LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ADJOINT AUX AFFAIRES POLITIQUES DÉCLARE QUE L’AMÉLIORATION DE LA SITUATION EN MATIÈRE DE SÉCURITÉ PERMETTRA AUX NATIONS UNIES D’ÉTENDRE LEURS ACTIVITÉS

6 août 2008
CS/9415

LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ADJOINT AUX AFFAIRES POLITIQUES DÉCLARE QUE L’AMÉLIORATION DE LA SITUATION EN MATIÈRE DE SÉCURITÉ PERMETTRA AUX NATIONS UNIES D’ÉTENDRE LEURS ACTIVITÉS

06/08/2008
Conseil de sécurité
CS/9415
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

5949e séance – matin

LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ADJOINT AUX AFFAIRES POLITIQUES DÉCLARE QUE L’AMÉLIORATION DE LA SITUATION EN MATIÈRE DE SÉCURITÉ PERMETTRA AUX NATIONS UNIES D’ÉTENDRE LEURS ACTIVITÉS

Tout en notant les progrès accomplis, les membres du Conseil de sécurité appellent l’Iraq à promulguer la loi électorale pour les élections provinciales d’octobre

Grâce aux efforts politiques et militaires concertés déployés ces trois derniers mois*, la situation en matière de sécurité a continué à s’améliorer partout en Iraq.  Il faudra cependant affermir les progrès déjà réalisés par le biais d’un dialogue politique et d’une réconciliation nationale véritables, a déclaré ce matin, devant le Conseil de sécurité, le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques. 

Dotée d’un mandat robuste défini par la résolution 1770 l’année dernière, la Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Iraq (MANUI) continue à mettre l’accent sur la promotion du dialogue politique, de la réconciliation nationale et d’une solution à la question des frontières internes en litige, ainsi que sur l’organisation d’élections provinciales afin qu’elles soient crédibles et acceptables de manière générale pour le peuple iraquien, a assuré M. B. Lynn Pascoe. 

Toutefois, a-t-il fait observer, sans la promulgation d’une loi électorale, ces élections importantes n’aboutiront à rien.  L’absence d’un accord sur une telle loi constituerait un obstacle majeur non seulement pour les élections à venir mais également pour l’ensemble du processus de réconciliation nationale en Iraq.  Les incidents sanglants à Kirkouk, la semaine dernière, ont montré combien la situation peut être précaire et comment l’absence de dialogue et de compromis peut facilement donner lieu à une résurgence de la violence.

Au niveau politique, M. Pascoe a salué le retour du principal bloc sunnite, le Tawafuq, au sein du Gouvernement iraquien ainsi que les nominations par le Premier Ministre, M. Nouri al-Maliki, aux postes restés vacants depuis les boycotts du printemps et de l’été derniers.  Le Secrétaire général adjoint s’est déclaré convaincu que l’amélioration de la situation en matière de sécurité permettrait aux Nations Unies d’étendre leurs opérations dans le pays.  À cet égard, a-t-il fait remarquer, on note déjà des signes encourageants.  Les Bureaux de Bagdad et d’Erbil ont été étoffés et il est envisagé d’affecter du personnel local et du personnel international à Mossoul, Najjaf et Ramadi tandis que le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et l’Organisation mondiale de la santé réinstallent leur personnel d’encadrement à Bagdad.

Le représentant des États-Unis, s’exprimant au nom de la Force multinationale en Iraq, a quant à lui précisé qu’au cours des trois derniers mois, le nombre d’incidents violents avait sensiblement diminué depuis quatre ans.  Il a estimé qu’il était nécessaire pour la Force multinationale de transférer progressivement les responsabilités en matière de sécurité au Gouvernement iraquien.  À ce jour, a-t-il fait remarquer, 10 des 18 provinces du pays sont déjà placées sous le contrôle iraquien. 

Le Gouvernement de l’Iraq a réussi à renforcer ses forces militaires tant au niveau des effectifs que de la formation dans toutes les provinces, a renchéri le représentant de l’Iraq, qui a mis l’accent sur les opérations militaires menées ces derniers mois.  Il a affirmé que l’amélioration de la sécurité avait eu un impact positif sur la situation économique en Iraq, qui connaissait désormais des investissements accrus et une inflation à la baisse. 

Tout en saluant ces progrès, les membres du Conseil ont insisté dans l’ensemble sur la nécessité d’assurer un processus politique et de réconciliation nationale inclusif.  Plusieurs délégations se sont inquiétées du retard dans la promulgation de la loi électorale nécessaire à la tenue d’élections provinciales en octobre 2008.  L’amélioration de la situation en matière de sécurité doit s’accompagner d’un processus de renforcement de la légitimité et d’inclusivité, ont estimé les membres du Conseil, en exhortant l’Iraq à trouver rapidement un accord sur cette loi électorale. 

Les membres du Conseil ont par ailleurs insisté sur la nécessité d’enregistrer des progrès en matière humanitaire, notamment en ce qui concerne les réfugiés et les personnes déplacées, ainsi que pour la reconstruction du pays.  Dans cette perspective, des délégations ont notamment appelé l’Iraq à promulguer une loi sur les hydrocarbures afin de tirer profit des revenus pétroliers et d’en faire bénéficier toute la population iraquienne.  Ils ont mis l’accent sur le rôle important de la MANUI et des institutions des Nations Unies pour répondre aux besoins de la population.  Tout en appuyant l’idée de proroger le mandat de la MANUI pour une période de 12 mois, les délégations ont rappelé qu’il était important de garantir la sécurité nécessaire à son bon fonctionnement. 

* S/2008/495

LA SITUATION CONCERNANT L’IRAQ

Rapport présenté par le Secrétaire général en application du paragraphe 6 de la résolution 1770 (2007)

Exposés

M. B. LYNN PASCOE, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, a rappelé que, très tôt dans son mandat, lorsqu’il s’est rendu en Iraq, le Secrétaire général s’était déclaré fermement engagé pour que les Nations Unies fassent plus pour aider le Gouvernement et le peuple iraquiens.  Ceci n’est pas facile compte tenu des circonstances en Iraq, a-t-il dit, mais aujourd’hui, en vertu du mandat robuste défini par la résolution 1770 et du leadership dynamique du Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Iraq, les Nations Unies déploient progressivement leur présence et développent leurs activités en Iraq, tout en prenant conscience de la situation très complexe dans le pays.  Au cours de l’année écoulée, des changements constants sont intervenus en Iraq, a-t-il dit, en soulignant l’amélioration de la sécurité, en particulier au cours de ces trois derniers mois.  Il a toutefois constaté que le taux élevé de civils tués était inacceptable.  Il a rappelé que la semaine dernière, une série d’attaques avait fait plus de 60 morts à Bagdad et à Kirkouk.  M. Pascoe a insisté sur la nécessité de consolider les progrès réalisés en matière de sécurité par un dialogue politique soutenu.  Parmi les signes encourageants, il a fait observer que le bloc sunnite Tawafuq était récemment revenu au sein du Gouvernement iraquien et que les postes vacants au sein de ce Gouvernement avaient été pourvus.  S’agissant de la Haute Commission électorale indépendante, le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques a assuré que la Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Iraq (MANUI) travaillait avec celle-ci pour organiser les structures nécessaires à l’inscription sur les listes électorales et garantir la transparence du processus de mise à jour de l’inscription des électeurs.  Il a indiqué que plus de 20 000 agents de partis politiques et observateurs avaient été accrédités pour surveiller les élections.  M. Pascoe a toutefois déclaré que sans loi électorale, les élections provinciales ne pouvaient avoir lieu.  Il a noté que les Nations Unies faisaient tout pour encourager des compromis sur cette question.  Il a estimé qu’un échec sur cette loi compromettrait les élections de cette année mais aussi le processus plus large de réconciliation nationale. 

Le Secrétaire général adjoint a souligné que les divergences profondes sur la question de la loi électorale avaient contribué à de nouvelles tensions et accru la violence à Kirkouk, reflétant la fragilité de la situation.  Il a indiqué que la MANUI continuait à œuvrer pour régler le statut de Kirkouk et des frontières internes.  Il a cependant rappelé que la responsabilité des décisions sur ces questions difficiles incombait au Gouvernement et autres représentants du peuple iraquien.  Par ailleurs, il a mis l’accent sur les nombreuses mesures positives prises pour renforcer la coopération régionale en appui à l’Iraq.  Après la Conférence annuelle d’examen du Pacte international pour l’Iraq et suite aux opérations de sécurité menées, plusieurs États Membres de la région ont rétabli leur présence diplomatique à Bagdad.  Il a également rappelé que deux réunions élargies des pays voisins de l’Iraq avaient eu lieu au niveau ministériel, en Turquie en novembre 2007 et au Koweït en avril 2008.  Il s’est félicité de ces développements sur le front régional et a espéré que ce processus de dialogue régional se transformerait en un véritable partenariat. 

S’agissant de la reconstruction et du développement du pays, M. Pascoe a indiqué que si l’économie continuait à croître principalement en raison du prix élevé du pétrole, cela ne s’était pas encore traduit dans la vie quotidienne des gens.  Le chômage reste élevé et les indicateurs socioéconomiques sont faibles.  Il s’est déclaré convaincu que l’amélioration actuelle de la situation en matière de sécurité pourrait permettre aux revenus pétroliers d’avoir un impact sur la population.  Les Nations Unies travaillent avec le Gouvernement iraquien sur la réforme du secteur privé afin d’augmenter les opportunités d’emploi et diversifier l’économie, a-t-il précisé.  Il a aussi déclaré que l’accent était mis sur les besoins humanitaires des Iraquiens, des réfugiés et des 2,8 millions de personnes déplacées et autres groupes vulnérables.  Il a notamment souligné que les projets humanitaires avaient augmenté par le biais des fonds reçus au titre de l’Appel consolidé 2008 pour l’Iraq.

M. Pascoe a affirmé qu’en dépit des défis, la MANUI, travaillant avec l’Équipe de pays, avait renforcé sa présence à travers le pays, notamment avec l’élargissement de ses Bureaux de Bagdad et d’Erbil et l’établissement d’une présence à Kirkouk et Bassorah.  Il a aussi indiqué que le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avaient relocalisé leur personnel d’Amman à Bagdad.  Il a estimé que la sécurité était essentielle pour garantir la présence des Nations Unies, mettant en avant les possibles changements concernant la présence de la Force multinationale après le 31 décembre 2008.  Il est impératif de ne pas se complaire dans les réalisations récentes, a-t-il dit.  Il a déclaré qu’il faudrait désormais axer les efforts en vue d’obtenir les gains politiques nécessaires à la confiance entre les communautés et à l’amélioration de la vie quotidienne des Iraquiens. 

M. ALEJANDRO WOLFF(États-Unis), s’exprimant au nom de la Force multinationale, a d’abord souligné qu’au cours des trois derniers mois, les incidents en matière de sécurité sont restés à leur niveau le plus bas depuis ces quatre dernières années.  La Coalition et les Forces de sécurité iraquiennes ont réalisé ces résultats malgré la diminution du nombre des troupes de la Force multinationale.  Les États-Unis ont en effet retiré la dernière des cinq brigades de combat ainsi que l’unité expéditionnaire et deux bataillons de « marines ».  De même, les troupes de combat australiennes ont quitté l’Iraq et le contingent polonais sera bientôt retiré. 

Malgré les acquis, a prévenu le représentant, Al-Qaïda demeure une menace grave, en particulier dans le nord du pays.  Il s’est également dit préoccupé par les combattants étrangers et l’aide militaire qui entrent en Iraq.  La Syrie, a-t-il accusé, est le principal point d’entrée des terroristes étrangers et le Gouvernement syrien doit faire plus pour mettre fin à ces opérations.  Les troupes iraquiennes ont également collecté des preuves sur la poursuite de l’aide militaire iranienne.  En outre, des combattants et leaders de la milice de l’Armée du Mehdi ont trouvé refuge en Iran.  Les activités meurtrières de la Force Qods iranienne contredit, a dénoncé le représentant, l’intention déclarée de l’Iran d’appuyer le Gouvernement iraquien. 

M. Wolff a ensuite mis l’accent sur la capacité accrue des Forces de sécurité iraquiennes qui comptent désormais 580 000 soldats, soit une augmentation de plus de 21 000 hommes depuis le mois de juin.  Les forces aériennes et navales ont également fait des progrès substantiels, a poursuivi le représentant, en ajoutant qu’il en va de même pour la Police nationale.  Concernant la Coalition, il a indiqué qu’à part les États-Unis, les 30 pays concernés ont déployé un total de 9 000 hommes au sein de la Force multinationale et de 450 hommes au sein de la MANUI.  Le représentant a souligné que la Force continue à transférer progressivement les responsabilités en matière de sécurité au Gouvernement iraquien.  Sur 18 provinces, 10 sont déjà placées sous le contrôle total du pays. 

Les Forces iraquiennes ont élargi leur contrôle non seulement en menant des opérations militaires mais aussi en facilitant l’assistance humanitaire et en rétablissant les services sociaux de base.  Le représentant a aussi abordé la question de la réconciliation nationale, en soulignant que la volonté du Gouvernement iraquien de confronter les milices, quelle que soit leur secte, a encouragé la coalition sunnite Tawafuq à surmonter ses différends internes et à réintégrer le Gouvernement. 

Le représentant a aussi souligné l’importance de l’appui des pays voisins de l’Iraq.  Le Bahreïn, la Jordanie, le Koweït et les Émirats arabes unis ont ouvert des ambassades en Iraq et d’autres pays voisins, comme la Turquie, ont envoyé une délégation de haut niveau.  Enfin, le représentant a rappelé que les négociations continuent entre les États-Unis et le Gouvernement iraquien sur l’avenir de leurs relations, qui tiendra compte de la capacité renforcée des Forces de sécurité iraquiennes d’assumer une plus grande responsabilité en matière de sécurité et de stabilité.  

Déclarations

M. HAMID AL-BAYATI (Iraq) a affirmé que son gouvernement avait réussi à prévenir une guerre sectaire dans le pays et avait montré qu’il représentait tous les Iraquiens, sans discrimination.  Il a souligné les opérations militaires menées par l’Iraq ces derniers mois, qui ont permis de réduire de 80% les actes terroristes et violents.  Son gouvernement, a-t-il ajouté, a réussi à renforcer ses Forces armées dans toutes les provinces et a repris la responsabilité de la sécurité dans 10 provinces du pays.  Il a estimé que le déclin de la violence avait permis de revenir à une vie ordinaire dans tout le pays.  Le représentant a assuré que le Gouvernement iraquien travaillait avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et d’autres organisations internationales pour mettre en place une stratégie nationale visant à encourager le retour volontaire des familles et que plus de 195 millions de dollars avaient été consacrés au rapatriement des personnes déplacées.  Ce montant s’ajoute aux 140 millions de dollars qui financent l’assistance aux réfugiés.  Le représentant iraquien a déclaré que son pays était fermement engagé en faveur de la réconciliation nationale et du dialogue politique.  Il a fait remarquer que le processus politique, en dépit de certaines difficultés, se poursuivait sur la voie de la démocratie.  Dans le cadre des efforts de réconciliation nationale, le Gouvernement iraquien prépare la tenue d’une conférence à laquelle participeront des représentants de toutes les religions, sectes et nationalités dans le pays, a-t-il précisé. 

Dans le domaine économique et social, le représentant a soutenu que l’amélioration de la situation en matière de sécurité avait eu un impact positif sur la situation économique en Iraq.  Il a noté que le volume d’investissements dans le pays avait atteint 7,4 milliards de dollars, lesquels ont été répartis pour assurer le financement des différents services de base du pays.  Il a affirmé que l’amélioration des conditions économiques et le commerce figuraient parmi les priorités du Gouvernement.  Il a ajouté que l’inflation était passée de 65% en 2006 à 22% en 2007, et que le taux de chômage avait décliné, en passant de 28% en 2003 à 17% cette année.  En outre, il a insisté sur le soutien au secteur public et à l’enseignement supérieur, l’établissement d’un réseau de protection sociale pour certains groupes dont les orphelins, les veuves et les chômeurs, l’augmentation de la part consacrée à l’éducation dans le budget national, le processus de réforme du secteur de la santé et la stratégie de développement du secteur agricole.  S’agissant du pétrole, le représentant a indiqué que le pays avait établi un plan pour augmenter la production de pétrole, adopter un cadre législatif et d’investissement et en distribuer équitablement les revenus.  Il a aussi mis l’accent sur les efforts de lutte contre la corruption, par le biais d’une initiative nationale. 

M. Al-Bayati a noté qu’au cours de ces derniers mois, des efforts étaient entrepris pour assurer une ouverture aux niveaux régional et international en faveur de l’Iraq.  Il a notamment cité les visites officielles dans le pays et les déplacements du Premier Ministre iraquien à l’étranger, ainsi que la nomination d’ambassadeurs à Bagdad par le Bahreïn, le Koweït, les Émirats arabes unis et la Jordanie.  Il a aussi fait remarquer que la Conférence annuelle d’examen du Pacte international pour l’Iraq a abouti à des résultats positifs, notamment des arrangements avec le Club de Paris sur la dette iraquienne.  Il a, à cet égard, appelé les pays arabes à annuler la dette de l’Iraq et à revoir les compensations dues par le pays, après l’invasion du Koweït en 1990, crime qui avait été commis par l’ancien régime.  Enfin, il a souligné le rôle de la MANUI pour son appui et ses conseils au Gouvernement iraquien et a réitéré la demande de ce dernier de proroger le mandat de cette Mission.  Il a indiqué que, pour faciliter l’exécution de ce mandat, le Gouvernement iraquien avait décidé de mettre à la disposition du nouveau Bureau intégré des Nations Unies, pour une durée de 25 ans, une parcelle de 40 000 m2.

M. LE LUONG MINH (Viet Nam) a constaté qu’au cours des quatre derniers mois, l’Iraq avait poursuivi ses efforts pour consolider ses réalisations politiques et son développement économique et social.  Il a notamment cité la réduction sensible du niveau de violence depuis mars 2004, le renforcement des capacités des Forces de sécurité iraquiennes et l’organisation des élections provinciales d’octobre 2008.  Il a toutefois souligné que l’Iraq était encore confronté à des défis importants comme la violence sectaire, le retard dans l’adoption de lois sur les élections et les hydrocarbures, la question en suspens de Kirkouk et les taux élevés de pauvreté et de chômage.  Il a souligné le rôle central des institutions des Nations Unies, des pays voisins et de la communauté internationale pour soutenir les efforts du Gouvernement et du peuple iraquiens à utiliser efficacement les ressources naturelles et les ressources humaines du pays et promouvoir la réconciliation, la stabilisation et la reconstruction.  Le représentant s’est dit encouragé par la tenue de réunions internationales en faveur de l’Iraq, ces derniers mois, notamment les conférences organisées par les pays voisins de l’Iraq à Istanbul et au Koweït ou encore la Conférence annuelle d’examen du Pacte international pour l’Iraq, à Stockholm.  Cela montre, a-t-il estimé, l’engagement de la communauté internationale en faveur de la reconstruction, du développement et de la réintégration du pays.  Le représentant a espéré que ce partenariat et cette coopération se poursuivront et se traduiront par de nouvelles mesures concrètes.  Le Viet Nam, a-t-il dit avant de conclure, salue les efforts de la MANUI visant à assister le Gouvernement iraquien à régler la question des frontières internes, à organiser les élections d’octobre prochain et à assurer une aide humanitaire à la population.

M. LA YIFAN (Chine) s’est dit heureux de noter que la MANUI s’est tenue strictement à son mandat et est parvenue à de bons résultats sur tous les fronts.  L’évolution de la situation a permis aux Nations Unies de mieux jouer leur rôle, tout en faisant naître de nouveau défis.  Le représentant a donc appuyé la prorogation du mandat de la Mission.  Il a souhaité qu’elle établisse des consultations étroites avec le Gouvernement et qu’elle renforce son interaction avec les Forces de sécurité.  La Mission, a-t-il dit, doit s’acquitter de ses tâches de façon équilibrée dans les domaines politique, économique, humanitaire et des droits de l’homme.  L’aide humanitaire et la reconstruction exigent de la Mission qu’elle joue un rôle de coordonnateur des activités des organismes de l’ONU sur le terrain.  Le représentant a souligné la responsabilité du Gouvernement iraquien pour assurer la sécurité de la présence des Nations Unies.  La situation demeure précaire, a-t-il dit, en lançant un appel pour que les activités militaires épargnent les civils dont la sécurité est une condition essentielle à la réconciliation nationale, de même que le dialogue politique.  Il a appelé les parties à mettre l’intérêt national au-dessus de tout et a encouragé la Mission à jouer un rôle actif, à cet égard.  Soulignant que les élections sont une étape essentielle du processus politique, il a mis en garde contre tout retard.  La sécurité, le processus politique et la reconstruction socioéconomique se complètent, a conclu le représentant, en soulignant l’immense potentiel de l’Iraq.  Il revient, en conséquence, à la communauté internationale de respecter ses engagements, en particulier dans le cadre du Pacte international pour l’Iraq.

M. JORGE URBINA (Costa Rica) a appuyé la prorogation du mandat de la MANUI et s’est félicité qu’elle se fasse selon des termes satisfaisants pour l’Iraq.  Il a estimé que la présence des Nations Unies dans le pays avait été déterminante pour les progrès réalisés.  Il s’est tout particulièrement félicité de la nature des relations entre la MANUI et le Gouvernement iraquien et a souhaité qu’elles soient encore renforcées.  Il a affirmé que grâce au mandat élargi de la MANUI et au leadership du Représentant spécial, la Mission s’était transformée en facilitateur et en agent pour le changement en faveur de la paix et du développement en Iraq.  Le représentant a déclaré qu’il n’y aura pas de solution aux problèmes dans le pays tant que tous les Iraquiens, sans exclusion, ne sont pas parvenus au dialogue et à la réconciliation nationale.  Il a souligné que l’amélioration de la situation en matière de sécurité devrait s’accompagner d’un processus de renforcement de la légitimité du Gouvernement et des institutions.  En prévision des élections d’octobre, le représentant a demandé l’adoption de la loi électorale qui est nécessaire à ce processus.  En outre, M. Urbina a estimé que l’Iraq devrait accorder une attention particulière à l’investissement public, afin que le pays œuvre activement en faveur d’un développement durable.  Il a ajouté que les efforts visant l’amélioration de la situation en matière de sécurité ne doivent pas être faits en violation des libertés fondamentales.

Mme KAREN PIERCE (Royaume-Uni) a souligné le rôle fondamental que les Nations Unies continuent de jouer en Iraq.  Elle s’est félicitée de ce que les incidents violents soient à leur niveau le plus bas depuis 2004.  Le Gouvernement a agi fermement, a-t-elle reconnu, en saluant les Forces de sécurité iraquiennes.  Elle a aussi salué la coopération accrue entre le Gouvernement iraquien et les communautés sunnites ainsi que les lois essentielles qui doivent permettre de consolider la démocratie.  Soulignant à son tour l’importance des élections pour le processus politique, la représentante s’est tout de même dite consciente que les progrès restent précaires, comme en attestent le nombre des personnes déplacées et celui des chômeurs, ainsi que la poursuite des attaques dans certaines régions du pays. 

Il y a 10 mois, a rappelé la représentante, son pays avait mis au point les éléments clefs de la stratégie de transfert des responsabilités en matière de sécurité à Bassorah.  La première étape a été menée, a-t-elle dit, en précisant que les 4 000 soldats britanniques qui sont restés contribueront à la formation de quatre divisions et de 800 soldats opérant dans les structures de commandement.  Il sera aussi question de former au contrôle de l’aéroport, des eaux territoriales et des infrastructures pétrolières.  Les décisions futures seront fondées sur l’avis du commandement militaire britannique, du Gouvernement iraquien et des partenaires de la Coalition.  Les progrès ne seront possibles, a souligné la représentante, que si l’on assure l’appui de la communauté internationale.  Elle a en effet cité les défis liés aux frontières internes, aux élections, à la situation humanitaire, aux institutions de protection des droits de l’homme ou à l’appui à la structure démocratique naissante.

M. VICE SKRACIČ (Croatie) a souligné les progrès réalisés par l’Iraq dans les domaines politique et de la sécurité.  Tout en jugeant le nombre de victimes parmi la population civile et les Forces de sécurité iraquiennes inacceptables, il a estimé que le renforcement de la coopération entre les dirigeants locaux et le Gouvernement iraquien d’une part, et les efforts des Forces de sécurité pour mettre un terme au cycle de la violence d’autre part, marquent une évolution positive dans le pays.  Il reste encore beaucoup à faire, en particulier pour garantir les droits civils et politiques, a-t-il reconnu.  C’est pourquoi, il a souhaité que les Forces de sécurité et la Police iraquiennes parviennent à assurer un équilibre entre la nécessité de garantir la sécurité publique et le respect du droit international humanitaire et des droits de l’homme.  Il a salué le travail accompli conjointement par la MANUI et la Haute Commission électorale indépendante et a espéré que les obstacles pour adopter une loi électorale seront bientôt surmontés.  Le représentant a souligné la nécessité pour le Gouvernement iraquien d’adopter cette loi rapidement pour assurer la tenue des élections provinciales, en octobre prochain.  Par ailleurs, il a fait part de sa préoccupation quant à l’impasse dans laquelle se trouve le processus de révision de la Constitution iraquienne ainsi que face aux problèmes liés à l’adoption d’une loi sur les hydrocarbures.  Il a estimé que les revenus pétroliers devraient être gérés efficacement et de manière responsable, dans l’intérêt de tous les Iraquiens.  Soulignant l’importance de la coopération régionale pour la stabilisation et la prospérité de l’Iraq, le représentant a salué le rétablissement de représentations diplomatiques par un certain nombre de pays à Bagdad et la tenue de conférences concernant l’Iraq, au cours de ces derniers mois.  

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a noté avec satisfaction les progrès réalisés en matière de sécurité dans certains gouvernorats iraquiens.  Mais, a-t-il tempéré, il est encore trop tôt pour parler du caractère irréversible de cette tendance.  Le représentant a en effet relevé la poursuite des combats et des attaques dans différentes régions du pays.  Il a salué la volonté du Gouvernement iraquien de renforcer le dialogue politique et la réconciliation nationale, en soulignant qu’il est important d’adopter les lois sur les élections et les hydrocarbures car elles sont indispensables à la stabilité politique et économique du pays.  La question de l’unité et de l’intégrité territoriale est une priorité, et, à cet égard, les élections locales seront déterminantes.  Elles doivent, a insisté le représentant, se dérouler dans la transparence et leurs résultats doivent pouvoir être acceptés par tous les Iraquiens.  Le représentant s’est par ailleurs félicité de la nouvelle attitude des pays voisins de l’Iraq et des processus d’annulation de la dette consentie par certains pays.  Il a salué l’intention de fixer un calendrier pour la Force multinationale, en mettant en garde contre tout accord qui compromettrait la souveraineté de l’Iraq et provoquerait un nouveau schisme dans la société.  Il a dit partager les préoccupations face aux violations des droits de l’homme en Iraq.  C’est pourquoi, il a encouragé la Mission à continuer de travailler avec le Gouvernement iraquien, en la matière, en jugeant indispensable que les rapports contiennent des statistiques sur les victimes parmi la population civile.  Le représentant a en effet dénoncé l’usage disproportionné de la force, en se disant préoccupé par les activités des sociétés de sécurité et des mercenaires.  Il a félicité l’Iraq pour avoir signé le Protocole facultatif à la Convention des droits de l’enfant sur l’interdiction de l’enrôlement obligatoire ou forcé des enfants dans les forces armées. 

M. ALDO MANTOVANI (Italie) a salué l’amélioration de la situation en matière de sécurité en Iraq, soulignant particulièrement les efforts des Forces de sécurité et des autorités iraquiennes dans le cadre d’une autonomie croissante et d’une appropriation par ces autorités.  Il a espéré que le transfert des responsabilités en matière de sécurité à l’Iraq se fera bientôt dans tout le pays, comme c’est déjà le cas dans 10 des 18 provinces.  Il a affirmé que les progrès accomplis sur les plans politique et de la sécurité devraient être maintenus par le biais du dialogue politique et de la réconciliation nationale.  Le représentant s’est félicité des efforts entrepris pour régler la situation à Kirkouk et prévenir ses conséquences négatives graves.  Il a pleinement appuyé l’initiative des Nations Unies pour une solution politique graduelle, dont la première étape serait une réforme administrative des zones les moins difficiles.  Il a aussi exhorté les forces politiques iraquiennes à trouver un accord sur la loi électorale afin d’organiser des élections provinciales, cette année.  Soulignant l’attention qu’il faut accorder à la question des réfugiés et des personnes déplacées, il a salué les ressources que le Gouvernement a décidé d’allouer pour améliorer leurs conditions de vie et faciliter leur retour et leur réinsertion.  Soulignant le rôle central des Nations Unies en Iraq, le représentant a déclaré que sa délégation se réjouissait d’être coauteur du projet de résolution visant à renouveler le mandat de la MANUI. 

M. MARTY NATALEGAWA (Indonésie) a estimé que l’amélioration de la situation en matière de sécurité, observée au cours de ces trois derniers mois, donnait au peuple iraquien une chance de parvenir à la paix, la stabilité et la prospérité.  Malgré ces développements positifs, il s’est inquiété de la persistance de la violence illustrée par les récents attentats de Kirkouk et de Bagdad qui ont coûté la vie à de nombreux civils.  Il a fait siennes les inquiétudes du Secrétaire général concernant l’impact psychosocial de la violence sur des millions d’enfants iraquiens.  Il a souligné l’importance de la réunion de réconciliation qui s’était tenue à Helsinki le 29 avril dernier et à laquelle ont participé 30 représentants des principaux partis politiques et groupes ethniques iraquiens.  Le représentant a salué les récentes avancées visant à renforcer l’unité du Gouvernement et leur impact positif sur l’unité du peuple iraquien.  Il a estimé que les prochaines élections provinciales seront une étape importante du renforcement du processus démocratique.  Il a noté les défis auxquels fait face le Gouvernement iraquien pour élaborer une loi électorale et réviser la Constitution.  Il a souligné l’importance de la troisième Conférence ministérielle élargie des pays voisins de l’Iraq, au Koweït, le 22 avril 2008, et de la Conférence annuelle d’examen du Pacte international pour l’Iraq à Stockholm, le 29 mai 2008.  Il a mis l’accent sur le rôle de la MANUI pour appuyer le secrétariat à Bagdad du Pacte international pour l’Iraq, l’assistance au processus électoral au niveau provincial, le soutien aux efforts de réconciliation et le règlement de la question des frontières internes. 

M. ALFREDO SUESCUM (Panama) a noté avec enthousiasme que l’évolution de la situation en Iraq contient des éléments positifs en matière de sécurité, malgré les récents attentats.  Il a aussi souligné le retour au Gouvernement de groupes politiques importants, tout en appelant le Conseil à bien réaliser que la situation reste critique.  Il a salué le travail important de la MANUI dans le domaine électoral, en arguant qu’un Iraq en paix nécessite aussi l’adoption de la loi sur les hydrocarbures et la définition des frontières intérieures.  Le représentant a noté avec satisfaction les engagements pris lors de la Conférence annuelle d’examen du Pacte international pour l’Iraq et la nouvelle attitude des pays voisins.  Il a particulièrement salué le geste des Émirats arabes unis qui ont annulé la dette iraquienne.  Il a exhorté la Mission et le Gouvernement iraquien à renforcer leur réponse aux besoins des groupes de la population les plus vulnérables, comme les personnes déplacées et les réfugiés.  Il a conclu en prenant note avec préoccupation de la situation des droits de l’homme.  Le Conseil doit accorder davantage d’attention au rapport élaboré par le Bureau des droits de l’homme de la Mission, a-t-il dit, en dénonçant la situation des enfants, l’usage disproportionné de la force et les conditions de détention.  Il a lancé un appel à l’Iraq pour qu’il renforce le système de protection et d’information des droits de l’homme. 

M. JEAN-PIERRE LACROIX (France) a noté avec satisfaction les progrès continus réalisés en Iraq en matière sécuritaire.  Il a également salué le transfert de responsabilités accru aux Forces iraquiennes et les efforts faits par le Gouvernement iraquien.  Il a estimé que la question du désarmement des milices était un objectif important pour permettre la pleine et entière restauration des compétences étatiques en matière de sécurité et de maintien de l’ordre.  Il a affirmé qu’il était désormais nécessaire que ces premiers progrès soient confortés par des réponses aux défis persistants auxquels le peuple iraquien reste confronté et a indiqué que la MANUI avait un rôle important à jouer dans ce sens.  Le représentant a souligné que le processus de réconciliation nationale et de révision constitutionnelle doit être inclusif et suppose la coopération de tous les responsables politiques.  Il a souhaité que la MANUI poursuive son travail de conseil et d’appui au Gouvernement iraquien pour la conduite des réformes politiques et l’organisation des élections.  Jugeant la situation humanitaire préoccupante, le représentant a demandé que le Gouvernement iraquien poursuive son engagement en vue du retour des réfugiés et des personnes déplacées.  Il a aussi encouragé l’engagement pris par le Gouvernement pour le renforcement de l’état de droit et la promotion des droits de l’homme, à la Conférence de Stockholm.  Il a appuyé les efforts du Gouvernement, ainsi que le travail de la MANUI, en faveur de la reconstruction du pays.  Au plan régional, le représentant s’est réjoui de l’implication des États voisins dans le processus relancé à Charm el-Cheikh.  Réitérant son plein soutien à la MANUI, il a souhaité que son mandat soit renouvelé pour un an.  Il a souligné qu’il était nécessaire, compte tenu de l’éventualité du non-renouvellement du mandat de la Force multinationale à la fin de l’année, que tous les acteurs concernés prévoient et prennent des mesures nécessaires pour préserver le niveau de sécurité opportun au bon fonctionnement de la Mission.

Mme BONGIWE QWABE (Afrique du Sud) a, à son tour, dénoncé le niveau élevé de violence qui continue de prévaloir en Iraq ainsi que le nombre de morts parmi les civils.  Elle a aussi dénoncé les violations des droits de l’homme des civils et des détenus, avant de s’attarder sur la situation humanitaire difficile, en particulier celle des réfugiés et des personnes déplacées.  La représentante a pointé le doigt sur les retards enregistrés dans l’adoption des lois sur les élections et les hydrocarbures qui sont essentielles à une représentation équitable et à une répartition juste des ressources naturelles.  Saluant les efforts de la MANUI, la représentante a cependant fait remarquer que l’exécution du mandat de la Mission dépendait de la sécurité de son personnel qui est une question prioritaire.  Elle a souligné, à cet égard, l’importance du dialogue politique et de la réconciliation nationale.  Le temps est précieux et l’Iraq ne peut plus se permettre de reporter la recherche de solutions politiques viables. 

M. PAUL ROBERT TIENDREBEOGO (Burkina Faso) s’est félicité de la collaboration des collectivités locales en matière de prévention de la violence et de la poursuite du renforcement des capacités des Forces de sécurité, ce qui a permis le succès des opérations de pacification récemment menées à Bassorah, Amara, Missan et Mossoul.  Il a salué la qualité du dialogue politique entre les parties iraquiennes facilité par les réunions d’Helsinki et de Bagdad qui avaient eu lieu respectivement le 29 avril et 5 juillet 2008, en les invitant à élargir ce processus et à respecter les décisions qui en seront issues.  Il a dit que le retour au gouvernement du parti Tawafuq et de la United Iraqi Alliance Shiite (Alliance chiite iraquienne unie) illustrait des avancées notables sur le plan politique.  Il a estimé qu’il convenait de lever des hypothèques des désaccords portant sur le processus de révision constitutionnelle et sur le projet de loi électorale, pour ouvrir la voie à des élections provinciales crédibles. 

Le représentant a salué les efforts du Représentant spécial de la MANUI dans la recherche d’une solution à la question des frontières intérieures et en matière d’assistance électorale.  Il s’est réjoui de la réduction considérable du nombre d’attaques contre la zone internationale, en encourageant toutes les parties iraquiennes à collaborer avec la Mission.  Il a estimé que la situation en Iraq demeure toujours préoccupante dans le domaine des droits de l’homme et de la situation humanitaire.  C’est pourquoi, il a exhorté le Gouvernement iraquien et toutes les parties concernées à prendre des dispositions efficaces pour garantir le respect des droits de l’homme, lutter contre l’impunité et améliorer la situation humanitaire d’ensemble.  Il a estimé que la communauté internationale avait un devoir de solidarité envers le peuple iraquien.  C’est dans ce contexte que sa délégation appuie le renouvellement des mandats de la MANUI et de la Force multinationale, a-t-il indiqué avant de conclure. 

M. GIADALLA A. ETTALHI (Jamahiriya arabe libyenne) s’est félicité de l’amélioration en matière de sécurité de l’évolution politique positive en Iraq, citant notamment le retour au sein du Gouvernement du parti sunnite Tawafuq.  Il a toutefois averti que la stabilité et la sécurité dépendaient de la réconciliation nationale et de la conviction de la part de toutes les parties qu’il existe une possibilité de participer aux prises de décisions dans le pays.  Il a estimé que le rapport du Secrétaire général citait un certain nombre de préoccupations.  L’augmentation du niveau de la violence et les opérations menées par les Forces de sécurité iraquiennes et les soldats de la Force multinationale causaient beaucoup de victimes parmi les civils.  Il a dit que 21 000 personnes étaient détenues par la Force multinationale et que 1 500 enfants étaient détenus après avoir été soupçonnés d’être associés à des groupes armés.  Préoccupé par la situation humanitaire grave qui sévit dans le pays, le représentant libyen a particulièrement insisté sur la question des réfugiés et des personnes déplacées.  Il a notamment affirmé que le nombre de retours était faible et que cela démontrait le manque d’efforts véritables pour créer les conditions favorables au retour des personnes réfugiées ou déplacées.  Il a aussi exprimé sa préoccupation concernant la promulgation de la loi et la situation à Kirkouk.  Le représentant a salué les efforts déployés par la MANUI et d’autres instances des Nations Unies pour appuyer les mesures prises par l’Iraq. 

M. JAN GRAULS (Belgique) a réaffirmé le soutien de la Belgique au mandat étendu donné à la Mission d’assistance des Nations Unies en Iraq, un an après l’adoption de la résolution 1770.  Il a salué le souhait des autorités iraquiennes de voir prolonger le mandat de la MANUI, dans un contexte marqué par des développements positifs en matière de sécurité, de réconciliation nationale, de dialogue régional et d’une prise de responsabilité accrue des autorités iraquiennes.  Tout en se félicitant de l’implication accrue des diverses composantes de la société iraquienne, il s’est inquiété de la lenteur des progrès en matière de révision constitutionnelle et dans le domaine des frontières internes, ainsi que des difficultés persistantes des Iraquiens à trouver un accord global sur le partage du pouvoir et la répartition des richesses.  Le représentant s’est félicité de la disponibilité répétée de la MANUI en matière d’aide technique et de médiation.  Il a fait sien l’appel du Secrétaire général pour l’adoption d’une loi électorale permettant l’organisation des élections provinciales qui, a-t-il dit, doivent permettre encore d’améliorer l’inclusivité et la légitimité du débat politique iraquien.  Dans le domaine de l’État de droit, il a accueilli positivement les évaluations du Secrétaire général et de l’Ambassadeur américain, M. Zalmay Khalilzad, sur les capacités et le degré d’autonomie accrus des Forces de sécurité iraquiennes.  Le représentant de la Belgique a cependant estimé que les attentats de ces dernières semaines à Kirkouk et à Bagdad devraient sensibiliser les acteurs concernés à poursuivre leurs efforts pour garantir le respect des principes de base de l’État de droit, particulièrement la protection des civils, mais aussi le respect de leurs droits fondamentaux, y compris en détention. 

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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