LE CONCEPT DE LA « RESPONSABILITÉ DE PROTÉGER » S’INVITE AU DÉBAT DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SUR L’AIDE HUMANITAIRE

11 November 2008
AG/10781

LE CONCEPT DE LA « RESPONSABILITÉ DE PROTÉGER » S’INVITE AU DÉBAT DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SUR L’AIDE HUMANITAIRE

11/11/2008
Assemblée générale
AG/10781
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-troisième session

44e & 45e séances plénières – matin & après-midi

LE CONCEPT DE LA « RESPONSABILITÉ DE PROTÉGER » S’INVITE AU DÉBAT DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SUR L’AIDE HUMANITAIRE

L’Assemblée générale a terminé son débat sur le renforcement et la coordination de l’aide humanitaire durant lequel, parmi la cinquantaine d’intervenants, les tenants de la « responsabilité de protéger » et ceux du « consentement préalable des gouvernements hôtes » ont confronté leur vision des choses.  Le débat s’est conclu par l’adoption d’une résolution sur l’assistance économique et technique au Yémen. 

L’Assemblée a aussi adopté une résolution, présentée par les Pays-Bas, demandant aux États parties au Statut de la Cour pénale internationale (CPI) de coopérer avec celle-ci.  Se dissociant du consensus, le représentant du Soudan a regretté que le Procureur de la CPI ait choisi de faire de cette juridiction un outil à des fins non avouées, faisant peser des menaces sur la paix et la stabilité du Soudan et de la région tout entière.  Les représentants du Costa Rica et des États-Unis ont également expliqué leur vote. 

Dans le cadre du débat sur l’aide humanitaire, le représentant de la France, au nom de l’Union européenne, a insisté, hier, sur l’importance de la mise en œuvre effective de la « responsabilité de protéger » pour les cas où les autorités nationales n’assurent « manifestement » pas la protection de leurs populations.  « Nous en avons pris l’engagement et nous le devons aux populations en détresse », a-t-il notamment déclaré.  Cette position a été vivement dénoncée aujourd’hui par la représentante de Cuba, qui a rejeté toute tentative d’imposer des concepts « ambigus et facilement manipulables » qui risquent de mettre en péril les principes de souveraineté, d’intégrité territoriale et de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État.

C’est au pays hôte que revient la responsabilité d’initier, d’organiser et d’exécuter l’assistance humanitaire dans son territoire, a renchéri le représentant de la Chine, à l’instar de son homologue d’Antigua-et-Barbuda qui, au nom du Groupe des 77 et de la Chine, s’était appuyé sur la résolution 46/182 de l’Assemblée générale.  Toute activité humanitaire engagée sans respecter cette résolution, a acquiescé le représentant de la Fédération de Russie, revient à politiser l’aide humanitaire et à saper le consensus international en la matière.  « Tous les partenaires humanitaires, y compris l’ONU, doivent respecter la souveraineté de l’État bénéficiaire, a-t-il insisté.

Si les délégations ont, d’une manière générale, largement salué la création et le travail du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF), le représentant de la Norvège a cependant relevé que la communauté internationale semble plus encline à financer les efforts de secours qu’à investir dans la prévention.  La réforme du système humanitaire doit s’attaquer en priorité à l’adaptation aux changements climatiques, à la prévention des risques et à la préparation aux catastrophes.

De nombreux représentants ont également insisté sur l’importance de préserver l’espace humanitaire, le représentant de la France prônant, si nécessaire, d’établir une sécurisation qui permette de s’assurer que l’aide parvient bien aux populations concernées.  Son homologue du Canada a vivement dénoncé ceux qui retardent ou refusent sciemment l’accès des travailleurs humanitaires aux populations touchées, ou qui tentent de les subordonner à des négociations politiques.  Ces obstacles, a-t-il estimé, ne sont que l’expression d’un « mépris flagrant » des principes humanitaires. 

De nombreuses délégations ont également condamné les attaques qui prennent pour cibles les agents humanitaires.  Les représentants du Japon et du Brésil ont notamment proposé de proclamer une journée commémorative pour honorer la mémoire des agents humanitaires qui ont trouvé la mort dans l’exercice de leurs fonctions. 

Enfin, avant de clore la séance, le Président de l’Assemblée générale a indiqué que le Japon s’était porté candidat pour pourvoir, au sein du Corps commun d’inspection, le poste de M. Tadanori Inomata dont le mandat expire le 31 décembre 2008.

L’Assemblée générale poursuivra ses travaux demain, mercredi 12 novembre, à 10 heures, avec un Dialogue de haut niveau sur la culture de paix.

RENFORCEMENT DE LA COORDINATION DE L’AIDE HUMANITAIRE ET DES SECOURS EN CAS DE CATASTROPHE FOURNIS PAR LES ORGANISMES DES NATIONS UNIES, Y COMPRIS L’ASSISTANCE ÉCONOMIQUE SPÉCIALE

Rapports du Secrétaire général (A/63/84, A/63/305 et Corr.1)

Suite du débat

Mme ILEANA NÚÑEZ MORDOCHE (Cuba) a souligné l’importance critique qu’il y a à renforcer l’état de préparation des pays en développement aux catastrophes et leurs capacités d’y répondre et de se remettre rapidement de leurs conséquences.  Insistant sur la nécessité de faciliter le transfert de technologie et de rendre plus prévisibles les ressources nécessaires, la représentante a voulu que l’aide humanitaire soit apportée dans le plein respect des principes directeurs contenus dans la résolution 46/182.  Cuba rejette, a-t-elle dit, les tentatives de quelques-uns d’imposer des concepts ambigus et facilement manipulables pour justifier leurs interventions et mettre en péril les principes de souveraineté, d’intégrité territoriale et de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État.  La Charte de Nations Unies doit être respectée et ses buts ne doivent en aucun cas être réécrits, tordus, limités ou soumis à des conditions, a-t-elle ajouté.

La représentante cubaine a rappelé que son pays avait été touché, du 16 août au 10 septembre derniers, par les cyclones Gustav et Ike.  Même si les dommages provoqués par les deux ouragans se sont élevés à 8 milliards de dollars, le nombre de victimes a été minimal, a-t-elle expliqué, grâce aux énormes efforts des autorités cubaines pour évacuer et mettre à l’abri plus de 3 millions de personnes, soit 28% de la population.  Malgré les dégâts considérables, aucune personne malade à Cuba n’a été privée de soins, a-t-elle souligné, avant de remercier les pays, les organisations et les peuples qui ont contribué honnêtement et sincèrement aux efforts de reconstruction de son pays.  Ni les cyclones ni le blocus économique, commercial et financier, imposé contre Cuba par les États-Unis, ne décourageront les Cubains de continuer à travailler pour redresser le pays et de défendre les acquis de ces 50 dernières années, a promis la représentante, au nom d’un pays qui vient juste d’être frappé par Paloma, un autre ouragan.  Aujourd’hui, plus que jamais, nous demandons la fin du blocus génocidaire des États-Unis, a-t-elle ajouté, en rappelant la résolution que l’Assemblée a adoptée en ce sens, le 29 octobre dernier.  Le seul moyen d’affronter la fureur dévastatrice de la nature est d’ouvrir l’accès aux pays les plus affectés aux ressources infinies de la planète sans intérêts commerciaux ou égoïsme national.

M. ALEXANDER ALIMOV (Fédération de Russie) a estimé que toute activité humanitaire engagée sans respecter la résolution 46/182 de l’Assemblée générale revenait à politiser l’aide humanitaire et à saper le consensus international.  Il incombe au gouvernement hôte de définir l’itinéraire de l’acheminement des secours et de procéder à la sélection des partenaires humanitaires.  Nous sommes également convaincus, a poursuivi le représentant, que tous les partenaires humanitaires, y compris l’ONU, doivent respecter la souveraineté de l’État bénéficiaire.  Il a estimé que tout recours irréfléchi à des capacités militaires, pendant les opérations humanitaires, contredisait le principe de leur indépendance par rapport aux visées économiques, politiques et militaires.  Évoquant l’impact de l’actuelle crise alimentaire sur les opérations humanitaires, M. Alimov a estimé que la Déclaration de Rome, entre autres, permettra de consolider les efforts de la communauté internationale, à cet égard. 

Passant ensuite au problème des catastrophes naturelles, le représentant a souhaité que la coopération internationale se fasse sur la base d’une approche équilibrée entre les efforts d’atténuation des effets des changements climatiques et ceux liés à l’adaptation, en prévision des effets les plus extrêmes.  Il a prôné l’élaboration de mesures d’urgence conjointes qui permettraient de réduire de manière significative les pertes en vies humaines et économiques.  Il a insisté sur l’importance de renforcer les capacités nationales capables d’atténuer les conséquences des catastrophes naturelles, de développer des systèmes d’alerte rapide et d’appuyer la recherche scientifique.  M. Alimov s’est ensuite félicité de la mise en œuvre du Cadre d’action de Hyogo pour 2005-2015 et a précisé que la Fédération de Russie était prête à jouer un rôle actif lors de l’examen à mi-parcours qui débutera en juin 2009.  Parlant du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF), M. Alimov a souhaité qu’une plus grande attention soit accordée aux questions d’évaluation des besoins et de modifications des critères.  Nous espérons que l’harmonisation des approches prévaudra aux Nations Unies et permettra de stopper la tendance fâcheuse qu’est la politisation des questions humanitaires, a-t-il dit en guise de conclusion.

M. LUIS ENRIQUE CHÁVEZ (Pérou) a rappelé que son pays a subi le 15 août 2007 un tremblement de terre qui a provoqué la mort de 500 personnes et des dégâts évalués à des millions de dollars.  Tout en soulignant que les efforts de son pays ont permis d’affronter cette tragédie, il a reconnu que la réponse immédiate et le redressement qui ont suivi n’auraient pas été possibles sans l’aide généreuse et efficace de la communauté internationale.  Ce soutien démontre l’importance de l’aide humanitaire internationale et de son rôle pour sauver des vies humaines, a-t-il insisté. 

Le représentant péruvien a souligné l’importance de continuer à renforcer les systèmes d’alerte et de réduction de risques sur les plans national, régional et international.  L’échange de connaissances, d’expériences et de pratiques, ainsi que le transfert de technologie et l’octroi d’une assistance financière pour réduire les risques font partie des éléments du Cadre d’action de Hyogo, a-t-il rappelé.  Dans leur réponse aux catastrophes, les États et la communauté internationale doivent garder à l’esprit que, dans les moments de crise, les droits des victimes sont exposés et vulnérables, a-t-il souligné.  Par conséquent, il a jugé nécessaire d’accorder toute l’attention requise à la promotion et à la protection des droits de l’homme, en se concentrant sur ceux des femmes et des enfants, qui tendent à faire partie des groupes les plus vulnérables.

M. Chávez a plaidé pour le renforcement de la coopération entre les Nations Unies et les pays touchés par une situation d’urgence, afin d’assurer l’efficacité de l’assistance humanitaire et la sécurité du personnel humanitaire.  Le moyen le plus concret de coopérer est de garantir un accès rapide, sûr et sans entrave au personnel, équipes et matériel humanitaires.  Le représentant s’est déclaré préoccupé que dans certains cas d’urgence, le personnel humanitaire se retrouve face à différents types de menaces et, dans certains cas, fassent l’objet d’attaques délibérées.  Il est donc indispensable que les États prennent les mesures nécessaires pour éviter ces actes de violence, a-t-il estimé. 

M. MORTEN WETLAND (Norvège) a indiqué qu’il y a trois semaines, en pleine crise financière, son pays avait atteint l’objectif qu’il s’était fixé trois ans plus tôt de consacrer 1% de son produit intérieur brut au développement international et à l’aide humanitaire.  Par ailleurs, il a indiqué que la Norvège attendait de ses partenaires humanitaires qu’ils mettent en œuvre la parité entre hommes et femmes dans tous leurs programmes et activités, soulignant que cela n’était pas seulement nécessaire pour la justice et l’égalité, mais aussi pour la qualité de l’aide.  Si les femmes et les enfants sont particulièrement vulnérables dans les crises humanitaires, nulle part ailleurs que dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) cette situation n’est plus évidente.  M. Wetland a saisi cette occasion pour dénoncer le recours aux violences sexuelles comme arme de guerre, affirmant que le Conseil de sécurité avait un rôle essentiel à jouer dans le suivi de ses résolutions 1325 et 1820. 

Il a aussi défendu l’importance de l’espace humanitaire, qui doit être protégé et compris dans toutes les situations d’urgence.  Si le représentant s’est félicité de l’établissement du Fonds central d’intervention, il a cependant estimé que la communauté internationale devrait mieux se préparer aux crises humanitaires.  Elle semble plus encline à financer les efforts de secours qu’à investir dans la prévention.  L’adaptation aux changements climatiques, la prévention des risques et la préparation aux catastrophes doivent figurer en tête de l’ordre du jour de la réforme humanitaire, a insisté le représentant.  Il faut aussi, a-t-il ajouté, améliorer la transition de l’aide humanitaire au développement à long terme.  Il a, en conclusion, appelé à l’entrée en vigueur rapide et à la pleine mise en œuvre de la Convention sur les armes à fragmentation, « bonne mesure de prévention », qui sera ouverte à la signature à Oslo le 4 décembre prochain.

M. LIU ZHENMIN (Chine) a, à son tour, estimé que la résolution 46/182 de l’Assemblée générale constitue le fondement même de l’aide humanitaire.  Tous les acteurs humanitaires, a-t-il insisté, doivent adhérer aux principes d’humanité, de neutralité, d’impartialité et de respect de la souveraineté des États et de leur intégrité territoriale et unité nationale.  Le représentant a aussi cité le respect du droit international humanitaire, des lois nationales du pays hôte, et des coutumes et traditions locales.  C’est au pays hôte que revient la responsabilité de diriger, initier, organiser, coordonner et exécuter l’assistance humanitaire dans son territoire, a aussi estimé le représentant.  Tous les acteurs humanitaires, y compris l’ONU, ont l’obligation de renforcer la coopération avec le gouvernement hôte et faire plein usage des mécanismes locaux de coordination.  L’assistance technique doit impérativement correspondre aux besoins véritables du gouvernement et de la population, a encore insisté le représentant, au nom d’un pays qui a connu un tremblement de terre dévastateur le 12 mai dernier. 

M. Liu a ensuite souhaité que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires améliore son système de coordonnateurs résidents et de reddition des comptes.  OCHA doit aussi améliorer son approche sectorielle et renforcer sa capacité de coordination des secours et utiliser les ressources plus efficacement.  OCHA, a poursuivi le représentant, doit, tout en s’occupant des effets des changements climatiques, continuer à se concentrer sur les catastrophes non liées au climat.  Tout en soulignant l’importance du « caractère sensible » de la question de l’accès humanitaire, OCHA devrait davantage s’occuper de renforcer les capacités nationales.  Le représentant a aussi voulu que le Fonds central d’intervention continue d’affiner ses critères d’allocation des ressources, honorer son obligation de rendre des comptes et accroître sa transparence.  Le représentant a conclu en exhortant les acteurs humanitaires à mettre pleinement en œuvre la Déclaration et le Cadre d’action de Hyogo. 

M. ABDUL ALIM (Bangladesh) a souligné que le monde est en proie à des défis impressionnants dus aux catastrophes naturelles, de plus en plus graves et de plus en plus fréquentes.  Selon lui, les changements climatiques ont renforcé les défis auxquels se heurte la communauté internationale.  Les conséquences humanitaires sont astronomiques, a-t-il alerté, tout en soulignant que la crise financière actuelle et la hausse des prix des denrées alimentaires ont rendu ces défis encore plus difficiles.  Une plus grande capacité de prévision est essentielle pour l’action humanitaire, a-t-il affirmé.  Le représentant a souligné l’importance de renforcer les capacités régionales pour faire face aux catastrophes de grande ampleur qui dépassent les capacités locales. 

Pour y parvenir, il a jugé essentielle une augmentation des investissements dans la réduction des risques pour mettre en œuvre le Cadre d’action de Hyogo.  Il a plaidé pour une plus grande efficacité et coordination de l’aide.  Le Fonds central d’intervention, a-t-il dit, est un outil neutre et précieux, et il doit être appuyé de façon adéquate pour atteindre la cible annuelle de 500 millions de dollars.  Le représentant a également souligné que l’assistance humanitaire doit respecter les principes d’humanité, de neutralité et d’impartialité.  Il a également affirmé le besoin d’assurer la sécurité du personnel humanitaire.  Représentant un pays souvent touché par des catastrophes naturelles, il a indiqué que le Bangladesh affronte désormais des menaces nouvelles qui aggravent celles qui existaient déjà.  Il est donc important de réduire les risques de catastrophes et de mettre en place un système d’alerte rapide efficace, a-t-il dit, en appelant la communauté internationale à appuyer ses efforts.  

M. PETER MAURER (Suisse) a estimé qu’un accès rapide et sans entrave des organisations humanitaires à toutes les victimes, qu’elles résultent de conflits armés ou de catastrophes naturelles, était essentiel.  Consciente de cette problématique, a-t-il rappelé, la Suisse a organisé, les 30 juin et 1er juillet derniers à Montreux, une rencontre d’experts visant à identifier les principales contraintes à l’accès humanitaire en situation de conflit armé et à réfléchir aux moyens de les surmonter, tant aux niveaux juridique, politique qu’opérationnel.  La sécurité du personnel humanitaire et la protection du personnel des Nations Unies présentent un autre sujet de préoccupation majeure, a souligné le représentant.  Il est en effet impératif que les acteurs concernés respectent leurs obligations en la matière en vertu du droit international et en particulier du droit international humanitaire, a-t-il fait observer.  Il a donc encouragé le Secrétaire général à prendre les mesures requises pour la mise en œuvre, au sein du système des Nations Unies, des recommandations du rapport « Towards a Culture of Security and Accountability » du Groupe indépendant sur la sûreté et la sécurité du personnel et des locaux des Nations Unies dans le monde entier, publié en juin 2008.

En outre, a-t-il estimé, le moment est venu de consolider au niveau opérationnel les acquis de la réforme humanitaire.  La Suisse, a-t-il rappelé, s’est longtemps engagée en faveur d’une approche collaborative entre tous les acteurs humanitaires, y compris le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, les ONG nationales et internationales et la société civile.  Il a encouragé le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) à maintenir ses efforts pour une coordination consolidée afin que les synergies et les complémentarités opérationnelles soient exploitées, au mieux, au service des populations dans le besoin.  Enfin, une réponse efficace ne saurait se faire par ailleurs sans un leadership hautement compétent.  À cet égard, le représentant a souhaité voir l’amélioration des évaluations conjointes des besoins humanitaires, une gestion appropriée des diverses capacités des acteurs opérationnels et le souci constant des principes humanitaires.  Il nous importe aussi, a-t-il conclu, d’agir au-delà de la réforme humanitaire afin d’assurer une réponse collective plus efficace du système des Nations Unies aux besoins de protection des populations civiles avant, pendant et après une crise ou un conflit armé. 

Mme BYRGANYM AITIMOVA (Kazakhstan) a tout d’abord salué la tenue, au mois de décembre prochain, de la Conférence de haut niveau du Fonds central d’intervention, qui permettra de renforcer l’engagement politique et financier des États Membres.  Elle a ensuite souligné le rôle de plus en plus important du Bureau d’OCHA au Kazakhstan et a proposé de le transformer en centre de coordination pour la prévention et la lutte contre les situations d’urgence en Asie centrale.  Elle a aussi annoncé la volonté de son pays de créer, à l’aéroport d’Almaty, l’unité logistique du centre en question.  Almaty est idéalement située pour une réponse rapide aux situations d’urgence et un appui humanitaire en Europe et en Asie. 

Mme Aitimova a ensuite souligné que les changements climatiques et les conflits armés étaient exacerbés par la flambée des prix des denrées alimentaires et du carburant qui provoque des manifestations violentes dans de nombreux pays.  Pour atténuer les conséquences de ces crises, les pays donateurs devront allouer des ressources additionnelles aux opérations humanitaires.  Elle a affirmé que son pays avait apporté une aide humanitaire d’une valeur de 10 millions de dollars à l’Afghanistan, la Chine, Cuba, la Géorgie, Moldova, la Fédération de Russie, le Tadjikistan et l’Ukraine.

Signalant ensuite que le Kazakhstan affrontait de nombreux problèmes liés aux changements climatiques, imputables entre autres, aux essais nucléaires menés pendant 40 ans dans la région de Semipalatinsk, la représentante a demandé au Secrétaire général de publier, au cours de cette session de l’Assemblée, le rapport demandé dans la résolution pertinente, adoptée il y a trois ans. 

M. HENRI-PAUL NORMANDIN (Canada) a estimé qu’il est encore difficile d’obtenir des résultats concrets et durables en matière d’aide humanitaire.  Il a notamment évoqué la situation au Sri Lanka, en Somalie, au Zimbabwe, en Haïti et au Soudan, signalant ensuite que l’impossibilité pour les travailleurs humanitaires d’avoir un accès sûr aux populations touchées ne fait qu’aggraver les choses.  Il a dénoncé ceux qui, trop souvent encore, tentent de retarder voire refusent sciemment l’accès aux populations ou veulent le subordonner à des négociations politiques.  Ces obstacles, a-t-il dit, ne sont que l’expression d’un « mépris flagrant » des principes humanitaires.  Il a également condamné les attaques perpétrées contre les acteurs humanitaires et le détournement de convois d’aide, pour exhorter ensuite tous les États Membres à veiller à la protection et à la sécurité de tous ceux qui apportent une aide d’urgence essentielle aux populations dans le besoin.

Passant ensuite au Bureau de la coordination des affaires humanitaires, M. Normandin a estimé que la coordination par secteur d’activités s’avérait utile, notamment en aidant à améliorer la prévisibilité, la rapidité et l’efficacité de l’action humanitaire.  Elle permet aussi de remédier aux lacunes de la réponse humanitaire et de renforcer la coopération interinstitutions.  Il a cependant estimé qu’il importe de prendre conscience de la nécessité d’amener les gouvernements nationaux à veiller à la coordination de la réponse humanitaire.  Il faut aussi, a-t-il dit, appuyer les groupes sectoriels dont les résultats ne sont pas conformes aux attentes.  Le représentant a également souligné que pour qu’une action humanitaire soit efficace, il est essentiel de disposer de mécanismes de financement flexibles et adaptés aux besoins.  Nous devons également veiller à ce que l’utilisation de ces mécanismes de financement repose sur une évaluation des besoins digne de foi et fondée sur les faits, a-t-il dit.  Évoquant ensuite la crise alimentaire, M. Normandin a indiqué qu’au mois d’avril, le Canada avait annoncé une aide alimentaire supplémentaire de 50 millions de dollars de sorte que sa contribution dépasse les 230 millions de dollars pour l’année financière en cours.  Un accent particulier sera mis sur l’approvisionnement auprès des pays en développement, a précisé le représentant.

M. RIYAD MANSOUR, Observateur permanent de la Palestine, a souligné que l’aide internationale représente l’engagement inébranlable de la communauté internationale avec le peuple palestinien et la réalisation ultime de ses droits inaliénables.  Pendant les huit dernières années, les mesures et politiques délibérées, systématiques et illégales d’Israël ont représenté un fardeau de plus en plus lourd pour la société palestinienne et les donateurs, a-t-il regretté.  Elles ont souvent directement visé des projets financés par les donateurs, retardé le développement palestinien soutenu internationalement et forcé la mise en place d’un agenda de l’assistance plutôt que du développement.

En 2007, les pertes de revenus se sont élevées à 4 milliards de dollars, un prix intolérable pour un peuple vivant sous occupation et luttant pour sortir de la dépendance et de la détresse.  Ces huit dernières années ont vu la destruction et l’érosion de la capacité productive palestinienne et la transformation d’une économie fondée sur le secteur privé en une économie dépendante du secteur public et de l’aide extérieure. 

M. Mansour a souligné que les effets dévastateurs qu’auront dans les prochaines années, les graves restrictions à l’accès à la terre en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.  À Gaza, 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté et plus de 80% dépendent de l’aide alimentaire.  Gaza vit une grave crise humanitaire, a insisté le représentant.  Il a poursuivi en indiquant que les obstacles économiques imposés par Israël ne se limitent pas seulement au contrôle absolu de la terre et des ressources naturelles mais s’étendent à la sécurité financière de l’Autorité palestinienne et à sa capacité d’établir un plan de développement.  Israël confisque régulièrement les revenus fiscaux qu’il collecte au nom de l’Autorité palestinienne.

M. Mansour a rappelé que l’aide internationale au peuple palestinien a augmenté considérablement ces dernières années, sans réel effet sur la situation globale soumises aux politiques illégales d’Israël qui ne font qu’augmenter les besoins d’urgence.  Il a rappelé la présentation en décembre 2007, par l’Autorité palestinienne, du Plan de réforme et développement pour une période de trois ans, qui a attiré quelque 7,7 milliards de promesses de contributions de la part de la communauté internationale.  S’ils échappent à la répression de la puissance occupante, les Palestiniens, a promis le représentant, pourront dépasser les objectifs fixés.  N’oublions pas, a-t-il dit, que malgré les restrictions, l’Autorité palestinienne a enregistré en 1999 un excédent budgétaire.  M. Mansour a renouvelé son appel à la communauté internationale pour qu’elle mette fin aux pratiques illégales d’Israël pour assurer que l’aide soit orientée vers le développement plutôt vers l’aide d’urgence. 

M. AHMED AL-JARMAN (Émirats arabes unis) a souligné que le partenariat international et la coopération avec les Nations Unies constituent la manière la plus efficace d’obtenir les meilleurs résultats dans l’aide humanitaire.  Rappelant qu’au cours des trois dernières années, son pays a alloué une somme d’un milliard de dollars à l’aide humanitaire, le représentant a dit attacher une importance particulière à l’assistance au peuple palestinien qui vit une crise humanitaire due aux politiques hostiles et cruelles imposées par les forces d’occupation israéliennes.  De 1994 à 2008, les Émirats arabes unis ont déboursé quelque 4,2 milliards de dollars, a-t-il dit, avant de souligner l’urgence de contraindre Israël à mettre immédiatement fin à son agression, à lever son blocus, à respecter les résolutions internationales et à reprendre les négociations de paix, sur la base des résolutions pertinentes et de l’Initiative de paix arabe.  Il a également appelé les pays donateurs à renforcer leur aide au peuple palestinien, en attendant la fin de l’occupation et la création d’un État indépendant.  

M. AL-BAHI (Soudan) a déclaré qu’il fallait prendre en considération tous les aspects relatifs aux situations de crise humanitaire pour renforcer l’efficacité de l’aide.  Les activités des organisations humanitaires doivent se fonder sur les principes de neutralité et d’impartialité, a-t-il rappelé, avant d’attirer l’attention sur l’importance du rôle que doit aussi jouer le pays d’accueil.  Le Gouvernement soudanais a pris pour sa part les dispositions qui s’imposaient afin de faciliter le travail des organisations humanitaires déployées sur le terrain et protéger ses citoyens dans la province du Darfour, a affirmé le représentant soudanais.  Il a ensuite souligné la nécessité de travailler davantage sur le passage de la phase de secours à celle du relèvement et de la reconstruction.  Il a dénoncé, en conclusion, le fait que certaines ONG mènent des activités à caractère politique sous le prétexte fallacieux de prêter assistance aux populations locales.

M. NORIHIRO OKUDA (Japon) s’est déclaré préoccupé par l’impact de la crise alimentaire actuelle sur l’aide humanitaire.  La communauté internationale doit traiter de cette question pour réaliser la sécurité humaine.  Il a souhaité que tous les États Membres répondent favorablement à l’appel lancé par le G-8 à la communauté internationale, lors de son dernier Sommet, visant à l’élargissement de l’aide d’urgence à toute personne qui souffre de la faim et de la malnutrition, la suppression des restrictions imposées aux exportations de produits agricoles et l’augmentation de l’aide et des investissements dans le secteur agricole des pays en développement.  Depuis le mois de janvier, a-t-il dit, le Japon a fourni environ 1,5 milliard de dollars en aide alimentaire et autre assistance agricole. 

Le représentant a souligné que les dégâts à grande échelle provoqués par le cyclone Nargis au Myanmar et par le tremblement de terre en Chine ont rappelé l’importance de la préparation aux catastrophes et de la réduction de risques.  Il a cité l’exemple de Cuba, un pays qui a sauvé la vie de nombreuses personnes grâce aux séries de mesures prises avant l’arrivée d’un cyclone.  Faisant valoir l’expérience de son pays, le représentant a rappelé la contribution de son pays à la formulation du Cadre d’action de Hyogo et au développement du système d’alerte au tsunami.  Le Japon a aussi créé le Réseau de gestion des catastrophes naturelles et de contrôle des maladies infectieuses pour la région d’Asie.  Le pays a aussi l’intention de renforcer la coopération régionale à travers le Centre asiatique pour la réduction des risques. 

M. Okuda a annoncé qu’aux côtés du Brésil et de la Suisse, son pays propose la proclamation d’une journée internationale de l’humanitaire pour rendre hommage aux agents humanitaires qui ont perdu leur vie dans l’exercice de leurs fonctions et sensibiliser l’opinion publique à l’importance de l’aide humanitaire.  Nous souhaitons appeler toutes les parties aux conflits dans le monde à respecter les principes d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance de cette aide et à renforcer la coopération avec les activités humanitaires. 

M. PIRAGIBE DOS SANTOS TARRAGÔ (Brésil) a souligné l’importance que son pays attache aux principes de non-intervention et de non-indifférence qui, a-t-il estimé, ne s’excluent aucunement, bien au contraire.  Ils se renforcent quand les activités des différents acteurs humanitaires sont menées de manière transparente.  Nier l’accès à l’aide humanitaire est une violation du droit international humanitaire, des droits de l’homme et du droit des réfugiés, a-t-il rappelé.  Il a souhaité que des efforts supplémentaires soient déployés pour renforcer les capacités nationales et locales, arguant qu’investir dans la préparation aux catastrophes permet de sauver de nombreuses vies et de diminuer le coût des secours. 

Le représentant a ensuite condamné les attaques qui ciblent les agents humanitaires et a proposé, à l’instar du Japon, de proclamer une journée commémorative pour honorer la mémoire des travailleurs humanitaires qui ont trouvé la mort dans l’exercice de leurs fonctions.  Il a ensuite indiqué que le Brésil avait fourni, en 2007 et en 2008, une aide humanitaire d’une valeur de 15 millions de dollars à 20 pays d’Amérique latine, des Caraïbes et d’Afrique.  Ne dérogeant pas pour autant à son devoir vis-à-vis des agences humanitaires, le Brésil, a poursuivi le représentant, est en train de mettre au point une approche à deux buts consistant à acheter les produits agricoles destinés à l’aide auprès des petits agricoles brésiliens mais aussi des pays affectés et à contribuer ainsi à la lutte contre la pauvreté dans les zones rurales.  Le représentant a aussi fait part de ses préoccupations concernant la situation humanitaire en Palestine.  Le Brésil a l’intention de fournir une assistance technique dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la santé, des sports et des élections.  En 2007, a rappelé le représentant, le Brésil a accueilli 117 réfugiés palestiniens.  Il a aussi rappelé que son pays accueillera en mai 2009, la deuxième Réunion régionale sur le renforcement des partenariats humanitaires internationaux.  

Mme KIRSTY GRAHAM (Nouvelle-Zélande) s’est félicitée de l’évaluation positive qu’a faite le Secrétaire général, du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires, estimant cependant que des progrès étaient nécessaires en matière de qualité, d’efficacité, de rapidité et de transparence.  Mme Graham a ensuite indiqué que son pays continuera de contribuer au Fonds et aux budgets des autres agences multilatérales pour leur permettre de hiérarchiser leurs activités en fonction des priorités stratégiques.  Appuyant le rôle de coordination d’OCHA, elle a souhaité qu’il reconnaisse la part que peuvent jouer les communautés, les ONG, le Mouvement de la Croix-Rouge et le secteur privé.  Mme Graham s’est aussi dite profondément préoccupée par la recrudescence des attaques délibérées contre les travailleurs humanitaires et a exhorté toutes les parties à un conflit à respecter la Convention sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé.

M. T. VANCE MACMAHAN (États-Unis) a estimé que les problèmes d’accès aux populations sont l’obstacle le plus important à la rapidité et à la qualité de la réponse humanitaire.  La communauté internationale attend des Nations Unies qu’elles mènent les efforts de plaidoyer pour un accès sans entrave de l’aide humanitaire.  Le représentant a également estimé qu’un engagement renouvelé de tous les États Membres à protéger les travailleurs humanitaires est un élément essentiel à l’amélioration de l’efficacité et de la coordination de l’aide humanitaire.  Soulignant que les conflits sont la première cause des déplacements massifs des populations, il a expliqué que l’une des priorités de son pays est de protéger les femmes et les enfants de la violence fondée sur le sexe.  Il a jugé que la prévention et la réponse à ce type de violence doivent être planifiées dès le début d’une intervention d’urgence. 

Le représentant a salué les progrès réalisés dans l’application de l’approche sectorielle et a engagé l’ONU à pleinement intégrer et à opérationnaliser cette approche sur le terrain.  Tout en se félicitant de la création du Fonds central, le représentant a mis l’accent sur les mécanismes bilatéraux et régionaux qui existent déjà.  Aucun mécanisme ne devrait être préféré à un autre et une multitude de mécanismes et de réponses est nécessaire dans l’environnement complexe actuel.  Le représentant a appuyé les principes de neutralité, d’impartialité, d’indépendance et de robustesse de l’aide.  Il a engagé les États Membres à appuyer la gestion de la réforme de l’ONU qui cherche à développer des systèmes forts d’évaluation des besoins et des performances.  De son avis, étant donné la complexité des opérations de secours, il est important de garantir l’espace humanitaire et l’impartialité des secours.

M. ABDALLAH AHMAD AL SALEM (Koweït) a déclaré que son pays était à l’avant-garde des États qui prêtent une assistance humanitaire aux populations touchées par des catastrophes naturelles.  Au cours des trois dernières années, il a dépensé un montant de 700 millions de dollars pour venir en aide à de nombreux pays et régions du monde entier, a fait valoir le représentant, avant de dire que la communauté internationale devait s’efforcer d’atteindre l’objectif de 500 millions de dollars annuels fixé par l’Assemblée générale pour le CERF.  Saluant les activités des Nations Unies, le représentant a exprimé sa préoccupation devant le fait que les personnels de l’ONU et des agences humanitaires étaient devenus la cible d’attaques.  Il a donc appelé les pays hôtes à tout mettre en œuvre pour garantir la sécurité de ceux qui travaillent dans le secteur humanitaire.  Il a ensuite dit que le suivi et la mise en œuvre des engagements pris par la communauté internationale pour venir en aide aux Palestiniens incombaient à tous.  Il a demandé qu’Israël cesse ses pratiques inhumaines contre le peuple palestinien et a souligné la nécessité de lever les restrictions sévères à la liberté de mouvement imposées dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.  Il a également appelé à la cessation des activités de peuplement et de la construction du mur de séparation, qui ne font qu’entraîner la détérioration de l’économie locale et perturber la distribution de l’aide humanitaire d’urgence, a-t-il souligné.

M. CLAUDE HELLER (Mexique) a appelé à redoubler d’efforts pour diminuer le nombre de victimes et réduire le coût des dommages, face à l’impact négatif des changements climatiques.  Il s’est déclaré convaincu que le Cadre d’action de Hyogo est un pas ferme dans cette direction, étant donné qu’il offre une orientation spécifique sur les mesures à prendre à tous les niveaux de gestion des risques.  Il est temps de comprendre et de traiter les incidences des catastrophes naturelles et des changements climatiques d’une manière holistique, a-t-il dit.

M. Heller a souligné que le renforcement de la coordination de l’aide humanitaire exige l’engagement et la participation active dans le dialogue politique à tous les niveaux.  Elle exige aussi la formation de capacités et la prévisibilité des ressources financières.  Il a ainsi estimé que le Fonds central permet de répondre, en temps voulu, aux situations d’urgence.  Le représentant a souligné l’importance de disposer de règles communes et d’outils qui facilitent la demande et la réception de l’aide humanitaire.  La coordination de l’aide humanitaire doit être basée sur la synergie entre les mécanismes existant aux niveaux international, régional, sous-régional et national.

En cas de crise, a déclaré M. Heller, les États doivent mesurer les limites de leurs capacités nationales et user de leur prérogative de demander et de recevoir l’aide dans des conditions et modalités adéquates.  Cependant, ceux qui invoquent leur souveraineté face à l’aide extérieure, sans prendre en compte les besoins des populations touchées, fragmentent les piliers sur lesquels cette aide repose et mettent en danger la vie, la dignité et la santé des populations, a-t-il déclaré.

Mme FLEUR MARGARET DAVIES (Australie) a estimé que, malheureusement, il y avait des raisons de penser que la demande d’assistance humanitaire ne cesserait de croître à l’avenir.  Les investissements dans la prévention des risques de catastrophes naturelles et dans le renforcement de la coordination seront donc essentiels si la communauté internationale veut relever les défis qui vont se poser à elle.  La réduction des risques de catastrophes devrait être incorporée à l’action humanitaire et aux efforts de secours d’urgence afin de renforcer la résistance et la capacité de préparation des communautés, a affirmé la représentante.  Elle a ensuite plaidé en faveur d’une approche sectorielle, qui a démontré l’an passé son efficacité dans de nombreuses situations d’urgence.  Même si une telle approche doit être améliorée, en prenant par exemple en compte le principe de responsabilité nationale, ses avantages sont déjà visibles, a assuré la délégation.  En outre, il est impératif qu’une perspective sexospécifique soit intégrée dans tous les aspects de la planification des activités humanitaires et de sensibiliser les Casques bleus et les personnels humanitaires aux besoins de protection des femmes et des enfants, a estimé le représentant.  Elle a enfin exhorté à une mise en œuvre intégrale de la résolution 1325 du Conseil de sécurité et, en particulier, aux dispositions concernant l’accès sans entrave des femmes aux services de santé reproductive dans les situations d’urgence.

M. CHIRACHAI PUNKRASIN (Thaïlande) a estimé qu’un leadership national est essentiel pour garantir la réussite de toute aide humanitaire.  Il a cité en exemple la réaction des pays frappés par le tsunami en 2004 et a indiqué que la Thaïlande s’efforçait de reconstruire les structures endommagées.  Le représentant a souligné le rôle important des communautés locales à cet égard, ainsi que celui des réformes administratives et juridiques engagées par la Thaïlande, notamment la création en 2007 d’une loi sur la prévention et l’atténuation des effets des catastrophes.  Le représentant a ensuite estimé que lorsque la capacité nationale d’un pays s’avère insuffisante pour réagir à une situation humanitaire d’urgence, les pays de la région peuvent fournir leur appui. 

Il a notamment évoqué la réponse du leadership régional après le passage du cyclone Nargis au Myanmar et a indiqué que cela avait contribué à revigorer l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE).  M. Punkrasin a indiqué que la Thaïlande, qui préside l’ANASE, s’attachait dorénavant à renforcer les dispositifs régionaux de réduction des risques, de prévention, d’atténuation et de réaction aux désastres.  Il a également estimé qu’un leadership international permettrait de renforcer à la fois les initiatives nationales et régionales.  Le représentant de la Thaïlande a ensuite indiqué que son pays avait augmenté sa contribution au Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires pour atteindre 20 000 dollars.  Les pays en développement doivent pouvoir bénéficier d’un plus grand appui technique et financier à leurs efforts de réduction et de préparation aux risques de catastrophes naturelles.  Il a également engagé la communauté internationale à répondre aux problèmes posés par les changements climatiques, relevant que ce phénomène conduit à une augmentation du nombre de catastrophes naturelles.

M. ANDRIES OOSTHUIZEN (Afrique du Sud) a noté que le système humanitaire des Nations Unies devait actuellement faire face à des demandes de plus en plus pressantes, du fait de défis aussi variés que les changements climatiques, l’augmentation des prix des denrées alimentaires ou encore la crise financière.  Il a rappelé les résultats de la dernière Conférence de haut niveau de juin 2008 sur la sécurité alimentaire, et notamment l’impact négatif des prix élevés des denrées alimentaires sur les budgets des organisations humanitaires telles que le Programme alimentaire mondial (PAM).  Il a souligné, dans ce cadre, le rôle décisif joué depuis 2005 par le Fonds central, qui permet de prendre des mesures rapides en cas de situations d’urgence.  À ce titre, M. Oosthuizen a déclaré que son pays soutenait l’appel du Secrétaire général pour une augmentation des moyens de ce Fonds.  Les défis demeurent cependant, a précisé M. Oosthuizen, et des solutions devront être trouvées rapidement pour permettre aux ONG d’accéder plus rapidement aux contributions du CERF ou pour améliorer la communication sur le rôle et l’utilisation des ressources de ce Fonds.

M. Oosthuizen a ensuite insisté sur la nécessité de partenariats effectifs entre États Membres, organisations humanitaires des Nations Unies et ONG dans le domaine de l’assistance humanitaire, et a rappelé que certains pays n’avaient pas les moyens de répondre aux catastrophes humanitaires de grande échelle.  À ce titre, il a encouragé les Nations Unies à faire plus pour aider ces pays à renforcer leurs capacités humanitaires.  Il s’est toutefois déclaré favorable au respect des principes d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance en matière de fourniture d’aide humanitaire.  Il a conclu son intervention en faisant part de l’inquiétude de sa délégation, s’agissant des attaques de plus en plus fréquentes contre les Nations Unies et le personnel humanitaire à travers le monde.

M. CARLOS SUAREZ (Colombie) a souligné que son pays a mis en œuvre des politiques solides de réponse humanitaire face à des situations qui découlent de la violence provoquée par des groupes armés illégaux.  L’accès prioritaire des déplacés et des victimes de la violence aux services sociaux de l’État, la stabilisation socioéconomique et les réparations constituent des parties importantes de ces initiatives.  Il a rappelé que la violence a diminué ces dernières années en Colombie, notamment grâce à la politique de sécurité démocratique et à la démobilisation massive des anciens membres de groupes armés illégaux.  La consolidation de la sécurité est décisive pour réduire les facteurs qui ont donné lieu à des situations d’urgence humanitaire. 

À propos des catastrophes provoquées par les changements climatiques, le représentant a souligné le rôle de la coopération internationale et du transfert de technologie pour le développement de systèmes d’alerte rapide et le renforcement des capacités nationales de préparation et de réponse aux catastrophes.  Sur la question de la sécurité du personnel humanitaire, il a plaidé pour l’élargissement du dialogue et de la coopération entre les Nations Unies et les gouvernements hôtes afin d’identifier les risques, échanger des informations et définir des mesures de protection plus efficaces face à de possibles actes de violence.

Enfin, le représentant a souligné que la coopération des Nations Unies et d’autres acteurs doit se faire conformément aux principes d’humanité, d’impartialité et de neutralité, comme le souligne la résolution 46/182 de l’Assemblée générale.  Il a également prôné une coordination adéquate avec les programmes nationaux et les autorités des États touchés.  

M. ADE PETRANTO (Indonésie) a relevé que les catastrophes naturelles avaient nui à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Il en ressort que l’aide humanitaire est d’autant plus nécessaire, non seulement pour venir en aide aux victimes, mais également pour appuyer les efforts de développement, a-t-il estimé.  Il a souhaité qu’un mécanisme efficace, établi sur la base de la demande, soit mis sur pied à cette fin.  Il a également souligné l’importance de renforcer le rôle d’OCHA et a estimé que les synergies qui existent entre ce dernier et le Fonds central sont capables d’améliorer les efforts de la communauté internationale.  Il s’est félicité des résultats « encourageants » du Fonds et a engagé les États Membres à continuer d’y contribuer.

Le représentant a estimé qu’il incombait à chaque pays d’établir des mesures capables d’atténuer les conséquences des catastrophes.  Il a cependant relevé que de nombreux pays en développement ne disposent pas des capacités leur permettant de répondre avec rapidité aux situations d’urgence ou d’établir des programmes de redressement à plus long terme.  Il a appelé l’ONU à appuyer le renforcement des capacités de ces pays, dans le domaine de la prévention notamment.  M. Petranto a ensuite expliqué que l’Indonésie avait lancé, ce jour même, un système d’alerte rapide en cas de tsunami.  Il a également indiqué que son pays était à la recherche d’États Membres qui souhaiteraient se porter coauteurs de la résolution sur la reconstruction après le passage du tsunami dans l’océan Indien.

M. ABDULLAH HUSSAIN HAROON (Pakistan) a rappelé que son pays avait subi des catastrophes naturelles de grande magnitude ces dernières années.  Le tremblement de terre de 2005 a aidé le Pakistan à prendre de conscience de l’importance pour un pays de se préparer à de tels phénomènes, a indiqué le représentant.  Au nombre des leçons apprises, il a cité l’intégration de la dimension « réduction des risques de catastrophes » à toutes les politiques de développement.  M. Haroon a aussi mentionné l’importance de développer et de renforcer les institutions, mécanismes et capacités à tous les niveaux, en particulier au niveau communautaire, pour renforcer la résistance aux catastrophes naturelles.  Les communautés sont celles qui répondent en premier aux effets des catastrophes, a-t-il souligné, avant d’attirer l’attention de l’Assemblée sur le mécanisme décentralisé que son pays a mis en place pour la préparation aux catastrophes et leur gestion.  En font partie l’Autorité de reconstruction et de relèvement, la Commission nationale de la gestion des catastrophes, présidée par le Premier Ministre, les commissions provinciales, les autorités de districts et le Cadre national de gestion qui oriente les travaux de tout le système.  Dès la prochaine année académique, la gestion des catastrophes naturelles sera incluse aux cursus des écoles pakistanaises, a conclu la délégation.

Mme CHRISTINE BEERLI, Comité internationale de la Croix-Rouge (CICR), a rappelé le lourd tribut payé par les populations dans tous les pays du monde du fait des conflits armés dont les conséquences, a-t-elle précisé, sont accrues par les catastrophes naturelles.  Elle a souligné le rôle unique joué par le CICR dans le soutien à ces populations et expliqué que la violence avait dans plusieurs pays de graves conséquences sur les populations civiles, et qu’elle augmentait également les risques de rejet et d’instrumentalisation du travail humanitaire.  S’agissant de la sécurité du personnel humanitaire, elle a rappelé les principes de neutralité et d’indépendance qui guidaient l’action de son organisation dans des régions comme le Darfour ou l’Afghanistan.  Cette approche, a-t-elle expliqué, est la plus adaptée pour accéder aux populations et être acceptée par les parties belligérantes. 

Mme Beerli a ensuite procédé au descriptif des mutations du travail humanitaire, sur le plan de l’expertise, de la logistique, du militaire et du politique.  Elle a fait part de l’inquiétude de sa délégation eu égard aux définitions de l’humanitaire adoptées par les États en fonction des contextes, tout en soutenant le rôle de ces États dans la prévention et la résolution des conflits et la mise en place de conditions postconflits bénéfiques pour les populations.  Elle a aussi rappelé que les personnes déplacées avaient des besoins de plus en plus urgents.  En 2007, a-t-elle rappelé, le CICR a ainsi offert protection et assistance à 4,1 millions de personnes déplacées dans 27 pays.

La représentante a conclu son intervention en réitérant son souhait de voir s’instaurer une coopération dynamique, respectueuse des principes de neutralité et d’indépendance, entre le CICR, les agences des Nations Unies et les ONG, afin de répondre efficacement aux situations humanitaires d’urgence.  Cette coordination est fondamentale pour faire face à la complexité des crises actuelles et à l’augmentation constante de la demande humanitaire, a-t-elle déclaré.

M. MICHAEL SCHULZ, Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FISCR), a indiqué que la FICR a identifié plusieurs défis opérationnels clefs que la communauté internationale affronte.  Le nombre des situations d’urgence est en train d’augmenter, notamment en Afrique, de même que celui des catastrophes de petite échelle qui ne conduisent pas à une réponse internationale ou à des appels de fonds.  De plus, la nature des réponses internationales est en train de changer, avec le rôle émergeant des organismes et les mécanismes régionaux, et la réticence de certains pays à accepter une aide extérieure non sollicitée, a expliqué le représentant. 

Ces deux situations se sont produites récemment au Myanmar où la FISCR a dû relever le défi de développer rapidement un mécanisme capable de travailleur avec les arrangements conçus par l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, a-t-il déclaré.  Il s’est avéré important de disposer d’un mécanisme tout à fait conforme aux réalités locales, a-t-il insisté.  Tirant les conclusions de cette expérience, il a souligné la nécessité de garantir que toutes les opérations humanitaires et de développement soient mises en œuvre de façon à encourager et à soutenir la consolidation de communautés sûres et résistantes et de garantir les efforts de réduction des risques.

Le représentant a estimé que les négociations actuelles autour de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques fournissent l’occasion de renforcer et d’intégrer la gestion des risques liés au climat dans la gestion globale des risques de catastrophes et d’améliorer la cohérence des processus de développement à long terme.  Le représentant a ensuite salué l’appel du Secrétaire général pour un engagement financier multiannuel dans le domaine humanitaire.  Il s’est notamment réjoui qu’il ne se limite pas au Fonds central d’intervention, étant donné que les organisations qui ne font pas partie de l’ONU n’y ont pas accès, alors que des acteurs humanitaires comme la FISCR ont vraiment besoin d’un financement.  Il s’est donc félicité du dialogue que sa Fédération prévoit de tenir avec OCHA.  Il a aussi salué l’appel du Secrétaire général pour l’augmentation des fonds destinés aux activités de réduction des risques.  Il a conclu en faisant part des progrès enregistrés par sa Fédération en vertu du IDRL, à savoir les lois, règles et principes de la réponse internationale aux catastrophes naturelles.  

M. LUCA DALL’OGLIO, Organisation internationale pour les migrations (OIM), a rappelé qu’une partie importante du travail de l’OIM dans les situations de déplacements et mouvements de population dépendait de la collaboration des pays d’accueil.  Des partenariats solides avec ces acteurs sont « essentiels » pour subvenir aux besoins humanitaires les plus urgents, a-t-il expliqué.  Il a rappelé que son organisation centrait son action sur les personnes déplacées et les migrants dans le cadre d’une « approche de responsabilité sectorielle » permettant de combler les lacunes des réponses nationales aux crises humanitaires.  M. Dall’Oglio a rappelé que son organisation continuait à jouer un rôle actif en vue de l’incorporation de la question du changement climatique dans les priorités humanitaires, notamment par le biais de réunions informelles avec d’autres agences afin de déterminer une typologie et une terminologie de la migration et du déplacement, ou encore en participant à l’Alliance sur le changement climatique, l’environnement et les migrations.  Il s’est enfin félicité de la flexibilité du CERF en tant qu’instrument important pour la réponse humanitaire en cas d’urgence, se félicitant notamment du critère de « sauvetage des vies » adopté par le CERF pour appuyer son action.  

Exerçant son droit de réponse, le représentant du Myanmar a réagi à la déclaration de la FISCR.  Sans comprendre la raison pour laquelle la Fédération a mentionné son pays, il a souligné que son gouvernement avait réagi rapidement et que l’aide humanitaire était parvenue très vite aux personnes touchées.  Il a notamment rappelé la création d’un groupe tripartite comprenant le Myanmar, les Nations Unies et les États membres de l’ANASE, qui a contribué à une bonne coordination des efforts.

À l’issue du débat, l’Assemblée générale a adopté par consensus la résolution sur l’assistance économique spéciale au Yémen (A/63/L.21), aux termes de laquelle, se déclarant préoccupée par les inondations et les fortes pluies qui ont touché les provinces orientales du Yémen le 24 octobre 2008, elle inviteles États Membres et les organes concernés des Nations Unies ainsi que les institutions financières internationales et les organismes de développement à fournir au Yémen une assistance économique et technique pour les opérations de relèvement et de remise en état.  L’Assemblée invite également la communauté internationale, le système des Nations Unies et d’autres organisations internationales à renforcer les capacités du Yémen en matière de gestion des risques liés aux catastrophes et de préparation en prévision des catastrophes.

Dans son explication de position, le représentant du Yémen a remercié chaleureusement tous ceux quoi ont appuyé la résolution.  Nous nous félicitons, a-t-il dit, de l’aide multiforme accordée par les États amis, la communauté des donateurs, les institutions internationales, les institutions financières internationales et les agences de secours humanitaire.  Nous espérons que davantage d’assistance économique et technologique sera accordée au Yémen pour l’aider à surmonter les effets des inondations qui ont frappé certaines régions du pays, a-t-il ajouté.  Les moyens étant limités, nous attendons l’aide de la communauté internationale.  

Rapport de la Cour pénale internationale (CPI)

Au titre de cette question, l’Assemblée a adopté sans vote la résolution (A/63/L.19 ), aux termes de laquelle elle demande aux États parties au Statut de Rome qui ne l’ont pas encore fait, de se doter des textes voulus pour exécuter les obligations découlant du Statut et de coopérer avec la Cour à l’accomplissement de sa mission.  Elle invite également les États tenus de le faire à apporter cette coopération et cette assistance à l’avenir, en particulier en matière d’arrestation et de transfèrement, de communication de preuves, de protection et de relocalisation des victimes et témoins, et d’application effective des peines. 

L’Assemblée générale prie les organisations régionales d’envisager de conclure des accords de coopération avec la Cour et engage les États à verser des contributions au Fonds d’affectation spéciale créé au profit des victimes de crimes relevant de la compétence de la Cour ainsi qu’au Fonds d’affectation spéciale pour la participation des pays les moins avancés (PMA).

Expliquant sa position, le représentant du Soudan s’est catégoriquement dissocié du consensus.  Il s’est déclaré en effet préoccupé par le fait que, plutôt que de rester fidèle aux aspirations de ses États parties, le Procureur de la CPI ait malheureusement choisi de faire de cette juridiction un outil à des fins non avouées, faisant peser des menaces sur la paix et la stabilité du Soudan.  Il n’est pas surprenant, a-t-il dit, que toutes les organisations régionales et internationales aient déploré vigoureusement la saisine de la CPI contre le leadership du Soudan, affirmant d’une seule voix que cela risquait d’hypothéquer la paix et la sécurité au Soudan et dans la région toute entière. 

Il est regrettable, a encore dit le représentant, que le Procureur ait négligé les principes fondamentaux du droit international et choisi de prendre pour cible un État Membre de l’ONU qui n’est pas partie au Statut de Rome, ne tenant également pas compte de l’immunité dont bénéficient les chefs d’État.  Nous espérons que la prochaine Réunion des États parties permettra de rectifier les erreurs du Procureur, a-t-il conclu.

Pour sa part, le représentant du Costa Rica a indiqué que la CPI était un instrument légitime et que ce n’est qu’en travaillant de manière incessante que l’on pourra convaincre ceux qui sont encore sceptiques devant l’importance d’une telle juridiction.  Il ne faut pas s’étonner du refus de certaines puissances de se soumettre à la primauté du droit international, nous savons très bien de qui il s’agit, a-t-il lancé.  Les peuples et les États qui ont ratifié le Statut de Rome doivent continuer de défendre la Cour et son Procureur, a-t-il dit. 

Le représentant a toutefois regretté que sur les sept mandats d’arrêt en cours, certains aient été émis, il y a trois ans déjà, sans pour autant être exécutés.  Ce n’est pas le rôle de la Cour d’exécuter ces mandats, a-t-il rappelé, soulignant que c’était aux États Membres de s’en charger.

Enfin, la représentante des États-Unis a rappelé que son pays n’est pas partie au Statut, avant de dissocier du consensus.  La préoccupation des États-Unis concerne les moyens dont dispose la CPI et non ses objectifs, a-t-elle souligné.  Elle a rappelé que son pays a toujours essayé de promouvoir la primauté du droit et de traduire en justice les auteurs de violations.  Or, a-t-elle dit, nous ne pouvons pas ignorer les crimes terribles survenus tout au long du conflit au Darfour et l’ampleur des souffrances humaines que le monde a observées.  Les États-Unis respectent le droit des États à devenir partie au Statut et espèrent, en la matière, la réciprocité.  En matière de coopération avec la CPI, les États-Unis, a expliqué la représentante, auraient voulu que la résolution fasse la distinction entre États parties et non parties.  Elle s’est d’ailleurs réjouie que la prochaine Conférence des États parties tienne compte des préoccupations des États non parties.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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