LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL INVITE LES ÉTATS MEMBRES ÈA TRAVAILLER ENSEMBLE POUR ÉLIMINER LES CONDITIONS PROPICES À LA PROPAGATION DU TERRORISME

15 novembre 2007
SG/SM/11280

LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL INVITE LES ÉTATS MEMBRES ÈA TRAVAILLER ENSEMBLE POUR ÉLIMINER LES CONDITIONS PROPICES À LA PROPAGATION DU TERRORISME

15/11/2007
Secrétaire général
SG/SM/11280
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LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL INVITE LES ÉTATS MEMBRES ÈA TRAVAILLER ENSEMBLE POUR ÉLIMINER LES CONDITIONS PROPICES À LA PROPAGATION DU TERRORISME

(Publié le 21 novembre – retardé à la traduction)

Vous trouverez ci-après le texte intégral du discours du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, à l’occasion de la Conférence internationale sur le terrorisme: dimensions, menaces et contre-mesures, tenue à Tunis le 15 novembre:

Permettez-moi d’adresser mes remerciements au Président Ben Ali ainsi qu’au Gouvernement et au peuple tunisiens pour avoir généreusement accueilli cette conférence.  Je remercie également l’Organisation de la Conférence islamique, en particulier l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture qui nous a apporté un appui indéfectible dans sa préparation.

En collaborant ainsi, nous donnons vie à la Stratégie antiterroriste mondiale que l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies a adoptée à l’unanimité en septembre 2006.  Cette stratégie nous engage à mettre pleinement à profit le rôle que les organisations régionales et autres peuvent jouer dans l’action mondiale contre le terrorisme, et en étant réunis ici pour travailler ensemble, nous répondons à cet appel.

Au-delà de cette assemblée, nous œuvrons côte à côte au quotidien pour lutter contre le terrorisme et pour appliquer la Stratégie antiterroriste mondiale.  Des organisations comme l’OCI et l’ISESCO sont de précieuses sources de connaissances du point de vue des aspects culturels et contextuels de cette mission.

L’adoption de la Stratégie a marqué une étape importante.  Pour la première fois, les 192 États Membres des Nations Unies se sont unis pour élaborer un plan global, collectif et intergouvernemental de lutte contre le terrorisme.  Pour la première fois, tous ont reconnu que le contexte mondial présentait des conditions propices à la propagation du terrorisme et que, pour gagner du terrain dans la lutte contre ce fléau, ils devaient agir pour éliminer ces conditions.  Pour la première fois enfin, ils ont décidé que tous les gouvernements et toutes les organisations devaient relayer un même message fondamental, à savoir que le terrorisme, quelles que soient ses motivations – politiques, philosophiques, idéologiques, raciales, ethniques, religieuses ou autres –, n’est jamais justifiable.

La présente conférence est une bonne occasion de consolider cet acquis.  Elle est l’occasion pour les représentants de l’Europe, du Moyen-Orient, de l’Asie, de l’Amérique du Nord et d’ailleurs de s’entendre entre eux et avec l’ensemble de la communauté internationale sur les moyens de faire progresser la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale.

Les conditions propices à la propagation du terrorisme sont très diverses.  En font partie notamment:

--  Les conflits qui perdurent;

--  La déshumanisation des victimes;

--  L’absence de légalité et les violations des droits de l’homme;

--  La discrimination ethnique, nationale et religieuse;

--  L’exclusion politique;

--  La marginalisation socioéconomique; et

--  L’absence de bonne gouvernance.

Ces conditions peuvent être d’origine locale, mais elles ont néanmoins des conséquences pour tous les États.  Les terroristes utilisent les vulnérabilités et les causes de friction locales pour alimenter l’extrémisme, et ils sont aussi capables de nouer rapidement des réseaux entre eux au niveau international.  De la même manière, c’est au niveau mondial que nous devons mettre en commun nos expériences et nos meilleures pratiques pour lutter contre le terrorisme.  Et en œuvrant ensemble à l’élimination des conditions propices à la propagation du terrorisme, nous compléterons le travail de coopération internationale accompli dans les domaines de la sécurité et du maintien de l’ordre.

Je voudrais dire clairement que lorsque nous défendons les droits de l’homme et que nous combattons la pauvreté et la marginalisation, lorsque nous nous efforçons de résoudre des conflits, que nous appuyons la bonne gouvernance et le respect de l’état de droit, nous le faisons parce qu’il s’agit d’activités qui ont une valeur intrinsèque et qui méritent d’être menées pour elles-mêmes, mais ce faisant, nous luttons aussi contre le terrorisme, en combattant les facteurs mêmes qui contribuent à sa propagation.

L’Organisation des Nations Unies est prête à apporter son concours sur de nombreux fronts, y compris en établissant des normes et en diffusant les enseignements tirés de l’expérience auprès de toutes les nations.  Les États Membres comptent désormais au sein du système des Nations Unies un partenaire plus cohérent, plus ciblé et plus accessible.

L’Équipe spéciale de lutte contre le terrorisme est une bonne illustration de la façon dont la famille des Nations Unies peut unir ses forces. Nous nous employons avec les États Membres à recenser et analyser les initiatives menées aux niveaux national et international pour lutter contre la radicalisation et contre le recrutement de terroristes, à promouvoir la protection des droits de l’homme, à protéger les personnes vulnérables susceptibles d’être recrutées par des organisations terroristes, et à venir en aide aux victimes du terrorisme.

L’ONU collabore également avec les États Membres pour bâtir une Alliance des civilisations, initiative à laquelle nombre d’entre vous participent déjà de manière très constructive et qui aidera à résoudre les différends religieux, culturels et sociaux dont se servent les extrémistes – sujet qui est d’ailleurs inscrit à l’ordre du jour de la présente conférence.

Les 192 États Membres de l’ONU ont écrit une page d’histoire lorsque, il y a un peu plus d’un an, ils ont adopté la Stratégie comme outil à la fois visionnaire et pratique pour orienter les activités de lutte antiterroriste au niveau international.  Cette page est loin toutefois d’être tournée et nous devons désormais mettre en œuvre tous les éléments de la Stratégie.  Il est impératif que d’ici l’examen par l’Assemblée générale, en septembre prochain, des progrès accomplis dans la mise en œuvre de la Stratégie, nous ayons tous – c’est-à-dire les États Membres, le système des Nations Unies et nos principaux partenaires régionaux et autres – des résultats concrets à présenter.

Plus nous favoriserons une communication permanente entre les dirigeants et les aiderons à échanger leurs meilleures pratiques, à aplanir les différences et à sensibiliser l’opinion, plus nous renforcerons l’entente, le respect et le dialogue entre les sociétés, les cultures et les nations.  Et plus nous collaborerons efficacement et globalement pour donner vie à notre Stratégie antiterroriste mondiale.

Je compte sur cette conférence pour nous mettre résolument sur les rails.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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