L’ONU EST LA MIEUX PLACÉE POUR MENER LA LUTTE CONTRE LES PROBLÈMES MONDIAUX, QUE CE SOIT LE TERRORISME, LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES OU LA PAUVRETÉ, DÉCLARE LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL

27 Juillet 2007
SG/SM/11104

L’ONU EST LA MIEUX PLACÉE POUR MENER LA LUTTE CONTRE LES PROBLÈMES MONDIAUX, QUE CE SOIT LE TERRORISME, LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES OU LA PAUVRETÉ, DÉCLARE LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL

27/07/2007
Secrétaire général
SG/SM/11104
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L’ONU EST LA MIEUX PLACÉE POUR MENER LA LUTTE CONTRE LES PROBLÈMES MONDIAUX, QUE CE SOIT LE TERRORISME, LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES OU LA PAUVRETÉ, DÉCLARE LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL

(Publié le 3 août – retardé à la traduction)

Vous trouverez ci après l’allocution prononcée par le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, devant le World Affairs Council de San Francisco, le 26 juillet:

C’est de loin la plus grande assemblée devant laquelle j’ai été amené à m’exprimer depuis que j’ai pris mes fonctions de Secrétaire général il y a sept mois.  Je vous remercie beaucoup de votre présence ici, dans cet endroit qui est le berceau de l’Organisation des Nations Unies, et du soutien que vous apportez à la réalisation des objectifs que nous avons en commun. 

Mesdames et messieurs, mes chers amis, je vous souhaite à tous une bonne soirée.  Merci d’être venus.  J’aimerais remercier le World Affairs Council, et en particulier son directeur, George James, ainsi que sa présidente, Jane Wales, de nous accueillir aujourd’hui dans cet endroit splendide.  J’aimerais également exprimer ma reconnaissance au Président de l’Association des États-Unis pour les Nations Unies et à son équipe, qui ont aidé à réaliser et à organiser mon voyage. 

Vous savez, pour moi, il s’agit d’un voyage très spécial: c’est comme si je rentrais chez moi.  Mme  [Libba] Patterson et son fils Michael, mon frère, sont ici aujourd’hui.  La première fois que j’ai mis les pieds sur le territoire américain, la première fois que j’ai quitté mon pays, alors ravagé par la guerre, j’étais un lycéen de 18 ans.  C’était il y a 45 ans exactement. 

Et comme dirait Tony Bennett, j’ai vraiment laissé mon cœur à San Francisco.  Je suis encore très ému de ce que Mme  Patterson, son mari et leurs enfants ont fait pour moi.  Ils ont entouré d’affection, d’amour et de gentillesse ce jeune lycéen coréen qui n’avait jamais quitté son pays auparavant.  Mme  Patterson m’a « adopté ».  Aujourd’hui, je suis ici à titre de Secrétaire général de l’ONU et vous pouvez imaginer ce que je ressens. 

[Des manifestants brandissent des pancartes sur lesquelles est écrit: « Droits des homosexuels = droits de l’homme ».]

Voilà un accueil bien inhabituel.  Je reconnais que la question des droits des homosexuels est une question très délicate. 

J’aimerais maintenant vous raconter une anecdote très intéressante.  La Charte des Nations Unies (le document lui-même) était jugée si précieuse, si importante que, lorsqu’on l’a transportée en avion jusqu’à Washington, on l’a équipée d’un parachute.  Ainsi était-on sûr qu’elle atterrirait quoi qu’il arrive.  En revanche, le pauvre homme à qui elle avait été confiée n’avait pas de parachute.  Il faisait donc le voyage à ses risques et périls. 

Pour ce qui est de la jeune Organisation des Nations Unies en tant que telle, elle était tellement importante que Franklin Roosevelt avait envisagé de démissionner de ses fonctions de président pour devenir le premier Secrétaire général de l’ONU, signe éloquent de ce qu’allait devenir l’Organisation. 

J’ajouterais –mais vous le savez tous– que son épouse, Eleanor Roosevelt, a pris, par la suite, fait et cause pour l’ONU, et qu’elle a joué un rôle de premier plan dans la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme. 

Les fondateurs de l’ONU ont créé cette organisation pour préserver l’humanité – « préserver les générations futures du fléau de la guerre », comme la Charte l’exprime si noblement.  Aujourd’hui, 60 ans plus tard, l’ampleur des problèmes avec lesquels nous sommes aux prises dépasse de loin la menace d’une guerre entre nations.  Les menaces que font peser le terrorisme international et les maladies infectieuses mettent en danger des centaines de millions de personnes partout dans le monde.  Les changements climatiques touchent la Terre tout entière, et le fossé s’est creusé entre ceux qui souffrent de la faim et ceux qui ont la bonne fortune de vivre bien.  Près de 60 % de la population mondiale vit avec moins de 2 dollars par jour. 

Aucune autre organisation n’est mieux placée que l’ONU pour s’attaquer à ces problèmes.  Les problèmes mondiaux exigent des solutions mondiales.  Aucun pays, aussi puissant et ingénieux soit-il, ne peut trouver de solution tout seul.  L’ONU conduira l’action mondiale qui s’impose pour lutter contre ces problèmes mondiaux. 

Car l’ONU est la seule institution véritablement planétaire.

Hélas, bien que l’ONU s’emploie, depuis 60 ans, à promouvoir les droits de l’homme, la paix et le développement, elle n’est pas appréciée à sa juste valeur.

D’après les sondages, les deux tiers des Américains pensent que l’ONU ne s’acquitte pas bien de sa tâche.  En revanche, les mêmes sondages montrent qu’un nombre encore plus grand de personnes (74 % pour être précis) estiment que l’Organisation devrait jouer un rôle plus important dans le monde, qu’il s’agisse d’intervenir pour prévenir les génocides ou de faire enquête activement lorsqu’il y a violation des droits de l’homme.  Un fort pourcentage d’Américains estiment aussi que la politique étrangère de leur pays devrait être menée en partenariat avec l’ONU. 

C’est vraiment encourageant.  Bien entendu, je suis déçu que l’ONU souffre d’une image défavorable.  Mais le fossé qu’il y a entre les espoirs que les gens nourrissent à notre égard, à l’égard de l’Organisation, et leur mécontentement quant aux résultats de l’action que nous menons représente à mon avis une occasion à saisir.  Si l’Organisation est mieux gérée et si les États Membres mettent en commun leurs ressources et leur sagesse, il n’y a pas de raison pour que l’Organisation ne réalise pas complètement les espoirs que nous avons placés en elle. 

Dans le cadre du débat qui va bientôt commencer, j’aurai le plaisir d’exposer les efforts que j’ai mis en œuvre pour redynamiser l’Organisation, pour renouveler sa culture et réaliser pleinement le rêve que nous partageons.  J’ai beaucoup d’ambition pour notre organisation.  Dès le premier jour, j’ai fait savoir que les objectifs de réforme faisaient partie de mes grandes priorités.  Cela signifie mettre de l’ordre dans la maison pour faire en sorte que l’Organisation soit plus efficiente et plus efficace et qu’elle soit en prise sur le XXIe siècle. 

L’ONU joue un rôle de plus en plus important – un rôle décisif – pour trouver une solution à d’autres problèmes du monde.  Pour ce qui est de la Corée du Nord, nous disposons d’un meilleur cadre d’action depuis que le pays a fermé le réacteur de Yongbyon.  Nous nous employons également à faire reculer la faim et la pauvreté en Afrique, et à mener le combat sur beaucoup d’autres fronts. 

À mon avis, le monde évolue dans le sens de l’ONU.  Pour de nombreuses raisons, autres que l’Iraq, il y a aujourd’hui une nouvelle appréciation du rôle que peuvent jouer le multilatéralisme et la diplomatie pour régler les crises.  Des questions telles que les changements climatiques, qui sont tout à fait du ressort de l’ONU, comptent maintenant parmi les grandes priorités de l’action mondiale. 

C’est pourquoi je suis tellement optimiste, tout autant que lorsque j’ai pris mes fonctions.  Ceux qui ont fondé l’Organisation des Nations Unies n’avaient pas imaginé qu’elle devrait subir 40 années de guerre froide, ce qui était bien loin de l’esprit et du but qui en étaient à l’origine.  Mais aujourd’hui, je pense que l’ONU est enfin devenue libre d’incarner ce que ses fondateurs avaient imaginé pour elle.  Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il s’agit d’un nouveau « San Francisco ».  Mais cela y ressemble.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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