LE CONSEIL DE SÉCURITÉ SOULIGNE LE « RÔLE CENTRAL » QUE JOUE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES DANS LA LUTTE MONDIALE CONTRE LE TERRORISME

9 décembre 2008
CS/9524

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ SOULIGNE LE « RÔLE CENTRAL » QUE JOUE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES DANS LA LUTTE MONDIALE CONTRE LE TERRORISME

09/12/2008
Conseil de sécurité
CS/9524
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Conseil de sécurité                                        

6034e séance – matin & après-midi                          

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ SOULIGNE LE « RÔLE CENTRAL » QUE JOUE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES DANS LA LUTTE MONDIALE CONTRE LE TERRORISME

Les attentats contre l’ONU ne contribueront à affaiblir ni notre volonté ni nos capacités à servir la communauté internationale dans sa lutte contre ce fléau, affirme Ban Ki-moon

À l’issue d’un débat organisé sur le thème « Menaces à la paix et à la sécurité internationales causées par des actes terroristes », le Conseil de sécurité a souligné aujourd’hui, dans une déclaration présidentielle, le « rôle central » que joue l’Organisation des Nations Unies dans la lutte mondiale contre le terrorisme.  Le Conseil réaffirme l’importance de toutes ses résolutions sur le terrorisme, en particulier les résolutions 1373 (2001) et 1624 (2005) et souligne qu’elles doivent être intégralement mises en œuvre.  Il appelle à nouveau les États à devenir partie à toutes les conventions et à tous les protocoles relatifs au terrorisme et à les mettre en œuvre.  Le Conseil exprime aussi son appui à la Stratégie antiterroriste mondiale de l’ONU adoptée le 8 septembre 2006 par l’Assemblée générale et sa volonté de contribuer à sa mise en œuvre.  En outre, le Conseil rappelle aux États qu’ils doivent veiller à ce que toutes les mesures qu’ils prennent pour lutter contre le terrorisme soient conformes aux obligations que leur imposent le droit international, en particulier en matière de droits de l’homme, le droit international des réfugiés et le droit international humanitaire.

La réunion du Conseil, présidée par le Président de la Croatie, M. Stjepan Mesić et à laquelle ont pris part une quarantaine d’intervenants, avait pour principal objectif de « relancer et renforcer la solidarité internationale » dans le cadre de la lutte contre la menace terroriste, en « accentuant notamment le rôle de l’Organisation des Nations Unies à la tête de l’action mondiale contre le terrorisme »*.

Le Secrétaire général des Nations Unies a déclaré que la meilleure réponse à l’idéologie du terrorisme consiste à réaffirmer la ferme résistance collective de la communauté internationale.  À la veille du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, M. Ban a également souhaité une réaffirmation de ces droits que le terrorisme viole constamment.  Le Secrétaire général a ensuite affirmé qu’en tant qu’organisation universelle, indépendante et impartiale, l’ONU est bien placée pour diriger les efforts de la communauté internationale face à la menace injustifiable du terrorisme.  Rappelant que le débat du Conseil intervient aussi à deux jours du premier anniversaire de l’attentat terroriste commis contre les Nations Unies à Alger, le Secrétaire général a déclaré que la multiplication de telles attaques montre qu’il est de plus en plus clair que l’Organisation est devenue une cible délibérée du terrorisme.  « Ces tragédies ne parviendront à dissuader ni notre volonté ni nos capacités à servir la communauté internationale », a affirmé M. Ban. « Les Nations Unies continueront leur travail là où c’est nécessaire et quand c’est nécessaire », a-t-il souligné.

Le Président de la Croatie a rappelé qu’après les attentats du 11 septembre 2001, son pays avait immédiatement demandé le lancement d’une alliance mondiale contre le terrorisme, fondée sur la confiance mutuelle et le principe de l’égalité de ses membres.  Il a regretté que la forte solidarité initiale ait faibli, attribuant la cause de cet état de fait à un manque de confiance entre États, au sentiment que la lutte contre le terrorisme relevait d’un seul pays ou d’un groupe de pays mais aussi à la manière dont la lutte a été menée.  Le terrorisme est, quant à lui, devenu plus fort, a ajouté M. Mesić.  C’est pourquoi, il est nécessaire à la fois de renforcer l’appareil de sécurité et des actions contre les réseaux terroristes et de traiter des causes profondes du phénomène.  Tant que des êtres humains seront privés de tous les droits, il existera un réservoir inépuisable pour le recrutement par le terrorisme, a-t-il affirmé.

De nombreux intervenants ont abondé dans le sens d’une approche multidimensionnelle de la lutte contre le terrorisme.  Le représentant du Royaume-Uni a ainsi estimé qu’il faudrait promouvoir l’accès des populations à la justice et à la bonne gouvernance, ainsi qu’à la formation et à l’éducation, qui constituent à la fois, a-t-il estimé, des « éléments importants en soi » et un moyen d’éviter que des personnes frustrées et vulnérables ne se laissent entraîner dans l’extrémisme violent.  L’éducation à la paix et à la tolérance est devenue une nécessité, a pour sa part déclaré la représentante du Brésil.  Les orateurs ont également insisté sur le fait que le terrorisme ne pouvait être associé à aucune culture, religion ou croyance.

Il est impératif de résister aux « pièges mortels » que le terrorisme tend: la peur, la division, le renoncement, a déclaré le représentant de la France qui s’exprimait au nom de l’Union européenne.  Pour l’Union européenne, a-t-il souligné, le respect des droits de l’homme est essentiel dans la lutte antiterroriste.  « C’est dans le respect de nos valeurs, du droit, des libertés publiques et dans le recours à des procédures claires et équitables que nous parviendrons à vaincre le terrorisme », a-t-il estimé.  Dans le même sens, le représentant du Panama a déclaré que la lutte contre le terrorisme devrait se faire dans le respect des droits de l’homme, du droit international humanitaire et du droit au développement, si l’on ne souhaite pas aller à l’encontre même des principes au nom desquels nous entendons le combattre.  Son homologue du Mexique a, quant à lui, rappelé l’importance du pilier relatif de la protection des droits de l’homme de la Stratégie antiterroriste mondiale adoptée en 2006 par l’Assemblée générale.

Le Ministre d’État pour les affaires étrangères de l’Inde a, pour sa part, imputé les attaques de Mumbai au Jammat-ud-Dawa dont il a demandé l’interdiction immédiate par la communauté internationale, demandant par ailleurs qu’un « message clair » soit adressé aux auteurs des actes terroristes qu’ils ne trouveront nulle part un sanctuaire et seront poursuivis.  Affirmant que son pays avait fait preuve de retenue face aux actes terroristes mais avait aussi le devoir de protéger son peuple, le Ministre a fait remarquer que la Charte des Nations Unies et le droit international, « y compris le droit à la légitime défense », fournissaient à l’Inde un cadre pour s’acquitter de ses responsabilités.  Le Ministre a également réclamé l’adoption immédiate du projet de convention générale sur le terrorisme international présenté en 1996 par l’Inde, afin de fournir un cadre juridique contre le terrorisme international. Les délégations de Cuba, du Kazakhstan, de la Turquie et des Philippines se sont prononcées en faveur d’une telle convention.

* S/2008/738

MENACES À LA PAIX ET À LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES CAUSÉES PAR DES ACTES TERRORISTES

Déclarations

M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a rappelé que le terrorisme est un fléau mondial.  Les carnages qu’il provoque sont terribles et moralement répugnants.  Il cherche à instiller la méfiance entre les États et les peuples.  Il tente de déchirer les sociétés, de saper les institutions et d’affaiblir les liens qui unissent les communautés.  Les horribles attaques de Mumbai, perpétrées il y a deux semaines, n’en sont que le dernier exemple, a-t-il ajouté.  Le terrorisme est une menace à la paix et à la sécurité internationales et le combat contre lui doit être une des principales priorités de la communauté internationale, a affirmé le Secrétaire général.  Ceux qui, aujourd’hui, disposent d’avions et de fusils pourraient venir attaquer avec encore plus de force demain, et c’est pourquoi, il faut montrer à ceux qui pensent que la terreur est un moyen légitime de parvenir à leurs fins qu’ils échoueront.

La meilleure réponse à l’idéologie du terrorisme consiste à réaffirmer la ferme résistance collective de la communauté internationale, a déclaré M. Ban, qui a souligné la nécessité de défendre les droits de l’homme que le terrorisme viole constamment.  L’ONU, a-t-il ajouté, a la responsabilité de diriger les efforts de la communauté internationale face à cette menace injustifiable.  En tant qu’organisation universelle, indépendante et impartiale, l’ONU est bien placée pour jouer ce rôle, a estimé le Secrétaire général, qui a rappelé que tant le Conseil de sécurité que l’Assemblée générale ont condamné sans relâche le terrorisme et ont adopté de nombreux textes juridiques pour affirmer que le terrorisme n’est jamais acceptable et pour traiter des dimensions sociales et économiques du phénomène.  L’adoption par l’Assemblée générale en 2006 de la Stratégie antiterroriste mondiale a été à cet égard un jalon, a ajouté M. Ban.  L’Équipe spéciale de lutte contre le terrorisme et les organes subsidiaires du Conseil de sécurité sont également importants, a-t-il ajouté, alors que des organisations spécialisées comme l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) ou l’Organisation maritime internationale (OMI) apportent conseil et assistance technique.  Dans d’autres cas, a ajouté le Secrétaire général, les Nations Unies apportent une valeur ajoutée en donnant une légitimité à des programmes multilatéraux ou bilatéraux.

Le Secrétaire général a rappelé qu’à l’occasion de la réunion de haut niveau organisée en novembre sur la « Culture de la paix », les représentants de plus de 70 États Membres ont rejeté l’utilisation de la religion pour justifier les massacres d’innocents.  Le Secrétaire général a en outre rappelé qu’il avait organisé un séminaire en septembre dernier pour mettre l’accent sur les victimes du terrorisme dont la voix reste trop souvent moins entendue que celle des terroristes.  Il faut corriger ce déséquilibre et donner un visage humain à la lutte antiterroriste, a-t-il déclaré, afin de créer une culture qui rejette le terrorisme.  La présente réunion du Conseil intervient aussi à deux jours de l’anniversaire de l’attentat commis contre les Nations Unies à Alger le 11 décembre 2007, qui avait fait 17 morts et plus de 40 blessés, a rappelé le Secrétaire général.  Il a ajouté que, des attentats de Bagdad à ceux de Somalie, il est de plus en plus clair que les Nations Unies sont devenues une cible délibérée du terrorisme.  Ces tragédies ne parviendront à dissuader ni notre volonté ni nos capacités à servir la communauté internationale, a affirmé M. Ban.  Les Nations Unies continueront leur travail là où c’est nécessaire et quand c’est nécessaire, a-t-il conclu.

M. MICHEL KAFANDO (Burkina Faso) a rappelé que face au terrorisme, la communauté internationale s’est mobilisée en quête d’une réponse rapide et appropriée.  Certes, pour des raisons diverses, des divergences souvent profondes n’ont pas toujours facilité une coopération efficace des États à cette fin.  Il convient cependant de reconnaître les efforts considérables qui ont été fournis jusqu’à présent, le dernier en date étant la Stratégie antiterroriste mondiale adoptée par l’Assemblée générale qui contient un plan d’actions.  Pour sa part, le Conseil de sécurité a, depuis près d’une décennie, intensifié son action, en particulier après les injustifiables attentats du 11 septembre 2001.  L’adoption des résolutions 1267 (1999), 1373 (2001), 1540 (2004) notamment, ainsi que la mise en place des comités y relatifs et la création de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme, s’inscrivent dans cette logique, s’est félicité M. Kafando.

Malgré ces initiatives, force est de reconnaître que les menaces à la paix et à la sécurité, du fait des actes terroristes, sont loin d’avoir été circonscrites, encore moins éradiquées, a fait observer le représentant du Burkina Faso.  En ce qui concerne le renforcement du cadre juridique, la revue de la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale, le 4 septembre dernier, a contribué à mettre en lumière le besoin d’une convention générale qui ferait le lien entre les textes en vigueur.  Par ailleurs, a poursuivi le représentant, une mise en cohérence des actions du Conseil de sécurité, de l’Assemblée générale et de tous les autres organes et institutions, est indispensable, dans le cadre de l’équipe spéciale mise en place par le Secrétaire général.  Évoquant la menace terroriste que font peser des réseaux de criminalité organisée en Afrique de l’Ouest, M. Kafando a lancé un appel aux partenaires pour une assistance conséquente, aussi bien dans le domaine financier qu’en matière de renforcement des capacités et ce, en étroite collaboration avec les organisations sous-régionales et régionales.  Réaffirmant que son pays condamnait le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, le représentant a indiqué que le Burkina Faso avait accueilli, du 20 au 22 mars 2007, la quatrième Conférence des ministres de la justice de pays francophones d’Afrique sur la ratification et la mise en œuvre des instruments internationaux de lutte contre le terrorisme.  La déclaration qui en a résulté a particulièrement insisté sur le rôle de la coopération internationale, a-t-il dit avant de conclure.

M. SAÚL WEISLEDER (Costa Rica) a réitéré que le Costa Rica condamne de manière ferme et catégorique le terrorisme sous toutes ses formes et quelles que soient ses justifications.  Il a souligné la relation qui doit, selon lui, exister entre la lutte contre le terrorisme et le respect d’autres principes comme celui des droits de l’homme.  Toutes les mesures antiterroristes prises doivent s’inscrire dans le strict respect du droit international et ne doivent pas être considérées de manière à avoir l’effet contraire, qui serait d’affaiblir la lutte contre le terrorisme, a-t-il dit.  Un des grands défis auquel est confronté le Conseil de sécurité est qu’il fasse en sorte que les mesures qu’il adopte en vue d’éliminer le terrorisme aillent de pair avec une analyse précise et socioéconomique de ce fléau.  La lutte contre le terrorisme doit être un exercice intégré et ne doit pas être uniquement limitée aux aspects militaires, a-t-il estimé.  Le représentant a également mis l’accent sur la promotion de l’éducation.  Par ailleurs, le Conseil de sécurité devrait améliorer ses procédures internes afin de les rendre plus justes, plus claires et plus transparentes, a-t-il dit.  Il a plaidé en faveur de la création d’un bureau intégré de lutte contre le terrorisme dans le cadre des Nations Unies.  En l’absence d’un bureau intégré, le Costa Rica, a-t-il ajouté, lance un appel pour que les trois organes subsidiaires du Conseil de sécurité se coordonnent mieux entre eux, ainsi qu’avec le Groupe d’experts et les autres organisations régionales et sous-régionales.  Enfin, il a souligné l’importance de l’adoption d’une convention internationale sur la lutte contre le terrorisme.

M. ZALMAY KHALILZAD (États-Unis) a évoqué les récentes attaques perpétrées à Mumbai, en Inde, et rappelé qu’aucune région du monde, ni aucun pays ou organisation internationale n’était à l’abri du terrorisme.  Pour que nous, États Membres, réussissions dans notre lutte commune contre le terrorisme, nous devons œuvrer ensemble de manière stratégique et coordonnée, a-t-il ajouté.  Les États-Unis appuient fermement le rôle central des Nations Unies dans la lutte mondiale contre le terrorisme, et ils entendent renforcer les capacités de l’ONU.  À cet égard, ils sont déterminés à jouer un rôle constructif et effectif.  Le représentant des États-Unis a souligné que l’ONU devrait continuer à améliorer la coordination entre ses programmes de lutte contre le terrorisme.  Alors que le Conseil de sécurité a un rôle clef à jouer, de nombreuses autres instances du système de l’ONU doivent apporter leur pierre à l’édifice.

En second lieu, tous les États Membres doivent œuvrer ensemble et coopérer étroitement afin de créer un champ d’action moins accessible aux terroristes, a-t-il expliqué.  Les États Membres doivent respecter leurs engagements internationaux en refusant que les terroristes puissent trouver refuge sur leur territoire, tout en poursuivant en justice tous ceux qui financent, planifient, facilitent ou perpètrent des actes terroristes.  Les États-Unis, a-t-il ajouté, appellent aussi les États Membres à faire tout leur possible pour refuser aux terroristes de tirer des bénéfices d’activités illicites telles que la prise d’otages.  Ce faisant, ils reconnaissent que la nécessité existe d’aider certains États Membres à remplir leurs obligations en matière de lutte antiterroriste.  L’an dernier, par le biais de leur Programme d’assistance antiterroriste, les États-Unis ont organisé 266 stages qui ont concerné 4 500 participants venus de 64 pays.  Par ailleurs, 45 pays ont reçu une aide financière afin de les aider à améliorer leurs capacités à enquêter, à identifier et à geler les ressources financières des groupes terroristes.  Vingt-trois pays ont pu aussi bénéficier de formations concernant la protection des frontières.  Avant de conclure, le représentant a aussi misé sur la lutte contre la pauvreté, le chômage, la corruption, ainsi que sur le renforcement des institutions.

M. JOHN SAWERS (Royaume-Uni) a déclaré que les abominables attaques de Mumbai l’étaient contre tous les pays car la démocratie en Inde est bien établie et Mumbai est une des villes les plus dynamiques du monde.  « Nous devons aider le Gouvernement indien à enquêter sur ces attaques et à poursuivre leurs auteurs », a-t-il ajouté.  Jugeant que la situation est « sensible » dans cette région du monde, le représentant a souhaité que les dirigeants du Pakistan et de l’Inde puissent travailler ensemble et a invité le Pakistan à coopérer avec l’Inde dans cette enquête, mais aussi pour normaliser les relations entre les deux pays et trouver une solution durable à la question du Jammu-et-Cachemire, solution qui prenne en compte les souhaits du peuple kashmiri.

Puisque le terrorisme menace la paix et la sécurité internationales, le Conseil de sécurité a un rôle à jouer, a affirmé M. Sawers.  « Nous devons être fermes et détruire les réseaux terroristes, les empêcher de s’abriter et d’avoir accès à des sources de financement », a-t-il ajouté.  Le représentant a rappelé que les Nations Unies ont aussi un rôle important pour aider les États Membres à accroître leurs capacités de lutte contre le terrorisme, et a notamment cité le Comité du Conseil de sécurité contre le terrorisme, présidé par la Croatie.

Le Royaume-Uni joue le rôle qui lui incombe dans la lutte contre le terrorisme, a affirmé le représentant.  Il a rappelé que son pays avait créé un bureau de lutte contre le terrorisme au sein du Ministère de l’intérieur, et qu’il a augmenté les ressources de ses services de lutte antiterroriste.  En outre, a-t-il ajouté, le Royaume-Uni a un programme commun avec le Pakistan sur les leçons apprises du terrorisme.  « À long terme, nous devons continuer d’améliorer l’accès des populations à la justice et à la bonne gouvernance, ainsi qu’à la formation et à l’éducation. »  Ce sont des éléments importants en soi et ils peuvent en outre éviter que des personnes frustrées et vulnérables ne se laissent entraîner dans l’extrémisme violent.

Ayant à l’esprit les récents attentats perpétrés à Mumbai, M. MARTY M. NATALEGAWA (Indonésie) a déclaré que le rythme de la coopération en matière de lutte antiterroriste devrait aller de pair avec la capacité « tordue » qu’ont les terroristes à faire des ravages et à semer la destruction.  Il a estimé que les efforts déployés devraient comporter de multiples facettes car, a-t-il signalé, le terrorisme n’est pas une « guerre » qui peut être gagnée par la seule application de la force.  Il a prôné une approche étendue et intégrée, insistant notamment sur l’importance de la collecte d’information, du respect de l’état de droit, du cadre législatif, et de la politique étrangère et socioéconomique.  « Nous ne pouvons favoriser un de ces outils au détriment des autres », a-t-il fait remarquer.  Le représentant de l’Indonésie a également insisté sur l’importance de la coopération internationale, faisant remarquer que les terroristes ne se bornent pas aux frontières nationales.  Il a notamment mis l’accent sur le partage d’information, les bonnes pratiques et le renforcement des capacités.

Après avoir passé en revue les différentes initiatives lancées par l’Indonésie en matière de lutte antiterroriste, M. Natalegawa a estimé qu’il était temps d’organiser une convention sur le terrorisme international.  Mais, a-t-il fait observer, les cadres multilatéraux ne doivent pas réinventer la roue, mais promouvoir la synergie qui existe déjà aux niveaux national, bilatéral et régional.  Le représentant a ensuite déclaré que la lutte antiterroriste ne devrait pas servir de prétexte pour suspendre le respect du droit international et des droits de l’homme.  Insistant sur la nécessité de résoudre les causes premières du terrorisme, le représentant a également engagé le Conseil de sécurité à résoudre les conflits qui se trouvent encore dans l’impasse.  « Nous devons délégitimer le terrorisme, en renforçant les valeurs démocratiques et en promouvant la tolérance », a poursuivi le représentant, qui a souligné qu’il était impératif de rejeter toute association établie entre le terrorisme et certaines nations, régions ou religions.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a affirmé que les abominables attaques terroristes de Mumbai confirmaient que la menace du terrorisme était réelle et de grande ampleur.  La Fédération de Russie a pour position de principe de condamner toujours le terrorisme quelles que soient ses formes, a-t-il dit.  L’ONU doit, a-t-il ajouté, assurer une direction politique réelle dans la lutte contre le terroriste.  M. Churkin a souligné la nécessité de renforcer la coopération à tous les niveaux.  Le Conseil de sécurité a joué un rôle clef pour créer la première ligne de défense, a-t-il expliqué, citant la résolution de base 1373 et celles qui ont ensuite été adoptées dans le même domaine.  Le représentant a également évoqué le rôle des comités subsidiaires du Conseil de sécurité, lesquels constituent des instruments qui se complètent pour s’opposer à la terreur.  Il a mis notamment l’accent sur la nécessité de renforcer le dialogue avec les États pour la mise en œuvre des différentes résolutions.  Le Conseil de sécurité doit continuer d’accorder une attention prioritaire aux réactions efficaces au défi du terrorisme, a-t-il déclaré.  La Fédération de Russie réaffirme son appui à la Stratégie antiterroriste mondiale dans tous ses éléments et plaide pour sa mise en œuvre active.  Le terrorisme n’est pas l’ennemi contre lequel on peut lutter avec des cartes militaires, a-t-il estimé, précisant qu’une des tâches principales était le renforcement de la base juridique de la lutte contre le terrorisme.

M. JAN GRAULS (Belgique) a tout d’abord rappelé que sa délégation condamnait fermement tous les attentats terroristes, comme ceux perpétrés à Mumbaï.  L’éradication du fléau qu’est le terrorisme ne se fera que par l’intermédiaire d’une stratégie « holistique » et d’une coopération « sans faille ».  Les attentats sont l’expression d’une rage et d’une haine inadmissibles, a-t-il signalé, et la lutte contre le terrorisme doit être menée sans faille et dans toutes ses dimensions, en s’attaquant, a-t-il ajouté, aux réseaux terroristes et à leurs sources de financement.  Il a également estimé que le terrorisme ne pouvait être associé à aucune culture, religion ou croyance.  M. Grauls a ensuite indiqué que la Belgique souscrivait pleinement aux stratégies de lutte antiterroriste établies par les Nations Unies et l’Union européenne.  Il a également souligné l’importance du renforcement des capacités, de la sensibilisation et de l’implication des États.  Le rôle des organisations régionales est essentiel, a-t-il ajouté.

À l’instar de son homologue de la France, le représentant de la Belgique a ensuite insisté sur le respect des droits de l’homme et la primauté du droit, éléments fondamentaux, selon lui, de la lutte antiterroriste.  La lutte contre le terrorisme ne peut se faire au détriment de nos principes et de nos valeurs, a notamment déclaré M. Grauls, pour ensuite se féliciter que la dimension « droits de l’homme » est prise en compte dans les actions et les décisions des Nations Unies.  Le représentant a également demandé des procédures plus claires et plus équitables pour l’inscription et la radiation de noms sur des listes de personnes suspectées de terrorisme et soumises à des mesures restrictives.  Par toute mesure prise en matière de procédures claires et transparentes, la légitimité du système de sanctions de l’ONU, l’autorité du Conseil de sécurité et l’impact de ses mesures s’en sortent renforcés, a-t-il estimé.  M. Grauls a également appelé le Conseil de sécurité à renforcer ses efforts en allant au-delà des prescriptions contenues dans la résolution 1822.

M. RICARDO ALBERTO ARIAS (Panama) a déclaré que dans une grande mesure, le monde moderne a réussi, même au prix de guerres, y compris deux guerres mondiales, à faire coexister les êtres humains de manière plus ou moins harmonieuse dans le cadre d’un « Contrat social ».  Aujourd’hui, nous assistons à des actes qui menacent ce contrat social, a-t-il fait remarquer, citant notamment la menace que posent les changements climatiques, les génocides et l’épuration ethnique ou encore les violences contre les femmes et les enfants.  C’est aussi, a-t-il ajouté, le cas du terrorisme.

Le terrorisme est condamnable, quels qu’en soient ses auteurs, y compris les gouvernements, et quelle que soit la justification qu’on lui donne, y compris la lutte contre l’occupation étrangère, a affirmé le représentant.  « Les récentes attaques de Mumbai montrent que nos moyens, comme les précautions que nous prenons, sont encore insuffisants ».  Au-delà de l’usage de la force ou des échanges de renseignements, il est essentiel de comprendre les causes profondes du terrorisme pour le combattre efficacement, a souligné M. Arias.  En outre, la lutte contre le terrorisme doit se faire dans le respect des droits de l’homme, du droit international humanitaire et du droit au développement, si l’on ne souhaite pas aller à l’encontre même des principes sur lesquels repose la lutte contre le terrorisme.

M. GIADALLA A. ETTALHI (Jamahiriya arabe libyenne) a notamment mis l’accent sur le rôle primordial des Nations Unies dans la lutte contre le terrorisme.  Les efforts du Conseil de sécurité restent encore fragmentaires, partiels et limités au seul aspect de la sécurité, a-t-il dit.  Le terrorisme est un phénomène multidimensionnel dont le traitement exige une approche holistique et globale.  Les mesures prises pour lutter contre le terrorisme demandent à être réexaminées et revues, a-t-il observé.  La prévention du financement du terrorisme, a-t-il souligné, doit faire l’objet d’une attention spéciale et des mesures plus efficaces doivent être prises à cet égard.  Le Conseil de sécurité doit, a-t-il dit, prendre des mesures plus robustes et équitables en vue de suivre les filières de financement et assurer la transparence des institutions financières.  Le représentant a dit attendre des mesures pratiques qui permettront d’endiguer véritablement la propagation du terrorisme.  Il a aussi mis l’accent sur la nécessité d’éviter la politique de deux poids deux mesures et d’empêcher les injustices subies par des peuples tels que les Palestiniens.  Il est évident, a-t-il estimé, que l’état de droit doit être la pierre de touche dans tout effort de lutte contre le terrorisme au niveau international ou au niveau national.  Il convient, a-t-il dit, d’améliorer la solidarité internationale, ce qui, de l’avis de sa délégation, passe par un renforcement du rôle des Nations Unies dans la lutte contre le terrorisme.

M. BASO SANGQU (Afrique du Sud) a réaffirmé que son pays condamnait le terrorisme sous toutes ses formes et quelle qu’en soit la cause.  Il a rappelé que son pays avait salué l’adoption en 2006 de la Stratégie antiterroriste mondiale, qui fournit une stratégie d’ensemble de lutte contre le terrorisme mais aussi de compréhension de ses causes profondes.  Le terrorisme de ne peut être attribué à une culture ou une religion donnée, a-t-il rappelé.  Le représentant de l’Afrique du Sud s’est opposé à l’élaboration de listes nationales de terroristes, qui pourraient être utilisées à des fins politiques et de non-respect des droits de l’homme.  Il a jugé nécessaire de redoubler d’efforts pour parvenir à une convention générale contre le terrorisme international.

Le représentant a par ailleurs souhaité que la communauté internationale renonce à des « termes troublants » tels que « sanctuaires du terrorisme » à propos de certains pays ou régions.  Il a aussi affirmé que les pays en développement sont plus touchés que d’autres par le terrorisme et que l’impact de ces derniers y est souvent plus grand.  L’impact du terrorisme sur le tourisme, et donc sur les revenus de certains pays, par exemple, peut être particulièrement catastrophique, a-t-il affirmé.  Les sanctions du Conseil de sécurité dans le cadre de sa lutte contre le terrorisme doivent pouvoir être examinées de près sur le plan juridique, a préconisé le représentant, citant en exemple un récent arrêt de la Cour de justice des communautés européennes qui a donné raison à un plaignant inscrit sur la liste des personnes liées au terrorisme du Comité du Conseil de sécurité contre le terrorisme.

M. ZHANG YESUI (Chine) a exprimé ses condoléances aux victimes des attaques terroristes de Mumbai.  Il  espéré que les trois Comités du Conseil de sécurité continuent d’entendre la voix de touts les États Membres, surtout celle des pays en développement.  Il convient, a-t-il dit, de renforcer la coopération multilatérale dans le cadre des Nations Unies.  Tous les États Membres devraient renforcer leurs mesures contre le terrorisme, a-t-il estimé, insistant en particulier sur la promotion du développement ou le dialogue entre différentes religions et civilisations.  Les États Membres sont les vrais propriétaires de toutes les résolutions de l’ONU dans la lutte contre le terrorisme, a-t-il observé, évoquant néanmoins la limite des capacités de certains.  Le représentant a ainsi souhaité que la communauté internationale accordera plus d’attention au renforcement des capacités dans la lutte contre le terrorisme.  Il a, enfin, mis l’accent sur la nécessité d’éradiquer les causes qui conduisent au terrorisme. 

M. JEAN-PIERRE LACROIX (France), qui s’exprimait également au nom de l’Union européenne, a affirmé que celle-ci tenait le terrorisme pour l’une des plus importantes menaces à la paix et à la sécurité internationales.  Il est impératif, a-t-il dit, de résister aux pièges mortels que le terrorisme tend: la peur, la division, le renoncement.  La peur, a-t-il expliqué, c’est l’abdication, la défaite.  La division se traduit par les déchirements entre les peuples, les cultures, les religions, que les terroristes cherchent justement à provoquer.  Le renoncement, c’est l’abandon des principes et des valeurs sur lesquels sont établies les démocraties, ainsi que l’ONU: le dialogue, la paix, les droits de l’homme.  Pour l’Union européenne, le respect des droits de l’homme et la primauté du droit sont des éléments fondamentaux de la lutte antiterroriste, a-t-il souligné.  « C’est dans le respect de nos valeurs, du droit, des libertés publiques et dans le recours à des procédures claires et équitables que nous parviendrons à terrasser le terrorisme », a-t-il affirmé.

Le représentant a en outre estimé que les Nations Unies représentaient naturellement le cadre pour développer les normes et les structures afin de renforcer la coopération internationale contre le terrorisme.  Il a mis l’accent, notamment, sur la nécessité de poursuivre l’important travail visant à traiter plus généralement les conditions qui conduisent à la propagation du terrorisme, citant en particulier le renforcement de l’éducation, de l’aide au développement et des efforts en vue de résoudre les crises et conflits régionaux.  Il a également mis l’accent sur le rôle à jouer des organisations régionales.  Le représentant a appelé tous les États à redoubler d’efforts pour mettre en œuvre intégralement les résolutions du Conseil de sécurité et les recommandations du Comité contre le terrorisme pour devenir parties à tous les instruments internationaux de lutte contre le terrorisme et pour mettre en œuvre d’une manière intégrée la Stratégie antiterroriste mondiale.  Enfin, le système des Nations Unies devrait, a-t-il estimé, réfléchir plus largement au soutien qu’il peut apporter au renforcement des capacités et à l’assistance aux États en matière de lutte contre le terrorisme.

M. HOANG CHI TRUNG (Viet Nam) a condamné le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, la plus récente étant les attaques lancées contre des lieux publics à Mumbai, en Inde, la semaine dernière.  Il a rappelé que chaque État avait la responsabilité de protéger sa population contre le terrorisme mais que la coopération entre les pays était essentielle pour la réussite de ces efforts, le terrorisme étant un phénomène mondial.  Il a appuyé le rôle de chef de file des Nations Unies dans la lutte contre le terrorisme, ainsi que la pleine mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies.  De plus, il a souligné l’importance des résolutions, relatives à la lutte contre le terrorisme, du Conseil de sécurité, et des trois Comités établis par certains de ces textes.  S’inquiétant de la persistance des actes terroristes, M. Trung a estimé que chaque État, ainsi que la communauté internationale, devaient s’attaquer aux causes profondes du terrorisme.  Il a précisé que les inégalités politiques, économiques et sociales, la politique du « deux poids, deux mesures », ainsi que l’usage de la force dans les affaires internationales, créaient les conditions favorables à la propagation du terrorisme.  Il a noté que la résolution marquant le lancement de la Stratégie antiterroriste mondiale appelait d’ailleurs à résoudre les conflits, l’occupation, et à éradiquer la pauvreté et promouvoir le développement durable, entre autres.  Le représentant a enfin fait remarquer que le Viet Nam s’attachait à renforcer son cadre juridique antiterroriste et ses capacités de répression et à coordonner les politiques et activités avec les pays de la région, en particulier dans le cadre de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE).

M. GIULIO TERZI DI SANT’AGATA (Italie) a affirmé que la menace du terrorisme était intense.  La menace du terrorisme est diversifiée et change constamment, a-t-il estimé.  C’est pourquoi, il est nécessaire d’adopter une vision politique à long terme.  Les Nations Unies constituent le meilleur cadre possible pour améliorer et mieux définir les politiques contre le terrorisme, a-t-il déclaré.  Le représentant a en outre mis l’accent sur la nécessité de suivre la Stratégie antiterroriste mondiale en assurant la mise en œuvre de ses quatre piliers.  L’application de toutes les conventions contre le terrorisme est une priorité, a-t-il ajouté.  De même, il a réaffirmé que la promotion et la protection des droits de l’homme représentaient une priorité, comme l’est aussi l’état de droit.  Les terroristes, a-t-il ajouté, ne doivent bénéficier d’aucun abri ni d’aucune impunité.  Le représentant de l’Italie a indiqué que l’Union européenne disposait d’un ensemble d’instruments de coopération judiciaire entre États qui avait démontré leur efficacité dans de nombreux cas.  Le défi à relever aujourd’hui est énorme.  Tous les États doivent déployer des efforts à long terme, a-t-il poursuivi, soulignant également la nécessité d’empêcher que des murs de méfiance soient érigés entre les pays. 

M. STJEPAN MESIĆ, Président de la Croatie, a déclaré que les événements de Mumbai montrent de façon tragique que le terrorisme est une menace mondiale qui doit donc être combattue selon une optique mondiale.  Cette réponse doit se fonder sur la coopération internationale et la solidarité, a-t-il ajouté, regrettant que la solidarité n’ait pas encore atteint le niveau souhaité.  Après les attentats du 11 septembre 2001, la Croatie a immédiatement demandé le lancement d’une alliance mondiale contre le terrorisme, fondée sur la confiance mutuelle et le principe de l’égalité de ses membres, a expliqué M. Mesić.  Il a regretté que la solidarité initiale ait faibli en raison, a-t-il estimé, d’un manque de confiance et aussi d’un certain sentiment que la lutte contre le terrorisme relevait d’un seul pays ou d’un groupe de pays.  La manière dont la lutte a été menée a également contribué à l’affaiblissement de cette alliance, alors que le terrorisme est devenu plus fort et fait partie de notre vie quotidienne, a estimé le Président de la Croatie.

« À la veille de cette réunion, nous savions que nous pouvions nous en tenir aux discours habituels ou bien dire franchement comment la Croatie approchait la question du terrorisme; nous avons choisi la seconde option », a déclaré M. Mesić.  « Nous devons porter notre attention sur la nature fondamentale du problème », a-t-il ajouté.  « Depuis 2001, nous ne cessons de dire que la lutte contre le terrorisme suppose une action menée sur deux fronts: le renforcement de l’appareil de sécurité et des actions contre les réseaux terroristes; mais aussi un traitement des causes profondes du terrorisme, des racines du mal.  Rien qu’en posant des questions, nous pouvons assurer l’attention sur certains facteurs incontournables », a-t-il estimé.

De l’avis de M. Mesić, tant que des êtres humains seront privés de tous leurs droits, il existera un réservoir malheureusement inépuisable pour le terrorisme.  Est-il difficile de transformer ces individus et groupes désespérés en instruments pour s’en prendre à ceux qu’on tient pour responsables de leurs conditions, a-t-il demandé.  M. Mesić a estimé que l’approche unidimensionnelle de l’usage de la force ne réussira pas, pas plus que des actions préventives unilatérales prises en dehors des Nations Unies.  Il faut que la guerre contre le terrorisme ne soit pas un monopole et réaffirmer la solidarité et la confiance internationales, a-t-il affirmé.  En même temps, en concentrant les efforts sur le terreau qui nourrit le terrorisme, il est possible de le priver de ses réserves, a-t-il expliqué.  Les Nations Unies sont l’instance de prise de décisions par excellence, a affirmé le Président croate.  Rappelant l’adoption, il y a 60 ans, de la Déclaration universelle des droits de l’homme, M. Mesić a jugé inacceptable de menacer ou de limiter les droits de l’homme au nom de la lutte contre le terrorisme, de même qu’il est inacceptable de justifier le terrorisme au nom d’une religion ou en l’identifiant à une nation ou une à foi.  Les Nations Unies doivent être le lieu de coordination politique de tous les efforts pour éradiquer le terrorisme, a souligné M. Mesić.  « Nous ne pouvons ni accepter une réconciliation avec le terrorisme, ni le considérer comme ‘normal’.  Tous les membres de la communauté internationale doivent assumer cette responsabilité commune au nom des générations futures », a conclu M. Mesić. 

M. SVEN ALKALAJ, Ministère des affaires étrangères de la Bosnie-Herzégovine, a déclaré que son pays continuerait d’investir des efforts significatifs dans la prévention et la lutte contre le terrorisme, en particulier dans le cadre du renforcement de ses capacités institutionnelles et de l’harmonisation de sa législation avec les Conventions et protocoles pertinents des Nations Unies.  La Bosnie-Herzégovine a également conclu une série de traités et d’accords bilatéraux sur la coopération des polices des pays de la région des Balkans et au-delà, a-t-il précisé.  Au niveau international, elle a coopéré de manière active avec le Comité contre le terrorisme du Conseil de sécurité, en particulier en ce qui concerne la mise en œuvre de la résolution 1373 sur les sanctions imposables à Al-Qaida et les Taliban.  L’Équipe de surveillance du Comité 1267 a effectué une visite en Bosnie-Herzégovine en mai 2006, à l’issue de laquelle elle a officiellement reconnu les efforts déployés par les autorités bosniennes pour respecter le régime de sanctions et prendre des mesures de lutte contre le terrorisme.  Par ailleurs, le Ministre a estimé que la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales était un moyen efficace d’apporter une réponse multilatérale à la menace terroriste et de comprendre les conditions propres à chaque région et à chaque pays.  Ainsi, l’assistance technique prêtée par l’Union européenne, le Conseil de l’Europe, l’OTAN et d’autres organisations régionales ont aidé la Bosnie-Herzégovine à entreprendre les réformes nécessaires pour aider ce pays à pleinement intégrer les structures euro-atlantiques, notamment sur le plan de la sécurité, s’est félicité le Ministre.

M. E. AHAMED, Ministre d’État pour les affaires étrangères de l’Inde, a affirmé que les attaques terroristes de Mumbai ont marqué une escalade qualitative et dangereuse dans le terrorisme auquel l’Inde est confrontée depuis deux décennies.  Dans ce cas comme dans le passé, les attaques ont été parrainées et organisées par des groupes et des forces au-delà des frontières, a-t-il accusé.  Les attaques de Mumbai montrent clairement que le terrorisme porte atteinte à la paix et à la sécurité internationales, a-t-il ajouté.  Après avoir décrit en détail les attaques de Mumbai, il a déclaré que son pays avait demandé au Conseil de sécurité d’inscrire le groupe pakistanais Jammat-ud-Dawa sur la liste des groupes terroristes, en application de la résolution 1267 du Conseil.  Toute personne qui, d’une manière ou d’une autre, est responsable des attaques de Mumbai, et où qu’elle se trouve, doit être traduite en justice, a-t-il insisté. 

La lutte contre le terrorisme international exige une coopération efficace, a déclaré le Ministre.  Les organisateurs, les personnes ou organismes qui les financent et fournissent un soutien logistique pour de telles attaques doivent être punis.  Ceux qui leur apportent un appui moral ou idéologique doivent eux aussi être traduits en justice, a-t-il ajouté.  Le terrorisme ne surgit pas au hasard; il est planifié, il est financé, il requiert une organisation méticuleuse, et il a besoin d’armes et de sanctuaires, a poursuivi M. Ahamed.  Quand le terrorisme frappe, il n’est pas toujours facile d’en identifier l’origine.  Dans le cas de Mumbai, c’est clair, a-t-il affirmé, en répétant que ni la religion, ni les différends, ni l’idéologie ne peuvent justifier le terrorisme.

Les terroristes sont des ennemis du peuple et quant les actions de groupes terroristes sont utilisées pour servir les intérêts politiques d’États, alors émerge une combinaison mortelle, a déclaré M. Ahamed.  Réclamant l’élimination de tels liens, le Ministre a demandé à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité que le groupe Jammat-ud-Dawa soit immédiatement interdit et que des sanctions efficaces lui soient imposées.  Il a demandé que le pays d’origine du groupe prenne d’urgence des mesures pour empêcher le groupe de fonctionner et qu’un message clair soit adressé aux auteurs des actes terroristes qu’ils ne trouveront nulle part un sanctuaire et qu’ils seront poursuivis.  Il a demandé que des mesures soient immédiatement mises en place au niveau national pour s’assurer que cette menace terroriste soit éradiquée.  Il a également réclamé l’adoption immédiate du projet de convention générale sur le terrorisme international présenté à la Sixième Commission (chargée des questions juridiques) en 1996 par l’Inde, afin de fournir un cadre à la législation internationale contre le terrorisme.  Ce projet de convention ne peut pas continuer d’être l’otage de définitions alors que les terroristes continuent de tuer des vies innocentes, a fait remarquer le Ministre.

Le Ministre d’État pour les affaires étrangères de l’Inde a affirmé que son pays agira pour protéger son peuple contre des actes haineux.  L’Inde, a-t-il indiqué, a fait preuve de retenue face aux attaques terroristes.  « Mais nous devons remplir notre devoir de protection envers notre peuple et prendre toute mesure nécessaire », a-t-il dit.  La Charte des Nations Unies et le droit international, y compris le droit à la légitime défense, fournissent le cadre à l’exercice de nos responsabilités, a-t-il ajouté en concluant: « C’est le message que j’apporte au Conseil de sécurité de la part de mon gouvernement et de mon peuple ».

M. ANDREW GOLEDZINOWSKI (Australie) a souligné qu’il semblait probable que l’extrémisme violent demeure un défi à un monde sûr dans un avenir prévisible.  La nature changeante et persistante de la menace terroriste exige une stratégie internationale coordonnée à long terme, a-t-il ajouté, rappelant qu’aucun pays ne pouvait combattre seul ce phénomène.  L’engagement de l’Australie dans la lutte antiterroriste entend reposer sur trois piliers: le dialogue sur les politiques à mener, la collaboration dans le domaine opérationnel et la mise en œuvre de capacités antiterroristes avec des partenaires internationaux.  Par ailleurs, l’Australie soutient le rôle vital des Nations Unies pour développer un cadre juridique international dans le domaine de la lutte antiterroriste et dans le renforcement de la coopération entre États Membres.

Sur le plan national, l’Australie estime que la lutte antiterroriste ne doit pas uniquement reposer sur des solutions purement militaires.  Celle-ci requiert à la fois une action de la police, des services de renseignements ainsi qu’une action politique.  Pour parvenir à réduire les actes terroristes, il convient de combiner une réponse sécuritaire adéquate avec des mesures efficaces visant à renforcer la cohésion sociale et à affaiblir l’intérêt pour les idéologies radicales qui sont susceptibles de mener à la violence extrémiste, a estimé le représentant de l’Australie.  Sa délégation, a-t-il dit, est convaincue que pour contrer l’influence de la propagande de celles-ci sur l’Internet, les États doivent se montrer plus souples, s’adapter et collaborer les uns avec les autres.

M. MOURAD BENMEHIDI (Algérie) a estimé que l’ONU avait un rôle directeur à jouer dans la lutte contre le terrorisme.  Son action se doit d’identifier des objectifs concrets à atteindre, a-t-il dit, précisant que la Stratégie antiterroriste mondiale devrait se traduire par un engagement ferme de tous les États Membres, seul à même de donner les résultats escomptés.  Le représentant a mis l’accent sur la nécessité d’adopter dans la lutte contre le terrorisme une approche préventive.  La primauté doit être donnée à la lutte contre le financement du terrorisme, a-t-il ajouté.  Ainsi, les circuits qui assurent le financement du terrorisme doivent être asséchés.  Le financement des groupes terroristes par les rançons des prises d’otages semble devenir un des moyens les plus lucratifs recherchés par les terroristes, a-t-il constaté, mettant en garde contre la vision à court terme qui consiste à obtempérer aux exigences des terroristes sans se soucier des conséquences d’une telle soumission.  Le représentant a, en outre, souligné l’importance du renforcement de la coopération avec les instances régionales spécialisées à travers, entre autres, les programmes d’assistance technique.  Les organisations régionales et sous-régionales, au fait des réalités du terrain et des contraintes spécifiques à chaque région, ont une contribution cruciale à apporter, a-t-il poursuivi.  Enfin, il a réitéré l’appel de l’Algérie à la communauté internationale pour qu’elle s’élève au-dessus des clivages régionaux, idéologiques et politiques en vue d’affronter, dans l’unité, ce fléau et ses causes sous-jacentes.

M. JUAN ANTONIO YÁNEZ-BARNUEVO (Espagne) a affirmé qu’il était nécessaire de lancer une action ferme et soutenue au niveau multilatéral dans la lutte contre le terrorisme, les Nations Unies ayant à cet égard un rôle central à jouer.  Un pas important a été réalisé en 2006 avec l’adoption par consensus de la Stratégie antiterroriste mondiale, a-t-il souligné, notant qu’il convenait de mettre à profit cet arsenal juridique et de mettre en pratique la Stratégie mondiale.  Sa mise en œuvre, a-t-il ajouté, dépendra de la volonté politique des États Membres et de la coordination entreprise sous l’égide des Nations Unies.  Il a rappelé que son pays avait été durement frappé par la violence terroriste, et avait mis en œuvre des plans internes et internationaux pour combattre ce fléau.  Cette tâche difficile doit s’accomplir dans le strict respect de la légalité internationale, de la primauté du droit et des droits de l’homme, a-t-il déclaré.  Le représentant a, par ailleurs, rappelé l’engagement de l’Espagne en faveur de l’Alliance des civilisations, laquelle contribue à la promotion, de façon pratique, de la compréhension entre les peuples, les cultures et les religions selon les principes énoncés par la Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des droits de l’homme. 

M. ZAHIR TANIN (Afghanistan) a rappelé que son pays était frappé au quotidien par le terrorisme.  Ce fléau, a-t-il dit, sape les efforts entrepris chaque jour par le Gouvernement afghan pour fournir aux familles un sentiment de sécurité, une éducation aux enfants, créer les conditions d’élections libres et justes pour les citoyens.  Le représentant a en particulier mis l’accent sur la coopération dans la lutte contre le terrorisme.  Il s’est ainsi félicité des actions récentes prises à cet égard avec le Pakistan.  Les Gouvernements afghan et pakistanais se sont engagés à prendre les premières véritables mesures de coopération contre la menace commune du terrorisme, a-t-il souligné, souhaitant que ce nouveau climat contribuera à éliminer les sanctuaires d’Al-Qaïda, des Taliban et d’autres groupes terroristes, ainsi qu’à établir des relations mutuelles plus fructueuses entre les deux pays.  Il a estimé que les Nations Unies, ainsi que tous leurs États Membres, devraient reconnaître la nécessité d’assurer un soutien international à la coopération régionale en vue d’assurer la paix et la sécurité et de combattre le terrorisme.

Le représentant a estimé par ailleurs qu’une stratégie de coopération serait d’autant plus forte si elle est cohérente et globale.  Il a insisté sur la nécessité d’œuvrer de manière uniforme et cohérente à l’élimination des groupes terroristes.  Il faudrait établir une tolérance zéro à l’égard du terrorisme et du soutien au terrorisme, a-t-il ajouté.  Il a également jugé important d’intégrer les éléments liés à des groupes terroristes, qui sont prêts à s’engager dans le processus de paix et dans les négociations de paix et de les amener à collaborer de manière constructive.  La stratégie de paix de l’Afghanistan, a-t-il expliqué, vise également à priver les groupes terroristes de tout soutien parmi les communautés en renforçant l’engagement des membres des communautés.  Le représentant a, de même, souligné la nécessité d’entreprendre des mesures et des politiques préventives qui s’attaquent aux inégalités sociales et économiques sur lesquelles s’appuient les terroristes.  La stratégie doit contribuer à ramener la sécurité, le développement et la bonne gouvernance, a-t-il estimé.

M. NORIHIRO OKUDA (Japon) a partagé l’idée de la Croatie selon laquelle la communauté internationale doit réaffirmer sa solidarité contre le terrorisme à ce stade de la conjoncture, et qu’il faut adopter une approche multidimensionnelle et générale.  Rappelant que les États Membres ont la responsabilité première de mettre en œuvre les résolutions pertinentes, il a réitéré l’importance du rôle du Conseil de sécurité et notamment de ses comités qui doivent relayer les efforts des États Membres.  Le représentant a expliqué que le Japon, qui assurait cette année la présidence du G-8, a déployé des efforts inlassables pour renforcer la coopération entre le Groupe d’action antiterroriste du G-8 et la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme du Conseil de sécurité.  Le délégué a aussi souligné l’importance des opérations maritimes dans la lutte contre le terrorisme, notamment en Afghanistan, précisant que son pays participe à de telles opérations dans l’océan Indien depuis 2001.  Le Japon est aussi convaincu de l’utilité de la coopération régionale et y travaille activement, a ajouté M. Okuda.  Dans ce cadre, le Japon a organisé des séminaires pour favoriser l’accession aux instruments juridiques internationaux de lutte contre le terrorisme, destinés aux experts en Asie.

M. CHRISTIAN WENAWESER (Liechtenstein) a exprimé la solidarité de sa délégation avec les victimes des récents attentats perpétrés à Mumbai.  Il a ensuite estimé que l’utilisation de la force ne pouvait être la seule réponse apportée au fléau qu’est le terrorisme.  Il a notamment déclaré que l’expression « guerre au terrorisme » avait provoqué plus de problèmes que de solutions, s’agissant, notamment, de l’application du droit international humanitaire.  M. Wenaweser a ensuite signalé que, malgré les nombreuses mesures prises par les Nations Unies et les États Membres depuis les attentats du 11 septembre 2001, la menace terroriste se faisait plus présente que jamais.  Ce fait souligne la limite des mesures de lutte antiterroriste « traditionnelles », a déclaré le représentant pour qui il importe de répondre d’une manière systématique aux conditions qui favorisent la prolifération du fléau.  Il a estimé que le Conseil de sécurité a un rôle important à jouer à cet égard et a insisté sur la nécessité de résoudre les conflits qui se trouvent dans l’impasse.  Le représentant du Liechtenstein a également engagé l’Assemblée générale à redoubler d’efforts dans le domaine de la prévention et à finaliser, notamment, l’organisation de la convention sur le terrorisme international.  M. Wenaweser a ensuite fait observer que la lutte antiterroriste entraînait parfois des répercussions négatives sur le respect de l’état de droit, des droits de l’homme et de la bonne gouvernance.  Ma délégation est convaincue que le Conseil devrait donner l’exemple lorsqu’il s’agit de trouver le bon équilibre entre les impératifs sécuritaires et le respect des droits de l’homme, a-t-il dit.

Mme BYRGANYM AITIMOVA (Kazakhstan) a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la coopération internationale dans la lutte contre le terrorisme.  Le renforcement du cadre international juridique de la coopération terroriste est particulièrement pertinent, a-t-elle estimé.  Mme Aitimova a précisé que son pays appuyait l’adoption, sans délai, d’une convention générale sur le terrorisme international.  La représentante a en outre estimé qu’à travers des efforts communs, l’ONU devrait être réformée en vue de renforcer le Conseil de sécurité et de lui permettre de réagir rapidement aux principaux défis posés à la paix et à la sécurité internationales.  Elle a également souligné le rôle essentiel joué par les organisations régionales et sous-régionales dans les efforts en vue de combattre le terrorisme.  Elle a ainsi évoqué la contribution que pourrait apporter dans la région euro-asiatique l’Organisation de Shanghai pour la coopération et l’Organisation du Traité de sécurité collective, ainsi que la Conférence pour l’interaction et les mesures de confiance en Asie.

Mme ILEANA B. NÚÑEZ MORDOCHE (Cuba) a déclaré que son pays condamne toutes les formes de terrorisme, y compris le terrorisme d’État.  Elle a exhorté tous les États à respecter leurs obligations dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, notamment en poursuivant et en jugeant les suspects d’actes terroristes ou en les extradant.  Par ailleurs, Cuba rejette toutes les mesures comportant l’usage ou la menace de la force contre un État en violation de la Charte de l’ONU, et condamne l’élaboration unilatérale par les États de listes nationales de prétendus terroristes, a-t-elle ajouté.  La représentante a jugé appropriée la convocation d’une conférence internationale sous les auspices des Nations Unies pour définir le terrorisme.  Elle s’est également dite favorable à l’adoption d’une convention générale sur le terrorisme international qui contiendrait la définition du terrorisme.

Mme Núñez MORRDOCHE a ensuite accusé les États-Unis de ne rien faire, malgré les preuves apportées par Cuba, pour poursuivre et condamner le terroriste Luis Posada Carriles.  Elle a donc exigé que les États-Unis jugent cette personne ou la remettent au Venezuela qui en a fait la demande.  Elle a ensuite accusé les États-Unis de détenir depuis plusieurs années dans ses prisons des Cubains qui « n’avaient pour rôle que de chercher à recueillir des informations » sur les agissements aux États-Unis de personnes soutenant le terrorisme à Cuba.

Mme MEIRAV EILON SHAHAR (Israël) a souligné que la coopération internationale était essentielle pour lutter contre le fléau du terrorisme.  Elle a rappelé que son pays était situé dans une région fortement blessée par le terrorisme et se trouvait depuis des décennies en première ligne des efforts en vue de combattre ce mal.  Comme tout autre groupe terroriste, le Hezbollah et le Hamas, deux organisations engagées dans la destruction d’Israël, ne pourraient pas agir sans le soutien apporté par des États, en l’occurrence l’Iran et la Syrie.  La représentante a expliqué que le terrorisme profitait des avantages procurés par la mondialisation, y compris la libre circulation des personnes et de l’information, pour causer la peur, la misère et la mort parmi les civils innocents.  Elle a notamment mis en garde contre les dangers du « cyberterrorisme ».  Elle a de même estimé que les dirigeants religieux et politiques avaient une responsabilité particulière dans la lutte contre le fanatisme et l’extrémisme.  Elle a ainsi mis l’accent sur la nécessité de s’attaquer aux incitations à la violence à tous les niveaux: dans la sphère politique, dans les écoles et les lieux de culte.

M. VANU GOPALA MENON (Singapour) a fait remarquer qu’un citoyen de son pays avait péri dans les attaques de Mumbai, première personne de Singapour à avoir été victime du terrorisme moderne.  Il a indiqué que ces évènements tragiques montraient que le fléau du terrorisme se poursuivait avec la même violence.  Il a souligné que les terroristes continuaient à s’adapter et à changer leurs tactiques, rendant ainsi plus difficile pour les autorités toute détection ou prévention d’attaques futures.  Il a aussi noté l’augmentation d’attaques menées par des individus qui ne sont pas recrutés par des groupes mais qui adhèrent à des idéologies, en particulier grâce à l’Internet.  Face à cette évolution, le Gouvernement de Singapour a adopté une Stratégie multidimensionnelle pour répondre au terrorisme, a-t-il indiqué.  Cette stratégie, a-t-il précisé, vise à impliquer plusieurs ministères en vue d’établir une lutte mieux coordonnée.  M. Menon a aussi expliqué que la stratégie se basait sur une participation de la communauté, alors que Singapour est une société multiculturelle et multiconfessionelle.  Il a souligné que le but de cette stratégie était de renforcer la compréhension et de développer la confiance entre les différentes communautés ethniques et au sein de la société.  Par ailleurs, il a mis l’accent sur l’importance des membres des communautés religieuses pour éliminer toute représentation erronée de la religion.  Enfin, le représentant a affirmé que la stratégie nationale s’appuyait sur la coopération internationale, soulignant à cet égard le rôle crucial de l’ONU et de la Stratégie antiterroriste mondiale.  Il a jugé impératif que les États continuent à travailler ensemble pour lutter contre ce fléau et à échanger des informations pour en traiter les causes sous-jacentes.

M. CLAUDE HELLER (Mexique) a déclaré que les attentats récents dans diverses régions du monde contraignent la communauté internationale à réitérer sa condamnation absolue du terrorisme.  Il a rappelé le cadre que fournit la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies qui, a-t-il averti, ne sera toutefois efficace que si les actions menées reposent sur ses quatre piliers.  À cet égard, il a rappelé l’importance du pilier de la protection des droits de l’homme et du droit international humanitaire.  En tant que membre du Conseil de sécurité en 2003, le Mexique a œuvré en ce sens et l’Assemblée générale devrait, quant à elle, de nouveau adopter une résolution en ce sens dans les prochains jours, a-t-il noté.

Le représentant a jugé important d’insister sur les actions du Comité du Conseil de sécurité créé en vertu de la résolution 1373 pour identifier les sources de financement du terrorisme.  Il faut éviter que ce dernier trouve des ressources dans le trafic illicite de drogues, le trafic d’armes ou la criminalité transfrontière, a déclaré M. Heller.  Il faut également renforcer la coopération entre les différents comités du Conseil de sécurité et entre les groupes d’experts existants, a-t-il ajouté.  M. Heller a affirmé que son pays s’attachait à mettre fidèlement en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité et a ratifié les 13 instruments juridiques internationaux de lutte contre le terrorisme, ainsi que les deux qui existent dans le cadre régional.  Il a souligné qu’il était essentiel de lutter contre la prolifération des armes de destruction massive et a dit reconnaître l’importance de la résolution 1540 en ce sens.  Les Nations Unies  devraient favoriser les stratégies globales de lutte contre le terrorisme en identifiant les causes profondes du terrorisme, a déclaré M. Heller.  Le représentant a estimé que les actions les plus efficaces pour lutter contre le terrorisme étaient celles qui promeuvent le développement économique et social car le terrorisme se développe en profitant de certaines situations, notamment de l’absence de perspectives, d’éducation ou de moyens de santé.  Dans la mesure où la communauté internationale restera unie, respectera ses valeurs et renforcera la coopération internationale, nos chances de succès seront plus grandes, a-t-il conclu.

M. JORGUE ARGÜELLO (Argentine) a rappelé que son pays avait souffert ces deux dernières années de deux attentats terroristes terribles.  La lutte contre ce fléau nécessite, a-t-il dit, l’engagement de toute la communauté internationale et la participation de tous, tout en respectant le droit international, le droit international humanitaire, les droits de l’homme, ainsi que les buts et principes de la Charte des Nations Unies.  Le représentant a notamment indiqué que son pays avait ratifié les 12 Conventions des Nations Unies contre le terrorisme et, qu’au niveau national, en 2007, le Code pénal argentin avait été amendé afin d’incorporer le crime d’« association terroriste ».  En outre, dans le contexte de la résolution 1373 (2001) du Conseil de sécurité, l’Argentine a adopté l’Agenda national pour la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.  Le représentant a enfin réitéré l’appel déjà lancé par le Président du Conseil de sécurité pour que les États adhèrent le plus tôt possible aux instruments internationaux traitant du terrorisme.

M. BAKI İLKIN (Turquie) a rappelé que tous les États sont vulnérables au terrorisme qui n’est pas un problème lié à un pays, une religion ou une nationalité en particulier.  C’est pourquoi, ils doivent adopter une riposte ferme et unifiée.  Le représentant a condamné toutes les formes de terrorisme, crime contre l’humanité qui ne peut jamais être justifié sous aucun prétexte, quels que soient ses motivations et ses objectifs.  Le représentant a estimé que les récents attentats de Mumbai démontrent l’importance d’un engagement ferme de la part de la communauté internationale pour combattre efficacement le terrorisme.  Il a souhaité que le débat de ce jour adresse un message qui confirmera cette détermination, mais qu’il permettra aussi d’identifier les moyens de renforcer le rôle central des Nations Unies dans les efforts mondiaux contre le fléau.

De fait, les Nations Unies ont déjà accompli un important travail, notamment en adoptant des instruments juridiques et en facilitant le renforcement des capacités des États, a déclaré M. İlkin.  Toutefois, a-t-il ajouté, la mission est loin d’être achevée.  Il a notamment souhaité que soit rapidement mis au point le projet de convention générale sur le terrorisme international.  Concernant le renforcement des capacités, le représentant a déclaré que les Nations Unies doivent poursuivre leur assistance technique.  Il faut aider les pays qui veulent renforcer leurs capacités antiterroristes mais n’ont ni l’expertise ni les moyens de le faire, a-t-il souligné.  En ce sens, il s’est félicité du mécanisme, récemment mis en place, d’évaluation préliminaire de la mise en œuvre des mesures décidées par le Conseil de sécurité dans le cadre de sa résolution 1373.  Néanmoins, il a jugé nécessaire de mettre en place un mécanisme mondial de suivi qui, non seulement identifierait les menaces et leurs auteurs de telle manière que la communauté internationale puisse répliquer, mais mettrait aussi en lumière les forces et faiblesses de la mise en œuvre des résolutions et accords signés.  Affirmant que la Turquie est favorable à une forte coopération antiterroriste, il a ajouté que sa délégation agira en ce sens pendant son mandat au sein du Conseil de sécurité pour la période 2009-2010.  M. İlkin a ensuite rappelé l’initiative de l’Alliance pour les civilisations lancée par le Secrétaire général en 2005 et coparrainée par son pays et l’Espagne, destinée à établir les liens entre les cultures et religions pour mettre en valeur leurs idéaux communs.  À cet égard, il a rappelé que la Turquie accueillera début 2009 le deuxième Forum de l’Alliance.

M. AGSHIN MEHDIYEV (Azerbaïdjan) a déclaré que son pays était une cible directe d’activités terroristes appuyées de l’extérieur.  Il a estimé que le terrorisme était, dans ce cas, étroitement lié à un séparatisme agressif.  Les zones de conflits armés, en particulier les territoires sous occupation étrangère, créent souvent des conditions favorables à une exploitation terroriste, a-t-il dit.  Ainsi, a-t-il ajouté, l’exploitation continue d’une partie de l’Azerbaïdjan par l’Arménie est un terreau fertile pour le terrorisme.  Le représentant s’est dit très préoccupé par le fait que le mécanisme de contrôle des armes ne soit pas effectif dans ce territoire.  L’accumulation d’un grand nombre d’armes et de munitions échappant au contrôle international pose une menace grave à la paix et à la sécurité régionales, a-t-il estimé.  Il a regretté que la communauté internationale, en particulier les médiateurs impliqués dans les négociations, fassent preuve d’une certaine indifférence concernant ce problème.  Il a mis l’accent sur la nécessité de prendre des mesures plus efficaces visant à empêcher l’acquisition irresponsable de quantités énormes d’armes classiques.

M. PARK IN-KOOK (République de Corée) a souligné que si la répression et le démantèlement des cellules terroristes étaient un élément important de la lutte contre ce fléau, le traitement des causes du phénomène l’était tout autant.  Ce traitement des origines et des causes du terrorisme devrait contribuer au renforcement de la réponse apportée à ce fléau au plan international, comme le souligne la Stratégie antiterroriste mondiale.  « À cet égard, des mesures telles que la lutte contre la marginalisation socioéconomique, la promotion du dialogue des cultures et l’intégration des minorités ethniques ou religieuses, seraient susceptibles de compléter les efforts déployés par la communauté internationale pour contrer le terrorisme de manière durable », a ajouté le représentant.

Par ailleurs, la Stratégie antiterroriste mondiale incite les États Membres, ainsi que les organisations internationales et régionales, à soutenir sa mise en œuvre en mobilisant ressources et savoir-faire, a-t-il ajouté.  L’harmonisation des mesures de lutte contre le terrorisme et l’échange des meilleures pratiques entre différents partenaires et États constituent un élément important de l’effort de lutte contre le terrorisme, a estimé M. Park In-kook.  Parallèlement à la Stratégie antiterroriste mondiale, « il est temps, désormais, de faire une tentative sérieuse en vue d’adopter une convention globale sur le terrorisme international qui renforce le cadre légal actuel », a ajouté le représentant.  Il a appelé de tous les vœux de sa délégation une plus grande interaction et coopération entre le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale.  Enfin, a rappelé M. Park In-kook, le terrorisme ne peut être lié à une nationalité en particulier, ni à une religion, ni à une civilisation ou à une culture.  Il s’agit simplement, a-t-il conclu, d’une menace commune contre laquelle la communauté internationale doit se montrer solidaire.

M. HILARIO DAVIDE (Philippines) a déclaré que le rapport du Secrétaire général sur la Stratégie antiterroriste mondiale adoptée l’année dernière par l’Assemblée générale montre la complexité du problème du terrorisme et la manière dont il affecte la paix et la sécurité internationales, et établit la liste des mesures prises à ce jour pour le combattre et celles qui devraient être prises.  En même temps, il a estimé qu’il faudrait éviter de donner au terrorisme une dimension mythique: le terrorisme est le fait d’êtres humains, et c’est par des hommes et des femmes résolus qu’il doit être combattu, a-t-il affirmé.  C’est aussi par un organe beaucoup plus grand que des femmes et hommes résolus, a-t-il ajouté, en citant les Nations Unies.  Les Nations Unies n’ont pas seulement la volonté de résoudre ce problème, elles en ont les moyens et les ressources, a poursuivi M. Davide.

Le représentant a estimé qu’il faudrait établir une définition universellement acceptée du terrorisme.  Le projet de convention générale sur le terrorisme international présenté en 1996 devant la Sixième Commission (chargée des questions juridiques), lorsqu’il sera adopté, constituera l’instrument adéquat définissant le terrorisme.  Regrettant que le Statut de Rome de la Cour pénale internationale n’ait pas pu fournir cette définition et n’ait pas inclus le terrorisme parmi les crimes dont la Cour peut connaître, il a souhaité que le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale puissent agir pour faciliter l’adoption de la convention générale sur le terrorisme.  Il a ensuite invité les États à adopter au niveau national des lois qualifiant le terrorisme de « crime contre le droit des États ».  Il a estimé que cela permettrait d’appliquer le principe de compétence universelle.  Il a rappelé que son pays, dans une loi sur la sécurité humaine promulguée en 2007, définit et réprime les crimes de terrorisme et de conspiration aux fins de commission d’actes de terrorisme.  Il a enfin souhaité que les procès contre les responsables d’actes terroristes soient menés sans délai.

M. MOHAMMED F. AL-ALLAF (Jordanie) a affirmé que le terrorisme cherchait à s’imposer comme acteur essentiel sur la scène internationale, visait à définir l’environnement sécuritaire international et laissait des empreintes sur les luttes régionales.  Le représentant a estimé qu’il était illogique et inacceptable que le terrorisme soit en mesure de s’adapter ou d’évoluer en fonction de la situation dans le monde.  Il a dit reconnaître la grande valeur stratégique de la lutte contre le terrorisme.  Mais la structure de cette stratégie doit être adaptée, a-t-il ajouté, mettant l’accent sur la nécessité d’améliorer sa capacité de réponse rapide.  Le représentant a indiqué que son pays, une des victimes les plus anciennes du terrorisme, était un partenaire essentiel dans la lutte contre ce fléau.  Le vrai partenariat est la coopération internationale, a-t-il également souligné, en défendant le rôle central, à cet égard, des Nations Unies.

Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil), soulignant la « sauvagerie » constatée lors des attaques terroristes de Mumbai, a rappelé que la communauté internationale tout entière doit s’engager contre ce fléau en faisant preuve d’unité pour que de tels événements ne se reproduisent pas.  Le Brésil, dans sa Constitution, condamne fermement le terrorisme dans toutes ses formes et manifestations, a-t-elle indiqué.  Le Brésil est aussi partie à toutes les conventions et protocoles contre le terrorisme, en dehors de la Convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire qui est en cours d’examen au congrès brésilien, a indiqué Mme Ribeiro Viotti.  La représentante a jugé particulièrement pertinente la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies, « qui est un instrument de justice, de paix et d’ordre ».  Mme Ribeiro Viotti a aussi insisté sur l’importance de respecter le droit international dans la lutte contre le terrorisme.  Le Brésil soutient l’adoption d’une convention générale en la matière et participe aux efforts de négociation dans l’espoir qu’une conférence de haut niveau puisse être convoquée rapidement, a-t-elle annoncé.  La représentante a salué les efforts des comités du Conseil de sécurité relatifs au terrorisme, qui ont joué un rôle important dans la facilitation des échanges d’information entre les États.  La prévention est essentielle, a poursuivi Mme Ribeiro Viotti, en relevant la nécessité de s’attaquer à l’intolérance politique, ethnique, raciale, culturelle et religieuse qui nourrit le terrorisme.  Il faut aussi gérer les divisions sociales et économiques, a-t-elle ajouté, rappelant que les terroristes prospèrent surtout là où règne la pauvreté.

M. DIEGO MOREJON (Équateur) a déclaré que son pays accorde une grande importance au rôle des Nations Unies pour établir un ordre mondial sur la base des principes de la Charte des Nations Unies.  En ce sens, l’Équateur appuie les actions des Nations Unies entreprises dans le cadre de la Stratégie antiterroriste mondiale, ainsi que les décisions prises par le Conseil de sécurité et les travaux de ses comités de lutte contre le terrorisme.  Il a expliqué diverses mesures prises par son pays dans la lutte antiterroriste ainsi que contre le trafic d’armes.  Rappelant que son pays est celui qui accueille le plus de réfugiés colombiens, il a expliqué que l’Équateur avait pris les mesures nécessaires pour réserver le statut de réfugié aux personnes qui remplissent les critères pertinents de la législation nationale équatorienne et des conventions internationales.  Il a estimé que la lutte contre le terrorisme doit aussi tenir compte de la lutte contre la pauvreté et l’injustice sociale et en faveur d’un développement social durable.

M. THOMAS MAYR-HARTING (Autriche) a estimé que le respect des droits de l’homme et de l’état de droit constituait la base fondamentale de la lutte contre le terrorisme.  Des mesures efficaces contre le terrorisme et la protection des droits de l’homme ne sont pas des objectifs contradictoires, mais se renforcent et se complètent, a-t-il assuré.  D’une part, a-t-il expliqué, le développement d’un système national efficace d’exécution du droit et de la justice criminelle fondé sur l’état de droit constitue un élément essentiel pour empêcher les actes terroristes et présenter les terroristes devant la justice.  D’autre part, il convient de faire en sorte que toutes les mesures prises pour combattre le terrorisme soient en conformité avec les obligations découlant du droit international, en particulier des droits de l’homme, du droit des réfugiés et du droit international humanitaire.  Le représentant a par ailleurs jugé essentiel de renforcer la coordination et la coopération dans la lutte contre les crimes liés au terrorisme, tels que la criminalité organisée, le trafic d’êtres humains, le trafic de drogues et le commerce des armes illicites.  Dans le même temps, il est nécessaire, a-t-il dit, de redoubler d’efforts en vue de s’attaquer aux conditions qui favorisent la propagation du terrorisme et de promouvoir une culture de paix, de respect mutuel et de tolérance, y compris à travers le dialogue entre les religions et les civilisations.

Mme ROSEMARY BANKS (Nouvelle-Zélande) a souligné que les attaques de Mumbai rappelaient que, malgré quelques succès significatifs ces dernières années, le fléau du terrorisme international persistait.  La lutte contre le terrorisme exige une réponse mondiale coordonnée, a-t-elle ajouté.  À cet égard, les organes des Nations Unies, à savoir l’Assemblée générale, le Conseil de sécurité et les organes subsidiaires, sont « les mieux placés » pour coordonner la riposte mondiale, a-t-elle précisé.

Sur le plan national, la Nouvelle-Zélande demeure déterminée à prendre toutes les mesures nécessaires visant à prévenir et à combattre le terrorisme afin d’assurer que le pays ne soit ni la cible, ni la source d’une activité terroriste.  « Nous continuons d’améliorer nos capacités législatives, politiques et opérationnelles », a assuré la représentante néo-zélandaise.  Les institutions régionales jouent un rôle fondamental dans la coordination de la lutte antiterroriste, a-t-elle souligné.

« Il est important de reconnaître que la menace représentée par le terrorisme international exige une réplique globale, à plusieurs niveaux et à long terme », a-t-elle ajouté.  La Nouvelle-Zélande a aussi financé des initiatives visant à aller à la racine du problème par un programme d’activités visant à combattre la radicalisation des esprits.  En conclusion, Mme Banks a assuré que son pays demeurait ferme dans son engagement à combattre et à empêcher le terrorisme de nuire.

M. HEWA S. PALIHAKKARA (Sri Lanka) a déclaré que l’approche adoptée par son pays en matière de lutte contre le terrorisme consistait en une réponse robuste de dissuasion au terrorisme perpétré par les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) et en des solutions politiques aux causes profondes de ce phénomène.  Rappelant les résolutions 1267 et 1373 du Conseil de sécurité, il a insisté sur l’importance de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies et a estimé qu’elle pouvait jouer un rôle crucial dans les efforts de lutte contre le terrorisme.  Il a estimé que le moment était venu d’appliquer toutes les mesures en vigueur à l’encontre des groupes terroristes, quels que soient leurs mobiles.  Il a précisé que les mesures à prendre devraient prévoir une surveillance technique d’actes terroristes potentiels dès leur planification ou encore la prévention et l’interdiction du trafic illicite de personnes, d’armes et de munitions.  Il a également souhaité une coopération internationale accrue pour empêcher l’acquisition, par les groupes terroristes, de capacités transnationales.  Il a aussi mis l’accent sur la nécessité d’une assistance juridique entre pays sur ces questions ainsi que d’une plus grande coopération entre et au sein des organisations régionales pour traiter des activités et infrastructures terroristes.  M. Palihakkara a ensuite demandé que le Conseil de sécurité consacre davantage d’efforts à établir un équilibre pour adopter une approche d’ensemble face au terrorisme.  De l’avis de sa délégation, seule une approche qui ne fait pas de distinction entre les groupes terroristes permettrait aux États Membres de prendre des mesures décisives de manière cohérente et coordonnée.  Le représentant a ajouté qu’une coopération internationale accrue empêcherait le LTTE d’agir en violation du cessez-le-feu et d’acquérir illégalement les moyens pouvant constituer une menace à la stabilité et la sécurité dans la région tout en sapant le processus de règlement du conflit dans le pays.

M. MOHAMMAD KHAZAEE (République islamique d’Iran), condamnant fermement et sans équivoque le terrorisme sous toutes ses formes et ses manifestations, a indiqué que son pays avait toujours reconnu et souligné la contribution importante que les mécanismes antiterroristes des Nations Unies peuvent et devraient apporter aux efforts collectifs en vue de combattre le terrorisme.  Le représentant a en outre souligné que l’Iran avait pris des mesures dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution 1373 du Conseil de sécurité et d’autres résolutions pertinentes sur le terrorisme, ainsi que dans le cadre de l’application de la résolution 1267 et d’autres résolutions sur Al-Qaida et les Taliban.  Étant une des premières victimes du terrorisme des Taliban, et ayant subi les activités terroristes de groupes liés à Al-Qaida et aux Taliban, comme le Jundullah, l’Iran a un intérêt élevé et est déterminé à combattre le terrorisme et à contribuer aux efforts des Nations Unies dans cette tâche importante, a-t-il expliqué.

Le représentant a estimé que la lutte contre le terrorisme devrait être réelle, non politique, non sélective et résolue.  Associer une nation, une religion ou une culture au terrorisme constitue une erreur, et dans de nombreux cas, est politiquement motivé, ce qui risque de briser le consensus international dans la lutte contre cette menace, a-t-il fait remarquer.  Malheureusement, a-t-il ajouté, il existe des efforts infondés et inacceptables, déployés par quelques grandes puissances, visant à détourner la lutte contre le terrorisme au profit d’objectifs politiques.  Cette tendance, si elle n’est pas renversée, aboutira à affaiblir le soutien international à la lutte contre le terrorisme, a-t-il souligné.  Il est évident, a-t-il également affirmé, que le terrorisme constitue une menace qui ne provient d’aucune religion particulière, d’aucune culture, mais menace et prend pour cibles tous les pays, les religions et les cultures.  Le représentant s’est par ailleurs déclaré gravement préoccupé par l’application d’une politique de « deux poids deux mesures » dans la lutte contre le terrorisme et les groupes terroristes qui, a-t-il dit, affecte la campagne collective de la communauté internationale contre le terrorisme.  Il a ainsi dénoncé ce qu’il a qualifié d’actes criminels et terroristes de la part du régime israélien contre les Palestiniens subissant son occupation brutale et qui demeure impuni et bénéficie même du soutien de certaines puissances.  Il s’est élevé, enfin, contre les allégations et les distorsions de faits prononcées, selon lui, contre son pays par le représentant d’Israël.

Mme CLAUDIA BLUM (Colombie) a déclaré que le combat contre le terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations devrait rester l’une des grandes priorités de la communauté internationale.  La Colombie, a-t-elle ajouté, fait de grands efforts pour faciliter l’adoption d’instruments internationaux de lutte contre ce fléau, au plan mondial comme au plan régional, et a ratifié les instruments en matière de lutte contre le terrorisme adoptés dans le cadre des Nations Unies.  Elle a en outre rappelé la récente ratification par son pays de la Convention interaméricaine contre le terrorisme.

Mme Blum a déclaré que le renforcement de la coopération internationale et l’assistance entre États et organisations internationales représentent un élément fondamental de la lutte contre le terrorisme international.  Celle-ci exige un engagement égal de tous les pays dans la mise en œuvre de leurs obligations internationales, a-t-elle rappelé.  En ce sens, il est de plus en plus évident que des politiques concertées sont nécessaires, par exemple contre le blanchiment d’argent issu du trafic de drogues.  En outre, il faut absolument que les États aient la volonté de ne pas accorder de sanctuaires à des groupes terroristes et qu’ils échangent leurs renseignements.  La représentante a qualifié de jalon décisif l’adoption de la Stratégie antiterroriste mondiale, car elle offre une perspective globale de lutte contre le fléau.  Elle a soutenu l’adoption d’une convention générale sur le terrorisme international comme élément complémentaire de cette Stratégie mondiale.  Elle a insisté sur l’importance des travaux des Comités du Conseil de sécurité créés en vertu de ses résolutions 1267, 1373 et 1540.

Mme Blum a déclaré que la politique de défense et de sécurité démocratique de son pays avait produit des résultats internationalement reconnus.  Grâce à ce programme, la Colombie peut aujourd’hui mieux défendre la démocratie et l’État de droit et garantir la sécurité et la liberté de ses citoyens, défendre les droits de l’homme et promouvoir le développement social, a-t-elle affirmé.  C’est dans ce cadre national que les mesures ont été prises par la Colombie pour lutter contre le terrorisme, a-t-elle ajouté.  Elle a néanmoins estimé que les actions isolées des États ou des organisations internationales ne sauraient suffire.  Il faut un engagement continu de tous les États et une action coordonnée et permanente de leur part, a-t-elle estimé.

M. ADRIAN NERITANI (Albanie) a estimé que le terrorisme représentait une menace mondiale qui exigeait une réponse globale et intégrée.  Il a indiqué que son pays continuait de participer activement à la guerre contre le terrorisme.  En coordination avec la communauté internationale, l’Albanie œuvre du mieux qu’elle peut au renforcement de l’efficacité institutionnelle, mettant l’accent sur la bonne gouvernance, pour renforcer la responsabilité de la société civile, a dit M. Neritani.  Le représentant a en outre mis l’accent sur la coopération régionale pour garantir la sécurité internationale et sur le rôle que peut assumer, à cet égard, la partie occidentale des Balkans.  De même, bien que la coopération régionale constitue une courroie de transmission très utile, les Nations Unies ont un rôle unique à jouer, a-t-il préconisé.

M. JOHN MCNEE (Canada) a déclaré que les attaques de Mumbai rappellent à quel point le terrorisme est une menace qui risque de toucher tous les États Membres.  Les effets mondiaux du terrorisme mettent en lumière l’importance d’une solide coopération internationale contre le terrorisme et une action multilatérale, en particulier par le biais des Nations Unies, est essentielle pour enrayer cette menace, a-t-il dit.  Le Canada encourage fortement tous les États Membres à travailler à la mise en œuvre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, auxquelles il se conforme entièrement.  Il les encourage également à ratifier et à mettre en oeuvre les conventions et protocoles internationaux contre le terrorisme et à travailler d’une façon constructive à l’adoption finale d’une convention générale sur le terrorisme international.  Pour sa part, depuis 2005, le Canada montre sa détermination à appuyer la lutte mondiale contre le terrorisme par le biais de son Programme d’aide au renforcement des capacités antiterroristes, a indiqué le représentant.  Dans le cadre de ce Programme, le Canada consacre chaque année 13 millions de dollars à des efforts qu’il déploie sur divers plans (formation, équipement, aide technique et juridique, renforcement de la sécurité et acquisitions de compétences) pour aider les États récipiendaires à lutter contre le terrorisme dans le respect de l’état de droit et des droits de la personne.  Il est fondamental d’assurer une protection solide des droits de la personne, dont la liberté d’opinion et d’expression, pour contrer avec succès la menace que pose le terrorisme, a conclu le représentant.

M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc) a déclaré que le terrorisme est sans doute une des plus grandes menaces à laquelle est confrontée la communauté internationale car il s’attaque en dernière analyse à l’humanité tout entière.  Les attentats de Mumbai viennent démontrer que le combat contre le terrorisme est loin d’être gagné, malgré les énormes efforts consentis au plan international.  La menace du terrorisme devrait nous amener à reconnaître que l’action individuelle des États ne saurait suffire et qu’une action internationale concertée est nécessaire, a-t-il affirmé.

L’ONU représente le cadre universel, légitime et approprié pour développer une riposte au terrorisme, a affirmé le représentant.  C’est dans ce même cadre que devrait s’inscrire notre effort pour finaliser au plus vite le projet de convention internationale de lutte contre le terrorisme que le Maroc soutient, a ajouté M. Loulichki.  Il a souhaité que les États Membres s’attellent à la mise en œuvre intégrale et effective de la Stratégie antiterroriste mondiale adoptée en 2005 par l’Assemblée générale.  Il a insisté sur la nécessité d’une coopération internationale étroite, coordonnée et concertée en matière de lutte antiterroriste.  Il a affirmé que l’action du Maroc se fonde sur un arsenal juridique adapté, conforme aux exigences de l’état de droit et en harmonie avec les engagements pris au plan international, notamment la Charte des Nations Unies, les résolutions du Conseil de sécurité et les instruments relatifs aux droits de l’homme, aux droits des réfugiés et au droit international humanitaire.

M. Loulichki a déclaré que le Maroc restait déterminé à renforcer ses capacités de prévention.  Toutefois, a-t-il ajouté, les efforts internationaux restent insuffisants et doivent donc s’accompagner d’une coopération internationale et régionale volontariste.  Le Maroc, a-t-il ajouté, y contribue et il a donné quelques exemples en ce sens.  Il a également estimé que l’approche sécuritaire doit s’accompagner d’une action sur les causes sous-jacentes du terrorisme, et notamment par un engagement en faveur de la résolution des conflits internationaux et régionaux et dans la lutte contre le sous-développement et en faveur du dialogue des cultures, des religions et des civilisations.

M. ZAINOL RAHIM ZAINUDDIN (Malaisie) a estimé notamment que les organes subsidiaires du Conseil de sécurité sur la lutte antiterroriste devraient évaluer avec rigueur leur efficacité et améliorer les moyens de faciliter la mise en œuvre des résolutions.  Il convient, a-t-il dit, d’éviter une situation dans laquelle les instances subsidiaires travailleraient seules sans contact aucun avec les Nations Unies.  Le représentant a affirmé que la lutte contre le terrorisme demeurerait sans effet si l’environnement qui alimente le terrorisme n’était pas contrôlé.  Aucune prison ou camp de détention ne sera assez grand tant que les terroristes continueront de profiter du climat de désespoir provoqué par des situations de colonisation, d’occupation étrangère, de saisie illégale de terres, de destruction d’habitations, de colonies illégales, de purification ethnique ou de pauvreté.  Le représentant a en outre appelé la communauté internationale à rejeter toute tentative de lier l’islam et les musulmans au terrorisme. 

M. JULIO ESCALONA (Venezuela) a affirmé que son pays avait été la proie de tentatives visant à diffuser la violence et à entraîner le chaos pour déstabiliser la société.  Il a ainsi fait état d’un attentat ciblant le Président Hugo Chavez.  Le représentant, évoquant la campagne antiterroriste lancée après le 11 septembre 2001, a estimé qu’on ne pouvait pas lutter contre le terrorisme avec le terrorisme d’État, dont les actes, a-t-il dit, sont considérés comme des dommages collatéraux.  Il faut, a-t-il dit, dénoncer et condamner ces atrocités et faire en sorte que les agresseurs soient arrêtés.  Le représentant a, par ailleurs, condamné l’impunité et la protection par les autorités américaines dont jouit, selon lui, Luis Posada Carriles.  Ce dernier, a-t-il précisé, est responsable d’actes criminels et d’avoir abattu un avion cubain.  Il a, de même, dénoncé la forme de terrorisme environnemental que représente, à ses yeux, la destruction de la diversité biologique et le réchauffement planétaire.

M. ABDULLAH HUSSAIN HAROON (Pakistan) s’est dit préoccupé par deux événements tragiques, à Mumbai en Inde et quelques jours plus tard, à Peshawar au Pakistan.  Ces attaques terroristes nous rappellent la menace à laquelle sont confrontés tous les pays, a ajouté le représentant, qui a condamné fermement ces attentats.  Le Pakistan est déterminé à prendre les mesures nécessaires pour poursuivre les terroristes, a indiqué le représentant, qui a rappelé que son pays est aussi victime.  Citant le Président du Pakistan, il a appelé à faire preuve de prudence et à éviter de porter des jugements à la hâte.

Le représentant a mis en garde contre ceux qui cherchent à nuire au rapprochement indo-pakistanais.  Il s’est dit « un peu étonné par la déclaration du Ministre des affaires étrangères de l’Inde ».  Il faudrait, a-t-il souligné, renforcer les capacités du Pakistan.  « Nous ne voulons pas évoquer de problèmes mais il ne faut pas tirer de conclusions hâtives, a répété le représentant.  Nous savons tous que la situation au Cachemire est la cause profonde des problèmes entre l’Inde et le Pakistan, a-t-il affirmé, avant de suggérer qu’on cherche à résoudre ce problème, en mettant tout d’abord fin aux campagnes négatives de l’un contre l’autre.  Il a affirmé que le Gouvernement du Pakistan avait déjà lancé de son propre chef des enquêtes concernant les attentats de Mumbai.  Il a affirmé que son gouvernement interdira le Jammat-ud-Dawa et prendra des mesures financières.  Aucun camp d’entraînement ne sera autorisé sur le territoire du Pakistan, a-t-il assuré, en insistant que ces mesures témoignent de la bonne volonté du Pakistan et de son engagement dans la lutte contre le terrorisme.

Le représentant a souligné qu’il était nécessaire d’adopter une stratégie globale pour lutter efficacement contre le terrorisme.  Il faut promouvoir l’harmonie internationale et rejeter les efforts tendant à créer de nouveaux heurts, de nouvelles divisions.  Il faut fournir des solutions politiques à des conflits anciens comme ceux du Cachemire ou de la Palestine, a-t-il estimé.  Pour éviter une répétition des attentats, nous devons coopérer de manière plus étroite, a-t-il souligné, avant d’appeler à une mise en œuvre globale et équilibrée de la Stratégie antiterroriste mondiale adoptée, l’année dernière, par l’Assemblée générale.

M. MAZEN ADI (République arabe syrienne) a affirmé que la déléguée d’Israël, dans son intervention, avait utilisé la tribune du Conseil de sécurité pour présenter les faits de manière fallacieuse.  Il a accusé Israël d’imposer un embargo injuste et d’adopter une politique de tuerie lente contre 1,5 million de Palestiniens.  Israël a introduit le terrorisme officiel dans la région, a-t-il ajouté, citant en particulier l’assassinat du Comte Bernadotte et le premier détournement d’avion.  La déléguée israélienne a essayé sans succès de détourner l’attention sur « cet État terroriste », a-t-il assuré, qualifiant de « crimes de guerre » les actions d’Israël.

Droit de réponse

Exerçant son droit de réponse, la représentante des États-Unis a déclaré que les allégations entendues à propos de l’affaire Luis Posada Carriles ne sont pas nouvelles et sont régulièrement répétées lors des discussions sur le terrorisme international.  Lors d’une précédente réunion du Conseil, la délégation des États-Unis avait présenté une réponse juridique complète, a ajouté la représentante, qui a renvoyé au document pertinent.

Le représentant de Cuba a, à son tour, exercé son droit de réponse en affirmant qu’il ne servait à rien de couvrir les apparences quand la réalité est connue de tous.  Cette réalité, a-t-il ajouté, est que les États-Unis ont pris des mesures honteuses pour protéger le plus grand terroriste de l’hémisphère occidental.  Il a en outre ajouté que si le cas de Luis Posada Carriles est le plus connu, il est loin d’être le seul.  Le représentant a une nouvelle fois demandé au Conseil de sécurité d’examiner et d’évaluer les informations fournies par Cuba concernant les activités terroristes préparées contre Cuba depuis les États-Unis.

Le représentant de l’Inde a dit avoir écouté avec attention la déclaration du représentant pakistanais.  Il a estimé que le Pakistan devrait prendre des mesures contre les terroristes plutôt que d’évoquer des questions comme le Cachemire devant le Conseil de sécurité.

Le représentant du Venezuela a réagi à l’intervention de la déléguée des États-Unis en précisant notamment que Luis Posada Carriles avait fui la justice vénézuélienne.  Le Gouvernement du Venezuela a présenté une demande d’extradition à la justice américaine, a-t-il dit.  De même, le Gouvernement du Venezuela a fait savoir qu’il était prêt à dialoguer avec l’Administration américaine afin de régulariser les relations bilatérales, a-t-il souligné.  Il a mis l’accent sur la nécessité pour les États-Unis de respecter la souveraineté du peuple du Venezuela.

Déclaration présidentielle

Le Conseil de sécurité ayant examiné, à sa 6034e séance, le 9 décembre 2008, la question intitulée « Menaces contre la paix et la sécurité internationales résultant d’actes de terrorisme », son président a fait en son nom la déclaration suivante :

« Le Conseil de sécurité, soulignant que la paix et la sécurité sont indissociables et tenant compte de la solidarité et de l’interdépendance mondiales, réaffirme que le terrorisme, sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, constitue l’une des menaces les plus graves contre la paix et la sécurité internationales et que tout acte de terrorisme est un crime injustifiable, quels qu’en soient le mobile, le moment ou les auteurs. Il réaffirme également sa ferme volonté de lutter par tous les moyens, dans le respect de la Charte des Nations Unies, contre les menaces que les actes de terrorisme font peser sur la paix et la sécurité internationales.

Le Conseil accueille avec satisfaction les récentes déclarations d’organisations intergouvernementales qui ont condamné le terrorisme sous toutes ses formes, y compris les attentats-suicides à l’explosif et les prises d’otages, et conforté ainsi la condamnation universelle par la communauté internationale des actes de terrorisme illégaux, notamment ceux qui visent des civils, ces actes ne pouvant en aucune circonstance être justifiés ni excusés par des motifs d’ordre politique, philosophique, idéologique, racial, ethnique, religieux ou autre, et réaffirme que tous les États doivent sans délai œuvrer de concert pour prévenir et réprimer ces actes.

Le Conseil souligne le rôle central que joue l’Organisation des Nations Unies dans la lutte menée contre le terrorisme à l’échelon mondial.

Le Conseil réaffirme l’importance de toutes ses résolutions et déclarations sur le terrorisme, en particulier ses résolutions 1373 (2001) et 1624 (2005), et souligne qu’elles doivent être intégralement mises en œuvre.

Le Conseil appelle à nouveau les États à devenir le plus tôt possible parties à toutes les conventions et à tous les protocoles relatifs au terrorisme et à mettre en œuvre ceux auxquels ils sont parties.

Le Conseil considère que les sanctuaires de terroristes demeurent un important motif de préoccupation et réaffirme que les États doivent renforcer leur coopération afin de découvrir, refuser d’accueillir et traduire en justice, conformément au principe aut dedere aut judicare, quiconque prête appui au financement, à l’organisation, à la préparation ou à la commission d’actes de terrorisme, y concourt, y participe ou tente d’y participer, ou donne refuge à leurs auteurs.

Le Conseil réaffirme l’importance qu’il attache aux travaux des comités créés en application de ses résolutions 1267 (1999), 1373 (2001) et 1540 (2004), et continue d’apporter à ces comités son soutien et de leur donner des directives.

Le Conseil exprime en particulier son appui à la Stratégie antiterroriste mondiale adoptée par l’Organisation des Nations Unies (résolution 60/288) le 8 septembre 2006 et sa volonté de contribuer à sa mise en œuvre, et se félicite de l’adoption par l’Assemblée générale de la résolution 62/272, dans laquelle l’Assemblée a réaffirmé cette stratégie et les quatre piliers sur lesquels elle repose, et demandé qu’elle soit mise en œuvre de façon intégrée et sous tous ses aspects.

Le Conseil souligne qu’en approfondissant le dialogue et en favorisant l’entente entre les civilisations dans le but d’empêcher le dénigrement systématique de certaines religions et cultures, et en s’efforçant de régler les conflits régionaux en suspens et les problèmes mondiaux de toute sorte, notamment les problèmes de développement, on renforcera la coopération internationale, laquelle est indispensable si l’on veut soutenir la lutte la plus large possible contre le terrorisme.

Le Conseil condamne avec la plus grande fermeté l’incitation à commettre des actes de terrorisme et dénonce toute tentative visant à justifier ces actes ou en faire l’apologie, qui serait de nature à inciter à en commettre de nouveaux. Il réaffirme qu’il importe de lutter contre la radicalisation et l’extrémisme qui peuvent mener au terrorisme et d’empêcher toute manipulation des jeunes par des extrémistes violents.

Le Conseil, réaffirmant que la promotion et la protection des droits de l’homme pour tous et l’état de droit sont indispensables pour une stratégie antiterroriste efficace et qu’une action efficace contre le terrorisme et la protection des droits de l’homme sont complémentaires et se renforcent mutuellement, rappelle aux États qu’ils doivent veiller à ce que toutes les mesures qu’ils prennent pour combattre le terrorisme soient conformes aux obligations que leur impose le droit international, en particulier le droit international des droits de l’homme, le droit international des réfugiés et le droit international humanitaire.

Le Conseil souligne qu’il importe de fournir une assistance technique visant à renforcer les capacités des États Membres dans la lutte antiterroriste en répondant à leurs besoins en la matière.

Le Conseil estime que le renforcement de la confiance mutuelle entre les États Membres de l’Organisation des Nations Unies facilitera l’instauration de conditions propices à une lutte efficace contre le terrorisme et que le succès de cette lutte consolidera la paix et la sécurité dans le monde.

Le Conseil, profondément préoccupé par la persistance des attentats terroristes dans le monde entier, invite les États Membres de l’Organisation à manifester une fois encore le même niveau de solidarité que celui dont ils ont fait preuve immédiatement après la catastrophe du 11 septembre 2001 et à redoubler d’efforts dans la lutte contre le terrorisme mondial, en s’attachant énergiquement à traduire en justice les auteurs et commanditaires d’actes de terrorisme et ceux qui facilitent de tels actes tout en exprimant leur profonde compassion à l’égard de toutes les victimes du terrorisme.

Le Conseil continuera de suivre l’évolution de la situation afin d’organiser aussi efficacement que possible l’action qu’il mène pour lutter contre le terrorisme. »

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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