importance de la création du Fonds central autorenouvelable d’urgence.  L’aide humanitaire ne peut être politisée, a-t-il rappelé.  Elle doit, a-t-il dit, être inconditionnelle et être mise en place avec la participation et le soutien des pays touchés.  Le représentant s’est également dit préoccupé par le fait que les mesures humanitaires prises par les Nations Unies étaient essentiellement des mesures palliatives après des catastrophes naturelles ou des conflits armés.  Il a souligné ainsi la nécessité de prendre des mesures préventives.  Par ailleurs, il est indispensable de changer les modes de consommation et de mieux exploiter les ressources naturelles.  La meilleure assistance humanitaire qui peut être offerte aux peuples et aux générations futures consiste à mieux planifier les actes qui toucheront la planète et l’humanité, a-t-il déclaré.


Mme SAMANTHA JAYASURIYA (Sri Lanka) a déclaré que les défis humanitaires complexes et sans précédent que connait le monde exigent que l’on lance des réponses concertées et coordonnées à tous les niveaux.  Elle a mis en avant l’importance de la gestion efficace des ressources existantes et d’une coordination accrue entre les institutions compétentes aux niveaux national et local.  Constatant la nature transnationale des défis, elle a toutefois insisté sur la nécessité d’une coopération plus étroite entre nations et au sein des régions, afin d’éviter les doubles emplois et le gaspillage des ressources.  La représentante a par ailleurs mis en lumière l’expérience de son pays qui fournit de l’aide humanitaire, par le biais d’un programme national, aux personnes vivant dans les zones affectées par les conflits.  Elle a estimé que l’aide humanitaire devait ouvrir la voie au développement à long terme.  Ainsi, elle a rappelé qu’après le tsunami survenu dans l’océan Indien, le processus de reconstruction au Sri Lanka est graduellement passé d’un système basé sur la fourniture d’aide à des mesures pour établir des moyens de subsistance et des programmes de développement à court et long termes.  Elle a souligné qu’il fallait renforcer les efforts de réduction des risques et d’atténuation, conformément aux priorités mises en avant dans le Cadre d’action de Hyogo.  À cet égard, elle a noté que son pays avait approuvé une loi sur la gestion des catastrophes en 2005 et qu’une feuille de route de 10 ans (2005-1015) portant sur la réduction des risques avait été lancée en 2006, ainsi qu’un système d’alerte rapide.  Par ailleurs, Mme Jayasuriya a appuyé les appels visant à intensifier la recherche sur les liens entre les conséquences humanitaires des changements climatiques et la nécessité d’investir dans les efforts de préparation et de réduction des risques.  Elle a enfin déclaré que l’établissement d’un fonds d’adaptation aux changements climatiques serait particulièrement bénéfique pour les États vulnérables. 


Mme AIDA ALZHANOVA (Kazakhstan) a mis l’accent sur la contribution de son pays à l’assistance apportée aux pays touchés par les catastrophes naturelles, y compris l’aide humanitaire et financière.  La représentante a ainsi cité les cas d’aide humanitaire apportée récemment à la Chine et au Tadjikistan.  Cependant, aucune agence et aucun pays ne sont en mesure d’agir seuls, a-t-elle affirmé, soulignant la nécessité de coordonner les efforts et de faire en sorte que ceux-ci aient un impact maximum.  Elle a également plaidé en faveur de systèmes d’alerte plus efficaces pour que les pays puissent être mieux préparés à faire face aux conséquences des catastrophes.  La représentante a estimé, enfin, que la résolution de la crise qui affecte la région de la mer d’Aral et susceptible d’être source de grave crise humanitaire touchant des pays extérieurs à la région, exigeait que l’on déploie d’énormes efforts.  Elle a ainsi demandé que des efforts soient déployés par le système des Nations Unies en faveur d’une institutionnalisation du Fonds international pour la mer d’Aral, ce qui permettrait une meilleure analyse globale de la crise tout en empêchant une catastrophe écologique majeure. 


M. MASHABANE (Afrique du Sud) a rappelé les principes directeurs de l’aide humanitaire, qui doivent selon lui rester le socle de la conduite de toute opération d’urgence.  Il a en outre rappelé que la souveraineté des États devait être respectée lorsqu’une aide leur est fournie.  Constatant les besoins humanitaires qui sont énormes au niveau mondial, il a souhaité que davantage soit fait au niveau international pour accélérer la réponse à ces demandes.  Il a souligné que, dans le contexte des changements climatiques et des crises alimentaire et énergétique, les urgences humanitaires avaient des conséquences durables sur les pays touchés et leur développement.  L’aide humanitaire doit être considérée dans le cadre du développement durable et doit être vue comme un élément crucial pour la réalisation des OMD, a-t-il insisté.  M. Mashabane a appuyé les transferts de savoir et de capacité, afin que les pays en développement puissent mieux gérer et atténuer les risques de catastrophes naturelles.  Il a estimé que le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF) était un instrument financier efficace et important pour combler les lacunes financières, et que ses mécanismes offraient une meilleure prévisibilité de la fourniture des ressources nécessaires aux opérations d’assistance.  Il a ainsi appelé la communauté internationale à fournir plus de financements au Fonds.  Il a aussi mis en avant l’importance des flux d’assistance financière versés en faveur des pays en développement afin de réduire les risques et de prévenir l’émergence de nouveaux dangers.  Par ailleurs, le représentant a estimé que la réponse humanitaire devait se baser sur les besoins des communautés vulnérables.  S’agissant de la crise alimentaire, il a salué l’établissement de l’Équipe spéciale du Secrétaire général et a appuyé la Déclaration de Rome, issue de la réunion de haut niveau de juin 2008.  Enfin, il a condamné les attaques contre le personnel humanitaire et a engagé tous les États Membres à protéger les travailleurs humanitaires se trouvant sur leur territoire. 


            M. BERTRAND DE LOOZ KARAGEORGIADES, de l’Ordre souverain militaire de Malte, a rappelé que l’Ordre était présent sur cinq continents.  Ses 12 500 membres, tous bénévoles, ses 80 000 volontaires permanents et son personnel médical qualifié, soit 11 000 médecins, infirmiers, aides-soignants, secouristes et ambulanciers, forment un réseau impressionnant, a-t-il précisé.  D’autre part, a tenu à rappeler le représentant, les programmes d’assistance médicale, hospitalière et humanitaire de l’Ordre souverain militaire de Malte sont mis en œuvre dans 120 pays du monde.  M. De Looz Karageorgiades a indiqué que les considérations, conclusions et recommandations du rapport du Secrétaire général sur le renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence avaient retenu l’attention de l’Ordre souverain de Malte.  Il s’agit en particulier de celles qui rappellent que l’action humanitaire doit être conforme aux principes d’humanité, d’impartialité, de neutralité et d’indépendance, des principes qui sont au cœur même des activités de l’Ordre.  Le représentant a ainsi cité les activités menées par Malteser International, organisation établie en 2005, pour précisément créer le lien entre les secours d’urgence, le redressement, et l’aide au développement.  Aujourd’hui, Malteser International est responsable de 200 projets dans 40 pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique et d’Europe de l’Est, et fournit une assistance à plus de 7 millions de personnes dans le monde, a précisé M. De Looz Karageorgiades. 


M. IBRAHIM OSMAN, Observateur de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FISCR), a indiqué que le renforcement des capacités était très important pour cette Fédération, dont les actions mettent l’accent sur les opérations menées aux niveaux national et communautaire.  Il a affirmé que lorsque les communautés et les États étaient plus forts, la demande d’assistance internationale diminuait.  M. Osman a expliqué que les systèmes de réduction de risques devaient se fonder sur des compétences, des capacités et une organisation au niveau local, et que toute amélioration de la gestion des capacités devait donc d’abord se faire à ce niveau en ce qui concerne la préparation aux catastrophes naturelles, la réduction des risques et la réponse initiale.  Par ailleurs, il a souligné que la Fédération respectait les principes fondamentaux du mouvement de la Croix-Rouge mais s’est dit inquiet que certains acteurs de l’humanitaire semblent motivés par des objectifs politiques ou militaires.  Il a donc appelé tous les États Membres à garantir le respect des principes humanitaires.  Enfin, il a également demandé aux pays de renforcer la protection accordée à tous les travailleurs de la Croix-Rouge. 


M. STEPHAN GONAH, représentant du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), a déclaré que le HCR attachait une grande importance au renforcement des partenariats et à la création de liens plus forts avec la communauté des ONG.  Il en est de même en ce qui concerne les institutions de la famille des Nations Unies.  Les déplacements humains massifs qui ont lieu en raison des changements climatiques, des conflits ou des famines, ne peuvent être gérés que par un acheminement unique et donc renforcé, de l’assistance humanitaire d’urgence, a-t-il déclaré. 


Mme AXUMITE GEBRE-EGZIABHER, Directrice du Bureau de New York d’ONU-Habitat, a mis en avant les efforts déployés par ONU-Habitat pour fournir des abris aux populations affectées pendant les situations d’urgence.  Elle a indiqué qu’elle travaillait en collaboration avec les agences humanitaires pour transformer les investissements dans les services d’urgence en gain de développement à plus long terme.  Cela permet de réduire la période de crise et de créer des opportunités de reconstruction rapide et de développement durable, a-t-elle précisé.  Elle a indiqué qu’ONU-Habitat était actuellement à la tête d’un groupe de 10 agences dont les actions visent à renforcer la réponse à la question du logement, de la terre et de la propriété foncière qui se pose pendant les urgences humanitaires.


Mme SUZANNE BILELLO, représentante de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a dit que le système des Nations Unies pouvait offrir une large gamme de capacités et d’expertises techniques en guise de réponse postconflit.  À travers le module éducation, l’UNESCO défend une approche holistique pour la revitalisation précoce des services éducatifs dans les pays touchés par les conflits ou les catastrophes naturelles.  L’UNESCO le fait notamment en les aidant à satisfaire les besoins des groupes d’âge vulnérable à chaque étape du processus de secours et de reconstruction, en particulier grâce à un renforcement précoce des capacités. 


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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