CONFÉRENCE DE PRESSE DU SECRÉTAIRE EXÉCUTIF DE LA CONVENTION-CADRE DES NATIONS UNIES SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, M. YVES DE BOER

11 février 2008
Conférence de presse

CONFÉRENCE DE PRESSE DU SECRÉTAIRE EXÉCUTIF DE LA CONVENTION-CADRE DES NATIONS UNIES SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, M. YVES DE BOER

11/02/2008
Communiqué de presse
Conférence de presse
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CONFÉRENCE DE PRESSE DU SECRÉTAIRE EXÉCUTIF DE LA CONVENTION-CADRE DES NATIONS UNIES SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, M. YVES DE BOER


« Le résultat a été l’adoption d’un agenda visant l’élaboration, en deux ans, d’une politique à long terme en matière de lutte contre le réchauffement de la planète, ce qui représente, a fait remarquer le Secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, « l’un des défis les plus complexes de tous les temps ».


C’est en ces termes que M. Yves de Boer s’est adressé aujourd’hui à la presse, au Siège de l’ONU, à New York.


M. de Boer a déclaré que la décision prise en décembre dernier à la Conférence de Bali de négocier un accord international sur les changements climatiques d’ici à 2009 pour établir un régime post-Kyoto, appelait la communauté internationale de parvenir à un accord sur le lancement de chantiers prioritaires.  « La première phase du Protocole de Kyoto expirera en 2012, a rappelé M. de Boer, et d’ici là, il faudra avoir considérablement avancé, en particulier dans les domaines clefs que sont les technologies et le financement ».  De l’avis de M. de Boer, ces chantiers sont dans l’immédiat les plus urgents car la capacité des pays en développement dépendra de leur succès pour faire face rapidement à l’impact négatif des changements climatiques sur leur essor économique.  M. de Boer a en outre insisté sur le fait que les ressources pour progresser dans ces secteurs pourraient être mobilisées grâce aux économies réalisées par les pays riches qui se sont engagés à réduire de 5% leurs émissions de C02 d’ici à 2012.  « Tout est lié, a ainsi noté Yves de Boer, même si, à l’évidence, la balle est dans le camp des pays les plus industrialisés ».  Il a ensuite mis l’accent sur la nécessité d’associer ensemble le secteur privé, les institutions financières internationales et la société civile au défi climatique.


« Ce défi qui nous attend est presque incroyable, compte tenu une fois encore du peu de temps que nous avons devant nous », a de nouveau affirmé le Secrétaire exécutif de la Convention de l’ONU sur les changements climatiques.  Soulignant ensuite la particularité du Fonds d'adaptation instauré par la Convention « qui n’est pas alimenté par des donations ou des ponctions effectuées au titre de l’aide publique au développement », M. de Boer a expliqué que cet instrument était le premier d’une série qu’il a appelé de ses vœux pour, a-t-il dit, « permettre au régime sur les changements climatiques d’accroître son autofinancement ».  « Si ce mécanisme est un succès, générant assez rapidement des ressources significatives, nous en créerons d’autres pour appuyer d’autres domaines de notre action », a ajouté M. de Boer.


Répondant aux questions des journalistes, M. de Boer a indiqué que ses entretiens récents avec les dirigeants de l’Inde l’avaient conforté dans l’idée que la stratégie de cette « puissance émergente était de développer une économie verte adaptée à ses spécificités régionales.  « La volonté des autorités indiennes est d’agir vite sur le plan national dans l’intérêt du pays, sans même attendre que les négociations internationales aient avancé », a estimé M. de Boer.


Il a par ailleurs exprimé ses inquiétudes devant la difficulté des problèmes posés par le coût des technologies alternatives destinées aux pays émergents comme l’Inde, la Chine, le Brésil et l’Afrique du Sud, mais aussi, a-t-il dit, « les pays les plus démunis qui se trouvent être les plus exposés au péril climatique ».


« La question de la déforestation est également très compliquée, a poursuivi M. de Boer, précisant qu’en demandant à des entreprises privées ou même semi-publiques de renoncer à des arrachages pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, on serait amené à assurer des compensations financières importantes ».  Il a également estimé qu’il faudrait trouver un moyen efficace pour produire à moindre coût les biocarburants de demain.


Évoquant, enfin, le principe des droits d’émission de gaz à effet de serre qui peuvent être vendus aux enchères (« carbon auction »), il a salué le fait qu’après l’Union européenne, les candidats à l’élection présidentielle américaine se soient positionnés en faveur de cette solution.  « Ce projet est d’autant plus intéressant et prometteur qu’il permettrait idéalement de limiter la pollution causée par les entreprises les plus polluantes mais aussi de générer des revenus pour aider les pays en développement à se doter des capacités nécessaires à la lutte contre les effets du réchauffement de la planète », a conclu M. de Boer.


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