LE CHEF DE LA MISSION DU CONSEIL DE SÉCURITÉ EN AFGHANISTAN VOIT DANS LA SITUATION ACTUELLE DU PAYS MATIÈRE À UN « OPTIMISME PRUDENT »

4 décembre 2008
CS/9519

LE CHEF DE LA MISSION DU CONSEIL DE SÉCURITÉ EN AFGHANISTAN VOIT DANS LA SITUATION ACTUELLE DU PAYS MATIÈRE À UN « OPTIMISME PRUDENT »

04/12/2008
Conseil de sécurité
CS/9519
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Conseil de sécurité                                        

6031e séance – matin                                       

LE CHEF DE LA MISSION DU CONSEIL DE SÉCURITÉ EN AFGHANISTAN VOIT DANS LA SITUATION ACTUELLE DU PAYS MATIÈRE À UN « OPTIMISME PRUDENT »

Le dialogue entre le Gouvernement afghan et les éléments d’opposition doit être un complément et non une alternative à la lutte antiterroriste, estime l’Ambassadeur de l’Italie

La situation en matière de sécurité reste certes difficile en Afghanistan, mais il n’y a pas de crise sécuritaire, et on peut, au contraire, noter d’importants progrès qui offrent matière à un « optimisme prudent », a affirmé ce matin devant ses collègues du Conseil de sécurité le Représentant permanent de l’Italie, M. Giulo Terzi di Sant’Agata.  M. Terzi di Sant’Agata, qui présentait un compte rendu de la mission que le Conseil a menée sous sa direction en Afghanistan du 21 au 28 novembre 2008, a en outre affirmé avoir noté chez ses interlocuteurs afghans un consensus croissant sur le fait que le dialogue entre le Gouvernement et les éléments d’opposition doit être un complément à la lutte antiterroriste, et non pas une sorte d’alternative à celle-ci.

En attendant la publication du rapport sur cette visite, M. Terzi di Sant’Agata a estimé que la mission avait réalisé son principal objectif, à savoir se faire par soi-même une idée de la situation qui prévaut en Afghanistan à un moment critique.  Il s’est donc dit convaincu que, suite à cette visite, les délibérations du Conseil sur l’Afghanistan seront encore mieux informées.  Parmi les activités de la mission, il a cité notamment des rencontres avec le Président Hamid Karzai et plusieurs de ses ministres, les présidents des deux chambres du Parlement, les Commissions indépendantes électorales et des droits de l’homme, le Secrétaire général de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), et divers hauts dirigeants de la Force internationale d’assistance à l’Afghanistan (FIAS), des membres de la société civile, des organisations non gouvernementales nationales et internationales, la direction de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) et de l’Équipe de pays des Nations Unies, ainsi que les membres de son bureau régional à Hérat, où le Conseil a, par ailleurs, rencontré le Gouverneur.  À ce propos, M. Terzi di Sant’Agata a déclaré que les activités de l’équipe de reconstruction des Nations Unies dans cette région étaient bien accueillies par les autorités provinciales.  Il a ajouté que le Président Karzai s’était dit totalement satisfait de sa collaboration avec le Chef de la MANUA, M. Kai Eide.

L’amélioration des relations avec le Pakistan, et certaines nominations laissant espérer un renforcement de la lutte contre la corruption et une meilleure gouvernance, la baisse de la culture de pavots à opium, et le fait que quelque 2 millions d’Afghans se sont faits enregistrer sur les listes électorales en vue des scrutins de 2009 et 2010, offrent matière à un « optimisme prudent », a affirmé le Représentant permanent de l’Italie.  De même, a-t-il ajouté, les insurgés se concentrent en fait dans certaines régions spécifiques et n’offrent pas de solution de rechange au Gouvernement.  Il faut donc éviter de se laisser aller à l’insatisfaction et à la frustration, a estimé M. Terzi di Sant’Agata, reprenant en cela le point de vue exprimé par M. Eide lors de son dernier exposé devant le Conseil, le 14 octobre.

Parmi les progrès observés, M. Terzi di Sant’Agata a également cité « l’afghanisation » du secteur de sécurité.  Grâce à une meilleure efficacité des forces afghanes de sécurité, les opérations menées exclusivement par la FIAS sont désormais exception, a-t-il affirmé.  Il a également vu parmi ses interlocuteurs afghans « un consensus croissant » autour de l’idée que tout dialogue entre le Gouvernement afghan et les éléments d’opposition doit être conduit en position de force par les autorités afghanes et sur le préalable d’une renonciation à l’usage de la violence et du respect de la Constitution afghane.  Les négociations sont complémentaires à la lutte antiterroriste, et non une alternative à celle-ci, et elles « ne doivent pas aboutir à une plus grande influence de l’obscurantisme des Taliban sur la société afghane », a-t-il souligné.

L’impact du conflit sur les civils est très préoccupant, a déclaré M. Terzi di Sant’Agata, qui a affirmé que la majorité des victimes civiles sont dues aux insurgés qui, a-t-il ajouté, les prennent systématiquement pour cible.  La FIAS, a-t-il assuré, veille à faire le moins possible de victimes civiles et à prendre des mesures de réparation quand il y en a.

M. Terzi di Sant’Agata a déclaré que la mission avait reçu des informations sur ce qui est perçu comme une déficience de l’aide humanitaire.  On attend de la communauté internationale plus de transparence et de coordination dans ses efforts humanitaires, a-t-il expliqué.  La mission du Conseil en Afghanistan a par ailleurs été informée des mesures prises pour assurer la sécurité alimentaire de la population pendant l’hiver.  Mais, a ajouté le représentant, des préoccupations ont été exprimées sur une insuffisance des ressources nécessaires pour poursuivre cette aide alimentaire au-delà de mars 2009.  Il a donc lancé un appel à la communauté internationale en ce sens.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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