L’OSCE EST EN PREMIÈRE LIGNE POUR TENTER DE CONSTRUIRE LA PAIX EN GÉORGIE, DÉCLARE SON PRÉSIDENT AU CONSEIL DE SÉCURITÉ

26 septembre 2008
CS/9456

L’OSCE EST EN PREMIÈRE LIGNE POUR TENTER DE CONSTRUIRE LA PAIX EN GÉORGIE, DÉCLARE SON PRÉSIDENT AU CONSEIL DE SÉCURITÉ

26/09/2008
Conseil de sécurité
CS/9456
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

5982e séance – matin

L’OSCE EST EN PREMIÈRE LIGNE POUR TENTER DE CONSTRUIRE LA PAIX EN GÉORGIE, DÉCLARE SON PRÉSIDENT AU CONSEIL DE SÉCURITÉ

La Fédération de Russie juge «  fructueuses » les relations entre l’OSCE et les Nations Unies et insiste sur une distinction claire des mandats respectifs des deux organisations

L’OSCE travaille en première ligne pour tenter de construire une paix durable en Géorgie, a déclaré ce matin M. Alexander Stubb, Ministre des affaires étrangères de la Finlande et Président en exercice de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), lors d’un exposé devant le Conseil de sécurité.  M. Stubb a par ailleurs affirmé qu’il « n’existe pas de conflit gelé » et que tous les conflits doivent être résolus.

Dans le conflit du Caucase, l’OSCE et sa mission en Géorgie ont joué un rôle essentiel dans la vérification du cessez-le-feu dès le premier jour, a déclaré M. Stubb, précisant que l’OSCE, seule Organisation ayant l’infrastructure pour mettre en place des observateurs militaires, a pu en déployer 20 dans les régions adjacentes à l’Ossétie du Sud.  Il a émis l’espoir que l’OSCE sera en mesure de parvenir au déploiement de 80 observateurs militaires supplémentaires dans ces zones.  Il a cependant regretté que les choses « ne se soient pas passées comme prévu » concernant le déploiement de huit autres observateurs militaires à Tsingvali, tout en rendant hommage aux efforts du Ministre russe des affaires étrangères, M. Sergueï Lavrov, pour tenter de débloquer la situation.  L’objectif de l’OSCE, a-t-il ensuite rappelé, est qu’au total, 120 observateurs de l’OSCE puissent être déployés en Ossétie du Sud et dans les zones adjacentes.

Les efforts de l’OSCE en Géorgie entrent dans le cadre d’un processus de revitalisation des activités de l’OSCE en matière de prévention et de règlement des conflits, a expliqué M. Stubb, qui a décrit ces activités comme des éléments essentiels de l’ordre international fondé sur les Nations Unies.  Avec 56 États membres allant de Vancouver à Vladivostok, l’OSCE se trouve à mi-chemin entre les Nations Unies, à la vocation universelle, et l’Union européenne et ses 27 membres, a-t-il rappelé.

En ce sens, Mme Rama Yade, Secrétaire d’État chargée des affaires étrangères et des droits de l’homme de la France, a affirmé que l’Union européenne, qui représente près de la moitié des membres de l’OSCE et les trois quarts de son budget, partage pleinement les priorités définies par la présidence finlandaise de l’OSCE.  Un des objectifs de l’actuelle présidence française de l’Union européenne est de renforcer la complémentarité avec l’OSCE, a déclaré Mme Yade, qui a estimé qu’en ce qui concerne la situation en Géorgie, les deux organisations seront amenées à travailler ensemble.

De manière générale, les membres du Conseil de sécurité se sont félicités de la coopération entre l’OSCE et les Nations Unies, menée en vertu du Chapitre VIII de la Charte de l’ONU.  Jugeant ces relations « fructueuses », le représentant de la Fédération de la Russie, M. Vitaly Churkin, a estimé qu’il est important d’établir une distinction claire des mandats respectifs des deux organisations.  Rappelant le rôle primordial du Conseil de sécurité dans le domaine du maintien de la paix, il a ajouté qu’en tant que mécanisme régional, l’OSCE est appelée à jouer un rôle important dans le conflit du Caucase.

La représentante des États-Unis, Mme Rosemary DiCarlo, a dit regretter que la Fédération de Russie ait empêché l’accès des observateurs en Ossétie du Sud, ajoutant que les observateurs internationaux doivent avoir accès tant à l’Ossétie du Sud qu’à l’Abkhazie.  M. Churkin a, quant lui, rejeté la responsabilité du blocage du déploiement d’observateurs militaires supplémentaires sur « les États-Unis et autres membres » qui, a-t-il affirmé, se sont engagés sur la voie d’une non-exécution du document Sarkozy-Medvedev de Moscou, et de vouloir en modifier les dispositions.  M. Churkin a par ailleurs émis l’espoir que les observateurs de l’OSCE seront à même de réaliser leur mandat de manière stricte et avant le 1er octobre.

M. Stubb s’est félicité que tous les États membres de l’OSCE aient décidé de collaborer au Kosovo où l’OSCE, dans le cadre du Pilier III de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), compte 800 personnes sur le terrain.  Il a souhaité que la transition de la MINUK vers la Mission « État de droit » menée par l’Union européenne au Kosovo (EULEX) soit « moins douloureuse qu’elle ne l’a été jusqu’à présent ».  Les représentants des États-Unis, de la France, de l’Italie et de la Croatie ont salué l’action de l’OSCE au Kosovo.

L’OSCE a un intérêt stratégique à la stabilisation en Afghanistan, qui a des frontières communes avec trois États membres de l’Organisation, a déclaré M. Stubb.  Partenaire pour la coopération en Afghanistan, l’OSCE devrait poursuivre ses efforts, notamment pour renforcer la police en Afghanistan et lutter contre le trafic de drogue, a-t-il ajouté, en précisant que toutes ces initiatives seront mises en œuvre en coopération avec la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA).

EXPOSÉ DU PRÉSIDENT EN EXERCICE DE L’OSCE

M. ALEXANDER STUBB, Ministre des affaires étrangères de la Finlande et Président en exercice de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a déclaré que les Nations Unies et l’OSCE doivent rester des partenaires liés par le destin et engagés en faveur du renforcement d’un ordre international fondé sur la sécurité et la coopération.  L’OSCE, a-t-il souligné, doit être en mesure de promouvoir la mise en œuvre des principes, conventions et autres instruments internationaux adoptés par les Nations Unies au niveau mondial.  Par ailleurs, les initiatives de l’OSCE en matière d’alerte et de gestion des crises, ou encore d’activités postconflit, sont des éléments essentiels de l’ordre international fondé sur les Nations Unies, a ajouté M. Stubb.  Avec 56 États membres allant de Vancouver à Vladivostok, l’OSCE se trouve à mi-chemin entre les Nations Unies, à la vocation universelle, et l’Union européenne et ses 27 membres, a-t-il rappelé.

L’OSCE travaille en première ligne pour tenter de construire une paix durable en Géorgie, a affirmé M. Stubb, qui a résumé ainsi ses objectifs: d’abord, mettre fin aux combats et vérifier le retrait des forces russes et géorgiennes sur leurs positions du temps de paix, et ensuite entreprendre la consolidation d’une stabilité et d’une sécurité à long terme.  M. Stubb s’est félicité de la conclusion d’un cessez-le-feu en cinq jours et a rendu hommage aux efforts entrepris par la France en ce sens.  L’OSCE et sa mission en Géorgie ont joué un rôle essentiel dans la vérification du cessez-le-feu dès le premier jour, a-t-il estimé.  L’OSCE, seule Organisation ayant l’infrastructure pour mettre en place des observateurs militaires, a pu en placer 20 dans les régions adjacentes à l’Ossétie du Sud.  M. Stubb a émis l’espoir qu’elle parviendra au déploiement de 80 autres observateurs militaires dans ces régions.  Il a regretté que les choses « ne se soient pas passées comme prévu » concernant les huit observateurs militaires à Tsingvali et a rendu hommage aux efforts du Ministre russe des affaires étrangères, M. Sergueï Lavrov, pour tenter de débloquer la situation.

Dans la crise en Géorgie, les Nations Unies doivent jour un rôle de stabilisation à long terme et le Conseil de sécurité devrait bien sûr y jouer un rôle essentiel, a déclaré M. Stubb.  Il a proposé la mise en place d’une plate-forme qui inclut notamment les Nations Unies, l’OSCE et l’Union européenne, et a souhaité qu’elle puisse se réunir avant le 15 octobre.

Tous les États membres de l’OSCE ont décidé de collaborer au Kosovo, a affirmé M. Stubb, qui a rappelé que, dans le cadre du Pilier III de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), l’OSCE compte 800 personnes sur le terrain.  Il a souhaité que la transition de la MINUK vers la Mission État de droit menée par l’Union européenne au Kosovo (EULEX) soit « moins douloureuse qu’elle ne l’a été jusqu’à présent ».

L’Afghanistan partage des frontières avec trois États membres de l’OSCE, qui a un intérêt stratégique à la stabilisation du pays, a déclaré M. Stubb.  L’OSCE est un partenaire de coopération de l’Afghanistan et devrait poursuivre ses efforts, notamment pour renforcer la police en Afghanistan et lutter contre le trafic de drogue.  Toutes ces initiatives seront mises en œuvre en coopération avec la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) et les autres partenaires concernés, a ajouté le Président en exercice de l’OSCE.  Les événements récents ont montré la fragilité de l’ordre international, a estimé M. Stubb, qui a affirmé: « Il n’existe pas de conflit gelé ».

Déclarations

Mme RAMA YADE, Secrétaire d’État chargée des affaires étrangères et des droits de l’homme de la France, a affirmé que l’Union européenne, dont la France assure la présidence tournante, partageait pleinement les priorités définies par la présidence finlandaise de l’OSCE.  L’Union européenne est attachée à l’OSCE, qui couvre une importante zone géographique et qui est dotée d’un mandat large.  L’OSCE a contribué au renforcement de la stabilité et de la sécurité internationales, a-t-elle ajouté.  De l’avis de la Secrétaire d’État chargée des affaires étrangères et des droits de l’homme, il est essentiel de préserver les conditions de l’efficacité de son action.  L’Union européenne représente près de la moitié des membres de l’Organisation et les trois quarts de son budget.  Un des objectifs de la présidence française de l’Union européenne est de renforcer la complémentarité avec l’OSCE, a ajouté Mme Yade, précisant que cette priorité était largement partagée au sein de l’Union européenne.  Mme Yade a indiqué que l’Union européenne et l’OSCE coopèrent étroitement pour contribuer à une solution de la crise en Géorgie.  Sur le terrain, a-t-elle poursuivi, la mission de l’OSCE et la mission de l’Union européenne seront amenées à travailler ensemble.  L’OSCE joue aussi un rôle positif au Kosovo qu’il convient de soutenir, a estimé Mme Yade.  La stabilité des Balkans doit être un objectif partagé de l’Union européenne et de l’OSCE, a-t-elle souligné.  Mme Yade a par ailleurs rappelé que cette année serait marquée par le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.  Ce sera l’occasion, a-t-elle dit, de rappeler l’universalité de ces valeurs et de ces principes.  L’OSCE doit veiller à travailler en étroite collaboration avec les organisations régionales, a-t-elle conclu.

M. JAN GRAULS (Belgique) a remercié le Président en exercice de l’OSCE pour les efforts déployés afin d’apaiser la situation en Géorgie, faisant notamment référence à l’accord intervenu le 19 août pour envoyer 100 observateurs supplémentaires dans les zones adjacentes à l’Ossétie du Sud, dont 20 ont été envoyés en Géorgie immédiatement.  Dans ce contexte, il a vivement déploré qu’il n’ait pas été possible de trouver un accord entre les États participants sur les modalités de déploiement des observateurs de l’OSCE supplémentaires, ce qui, a-t-il dit, ne permet pas l’envoi à ce stade des 80 observateurs supplémentaires restants, comme initialement prévu.  Il a en outre estimé que l’OSCE, ensemble avec d’autres acteurs tels que l’Union européenne et les Nations Unies, aura un rôle important à jouer dans les discussions futures qui démarreront à Genève.

Mme KAREN PIERCE (Royaume-Uni) a soutenu la déclaration de M. Stubb concernant, d’une part, le partenariat entre l’OSCE et les Nations Unies et, d’autre part, les efforts de l’OSCE pour mettre en œuvre les mesures adoptées par l’ONU, dans des domaines comme la lutte contre le terrorisme.  Elle a salué la volonté de revitaliser les activités de prévention et de règlement des conflits de l’OSCE.  Elle a salué le rôle de l’OSCE en Géorgie et s’est félicitée de son implication dans la préparation de la future Conférence de Genève.  La représentante du Royaume-Uni a réaffirmé l’appui de son pays au déploiement des observateurs militaires de l’OSCE.  Elle a cependant regretté les « objections d’un seul État Membre » à leur déploiement mais s’est réjouie des indications fournies sur les efforts actuellement entrepris pour débloquer la situation.  Elle a souhaité que les observateurs sur le terrain soient suffisamment protégés.

Concernant le Kosovo, Mme Pierce a estimé que l’OSCE jouait un rôle très important depuis 1999 pour construire une société multiethnique et tolérante.  L’OSCE a des atouts très importants, du fait de sa présence sur le terrain, a-t-elle ajouté.  La représentante a assuré que son pays appuyait l’engagement de l’OSCE à la frontière nord de l’Afghanistan ainsi que l’ensemble de propositions qui est actuellement examiné à Vienne.  Toutes ces mesures doivent être coordonnées avec les activités des Nations Unies dans le pays, a-t-elle insisté.

Mme ROSEMARY DICARLO (États-Unis) a félicité l’OSCE pour le travail que l’Organisation effectue en Géorgie et de ses efforts constants pour tenter de trouver une solution au conflit.  La représentante a dit regretter que la Fédération de Russie ait empêché l’accès des observateurs en Ossétie du Sud.  Les observateurs internationaux doivent avoir accès à toute la Géorgie, que ce soit en Ossétie du Sud ou en Abkhazie, a-t-elle déclaré.  Au Kosovo, la mission de l’OSCE a joué un rôle important pour atteindre les minorités, s’est-elle en outre félicitée.  La représentante s’est, de même, réjouie que des projets concrets en Afghanistan seront en cours avant la fin de l’année.  Mme DiCarlo a par ailleurs souligné que l’OSCE jouait un rôle important pour promouvoir la démocratie.  L’OSCE va observer les élections aux États-Unis en novembre, a-t-elle précisé, saluant cet effort.

M. GIULIO TERZI (Italie) a indiqué que son pays, très investi dans l’OSCE, partageait les priorités de la présidence finlandaise.  L’Italie soutient tout particulièrement les efforts du Ministre finlandais des affaires étrangères, M. Alexander Stubb, en vue de revitaliser l’Organisation.  L’OSCE doit, a-t-il estimé, doit demeurer un acteur important en vue de promouvoir la stabilité, la sécurité et la coopération régionales.  Les organisations régionales, a-t-il souligné, doivent renforcer et compléter les efforts des Nations Unies grâce à un rôle actif dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales, dans le domaine de la gestion des crises, des opérations de maintien de la paix et de la lutte contre le terrorisme.  Il s’est félicité en particulier de la présence continue de l’OSCE au Kosovo où elle contribue à la protection des droits de l’homme, en particulier de la protection du droit des minorités, et où elle joue un rôle important dans le maintien de la stabilité et de la sécurité régionales.

M. RONKA VILOVIĆ (Croatie) a constaté une complémentarité entre les mandats de l’OSCE et des Nations Unies  et s’est réjoui de la revitalisation de l’OSCE sous la présidence finlandaise.  Il a en outre félicité l’Organisation pour son engagement en Géorgie, au Kosovo mais aussi en Afghanistan.  Concernant les résultats obtenus en Géorgie, il a jugé trop modeste ce qui a été présenté par le Président en exercice de l’OSCE et a estimé que ces résultats étaient véritablement importants.  Il s’est en outre réjoui des propos de M. Stubb concernant les « conflits gelés ».

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) s’est félicité de la coopération et des « relations fructueuses » entre les Nations Unies et l’OSCE dans certains domaines clefs comme le règlement des conflits régionaux.  Ce qui est important c’est de faire une distinction claire du mandat de chaque organisation, a-t-il souligné, rappelant à cet égard le rôle primordial du Conseil de sécurité.  En tant que mécanisme régional, l’OSCE est appelée à jouer un rôle important dans le conflit du Caucase, a affirmé M. Churkin, qui a émis l’espoir que les observateurs de l’OSCE seront à même de réaliser leur mandat de manière stricte et avant le 1er octobre.  À l’instar d’autres intervenants, il a regretté le blocage du déploiement d’observateurs militaires supplémentaires.  Il en a rejeté la responsabilité sur les « États-Unis et autres membres » qui, a-t-il affirmé, se sont engagés sur la voie d’une non–exécution du Document Sarkozy-Medvedev, adopté à Moscou, et de vouloir en modifier les dispositions.

Reprenant la parole, le Président en exercice de l’OSCE, dans ses observations finales, a mis l’accent sur la nécessité de recueillir un appui fort pour que les 120 observateurs au total de l’OSCE puissent être déployés en Ossétie du Sud et dans les zones adjacentes.  Il a estimé que les Balkans occidentaux, où les efforts de l’Organisation seront renforcés, et le Caucase, pas seulement en Géorgie, mais aussi au Nagorno-Karabakh, en Arménie, en Azerbaïdjan, en Moldavie et en Transnistrie, et en Asie centrale, constituaient les régions prioritaires pour l’OSCE.  Dans le Caucase, l’OSCE a un rôle dans le domaine de la gestion des conflits et des situations postconflit, tandis qu’en Asie centrale, son activité s’exerce en matière de consolidation de la démocratie, a expliqué M. Stubb.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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