FACE À LA DÉTÉRIORATION DE LA SITUATION EN OSSÉTIE DU SUD (GÉORGIE), LES MEMBRES DU CONSEIL MULTIPLIENT LES APPELS À LA CESSATION DES HOSTILITÉS ET À LA REPRISE DES NÉGOCIATIONS

8 août 2008
CS/9417

FACE À LA DÉTÉRIORATION DE LA SITUATION EN OSSÉTIE DU SUD (GÉORGIE), LES MEMBRES DU CONSEIL MULTIPLIENT LES APPELS À LA CESSATION DES HOSTILITÉS ET À LA REPRISE DES NÉGOCIATIONS

08/08/2008
Conseil de sécurité
CS/9417
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

5951e séance – matin

FACE À LA DÉTÉRIORATION DE LA SITUATION EN OSSÉTIE DU SUD (GÉORGIE), LES MEMBRES DU CONSEIL MULTIPLIENT LES APPELS À LA CESSATION DES HOSTILITÉS ET À LA REPRISE DES NÉGOCIATIONS

À la lumière des violents combats qui opposent depuis aujourd’hui les Forces armées géorgiennes et les rebelles séparatistes en Ossétie du Sud (Géorgie), le Conseil de sécurité* a, à la demande de la Fédération de Russie, convoquée une réunion d’urgence cette nuit.

La réunion a été marquée par la multiplication des appels à la retenue, à la cessation immédiate des hostilités et à la reprise de négociations directes ainsi que par une série d’accusations entre les représentants de la Fédération de Russie et de la Géorgie. 

« Mon pays, s’est expliqué le représentant russe, a pris l’initiative de cette réunion au regard de l’agression « flagrante » des Forces armées géorgiennes contre une République internationalement reconnue comme partie au conflit.  La Géorgie, a accusé le représentant, a choisi l’option militaire quelques heures à peine après la signature d’un accord sur la tenue des négociations visant un cessez-le-feu et l’organisation d’un dialogue direct. 

Les propos du représentant russe sur les efforts diplomatiques entrepris par Moscou, Tbilissi, Tskhinvali, Washington et d’autres capitales concernées ont été corroborés par la représentante des États-Unis, qui a confirmé les contacts étroits entre son pays et le Gouvernement russe.  « Mais aujourd’hui, nous sommes dans l’obligation de condamner le refus de l’Ossétie du Sud de respecter le cessez-le-feu », a-t-elle dit. 

Une bonne appréhension des évènements montre que ce sont bien les Forces armées géorgiennes qui ont attaqué l’Ossétie du Sud, a insisté le représentant, en ajoutant que la détermination de la Géorgie à résoudre la question par les armes éclaire d’un jour nouveau la raison pour laquelle Tbilissi a toujours invoqué tous les prétextes du monde pour refuser un accord sur le non-recours à la force avec l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. 

L’action militaire, a rétorqué le représentant géorgien, est une mesure de légitime défense après les provocations et attaques répétées des séparatistes.  Il a cité des « informations avérées » selon lesquelles un important contingent de personnel et de matériel militaires est entré illégalement en Ossétie du Sud à partir de la Fédération de Russie par le tunnel de Roki. 

Ces informations ont suscité de graves préoccupations parmi les membres du Conseil.  La représentante des États-Unis a, par exemple, demandé à la Fédération de Russie de cesser le transport de troupes et de matériels et de ne pas envenimer la situation en envoyant ses Forces en Géorgie. 

Le représentant de la Géorgie a aussi accusé plusieurs hauts gradés de l’armée russe d’être de connivence avec les séparatistes.  La République russe de l’Ossétie du Nord, a-t-il aussi indiqué, a déjà déclaré la mobilisation de « mercenaires armés » pour les envoyer en Géorgie. 

« Tous les signes montrent que nous sommes en face d’une provocation calculée pour déclencher une escalade des tensions et justifier ainsi une intervention militaire et planifiée de la Fédération de Russie », a dénoncé le représentant de la Géorgie. 

Il a appelé la Fédération de Russie à prévenir le passage des mercenaires et, comme de nombreuses délégations après lui, à exercer son influence sur le régime séparatiste pour qu’il cesse ses attaques et commence les négociations.  « Notre offre d’autonomie conforme aux normes européennes est toujours valable », a-t-il assuré. 

Les délégations ont toutes regretté que le Conseil n’ait pas été en mesure de s’accorder sur une déclaration présidentielle pendant les consultations qui ont précédé la séance publique, en espérant que les points d’achoppement seront supprimés dans un avenir proche.  Le Conseil, a commenté le représentant russe, vient d’illustrer une nouvelle fois son absence de volonté politique.  Il doit envoyer un message clair aux deux parties, y compris Tbilissi, sur la nécessité de mettre fin à la violence et de rejeter le recours à la force. 

* Le communiqué de presse a été produit à partir des informations communiquées par le Service de rédaction des procès-verbaux de séance.

LA SITUATION EN GÉORGIE

Lettre datée du 7 août 2008, adressée au Président du Conseil de sécurité par le Représentant permanent de la Fédération de Russie auprès des Nations Unies ( S/2008/533)

Déclarations

M. VITALY.CHURKIN (Fédération de Russie) a indiqué que son pays a pris l’initiative de convoquer une réunion d’urgence du Conseil, compte tenu de la situation « alarmante » en Ossétie du Sud, causée par l’agression « flagrante » par les Forces armées géorgiennes contre une République internationalement reconnue comme partie au conflit.  Le représentant a souligné que dans la nuit du 8 août, quelques heures à peine après la signature d’un accord sur la tenue de négociations visant à éviter l’escalade des tensions, des divisions géorgiennes ont déclenché une attaque contre la capitale de l’Ossétie du Sud.  L’option militaire a été privilégiée, a dénoncé le représentant, malgré les efforts diplomatiques entrepris par Moscou, Tbilissi, Tskhinvali, Washington et d’autres capitales concernées. 

La Fédération de Russie, a affirmé le représentant, a, plusieurs fois, averti le Conseil d’une possible escalade, en se fondant sur la militarisation accrue de la Géorgie.  Ces avertissements ont été ignorés, a-t-il regretté, en déplorant qu’aujourd’hui le Conseil se réunisse non seulement pour traiter de la résurgence du conflit mais aussi pour discuter d’une situation qui représente désormais une menace à la paix et à la sécurité régionales. 

À cause de la Géorgie, la situation est parvenue à une étape critique où l’on voit une artillerie lourde dirigée contre la population civile.  L’action de la Géorgie, a souligné le représentant, contredit les espoirs dont elle faisait la promotion.  Cet acte d’agression, a affirmé le représentant, a déjà compromis gravement le processus de paix et les perspectives d’un règlement diplomatique et politique.  Tbilissi, a-t-il encore accusé, est en train de créer un écran de fumée autour de ces actes pour que les condamnations se dirigent vers la Fédération de Russie. 

Cette détermination à résoudre la question par les armes éclaire d’un jour nouveau la raison pour laquelle, pendant une si longue période, Tbilissi a invoqué tant de prétextes pour refuser « avec entêtement » la conclusion d’un accord avec l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie sur le non-recours à la force. 

Le Conseil doit jouer son rôle, a souligné le représentant, en se déclarant convaincu que le Conseil doit immédiatement appeler à la cessation des hostilités et au rejet du recours à la force.  Le Conseil et la communauté internationale ne peuvent rester passifs en ce moment difficile où le sort de centaines de milliers de personnes est en train d’être décidé. 

On peut encore, a encouragé le représentant, éviter le pire.  Les responsables géorgiens doivent réfléchir et revenir aux moyens « civilisés » de résoudre les questions difficiles liées au règlement politique.  La Fédération de Russie, a-t-il conclu, poursuivra ses efforts pour prévenir toute nouvelle effusion de sang et remettre la situation de l’Ossétie du Sud sur les rails par des moyens pacifiques. 

M. IRAKLI ALASANIA (Géorgie) a souligné que malgré les provocations que les séparatistes ont multipliées depuis le 1er août dernier, le négociateur en chef de la Géorgie et Ministre d’État à la réintégration a réaffirmé le 6 août la position gouvernementale selon laquelle seul le dialogue direct avec les autorités de Tskhinvali permettra d’éviter la détérioration de la situation en matière de sécurité.  Ces propos ont été réaffirmés par le Président, lui-même, qui a d’ailleurs demandé à la Fédération de Russie de rappeler ses officiers d’Ossétie du Sud.  Malgré les tentatives du Gouvernement, les séparatistes ont refusé de négocier, a affirmé le représentant. 

L’action militaire du Gouvernement a été décidée comme une mesure de légitime défense, a-t-il dit, après les attaques armées répétées.  Il s’agissait uniquement, s’est-il expliqué, de protéger la population civile et de prévenir d’autres pertes en vies humaines.  Tout État démocratique aurait réagi de la même manière, a souligné le représentant, avant de préciser que l’aide militaire continue de parvenir aux séparatistes à partir de la Fédération de Russie par le tunnel de Roki.  Les séparatistes, a-t-il ajouté, menacent d’ailleurs de s’attaquer à d’autres parties du pays en dehors de la région d’Ossétie du Sud, et, selon les informations, « grâce à une assistance étrangère ». 

« Notre offre d’autonomie conforme aux normes européennes est toujours valable », a assuré le représentant.  En attendant, la région serait gouvernée par le chef de l’Administration de l’Ossétie du Sud qui, lui-même, est un ancien séparatiste.  Le représentant a lancé un appel à la Fédération de Russie pour qu’elle contribue de manière constructive à la relance économique de la région et à la mise en œuvre des accords conclus en matière de sécurité.  L’objectif immédiat du Gouvernement géorgien, a-t-il affirmé, est de rétablir la paix, de faciliter le retour à la vie normale et de permettre le retour des réfugiés et des personnes déplacées.

Selon des informations avérées, a encore accusé le représentant, un important contingent de personnel et d’équipements militaires sont entrés illégalement en Géorgie.  La République russe de l’Ossétie du Nord a déclaré la mobilisation de « mercenaires armés » pour les envoyer en Géorgie.  Tous les signes montrent, a dit le représentant, que nous sommes en face d’une provocation calculée pour provoquer une escalade des tensions et justifier ainsi une intervention militaire et planifiée de la Fédération de Russie.

Le représentant a donc demandé à la Fédération de Russie de prévenir le passage de ces mercenaires et d’exercer son influence sur le régime séparatiste pour qu’il cesse ses attaques sur la population civile et commencent les négociations.  Le représentant a appelé la communauté internationale à condamner sans équivoque les violations continues de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Géorgie par la Fédération de Russie.  Le Gouvernement géorgien, a insisté le représentant, réitère encore une fois qu’il est disposé à engager immédiatement des pourparlers de paix et appelle les séparatistes à cesser leurs actions militaires et à s’asseoir à la table des négociations.  

Mme KAREN PIERCE (Royaume-Uni) a regretté que le Conseil ne soit pas encore en mesure de s’entendre sur une déclaration présidentielle.  Mais l’absence d’un tel texte, a-t-elle souligné, ne doit pas être interprétée comme un signe que le Conseil ne s’est pas engagé sur la question et qu’il est indifférent à la tournure des évènements.  Bien au contraire, a-t-elle insisté, la situation est grave et elle menace la paix et la sécurité régionales.

La représentante a donc appelé à la cessation immédiate des hostilités et à la reprise immédiate des pourparlers.  Elle s’est dite inquiète des informations faisant état de l’avancée dans la région de troupes et d’autres personnes armées.  Le Royaume-Uni, a-t-elle conclu, appelle tous les acteurs de la région, qu’ils soient étatiques ou non étatiques, à prévenir une escalade plus avant de la situation et à faire preuve de retenue. 

M. JEAN-PIERRE LACROIX (France) a estimé qu’une menace claire à la paix et à la sécurité se pose aujourd’hui, en se montrant préoccupé par les risques d’escalade.  Il a espéré que le Conseil de sécurité sera très rapidement en mesure de parler d’une seule voix sur la situation.  Ce qui est certain, a-t-il dit, c’est que, pour aucune des parties au conflit, l’option militaire est une porte de sortie.  La France appelle toutes les parties et tous ceux qui ont une influence déterminante sur elles de cesser immédiatement les hostilités, de reprendre immédiatement le dialogue en vue d’un cessez-le-feu et de coopérer pleinement avec la mission de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).  La France appuie pleinement la recherche d’une solution politique, dans le respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la Géorgie, a conclu le représentant. 

Mme DICARLO (États-Unis) a également exprimé l’inquiétude de son gouvernement face à l’escalade de la violence en Ossétie du Sud (Géorgie).  Elle a lancé un appel à toutes les parties impliquées à prendre du recul et à donner à leurs forces l’ordre de se désengager.  Nous ne pouvons, a-t-elle prévenu, accepter aucune excuse d’une quelconque partie qui refuserait le désengagement.  Les États-Unis, a-t-elle insisté, sauront apprécier la retenue et condamner l’agression.  Elle a rappelé que son gouvernement a été en contact étroit avec le Gouvernement russe avant de se féliciter que Tbilissi et Moscou aient, plus tôt dans la journée, accepté de coopérer pour instaurer un cessez-le-feu et organiser une rencontre directe entre les responsables géorgiens et les représentants de l’Ossétie du Sud.  Nous sommes, a-t-elle souligné, dans l’obligation de condamner le refus de l’Ossétie du Sud de participer à cette réunion et de respecter le cessez-le-feu.

Elle a également demandé à la Fédération de Russie de retirer ses troupes et de ne pas envenimer la situation en envoyant ses forces en Géorgie.  La Fédération de Russie doit cesser le transport de troupes et de matériel par le tunnel de Roki, a-t-elle ajouté.

M. LA YIFAN (Chine) a jugé que le premier impératif est de cesser les hostilités et dans le même temps de faire preuve de retenue et d’éviter toute action qui pourrait envenimer les tensions et porter atteinte à la paix et à la stabilité de la région.  Le représentant a rappelé que le 31 octobre de l’année dernière, l’Assemblée générale a adopté à l’unanimité la résolution relative à la trêve olympique.  Dans quelques heures, a-t-il souligné, s’ouvriront les XXIXe Jeux olympiques d’été à Beijing et la Chine souhaite que les parties concernées respectent cette résolution.  Le Conseil de sécurité et la communauté internationale devraient encourager les parties à cesser sans délai les hostilités, à reprendre le dialogue et à consentir des efforts résolus pour régler leur différend par des voies pacifiques, a conclu le représentant.

M. ALDO MONTOVANI (Italie) s’est déclaré, à son tour, extrêmement préoccupé par l’escalade de la violence dans la région de l’Ossétie du Sud (Géorgie).  Il est particulièrement regrettable d’être confronté à une telle situation alors que les Jeux olympiques s’ouvriront dans quelques heures à Beijing, a-t-il dit à son tour.  Une fois encore, tous les appels au respect universel de la trêve olympique formulés par notre Organisation mondiale sont bafoués de manière flagrante.  Même si ce conflit n’est pas inscrit à l’ordre du jour du Conseil, a poursuivi le représentant, nous ne saurions fuir nos responsabilités à l’égard d’une situation qui pourrait dégénérer et mettre en péril la stabilité de la région tout entière.

Il a appelé à la cessation immédiate de la violence, à la reprise du dialogue et aux négociations.  Tous les acteurs en mesure de conseiller les parties devraient user de leur influence pour inciter à la modération et à la retenue.  L’Italie, a dit le représentant, demeure convaincue que l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a un rôle clef à jouer dans le règlement de ce conflit, mais pour qu’elle puisse le faire, il faut d’abord que les parties déposent immédiatement les armes et reprennent les pourparlers. 

M. LE LUONG MINH (Viet Nam) a particulièrement déploré l’incident, survenu la semaine dernière, qui a causé de fortes pertes en vies humaines et fait de nombreux blessés et contraint les gens à fuir.  Il a affirmé que la force ne peut régler le conflit.  Au contraire, elle ne peut qu’anéantir les espoirs de parvenir à une solution, a-t-il fait remarquer.  Dans cet esprit, il a appelé la Géorgie et l’Ossétie du Sud (Géorgie) à faire preuve de retenue, à mettre immédiatement fin aux activités militaires, à respecter strictement l’accord de non-reprise des hostilités et à reprendre les pourparlers directs en vue d’une solution globale et durable du problème, de manière à éviter toute rechute.

Il a salué les efforts déployés par la Fédération de Russie pour apaiser les tensions en dépêchant dans la région des envoyés chargés de relancer le processus de négociation.  Il a estimé que de telles initiatives sont indispensables pour mettre fin à l’escalade de la violence et ramener la situation sous contrôle.

M. VICE SKRACIC (Croatie) a lancé un appel au Président géorgien Saakashvili pour que cesse le bain de sang.  Il a estimé que les parties doivent rapidement consentir à des efforts crédibles pour réduire les tensions, y compris en adoptant un cessez-le-feu immédiat de manière à éliminer le risque d’une nouvelle escalade.  Il les a exhortées à s’abstenir de tout nouvel acte de provocation et appelé de ses vœux à une reprise immédiate des négociations.  Il s’est également dit préoccupé par les informations faisant état de l’arrivée de volontaires venant d’autres zones de conflit en Géorgie, ce qui pourrait avoir un effet déstabilisateur et présagé d’un élargissement du conflit.

Le représentant a pris note de l’offre renouvelée du Président Saakashvili, dans sa lettre du 7 août 2008 adressée au Conseil de sécurité, relative au plan de paix qu’il avait proposé il y a trois ans prévoyant une autonomie quasiment sans limite.  La Croatie souhaite que des négociations pacifiques reprennent dans ce cadre, a conclu le représentant.

M.MARTY M. NATALEGAWA(Indonésie) a estimé que le risque d’une nouvelle escalade de la violence est réel.  Il a donc jugé indispensable que les hostilités cessent et que les parties exercent un maximum de retenue, y compris en s’abstenant de faire des déclarations incendiaires.  Tout en ayant conscience des difficultés évidentes qui existent, il est essentiel, a-t-il dit, qu’un espace de dialogue ouvert soit mis en place au plus haut niveau et que la confiance soit rétablie et encouragée.

En dernière analyse, a-t-il souligné, rien ne peut remplacer le dialogue.  Cet espace de dialogue au plus haut niveau doit aller de pair avec des efforts tangibles de la part des deux parties pour mettre fin au bain de sang.  En cette heure cruciale, a ajouté le représentant, il est tout à fait pertinent que le Conseil agisse collectivement et à l’unisson en appelant toutes les parties au maximum de retenue, à la désescalade du conflit et au lancement des pourparlers.  Le représentant a donc regretté que le Conseil n’ait pas été en mesure d’exprimer sa vision collective sur cette question importante.

M. JAN GRAULS (Belgique) a appelé les parties à mettre fin aux opérations militaires et à faire preuve de retenue.  Il les a aussi appelées à accepter un cessez-le-feu immédiat et sans condition et à travailler avec la communauté internationale pour un rétablissement rapide du dialogue 

Reprenant la parole, le représentant de la Fédération de Russie a regretté les nombreuses contradictions contenues dans la déclaration du représentant de la Géorgie.  D’un côté, il affirme que la Fédération de Russie contrôle tout en Ossétie du Sud et de l’autre, il conclut que les militaires russes ne semblent pas en mesure de contrôler les séparatistes, a fait remarquer le représentant russe.  Si la Fédération de Russie nourrissait réellement des intentions militaires et agressives, a-t-il fait remarquer, alors pourquoi la partie géorgienne refuse, depuis si longtemps, la conclusion d’un accord sur le non-recours à la force en Ossétie du Sud et en Abkhazie, ce qui l’aurait protégée de toute agression militaire?  En écoutant la déclaration du représentant de la Géorgie, a ironisé le représentant russe, on aurait presque l’impression que ce sont les séparatistes d’Ossétie du Sud qui attaquent Tbilissi alors que, comme chacun le sait, c’est plutôt le contraire qui se produit.

Commentant les consultations qui ont précédé la réunion du Conseil, le représentant a souligné que les États Membres n’ont pas été capables de réagir avec discernement aux évènements et d’envoyer un message clair aux deux parties, y compris Tbilissi, sur la nécessité de mettre fin à la violence et de rejeter le recours à la force.  L’incapacité du Conseil, a-t-il dit, illustre l’absence de volonté politique qu’il a, une nouvelle fois, montrée pendant la séance publique

Le représentant a rappelé que ces derniers jours, Moscou et Washington se sont mis en contact et il nous a semblé, a-t-il dit, qu’il existait une compréhension commune de la nécessité de prendre des mesures pour éviter l’escalade.  Mais, s’est-il étonné, dans la déclaration qu’il a faite aujourd’hui, le représentant américain n’a formulé qu’une seule condamnation et c’était à l’encontre de l’Ossétie du Sud.  Une bonne appréhension des évènements montre que ce sont les Forces armées géorgiennes qui ont attaqué l’Ossétie du Sud, a insisté le représentant russe.

La position politique exprimée aujourd’hui par les États-Unis est exactement l’une des raisons pour lesquelles nous faisons face à cette situation critique aujourd’hui dans le conflit entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud, a tranché le représentant.  Il a espéré que la réunion sera tout de même utile et qu’elle enverra à Tbilissi un message sur la non-volonté du Conseil, une des principales institutions de la communauté internationale, d’accepter les tentatives de résoudre le long conflit entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud par l’agression armée.

À son tour, le représentant de la Géorgie a précisé que c’est la Fédération de Russie elle-même qui a déclaré à la Géorgie qu’elle n’avait aucun contrôle sur les séparatistes.  « Je n’ai jamais dit, a-t-il insisté, que la Fédération n’avait aucun contrôle sur eux.  J’ai cru, a-t-il ajouté, avoir expliqué très clairement qui prend les décisions à Tskhinvali.  Nous accueillons avec satisfaction, a poursuivi le représentant, la coopération de la Fédération de Russie et des États-Unis pour atténuer les tensions. »  C’est exactement ce que la Géorgie veut et c’est exactement ce qu’elle offre à « ses amis » à la table des négociations.  Mais toutes les tentatives se sont révélées vaines, a accusé le représentant, en espérant que la raison finira par prévaloir et que les deux parties ainsi que la Fédération de Russie négocieront et résoudront ce conflit par des moyens pacifiques.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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