LE PRÉSIDENT BOLIVIEN, M. EVO MORALES, DEMANDE À L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE L’ORGANISATION D’UN SOMMET MONDIAL SUR LA CRISE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE

17 novembre 2008
AG/10785

LE PRÉSIDENT BOLIVIEN, M. EVO MORALES, DEMANDE À L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE L’ORGANISATION D’UN SOMMET MONDIAL SUR LA CRISE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE

17/11/2008
Assemblée générale
AG/10785
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-troisième session

51e et 52e séances plénières – matin et après midi

LE PRÉSIDENT BOLIVIEN, M. EVO MORALES, DEMANDE À L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE L’ORGANISATION D’UN SOMMET MONDIAL SUR LA CRISE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE

Le Président de la Bolivie, M. Evo Morales, a appelé aujourd’hui l’Assemblée générale à organiser un sommet mondial sur la crise économique actuelle pour que la totalité de ses 192 États membres puissent participer à la réforme de l’architecture financière internationale.  L’Assemblée a entendu le Président bolivien après avoir adopté sans vote une résolution sur la promotion du développement par la réduction et la prévention de la violence armée1.

Dans son discours, le Président bolivien a regretté que la réunion du G-20 qui s’est tenue à Washington samedi et dimanche derniers, ait débouché sur un nouveau consensus visant à maintenir le système néolibéral et capitaliste actuel.  M. Morales s’est indigné que les pays développés aient accordé en 15 jours, 30 fois plus d’argent aux banques et à Wall Street qu’ils n’en avaient donné aux pays en développement pour les aider à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Il a appelé les États Membres à réfléchir tous ensemble aux moyens de modifier les règles en vigueur. 

L’intervention de M. Morales a coïncidé avec la présentation par le Venezuela d’un projet de résolution demandant la tenue d’un sommet, pendant cette session de l’Assemblée, afin d’articuler un cadre politique qui permette de transformer le système financier international en un système équitable, démocratique, sans exclusive et orienté vers le développement2. 

Le représentant de la Fédération de Russie a souhaité qu’au cours des consultations sur le projet de résolution, les conclusions de la réunion du G-20 et de la Conférence de Doha sur le financement du développement soient prises en compte.  Ses homologues de l’Inde, du Nicaragua, de Cuba, de la France, de l’Argentine et de l’Algérie se sont également exprimés, dans le cadre d’un débat qui portait sur le suivi des textes issus du Sommet du Millénaire et des grandes conférences de l’ONU.

En revanche, l’Assemblée générale a adopté sans vote la résolution sur la promotion du développement par la réduction et la prévention de la violence armée, qui avait été présentée par la Suisse.  Le texte prend note de la Déclaration de Genève de 2006 et de la ferme intention qui y est exprimée de définir des objectifs, buts et indicateurs mesurables sur la violence armée et le développement en vue de compléter la réalisation des OMD.  Les représentants des États-Unis, du Pakistan et de l’Égypte ont expliqué leur position.

Le représentant de la Suisse a présenté un autre texte sur la démarginalisation des pauvres par le droit et l’élimination de la pauvreté3, tandis que ses homologues de l’Afrique du Sud et de la République-Unie de Tanzanie présentaient respectivement des textes sur la santé mondiale et la politique étrangère4 et sur la Déclaration de l’Organisation internationale du Travail (OIT) relative à la justice sociale pour une mondialisation équitable5.

L’Assemblée générale se réunira demain, mardi 18 novembre à partir de 10 heures, pour entamer son débat sur la réforme du Conseil de sécurité. 

1A/63/L.27

 2A/63/L.22

  3A/63/L.25

   4A/63/L.28

    5A/63/L.29

SUIVI DES TEXTES ISSUS DU SOMMET DU MILLÉNAIRE ET DES GRANDES CONFÉRENCES ET RÉUNIONS AU SOMMET ORGANISÉES PAR LES NATIONS UNIES DANS LES DOMAINES ÉCONOMIQUE ET SOCIAL ET DANS LES DOMAINES CONNEXES

Débat conjoint

M. TARIT BARAN TOPDAR (Inde) a rappelé que les conférences et sommets des Nations Unies avaient forgé un consensus mondial sans précédent sur la nécessité d’une vision commune du développement.  Mais il a estimé que ce qui faisait défaut aujourd’hui était un consensus similaire concernant la réalisation de cette vision, qui est entravée par l’insuffisance des ressources et l’absence d’un environnement mondial favorable.  En outre, a-t-il ajouté, la crise financière actuelle, qui n’est pas partie des pays en développement, n’en gêne pas moins leurs efforts de développement. 

Le représentant a souligné l’importance de politiques économique, financière et commerciale axées sur le développement, en arguant que, pour ce faire il faut tenir compte des préoccupations des pays en développement.  M. Topdar s’est dit satisfait du consensus mondial sur la nécessité d’une réforme de l’architecture financière et économique internationale.  Cette réforme doit renforcer la voix et la participation des pays en développement dans les processus de prise de décisions, a plaidé le représentant.  Pour rendre ce processus aussi inclusif que possible, l’ONU avec sa position unique et sa légitimité pourrait jouer un rôle crucial. 

Le commerce doit contribuer aux efforts de développement, a poursuivi le représentant, en soulignant l’importance qu’il y a à ce que les négociations de Doha aboutissent à des résultats axés sur le développement.  Il a aussi appelé à l’accélération de la mise en œuvre du mandat lié aux aspects du droit de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC).  Il faut assurer un équilibre entre les mérites des inventeurs et le bien de l’humanité, a insisté le représentant. 

Le Conseil économique et social (ECOSOC), a-t-il jugé, a un rôle déterminant à jouer dans la promotion à l’ONU d’un ordre du jour global axé sur le développement.  Saluant la revitalisation de cet organe en 2006, il a cependant encouragé l’Assemblée à renforcer les capacités de l’ECOSOC pour lui permettre de mettre en œuvre le mandat lié à l’Examen périodique et à l’évaluation des politiques économiques internationales et de leur impact sur le développement. 

Il s’est dit satisfait que l’Examen ministériel annuel soit devenu un évènement aussi important pour évaluer les efforts déployés en vue de réaliser les OMD et de tirer les leçons des expériences passées.  Mais il a souhaité que cet Examen mette un accent plus marqué sur l’évaluation du partenariat mondial pour le développement et que le Forum pour la coopération en matière de développement consolide son rôle unique dans la supervision des tendances de la coopération internationale.  Renforcer le système des Nations Unies sans une réforme globale du Conseil de sécurité serait inconcevable, a en outre estimé M. Topdar.

Mme MARIA RUBIALES DE CHAMORRO (Nicaragua) a souligné que le projet de résolution demandant l’organisation d’un sommet sur la crise financière actuelle constitue une opportunité unique permettant aux 192 États membres de l’Assemblée générale de participer sur un pied d’égalité à la prise de décisions dans les domaines économique et financier.  Le concept du « libre marché » et sa théorie sur un rôle minimal de l’État viennent d’être contredits par l’intervention massive des autorités publiques, a-t-elle dit.  Il semble qu’à présent, a-t-elle ironisé, l’intervention de l’État et la régulation des marchés soient perçues comme des solutions.  L’implosion du système capitaliste, qui a commencé dans sa « mecque », et la propagation immédiate de ses conséquences désastreuses dans le monde, sont de bonnes raisons pour que la réponse, ou plutôt la refondation de ce modèle moribond, soit décidée à l’échelle mondiale, a-t-elle estimé. 

La représentante nicaraguayenne a dénoncé le fait que les pays qui n’ont rien eu à dire dans les décisions concernant les politiques économique, financière et commerciale, soient désormais ceux qui en paient le prix.  Ce sont les centaines de millions de personnes qui vivent dans la pauvreté qui paieront de leurs vies, a-t-elle prédit.  Les faits ont largement démontré l’incapacité du système et des institutions créées il y a 60 ans, a-t-elle ajouté, en rejetant l’idée de laisser un groupe réduit de pays, qu’il s’appelle G-8 ou G-20, de continuer à diriger le monde.  

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a estimé qu’en pleine crise financière, des efforts renouvelés de la communauté internationale sont exigés pour que les OMD soient atteints.  Il a appuyé la tenue en 2010 d’un sommet de l’ONU sur la mise en œuvre de ces objectifs.  Il a aussi appuyé l’inscription de la question de la santé parmi les principaux objectifs de l’ONU.  Citant également la sécurité alimentaire parmi les priorités du développement, le représentant a plaidé pour des décisions coordonnées à court et à long termes.  Revenant à la crise financière, il a demandé à l’ONU de ne pas rester en marge de son règlement.  Nous devons non seulement atténuer les conséquences négatives de la crise mais aussi saisir cette occasion pour rechercher une solution à long terme, qui, a-t-il estimé, nécessite la refonte du système financier international. 

L’ONU, a argué le représentant, a un potentiel unique pour garantir le consensus sur une refonte du système financier axé sur le développement.  Il a soutenu l’initiative du Venezuela visant à organiser une réunion de l’Assemblée générale sur le système financier international.  Pour que cette initiative réussisse, il lui faut le soutien le plus large possible.  Le représentant a voulu qu’au cours des consultations sur le projet de résolution pertinent, les conclusions de la réunion du G-20 et de la Conférence de Doha soient prises en compte. 

Mme ILEANA NÚÑEZ MORDOCHE (Cuba) a estimé que la crise financière actuelle témoignait de la non-viabilité des principes de dérégulation, et autres innovations financières, auxquels ont adhéré les pays les plus puissants.  Aujourd’hui, personne ne peut nier que la mondialisation financière menace la richesse même de l’espèce humaine, a-t-elle déclaré, ajoutant que le déséquilibre financier et la récession de l’économie américaine remettent en question le fondement même des institutions financières internationales et du système capitaliste.  Malgré la gravité de la situation, les pays les plus puissants tentent de faire perdurer le système actuel, a-t-elle dénoncé.  Ils essayent de « maquiller » le système financier international, de le maintenir sous leur contrôle et de continuer à marginaliser la grande majorité des États du monde.  Mme Mordoche a également dénoncé le manque « scandaleux » de démocratie et de transparence de ce système et de ses institutions.  Les intérêts des pays en développement doivent figurer au cœur de la nouvelle économie internationale, a estimé la représentante de Cuba.

Commentant le projet de résolution sur la promotion du développement par le biais de la réduction et de la prévention de la violence armée, M. PHILIPPE DELACROIX (France) a, à titre national, rappelé que son pays comme tous les États de l’Union européenne, a soutenu avec enthousiasme les déclarations qui ont été adoptées à Genève en juin 2006 et en septembre 2008, et qui constituent le fondement du projet de résolution.  Nous continuons de soutenir pleinement la pertinence de ces déclarations, a-t-il ajouté, avant de regretter vivement l’ajout d’un paragraphe qui ne figure dans aucune de ces déclarations et qui mentionne en préambule « la relation symbiotique entre désarmement et développement ».  Nous contestons, a-t-il dit, le lien qui est ainsi établi de manière trop systématique, alors qu’il s’agit là, en fait, d’une réalité complexe.  Pour autant, a-t-il assuré, nous ne souhaitons pas revenir pour ce seul motif sur notre soutien au projet de résolution, dont l’esprit général n’est pas modifié. 

M. JORGE ARGUELLO (Argentine) a déclaré que sa délégation appuyait « sans faille » le projet de résolution sur la convocation d’un sommet mondial destiné à évaluer la crise financière actuelle.  Ce texte reflète la « clameur » des pays qui veulent réévaluer l’idéologie des marchés dominants, a-t-il souligné.  Il a dénoncé la tendance actuelle qui accorde au marché le monopole de la répartition des ressources, en faisant fi du rôle de l’État dans ce domaine.  Le représentant a demandé la création d’un nouveau système financier, fondé sur des politiques « équitables et sensées » et capable de favoriser l’inclusion sociale.

M. MOURAD BENMEHIDI (Algérie) a estimé que la présentation du projet de résolution sur la crise financière arrivait au bon moment.  Rappelant les conclusions auxquelles est récemment parvenu le Sommet du G-20, qui a estimé que la réponse à la crise ne pouvait être que collective et multilatérale, le représentant a jugé que le texte présenté aujourd’hui répondait entièrement à cette préoccupation.  Le Sommet sur la crise financière qui se tiendra aux Nations Unies sera l’occasion privilégiée d’approfondir l’analyse des causes profondes de cette crise et d’articuler un cadre politique qui tiendra compte des intérêts de tous les États Membres.  Il a espéré que le projet de résolution sera adopté par consensus, compte tenu de son caractère constructif et inclusif. 

Explications de position sur l’adoption de la résolution relative à la promotion du développement par le biais de la réduction et la prévention de la violence armée (A/63/L.27)

Le représentant des États-Unis a indiqué que son pays appuyait pleinement la mise en œuvre du Programme d’action relatif aux armes légères.  Il a cependant estimé que les nouveaux instruments juridiquement contraignants, que souhaite la Déclaration de Genève, ne sont pas nécessaires et qu’ils ne contribuent pas à la réalisation des objectifs convenus.  Les États-Unis, a-t-il dit, préfèrent se concentrer sur des actions concrètes visant à régler les problèmes sous-jacents plutôt que sur la négociation de nouveaux instruments.  La force du Programme d’action est dans sa mise en œuvre et non pas dans d’éventuels instruments supplémentaires, a insisté le représentant, en indiquant que son pays ne peut appuyer la Déclaration de Genève dans sa totalité, ni soutenir la résolution adoptée aujourd’hui.

Le représentant du Pakistan a déclaré qu’il se ralliait au consensus, mais que cela ne devait pas signifier son ralliement à la Déclaration de Genève.  Nos opinions n’ont pas été prises en compte dans l’élaboration de cette Déclaration, a-t-il rappelé, en saluant cependant la souplesse des coauteurs du texte comme en témoignent les amendements qu’ils y ont apportés.  Certains passages auraient pu être améliorés, a tout de même argué le représentant.  

Le représentant égyptien s’est rallié au consensus parce que, a-t-il dit, l’ONU doit jouer un rôle clef dans le traitement de la violence armée et de la promotion du développement.  Il a remercié les pays qui ont coparrainé la résolution pour avoir tenu compte des préoccupations exprimées.  Commentant le texte, il a voulu que toute référence à la Charte des Nations Unies commence par la confirmation des principes sur lesquels se basent l’Organisation, en particulier ceux qui sont consacrés dans la Déclaration du Millénaire, à savoir la non-ingérence dans les affaires intérieures des États, le respect de leur intégrité territoriale ou encore le droit à l’autodétermination.  Le représentant a aussi jugé qu’il aurait été plus objectif de souligner l’importance qu’il y a à traiter des causes sous-jacentes des conflits et du rôle crucial du multilatéralisme dans la recherche de solutions, y compris la mise en œuvre des résolutions de l’Assemblée générale.  Reconnaissant la nature technique de la résolution et l’importance du rapport demandé au Secrétaire général pour donner un éclairage probablement plus grand sur le large éventail d’opinions concernant le lien entre violence armée et développement, l’Égypte, a conclu le représentant, s’est ralliée au consensus.  

RENFORCEMENT DU SYSTÈME DES NATIONS UNIES

Rapport du secrétaire général sur l’application de la résolution 61/257 relative au renforcement de la capacité de l’ONU à mener à bien le programme de désarmement (A/63/125)

Dans ce rapport, le Secrétaire général plaide pour l’octroi de ressources plus importantes pour le Bureau des affaires de désarmement, afin qu’il puisse faire face aux demandes de plus en plus lourdes et complexes que lui adressent les États Membres dans le domaine du désarmement et de la non-prolifération.  La viabilité et la stabilité financières, qui reposent actuellement en grande partie sur des ressources extrabudgétaires, constituent toujours un des enjeux fondamentaux du Bureau et de sa capacité de fonctionner, souligne le Secrétaire général.  Il rappelle notamment que la création du Bureau et la nomination du Haut Représentant en 2007 a constitué un élément crucial de l’action menée pour redynamiser la promotion du désarmement et de la non-prolifération, qu’il s’agisse des armes de destruction massive ou des armes classiques.

Le Secrétaire général précise que l’augmentation des ressources aiderait le Bureau à assurer le suivi complet et l’analyse approfondie des tendances nouvelles, ainsi que la formulation de mesures efficaces.  Le Bureau pourrait aussi appuyer plus efficacement les États Membres dans les négociations et délibérations menés par les différents organes multilatéraux.  Des ressources plus importantes permettraient également à l’ONU de mieux mettre en œuvre les éléments de sa Stratégie antiterroriste mondiale.

Au titre des priorités qu’il a fixées pour 2008 et au-delà, le Secrétaire général souligne la nécessité de donner un nouvel élan aux efforts collectifs dans le domaine du désarmement et de la non-prolifération en sortant enfin de l’impasse la question du désarmement nucléaire.  Il plaide également pour redoubler d’efforts dans la lutte contre le fléau de la prolifération des armes légères et de petit calibre et pour donner suite à la décision prise en 2005 par les dirigeants du monde entier de promouvoir les avantages offerts par les biotechnologies pour les pays en développement tout en limitant le risque de détournement de ces acquis.

L’assemblée générale était également saisie du rapport du Corps commun d’inspection sur la gestion des connaissances au sein du système de l’ONU (A/63/140 et A/63/140/Add.1)

Allocution

M. EVO MORALES, Président de la Bolivie, s’est d’abord adressé à l’Assemblée générale pour parler du processus de changement entamé par son gouvernement depuis son arrivée au pouvoir en 2006 dans le cadre d’une révolution culturelle et démocratique.  Il a rappelé que lui-même était issu du mouvement paysan autochtone et qu’il avait dû surmonter de nombreux obstacles pour arriver au pouvoir.  Les conventions signées alors entre mon mouvement et le Gouvernement n’étaient jamais respectées, a affirmé le Président, en arguant que ces accords ne pouvaient être appliqués que si les peuples autochtones arrivaient au pouvoir, ce qui fut fait en 2005. 

Le Président a rappelé la décision de son gouvernement de nationaliser, en 2006, l’industrie des hydrocarbures, ce qui a permis à son pays d’autofinancer les besoins de la population.  Le pays, a-t-il affirmé, a immédiatement enregistré des excédents qui lui permettent aujourd’hui de s’attaquer aux problèmes sociaux.  Mais quand nous avons commencé à changer, a-t-il déclaré, « certains groupes de certaines régions » ont tenté de déstabiliser mon gouvernement.  Ces groupes, a accusé le Président, n’acceptent pas qu’un dirigeant syndical puisse être président.  Evo Morales a dénoncé la tentative de coup d’État civil que ces groupes ont fomenté pour essayer de tuer la démocratie et occuper les institutions de l’État.  Il s’agissait là, a-t-il insisté, d’un acte de terrorisme, de génocide et de sédition.  Il a remercié la communauté internationale et l’ONU pour son soutien à l’État de droit bolivien mais a déploré que les États-Unis n’aient pas condamné ces actes.  Aujourd’hui, la situation a été réglée grâce au dialogue, s’est-il réjoui. 

M. Morales a ensuite présenté la nouvelle Constitution qui reconnaît les droits des peuples autochtones tels que consacrés par les Nations Unies.  Le Président a nié les accusations de certains groupes de l’opposition qui affirment qu’il souhaite mettre fin à la propriété privée.  Nous respectons la propriété privée mais aussi la propriété collective et celle de l’État, a-t-il déclaré.  Si la nouvelle Constitution reconnaît la feuille de coca comme un produit naturel et culturel des peuples autochtones, elle ne défend en aucun cas la production et la consommation de cocaïne, a assuré le Président.

Une autre nouveauté est que la nouvelle Constitution interdit à tout État d’installer des bases militaires sur le territoire bolivien, a poursuivi M. Morales, qui a dit que la Bolivie avait été victime des bases américaines.  Au titre de cette Constitution, nous avons également décidé de rejeter toute déclaration de guerre contre un pays tiers, a-t-il précisé.

Saisissant cette occasion pour évoquer certaines questions internationales, le Président Morales a rappelé qu’en l’espace de 15 jours, les pays développés avaient accordé 30 fois plus d’argent aux banques et à Wall Street qu’ils ne l’ont fait ces dernières aux pays en développement pour les aider à réaliser les OMD.  Cet argent devrait être donné à ceux qui ont perdu leur maison et leurs moyens de subsistance.  Or, a-t-il dénoncé, le consensus dégagé à Washington par le G-20 continue d’afficher le même soutien au système néolibéral et capitaliste existant. 

Il faut en finir avec ce système, comme l’a fait la Bolivie, où une société plus égalitaire a émergé, a poursuivi le Président, qui a rappelé qu’il jouissait actuellement d’un taux de popularité de 67%.  Appelant en conséquence à un changement des règles, il a voulu que ce changement vienne des 192 États membres de l’Assemblée et pas seulement par des pays du G-20.  Nous souhaitons la tenue d’un sommet mondial sur la crise économique et financière mondiale pour réfléchir aux moyens de modifier les règles du système actuel.  La Bolivie a prouvé qu’il est possible de changer les choses, a conclu le Président.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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