LA DIRECTION EXÉCUTIVE DU COMITÉ CONTRE LE TERRORISME IDENTIFIE COMME PRIORITÉS LA COHÉRENCE, L’ASSISTANCE TECHNIQUE ET LA COMMUNICATION

19 mars 2008
CS/9279

LA DIRECTION EXÉCUTIVE DU COMITÉ CONTRE LE TERRORISME IDENTIFIE COMME PRIORITÉS LA COHÉRENCE, L’ASSISTANCE TECHNIQUE ET LA COMMUNICATION

19/03/08
Conseil de sécurité
CS/9279
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

5855e séance – matin

LA DIRECTION EXÉCUTIVE DU COMITÉ CONTRE LE TERRORISME IDENTIFIE COMME PRIORITÉS LA COHÉRENCE, L’ASSISTANCE TECHNIQUE ET LA COMMUNICATION

La cohérence des jugements, la facilitation de l’assistance technique et l’amélioration de la communication avec les États Membres sont les trois axes autour desquels s’articulera désormais le travail de la Direction exécutive du Comité créé en vertu de la résolution 1373 sur la lutte contre le terrorisme.

À la veille de la prorogation, pour une nouvelle période de deux ans, du mandat de la Direction exécutive, son Chef, Mike Smith, a présenté aujourd’hui au Conseil de sécurité les grandes lignes révisées du plan d’organisation et de la structure opérationnelle, dont se sont félicitées les 28 délégations qui ont pris part au débat.

Dans le souci de renforcer la cohérence et l’unité de vues de tous les documents établis à l’intention du Comité créé en vertu de la résolution 1373, le Directeur exécutif a proposé, entre autres, de créer un « groupe de contrôle de la qualité » chargé d’examiner tous les documents avant leur publication.  De nombreuses délégations l’ont appelé à respecter strictement en la matière les principes d’objectivité, d’impartialité et de transparence.

Le Directeur exécutif a également proposé que la gestion des visites effectuées dans les États Membres soit assouplie afin de permettre des déplacements personnalisés et ciblés dans ces pays.  Cette plus grande souplesse donnerait lieu, selon lui, à une rationalisation du travail qui permettra de se concentrer sur les questions intéressant tout particulièrement le Comité et le pays concerné.

Si toutes les délégations se sont félicitées de l’introduction de cette souplesse, le représentant de l’Afrique du Sud a néanmoins dit craindre que l’accent mis sur les visites dans les pays en développement ne donne la « fausse » impression que toutes les lacunes existant dans la mise en œuvre de la résolution 1373 seraient imputables à cette catégorie de pays.

La Direction exécutive du Comité contre le terrorisme a déjà apporté quelques innovations à son travail; celles-ci ont été saluées par les délégations.  Elles ont voulu que l’élaboration de l’évaluation préliminaire de mise en œuvre de la résolution 1373 donne lieu à des actions concrètes.  Elles ont aussi salué la mise au point d’une stratégie globale visant à établir des relations avec les donateurs et à rapprocher leurs compétences des besoins des pays bénéficiaires d’une aide technique en matière de lutte contre le terrorisme. 

L’importance ainsi reconnue d’une assistance technique ciblée et adaptée aux besoins des pays, a réjoui des délégations, comme celle du Burkina Faso.  Une mise en garde a néanmoins été lancée par d’autres délégations qui ont exhorté la Direction exécutive à ne pas perpétuer la pratique selon laquelle les donateurs pourraient tout dicter aux bénéficiaires de l’aide.

Ce sont les États qui ont la responsabilité première de la mise en œuvre de la résolution 1373, et en toute chose, il faut respecter leurs choix stratégiques, ont tenu à souligner d’autres délégations, dont celle de la Chine, qui ont multiplié les appels à une collaboration plus effective entre la Direction exécutive et les Comités créés en vertu des résolutions 1267, concernant Al-Qaïda et les Taliban, et 1540, relative à l’accès d’individus ou entités terroristes à la technologie nucléaire.

Le représentant de l’Afrique du Sud est même allé plus loin en invitant le Conseil à envisager la fusion des trois mandats donnés aux Comités pour, a-t-il dit, réduire les doubles emplois; prévenir le gaspillage des ressources, et dissiper la confusion qui s’empare parfois des États Membres.

Les délégations se sont aussi félicitées de la volonté du Directeur exécutif de participer activement à la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale, adoptée par l’Assemblée générale en 2006, voyant là un moyen de resserrer les liens de travail entre le Conseil et l’Assemblée dans la lutte contre un fléau qui touche tous les États Membres de l’ONU.

Six ans après l’adoption de la résolution 1373, survenue au lendemain des attaques terroristes du 11 septembre 2001 à New York, à Washington D.C. et en Pennsylvanie, la nécessité aujourd’hui est moins de s’assurer que les pays ont bien compris la gravité des défis, que de leur garantir les capacités et l’expertise de mettre en œuvre les dispositions de la résolution, a commenté le Directeur exécutif du Comité contre le terrorisme avant que plusieurs délégations ne soulignent que cette mise en œuvre doit se faire « dans le strict respect des droits de l’homme, du droit des réfugiés et du droit humanitaire international ».

MENACES CONTRE LA PAIX ET LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES RÉSULTANT D’ACTES DE TERRORISME

Déclarations

M. MIKE SMITH, Directeur exécutif de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme, a rappelé que le 10 décembre 2007, le Conseil de sécurité avait adopté la résolution 1787 prorogeant le mandat du Comité jusqu’au 31 mars et demandant à ce Comité de recommander des modifications au plan organisationnel de la Direction exécutive.  Il a indiqué qu’une telle révision du plan organisationnel avait été présentée le 28 janvier dernier au Comité et avait été transmise au Conseil de sécurité.

M. Smith a estimé que les dispositions de la résolution 1373, adoptée en 2001, et deux semaines après les attaques contre les tours du World Trade Center, restaient toujours aussi pertinentes aujourd’hui.  Toutefois, il a noté que des progrès considérables avaient été accomplis, la plupart des pays du monde ayant criminalisé le terrorisme.  Les conventions et protocoles antiterrorisme ont  bénéficié de nombreuses nouvelles ratifications, et le niveau d’échanges d’information et de coopération au niveau mondial est à ce jour sans précédent, a indiqué M. Smith.

La nécessité aujourd’hui n’est pas seulement de s’assurer que les pays comprennent la menace du terrorisme, mais plutôt de garantir qu’ils aient la capacité et l’expertise pour mettre en œuvre les dispositions de la résolution 1373, a-t-il fait valoir.  Il a affirmé que le Comité se penchait maintenant sur l’évaluation des accords sur le contrôle des frontières, des mécanismes de coordination permettant une meilleure lutte contre le terrorisme, et des capacités d’application des lois qu’adoptent les pays.  M. Smith a indiqué que ceci a permis au Comité de se rendre compte des obstacles que posent les questions liées aux capacités, aux ressources et aux infrastructures dans la mise en œuvre de la résolution 1373.  Il a souligné que le plan d’organisation révisé avait pris en compte ces éléments et se basait sur trois priorités: la consistance et la cohérence des jugements que porte le Comité sur les différentes régions et les pays, ceci étant crucial pour sa crédibilité, la facilitation de l’assistance technique pour trouver des solutions aux vulnérabilités identifiées et la communication, afin d’expliquer le travail du Comité aux États Membres et leur apporter une aide compréhensible dans les efforts antiterroristes qu’ils mènent.

Le Directeur exécutif a précisé que le Comité avait établi cinq groupes techniques, au sein du Bureau de l’évaluation et de l’assistance technique, dans les domaines suivants: l’assistance technique, le financement du terrorisme, le contrôle des frontières, le trafic d’armes et l’application des lois, les questions légales d’ensemble et les questions soulevées par la résolution 1624 ainsi que les aspects des droits de l’homme dont il faut tenir compte dans les actions de contre-terrorisme.  Il a aussi indiqué que deux unités avaient été créées dont l’une est chargée de traiter de la qualité des documents provenant de la Direction exécutive du Comité, tandis que l’autre est en charge du développement de stratégies de communication.

S’agissant des méthodes de travail, M. Smith a déclaré que le nouveau plan d’organisation mettait en avant de nombreuses propositions, dont une approche plus flexible concernant les visites faites dans les pays, un engagement plus complet avec les donateurs, ou encore, une implication plus importante du Comité dans la tâche accomplie par le Groupe de travail pour la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale.  Enfin, il a aussi dit que le Comité souhaitait renforcer sa coopération avec les experts des comités du Conseil de sécurité établis conformément aux résolutions 1267 et 1540.

M. Smith a conclu son intervention en estimant que les attentats d’Alger contre des locaux des Nations Unies rappelaient que, malgré les efforts positifs effectués collectivement, le terrorisme continuait à représenter une menace pour tous.  Cette menace continue d’évoluer et de se manifester par de nouvelles voies dangereuses.  Il a affirmé que les États Membres devaient faire plus pour faire face à ce fléau et que les Nations Unies devaient mieux les assister dans cette démarche.  Il a espéré que les propositions du plan d’organisation révisé du Comité permettraient d’apporter une contribution appropriée aux efforts collectifs déployés dans ce sens.

M. JOHN SAWERS (Royaume-Uni) a estimé que l’ONU et le Conseil ont un rôle important à jouer contre le terrorisme qui est toujours à l’œuvre dans beaucoup d’États Membres.  Nous devons réussir dans notre effort conjoint pour arrêter les criminels.  Cet effort doit être multidimensionnel et ciblé sur des interventions qui fassent la différence.  Il faut, a encore dit le représentant, renforcer les capacités et accroître en particulier celle des pays dans les enquêtes, la lutte contre le financement du terrorisme ou encore le contrôle des frontières.  Appuyant les propos du Directeur de la Direction exécutive, le représentant s’est félicité de ce que le travail avec les donateurs se renforce.  Il faut, a-t-il ajouté, travailler davantage avec le Comité créé en vertu de la résolution 1267 et tenir compte des engagements pris par son Groupe de travail.  Les menaces sont là, a dit le représentant, en citant la radicalisation et la naissance de nouveaux mouvements.  Nous attendons le rapport du Comité contre le terrorisme concernant la façon dont les États honorent leurs obligations, a-t-il dit, en jugeant qu’il sera alors possible d’avoir un tableau global permettant d’affiner les mesures.

M. MICHEL KAFANDO (Burkina Faso) s’est félicité que l’assistance technique adaptée aux besoins des pays ait été considérée comme une priorité tant il est vrai que la lutte contre le terrorisme dépend de la solidarité et la coopération internationales.  Les visites dans les États Membres doivent être plus souples, plus légères et centrées sur les principales préoccupations des pays visités.  Le représentant a rappelé que le Comité contre le terrorisme et sa Direction exécutive ont besoin d’avoir une plus grande interaction avec les États Membres.  Cela est d’autant plus indispensable que seuls des efforts collectifs et concertés sont à même d’éradiquer la menace terroriste.  La nécessité d’une plus grande coordination est une préoccupation constante de la communauté internationale, a-t-il souligné.  Tout en encourageant les initiatives de collaboration et d’échanges d’informations entre les trois Comités du Conseil de sécurité, il s’est dit convaincu que les actions du Conseil, qui doivent être plus transparentes, doivent se coupler à celles de l’Assemblée générale pour assurer une plus grande implication des États Membres.  L’ONU ne peut continuer à demander l’implication de tous, tout en menant elle-même des actions disparates, a-t-il estimé.  Les Nations Unies doivent aussi coopérer avec les organisations régionales et sous-régionales qui ont une meilleure connaissance des facteurs régionaux et sous-régionaux, lesquels doivent dûment être pris en compte.  Le représentant a conclu en se disant favorable au renouvellement du mandat de la Direction exécutive contre le terrorisme tout en insistant sur l’importance qu’il y a à respecter les droits de l’homme.

M. JEAN-MAURICE RIPERT (France) a exprimé son appréciation pour les efforts du Directeur de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme, réaffirmant le plein soutien de sa délégation à sa mission.  La France, a-t-il assuré, appuie les propositions mises en avant par ce dernier.  Soulignant l’importance de la Direction exécutive du Comité, il a rappelé que celle-ci avait un mandat original et ambitieux visant à élever les dispositifs de contre-terrorisme des États Membres.  Dans ce cadre, le représentant a estimé que les visites sur le terrain étaient essentielles pour le dialogue avec les États, l’évaluation de la performance mais aussi des besoins.  Convaincu que ces visites commençaient à porter leurs fruits, il a souligné la nécessité de les préparer avec le plus grand soin, en prenant en compte les spécificités à chaque pays visité, mais également les possibilités offertes par les organisations régionales.  Par ailleurs, le représentant a constaté que la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme s’était engagée dans un vaste travail d’évaluation de la mise en œuvre de la résolution 1373, afin notamment d’émettre des recommandations au Conseil de sécurité.  Il a ainsi fait part de l’attachement de son pays à voir la finalisation rapide de ce processus.  S’agissant de l’assistance technique, M. Ripert a indiqué que la Direction exécutive devait améliorer ses outils et ses méthodes, afin de les orienter vers les donateurs et les États récipiendaires.  Avec les partenaires de l’Union européenne, nous la soutiendrons dans cette démarche, a-t-il déclaré.  La Direction exécutive, a-t-il insisté, devrait prendre toute sa place dans les actions des Nations Unies pour rendre plus cohérente et rationaliser la lutte contre le terrorisme, notamment en prenant part à la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale.  Enfin, il a souligné que des efforts devraient être faits en matière de communication.  C’est une des conditions de l’appropriation par tous de la lutte contre le terrorisme, a-t-il noté, en se félicitant que la Direction exécutive ait mis en avant son intention de suivre cette voie.

M. NEVEN JURICA (Croatie) a salué les efforts déployés dans la lutte mondiale contre le terrorisme.  Rappelant que son pays a eu le privilège de présider le Comité contre le terrorisme, il a jugé que la Direction exécutive joue un rôle capital pour aider le Comité à remplir son mandat.  Le Comité, a-t-il estimé, doit mettre au point les mécanismes d’évaluation de l’action des États Membres.  Le représentant s’est félicité des mesures prises pour engager les donateurs et identifier avec précision les besoins des États Membres.  Il faut renforcer l’assistance technique, a-t-il plaidé, avant de soutenir une plus grande coopération avec les organisations internationales, régionales et sous-régionales mais aussi le partage d’expérience avec les différents spécialistes de la question.  La Croatie, a-t-il rappelé, participe à différents arrangements relatifs à la lutte contre le terrorisme et dans cette lutte, la responsabilité du Conseil est aussi d’expliquer les idées et les valeurs qui doivent être défendues et les résultats qui ont été obtenus à ce jour.

M. JOHAN VERBEKE (Belgique) a déclaré que dans un contexte où la violence peut frapper de façon aveugle partout et à tout moment, l’action concertée de la communauté internationale contre le terrorisme était primordiale.  Réitérant le soutien de la délégation belge à la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme, il s’est félicité des orientations prises en faveur de l’établissement d’une structure chargée de concevoir et mener une stratégie de communication plus proactive et un dialogue plus fréquent avec l’ensemble des États Membres.  M. Verbeke a indiqué que la mise en œuvre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité relatives au terrorisme exigeait des États une plus grande détermination, des moyens et de l’expertise.  Il a donc insisté sur l’importance de renforcer le rôle du Comité comme facilitateur pour la fourniture d’assistance technique.  M. Verbeke a par ailleurs estimé que la cohérence, la coordination et la complémentarité dans l’action menée par les différents organes des Nations Unies étaient la garantie d’une efficacité démultipliée.  Il s’est à ce titre félicité du renforcement de la coopération entre les Comités du Conseil de sécurité qui traitent de la lutte contre le terrorisme et de l’engagement accru du Comité contre le terrorisme au sein de la « Task Force » établie dans le cadre de la Stratégie antiterroriste mondiale.  Par ailleurs, il a souligné l’importance de la légitimité, du respect de l’état de droit et des droits fondamentaux dans la lutte contre le terrorisme.  M. Verbeke s’est ainsi réjoui de l’intégration plus systématique de ces principes dans le travail du Comité.  Il a enfin noté que l’adoption, demain, d’une résolution pour renouveler le mandat du Comité devait prendre en compte ces éléments afin de renforcer et de diversifier les capacités de la Direction exécutive.

M. ALEJANDRO WOLFF (États-Unis) a appuyé les recommandations énoncées par le Directeur de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme.  Le plan d’organisation proposé, a-t-il estimé, présente clairement les priorités.  Ce plan est ambitieux mais réaliste, a-t-il commenté.  La lutte contre le terrorisme est un effort commun, a estimé M. Wolff.  En dehors de l’accent mis sur l’assistance technique, le représentant s’est félicité que le Directeur exécutif ait insisté sur la cohérence des actions à mener et la communication transversale à promouvoir pour une meilleure lutte contre le fléau du terrorisme.  Il a espéré que le renforcement du mandat du Comité à travers son nouveau plan d’organisation représentera un nouveau départ qui doit avoir pour base les acquis obtenus à ce jour.

M. MARCELLO SPATAFORA(Italie) a affirmé que les propositions avancées par la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme indiquaient clairement la voie à suivre.  Il a rappelé que ce Comité jouait un rôle central dans la lutte antiterroriste et dans la mise en œuvre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  Pour de nombreux États, la mise en œuvre de la résolution 1373 est une tâche immense, a-t-il précisé, soulignant que la communauté des donateurs et la communauté internationale devaient coopérer de manière efficace pour faciliter son application.  Le représentant a estimé que le Comité devait continuer à suivre et évaluer la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité et améliorer le rôle qu’il joue en ce qui concerne l’assistance technique à pourvoir aux États.  Le Directeur exécutif du Comité, M. Smith, a déjà entrepris une action importante pour renforcer la capacité du Comité dans ce sens, a constaté le représentant.  Appuyant le plan d’organisation révisé de la Direction exécutive, il a encouragé M. Smith à garder ce cap et à dialoguer avec tous les acteurs.  Le représentant de l’Italie a souligné qu’il fallait établir un esprit de coopération entre le Comité et tous les États Membres de l’Organisation tout en indiquant que le Comité devait réviser ses méthodes de travail.  Il a d’autre part mis en avant la nécessité, pour les différents comités du Conseil de sécurité, de coopérer les uns avec les autres.  Il a, à cet égard, affirmé attendre les directives du Conseil et a indiqué que l’Italie souhaitait envisager la création d’une structure d’appui unique remplaçant les trois comités créés par le Conseil.  Cela permettrait d’avoir une approche globale, surtout en ce qui concerne le dialogue avec les États Membres, a-t-il ajouté.  Enfin, il a indiqué que la Stratégie antiterroriste mondiale appelait au lancement d’actions cohérentes et a déclaré que le Comité devait respecter son mandat tout en saisissant les occasions de travailler main dans la main avec l’instance chargée du suivi de la mise en œuvre de la Stratégie.

M. LIU ZHENMIN (Chine) a déclaré que la question de la lutte contre le terrorisme était un point « essentiel » de l’agenda international.  Il a estimé qu’en la matière l’ONU joue un rôle central.  Il a émis l’espoir que les agences du système de l’ONU mettent en œuvre de façon équilibrée les quatre piliers de la Stratégie antiterroriste mondiale en tenant compte des préoccupations des différents pays.  Les mesures globales doivent tenir compte des différentes manifestations et des causes profondes du terrorisme, a recommandé M. Wang Guangya.  Le représentant s’est élevé contre les tentatives de lier le phénomène du terrorisme à une région spécifique ou à un groupe ethnique quelconque.  À l’heure actuelle, les actes terroristes ont lieu de manière de plus en plus fréquente à travers le monde, ce qui prouve la nécessité pour l’ONU et le Conseil de continuer de renforcer leur lutte contre ce phénomène.  Le représentant a salué le plan de travail de la Direction exécutive et a espéré qu’il permettra de renforcer l’interaction de cet organe avec les États Membres afin d’accroître la transparence de ses travaux.  La Chine espère aussi, a-t-il dit, que la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme respectera les principes de la transparence et de la cohérence.  Comme ce sont les États Membres eux-mêmes qui ont la responsabilité de mettre en œuvre les résolutions pertinentes, le Comité et la Direction, a insisté le représentant, doivent accorder davantage d’importance aux choix des États et à leurs méthodes de mise en œuvre.  Le Comité doit se montrer juste et impartial, et doit concevoir ses modes d’assistance technique sur les besoins et les désirs exprimés par les États Membres, a conclu le représentant.

M. MARTY NATALEGAWA (Indonésie) a estimé que la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme devrait garantir que l’aide technique qui vise à accroître les capacités nationales des États à lutter contre le terrorisme repose sur leur besoins spécifiques.  Il a estimé que sur le front de la coopération entre États, la Direction exécutive du Comité devrait élaborer de nouveaux mécanismes et pratiques en vue de renforcer une telle coopération.  Nous sommes également en faveur d’un système plus flexible afin de permettre des visites de pays plus ciblées dans toutes les régions.  Il est important, dans ce contexte, que la Direction exécutive continue de fournir des conseils au Comité contre le terrorisme sur des questions juridiques, notamment en rapport avec la mise en œuvre des résolutions 1373 et 1624.  Le représentant a estimé nécessaire de fournir une image plus juste lors de la finalisation de l’évaluation globale de la mise en œuvre de la résolution 1373 et a réitéré que la Direction exécutive devrait garantir des méthodes de travail qui soient efficaces.  Enfin, le représentant a insisté pour dire que la mise en œuvre des résolutions 1373 et 1624 devrait compléter les efforts nationaux et régionaux de lutte contre le terrorisme.

M. DUMISANI SHADRACK KUMALO (Afrique du Sud) s’est félicité du caractère ambitieux du plan d’organisation de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme.  Il a estimé que la Direction exécutive doit adopter une approche plus ciblée pour l’évaluation de la mise en œuvre de la résolution 1373.  Cette approche, a-t-il insisté, doit s’aligner sur les spécificités et les capacités des différents pays.  Le représentant s’est en outre dit préoccupé par l’accent mis par le Comité sur les visites dans les pays en développement.  Il a argué que cette démarche renforce l’impression selon laquelle les lacunes existant dans la mise en œuvre de la résolution 1373 ne seraient imputables qu’à ces pays, ce qui, dans les faits, est totalement faux.  La facilitation de l’assistance technique doit être un élément clef du mandat de la Direction exécutive, a dit M. Kumalo avant de se féliciter de l’intention exprimée par la Direction exécutive de faire correspondre l’assistance des donateurs aux besoins des États et vice-versa.  Il a néanmoins mis en garde la Direction exécutive contre le piège qui consisterait à perpétuer la pratique dans laquelle les donateurs dictent les mesures à prendre à des pays en développement auxquels on ne donne qu’un rôle passif dans l’identification de leurs besoins et dans celle des paramètres de l’assistance technique.  Qualifiant de « nécessité absolue » la coopération avec les organisations régionales, le représentant de l’Afrique du Sud s’est félicité de l’intention de la Direction exécutive de participer activement à la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale, fruit de l’effort collectif de tous les États Membres de l’ONU.  Le représentant a conclu en appelant la Direction exécutive à faire une priorité de la coordination avec les autres Comités pertinents du Conseil.  Il a d’ailleurs appelé le Conseil à envisager une fusion des mandats de ces Comités.  Les mandats distincts, s’est-il expliqué, ne peuvent que perpétuer les doubles emplois, le gaspillage des ressources, et la confusion parmi les États Membres.

M. LE LUONG MINH (Viet Nam) a estimé que le terrorisme continuait à représenter une des plus grandes menaces à la paix et à la sécurité mondiales.  Il a estimé que la lutte contre le terrorisme devrait être renforcée de manière globale et équilibrée, conformément au droit international, en particulier en ce qui concerne la souveraineté nationale, l’intégrité territoriale et la non-ingérence dans les affaires internes.  Il a fait remarquer que des phénomènes tels que les inégalités politiques, sociales ou économiques, la sélectivité ou l’usage de la force dans les relations internationales, créaient les conditions favorables à la propagation du terrorisme auxquelles il faudrait répondre. Il rappelé que le Comité contre le terrorisme avait effectué une visite au Viet Nam en août dernier et avait eu des discussions constructives avec les agences antiterroristes du pays.  Le représentant a réaffirmé l’engagement de son pays à poursuivre sa coopération avec le Comité contre le terrorisme.  Il a reconnu le rôle crucial du Comité pour assurer la pleine mise en œuvre de la résolution 1373 et a déclaré que sa délégation était favorable au renouvellement de son mandat pour une période de trois ans.  Par ailleurs, il a demandé que le Comité contre le terrorisme mette l’accent sur les principes directeurs de la transparence, de la coopération et de l’égalité.  Il s’est félicité de la décision du Comité d’adopter une approche plus flexible pour les visites des pays et a insisté sur l’importance de prendre en compte les besoins spécifiques des pays.

M. RICARDO ALBERTO ARIAS (Panama) a prévenu que le succès des efforts de l’ONU dans la lutte contre le terrorisme dépend de leur acceptation par tous les États Membres.  Il s’est donc félicité des recommandations du Directeur exécutif et a jugé important que ce dernier poursuive ses consultations avec les États Membres.  Il a ainsi salué les nouvelles propositions relatives aux visites.  Soulignant que la nature même de la Stratégie antiterroriste mondiale lui permet d’examiner des questions telles que les causes du terrorisme dont le Conseil ne discute pas, le représentant a salué l’intention du Directeur exécutif de participer à la mise en œuvre de la Stratégie.  Il a conclu en estimant qu’il était pertinent de créer de nouveaux groupes thématiques et qu’il était important que les travaux de la Direction exécutive soient cohérents.  La Direction exécutive étant un organe technique, l’évaluation de ses travaux doit se fonder sur des critères tout aussi techniques et non pas politiques, a insisté le représentant.

M. JORGE URBINA ORTEGA (Costa Rica) a noté que les États devaient pouvoir acquérir des connaissances et de l’expertise pour pouvoir efficacement lutter contre le terrorisme et s’est félicité des travaux entrepris par le Comité dans ce sens.  Toutefois, il a estimé que le processus mis en place par les Nations Unies pour lutter contre le terrorisme avait besoin d’être mieux coordonné.  Celui-ci est peut-être le résultat d’une situation d’exception, et il permet de s’acquitter des tâches urgentes; mais il ne dispose pas de la cohérence nécessaire, a-t-il fait valoir.  Il a souligné qu’en 2006, par l’adoption de la Stratégie antiterroriste mondiale, les États Membres avaient mis en avant l’importance de fournir une réponse cohérente, systématique et efficace à ce fléau.  Il a déclaré que la priorité devait donc être d’institutionnaliser rapidement l’Équipe spéciale chargée de l’exécution de cette Stratégie.  Il a affirmé que pour le Costa Rica, la priorité était d’améliorer la communication et la coordination entre les comités, départements, commissions et programmes travaillant dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et de consolider les efforts entrepris jusqu’ici.  Il a appuyé le renouvellement du mandat du Comité contre le terrorisme, mais s’est dit convaincu qu’il fallait accélérer la consolidation des efforts déployés.

M. GIADALLA A. ETTALHI (Jamahiriya arabe libyenne) s’est félicité à son tour du plan d’organisation.  Les nouvelles priorités sont pertinentes, a-t-il jugé, en estimant qu’elles devraient ouvrir la voie à l’élimination des causes et des effets du terrorisme.  À cet égard, le représentant a attiré l’attention sur le travail de l’Assemblée générale qui a mis au point une Stratégie antiterroriste mondiale et qui œuvre à une définition du terrorisme permettant d’agir de façon transparente et équilibrée.  Les efforts internationaux seront plus efficaces, a-t-il dit, s’ils ne sont pas sélectifs.  On ne peut oublier les causes du terrorisme et se contenter de ne répondre qu’à ses intérêts.  Il faut de l’objectivité en la matière et reconnaître que l’occupation et l’injustice sont à l’origine du terrorisme tout comme le mépris des droits de l’homme et des droits des peuples ainsi que les politiques de deux poids deux mesures.  Le représentant a appuyé la prorogation du mandat du Comité contre le terrorisme en assurant le Conseil de la pleine coopération de son pays qui a toujours condamné sans équivoque le terrorisme dont il a lui-même été victime.

M.VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a affirmé que le Conseil de sécurité jouait un rôle important dans les efforts de lutte contre le terrorisme, insistant sur les activités du Comité contre le terrorisme qui, de l’avis de sa délégation, suscitent des attentes particulières.  Il a noté les progrès considérables dans la mise en œuvre des dispositions de la résolution 1373.  Toutefois, il a jugé qu’il serait prématuré de fixer des délais précis pour l’achèvement de ce processus.  Les résultats sont inégaux et la mise en œuvre de la résolution varie d’une région à l’autre et d’un pays à l’autre, a-t-il constaté.  Le représentant a déclaré qu’il faudrait donc fournir des efforts supplémentaires dans ce domaine et que le Comité devrait poursuivre son dialogue avec les États Membres.  Se félicitant du nouveau plan d’organisation de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme, il a estimé que cela permettrait au Comité de se concentrer plus efficacement à l’assistance technique pour mettre en œuvre la résolution 1373 et de contribuer aux travaux de l’Équipe spéciale pour l’exécution de la Stratégie antiterroriste mondiale.  Il a salué les propositions mises en avant par la Direction exécutive concernant, en particulier, les visites dans les pays, mais a aussi souhaité que le Comité achève rapidement le projet d’étude global de la résolution 1373.  Il a en effet souligné que celui-ci permettrait au Conseil de sécurité d’identifier les insuffisances de cette mise en œuvre et les mesures adéquates pour y remédier.

M. JIRO KODERA (Japon) a souligné le rôle central qui revient à la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme dans la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale.  En sa qualité de Président du G-8, le Japon, a dit le représentant, a l’intention d’inscrire à l’ordre du jour des travaux du G-8, des discussions sur la coopération avec la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme.  Il s’agit par exemple de promouvoir des discussions substantielles et d’ouvrir la voie à une assistance technique adéquate, a expliqué le représentant japonais en se félicitant de l’élaboration de l’évaluation préliminaire de la mise en œuvre de la résolution 1373.  Les réformes lancées par le Directeur exécutif vont dans la bonne direction, a-t-il conclu, en jugeant essentiel qu’elles produisent des résultats concrets.  Il a donc espéré que la Direction exécutive poursuivra ses efforts en gardant à l’esprit le caractère urgent de l’accomplissement de sa tâche.

M. BAKI İLKIN (Turquie) a attiré l’attention des États Membres sur les dispositions de la résolution 1373, de 2001, qui appellent tout particulièrement à une coopération internationale renforcée.  Dans un premier temps, le refus de donner refuge aux terroristes constitue l’une des obligations fondamentales mentionnées dans la résolution et exige une coopération internationale parmi les pays intéressés, a relevé M. Ilkin.  De même, les éléments centraux de cette résolution portent sur la responsabilité de mettre un terme à l’impunité en garantissant que les terroristes sont traduits en justice; que les sentences appliquées au niveau national reflètent la gravité des actes terroristes commis; et que le statut de réfugiés ne fait pas l’objet d’abus par les terroristes.  Nous croyons fermement que la résolution 1373 fournit une réponse coordonnée et unie face au terrorisme, mais elle ne pourra mener aux résultats escomptés que si elle est mise en œuvre par tous les États Membres, a estimé le représentant turque.

L’intensification du dialogue entre les États Membres et les Nations Unies pourrait permettre l’identification de lacunes existant dans la lutte contre le terrorisme.  C’est dans cette optique que la Turquie a accepté l’offre faite l’an dernier par le Directeur exécutif du Comité contre le terrorisme de visiter la Turquie.  Nous souhaitons qu’il en soit de même dans d’autres pays qui pourraient devenir des refuges ou des cibles d’actes terroristes.  L’aide mutuelle et le plein respect de l’obligation « d’extrader ou de traduire en justice » constitue le cadre de la coopération internationale.  Nous accueillons positivement dans ce contexte la création de groupes techniques chargés notamment de questions juridiques.

M. NIRUPAM SEN (Inde) a rappelé que l’Inde était victime du terrorisme international en précisant qu’en moins de 25 ans plus de 60 000 personnes avaient été tuées par des actes terroristes dans différentes parties du pays.  Il a estimé que le monde devait agir de manière unie face aux terroristes.  M. Sen a noté qu’en raison de l’expérience qu’elle a du terrorisme, l’Inde avait acquis une expertise dans ce domaine, notamment en ce qui concerne les méthodes de surveillance, le suivi des flux financiers ou la conception et l’adoption de législations efficaces.  Appelant à un effort international global pour lutter contre le terrorisme, M. Sen a toutefois regretté qu’il n’y ait pas réellement d’effort commun pour créer une réponse plus unifiée de la part de toute la communauté internationale.  Il a dit qu’un accord sur une Convention globale sur le terrorisme international, initiée lors de la cinquante et unième session de l’Assemblée générale, aurait constitué un premier pas dans ce sens et a souhaité que les États Membres parviennent à s’accorder sur un tel texte.  Ce qu’il faut maintenant, c’est avoir la volonté politique qui permettrait de conclure cette Convention, a insisté Nirupam Sen.  Il a indiqué que l’Inde soutenait le travail des différents Comités du Conseil de sécurité relatifs au terrorisme.  Il s’est félicité du plan d’organisation révisé du Comité contre le terrorisme et a espéré qu’il générerait une approche plus flexible sur la lutte antiterroriste et des opérations plus efficaces.  Le représentant indien a aussi affirmé que les trois Comités devaient renforcer leur coordination et qu’il fallait intégrer leurs tâches à celle conduite par l’Équipe spéciale d’exécution de la Stratégie antiterroriste mondiale.  Soulignant l’importance de l’assistance technique pour aider les États à mettre en œuvre les dispositions antiterroristes, il a annoncé que l’Inde était prête à partager son expérience et à fournir de l’aide dans ce domaine.

M. RODRIGO MALMIERCA DÍAZ (Cuba) a souligné que la lutte contre le terrorisme est une question qui dépasse le cadre du Conseil de sécurité.  C’est une priorité pour tous les États Membres épris de paix, et non pas seulement pour ceux qui, de manière permanente ou temporaire, siègent au Conseil de sécurité, a dit M. Díaz.  Seule une coopération internationale authentique et efficace permettant de prévenir et de s’attaquer à tous les actes de terrorisme constituera une réponse durable au fléau du terrorisme dans le monde, a-t-il estimé.  Rappelant que depuis des années, Cuba fournit au Comité des informations sur les actes terroristes qu’ont commis contre lui plusieurs individus et organisations, et ceci « avec la protection et la complicité des États-Unis », le représentant a regretté qu’aucune mesure n’ait été prise; aucun examen des informations mené, et aucune enquête conduite.  Le représentant a rappelé la mise en garde que son pays avait lancée contre la libération du terroriste international Luis Posada Carriles qui, a-t-il dénoncé, est en liberté depuis l’année dernière après que les tribunaux américains se soient contentés de le condamner pour « séjour illégal ».

Le représentant cubain a donc dénoncé et condamné « la complicité et la responsabilité absolue » du Gouvernement des États-Unis dans la libération de cet individu, en ajoutant qu’un autre terroriste, Orlando Bosh, vaque librement à ses occupations à Miami où, « comme dans d’autres villes américaines opèrent plusieurs groupes terroristes ».  Le représentant a aussi dénoncé le fait que deux autres personnes aient été condamnées à des peines mineures après avoir pourtant refusé de témoigner contre M. Posada Carriles.  La résolution 1373 ne s’appliquerait-elle pas aux États-Unis? s’est-il demandé, en rappelant que ce pays garde dans ses prisons de haute sécurité cinq Cubains qui, avec un sens élevé d’altruisme et de courage, ne faisaient que collecter des informations sur un groupe terroriste basé à Miami.  Réitérant les appels à leur libération, le représentant a appelé le Conseil et le Comité à examiner les informations transmises par son pays.  Il a dénoncé les politiques de deux poids deux mesures et l’impunité dont semblent jouir certains membres de l’ONU.

Mme SANJA ŠTIGLIC (Slovénie) a, au nom de l’Union européenne et des pays associés, soutenu la poursuite des travaux de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme afin d’aider ce Comité à promouvoir la mise en œuvre des résolutions 1373 et 1624.  La Direction a facilité le dialogue et la coopération entre États Membres en visitant les États, en facilitant l’aide technique aux États Membres qui en avaient besoin et en élaborant l’évaluation préliminaire de mise en œuvre, a relevé Mme Stiglic.  L’Union européenne, a ajouté la représentante, soutient pleinement le plan organisationnel de la Direction, qui fournit une excellente base de travail pour le Comité contre le terrorisme.  L’Union estime donc que la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme devrait continuer à fournir des conseils au Comité contre le terrorisme, voire même renforcer son rôle en facilitant l’apport d’aide technique pour la mise en œuvre de la résolution 1373, et accroître la capacité des États à protéger leurs infrastructures essentielles contre des attaques terroristes.  Il est donc important de maintenir un dialogue entre le Comité, sa Direction exécutive, et les États Membres, a dit la représentante slovène.  Nous soutenons aussi la décision d’améliorer les relations entre les donateurs, d’accroître leur compréhension du rôle de la Direction, et de renforcer la coopération entre la Direction et les experts des Comités des sanctions du Conseil créés en vertu des résolutions 1267 et 1540.  L’Union européenne soutient aussi fermement la coopération contre le terrorisme au sein des Nations Unies et les projets d’assistance technique à apporter aux organisations régionales.

Mme FRANCES MARY LISSON (Australie) a rappelé que sa délégation appuyait fermement le Comité contre le terrorisme et sa Direction exécutive.  Elle a estimé que le plan d’organisation révisé de la Direction exécutive en renforcerait les capacités, améliorerait la conduite de ses opérations, et la placerait au cœur des efforts antiterroriste de l’ONU.  Elle s’est félicitée que la Direction ait reconnu la nécessité de participer activement aux travaux de l’Équipe spéciale d’exécution de la Stratégie antiterroriste mondiale, affirmant qu’il fallait traduire les engagements de cette Stratégie en actions concrètes.  De plus, elle s’est réjouie que le Comité ait mis l’accent sur l’amélioration des capacités des États Membres à mettre en œuvre les résolutions relatives à la lutte contre le terrorisme.  Mme Lisson a indiqué que l’Australie coopérait avec d’autres pays de sa région par la fourniture d’une assistance pratique visant à renforcer les capacités antiterroristes.  Elle a salué la volonté de la Direction exécutive de renforcer son dialogue avec les donateurs potentiels et de favoriser l’établissement d’une correspondance entre les capacités des donateurs et les besoins des pays bénéficiaires d’une aide à la lutte antiterroriste.  Mme Lisson a estimé que les organisations régionales et sous-régionales avaient aussi un rôle important à jouer, et elle a appuyé les efforts du Comité allant dans le sens du renforcement de ses relations avec celles-ci.  S’agissant des droits de l’homme, elle a fait valoir que les mesures antiterroristes devaient respecter ces droits fondamentaux ainsi que l’état de droit.  Il faut trouver un équilibre entre la protection du public face à la menace terroriste et la protection des libertés civiles, a-t-elle insisté.  Elle a noté que la Direction exécutive avait un rôle important à jouer pour conseiller les États Membres en ce qui concerne les mesures antiterroristes conformes au droit international.

M. JUAN ANTONIO YÁÑEZ-BARNUEVO (Espagne) a réitéré l’engagement de son pays dans la lutte contre tous les actes de terrorisme et a souhaité que la question reste inscrite à l’ordre du jour de l’ONU.  La lutte contre ce fléau, a-t-il dit, exige une approche déterminée et coordonnée, et en la matière, l’action intergouvernementale est indispensable tout comme l’est le rôle de l’ONU pour donner une légitimité à l’effort commun des États Membres et des organisations internationaux.  Le représentant a souligné l’importance du travail du Comité et de sa Direction exécutive et a attiré l’attention sur l’assistance technique qu’accorde son pays dans ce cadre.  Cette assistance, a-t-il dit, porte surtout sur le renforcement des mécanismes législatifs, ainsi que sur celui du contrôle des frontières, et sur l’efficacité des services de sécurité.  L’Espagne, a rappelé le représentant, a aussi participé à la Réunion sur les mouvements des groupes terroristes, que la Direction exécutive a organisée à Nairobi, au Kenya, en 2007.  Il a salué les recommandations du Directeur exécutif visant à modifier le plan d’organisation.  Il s’est félicité de son intention de renforcer la coopération du Comité avec L’Équipe spéciale de la Stratégie antiterrorisme mondiale, avant d’appeler à une collaboration accrue entre le Conseil et l’Assemblée générale sur la question du terrorisme.

M. CLAUDE HELLER (Mexique), qui prenait la parole au nom du Groupe de Rio, s’est félicité de la tenue de cette réunion publique, affirmant que ce type de débat constituait un élément important des efforts collectifs pour lutter contre le terrorisme.  Il a salué les propositions mises en avant par la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme notamment en ce qui concerne la nécessité de mettre l’accent sur l’assistance technique, le développement d’une stratégie de communication améliorée et le renforcement de la coopération entre les Comités du Conseil de sécurité œuvrant dans la lutte antiterroriste.  Par ailleurs, le représentant a affirmé que la Stratégie antiterroriste mondiale et son Équipe spéciale d’exécution contribuaient à renforcer la capacité des Nations Unies à identifier les besoins d’assistance et les possibilités de coopération.  Il a souligné le rôle important de la Direction exécutive du Comité afin d’aider les États Membres à mettre en œuvre cette Stratégie mais aussi pour coordonner les efforts avec les organisations internationales, régionales et sous-régionales.  Il a affirmé que la Direction exécutive du Comité devrait faciliter les contacts entre donateurs et récipiendaires tout en identifiant les priorités de cette coopération. 

Mme AURA MAHUAMPI RODRÍGUEZ DE ORTIZ (Venezuela) a dit que le Venezuela réaffirmait sa totale condamnation du terrorisme.  Elle a souligné l’engagement de son pays à combattre ce fléau dans le strict respect du droit international.  Le Venezuela a d’ailleurs renforcé son cadre juridique et a intensifié ses programmes de coopération internationale, a-t-elle dit.  La lutte contre le terrorisme exige une action conforme à la Charte des Nations Unies, a-t-elle souligné.  Tous les États doivent faire en sorte que les mesures qu’ils prennent répondent à leurs obligations concernant les droits de l’homme, le droit des réfugiés et le droit international humanitaire.  La lutte contre le terrorisme, a-t-elle insisté, ne saurait justifier la violation de ces droits.  Cette lutte doit rejeter les pratiques et les évaluations unilatérales fondées sur des critères subjectifs.  L’élaboration de rapports unilatéraux n’a aucune valeur et ne saurait contribuer à la solution du problème, a-t-elle ajouté.  La coopération multilatérale est la seule manière de lutter contre le terrorisme, et en la matière, il faut dégager un consensus sur la définition de ce terme, a estimé la représentante qui a voulu que ce soit une définition équilibrée.  Le Venezuela refuse cependant que cette définition s’oppose à la lutte légitime que peuvent mener des peuples contre l’occupation étrangère.  Elle a conclu en rappelant la demande d’extradition présentée par son gouvernement à celui des États-Unis concernant Luis Posada Carilles, un « criminel et terroriste international notoire ».  Elle a attiré l’attention des États-Unis sur le traité d’extradition qui lie les deux pays depuis 1922.

M. JORGE ARGÜELLO (Argentine) a regretté le manque de progrès, au sein de la Sixième Commission, concernant le projet de convention générale sur le terrorisme international.  Il a souligné la nécessité de finaliser ce projet de texte, dans la mesure où maintenant la Stratégie antiterroriste mondiale avait été adoptée.  Il a estimé que les États devraient être dotés de systèmes de sécurité et de l’expertise nécessaires pour empêcher les attaques terroristes avant qu’elles ne surviennent.  Il a à cet égard mis en avant le travail de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme, du Comité lui-même, et du Bureau des Nations Unies pour la drogue et le crime à Vienne pour coordonner l’assistance technique, le rôle des donateurs et la coopération pour renforcer les services de police judiciaire et de sécurité.  Il a appuyé les nouvelles priorités du Comité qui doivent être adoptées demain, à l’occasion du renouvellement de son mandat.  Toutefois, il a affirmé qu’il faudrait mettre davantage l’accent sur le respect des droits de l’homme dans la lutte contre le terrorisme.  Il a également souhaité que soit étudiée la possibilité de renforcer les relations entre les organisations des Nations Unies compétentes dans un domaine spécifique, par exemple en ce qui concerne la sécurité maritime.

M. DANIEL CARMON (Israël) a estimé que l’établissement de relations constructives avec les pays donateurs et récipiendaires, et la concentration des efforts sur les capacités et les besoins de pays sont essentiels au succès de la Direction exécutive et du Comité contre le terrorisme.  Il a en outre jugé essentiel d’assurer le suivi de l’évaluation préliminaire de la mise en œuvre de la résolution 1373.  L’évaluation doit mener à des actions concrètes et pratiques, a-t-il insisté.  Le représentant s’est félicité de l’intention de la Direction exécutive de participer activement à la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale.  Maintenant, la question est de savoir comment sa mise en œuvre se traduira par des actions concrètes pour prévenir le terrorisme et en punir les auteurs, a dit M. Carmon.  Israël, a-t-il dit, est un pays qui a été forcé de vivre sous la menace du terrorisme depuis sa création.  Le représentant a donc regretté que malgré les efforts de plusieurs États Membres, le Conseil n’ait pas été en mesure d’adopter une résolution condamnant l’attaque perpétrée contre le Séminaire de Mercaz Harav.  Dans la lutte contre le terrorisme, Israël, a poursuivi M. Carmon, a compris le rôle important que peuvent jouer les autorités locales, les agences nationales et les individus sur le terrain.  Malgré l’urgence de mettre en œuvre la résolution 1373, il est regrettable, a conclu le représentant, que des États Membres négligent non seulement leurs responsabilités, mais accueillent, appuient et parrainent les terroristes.  La communauté internationale doit exercer une pression pour mettre fin à ce type d’attitudes, car il n’y a aucune justification au terrorisme, et toute tentative de l’expliquer ou de l’excuser doit être condamnée.

M. MANSOUR SADEGHI (Iran) a déclaré, qu’en dépit d’un certain nombre de résultats obtenus à travers les mécanismes antiterroristes des Nations Unies, les efforts de la communauté internationale étaient encore entravés par des obstacles.  Il a par exemple précisé que l’application d’une politique de « deux poids, deux mesures » par certaines puissances dans le traitement du terrorisme était un problème inquiétant.  Il a estimé que le succès du Comité et des autres mécanismes de lutte contre le terrorisme dépendait de l’adoption d’une démarche intégrée, non sélective, et équilibrée pour la mise en œuvre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  Le représentant a fait part des efforts de son pays pour mettre en œuvre ces textes, notant que son pays avait présenté cinq rapports nationaux sur la mise en œuvre de la résolution 1373.  Il a de plus fait valoir que l’Iran menait une guerre coûteuse et létale contre le trafic de drogues en provenance de l’Afghanistan.  Il a rappelé que le trafic de drogues était une des importantes sources de financement du terrorisme et a indiqué que les efforts déployés par son pays contribuaient donc à la lutte mondiale contre le terrorisme, tout en soulignant que l’Iran portait ce lourd fardeau presque seul.  Il a souligné que la communauté internationale devait donner une attention plus sérieuse à cet aspect de la lutte contre le terrorisme.  M. Sadeghi a aussi affirmé que le régime israélien conduisait des actions de terrorisme d’État dans les territoires palestiniens, et a accusé le Conseil de sécurité de ne prendre à cet égard aucune mesure significative.  Par ailleurs, il a indiqué que son pays avait été victime de groupes terroristes depuis 30 ans, dont le MKO, qui a mené 600 opérations en Iran, et qui a longtemps été soutenu par l’ancien régime iraquien.  Il a affirmé que bien que le MKO ait été désigné comme un groupe terroriste par les États-Unis et l’Union européenne, ses membres continuaient à jouir du soutien de certains de ces pays.  Il a de plus indiqué que le groupe terroriste Jundullah, responsable d’attaques en Iran, avait la possibilité d’opérer librement dans certains pays européens et aux États-Unis et qu’il y menait des actions incitant au terrorisme contre l’Iran, notamment par le biais des médias.

Droits de réponse

Répondant aux déclarations faites par les représentants de Cuba et du Venezuela, la représentante des États-Unis a souligné que son pays avait bien pris des mesures contre M. Posada Carriles, soulignant que celles-ci étaient conformes aux principes de la démocratie et l’état de droit.  Une personne ne peut être jugée ou extradée sans les preuves requises.  M. Posada Carriles est arrivé en 2005 et a été tout de suite détenu par les services d’immigration.  Par la suite, un juge a ordonné son expulsion mais conformément à la Convention contre la torture, le Gouvernement américain explore les moyens d’appliquer cette décision car le même juge avait également décidé que M. Posada Carriles ne pouvait être expulsé vers l’un des deux pays car il risque la torture.  D’autres procédures ont été entamées contre cette personne qui n’a pas de statut légal aux États-Unis, a précisé la représentante.

Reprenant la parole, le représentant de Cuba a dénoncé ces manipulations mensongères.  Les autorités américaines n’ont jamais respecté le droit international qui exige d’eux qu’ils accusent M. Posada Carriles d’actes de terrorisme et qu’ils l’extradent.  Les États-Unis veulent faire oublier que cet individu travaillait en fait pour la CIA, a ajouté le représentant en soulignant que la lutte contre le terrorisme impose du sérieux, de l’engagement et de la volonté politique.  Les politiques des « deux poids deux mesures » doivent cesser et il faut condamner tous les actes de terrorisme sans exception et renoncer à ses intérêts mesquins.  Le Conseil, a conclu le représentant, doit examiner la plainte de Cuba et agir en conséquence.

À son tour, la représentante du Venezuela s’est demandée pourquoi les États-Unis refusent d’honorer leur engagement en vertu du traité d’extradition.  Nous nous trouvons face à un cas de protection d’un terroriste, au mépris de la justice et de la douleur des familles des victimes, a-t-elle fait remarquer.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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