DEUX ANS APRÈS L’AVOIR LANCÉE, L’ASSEMBLÉE RÉAFFIRME DANS UNE RÉSOLUTION LA NÉCESSITÉ D’APPLIQUER LA STRATÉGIE ANTITERRORISTE DES NATIONS UNIES

5 septembre 2008
AG/10738

DEUX ANS APRÈS L’AVOIR LANCÉE, L’ASSEMBLÉE RÉAFFIRME DANS UNE RÉSOLUTION LA NÉCESSITÉ D’APPLIQUER LA STRATÉGIE ANTITERRORISTE DES NATIONS UNIES

05/09/2008
Assemblée générale
AG/10738
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-deuxième session

119e & 120e séances plénières – matin & après-midi

DEUX ANS APRÈS L’AVOIR LANCÉE, L’ASSEMBLÉE RÉAFFIRME DANS UNE RÉSOLUTION LA NÉCESSITÉ D’APPLIQUER LA STRATÉGIE ANTITERRORISTE DES NATIONS UNIES

À l’issue d’un débat qui a duré deux jours et au cours duquel une soixantaine d’États Membres ont pris la parole, l’Assemblée générale a adopté cet après-midi, sans vote, et tel qu’oralement amendé, un projet de résolution*, présenté par son Président, Srgjan Kerim, qui réaffirme la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies et ses quatre piliers.

Lancée le 8 septembre 2006, la Stratégie représente un instrument unique pour améliorer l’efficacité des activités antiterroristes menées aux niveaux national, régional et international.  C’était en effet la première fois que tous les États Membres adoptaient de concert une démarche stratégique et opérationnelle commune dans la lutte contre le terrorisme.

Aux termes du texte adopté aujourd’hui, l’Assemblée, les États Membres, l’ONU et les autres organisations internationales, régionales et sous-régionales concernées sont engagés à intensifier leur action pour appliquer la Stratégie de façon intégrée et sous tous ses aspects.  Mais la résolution réaffirme que c’est aux États Membres qu’il incombe au premier chef d’appliquer la Stratégie antiterroriste mondiale, les Nations Unies devant offrir une assistance, en particulier dans le renforcement des capacités.

Trop d’États sont en effet privés des moyens, financiers et techniques, d’appliquer intégralement cette Stratégie et ont donc besoin d’une assistance qui tarde à venir, ont notamment regretté les représentant de Palaos et des Maldives.  À la suite d’autres intervenants au débat, ils ont rappelé que la lutte antiterroriste impliquait des actions à tous les niveaux qui concernent aussi les activités connexes au terrorisme, comme le blanchiment d’argent, le trafic de stupéfiants et la criminalité transnationale organisée.

Aux termes de la résolution, l’Assemblée demande aux États qui ne l’ont pas fait d’envisager de devenir parties sans plus tarder aux conventions et protocoles internationaux relatifs à la lutte contre le terrorisme qui existent, et à tous les États de n’épargner aucun effort pour conclure une convention générale sur le terrorisme international.  Sur ce dernier point, la délégation du Panama, comme plusieurs autres, a souhaité que des progrès soient réalisés par la Sixième Commission, chargée des questions juridiques, lors de la soixante-troisième session de l’Assemblée générale.

La résolution prie en outre instamment le Secrétaire général de prendre les dispositions nécessaires pour institutionnaliser l’Équipe spéciale chargée d’assurer la coordination et la cohésion d’ensemble de l’action antiterroriste du système des Nations Unies.  Comme hier, de nombreuses délégations ont plaidé aujourd’hui en ce sens, soulignant que les travaux de l’Équipe devaient être financés à partir du budget ordinaire de l’Organisation.

Enfin, les entités du système des Nations Unies qui s’emploient à soutenir la lutte contre le terrorisme sont engagées à continuer d’œuvrer pour la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales tout en combattant le terrorisme.  Cette exigence a été soulignée au cours des deux jours de débat par plusieurs délégations, qui ont prévenu des risques posés lorsque la lutte antiterroriste se fait au détriment des principes consacrés dans la Charte des Nations Unies.

La prochaine séance plénière de l’Assemblée générale sera annoncée dans le Journal.

* A/62/L.48

LA STRATÉGIE ANTITERRORISTE MONDIALE DE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES

Déclarations

M. GIULIO TERZI (Italie) a rappelé que son pays avait payé un lourd tribut, du fait des actes de terrorisme commis au cours des années 1970 qui avaient alors dicté trois impératifs au Gouvernement: la nécessité d’adopter une approche multidisciplinaire, de mettre en œuvre des mesures législatives compatibles avec la primauté du droit et le respect des droits de l’homme et de mettre en œuvre une coopération internationale étroite.  Ces principes, a ajouté le représentant, correspondent avec ceux sur lesquels repose la Stratégie antiterroriste mondiale.  Afin de mieux coordonner les actions du système de Nations Unies, le représentant a dit soutenir l’institutionnalisation de l’Équipe spéciale.  Il est également revenu sur les actions spécifiques lancées par son gouvernement, comme la mise en place d’un Conseil consultatif pour les jeunes, qui est relatif au dialogue culturel et religieux afin de contrer la radicalisation des jeunes et l’extrémisme.  L’Italie a aussi renforcé ses enquêtes et mesures de prévention dans le domaine judiciaire ainsi que ses modalités de coopération internationale judiciaire, a dit M. Terzi.  Le représentant a enfin souhaité que la priorité soit accordée aux victimes du terrorisme, précisant que l’Italie avaient adopté des lois à cet effet.

M. NIRUPAM SEN (Inde) a déclaré que son pays avait accumulé au fil de son histoire une expertise en matière de lutte contre le terrorisme.  Il a précisé que le recours à l’arsenal antiterroriste indien était compatible avec l’État de droit et le respect des droits de l’homme, grâce notamment à l’adhésion de l’Inde à 13 des 16 instruments juridiques internationaux pertinents en vigueur.  M. Sen a également indiqué que son pays avait renforcé son cadre légal national de contrôle des armes de destruction massive et des armes classiques en 2005, et ce afin d’éviter que ces arsenaux ne tombent entre les mains d’acteurs étatiques ou non étatiques mal intentionnés.  Le représentant indien a de plus noté que l’Inde était activement engagé dans les efforts régionaux et au niveau bilatéral visant à accroître l’échange d’information et harmoniser les législations en matière d’extradition et de poursuite.  Membre de la Convention régionale de l’Association sud-asiatique de coopération régionale(ASACR) sur la répression du terrorisme, l’Inde a mis en place un groupe de travail commun réunissant 25 États ainsi que des organisations régionales soucieux de renforcer à cette échelle la coopération dans la lutte contre le terrorisme, a encore dit M. Sen.  Selon lui, le développement des capacités est l’un des éléments essentiels pour combattre efficacement les mouvements terroristes et la Stratégie peut être l’un des catalyseurs de cette action.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a déclaré que le rôle de chef de file joué par l’ONU était la garantie de la mise en œuvre de la prévention du terrorisme au niveau international.  La preuve la plus évidente a été l’adoption de la Stratégie antiterroriste mondiale, qui codifie notre engagement politique et moral pour tout mettre en œuvre en vue d’éradiquer ce fléau, a-t-il ajouté.  Il est extrêmement important d’appuyer la compréhension de cette Stratégie à travers le monde, et le projet de résolution soumis à l’Assemblée va en ce sens, a estimé le représentant.  Pratiquer le « deux poids, deux mesures », ou tenter de subordonner le terrorisme à des fins politiques ne peut que favoriser l’expansion de ce phénomène, a-t-il prévenu.  M. Churkin a ensuite estimé que le Groupe de travail sur la mise en œuvre de la Stratégie devait être institutionnalisé pour poursuivre son important travail de coordination.  Il a souligné que les mesures prévues par ce document étaient totalement prises en compte par les organes antiterroristes russes.  La Fédération de Russie met en effet l’accent sur la réduction des activités terroristes sur son territoire, a déclaré M. Churkin, en ajoutant que son gouvernement était prêt à partager son expérience avec les pays intéressés.

Mme CLAUDIA BLUM (Colombie) a indiqué que son pays privilégiait une politique globale en matière de lutte contre le terrorisme.  Elle a ajouté que pour mettre un terme aux activités des  groupes armés illégaux qui attentent à la stabilité de l’État en prenant des civils pour cibles principales, la Colombie avait, ces dernières années, mis l’accent sur la sécurisation de l’ensemble de son territoire.  Pour ce faire, a-t-elle dit, les gouvernements successifs se sont attachés à renforcer l’État de droit et les capacités de résolution pacifique des conflits, en misant notamment sur un échange accru d’information au niveau régional et en améliorant la formation des Forces armées nationales.  La représentante a souligné que dans ce cadre, la Colombie tirait les plus grands bénéfices de la dizaine de conventions internationales de lutte contre le terrorisme à laquelle elle appartient.  Nos succès récents témoignent de l’efficacité des Forces armées nationales, et ils couronnent une baisse significative depuis 2006 du nombre d’homicides, d’actes terroristes et d’attaques contre la population civile, a encore dit la représentante colombienne.  Elle a également précisé que les autorités compétentes de son pays axaient la lutte contre le terrorisme sur le démantèlement des réseaux de financement des groupes armés, en luttant en amont contre le narcotrafic.  La représentante a en outre souhaité que les États Membres et le système de l’ONU dans son ensemble donnent suite aux engagements souscrits dans le cadre de la Stratégie en ce qui concerne le renforcement de la coopération et l’examen du lien entre terrorisme et commerce transnational illégal.

Mme BYRGANYM AITIMOVA (Kazakhstan) s’est félicitée que la Stratégie identifie quatre priorités pour éliminer le terrorisme.  Toutes aussi importantes les unes que les autres, elles doivent être mises en œuvre de manière coordonnée, a dit la représentante, en estimant cependant que la communauté internationale devrait donner la priorité aux deux premières.  Prendre en considération les mesures visant à éliminer les conditions contribuant à l’expansion du terrorisme est d’une importance particulière, a-t-elle souligné.  Mme Aitimova a ensuite souligné que le trafic de stupéfiants, qui est à l’origine du financement de nombreuses organisations terroristes, doit être vigoureusement combattu.  Le Gouvernement kazakh appuie de son côté le renforcement de la coopération régionale et nationale afin de résoudre ce problème, a dit Mme Aitimova, estimant que le Groupe de travail établi par le Secrétaire général devait mettre l’accent sur la prévention de l’extrémisme et de la radicalisation.  À ce jour, le Kazakhstan a rencontré le succès dans ses efforts pour démanteler les groupes terroristes qui opéraient sur son territoire sous le contrôle d’Al-Qaïda, s’est enfin félicitée la représentante.

M. GERHARD PFANZELTER (Autriche) a souhaité que la Stratégie soit effectivement appliquée de manière intégrée et globale.  Le Gouvernement autrichien a ainsi versé récemment une contribution de 100 000 dollars pour appuyer les efforts du Groupe de travail de l’Équipe spéciale de la Stratégie, a-t-il dit.  Il a également souligné l’importance de renforcer l’assistance technique et financière à destination des pays qui ne disposent pas des moyens adaptés à la lutte contre le terrorisme.  Le représentant a évoqué à cet égard l’engagement de son pays envers le Service de la prévention du terrorisme de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), par le biais duquel l’Autriche s’efforce de renforcer le cadre légal de lutte contre le terrorisme mondial, a-t-il dit.  Il a également précisé que l’Autriche était en pointe dans le combat contre le mauvais usage d’Internet à des fins terroristes.  Enfin, au titre du troisième pilier de la Stratégie antiterroriste, il a fait savoir que son pays, membre du Réseau de sécurité humaine, attachait une importance particulière à l’appréhension du lien entre sécurité et développement, et droit international et droits de l’homme, en vue de mettre fin aux conditions propices à la propagation de l’idéologie et des pratiques terroristes.

M. PIRAGIBE DOS SANTOS TARRAGÔ (Brésil) a assuré que le rejet du terrorisme était un principe directeur des relations internationales du Brésil.  Ce principe est aussi consacré dans sa Constitution.  Commettre des actes de terrorisme est ainsi considéré comme une clause excluant toute personne qui en serait coupable et qui ensuite ferait une demande d’asile, de même que le blanchiment d’argent constitue un délit sanctionné par la législation, a expliqué le représentant.  D’une manière générale, des progrès ont été réalisés par le Gouvernement brésilien dans la mise à jour de sa législation sur le financement du terrorisme.  Par ailleurs, le Brésil est partie à toutes les Conventions et protocoles contre le terrorisme et s’apprête à ratifier la Convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire.  Le représentant a également mentionné, parmi d’autres avancées, la restructuration institutionnelle de l’Agence de renseignements brésilienne, qui a conduit au renforcement de la lutte contre le terrorisme, ainsi que la nouvelle procédure d’émission de passeports, qui répond aux normes internationales de sécurité exigées par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

M. PAUL BADJI (Sénégal) s’est réjoui des progrès accomplis depuis l’adoption de la Stratégie antiterroriste mondiale, grâce aux efforts considérables déployés par plusieurs organismes, programmes, fonds et institutions spécialisées des Nations Unies, ainsi que des organisations régionales et non gouvernementales.  Il a souligné en particulier l’importance des initiatives visant à renforcer le dialogue interculturel et interreligieux.  À ce titre, il a salué l’adoption par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), en octobre 2007, d’une Stratégie à moyen terme (2008-2013) sur la promotion de la diversité culturelle et s’est félicité de la tenue à Madrid en juillet dernier de la Conférence sur ce thème.  M. Badji a signalé un autre défi à relever dans la lutte antiterroriste, qui est celui du développement, et il a appelé à s’attaquer au terreau fertile qui nourrit la haine, la violence et la radicalisation.  Le représentant s’est montré favorable à l’institutionnalisation de l’Équipe spéciale de la lutte contre le terrorisme, qui doit permettre notamment une plus grande communication avec les États Membres.  Il a aussi souhaité voir que soit mise en place une coopération internationale plus dynamique, notamment en matière d’échange d’informations et d’expériences.  La cinquième Conférence des ministres de la justice des pays francophones d’Afrique pour la mise en œuvre des instruments universels contre le terrorisme, en mai 2008, a conduit à l’adoption de la Déclaration et de la Convention d’entraide judiciaire et d’extradition contre le terrorisme, a rappelé M. Badji.  Il a aussi rappelé que, sur proposition du Sénégal, l’Union africaine a adopté, en juillet 2004, un protocole additionnel à la Convention d’Alger sur la lutte contre le terrorisme.  Enfin, il a donné des précisions sur le dispositif législatif sénégalais dans ce domaine.

M. PETER BURIAN (Slovaquie) a déclaré que son pays, agissant dans le cadre de la Stratégie, s’attachait depuis 2006 à renforcer la coopération entre les différents corps intergouvernementaux, les organisations sous-régionales, ainsi que la société civile qui sont engagés dans la lutte contre le terrorisme.  Il a ajouté qu’au plan national, la Slovaquie avait adopté tous les instruments juridiques internationaux en vigueur dans ce domaine.  M. Burian a souligné la nécessité d’accroître la coopération régionale en donnant une plus large marge de manœuvre aux organismes régionaux.  Il a notamment suggéré que soit créé un fonds d’affectation spécial destiné à financer la tenue d’ateliers régionaux d’information et d’échange de vues sur les questions touchant à la coopération antiterroriste.

M. SHIN BOO-NAM (République de Corée) a déclaré qu’il ne saurait y avoir de justification au terrorisme, tout en reconnaissant qu’il existe des conditions favorables à son apparition.  Dans ce contexte, il a estimé que la promotion d’une culture de tolérance et de paix était indispensable pour faire reculer ce fléau.  Le représentant a ensuite affirmé que la prévention du terrorisme devait se faire dans le cadre des normes juridiques internationales existantes.  C’est pourquoi, a-t-il dit, la République de Corée est partie à 12 conventions de lutte contre le terrorisme et a signé la Convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire, tout en ayant soutenu très tôt la finalisation d’une convention générale sur le terrorisme international.  Rappelant ensuite que la Stratégie antiterroriste mondiale de l’Organisation des Nations Unies souligne l’importance du renforcement des capacités des États Membres, le représentant a indiqué que des efforts avaient été déployés par son pays pour prêter assistance à ceux qui lui en font la demande.  Il s’est dit en conclusion convaincu que la protection des droits de l’homme et la lutte contre le terrorisme n’étaient pas contradictoires, mais se renforçaient mutuellement.  Dans ce contexte, la République de Corée soutient pleinement le rôle des Nations Unies dans la consolidation d’un cadre juridique international qui chercher à promouvoir l’état de droit et le respect des droits de l’homme.

M. RAFF BUKUN-OLU WOLE ONEMOLA (Nigéria) a déclaré qu’en dépit des mesures prises pour appliquer les quatre piliers de la Stratégie, le Nigéria continuait de faire face à de nombreux défis, ce qui nécessite notamment que soit accrue l’assistance technique qui lui est offerte.  Il a ainsi indiqué que le Nigéria avait adressé une demande pour rejoindre le Service de prévention du terrorisme de l’ONUDC afin de pouvoir renforcer son propre cadre juridique de lutte contre le terrorisme.  Le Nigéria a également formulé une requête pour devenir bénéficiaire de l’Assistance technique intégrée de l’Équipe spéciale de la lutte contre le terrorisme, a ajouté le représentant.  Par ailleurs, il a exprimé la préoccupation de son pays concernant l’inclusion aux travaux de la Stratégie d’entités des Nations Unies qui ont à priori très peu de liens avec la lutte contre le terrorisme.  Poursuivant son allocution, le représentant a souligné la nécessité que l’Équipe spéciale soit dotée des ressources financières dont elle a besoin pour s’acquitter de son mandat.  Nous appelons en outre l’ensemble des États Membres à augmenter leurs contributions volontaires au titre de l’assistance technique aux pays en développement dans le domaine du contre-terrorisme, a-t-il encore dit.  Il a également plaidé pour la création d’un organe spécialisé dans la lutte antiterroriste mondiale, un forum au sein duquel des experts pourraient faire partager leurs vues et leurs expériences et où pourraient être prises des mesures de confiance, a-t-il déclaré. 

M. ANDREJ SLAPNIČAR (Slovénie) a rappelé que son pays était partie à 16 Conventions et protocoles des Nations Unies.  Nous avons ainsi amendé en mai dernier notre Code pénal pour y inclure des dispositions contre les actes de terrorisme nucléaire, une législation qui ouvre la voie à la ratification prochaine de la Convention internationale pour la répression de ce type d’actes, a dit le représentant.  D’autres amendements ont été apportés cette année, notamment celui qui fait désormais un délit du recrutement et de la formation à des activités terroristes, a-t-il ajouté.  Mais la prévention du terrorisme doit se faire au travers de la promotion du respect des droits de l’homme, de la bonne gouvernance, de la démocratie et de la tolérance, a prévenu M. Slapničar, pour qui la prospérité économique est aussi une condition indispensable au recul de l’extrémisme.  Le représentant a ensuite indiqué que le dialogue interculturel était d’une importance primordiale, pour lutter contre les stéréotypes et les discriminations, qui sont un des fondements de la dérive vers le terrorisme.  Par ailleurs, consciente de l’importance de la coopération régionale, la Slovénie a, avec l’Autriche, la Belgique, la France, l’Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Espagne, signé en 2007 un accord afin d’approfondir la coopération transfrontières, en particulier dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée et les migrations clandestines.  Le Gouvernement slovène a également signé l’an dernier une Convention du Conseil de l’Europe sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, a ajouté le représentant.

M. JORGE ARGÜELLO (Argentine) s’est félicité de ce que la Stratégie soit le résultat d’un accord politique établi au plus haut niveau.  Il a ajouté que depuis son adoption, la militarisation à tout crin de la lutte contre-terrorisme semble avoir cependant contribué à envenimer le phénomène au lieu de le réduire.  Appliquer la Stratégie, cela suppose de fournir les ressources nécessaires aux États, les pays en développement devant tout particulièrement bénéficier à court terme du renforcement de leurs capacités techniques et juridiques.  Le représentant a ensuite indiqué que son pays mettait l’accent sur les aspects et mécanismes légaux d’extradition soulevés dans la Stratégie et les autres instruments coordonnant la lutte contre le terrorisme.  L’Équipe spéciale doit être le catalyseur de la nécessaire coordination des efforts menés par les différents organismes compétents, a-t-il encore dit.  Il a précisé que le cheval de bataille de la lutte contre le terrorisme pour les pays d’Amérique du Sud était le démantèlement des réseaux de financement des entités visées.  Le représentant a par ailleurs estimé que le Conseil de sécurité avait la responsabilité de mettre un terme au conflit israélo-arabe, qui est la véritable raison fondamentale du terrorisme international.  Il a, enfin, approuvé la finalisation du projet de Convention globale sur le terrorisme, qui est à l’examen au sein de la Sixième Commission.  Cet instrument, a-t-il dit, permettrait de dissiper tous les doutes sur les positions de chaque État à l’égard du terrorisme.

M. MARIO H. CASTELLÓN DUARTE (Nicaragua) a déclaré que le terrorisme avait un impact direct sur les droits de l’homme fondamentaux consacrés par la Charte des Nations Unies.  Il a ensuite souligné la position de son pays, qui s’oppose au point de vue selon lequel le terrorisme aurait un lien particulier avec une civilisation, une culture, une religion, un système de pensée ou un groupe ethnique en particulier.  Le représentant a plutôt encouragé la communauté internationale à s’attaquer aux causes profondes du terrorisme, notamment la pauvreté, la faim, le racisme, les conflits irrésolus et le « deux poids, deux mesures » dans l’application du droit international.  Il a ensuite opéré une distinction entre les actes terroristes et le droit légitime des peuples à l’autodétermination.  Pour sa part, le Nicaragua a fait entrer en vigueur un nouveau Code pénal le 9 juillet 2008 dernier, qui prévoit des sanctions contre les actes terroristes et son financement, et contre toute conspiration visant à commettre des actes de ce type.  Enfin, dans le cadre des accords de coopération régionale, le Gouvernement du Nicaragua a établi un Comité national en vue d’appliquer le Plan central américain de coopération intégrale, qui vise à prévenir et lutter contre les activités terroristes.

M. YURII ONISCHENKO (Ukraine) a indiqué que son pays mettait en œuvre toutes les mesures préconisées dans le cadre de la Stratégie.  Notre position en matière de terrorisme international repose sur un principe éthique, à savoir la condamnation sans équivoque de tout acte terroriste perpétré pour quelque motif que ce soit, a-t-il ajouté.  « En conséquence, le système juridique ukrainien vise à prévenir et éliminer le terrorisme sous toutes ses formes et à poursuivre et punir sévèrement les auteurs d’attaques et de complots terroristes. »  Le représentant a également précisé que la législation en vigueur était notamment axée sur la prévention du recours à l’Internet des entités terroristes afin de les empêcher de recruter des membres ou de propager leur idéologie.  Aucune stratégie contre le terrorisme, a encore signalé le délégué ukrainien, ne peut être efficace si elle ne s’appuie sur une intense coopération internationale.  C’est ainsi qu’il a souligné la participation active de son pays aux différentes conventions universelles en vigueur, afin de soutenir l’amélioration des échanges d’information interétatiques.  Au niveau gouvernemental, a-t-il encore noté, nous appuyons les efforts internationaux par le biais notamment de notre engagement actif au sein de l’Initiative globale pour combattre le terrorisme nucléaire.

M. DAVID LIVSHIZ (Palaos) a rappelé l’engagement de son pays en faveur de la lutte contre le terrorisme, qui s’est traduit par la signature de 12 conventions des Nations Unies contre ce fléau et la mise en œuvre des résolutions 1267, 1373, 1540 et 1624 du Conseil de sécurité.  Nous nous sommes également engagés activement dans une coopération avec la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme afin de développer des capacités additionnelles, a poursuivi le représentant.  M. Livshiz a cependant regretté que la Direction ne se soit pas montrée à la hauteur des attentes de son gouvernement, qui a besoin d’une aide concrète et non de simples discours.  En raison de nos moyens limités, il nous a été très difficile de prendre toutes les mesures que nous aurions souhaitées contre le terrorisme international, a-t-il ajouté.  Palaos est confronté à un problème qui se pose à de nombreux petits États Membres qui sont désireux de se lancer dans la lutte antiterroriste, mais qui sont privés des ressources indispensables à cette fin.  Pourtant, il ne faut pas perdre de vue que les terroristes se financent souvent grâce à des fonds déposés dans des institutions bancaires éloignées, a-t-il prévenu.  Le terrorisme, a rappelé le représentant, est un problème mondial et doit donc être combattu mondialement.  Les Nations Unies devraient donc tout mettre en œuvre pour aider les États comme Palaos à mettre en œuvre les obligations qui leur incombent, a-t-il insisté.

M. SABELO SIVUYILE MAQUNGO (Afrique du Sud) a déclaré que son pays s’efforçait autant de lutter à la fois contre le terrorisme et contre les faits qui sont à l’origine du phénomène.  C’est pourquoi, a-t-il dit, l’Afrique du Sud met en œuvre la Stratégie en respectant le droit international et les droits de l’homme.  Il s’est félicité des efforts conjoints menés dans la sous-région de l’Afrique australe, qui, a-t-il indiqué, a empêché à ce stade les candidats au terrorisme et au crime organisé d’accéder à des stocks d’armes ou d’établir des structures opérationnelles.  L’Afrique du Sud est partie aux 13 conventions internationales sur le terrorisme et a pris les mesures nécessaires à l’inclusion des dispositions de ces instruments à sa législation nationale, a également fait savoir M. Maqungo.  Il a en outre signalé que son pays était actif au sein des initiatives relatives au contre-terrorisme menées sous l’égide de l’Union africaine.  Enfin, le représentant sud-africain a appelé de ses vœux une plus grande interaction entre l’Équipe spéciale et les États Membres de l’ONU.

M. GIADALLA A. ETTALHI (Jamahiriya arabe libyenne) a affirmé que les quatre piliers de la Stratégie devaient être mis en œuvre conjointement et de manière égale.  Tout en reconnaissant les efforts consentis pour y parvenir, il a cependant estimé qu’ils étaient encore insuffisants pour une pleine application de la Stratégie.  Notre unanimité à combattre le terrorisme ne doit pas se faire au détriment du respect de toutes les cultures et religions, a-t-il également souligné.  Nous considérons que les Nations Unies doivent accorder un soin particulier à la prévention du financement du terrorisme et contrôler plus étroitement les mouvements de capitaux, qui doivent se faire dans le cadre d’institutions bancaires transparentes, a poursuivi le représentant.  La Libye, qui a adhéré à tous les instruments existants dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, a appelé à la finalisation de la Convention générale des Nations Unies contre le terrorisme, sur la base d’une définition reconnue par tous, a souligné le représentant.

M. HAMIDON ALI (Malaisie) a estimé que l’adoption de la résolution soumise sur la Stratégie antiterroriste ne signifierait pas que la Stratégie en elle-même représente la panacée en matière de lutte anti-terroriste.  M. Ali a également estimé que la création de l’Équipe spéciale de la lutte contre le terrorisme par le Secrétaire générale en 2005 avait été une tentative d’assurer la conduite d’efforts coordonnés et cohérents entre les différents rouages compétents du système de l’ONU.  Depuis le début, la Malaisie est d’avis que l’Équipe devrait faire partie du Secrétariat et devrait être responsable devant les États Membres, a encore dit M. Ali.  C’est en ce sens qu’il a estimé que l’institutionnalisation de l’Équipe spéciale devait s’effectuer au travers d’une pleine participation des États Membres.  Selon le représentant, l’une des questions prioritaires est le sort des neuf groupes de travail non mandatés qui ont été établis par l’Équipe spéciale.  Il a de plus estimé que la menace posée par le terrorisme, à l’heure de la cybercriminalité, exigeait de la part de la communauté internationale de tout mettre en œuvre pour mettre fin à cette nouvelle source de danger.  Il a à ce titre cité l’initiative « IMPACT », qui est le premier partenariat public-privé d’envergure sur cette question lancé par son pays.

M. MAZEN ADI (République arabe syrienne) a déclaré que son pays avait joué un rôle de pionnier dans la lutte contre le terrorisme depuis 1986, notamment en organisant une conférence pour élaborer une définition qui opère un distinguo entre le terrorisme et le droit légitime des peuples à l’autodétermination.  La mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale de l’ONU ne doit pas se faire au détriment des principes fondamentaux des Nations Unies, a-t-il ensuite prévenu.  Il a également souligné que la lutte antiterroriste ne devait pas se faire en dehors des cadres juridiques internationaux et qu’elle devait être conduite dans le respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire.  La Syrie a émis le souhait que l’Équipe spéciale poursuive ses travaux, une fois qu’elle aura été institutionnalisée, a dit le représentant.  S’agissant de la tenue d’un symposium sur les victimes du terrorisme, le représentant a dit que sa délégation aurait souhaité qu’il fût préparé de manière transparente et responsable.  De même, la Syrie aurait souhaité que la résolution présentée aujourd’hui soit plus complète et tienne compte des préoccupations de nombreux pays, dont elle-même.

M. AHMED KHALEEL (Maldives) a déclaré que les petits États comme les Maldives ne disposaient pas toujours des ressources suffisantes pour faire face aux menaces émergentes, telles le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.  Un groupe terroriste en provenance d’un pays voisin avait tenté il y a quelques années d’envahir les Maldives pour y prendre le pouvoir et en faire un havre de terroristes, a rappelé le représentant.  Depuis, a-t-il expliqué, nous avons adhéré à toutes les conventions des Nations Unies sur le terrorisme et œuvré à mettre notre législation en conformité avec leurs dispositions.

M. GEORGE OLAGO OWUOR (Kenya) a estimé que le terrorisme constituait une atteinte aux valeurs pacifiques et démocratiques de la Charte des Nations Unies.  Le fléau du terrorisme ne connaît pas de frontière et ne fait pas de distinction entre pays développés ou en développement, a-t-il ajouté.  En somme, aucun pays n’est à l’abri d’attaques.  Le représentant a salué les efforts déployés par l’Équipe spéciale pour offrir une aide technique aux États Membres qui en on fait la demande.  C’est en ce sens qu’il a plaidé en faveur de l’institutionnalisation de l’Équipe et du renforcement de ses ressources financières.  L’Équipe gagnerait à être dotée d’un véritable processus de suivi des interventions qu’elle coordonne, a encore souligné le représentant, pour qui le degré d’engagement des États envers les activités de l’Équipe spéciale permettra de mesurer sur la durée leur volonté politique d’œuvrer collectivement à l’élimination du terrorisme.  Il a également souhaité que la volonté politique des États Membres aboutisse à l’établissement d’une définition commune objective du terrorisme.

M. CHIRACHAI PUNKRASIN (Thaïlande) a indiqué que la Stratégie pourrait être remaniée dans le sens des évolutions, deux ans après son adoption, de la situation en matière de lutte antiterroriste.  Il a préconisé la mise en œuvre d’un mécanisme d’examen plus resserré afin de permettre une actualisation plus rigoureuse des moyens mis en œuvre pour faire échec aux projets terroristes et pour empêcher la propagation de ce fléau.  Afin de renforcer l’application des quatre piliers de la Stratégie et d’éviter toute mauvaise interprétation, le représentant a souhaité que les méthodes de collecte et d’examen de l’information fournie par les États à l’ONU soient plus transparentes.  Nous croyons fermement que l’Équipe spéciale joue un rôle plus important dans la coordination de l’information entre les États Membres.  Son mandat, en outre, devrait être clarifié et ses ressources allouées en fonction des missions qui lui sont confiées, a encore dit M. Punkrasin.

M. MARTY M. NATALEGAWA (Indonésie) a indiqué que ces deux dernières années, depuis l’adoption de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies, son pays avait pris de nombreuses initiatives pour mettre en œuvre cette Stratégie.  Une loi antiterrorisme a été adoptée, qui fournit désormais les bases juridiques pour enquêter, poursuivre et sanctionner les actes de terrorisme, y compris son financement.  Ainsi, plus de 410 suspects ont été arrêtés depuis l’attentat terroriste de Bali commis en d’octobre 2002, et 269 d’entre eux ont été inculpés.  De plus, le Gouvernement indonésien a pris des mesures bilatérales, régionales et multilatérales, comme le demande la Stratégie.  Au niveau bilatéral, a expliqué le représentant, nous avons conclu des accords de coopération antiterroristes avec plusieurs pays, dont l’Australie, la Malaisie, la Thaïlande, les Philippines et Singapour.  Au niveau régional, nous avons lancé le Processus de Bali de lutte contre le terrorisme, qui a permis d’établir des liens solides entre les organes chargés de l’application des lois des pays de la région.  Enfin, au niveau multilatéral, l’Indonésie a fait preuve de son engagement dans la mise en œuvre des dispositions de la résolution 1267 du Conseil de sécurité, a conclu le représentant.

M. G. S. PALIHAKKARA (Sri Lanka) a déclaré qu’en mettant en œuvre la Stratégie de lutte contre le terrorisme, la communauté internationale devait améliorer la coopération de tous les États et de tous les acteurs pour faire comprendre aux groupes terroristes qu’il ne saurait y avoir de sanctuaire pour eux.  Les Nations Unies doivent donc être le fer de lance d’une action coordonnée et mondiale, soutenue par des mesures nationales et régionales, dans cette mise en œuvre.  Les interactions en cours entre la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme et l’Équipe spéciale de la lutte contre le terrorisme, ainsi qu’entre d’autres entités du système des Nations Unies, sont les bienvenues à cet égard et doivent se poursuivre, a ajouté le représentant.

M. ADRIAN NERITANI (Albanie) est intervenu brièvement pour rappeler que son pays était depuis de nombreuses années l’un des champions de la lutte antiterroriste.  Il a ainsi salué les mesures de prévention prises de longue date par les autorités albanaises, soucieuses de promouvoir le dialogue interconfessionnel et les échanges entre les cultures et les sociétés.  Le représentant a également indiqué que, plus tôt cette année, son pays avait adopté une loi sur la lutte contre le blanchiment de l’argent sale et le financement du terrorisme, cela au terme d’un processus de consultation ayant inclus des experts internationaux et la Police nationale albanaise.  M. Neritani a ajouté qu’au niveau régional, la coopération entre les pays partenaires et les agences spécialisées permettait d’élargir l’appréhension du phénomène du terrorisme international.

M. AUGUSTINE P. MAHIGA (République-Unie de Tanzanie) a estimé que sous l’égide d’instruments comme la Stratégie, la coopération internationale accrue dans le domaine du contre-terrorisme devait permettre aux États en développement d’être dotés des institutions adéquates pour participer plus activement à cet effort.  Il faut mettre fin au vide juridique dont pâtissent ces pays qui, de ce fait, représentent des destinations idéales pour les groupes armés illégaux, a ajouté le représentant.  Il est indispensable d’apporter l’assistance voulue à ces nations en les aidant à établir une véritable autorité politique grâce à laquelle les acteurs de la communauté internationale pourront, ensuite, proposer leur coopération en matière de sécurité.  L’échange d’information et d’expérience est en effet vital pour combattre le terrorisme et mettre en place des stratégies collectives, a dit M. Mahiga.  Il a également estimé que l’une des missions des opérations de maintien de la paix devait être d’aider les pays touchés par la guerre à éviter que des entités terroristes ne recrutent parmi les jeunes, qui, a-t-il dit, se retrouvent souvent livrés à eux-mêmes dans le contexte volatile des situations postconflit. 

M. MEHDI DANESH-YAZDI (République islamique d’Iran) a déclaré que sa délégation se ralliait au consensus autour de la résolution, en dépit des réserves de son gouvernement sur certains aspects de la Stratégie qui ne prend pas suffisamment en compte les causes profondes du terrorisme ainsi que les situations qui en font le lit.  Il est évident, a-t-il déclaré, que l’agression et l’occupation étrangères sont à l’origine de violences et d’actes terroristes.  Par ailleurs, l’Iran estime que la Stratégie a échoué à s’attaquer au terrorisme d’État.  La tâche qui nous attend est de mettre en œuvre de façon cohérente et équilibrée les quatre piliers de cette Stratégie, a dit M. Yazdi.  La responsabilité première de cette mise en œuvre incombe aux États Membres, a souligné le représentant.  Pour sa part, l’Iran n’a épargné aucun effort pour lutter contre le terrorisme et dans ce contexte a rédigé le texte d’une loi, qui sera prochainement présentée devant le Parlement.  Mais le représentant a prévenu des risques posés par la sélectivité et le « deux poids, deux mesures » dans la lutte contre le terrorisme.  Il y a danger à lier le terrorisme à une religion, une culture ou une nationalité particulière, et il est plus que jamais nécessaire de veiller au respect des droits de l’homme dans toutes les activités antiterroristes.

M. AYOOB ERFANI (Afghanistan) a estimé que si les quatre piliers de la Stratégie devaient être mis en œuvre conjointement, celui du renforcement des capacités était le plus important dans le cas de son pays.  Dans ce contexte, l’Afghanistan a établi un Groupe de travail interministériel, placé sous la présidence du Ministère des affaires étrangères et chargé de coordonner la mise en œuvre de cette Stratégie et autres conventions et protocoles internationaux, ainsi que les résolutions pertinentes de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité, a indiqué M. Erfani.  Mais pour qu’il puisse fonctionner correctement, ce Groupe a besoin d’une assistance juridique et technique de la part des Nations Unies et des autres organisations internationales, a indiqué le représentant.  L’Afghanistan a par ailleurs ratifié toutes les conventions et protocoles existants et a depuis amendé sa législation nationale pour la rendre conforme aux dispositions de ces instruments.

M. GIANCARLI SOLER TORRIJOS (Panama) a expliqué que la mise en œuvre de la Stratégie constituait un exercice extrêmement ambitieux et que l’institutionnalisation de l’Équipe spéciale devrait y contribuer, en particulier dans le respect de la primauté de l’État de droit et des droits de l’homme.  Il faut donc lui garantir des ressources suffisantes par le biais du budget ordinaire, a préconisé le représentant.  Il a ensuite émis l’espoir que la Sixième Commission parviendrait à progresser vers la finalisation d’une Convention générale des Nations Unies sur le terrorisme.

Mme CARMEN MARÍA GALARDO HERNÁNDEZ (El Salvador) a estimé qu’il était crucial de renforcer le système des Nations Unies afin de permettre aux États Membres d’appliquer, en toute transparence, la Stratégie antiterroriste mondiale.  Cette mise en œuvre doit s’effectuer de manière collective et en s’appuyant sur l’apport des organisations régionales et sous-régionales, de sorte que puisse être fournie une assistance accrue aux pays dépourvus des institutions nécessaires à la lutte antiterroriste, a dit la représentante.  Elle a également souligné l’importance de respecter les droits de l’homme et l’État de droit dans le cadre des activités de contre-terrorisme.  La représentante a, enfin, souhaité que la mise en œuvre de la résolution relative à la Stratégie serve efficacement les objectifs fixés en la matière par les États Membres.

M. HASSAN ALI SALEH (Liban) a insisté pour que la Stratégie antiterroriste mondiale demeure, en l’état, un document ouvert aux remaniements et à la discussion.  Il a estimé également que l’Assemblée générale était bien l’organe central désigné pour mener les consultations relatives à la lutte antiterroriste, compte tenu de sa nature universelle et démocratique.  Nous considérons que la Stratégie devrait appréhender de manière plus approfondie les causes qui conduisent certaines personnes à faire le choix malheureux du terrorisme, a-t-il encore noté.  C’est ainsi qu’il a souhaité que les États Membres parviennent à une définition commune du terrorisme et que, toujours dans le cadre de la Stratégie, ils distinguent terrorisme et droit légitime des peuples à résister à l’occupation étrangère, comme le souligne l’Article 51 de la Charte des Nations Unies.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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