L’ASSEMBLÉE SE FÉLICITE DE L’INITIATIVE DE LA CARICOM D’ÉRIGER AU SIÈGE DE L’ONU À NEW YORK UN MÉMORIAL POUR LES VICTIMES DE L’ESCLAVAGE

20 octobre 2008
AG/10769

L’ASSEMBLÉE SE FÉLICITE DE L’INITIATIVE DE LA CARICOM D’ÉRIGER AU SIÈGE DE L’ONU À NEW YORK UN MÉMORIAL POUR LES VICTIMES DE L’ESCLAVAGE

20/10/2008
Assemblée générale
AG/10769
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-troisième session

29e séance plénière – matin

L’ASSEMBLÉE SE FÉLICITE DE L’INITIATIVE DE LA CARICOM D’ÉRIGER AU SIÈGE DE L’ONU À NEW YORK UN MÉMORIAL POUR LES VICTIMES DE L’ESCLAVAGE

Après avoir achevé son débat sur la mise en œuvre du Nouveau Partenariat pour le développement en Afrique (NEPAD), l’Assemblée générale a unanimement adopté un projet de résolution* dans lequel elle se félicite de l’initiative prise par la Communauté des Caraïbes (CARICOM) d’ériger, au Siège de l’ONU, un Mémorial permanent « en souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves ».

Le projet de Mémorial, se félicite aussi l’Assemblée générale, sera supervisé par un Comité d’États du monde entier, en particulier des Caraïbes et de l’Union africaine, qui travailleront en coopération avec l’UNESCO, le Centre Schomburg pour les recherches sur la culture noire, la Bibliothèque municipale de New York et la société civile.  La Jamaïque a été élue à la présidence du Comité, qui sera aussi chargé d’administrer le Fonds de contributions volontaires créé pour l’érection du Mémorial. 

Dans la même résolution, l’Assemblée générale demande aux États Membres qui ne l’ont pas encore fait, comme elle les en a priés dans sa résolution 61/19 du 28 novembre 2006, d’élaborer des programmes éducatifs pour enseigner et inculquer aux générations futures, les enseignements, l’histoire et les conséquences de l’esclavage et de la traite des esclaves. 

Le Kenya, au nom du Groupe des États d’Afrique, Cuba, le Maroc, le Ghana, les États-Unis, la Fédération de Russie, les Bahamas et l’Inde se sont félicités de la résolution qui a été présentée par Guyana, au nom du CARICOM.  Qualifiant la traite transatlantique de « crime de lèse-humanité », le Président de l’Assemblée générale, Miguel d’Escoto, a averti que l’esclavage continue d’exister d’une manière souvent « invisible et tolérée ».  Il a cité le modèle socioéconomique qui traite les personnes comme des marchandises et le système des relations sociales de domination et de dénigrement, alors que d’autres délégations ont cité la traite des êtres humains.

Avant d’adopter cette résolution, l’Assemblée générale avait achevé son débat sur le NEPAD, en entendant les interventions du Rwanda, de l’Italie, du Kazakhstan, des États-Unis, du Malawi, du Saint-Siège et de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. 

Le Président de l’Assemblée générale a relevé que de nombreux orateurs avaient estimé que la crise financière actuelle ne devait pas remettre en question la coopération technique et l’ouverture des marchés des pays du Nord sur lesquels comptent les pays africains.  La solidarité exprimée par les pays industrialisés et par les pays en développement d’Amérique latine, des Caraïbes et de l’Asie-Pacifique, souligne le ferme engagement vis-à-vis du NEPAD, s’est-il notamment félicité.  La première partie de ce débat avait eu lieu le mercredi 15 octobre.

L’Assemblée générale poursuivra ses travaux mercredi 22 octobre à 10 heures avec l’élection de 18 nouveaux membres au Conseil économique et social (ECOSOC).

* A/63/L.5

NOUVEAU PARTENARIAT POUR LE DÉVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE: PROGRÈS ACCOMPLIS DANS LA MISE EN ŒUVRE ET APPUI INTERNATIONAL; LES CAUSES DES CONFLITS ET LA PROMOTION D’UNE PAIX ET D’UN DÉVELOPPEMENT DURABLES EN AFRIQUE: RAPPORTS DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL (A/63/206 ET A/63/212); 2001-2010: DÉCENNIE POUR FAIRE RECULER LE PALUDISME DANS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT, PARTICULIÈREMENT EN AFRIQUE

NOTE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL (A/63/219)

Suite du débat conjoint

M. JOSEPH NSENGIMANA (Rwanda) a expliqué que les technologies de l’information et des communications (TIC) figuraient au cœur de la stratégie de développement du Rwanda.  Le Protocole de Kigali, qui régularise le réseau d’infrastructures Internet à haut débit du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), est entré en vigueur le 13 février 2008, et conformément à NEPAD ICT, il permettra de relier l’Afrique australe et orientale au reste du continent par l’intermédiaire d’un système de télécommunication abordable et de qualité.  Il a également indiqué que, dans le cadre du « NEPAD e-Schools Demonstration Project (Demo) », six écoles du pays sont maintenant équipées de TIC.

Abordant ensuite le Mécanisme d’évaluation intra-africaine, le représentant a indiqué que le Rwanda venait d’organiser des élections aux niveaux local et national.  Pour la première fois de son histoire, les femmes occupent 56% des sièges du Parlement, s’est-il félicité.  Il a ajouté que le Rwanda met en œuvre de meilleures pratiques en matière de transparence budgétaire, en pratiquant la politique de tolérance zéro en matière de corruption.  Il a cependant averti que les progrès du Rwanda et de l’Afrique risquaient d’être minés par les crises alimentaire, énergétique et économique.  Il a donc exhorté la communauté internationale à mettre pleinement en œuvre la Déclaration politique sur les besoins de l’Afrique en matière de développement, ajoutant que la reprise des pourparlers de Doha était « critique ».  Il a salué les initiatives de prévention de conflit en Afrique, en arguant que ceci est la meilleure façon de promouvoir la paix et le développement durable. 

M. Nsengimana a ensuite estimé que, contrairement à l’image optimiste que présente le rapport du Secrétaire général sur la situation en République démocratique du Congo (RDC), les derniers événements viennent de montrer que cette situation demeure bien loin de cet optimisme.  L’échec à régler globalement les menaces posées par les « forces génocidaires » des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR)/ex-Forces armées rwandaises (FAR)/Interahamwe a conduit à la poursuite du conflit.  Il a demandé à la communauté internationale de s’assurer que la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo (MONUC) et le Gouvernement de la RDC respectent les engagements énoncés dans la résolution 1804 du Conseil de sécurité et dans le Communiqué de Nairobi.  Passant ensuite au paludisme, il a indiqué que le Rwanda vise un taux inférieur à 1‰ d’ici à 2012, en distribuant, notamment, des moustiquaires imprégnées d’insecticides et en fournissant des polythérapies à base d’artémisine.

M. GIULIO MARIA TERZI DI SANT’AGATA (Italie) a déclaré qu’il était temps pour le G-8 de relancer son partenariat avec l’Afrique et de devenir « le catalyseur » des efforts renouvelés, à tous les niveaux, en faveur du NEPAD.  Rappelant qu’au cours du débat de haut niveau sur les besoins en développement de l’Afrique, les chefs d’État africains avaient mis l’accent sur l’assistance et le commerce, le représentant a indiqué que l’Italie soulignerait l’urgence de cette question lors du Sommet du G-8 de 2009.  De son avis, l’amélioration de l’assistance accordée à l’Afrique est une priorité clef et doit être mieux coordonnée et plus prévisible, ainsi que moins sujette à condition.  Il faut que les donateurs harmonisent leurs actions afin d’éviter les chevauchements.  Il a ajouté que la Conférence de suivi de la mise en œuvre des engagements sur le financement du développement devait permettre de faire des avancées dans ce domaine.  Une Afrique débarrassée des conflits est également essentielle, a-t-il enchaîné, soulignant l’importance de l’appropriation africaine dans le domaine de la paix et de la sécurité. 

Saluant ensuite le rôle important du Plan décennal de renforcement des capacités de l’Union africaine, pierre angulaire, selon lui, de la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales comme l’Union européenne (UE), M. Terzi a indiqué que son gouvernement avait contribué à hauteur de 40 millions d’euros à la Facilité de paix italo-africaine créée en 2006.  Il a également mis l’accent sur une meilleure coopération entre le Conseil de sécurité et les principales parties prenantes de la région.

Mme BYRGANYM AITIMOVA (Kazakhstan) a indiqué que son pays appuie fermement les efforts du G-8 pour alléger le fardeau de la dette et promouvoir les investissements étrangers directs (IED).  Elle s’est dite préoccupée par le déclin, ces dernières années, de l’aide publique au développement (APD) destinée à l’Afrique, ajoutant que le Kazakhstan appuyait la position des pays d’Afrique, selon laquelle, l’aide fournie devait l’être sans condition et en accord avec les priorités nationales et régionales du continent africain.  Mme Aitimova a ensuite estimé que la coopération Sud-Sud devrait permettre de faire avancer le développement en Afrique.  Elle a indiqué que le Kazakhstan était prêt à coopérer avec les pays d’Afrique dans le cadre de ce type de coopération en apportant, notamment, une assistance technique dans les domaines de la finance, de l’agriculture, de la formation d’experts et de la diversification de l’économie.  Elle a également appuyé la proposition tendant à octroyer un maximum de sièges possible au Conseil de sécurité à des pays africains.

M. ANTONIO GIOIA (États-Unis) a estimé que la bonne gouvernance, le développement des infrastructures, la croissance économique et le soutien aux agriculteurs africains constituent des priorités pour éradiquer la pauvreté et réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Il a rappelé que l’Union africaine et le Président Bush avaient organisé une réunion de dirigeants d’entreprises et de fondations du monde entier, qui s’étaient engagés à promouvoir la sécurité alimentaire en établissant des partenariats.  Aussi, les États-Unis ont-ils promis de lever les obstacles à la mise en œuvre du Programme intégré pour le développement de l’agriculture en Afrique et de verser 5,5 milliards de dollars dans la lutte contre la faim et le renforcement de la productivité agricole.  En outre, a souligné le représentant, des entreprises américaines ont répondu présentes, telles que Monsanto qui a annoncé qu’elle investissait 3 millions de dollars par jour dans la production agricole et la biotechnologie ou encore John Deere, qui s’efforce d’améliorer les équipements et les techniques agricoles.

Le représentant a informé l’Assemblée générale des progrès accomplis dans le cadre de l’Initiative de lutte contre le paludisme lancée par le Président américain George Bush.  Ainsi, en 2005, les États-Unis avaient promis de verser, jusqu’à 2010, plus de 1,2 milliard de dollars en faveur des 15 pays les plus touchés par le fléau.  Après deux ans de mise en œuvre, cette Initiative a eu un réel impact, notamment à Zanzibar, où le pourcentage d’enfants touchés par le paludisme est passé de 20% en 2005 à moins de1% aujourd’hui.  Avec 2,5 milliards, les États-Unis sont également devenus les plus gros contributeurs au Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, a annoncé M. Gioia.

M. STEVE DICK TENNYSON MATENJE (Malawi) a souligné que le lancement du NEPAD a augmenté le leadership de l’Afrique dans le règlement des conflits sur le continent et permis un engagement croissant à l’égard d’un développement concentré sur les personnes et l’intégration régionale.  Il a cependant rappelé les défis qu’affronte toujours l’Afrique, comme les crises alimentaire et énergétique actuelles, les changements climatiques, l’échec des négociations commerciales du Cycle de Doha et la chute des marchés financiers internationaux.  Si les engagements pour atteindre les objectifs du NEPAD ne sont pas remplis d’urgence, l’Afrique ne pourra pas atteindre ses objectifs de développement, a-t-il expliqué.

Le représentant du Malawi a soutenu l’appel des dirigeants africains pour la promotion urgente des investissements étrangers directs et le développement des infrastructures, notamment dans l’agriculture, la santé et le transport, lancé lors de la réunion de haut niveau du 22 septembre dernier.  Il s’est également joint à ceux qui ont appelé les pays industrialisés à remplir leurs engagements à l’égard du NEPAD en augmentant l’APD aux pays en développement.  Il a également plaidé pour une reprise et conclusions rapides du Cycle de Doha afin de donner aux pays en développement un accès équitable au commerce international.  Il a ainsi souhaité que la prochaine Conférence de Doha sur le financement du développement offre l’opportunité pour la communauté internationale de surmonter le blocage des négociations commerciales.

M. Matenje a aussi admis que le développement de l’Afrique ne pouvait se faire sans la paix et la sécurité.  Il a ainsi assuré que son pays continuera à assumer son rôle dans ce domaine, comme il l’a démontré par son engagement dans des missions de paix sur le continent et au-delà.  Le représentant du Malawi a également rappelé que le paludisme représente l’une des plus grandes menaces contre le développement en Afrique.  Dans son pays, la malaria constitue un grand problème de santé, a-t-il souligné.  Par conséquent, il a demandé des réformes fondamentales dans les aspects des droits de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC) pour que les médicaments contre le paludisme, la tuberculose et le VIH/sida soient rapidement disponibles et abordables en Afrique.

Mme ELISABETH RITOLA, Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FISCR), s’est dite convaincue que les efforts de développement durable devraient s’appuyer sur la capacité des plus pauvres et des plus vulnérables à mieux gérer les crises et les risques qui s’imposent à eux.  En tant qu’auxiliaires des autorités publiques présents sur le terrain, la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge ont la capacité unique de travailler avec les gouvernements pour renforcer les communautés de manière cohérente avec les priorités du NEPAD, a souligné l’observatrice.

Ainsi, la Fédération a-t-elle répondu à la crise alimentaire en Afrique australe en lançant un cadre stratégique quinquennal pour la sécurité alimentaire avec le concours de 15 sociétés nationales de la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge.  Par ailleurs, au Mali, un effort a été mené dans la ville de Goundam par la Croix-Rouge malienne, qui s’est employée à améliorer les conditions de vie de 43 000 personnes de la région.  Enfin, au Burundi, un projet triennal a permis la formation de 30 000 volontaires avec, pour objectif final, de fournir des services communautaires à plus de 2 700 villages.

Les programmes antipaludiques de la Fédération et la distribution de plus de 12 millions de moustiquaires imprégnées d'insecticides de longue durée ont, depuis 2002, permis d’obtenir des résultats remarquables, s’est félicitée l’observatrice.  En outre, l’Alliance mondiale contre le VIH/sida constitue un moyen d’aider l’Afrique à retrouver santé et prospérité, a-t-elle conclu.

M. BENE PHILIP, Observateur du Saint-Siège, a qualifié de « pas positif » la récente décision de l’Assemblée générale d’accorder une plus grande attention aux pays en développement, notamment en Afrique.  Il s’est notamment félicité qu’elle reconnaisse que le paludisme peut substantiellement être réduit par une prise de conscience, l’éducation de la population et des ressources engagées dans la recherche et les traitements.  Les gens doivent pouvoir avoir accès à des tests de dépistage et à des médicaments sûrs, offerts à un prix abordable, voire gratuits en cas de nécessité, a-t-il dit.  Si le VIH/sida ou la tuberculose méritent l’attention de la communauté internationale il ne faut pas oublier le fléau du paludisme, a insisté l’observateur.

M. MIGUEL D’ESCOTO BROCKMANN, Président de la soixante-troisième session de l’Assemblée générale, a estimé que ce débat avait permis de consolider l’élan en faveur du développement africain.  Il s’est dit particulièrement rassuré de constater que l’accent avait été mis sur la détérioration de l’environnement financier international, au sein duquel l’Afrique lutte pour trouver sa place.  La crise actuelle, ont remarqué de nombreux orateurs, ne doit pas remettre en question la coopération technique et l’ouverture des marchés des pays « du Nord » sur lesquels comptent les pays africains.  La solidarité exprimée par les pays industrialisés, en particulier européens, et par les pays en développement d’Amérique latine et des Caraïbes et de l’Asie-Pacifique, souligne le ferme engagement vis-à-vis du NEPAD, s’est félicité le Président. 

En outre, la coopération Sud-Sud est plus forte que jamais, a-t-il relevé.  Mais, comme le recommande le rapport du Secrétaire général, les pays africains devraient allouer davantage de ressources à la mise en œuvre des priorités du NEPAD et encourager la participation des secteurs privé et public dans les projets conclus dans ce cadre, particulièrement ceux visant à améliorer les infrastructures.  En outre, a poursuivi M. d’Escoto, le Secrétaire général recommande de lancer une « révolution verte » en Afrique et d’améliorer les gouvernances politique et économique au travers du Mécanisme d’examen par les pairs.

Quant au rapport sur les causes des conflits et la promotion d’une paix et d’un développement durables en Afrique, il met en évidence le fait que ce continent a déployé des efforts significatifs pour promouvoir la paix et renforcer l’engagement en faveur des processus démocratiques et de la bonne gouvernance ces dernières années.  Le Président de l’Assemblée a souligné aussi le rôle de médiateur joué par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine dans de nombreuses situations de conflit ou dans des différends.  Le débat de l’Assemblée nous a cependant rappelé la complexité des problèmes auxquels fait face l’Afrique, a-t-il noté. 

Citant notamment le fléau du paludisme, dont 91% des victimes sont africaines, le Président a rappelé que les donateurs devaient soutenir les efforts actuels visant à réduire de moitié le taux de mortalité d’ici à 2010 et réaliser les OMD d’ici à 2015.  Notre débat, a-t-il précisé, s’inscrivait dans une série de manifestations organisées par l’Assemblée générale, comme les réunions de haut-niveau de septembre dernier consacrées aux besoins de développement de l’Afrique et aux OMD.  M. d’Escoto a souhaité que cet élan se maintienne et se renforce lors de la Conférence sur le financement du développement qui se tiendra à Doha à la fin du mois de novembre prochain.

La crise financière actuelle souligne aussi plus que jamais le besoin urgent pour la communauté internationale de développer un plan stratégique global qui permette de répondre aux causes profondes des conflits et de résoudre les problèmes émergeants en Afrique.  En sa qualité de Président de l’Assemblée, M. d’Escoto a indiqué qu’il s’engageait aux côtés des États Membres pour appuyer cet effort.  Nous devons veiller à ce que le développement de l’Afrique profite d’abord aux Africains, a-t-il souligné.  Comme l’a dit le représentant chinois, « nous devons écouter les voix africaines, respecter les vues de l’Afrique, répondre aux préoccupations des Africains et soutenir les efforts de l’Afrique pour mettre en œuvre ses propres programmes ».  Il s’agit d’une responsabilité collective, a estimé M. d’Escoto en conclusion.

SUIVI DE LA COMMÉMORATION DU BICENTENAIRE DE L’ABOLITION DE LA TRAITE TRANSATLANTIQUE DES ESCLAVES

Rapport du Secrétaire général (A/63/213)

Ce rapport a été rédigé en application de la résolution 62/122 de l’Assemblée générale qui prie le Secrétaire général de mettre en place un programme d’action éducative destiné à mobiliser les établissements d’enseignement et la société civile à la question du souvenir de la traite transatlantique des esclaves et de l’esclavage.

Le rapport explique que le Département de l’information s’efforce de combler le manque de connaissances sur la traite des esclaves et de faire en sorte que cette question soit plus largement étudiée et commentée.  Le Département a donc mis au point un programme d’action éducative varié visant à éclairer les générations futures sur les causes, les conséquences et les enseignements de la traite des esclaves, et de leur faire connaître les dangers du racisme et des préjugés.  Il ambitionne également d’amener la société civile à examiner les liens entre la traite transatlantique des esclaves et les formes contemporaines d’esclavage.

Le rapport passe en revue les diverses manifestations et initiatives qui se sont déroulées cette année depuis le lancement du Programme le 2 mars 2008, date de la première célébration de la Journée internationale du souvenir des victimes de l’esclavage et la traite transatlantique.  Il précise que l’initiative du Département s’articule notamment autour d’un programme éducatif à l’intention des collégiens et des lycéens, qui peut être exploité à tout moment de l’année scolaire et qui s’inspire du projet de la Route de l’esclave élaboré par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

Déclarations

Le Président de la soixante-troisième session de l’Assemblée générale, M. MIGUEL D’ESCOTO BROCKMANN, a souligné que l’abolition de la traite des esclaves en 1808 n’a pas signifié réellement la fin de l’esclavage, même si elle a constitué une des premières décisions de la communauté internationale.  Il a dit avoir toujours défendu l’importance du pardon et de la réconciliation.  La traite des esclaves, a-t-il reconnu, constitue un de ces crimes de lèse-humanité que de nombreux Africains ont eu la générosité de pardonner, mais que personne d’entre nous, nulle part au monde, ne devrait oublier.  La traite des esclaves, a-t-il assuré, a été une institution qui a non seulement dévasté un continent mais, elle a envenimé en plus les racines de sociétés nouvelles et anciennes par sa présence corrosive.  Nous continuons tous à souffrir des conséquences de cette exploitation, certains plus que d’autres, a-t-il souligné.

M. d’Escoto a, cependant, souligné que l’esclavage continue d’exister dans toutes les sociétés du monde, d’une manière souvent invisible et tolérée à l’échelle internationale.  Il s’agit d’un modèle socioéconomique qui traite les personnes comme des marchandises, un système de relations sociales de domination et de dénigrement des personnes, une des pires formes de discrimination et d’exclusion sociale, a-t-il dénoncé.  Selon le Président de l’Assemblée, il faut reconnaître que les pays riches ont construit les bases de leur économie grâce à la vie de millions d’esclaves africains.  Les États se doivent d’identifier ses formes nouvelles et de les combattre afin de les éliminer de la planète.

M. d’Escoto a aussi appelé à réfléchir sur différentes formes d’indemnisation pour les violences culturelles, économiques et sociales provoquées contre les pays africains.  Nous ne devons pas nous limiter à une indemnisation monétaire, car il ne s’agit pas de payer et oublier, a-t-il dit, avant d’appeler à ne « jamais oublier ».  Il est nécessaire de demander pardon et de reconnaître de manière consciente le mal causé contre une partie de l’humanité, a-t-il ajouté.  Selon lui, il ne faut pas l’admettre de manière passive, mais d’une façon active et transformatrice. 

M. GEORGE TALBOT (Guyana), qui a présenté le projet de résolution A/63/L.5, au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) a déclaré que la construction du Mémorial remplissait en partie les termes du paragraphe 101 de la Déclaration de Durban, adoptée à l’issue de la Conférence internationale sur la lutte contre le racisme de 2001.  Il a estimé que les images « terribles » de l’esclavage continuent de heurter la conscience humaine et nous rappellent « l’inhumanité de l’homme envers l’homme ».  Ce Mémorial témoignera de l’une des tragédies les plus terribles de l’histoire humaine, a-t-il enchainé.  Son emplacement au Siège des Nations Unies symbolisera tout ce que cette Organisation représente, à savoir la promotion et la protection de la dignité et du mérite de tout être humain.

M. ZACHARY D. MUBURI-MUITA (Kenya), au nom du Groupe des États d’Afrique, a déclaré que la construction du Mémorial permanent ne permettra jamais d’expier les souffrances infligées à l’humanité.  C’est tout simplement un geste d’appréciation envers les personnes qui se sont battues contre l’injustice et pour la liberté, a-t-il dit, précisant que ce Monument nous rappellera les actions « héroïques » des esclaves, des abolitionnistes et de tous les hommes et femmes de conscience.  Il a ajouté que le Monument servirait d’outil pédagogique, tout en nous rappelant les défis que nous continuons d’affronter aujourd’hui, les « vices » du racisme, de la xénophobie et de la discrimination ayant ressurgi.  Le représentant a estimé que l’adoption de la résolution permettrait de mieux comprendre l’esclavage et la traite des esclaves, et de réduire ainsi le risque de répéter les mêmes erreurs.  Avant de conclure, M. Muburi-Muita a engagé les États Membres à contribuer généreusement à la construction de ce Mémorial.

M. RAYMONDOSBOURNE WOLFE (Jamaïque) a rappelé que la région des Caraïbes à laquelle appartient son pays avait été profondément marquée par l’esclavage, après avoir subi, pendant plus de 300 ans, la férule du colon britannique.  Or, il a fallu plus de 200 ans à la communauté internationale pour admettre que l’esclavage et la traite étaient des crimes contre l’humanité.  En tant que descendants d’esclaves, nous estimons que c’est une obligation solennelle que d’honorer le souvenir de nos ancêtres, a déclaré le représentant.  Nous croyons fermement que le Mémorial permanent approuvé par l’Assemblée générale l’année dernière devrait être vu comme une réelle source d’espoir et un moyen de se souvenir des luttes d’émancipation du joug de l’esclavage.  Il a, en conclusion, remercié les membres du Comité établi pour surveiller le projet de Mémorial permanent d’avoir élu la Jamaïque à la présidence et pour lui avoir confié la direction provisoire du Fonds de contributions volontaires. 

M. ILEANA BÁRBARA NÚÑEZ MORDOCHE (Cuba) a estimé que la traite transatlantique avait constitué l’une des pires tragédies dans l’histoire de l’humanité et la plus incroyable des violations des droits de l’homme jamais perpétrée, que ce soit en termes d’échelle ou de durée.  La déportation massive de 12 millions d’Africains, arrachés à leur pays d’origine pour être vendus comme esclaves sur le continent américain, s’est accompagnée d’une violente idéologie raciste, qui a assimilé les Noirs à des êtres inférieurs, a poursuivi le représentant.  Bien qu’assujetti à un blocus économique, financier et commercial imposé par le Gouvernement des États-Unis, Cuba continuera de soutenir les efforts des Nations Unies pour renforcer la coopération avec l’Afrique, les Caraïbes et d’autres régions en développement pour pallier les conséquences de la traite, a affirmé la délégation.  La célébration du bicentenaire de l’abolition de la traite transatlantique est aussi l’occasion de dénoncer les formes modernes d’esclavage, telles que la traite des êtres humains, le travail forcé et l’utilisation des enfants dans le trafic international de stupéfiants, qui continuent de se manifester aujourd’hui en raison d’une discrimination, d’une exclusion sociale et d’une vulnérabilité exacerbées par la pauvreté.  L’éradication de ces fléaux doit être un objectif pour chacun d’entre nous, a conclu le représentant.

M. HAMID CHABAR (Maroc) s’est félicité de la décision « cruciale » de l’Assemblée générale d’approuver une résolution portant sur la création d’un Mémorial permanent des victimes de l’esclavage et du commerce transatlantique des esclaves.  La communauté internationale s’érige ainsi d’une seule voix contre l’oubli d’un des épisodes les plus sinistres de l’humanité durant lequel des millions d’Africains ont été déportés, quatre siècles durant, vers le « nouveau monde » et ont été réduits en esclavage, un commerce lucratif pour le développement des Amériques et de l’Europe, a-t-il expliqué.

Pour le représentant marocain, au-delà du devoir de mémoire, il est fondamental de prendre conscience des bouleversements qu’a engendré ce commerce des âmes sur les différents peuples concernés.  Le déracinement, la déportation dans les conditions les plus inhumaines, le repeuplement de pays par des Africains suite à l’exploitation puis l’extermination des populations indiennes, constituaient les jalons d’une entreprise abjecte aux soubassements mercantilistes, a-t-il affirmé.  Selon lui, la traite négrière, en tant que phénomène migratoire forcé de grande envergure a, également, entraîné des échanges culturels qui ont profondément marqué les mœurs et croyances, les relations sociales et les connaissances sur plusieurs continents.

Selon M. Chabar, la communauté internationale a le devoir sacré de déconstruire les préjugés raciaux et de combattre les idéologies fondées sur la haine de l’autre et l’intolérance.  Il a donc plaidé pour la promotion du dialogue des cultures, des religions et plus largement des civilisations.  Le Maroc, a-t-il souligné, prend une part active dans plusieurs initiatives dont l’Alliance des civilisations, et promeut tant sur le plan interne qu’international des valeurs telles que la tolérance et le dialogue.  Le représentant a appelé les États Membres à contribuer au financement du Mémorial.

M. LESLIE KOJO CHRISTIAN (Ghana) a fait part de l’appui que son pays accorde à la création du Fonds de contributions volontaires pour l’érection du Mémorial permanent.  Il a également estimé que son édification contribuerait à la mise en œuvre du Plan d’action adopté en 2001 lors de la Conférence de lutte contre le racisme de Durban.  De l’avis du représentant, son emplacement au Siège des Nations Unies soulignera l’engagement de l’ONU en faveur de la promotion, la protection et la préservation de la dignité et du mérite de tous les peuples du monde.  Il a engagé les États Membres à s’assurer que le projet bénéficie des ressources nécessaires pour garantir son achèvement.

M. T. VANCE MCMAHAN (États-Unis) a estimé que ce débat était l’occasion opportune de dénoncer une pratique méprisable qui aura avili la dignité humaine.  À l’issue d’une guerre civile qui aura été déclenchée par la poursuite de l’esclavage dans certains États, les États-Unis ont officiellement aboli l’esclavage en 1865, a-t-il ensuite rappelé.  Pourtant, alors que la traite transatlantique a pris fin, des formes contemporaines d’esclavage se perpétuent, comme la traite des êtres humains.  En effet, chaque année, près de 800 000 hommes, femmes et enfants sont « vendus » dans le monde entier, et des millions d’autres dans leur propre pays, a souligné le représentant, qui s’est déclaré en conclusion, fier de parrainer une résolution de l’Assemblée générale concernant l’édification d’un Mémorial permanent.

M. ILYA ROGACHEV (Fédération de Russie) a qualifié de justifiée l’attention que l’ONU a accordée au problème de l’esclavage, en rappelant que l’Organisation est née après les horreurs de la Seconde Guerre mondiale.  Même si ces deux événements sont séparés dans l’histoire, il y a des conceptions proches, notamment le concept perverti de la suprématie d’une race ou d’un groupe ethnique sur d’autres, a-t-il expliqué.  Selon lui, il est important que les auteurs de la résolution aient compris le besoin de diffuser des connaissances sur l’esclavage.  Les générations présentes et futures ne doivent pas oublier cette page tragique de l’histoire de l’humanité, a-t-il insisté, en parlant d’un « événement qui revêt une dimension historique ayant un impact évident sur le présent et l’avenir ». 

Mme PAULETTE BETHEL (Bahamas) a déclaré que le souvenir de la traite des esclaves va mettre en évidence, entre autres, la capacité de chacun d’entre nous à prendre des décisions fondées sur des principes, à s’élever contre l’injustice et à surmonter la victimisation en vivant, en survivant, en progressant et en pardonnant même devant les défis apparemment insurmontables.  Les traces indélébiles de l’Afrique dans chaque aspect de la vie des Caraïbes sont le fondement même de la vitalité des Caribéens et la source de leur créativité et de leur persévérance, a ajouté Mme Bethel.  L’an dernier, l’Assemblée générale a adopté une résolution proclamant le 25 mars, Journée mondiale du souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique, a-t-elle ensuite rappelé.  Elle s’est dite heureuse d’être coauteur du projet de résolution appelant à l’édification d’un Mémorial permanent au Siège des Nations Unies en hommage à ces victimes.

M. VISHVJIT P. SINGH (Inde) a indiqué que, selon certaines estimations, l’esclavage et la traite auraient provoqué la mort de 50 millions de personnes.  Il a rappelé que l’horreur du Passage du milieu était unique en son genre, précisant que sans nourriture ni soins de base, un esclave sur six avait trouvé la mort dans « la solitude, l’obscurité et le traumatisme ».  Le racisme, qui était une dimension inévitable de l’esclavage, est devenu la logique du colonialisme, a-t-il poursuivi, signalant également que le phénomène du nazisme était l’expression de ce même racisme appliqué à l’Europe.  Enfin, le représentant de l’Inde a estimé que l’édification d’un Mémorial permanant symboliserait la tragédie « colossale » qu’est l’esclavage et permettrait d’inciter à la réflexion et à l’action.

M. ANTONIO PEDRO MONTEIRO LIMA (Cap-Vert) expliquant son vote, a insisté avec vigueur pour que tous les pays africains soient nommément mentionnés comme coauteurs de la résolution, refusant une simple référence au Groupe des États d’Afrique.

Le Président de l’Assemblée générale, M. d’Escoto a souligné que l’abolition de la traite des esclaves en 1808 n’a pas signifié réellement la fin de l’esclavage, même si elle a constitué une des premières décisions de la communauté internationale.  Il a dit avoir toujours défendu l’importance du pardon et de la réconciliation.  La traite des esclaves, a-t-il reconnu, constitue un de ces crimes de lèse-humanité que de nombreux Africains ont eu la générosité de pardonner, mais que personne d’entre nous, nulle part au monde, ne devrait oublier.  La traite des esclaves, a-t-il assuré, a été une institution qui a non seulement dévasté un continent mais elle a envenimé en plus les racines de sociétés nouvelles et anciennes par sa présence corrosive.  Nous continuons tous à souffrir des conséquences de cette exploitation, certains plus que d’autres, a-t-il souligné.

M. d’Escoto a cependant souligné que l’esclavage continue d’exister dans toutes les sociétés du monde, d’une manière souvent invisible et tolérée à l’échelle internationale.  Il s’agit d’un modèle socioéconomique qui traite les personnes comme des marchandises, un système de relations sociales de domination et de dénigrement des personnes, une des pires formes de discrimination et d’exclusion sociale, a-t-il dénoncé.  Selon le Président de l’Assemblée, il faut reconnaître que les pays riches ont construit les bases de leur économie grâce à la vie de millions d’esclaves africains.  Les États se doivent d’identifier ses formes nouvelles et de les combattre pour les éliminer de la planète.

M. d’Escoto a aussi appelé à réfléchir sur différentes formes d’indemnisation pour les violences culturelles, économiques et sociales provoquées contre les pays africains.  Nous ne devons pas nous limiter à une indemnisation monétaire, car il ne s’agit pas de payer et oublier, a-t-il dit, avant d’appeler à ne « jamais oublier ».  Il est nécessaire de demander pardon et de reconnaître de manière consciente le mal causé contre une partie de l’humanité, a-t-il ajouté.  Selon lui, il ne faut pas l’admettre d’une manière passive, mais d’une façon active et transformatrice. 

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