LE PROCESSUS DE PAIX AU MOYEN-ORIENT EST À LA CROISÉE DES CHEMINS, AFFIRME ROBERT SERRY DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ

18 septembre 2008
CS/9448

LE PROCESSUS DE PAIX AU MOYEN-ORIENT EST À LA CROISÉE DES CHEMINS, AFFIRME ROBERT SERRY DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ

18/09/2008
Conseil de sécurité
CS/9448
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Conseil de sécurité

5974e séance – matin

LE PROCESSUS DE PAIX AU MOYEN-ORIENT EST À LA CROISÉE DES CHEMINS, AFFIRME ROBERT SERRY DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ

« La période importante à venir doit connaître des progrès décisifs »,

affirme le Coordonnateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient

Dix mois après la reprise des négociations à Annapolis (États-Unis) et à un peu plus de trois mois avant la fin de l’année, terme fixé par les parties israélienne et palestinienne en vue de parvenir à un accord, « le processus de paix au Moyen-Orient se trouve à la croisée des chemins », a estimé ce matin, devant le Conseil de sécurité, le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, M. Robert Serry.

Tandis que la situation sur le terrain enregistre des développements positifs, mais aussi des sujets d’inquiétude, « la période importante à venir doit connaître des progrès décisifs vers la paix », a affirmé M. Serry, qui est également Représentant personnel du Secrétaire général.

Le Coordonnateur spécial a indiqué que dans les prochains jours, le Secrétaire général accueillerait plusieurs réunions importantes pour le processus de paix.  Le Comité spécial de liaison se réunira ainsi lundi prochain.  Le 26 septembre, ce sera au tour du Quatuor, les membres de celui-ci devant aussi participer à un iftar avec leurs partenaires arabes. 

« Le Secrétaire général mettra tout en œuvre pour que ces différentes réunions permettent de consolider les avancées obtenues et traitent des domaines dans lesquels il reste le plus à faire », a déclaré M. Serry.  Il faut, a-t-il ajouté, « continuer de rechercher un accord sur les questions essentielles conformément au calendrier d’Annapolis ».  Sur la base de ce dernier et des décisions prises lors de sa réunion de mai, le Quatuor décidera lors de sa prochaine réunion de la marche à suivre et des prochaines étapes, a précisé M. Serry.

Dans l’exposé mensuel sur la situation au Moyen-Orient devant le Conseil de sécurité, le Coordonnateur spécial a souligné que les négociations bilatérales entre Israël et l’Organisation de libération de la Palestine s’étaient poursuivies.  Le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le Premier Ministre israélien, M. Ehud Olmert, se sont rencontrés le 31 août puis le 16 septembre, avant le départ anticipé de ce dernier.  Aucun accord n’a été obtenu sur les questions essentielles, mais les discussions ont été substantielles et offrent un potentiel pour la poursuite de négociations intensives, a observé M. Serry.

Le Coordonnateur spécial a en outre rappelé que les membres du parti Kadima avaient élu à leur tête, hier, l’actuelle Ministre des affaires étrangères, Mme Tzipi Livni, laquelle a annoncé son intention de former un nouveau Gouvernement israélien.  M. Serry a appelé toutes les parties à honorer leurs engagements découlant d’Annapolis et de la Feuille de route.

M. Serry a fait état, au milieu des incertitudes qui pèsent sur le processus politique, d’un « succès dont on n’entend pas parler », à savoir le « processus graduel mais systématique d’autonomisation des Palestiniens en Cisjordanie » sous l’autorité du Président Abbas et du Premier Ministre Salam Fayyad.  Ces efforts, a-t-il dit, sont « incomplets et imparfaits et rencontrent de nouveaux obstacles, mais sont réels ».  Ils témoignent, a-t-il estimé, d’une « détermination à bâtir les institutions d’un futur État palestinien malgré le conflit non résolu ».  Le Représentant personnel du Secrétaire général s’est, de même, félicité des « avancées réelles » dans la mise en œuvre du plan de sécurité de l’Autorité palestinienne.

M. Serry a cependant mis l’accent sur de nombreuses entraves causées par la stagnation économique, laquelle résulte des restrictions d’accès et de mouvement.  L’Autorité palestinienne fait actuellement face à une crise de liquidités et ne dispose pas d’une capacité de fonds suffisante pour payer des salaires.  L’écart budgétaire est d’environ 400 millions de dollars pour le troisième trimestre 2008, a-t-il expliqué, exhortant les donateurs à remplir leurs engagements. 

Le Coordonnateur a également constaté une amélioration de la situation en matière de sécurité, le taux de morts violentes ayant été, au cours du mois écoulé, l’un des plus bas de ces dernières années.  Deux Palestiniens, dont un enfant, ont néanmoins été tués dans des affrontements, et 128 autres ont été blessés.  Onze blessés ont été recensés du côté israélien, parmi lesquels un enfant.

M. Serry s’est aussi réjoui de la libération, le 25 août, de 198 prisonniers palestiniens par le Gouvernement israélien en tant que geste de bonne volonté à l’égard du Président Abbas avant le début du Ramadan. 

La situation à Gaza a été notamment marquée par la poursuite du cessez-le-feu.  Le Hamas a fait des efforts pour empêcher des tirs de mortiers et de roquettes sur Israël, a-t-il dit, précisant que les Forces de défense israéliennes avaient quant à elles réagi à des tirs de roquettes isolés en fermant des points de passage.

La situation humanitaire « demeure très sombre en raison des bouclages constants », a ajouté M. Serry, soulignant que les mouvements dans et à l’extérieur de la bande de Gaza restent « très restreints ».  Il a indiqué que les projets prioritaires de l’ONU à Gaza, présentés par le Secrétaire général au Premier Ministre Olmert, étaient bloqués en raison de la pénurie de matériels dans la bande de Gaza. 

De l’avis de M. Serry, les actions du Hamas ne font qu’accroître les problèmes auxquels sont confrontés les habitants de Gaza.  « Le Hamas ne montre aucune volonté pour résoudre cette situation », a-t-il affirmé.  Il a ajouté que la violence interpalestinienne avait fait 14 morts, y compris deux enfants, et 52 blessés.  « La seule façon de commencer à résoudre la crise et de jeter les bases d’une solution à deux États est que Gaza soit pacifiquement réunifié à la Cisjordanie dans le cadre de l’Autorité palestinienne légitime et de façon permettant de faire progresser le processus de paix x», a-t-il déclaré. 

Par ailleurs, M. Serry a rappelé que les Nations Unies soutenaient les efforts en faveur de la poursuite des négociations entre Israël et la Syrie, tout en notant qu’aucun nouveau pourparler indirect n’avait eu lieu durant la période considérée.  Il a pris note avec intérêt du Sommet quadripartite de Damas tenu le 4 septembre entre la France, le Qatar, la Syrie et la Turquie.  Sur le terrain, « la situation dans le Golan occupé est restée calme bien que les activités de colonisation israéliennes se poursuivent ».

Concernant la situation au Liban, M. Serry a constaté la poursuite des efforts en faveur du dialogue en même tant que les incidents de sécurité.  Côté positif, M. Serry a mentionné la tenue de la première session du dialogue national le 16 septembre, présidée par le Président Michel Suleiman, la signature, le 8 septembre à Tripoli, entre des représentants des communautés alaouite et sunnite, et en présence du Premier Ministre Fouad Siniora, d’un accord de réconciliation, ainsi que la nomination, le 29 août, du général de brigade Jean Qahwaji au poste de Commandant des forces armées libanaises.  En revanche, la sécurité reste « précaire », a ajouté M. Serry, citant plusieurs incidents.

Dans le secteur de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), la situation est restée « globalement calme », a également expliqué M. Serry, qui a toutefois constaté que l’aviation israélienne avait violé quotidiennement l’espace aérien.  Dans les premiers jours de septembre, l’Armée libanaise a opéré un redéploiement partiel dans la région de Tripoli après avoir informé la FINUL. 

Enfin, le Président Abbas s’est rendu les 28 et 29 août au Liban pour la première fois depuis 2005.  Il s’est entretenu avec le Président Suleiman, le Premier Ministre Siniora et les dirigeants des différentes communautés, ce qui, a observé M. Serry, constitue un « pas positif dans les relations palestino-libanaises ».

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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