LE CONSEIL DE SÉCURITÉ CONDAMNE LE COUP D’ÉTAT EN MAURITANIE ET EXIGE LE RÉTABLISSEMENT DES INSTITUTIONS LÉGITIMES, CONSTITUTIONNELLES ET DÉMOCRATIQUES

19 août 2008
CS/9428

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ CONDAMNE LE COUP D’ÉTAT EN MAURITANIE ET EXIGE LE RÉTABLISSEMENT DES INSTITUTIONS LÉGITIMES, CONSTITUTIONNELLES ET DÉMOCRATIQUES

19/08/2008
Conseil de sécurité
CS/9428
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Conseil de sécurité

5960e séance – après-midi

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ CONDAMNE LE COUP D’ÉTAT EN MAURITANIE ET EXIGE LE RÉTABLISSEMENT DES INSTITUTIONS LÉGITIMES, CONSTITUTIONNELLES ET DÉMOCRATIQUES

Le représentant de la Mauritanie défend « le changement rectificatif » comme la conséquence d’une situation qui mettait la paix et la cohésion sociale du pays en danger

En présence du Représentant permanent de la Mauritanie, M. Abderrahim Ould Hadrami, le Président du Conseil de sécurité pour le mois d’août, M. Jan Crauls de la Belgique, a lu aujourd’hui au nom des membres du Conseil, la déclaration suivante:

Le Conseil de sécurité condamne le renversement des autoritésdémocratiquement élues de la Mauritanie par l’armée mauritanienne et se félicite des déclarations de l’Union africaine, de l’Union européenne et d’autres membres de la communauté internationale venant condamner ce coup d’État.

Le Conseil s’oppose à toute tentative de changement de gouvernement par des moyens anticonstitutionnels.

Le Conseil condamne les mesures prises par le Conseil d’État, en particulier celle consistant à s’emparer des pouvoirs de la présidence.

Le Conseil exige la libération immédiate du Président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et le rétablissement immédiat des institutions légitimes, constitutionnelles et démocratiques.

Le Conseil prend note du rôle important que joue l’Union africaine, ainsi que de l’appui apporté par les partenaires régionaux et internationaux, notamment le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, par l’intermédiaire de son Représentant spécial pour l’Afrique de l’Ouest, M. Said Djinnit, et demande à tous d’aider à rétablir rapidement l’ordre constitutionnel en Mauritanie.

Le Conseil suivra l’évolution de la situation.

LA PAIX ET LA SÉCURITÉ EN AFRIQUE

Exposé

Le Représentant permanent de la Mauritanie, M. ABDERRAHIM OULD HADRAMI, a défendu « le changement rectificatif » que son pays a opéré le 6 août dernier, comme la conséquence d’une situation qui mettait la paix et la cohésion sociale du pays en danger.  Ce changement ne peut être qualifié de coup d’État dans la mesure où toutes les institutions fonctionnent normalement et les libertés fondamentales sont préservées. 

Ce changement, a-t-il soutenu, est appuyé par la majorité des deux tiers du Parlement, la majorité des maires et de vastes mouvements populaires à travers tout le pays.  Il est aussi dénoncé, a-t-il reconnu, par une minorité qui a toutes les garanties de s’exprimer et de faire entendre sa voix. 

Le Haut Conseil d’état a en effet prouvé, en très peu de temps, qu’il est jaloux plus que quiconque de la sauvegarde et du renforcement de la démocratie en Mauritanie dont la situation est « stable et calme », a affirmé le représentant.

Aujourd’hui, il n’y a aucun prisonnier politique et seul l’« ancien Président », « pour des raisons de sécurité », est encore en résidence surveillée.  Il avait, a regretté le représentant, toutes les cartes en main pour mener à bien le programme électoral sur lequel il avait été élu en août 2005.

Au lieu de s’attaquer aux problèmes du pays, il est entré dans une situation de conflit ouvert avec la majorité des parlementaires, en rejetant par exemple, la demande d’une session extraordinaire pour examiner la gestion de certaines institutions publiques.  Pour couronner cette série de dérapages, d’échecs et de blocages, l’ancien « Président » a limogé sans ménagements tous les chefs militaires, le 6 août dernier. 

Une élection présidentielle, a plaidé le représentant, n’est pas un critère suffisant pour mesurer le degré de réussite de la démocratie dans un pays.  Il y a surtout la manière dont les pouvoirs s’acquittent de leurs missions et comment le pouvoir exécutif veille au fonctionnement des institutions et répond aux attentes des populations. 

L’« ancien Président », a dénoncé le représentant, s’est trouvé otage d’un entourage politique qui l’a détourné de sa mission suprême.  Sa présidence a été caractérisée par des dérives dangereuses et une série d’actes terroristes.  La situation économique et sociale du pays était tout aussi sombre que la situation en matière de sécurité. 

Les problèmes liés à la hausse des prix des produits de première nécessité se sont ajoutés à ceux de la corruption, de la gabegie, du clientélisme, du népotisme et du détournement des deniers publics.  Par ailleurs, a ajouté le représentant, c’est sous le pouvoir « déchu » que les partis islamistes ont été autorisés pour la première fois dans le pays. 

En Mauritanie, a-t-il rassuré, l’espoir né de la transition démocratique conduite jusqu’au mois d’avril 2007 est toujours vivant.  Mais il est important de comprendre que chaque pays, compte tenu de sa spécificité, devra pouvoir parvenir à la réalisation totale de la démocratie à son propre rythme.  Il ne sert à rien de lui imposer une cadence qui ne tienne pas compte de ses réalités. 

Le Président du Haut Conseil d’État, a souligné le représentant, a déjà nommé un Premier Ministre civil.  Lorsqu’il aura formé songouvernement, celui aura, entre autres, pour tâche d’organiser dans les meilleurs délais des élections libres et transparentes.  

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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