CONSEIL DE SÉCURITÉ: l’OSCE, L’UNION EUROPÉENNE ET LES ÉTATS-UNIS TENTENT D’OBTENIR UN CESSEZ-LE-FEU EN OSSÉTIE DU SUD (GÉORGIE)

8 août 2008
CS/9418

CONSEIL DE SÉCURITÉ: l’OSCE, L’UNION EUROPÉENNE ET LES ÉTATS-UNIS TENTENT D’OBTENIR UN CESSEZ-LE-FEU EN OSSÉTIE DU SUD (GÉORGIE)

08/08/2008
Conseil de sécurité
CS/9418
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

5952e séance – après-midi

CONSEIL DE SÉCURITÉ: l’OSCE, L’UNION EUROPÉENNE ET LES ÉTATS-UNIS TENTENT D’OBTENIR UN CESSEZ-LE-FEU EN OSSÉTIE DU SUD (GÉORGIE)

À la demande du représentant de la Géorgie, qui l’alertait sur une « invasion militaire russe de grande échelle », le Conseil de sécurité a tenu cet-après midi sa deuxième réunion en moins de 24 heures sur la situation en Ossétie du Sud où les Forces armées géorgiennes sont aux prises avec des rebelles séparatistes. 

Le représentant de la France a annoncé que des émissaires de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), de l’Union européenne et des États-Unis se rendront en Géorgie pour obtenir un cessez-le-feu.  Une nouvelle fois, les membres du Conseil ont appelé à la cessation immédiate des hostilités en vue d’un cessez-le-feu et à la reprise de négociations directes.  Le représentant français a adressé un message « aux Ossètes, aux Géorgiens et aux Russes », en soulignant que « la voie militaire est sans issue. 

Alors que son pays « a déclenché une opération militaire en Ossétie du Sud en signe de légitime défense » après les attaques et provocations répétées des séparatistes ossètes, le représentant de la Géorgie a dénoncé l’entrée aujourd’hui des troupes russes, le bombardement de plusieurs villes et l’arrivée imminente de bombardiers sur le territoire géorgien. 

L’agression militaire russe, a-t-il soupçonné, vise à forcer la Géorgie à abandonner ses aspirations euroatlantiques et à la soumettre, elle et toute la région, à l’influence politique russe.  Le représentant a réitéré la volonté de son gouvernement de tenir un dialogue direct avec la Fédération de Russie et toutes les parties intéressées pour trouver une solution négociée à ce conflit « tragique ».

Il a rejeté les accusations de nettoyage ethnique proférées par le représentant de la Fédération de Russie, en arguant que c’est plutôt cette dernière qui soutient des séparatistes coupables de tels actes.  La Fédération de Russie, a prévenu son représentant, ne laissera jamais impunie la mort de ses compatriotes. 

Il a réaffirmé que l’agression militaire géorgienne est une violation des accords, qui ont maintenu la paix pendant 14 ans.  Il faut cesser, a-t-il dit, de fermer les yeux sur les achats massifs d’armes que la Géorgie effectue depuis plusieurs années.  Aujourd’hui elle utilise ces armes et ses commandos spéciaux entraînés par des instructeurs étrangers contre la population civile.  Il faut espérer, a-t-il dit, que « mes collègues » américains, en collaboration avec d’autres, tireront les conclusions qui s’imposent. 

Comprenant qu’il est « difficile » d’agir contre un membre permanent du Conseil de sécurité, le représentant géorgien s’est interrogé sur la suite des évènements.  Que va faire le Conseil, a-t-il demandé, avant que le représentant russe ne lui conseille d’obtenir de ses dirigeants qu’ils reviennent au respect des accords antérieurs et qu’ils présentent des excuses pour leur action « irresponsable et aventureuse ».

LETTRE DATÉE DU 8 AOÛT 2008, ADRESSÉE AU PRÉSIDENT DU CONSEIL DE SÉCURITÉ PAR LE REPRÉSENTANT PERMANENT DE LA GÉORGIE AUPRÈS DES NATIONS UNIES

Déclarations

M. IRAKLI ALASANIA (Géorgie) a rappelé que le Conseil de sécurité tenait pour la deuxième fois une séance extraordinaire sur des questions intéressant son pays.  « J’ai déclaré, dans cette salle, il y a seulement 12 heures, qu’il y avait des signes inquiétants indiquant que la Géorgie faisait face à une provocation bien calculée visant à justifier une intervention militaire préméditée de la Fédération de Russie », a-t-il rappelé.  Le représentant a affirmé que la Fédération de Russie avait, ce matin, entamé une invasion militaire de grande échelle en Géorgie.  Il a détaillé les événements qui se sont produits tôt ce matin, en déclarant que des troupes russes étaient entrées en Ossétie du Sud et que des avions russes avaient bombardé des villes.  Il a indiqué que le 8 août 2008, du personnel militaire et de l’équipement militaire lourd appartenant à la Fédération de Russie étaient entrés illégalement en Géorgie.  La partie russe déclare ouvertement que la tâche de ces unités militaires est de soutenir le régime criminel de Tskhinvali dans la lutte contre le Gouvernement de Géorgie, a souligné le représentant.  Pour justifier ses actions, a-t-il ajouté, la Fédération de Russie affirme que les autorités géorgiennes ciblent des postes de militaires de maintien de la paix russes.  Rien n’est plus loin de la réalité, a soutenu M. Alasania, qui a affirmé que les troupes géorgiennes ne visent nullement à atteindre ces postes.  M. Alasania a précisé que son gouvernement avait agi au titre de sa légitime défense après des provocations répétées et avec le seul objectif de protéger la population civile.  Il a estimé que la Fédération de Russie défiait ouvertement la communauté internationale et menaçait l’ordre international et la stabilité de la région.  De l’avis de M. Alasania, l’agression militaire russe vise à forcer la Géorgie à abandonner ses aspirations euroatlantiques et à la soumettre, ainsi que la région, à l’influence politique russe.  Il a demandé à la Fédération de Russie de mettre immédiatement un terme à ses bombardements aériens, à retirer ses forces et à négocier avec les acteurs internationaux un cessez-le-feu et établir des mécanismes visant à garantir la paix et la stabilité de cette zone de la Géorgie.  Il a enfin dit que le Président de la Géorgie, M. Saakashvili, était prêt à un dialogue direct avec la Fédération de Russie et toutes les parties intéressées pour trouver une solution négociée à ce conflit tragique.  

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a dénoncé le fait que la Géorgie continue son attaque « perfide » contre l’Ossétie du Sud malgré les appels au cessez-le-feu, à la fin du conflit et à la reprise des négociations.  Il a dénoncé la connivence de certains membres du Conseil de sécurité qui ont bloqué la nuit dernière un document proposé par sa délégation.  L’agression militaire de la Géorgie est une violation de la Charte des Nations Unies et d’autres textes régionaux, a souligné le représentant.  La partie géorgienne a employé la force en violant la zone démilitarisée.  Tbilissi utilise des armes lourdes et lance des actes d’agression contre le peuple d’Ossétie du Sud, a-t-il dit, en dénonçant des actes de nettoyage ethnique.  Tbilissi, a-t-il encore accusé, utilise une tactique de terre brûlée.  La situation est tellement catastrophique que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a demandé l’établissement d’un couloir humanitaire, a annoncé le représentant.

La Fédération de Russie ne laissera jamais impunie la mort de ses compatriotes et les coupables seront punis, a promis le représentant, en indiquant que son Président a l’intention d’octroyer une assistance humanitaire aux réfugiés et aux civils innocents.  Il faut cesser, a-t-il insisté, de fermer les yeux sur les achats massifs d’armes que la Géorgie effectue depuis plusieurs années.  Aujourd’hui, elle utilise ces armes et les commandos spéciaux entraînés par des instructeurs étrangers.  Elle se tourne même contre les soldats de la paix russes.  La Géorgie, a commenté le représentant, a démontré son mépris des normes du droit international.  On comprend mieux, a-t-il dit, pourquoi elle refuse de signer un texte juridiquement contraignant sur le non-recours à la force dans les conflits en Ossétie du Sud et en Abkhazie.  Il a espéré que ses « collègues » américains, en collaboration avec d’autres, tireront les conclusions qui s’imposent.  La Fédération de Russie continue d’être présente en Géorgie sur une base légale en accomplissant sa mission de maintien de la paix, a conclu le représentant.

M. JEAN-PIERRE LACROIX (France) a déploré que depuis hier, la situation se soit encore aggravée.  Livrant un message aux Ossètes, aux Géorgiens et aux Russes, il a souligné que la voie militaire est sans issue.  Les combats doivent cesser, a-t-il dit, et la France appelle les parties à prendre le chemin des négociations.  L’Union européenne, a annoncé le représentant, est en contact avec tous les protagonistes de la crise.  Des émissaires de l’OSCE, de l’Union européenne et des États-Unis se rendront en Géorgie pour obtenir un cessez-le-feu.  Les combats de ces derniers jours ont causé beaucoup de pertes en vies humaines et tout doit être fait pour que les personnes jetées sur les routes rentrent dans leur foyer, a ajouté le représentant.

Mme KAREN PIERCE (Royaume-Uni) a indiqué que les préoccupations exprimées par sa délégation, tôt ce matin, s’étaient aggravées aujourd’hui avec l’escalade de la violence et le nombre de victimes parmi les civils.  Selon certaines informations reçues au cours de la journée, a-t-elle noté, on assiste à l’arrivée de personnel armé venant d’autres régions et à des bombardements d’autres positions par les Forces russes.  Ce conflit est une menace à la paix et à la sécurité régionales et au-delà, a-t-elle déclaré.  Le Royaume-Uni, a-t-elle indiqué, réaffirme son appui à l’intégrité territoriale de la Géorgie et à sa souveraineté.  C’est pourquoi, il réitère son appel pour un cessez-le-feu immédiat et un retrait des troupes.  La représentante a demandé aux parties russe, géorgienne et ossète de ne pas faire usage de la violence et de garantir la sécurité des civils.  Elle a estimé que la situation ne pouvait être un prétexte à la présence de forces non géorgiennes.  Il faut revenir à la paix, a-t-elle souligné, en lançant un appel pour un engagement international dans le processus de paix dans l’Ossétie du Sud (Géorgie).  Enfin, elle a notamment appuyé les efforts mis en avant par la France, au nom de l’Union européenne, pour trouver une solution quant à cette situation.

M. LA YIFAN (Chine) s’est dit gravement préoccupé par la situation dans la région.  Il a jugé urgent que les parties parviennent à un cessez-le-feu immédiat et s’abstiennent de toute action qui pourrait mener à une escalade de la violence.  Il a souligné la nécessité de parvenir à un règlement pacifique de ce conflit.

M. ALDO MANTOVANI (Italie) a constaté que la situation sur le terrain s’était aggravée depuis la réunion que le Conseil de sécurité a tenue tôt ce matin.  Il a exhorté toutes les parties à cesser la violence et les a encouragées à reprendre les négociations pour parvenir à une solution durable, respectant l’intégrité territoriale de la Géorgie.  Par ailleurs, il a regretté que l’appel pour une trêve olympique n’ait pas été entendu.  Il s’est dit gravement préoccupé par le nombre élevé de victimes, tant parmi la population civile que dans les rangs des forces de maintien de la paix.  Il a appelé à agir dans le respect du droit international et à garantir l’accès humanitaire.  Enfin, il a salué tous les efforts diplomatiques visant à limiter cette crise, notant que l’OSCE, les États-Unis et l’Union européenne avaient dépêché des envoyés spéciaux dans la région.

M. VICE SKRACIC (Croatie) s’est dit préoccupé par le renforcement des Forces armées russes et de leur avancée dans le territoire de l’Ossétie du Sud (Géorgie).  Il a appelé au retour à la paix et à rejeter toutes les raisons de violer l’intégrité territoriale d’un État Membre de l’ONU.  Il a aussi dit craindre les conséquences de la déclaration de la Fédération de Russie selon laquelle elle défendra toutes les populations russes où qu’elles se trouvent.  Le représentant a appelé au cessez-le-feu et à la reprise de négociations, avant de se féliciter des efforts de l’Union européenne et de l’OSCE.

Mme BONGIWE QWABE (Afrique du Sud) s’est dite très inquiète des récents développements observés ces derniers jours, qui ont abouti à l’arrêt des négociations et à une escalade de la violence entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud (Géorgie).  Elle a dit que ces développements avaient un impact déstabilisant pour la région et contribuaient à la détérioration des relations entre la Géorgie et la Fédération de Russie.  Elle a déclaré que l’Afrique du Sud dénonçait le recours à la violence et exhortait toutes les parties au conflit à cesser les hostilités et à reprendre les négociations sans délai.  Il est nécessaire, a-t-elle encore ajouté, de trouver une solution à ce différend de longue date en accord avec les principes de la Charte des Nations Unies, y compris le règlement pacifique des conflits.

M. ZALMAY KHALILZAD (États-Unis) a souligné la nécessité de régler les problèmes par la voie diplomatique.  Il a donc regretté le renforcement des troupes russes et la multiplication de leurs attaques contre la Géorgie.  Il a appelé à la cessation des attaques et au retrait des troupes de combat russes.  Il faut à tout prix faire cesser les combats pour qu’ils ne se répandent pas sur la région et ne se transforment pas en menace à la paix et à la sécurité internationales, a-t-il souligné.  Les États-Unis, a-t-il assuré, travaillent avec d’autres pour parvenir à un cessez-le-feu et sollicitent la coopération de la Fédération de Russie.  En toute chose, le principe de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Géorgie doit prévaloir, a souligné le représentant.

M. MARTY M. NATALEGAWA (Indonésie) a regretté que la situation ne se soit pas améliorée en Géorgie, à la suite de la réunion que le Conseil de sécurité a tenue au cours des premières heures de la journée.  Il s’est inquiété de l’escalade de la violence et de la grave détérioration de la situation en matière de sécurité, alors que les conséquences humanitaires commencent malheureusement à être évidentes.  Il a regretté que le Conseil de sécurité n’ait pas été en mesure de s’entendre sur une déclaration commune, en estimant qu’il est essentiel pour le Conseil de s’exprimer d’une même voix pour dénoncer l’escalade de la violence.  Il est vital, a-t-il ajouté, que le Conseil appelle les parties en conflit à cesser les hostilités et fassent preuve de leur détermination à résoudre cette question par le dialogue plutôt que par la force.  Le représentant a appelé le Conseil de sécurité à mobiliser ses forces de persuasion de manière positive pour encourager les parties à reprendre les négociations.  Il a souligné que la paix et la stabilité dans la région étaient en jeu, tout comme la sécurité et le bien-être des populations civiles vulnérables.  M. Natalegawa a appelé les parties à tout mettre en œuvre pour protéger les civils et éviter une crise humanitaire, en rappelant leurs obligations en vertu du droit international humanitaire.  Il a rappelé que le rôle du Conseil était de protéger les civils, particulièrement les femmes et les enfants en période de conflit armé.

M. LE LUONG MINH (Viet Nam) a regretté qu’à la suite de la réunion d’urgence que le Conseil de sécurité avait tenu tôt ce matin, les combats intenses aient connu une escalade.  Il a lancé un appel pour mettre fin aux hostilités immédiatement et a appuyé les efforts internationaux déployés pour désamorcer la situation et reprendre les pourparlers.  Il a affirmé que sa délégation travaillera avec le Conseil pour assurer une réaction appropriée face à cette situation, pour désamorcer les tensions et ramener les parties à la table des négociations.

M. GIADALLA ETTALHI (Jamahiriya arabe libyenne) a noté que la situation dans la région s’était détériorée et qu’elle avait de graves conséquences pour la paix et la sécurité dans la région.  Il a regretté le grand nombre de morts et de blessés parmi les civils ainsi que parmi le personnel de maintien de la paix.  Le représentant a lancé un appel pour un cessez-le-feu immédiat, demandant que la situation revienne à celle précédant le conflit.  Il a également appelé à des négociations pacifiques et à mettre fin aux actes de provocation.  Le représentant a espéré que le Conseil de sécurité pourra se réunir en vue d’adresser un message fort, tenant compte de la situation grave qui vient d’éclater.

M. SAÚL WEISLEDER (Costa Rica) a, à son tour, appelé à la cessation des hostilités et à la reprise des contacts sans condition.  Il a réaffirmé l’appui de son pays à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de la Géorgie.  Il a appelé les parties à faciliter l’accès humanitaire à toutes les personnes où qu’elles se trouvent dans le territoire de la Géorgie.

M. RICARDO ALBERTO ARIAS (Panama) s’est dit préoccupé par l’incapacité du Conseil d’aboutir à un accord sur cette situation de fait.  Les versions présentées aujourd’hui sont très différentes l’une de l’autre, a-t-il dit, avant de lancer un appel à la cessation des hostilités et au retour à la situation antérieure.

M. PAUL ROBERT TIENDREBEOGO (Burkina Faso) a lancé un appel pressant pour que les parties observent une cessation des hostilités en privilégiant le dialogue.  Il a encouragé les efforts de médiation en cours.

M. JAN GRAULS (Belgique) a exprimé sa plus vive préoccupation face à la tension qui règne actuellement en Ossétie du Sud (Géorgie) et qui a causé la mort de nombreuses personnes et un nombre important de blessés.  Il a exhorté toutes les parties à arrêter les opérations militaires et à faire preuve de retenue.  Il a appelé les parties à travailler avec la communauté internationale pour la reprise rapide d’un dialogue.

Intervenant en tant que représentante de la présidence de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) Mme KIRSTI LINTONEN (Finlande) a indiqué que le Président en exercice de l’OSCE était très inquiet de la situation en Ossétie du Sud (Géorgie) et qu’il souhaitait le respect de l’intégrité territoriale de la Géorgie.  Elle a demandé l’arrêt de la violence et de toute action militaire, en estimant que toute escalade de la violence aurait un immense impact sur toute la région.  Elle s’est dite très inquiète d’informations faisant état de circulation d’armes lourdes dans la zone et a particulièrement déploré les pertes en vies humaines.  Mme Lintonen a indiqué qu’en tant que Président en exercice de l’OSCE, le Ministère finlandais des affaires étrangères avait des contacts constants avec les deux parties en conflit et d’autres acteurs internationaux et avait publié une déclaration demandant l’arrêt immédiat de toute action militaire et le rétablissement de contacts entre les deux parties.  Mme Lintonen a indiqué que la présidence avait convoqué une réunion extraordinaire du Conseil de l’OSCE, ce matin à Vienne, et que le bureau de l’OSCE à Tshkinvali avait été évacué.  Elle a également précisé que l’Envoyé spécial de l’OSCE se rendait en Géorgie et que le Président en exercice prévoyait d’en faire de même sous peu.  Elle a ajouté que l’OSCE continuera de travailler avec les deux parties dans le souci d’apaiser les tensions, en souhaitant que le mandat de l’OSCE soit respecté par les deux parties.  En conclusion, elle a mis l’accent sur la nécessité d’une bonne coordination entre les Nations Unies, l’Union européenne et l’OSCE pour résoudre cette crise.

Reprenant la parole, le représentant de la Géorgie a rejeté les accusations de « nettoyage ethnique » proférées par la Fédération de Russie.  C’est cette dernière, a-t-il accusé à son tour, qui appuie des séparatistes coupables de telles exactions.  Il s’est aussi étonné que le représentant russe n’ait pas mentionné les bombardements que son pays a menés cette nuit.  Il a aussi annoncé que les bombardiers russes avancent désormais dans la direction de la Géorgie.  La situation est grave, a-t-il insisté, tout en comprenant que le statut de membre permanent de la Fédération de Russie rend difficile toute opposition.  Mais les informations apportées par la Géorgie sont avérées et il faut agir maintenant pour que la Fédération de Russie et les parties concernées cessent leurs attaques.  La Géorgie demande un cessez-le-feu immédiat, a souligné le représentant.

Reprenant à son tour la parole, le représentant de la Fédération de Russie s’est étonné que le représentant de la Géorgie ait soulevé le terme « nettoyage ethnique » dans sa déclaration.  Comment appeler alors la destruction d’une ville entière, de maisons, d’écoles et la fuite de milliers de personnes? a-t-il demandé.  Le représentant russe a estimé que la Géorgie essaie d’utiliser la communauté internationale et le droit international pour défendre ses intérêts.  Il a déclaré qu’il était mensonger de dire que les forces géorgiennes ne visaient pas les soldats de la paix russes.  Ils sont ciblés directement et il y a des morts et des blessés parmi eux, a-t-il affirmé.  Il s’est étonné que le représentant géorgien « se sente offensé » en entendant des termes, pourtant tout à fait justes, pour décrire les actions de la Géorgie dans cette situation.

Répondant à ces commentaires, le représentant de la Géorgie a assuré que les autorités géorgiennes n’avaient jamais visé les soldats de la paix.  Ceux visés étaient des « mercenaires de la Fédération de Russie », ceux qui tiraient sur les positions géorgiennes et la population géorgienne.  Le représentant s’est dit choqué par le fait que la délégation russe utilise le terme « nettoyage ethnique », rappelant que les mesures prises par le Président russe légitimaient les régimes séparatistes qui sont, a-t-il estimé, coupables de « nettoyage ethnique ».  Il a affirmé qu’on assistait à une occupation et à une invasion méthodique du territoire géorgien.  Avant de conclure, il a déclaré que la Géorgie était prête à œuvrer avec la communauté internationale pour faciliter un cessez-le-feu qui soit effectif.

Commentant les propos tenus, le représentant des États-Unis a fait remarquer que la Fédération de Russie n’a rien dit sur l’acceptation d’un éventuel cessez-le-feu.  Il faut envoyer un message clair aujourd’hui, a dit le représentant, en exhortant cette dernière à s’associer au consensus sur la cessation de la violation en vue d’un cessez-le-feu. 

Qui pourrait s’opposer au cessez-le-feu et à la paix, a répondu le représentant de la Fédération de Russie.  Mais, dans ce genre de situation, on ne peut se contenter de slogans, a-t-il dit.  Il faut non seulement appeler à la cessation des hostilités mais constater aussi que certains accords, dont le respect permet la paix depuis 14 ans, ont été violés.  Il faut une démarche politique sérieuse et pas des slogans élégants ou des souhaits en faveur de Tbilissi. 

Posant des questions à son tour, le représentant de la Géorgie a demandé: êtes-vous disposés à arrêter ces avions de combat qui sont prêts à bombarder la Géorgie?  Que va faire le Conseil de sécurité maintenant? a-t-il encore demandé.

Une réunion du Conseil, a dit le représentant de la Fédération de Russie n’est pas le meilleur endroit pour poser des questions et obtenir des réponses.  Mais, a-t-il dit, les dirigeants géorgiens pourraient par exemple annoncer leur intention de revenir au respect des accords qui ont permis la paix jusqu’ici.  Ils pourraient aussi annoncer qu’ils sont prêts à revenir à la situation qui existait auparavant.  Ils pourraient également présenter des excuses pour leur action irresponsable et aventurière, a suggéré le représentant. 

« J’ai obtenu ma réponse », a commenté le représentant de la Géorgie.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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