CONFÉRENCE DE PRESSE RELATIVE AU LANCEMENT DU RAPPORT SUR LE RETARD PRIS DANS LA RÉALISATION DES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

4 septembre 2008
Conférence de presse

CONFÉRENCE DE PRESSE RELATIVE AU LANCEMENT DU RAPPORT SUR LE RETARD PRIS DANS LA RÉALISATION DES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

04/09/2008
Communiqué de presse
Conférence de presse
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CONFÉRENCE DE PRESSE RELATIVE AU LANCEMENT DU RAPPORT SUR LE RETARD PRIS DANS LA RÉALISATION DES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Malgré l’allègement de la dette des pays pauvres, l’insuffisance des ressources issues du commerce et de l’aide pose des obstacles à l’éradication de la pauvreté

Avant la réunion de haut niveau sur la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), qui doit se tenir à New York le 25 septembre prochain, et alors qu’on est plus qu’à mi-parcours de l’atteinte de la date fixée pour réaliser les OMD, une action concertée est plus que jamais essentielle pour rattraper le retard pris, a souligné le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, au cours d’une conférence de presse organisée ce matin, au Siège de l’Organisation.

En présentant le premier rapport du Groupe de réflexion sur le retard pris dans la réalisation des OMD, Ban Ki-moon a tiré la sonnette d’alarme en relevant l’insuffisance des progrès réalisés par rapport aux engagements des États Membres.  Avec à ses cotés Ad Melkert, Administrateur associé du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), et Rob Vos, Directeur de la Division de l’analyse des politiques de développement au Département des affaires économiques et sociales (DAES), représentant les deux organes coprésidant le groupe de réflexion, il a rappelé que le rapport est le fruit d’une mobilisation unique en son genre.

Intitulé « Résultats du Partenariat mondial pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement », le rapport présenté ce matin est en effet le produit d’un travail collectif de plus de vingt organes du système des Nations Unies, ainsi que de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international, de l’Organisation mondiale du travail, et de l’Organisation pour la coopération économique et le développement.

Malgré les progrès accomplis dans plusieurs domaines, les engagements des États Membres n’ont pas été remplis, constate le groupe de réflexion.  Or, nous n’avons plus assez de temps devant nous, a rappelé le Secrétaire général.  La réunion de haut niveau qui se tiendra le 25 septembre doit permettre de commencer à rattraper le retard pris, a expliqué Ban Ki-moon.  Si les dirigeants mondiaux font des propositions concrètes, cet événement facilitera le déroulement de la Conférence d’évaluation de la mise en œuvre du Consensus de Monterrey sur le financement du développement prévue à Doha en novembre, a ajouté le Secrétaire général.

Ban Ki-moon a relevé qu’en terme d’aide publique au développement (APD), on constate un grand écart entre ce qui a été réellement accompli et les engagements pris.  Ainsi, l’année dernière, il manquait 10 milliards de dollars par rapport aux promesses faites par les pays donateurs.  L’aide provenant des pays de l’OCDE et des membres du Comité d’aide au développement (CAD) n’a atteint que 0,28% de leur PIB, face à l’engagement qu’ils avaient pris et l’objectif de l’ONU, qui est de voir 0,7% du PIB des pays riches affecté à l’APD.  Dès lors, si nous devons réaliser l’objectif pour 2010, fixé au Sommet du G-8 en 2005, l’APD devra augmenter de 18 milliards de dollars par an, a précisé le Secrétaire général, en précisant que sur ce montant, 7,3 milliards devraient aller à l’Afrique.

Le plus grand retard dans la réalisation des OMD concerne le secteur du commerce, a poursuivi Ban Ki-moon, notant l’échec survenu dans la recherche de la conclusion du Cycle de Doha, baptisé « Cycle du développement. »  Certes le volume de l’aide pour le commerce a augmenté, mais son pourcentage par rapport à l’APD a chuté.  Les pays les plus pauvres sont toujours marginalisés dans le système commercial multilatéral, et nombreux sont ceux qui ont été touchés sévèrement par l’envolée des prix alimentaires et de l’énergie.  Selon les termes du rapport, il faut aller plus loin dans les efforts de réduction des subventions versées à l’agriculture dans les pays développés et lever les obstacles à l’exportation et à la productivité agricole des pays en développement, a souligné M. Ban.

Signe cependant positif, a noté le Secrétaire général, il y a moins de pays dont le développement est ralenti par la dette.  Pour 33 pays sur les 41 pouvant en bénéficier, il est prévu un allègement de la dette, ce qui réduira pour plus de 90% leur dette extérieure.  Ban Ki-moon a cependant appelé à étendre ces mesures aux pays qui ne sont ni les plus endettés ni les plus pauvres.  En matière de santé, le rapport signale une amélioration dans l’accès aux médicaments essentiels, comme ceux nécessaires à la lutte contre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose.  Mais il reste encore des progrès à faire, notamment pour rendre accessibles aux pauvres les médicaments contre la douleur et les antibiotiques, a relevé le Secrétaire général.  Il a recommandé de supprimer les taxes et droits nationaux sur les médicaments essentiels et d’adopter des politiques prévoyant l’utilisation de génériques.

Le Secrétaire général a aussi relevé la nécessité de renforcer les efforts dans le transfert des nouvelles technologies en faveur du développement, notamment dans l’agriculture, les infrastructures et l’accès à l’énergie.  Le rapport souligne l’importance de ce transfert, notamment en ce qui concerne les technologies visant à atténuer le changement climatique, afin de protéger les plus vulnérables.

À son tour, M. Ad Melkert, du PNUD, a rappelé la complexité de l’OMD numéro 8 (mise en place d’un partenariat mondial pour le développement) et l’importance de se mobiliser davantage pour le réaliser.  Répondant aux questions des correspondants de presse, il a déclaré que la lutte contre la pauvreté est une obligation morale.

Interrogé sur la coopération Sud-Sud, M. Rob Vos a, quant à lui, noté l’augmentation du nombre de donateurs, en dehors de ceux traditionnellement connus.  Le nouveau Forum de coopération pour le développement devrait permettre la coordination de ce type de coopération, a-t-il espéré.

Répondant à une question, M. Vos a aussi indiqué qu’au cours des deux dernières années, les contributions des États-Unis, du Japon et des pays de l’Union européenne (UE) avaient diminué, même si l’UE a fourni une aide supérieure en termes de pourcentage du PNB.  Si l’APD a augmenté en 2005-2006, c’est à cause de l’allègement de la dette, a-t-il expliqué.  En ce qui concerne la question des sanctions imposées à certains pays, il a jugé difficile d’évaluer leurs impacts.

Enfin, interrogé sur une éventuelle implication du PNUD en République populaire démocratique de Corée, M. Melkert a précisé que cette question devrait être discutée par le Comité exécutif du PNUD la semaine prochaine.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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