COMMISSION DE LA CONDITION DE LA FEMME: AUTONOMISER LES HOMMES ET LES GARÇONS DANS DES DOMAINES NON TRADITIONNELS EST INDISPENSABLE À L’ÉGALITE ENTRE LES SEXES

2 mars 2007
FEM/1613

COMMISSION DE LA CONDITION DE LA FEMME: AUTONOMISER LES HOMMES ET LES GARÇONS DANS DES DOMAINES NON TRADITIONNELS EST INDISPENSABLE À L’ÉGALITE ENTRE LES SEXES

02/03/2007
Conseil économique et social
FEM/1613
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Commission de la condition de la femme

Cinquante et unième session

9e et 10e séances – matin et après-midi

COMMISSION DE LA CONDITION DE LA FEMME: AUTONOMISER LES HOMMES ET LES GARÇONS DANS DES DOMAINES NON TRADITIONNELS EST INDISPENSABLE À L’ÉGALITE ENTRE LES SEXES

Que doivent faire les hommes et les jeunes garçons pour que l’égalité entre les sexes devienne une réalité?  C’est à cette question qu’ont tenté de répondre ce matin experts et délégations qui intervenaient dans le cadre de la table ronde organisée par la Commission de la condition de la femme.

Basant leur réflexion sur le paradigme du développement qui impose que l’on se concentre sur les femmes et les hommes, les intervenants ont été unanimes pour dire qu’il fallait également autonomiser les hommes dans des domaines où ils ne sont pas traditionnellement impliqués.  Selon Aminata Touré, qui dirige l’Unité droits de l’homme, égalité entre les sexes et culture du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), les domaines spécifiques de collaboration avec les hommes devraient porter sur la santé reproductive qui va bien au-delà de la simple santé des femmes pour toucher aux questions de développement.  L’implication des hommes est cruciale dans la lutte contre la violence sexiste, résultant de la masculinité des systèmes de fonctionnement des sociétés.  De l’avis de Mme Touré, il faut également réinterpréter la masculinité et rétablir l’équilibre du pouvoir entre les hommes et les femmes.  Dans les pays d’Amérique latine, dire aux hommes qu’ils peuvent participer à l’éducation des enfants a des effets positifs, a-t-elle signalé. 

Gary Barker, Directeur exécutif de l’Instituto Promundo, une ONG brésilienne, a cité l’exemple des pays nordiques qui ont joué un rôle pionnier en matière de congé parental.  Ces congés accordés au père à la place de la mère sont bien acceptés, a-t-il assuré.  Mais à part cette région, les progrès sont tout de même rares en la matière.  M. Barker a toutefois fait état du scepticisme dont font preuve les hommes et les garçons sur la question de l’égalité entre les sexes.  Il s’est même demandé si le fait d’intégrer les hommes et les garçons aux efforts visant à réaliser l’égalité entre les sexes pouvait faire dérailler ce qui a déjà été accompli dans ce domaine.  Toutefois, l’élection d’Ellen Johnson-Sirleaf, à la présidence du Libéria et première femme chef d’État en Afrique, a été qualifiée par Mme Touré d’élément positif, qui constitue un signe d’une réelle évolution des mentalités. 

Les États Membres, les représentants d’organisations non gouvernementales ont, à leur tour, fait part de leur expérience nationale et de l’évolution observée au sein de leur société, la représentante de l’Allemagne indiquant que la feuille de route de l’Union européenne pour l’égalité entre les hommes et les femmes pour la période 2006-2010 a notamment pour objectif l’élimination des stéréotypes de genre et la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes dans les politiques externes et de développement .  Au Chili, de nouvelles lois affirment le concept de la responsabilité partagée au foyer; au Japon le pourcentage d’hommes salariés éligibles pour un congé parental est de 0,5%, l’objectif du Gouvernement étant de 10% tandis qu’au Kenya,les garçons ayant suivi les cours de sensibilisation aux mutilations génitales refusent désormais d’épouser une fille excisée.  La représentante de l’ONG Inuit Circumpolar Council a indiqué que l’expérience montre que les hommes aussi doivent disposer de centres de crise pour débattre de leurs problèmes.

      Dans l’après-midi, la Commission avait achevé son débat général et avait entendu les représentants des pays, institutions et organisations suivantes:

Croatie, Pays Bas, Pérou, Chine, Bélarus, Italie, France, Cameroun, Qatar, Bangladesh, Suriname, Liban, Fidji, Lesotho, Sénégal, Bénin, Saint-Siège, Union interparlementaire, Organisation internationale pour les migrations (OIM), Ordre de Malte, Union africaine, ONU-HABITAT, Banque mondiale, ONUSIDA, Organisation internationale du travail (OIT), Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), Caucus des ONG de l’Asie et du Pacifique, Caucus des ONG africaines, Caucus des ONG de l’Amérique du Nord et Caucus des ONG du Moyen-Orient.

La prochaine réunion de la Commission de la condition de la femme sera annoncée dans le Journal.

SUIVI DE LA QUATRIÈME CONFÉRENCE MONDIALE SUR LES FEMMES ET DE LA SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE INTITULÉE « LES FEMMES EN L’AN 2000: ÉGALITÉ ENTRE LES SEXES, DÉVELOPPEMENT ET PAIX POUR LE XXIe SIÈCLE »: RÉALISATION DES OBJECTIFS STRATÉGIQUES ET MESURES À PRENDRE DANS LES DOMAINES CRITIQUES ET NOUVELLES MESURES ET INITIATIVES: ÉVALUATION DES PROGRÈS RÉALISÉS AU NIVEAU DE LA MISE EN ŒUVRE DES CONCLUSIONS CONCERTÉES SUR CE QUE LES HOMMES ET LES JEUNES GARÇONS DOIVENT FAIRE POUR QUE L’ÉGALITÉ DES SEXES DEVIENNE UNE RÉALITÉ

Dialogue interactif sur ce que les hommes et les jeunes garçons doivent faire pour que l’égalité entre les sexes devienne une réalité

En lançant le dialogue interactif ce matin, M. Dicky Komar (Indonésie), modérateur et Vice-Président de la Commission, a fait remarquer que l’égalité entre les sexes était la responsabilité des hommes et des femmes.  Le rôle des hommes et des garçons dans la promotion et la réalisation de l’égalité entre les sexes a été souligné au cours de la dernière décennie, lors des conférences mondiales des Nations Unies, a-t-il rappelé.  En particulier, le Plan d’action de Beijing a constaté que les questions concernant les femmes ne pouvaient être traitées qu’en « partenariat avec les hommes », a-t-il indiqué, rappelant également que la Commission de la condition de la femme avait présenté une série de recommandations visant à associer les hommes aux efforts pour garantir l’égalité homme-femme. 

M. GARY BARKER, Directeur exécutif de Instituto Promundo, ONG brésilienne qui travaille à la promotion de l’égalité entre les sexes et à la réduction de la violence à l’égard des enfants, des jeunes et des femmes, a remis en cause une certaine façon d’élever les garçons et les hommes.  Parmi les défis à relever en la matière, il a cité le scepticisme dont font preuve les hommes et les garçons sur le sujet de l’égalité des sexes.  Il a par ailleurs estimé que les ressources consacrées aux efforts visant à assurer l’égalité entre les sexes n’étaient pas suffisantes.  Nous devons étudier la façon d’associer les hommes et les garçons à ces efforts en y consacrant des ressources adéquates, a-t-il donc averti.

M. Barker a aussi évoqué les progrès réalisés depuis 2004 en matière de santé procréative et sexuelle, signalant toutefois que l’utilisation de contraceptifs était en majorité le fait des femmes (74% d’entre elles).  En outre, entre 30 et 50% des femmes indiquent avoir été victimes au moins une fois de violence de la part de leurs partenaires.  Pour ce qui est de la mortalité maternelle, elle concerne 600 000 femmes par an, a-t-il déploré.  Il a par ailleurs souligné que les femmes passaient trois à quatre fois plus de temps à s’occuper de l’éducation des enfants que les hommes.  La réalité est toutefois moins sombre, a-t-il poursuivi, car il y a un grand nombre d’hommes qui s’occupent de l’éducation de leurs enfants, qui ne sont pas violents et qui acceptent d’utiliser des moyens contraceptifs, mais il y a encore beaucoup à faire dans ce domaine.

Il a par ailleurs estimé important d’assurer la scolarisation des filles au même niveau que celui des garçons.  Soulignant que les pays nordiques avaient les premiers établi le congé parental, M. Barker a affirmé que ces congés étaient bien acceptés.  Toutefois, à l’exception de cette région, les initiatives de ce type sont quand même rares dans ce domaine, a-t-il constaté, en précisant que, lorsqu’ils existent, les congés de paternité sont plutôt courts.  M. Baker a également mentionné l’exemple de l’Amérique latine, où un groupe de chercheurs a commencé à réfléchir à la place des hommes et des garçons dans les campagnes de sensibilisation à l’égalité entre les sexes. 

M. Barker a enfin identifié une soixantaine de programmes qui offraient des évaluations en la matière, qui indiquent qu’un changement d’attitude est en train de s’opérer chez les hommes et les garçons, notamment pour ce qui est de la violence et de la santé procréative. Il est donc désormais possible de mesurer les changements de comportement, mais, malheureusement, ces programmes sont très limités dans leur portée et dans leur durée.  En outre, rares sont les initiatives qui émanent des pouvoirs publics et le plus souvent ce sont les ONG qui s’en chargent, a-t-il ajouté.  En dépit de ces carences, a-t-il conclu, il est temps de définir un cadre d’action pour associer plus activement les hommes et les garçons à la lutte pour l’égalité entre les sexes.

Mme AMINATA TOURÉ, Responsable de l’Unité droits de l’homme, égalité et sexes et culture du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), a estimé que le paradigme du développement impose que l’on se concentre sur les femmes et les hommes.  Malheureusement, de nombreux programmes sur l’égalité  mettent l’accent sur les femmes uniquement et non pas sur l’origine des inégalités.  La première étape exige que l’on élimine la résistance des hommes à une société égalitaire et que l’on rétablisse l’équilibre du pouvoir entre les sexes.  Au niveau institutionnel, les obligations budgétaires de l’égalité peuvent être une bonne action permettant d’aller au delà de mesures cosmétiques.  Changer les relations hommes-femmes implique aussi de modifier les relations entre les hommes et le pouvoir, mais beaucoup d’hommes se sentent menacés et ne sont pas les seuls à résister.  En effet, certaines femmes et activistes craignent de voir diminuer l’agenda féministe en y associant les hommes.  Pourtant, les dividendes de l’égalité entre les sexes quand on implique les hommes et les garçons se feront sentir à long terme et permettront d’élever les garçons dans le respect des droits fondamentaux, du respect de l’autre sexe, d’élargir le consensus pour obtenir le soutien sur certaines questions comme la santé génésique et sexuelle et d’obtenir des ressources financières. 

Les domaines spécifiques de collaboration avec les hommes devraient porter sur la santé reproductive qui dépasse la santé des femmes pour toucher à des questions de développement.  Toutefois, a prévenu Mme Touré, beaucoup de prestataires de santé ne sont pas prêts à répondre à cette demande.  La lutte contre la violence sexiste provient, on le sait, de la « masculinité » des systèmes de fonctionnement des sociétés, donc faire intervenir les hommes est crucial. Il faut également réinterpréter la masculinité.  Dans les pays d’Amérique latine, dire aux hommes qu’ils peuvent participer à l’éducation des enfants a des effets positifs et la recherche montre que de nombreux hommes dans le monde souhaitent participer à la santé génésique de leurs partenaires.  La recherche montre aussi que les pressions de la société les en empêchent. 

On peut aussi travailler avec les garçons tout au long de leur croissance, ce qui permet d’inculquer très tôt l’égalité entre les sexes.  En outre, les dirigeants religieux, qui sont des hommes dans leur majorité, peuvent mobiliser les communautés pour trouver des solutions à la violence sexiste.  Travailler avec ces dirigeants peut se faire par le dialogue et des activités de plaidoyer.  Au fil des ans, nous avons compris qu’il fallait appréhender les contextes culturel et religieux pour obtenir des résultats.  Nous avons compris que les hommes doivent être mobilisés sur la base de messages positifs afin d’éviter de les aliéner.  Les services de santé génésique devraient aussi être plus accueillants pour les hommes et employer des prestataires de services masculins.

Échange de vues

En Inde, les relations entre frères et sœurs sont sacrées et célébrées à l’occasion de fêtes, a indiqué la représentante de ce pays.  Dans une région reculée de l’Inde, des groupes de frères et de sœurs ont été créés pour examiner les droits de l’homme, les droits de l’enfant, à l’environnement, à la santé, entre autres.  Parfois les adolescents accompagnent des petites filles à l’école et prennent soin de leurs frères et sœurs en les protégeant de sévices.  On demande aussi leur préférence aux filles lorsqu’elles doivent choisir un époux.  Dans de nombreuses régions, des groupes de pères ont mis en place un système de protection pour leurs filles, a précisé la déléguée.

La représentante du Canada a souligné que son pays offrait des allocations aux parents de nouveau-nés ou adoptifs, à la demande essentiellement des hommes.  Depuis 2006, a-t-elle dit, le versement de ces allocations s’inscrit dans un ensemble de mesures qui visent à associer les hommes et les garçons à la lutte pour l’égalité entre les sexes.  Le Gouvernement du Québec a aussi adopté une politique en matière de promotion de modèles et de comportements égalitaires, a-t-elle indiqué, précisant que des prestations parentales réservées exclusivement aux pères étaient ainsi allouées pendant cinq semaines. 

En Indonésie, a indiqué la représentante de ce pays, il existe à l’heure actuelle plusieurs programmes de formation sur les questions de sexospécificité.  Les hommes participent davantage, par ailleurs, aux campagnes de sensibilisation, auxquelles les médias et les programmes scolaires apportent leur contribution.  Elle s’est toutefois demandée s’il était réaliste de penser que, dans une société patriarcale, les hommes pouvaient être des catalyseurs pour les changements.

La représentante de la Côte d’Ivoire a pour sa part estimé que les violences et l’exploitation sexuelle avaient un impact direct sur la société, et qu’il était impératif dans ces conditions de familiariser les hommes avec les principes des droits de l’homme et de leur faire prendre conscience des disparités existantes.  Elle a estimé, par ailleurs, qu’il fallait interdire la dote qui fait de la jeune fille la propriété de l’homme.

Le représentant de la Croatie a indiqué que son pays avait inclus dans ses cours sur les droits de l’homme des aspects traitant de l’égalité entre les sexes.

De son côté, la représentante du Sénégal a évoqué l’initiative prise visant à renforcer les capacités de lutte en matière d’égalité entre les sexes, notamment en offrant une formation spécifique aux hommes et aux femmes, notamment les acteurs qui travaillent dans le domaine de l’enfance.  À son avis, il faut tenir compte des différences culturelles et religieuses afin d’éviter l’exclusion sociale et intégrer les hommes et les garçons dans la lutte pour l’égalité des sexes.

Une représentante de l’ONG Association internationale des valeurs humaines a, quant à elle, abordé la question des normes culturelles et religieuses des hommes et des garçons, soulignant la nécessité de travailler dans ce domaine avec des chefs religieux.  Elle a par ailleurs estimé qu’il faudrait également mettre en exergue les valeurs humaines, comme l’amour, la compassion et l’amitié.

Répondant à cette série de commentaires, Mme TOURÉ a rappelé que depuis le début de la société humaine, nous vivons dans une société patriarcale.  Il faut dès le début poser la question du partage du pouvoir en matière de ressources et de prises de décisions qui peut être un processus douloureux pour les hommes.  Il faut ainsi mettre en avant les avantages qu’offre l’égalité entre les sexes.  Il  faut aussi travailler auprès de femmes qui n’ont pas toujours un comportement positif.  Dans un grand nombre de cultures, les garçons n’ont pas le droit de rester dans la cuisine.  Il faut aussi travailler sur les questions de l’égalité des chances et si une fille rapporte un revenu, sa famille ne la considérera pas comme un fardeau.  L’exemple du Libéria est très positif et signifie qu’il y a une réelle évolution des mentalités.  La question des ressources est également importante car dans la plupart des pays, les programmes en faveur des femmes sont sous-financés.  M. BARKER a lui aussi insisté sur l’importance d’intégrer très tôt les garçons au partage des tâches à la maison.  Ce point est essentiel et aura des répercussions sur la société tout entière.

L’ONG, Renouveau de la conscience féminine, a indiqué qu’il fallait investir dans la famille pour promouvoir les valeurs de respect entre la mère et le père et accroître le rôle des hommes pour ce qui est de la promotion des femmes dans la société.  Dans ce contexte, la religion doit jouer un rôle important pour la promotion des droits des femmes et la sensibilisation de la société aux droits des enfants.  Pour la représentante de l’Allemagne, il sera important de modifier les stéréotypes sexistes concernant à la fois les hommes et les femmes.  À cette fin, la Feuille de route de l’Union européenne pour l’égalité entre les hommes et les femmes pour la période 2006-2010 s’est fixée plusieurs domaines prioritaires, notamment l’élimination des stéréotypes de genre et la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes dans les politiques externes et de développement.  En Norvège, a indiqué le représentant, nous disposons de programmes pour aider les auteurs de violence à modifier leur attitude et leur agressivité.

La représentante du Suriname a indiqué qu’une organisation de son pays, « Men Meet Men », menait des activités pour sensibiliser les hommes et les garçons à leur rôle dans l’égalité entre les sexes.  En matière de santé, les discussions sont en cours avec la société civile avec pour slogan « Le sida s’arrête ici ».  En matière d’abandon scolaire, le Gouvernement du Suriname soutient le programme de « Men Meet Men » qui encourage les enfants et, en particulier, les filles à rester à l’école.  Pour sa part, la représentante des Philippines a indiqué que des camps d’été accueillaient des hommes et des garçons pour des formations sur l’égalité entre les sexes.  Le Gouvernement philippin, a-t-elle assuré, travaille avec les ONG et la société civile.  Il a aussi pris des mesures au niveau des universités et pour la formation des policiers.  En Israël, a indiqué sa représentante, le Ministère de l’éducation dispose d’une unité spéciale chargée de mettre en œuvre l’égalité entre les sexes dans ce domaine.  Le programme d’égalité entre les sexes concerne ainsi 3 000 garçons et filles.  La représentante a demandé aux experts s’il était préférable de séparer les groupes de filles et de garçons pour les sensibiliser ou si, au contraire, ce programme pouvait être mis en œuvre avec la participation de groupes mixtes.

La France mène des actions depuis plusieurs années pour faire évoluer les représentations qu’ont les jeunes des rôles des hommes et des femmes, a indiqué sa représentante.  Ainsi, des interventions ont lieu dans des écoles, et des stages professionnels en entreprise sont organisés en binômes (une fille, un garçon).  La France agit aussi avec le soutien de l’Union européenne et a ainsi lancé le programme intitulé « Men Equal Men Different » entre 2005 et 2006, pour repérer les obstacles à l’interaction des hommes dans les soins aux enfants.  La France agit aussi pour instaurer de bonnes pratiques dans les entreprises et faciliter notamment la possibilité pour les hommes d’être plus présents auprès de leurs enfants.  La déléguée française a aussi parlé d’une campagne de sensibilisation sur ces questions ainsi que d’un centre d’information et de documentation sur le droit des femmes.  La représentante de l’Algérie a, quant à elle, posé la question du changement de mentalité, qui nécessite d’intervenir à plusieurs niveaux.  Il faut commencer par l’école, a-t-elle estimé, et se baser sur les valeurs spécifiques à chaque pays.  Le Ministère algérien des affaires religieuses utilise les mosquées pour mettre en œuvre une campagne contre le sida, a-t-elle précisé.  Le rôle prépondérant devrait être joué par la famille, a-t-elle ajouté, et un programme de 100 milliards de dollars est en place en Algérie pour favoriser les petites filles, notamment dans le domaine de l’éducation.

Au Burkina Faso, une politique nationale a été mise en place pour lutter contre l’inégalité entre les hommes et les femmes.  Elle cherche notamment à faire participer effectivement les femmes aux projets en vue de leur formation.  Le Burkina Faso est un peu en avance dans la politique du genre, mais l’égalité entre les sexes n’est pas facile à réaliser.  Il nous faudrait beaucoup de moyens pour réaliser les programmes en cours, a constaté la représentante.  L’expérience de la Namibie a ensuite été présentée par sa représentante, qui a parlé d’ateliers de sensibilisation et de formation visant à modifier les croyances et pratiques culturelles des hommes.  Des clubs de garçons et de filles ont été créés, a-t-elle ajouté.  Lorsque les parents ne sont pas mariés, les deux ont des droits identiques en matière de garde des enfants.

Reprenant la parole, M. BARKER a constaté les démarches intégrées des pays qui avaient présenté leurs actions.  Il faut des lieux où les femmes et les hommes puissent se débarrasser des comportements inégalitaires.  Répondant à la question d’Israël sur la pertinence de la séparation des filles et des garçons dans les groupes de sensibilisation, il a estimé qu’il faudrait prendre en compte les besoins de certains garçons qui préfèrent parfois se retrouver en groupes de garçons, mais à d’autres moments il faudrait encourager des échanges entre les filles et les garçons.  Concernant la question des congés parentaux, il a fait remarquer que cela ne se posait que lorsque les emplois étaient déclarés.  Comment pouvons-nous intégrer ces idées dans des circonstances où les personnes ont du mal à survivre? s’est-il interrogé.  À son tour, Mme TOURÉ a estimé qu’il faudrait établir des programmes qui contribuent à encourager l’empathie.  Sur la question sur des mutilations génitales féminines, elle a noté qu’un cas de sensibilisation des hommes parlementaires avait porté ses fruits.  Elle a évoqué plusieurs autres actions positives, comme la sensibilisation des personnes sans domicile fixe à la pandémie du sida et les maladies sexuellement transmissibles en République dominicaine, ou encore un programme de sensibilisation des hommes en uniforme en Côte d’Ivoire.  Souvent les hommes sont ceux qui apportent le revenu dans la famille et il faut les inciter à aider leurs épouses, a-t-elle suggéré.

La représentante de Inuit Circumpolar Council a indiqué que l’expérience montre que les hommes ont également besoin de disposer de centres de crise pour débattre de leurs problèmes, comme par exemple ceux que rencontrent les chasseurs dont le mode de vie est remis en cause par les changements climatiques.  Elle a expliqué que son Conseil avait créé à cette fin des groupes de soutien composés d’hommes.  La représentante du Pakistan a indiqué qu’une loi sur la protection des femmes visait l’élimination des mariages forcés et que le Ministère du développement de son pays se préoccupait du sort des femmes pauvres.  La représentante du Japon a précisé que le pourcentage d’hommes salariés éligibles pour un congé parental était de 0,5%, l’objectif du Gouvernement étant d’arriver à un taux de 10%.  À cet effet, les autorités ont proposé des mesures incitatives aux sociétés.  Les hommes qui travaillent au Japon passent 20 minutes par jour avec leurs enfants en raison du nombre important d’heures passées sur le lieu de travail, a-t-elle indiqué; de plus, les femmes travaillent également et ne sont plus les seules à participer à la vie de la société.  Ce sont ces facteurs économiques qui ont un impact sur l’égalité des chances, a-t-elle ajouté. La représentante a par ailleurs demandé aux panélistes leur point de vue sur le rôle de l’idéologie et de l’économie dans le concept de l’égalité des chances.  La représentante de la Chine a demandé aux panélistes des exemples de bonnes pratiques de promotion de l’égalité des chances.  Le représentant de la République de Corée a souligné l’importance de la sensibilisation de l’opinion publique.

La représentante du Kenya a indiqué comme mesures d’égalité des chances la scolarité obligatoire des filles et des garçons ainsi que les mesures temporaires spéciales qui prévoient la nomination d’un tiers de femmes dans les instances de prise de décision.  Nous disposons de programmes de sensibilisation à l’attention des hommes et des garçons sur les conséquences néfastes des mutilations génitales, a-t-elle précisé, affirmant que les garçons ayant suivi les cours de formation refusaient désormais d’épouser une fille excisée, ce qui est une manière concrète à son avis de promouvoir l’égalité.  La représentante du Chili a convenu de la nécessité de sensibiliser les hommes comme les garçons, en affirmant que son pays avait réalisé de grandes avancées sur le plan législatif.  De nouvelles lois affirment en effet le concept de la responsabilité partagée au foyer, a-t-elle expliqué, et, depuis l’année dernière, les hommes disposent de 5 jours de congé de paternité.  En outre, a-t-elle conclu, nous travaillons à une proposition de loi visant à ce que les hommes et les femmes qui travaillent puissent prendre soin de leur famille sur un pied d’égalité.

La représentante de Center for PROFS a évoqué un projet de sensibilisation sur le caractère précieux du corps des femmes, pour que chacun puisse jouir de la dignité.  La représentante du Soudan a indiqué que les hommes de son pays, selon les textes en vigueur, avaient des responsabilités à assumer et certaines valeurs au sein de la famille à respecter.  En outre, la femme a le droit de travailler et l’homme doit participer à l’éducation des enfants.  On constate toutefois certaines disparités dans la pratique, a-t-elle reconnu.  La représentante de l’organisation YMCA en Inde a expliqué que son organisation accordait une importance primordiale aux droits des femmes et des filles dans les groupes marginalisés.  Le représentant de To Love Children Educational Foundation a poursa part assuré que son ONG prônait une approche éducative à la lutte pour l’égalité entre les sexes.  Il faut éduquer les hommes et les garçons dans ce domaine, donner les moyens aux femmes et petites filles de devenir indépendantes sur le plan économique et forger des partenariats pour atteindre ces objectifs, a-t-il dit.  Il a par ailleurs proposé que le nom de la Commission soit changé en Commission des hommes et des femmes sur la condition de la femme.

Mme TOURÉ a appelé les responsables politiques hommes à mener leurs gouvernements dans la lutte pour l’égalité entre les sexes.  Elle a estimé que les stratégies de sensibilisation des hommes devaient être intégrées dans celles des OMD et a indiqué que le rôle de la police et de l’armée était crucial à son avis ainsi que celui des chefs religieux et des enseignants.  Après la Deuxième guerre mondiale, a-t-elle expliqué, la participation des femmes à la vie économique leur avait assuré un statut de respectabilité.  De même, après le génocide au Rwanda, du fait des massacres qui y ont été perpétrés, les femmes ont joué un rôle important sur le plan économique de ce pays, a-t-elle dit.  Mme Touré a également indiqué qu’il ne fallait négliger personne dans ce combat, y compris, les garçons qui peuvent aussi avoir des problèmes d’adaptation et de comportement.  Le but est d’avoir une société égale, a-t-elle conclu, et il ne faut négliger personne.

Répondant au Japon, M. BARKER a indiqué que le coût de la violence contre les femmes, qui représente des milliards de dollars, était souvent ignoré.  Il a également noté qu’il y avait de nombreux hommes qui n’étaient pas indépendants sur le plan économique, et qu’il fallait en tenir compte dans la lutte pour assurer l’égalité entre les sexes.  Il a par ailleurs pris note des changements opérés dans les systèmes scolaires au Mexique, au Chili et au Kenya, mais a souhaité que les effets de ces changements soient mieux évalués.

SUIVI DE LA QUATRIÈME CONFÉRENCE MONDIALE SUR LES FEMMES ET DE LA SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE INTITULÉE « LES FEMMES EN L’AN 2000: ÉGALITÉ ENTRE LES SEXES, DÉVELOPPEMENT ET PAIX POUR LE XXIe SIÈCLE »

Suite et fin du débat général

Mme MIRJANA MLADINEO (Croatie) a salué les résultats de l’Étude approfondie du Secrétaire général sur toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.  Il faut non seulement renforcer la coopération au niveau mondial dans la lutte contre la discrimination et la violence à l’égard des femmes, mais aussi s’attaquer aux causes profondes de cette violence, a-t-elle affirmé.  La Croatie prend part à une campagne de sensibilisation lancée par l’Union européenne dans ce domaine, a-t-elle précisé.  En matière de règlement des conflits, la Croatie a une compétence particulière et participe activement aux opérations de maintien de la paix.  Cela lui a permis de comprendre la vulnérabilité particulière des femmes et des filles dans ces situations.  Mme Mladineo a indiqué que les troupes croates de maintien de la paix recevaient d’ailleurs une formation complète pour éviter la violence à l’égard des femmes et étaient invitées à pratiquer une tolérance zéro.  Même si les dispositions législatives croates interdisent la violence dans la famille, celle-ci reste répandue, a-t-elle regretté.  En outre, elle a indiqué que la Croatie assure un soutien individuel aux enfants victimes de violence, tout en protégeant leur identité.

Mme CARLIEN SCHEELE (Pays-Bas) a déclaré que la politique de développement des Pays-Bas aborde des thèmes qui intéressent directement les femmes: la bonne gouvernance, l’accès à l’eau, la santé reproductive et sexuelle, le VIH/sida et l’éducation.  Malgré de l’existence de documents internationaux concertés, il demeure encore nécessaire de réaffirmer l’importance de la santé reproductive des femmes et des filles.  Les droits sexuels et reproductifs sont des droits fondamentaux, mais nous sommes encore bien loin de pouvoir les garantir.  Ainsi, chaque année plus de 500 000 femmes meurent à la suite de complications liées à la grossesse ou aux accouchements.  La lutte contre le VIH/sida est aussi un élément important de notre politique de développement.  En Afrique subsaharienne, les jeunes filles constituent en effet trois quarts des contaminations chez les jeunes.  Se félicitant de l’Étude approfondie du Secrétaire général sur toutes les formes de violence à l’égard des femmes, elle a annoncé que son pays parraine, avec la France, un projet de résolution qui sera présenté à l’Assemblée générale.  Le message principal de ce texte est que les gouvernements doivent intensifier leurs efforts pour mettre en œuvre dans les faits leurs obligations légales.  La représentante a aussi fait part de l’importance que revêt l’éducation universelle pour le développement de la petite fille.

M. JORGE VOTO-BERNALES (Pérou) a indiqué que son pays, conformément à ses engagements en vertu des instruments internationaux, mettait en œuvre des politiques conçues pour aider et protéger les femmes et les filles.  Il est notamment prévu des mesures visant à éliminer la prostitution des enfants et le durcissement des peines pour viol d’enfants.  Tout acte de violence dans les écoles est également sévèrement puni.  L’élimination progressive de la pire forme du travail des enfants fait en outre l’objet de mesures particulières, conformément à la Convention pertinente que le Pérou a ratifiée.  M. Voto-Bernales a aussi indiqué que son pays était doté d’un système d’information qui permet de recueillir des statistiques sur les procès et les peines prononcées pour violence à l’égard des femmes.  Les lois et normes internationales ne suffisent cependant pas à contrer la réalité et il faut aussi adopter des stratégies concertées au niveau international, a-t-il suggéré.  Ce n’est qu’en faisant appliquer la loi et la justice qu’on permettra aux femmes de vivre à l’abri de la violence.  Enfin, le représentant a évoqué le problème de la migration internationale, qui défavorise particulièrement les filles.  Le grand défi de la communauté internationale est de mettre au point des mécanismes pour tirer avantage de ce phénomène, tout en protégeant les femmes et les filles.

M. LIU ZHENMIN (Chine) a déclaré que son pays avait déployé d’importants efforts pour mettre en œuvre les engagements pris à Beijing ainsi que le Document final de la vingt-troisième session de l’Assemblée générale.  En 2006, a-t-il dit, le Gouvernement chinois a mené une vaste campagne de sensibilisation aux droits de la femme et jusqu’à présent, cinq provinces ont pris des mesures de mise en œuvre de ces droits, tandis que 18 autres ont inscrit la question des droits de la femme dans leurs programmes de travail.  Le Programme national de développement pour 2006-2010 consacre pour la première fois un chapitre à la protection des droits et des intérêts des femmes et des enfants, a-t-il indiqué, alors qu’une évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre du Programme de développement de la femme chinoise a été conduite l’année dernière.  Par ailleurs, l’année dernière également, le Bureau des statistiques a incorporé des données ventilées par sexe dans son système de statistiques national.  En outre, la loi sur la planification familiale et la population, promulguée en 2001, interdit explicitement la sélection prénatale sur la base du sexe et les avortements sur la base du sexe.  Un soutien est fourni aux couples des zones rurales qui sont âgés de plus de 60 ans et qui ont un enfant unique ou deux filles, a-t-il expliqué, ajoutant que la loi sur l’école obligatoire, amendée en juin 2006, souligne la nécessité de protéger le droit des jeunes filles à l’éducation.

M. SERGEI RACHKOV (Bélarus) a rappelé que son pays avait adopté un plan d’action pour 2004-2010, afin de prévenir la violence à l’égard des filles et de protéger les droits de ces jeunes qui continuent à être une catégorie sociale particulièrement vulnérable.  Le Bélarus mène aussi une campagne d’information massive sur les façons d’éliminer la violence à l’égard des femmes.  L’éducation constitue un des principaux axes de l’action menée par le Bélarus.  Des mesures sont prises pour éliminer les stéréotypes sexistes dans les manuels scolaires et les écoles organisent régulièrement des cours spéciaux pour inculquer aux générations futures un comportement non sexiste.  D’autres mesures sont prises visant notamment à sensibiliser au rôle et aux droits de la femme dans la société et à prévenir la violence au sein de la famille.  Le Bélarus interdit d’employer des filles de moins de 16 ans.  Le représentant a estimé que le renforcement de  la coopération internationale et l’adoption de mesures par les Nations Unies et dans d’autres instances internationales contribueraient largement à combattre la traite des êtres humains.

M. ALDO MANTOVANI (Italie) a estimé que la violence contre les femmes et les filles est un phénomène complexe, dont les racines sont « enfouies » dans la culture.  En Italie, a-t-il indiqué, l’observatoire de la violence sera pleinement opérationnel l’année prochaine et les études préliminaires ont montré une implication accrue des mineurs dans les cas de violence.  Une nouvelle loi, qui sera adoptée à la fin de cette année, identifie les mesures de prévention, de sensibilisation et de répression de la violence.  Son objectif principal est de renforcer la protection des victimes, leur garantir une assistance juridique et psychologique et faciliter leur retour à la vie sociale et professionnelle.  La loi met l’accent sur l’éducation et la scolarisation pour insuffler aux jeunes générations le respect des différences entre les sexes.  En 2006, l’Italie a promulgué une loi sur les mutilations génitales qui prévoit d’augmenter les fonds nécessaires à la prévention et à la répression de ces pratiques.  L’Italie accorde, en outre, le statut de réfugiées aux femmes qui sont menacées de telles mutilations par leur famille.  S’agissant du trafic des êtres humains, l’Italie s’est dotée d’une loi « extrêmement novatrice » et accorde une attention particulière à l’assistance aux victimes et à des programmes de réintégration auxquels la victime a droit automatiquement dès qu’elle collabore avec les autorités judiciaires.  Au niveau international, le représentant a décrit les contributions de son pays aux diverses institutions des Nations Unies.

M. FABIEN FIESCHI (France) a rappelé l’attachement de son pays aux textes adoptés lors de la Conférence du Caire, de Beijing ainsi qu’à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.  Le représentant a illustré l’engagement de son pays en évoquant la Convention sur la promotion de l’égalité entre les filles et les garçons, entre les femmes et les hommes, dans le système éducatif français.  Adoptée en 2000, cette Convention a été renouvelée en juin 2006 et rassemble huit ministères autour de trois objectifs: la diversité des choix d’orientation professionnelle des filles et des garçons; l’éducation à l’égalité et la formation des acteurs éducatifs.  Le représentant a indiqué, par ailleurs, que la loi visant à renforcer la prévention et la répression des violences au sein du couple ou commises contre les mineurs, adoptée le 4 avril 2006, permet des avancées très importantes.  La législation française condamne depuis déjà longtemps toutes les pratiques de mutilations sexuelles féminines.  La loi de 2006 vise, quant à elle, à garantir l’efficacité des poursuites en matière de mutilations sexuelles et leur sanction effective.  Désormais, les victimes disposent d’un délai de 20 ans, à compter de leur majorité, pour intenter une action en justice.  Les mutilations sexuelles commises à l’étranger sont désormais un crime, y compris lorsque les enfants n’ont pas la nationalité française, mais résident habituellement sur le territoire français.

M. MARTIN BELINGA-EBOUTOU (Cameroun) a souhaité que les dates de la session de fond de la Commission soient revues pour tenir compte de la célébration de la Journée internationale de la femme et permettre aux ministres concernés de participer aux deux événements.  La petite fille mérite une attention particulière, a-t-il poursuivi, et son pays s’est toujours préoccupé de la protection et de la promotion de la fille dans le cadre de sa politique de développement économique et social.  Le Cameroun a ratifié les différentes conventions des Nations Unies et de l’Union africaine, a-t-il précisé.  Au plan national, le Cameroun a pris des mesures pour garantir l’éducation des jeunes filles, et ce, bien avant l’indépendance.  À cet égard, il a cité une déclaration de politique, adoptée en 1999, qui se consacre à la petite fille.  Il existe par exemple un quota de bourses scolaires d’un taux de 40% pour les filles.  M. BELINGA-EBOUTOU a conclu en indiquant que les résultats des actions entreprises par le Cameroun pour favoriser la scolarisation de la jeune fille, assurer sa protection et promouvoir la citoyenneté de la femme étaient certes appréciables, mais qu’elles ne répondaient pas encore aux efforts engagés.  Il a fait valoir l’approche qui tend à créer des espaces de concertation et de dialogue afin de développer une réelle volonté politique.  Nous comptons sur les ONG et nos partenaires pour accélérer la synergie, a-t-il ajouté.  Il a aussi regretté que l’analphabétisme et la pauvreté soient encore des obstacles majeurs à la réalisation des objectifs en matière de protection et de promotion des femmes.  À quoi sert de parler de leurs droits à des filles qui ne savent ni lire ni écrire, ou de parler d’autonomisation à des femmes qui n’ont pas accès aux crédits, s’est-il en effet interrogé.

M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER (Qatar) a affirmé que les femmes ont bénéficié dans son pays d’une multitude d’opportunités, de programmes, de politiques et de projets, favorisant ainsi leur promotion, la protection et la sauvegarde de leurs droits, leur participation dans tous les secteurs, en particulier ceux de l’éducation, de la santé et de la protection sociale.  La Déclaration et la Plateforme de Beijing ont guidé en permanence le Gouvernement du Qatar dans son objectif d’aboutir à des normes et à des politiques internationales visant à combattre la discrimination et la violence à l’égard des femmes et des filles.

Après avoir énuméré une série d’initiatives prises par les autorités du Qatar en faveur des femmes, le représentant a indiqué que son pays, qui était membre élu du Conseil de sécurité pour la période 2006-2007, s’était activement impliqué dans des questions liées aux enfants dans les conflits armés; aux femmes, à la paix et à la sécurité; et aux civils dans les conflits armés.  Toutes ces questions importantes ont une influence directe sur les droits de l’homme en général, y compris sur le thème prioritaire de l’actuelle session de la Commission de la condition de la femme, a-t-il déclaré.

Mme MUHAMMAD ALI SORCAR (Bangladesh) a indiqué que son pays est partie à la quasi-totalité des instruments internationaux relatifs aux droits de la femme et de la petite fille et a adopté les lois qui s’imposent pour les protéger de la violence.  De nombreux projets ont également été mis en place pour lutter contre la traite et la prostitution des femmes et des petites filles.  Un Comité ministériel permanent a été institué pour suivre la mise en œuvre des progrès accomplis et un plan d’action national a été élaboré en 2002 pour lutter contre les abus et l’exploitation des enfants, y compris la traite des êtres humains.  Ces modifications institutionnelles ont été accompagnées d’idées innovantes contribuant à améliorer la société.  Les concepts tels que le microcrédit et l’éducation informelle ont permis d’autonomiser les femmes et les petites filles du Bangladesh.  Ces dernières jouent désormais un rôle plus actif dans la vie publique et dans l’économie du pays.  L’égalité dans l’éducation a été atteinte, a indiqué la représentante, ajoutant que le pays a aussi réduit les taux de mortalités maternelle et infantile.  Ceci résulte en partie à la force de la société civile du Bangladesh, une société civile qui est à l’origine de la Banque Grameen.  La collaboration remarquable entre le Gouvernement et la communauté des ONG a contribué à une plus grande protection de la femme et de la petite fille.  Toutefois, a-t-elle regretté, nos enfants demeurent vulnérables à la traite et à l’exploitation sexuelle en raison de la pauvreté.

Mme ASHA BURKHARDT-REMESAR (Suriname) a annoncé le lancement du deuxième plan d’action national sur la parité intégrale entre les sexes pour la période 2006-2010, qui place un accent particulier sur la lutte contre la violence domestique et sexuelle.  Elle a aussi annoncé la création, au sein du Ministère de la justice, d’un bureau de la promotion des droits des femmes et de l’enfant.  Elle a, en outre, indiqué qu’un réseau sur la prévention de la violence à l’égard des enfants a été créé et qu’un plan d’action stratégique a été élaboré pour la formation des travailleurs sociaux, des instituteurs, des enfants et des gardiens de prison.  Parallèlement, des campagnes de sensibilisation ont été menées auprès des autres catégories de la population.  Un autre plan a été aussi lancé pour apprendre aux enseignants comment réagir face au VIH/sida à l’école.  S’agissant du trafic des femmes et des filles, un comité spécial présidé par une femme procureur a été chargé de formuler des mesures législatives, des procédures et des formations à l’intention de la police et des autres institutions pertinentes.  Ce comité a permis l’adoption, en avril 2006, d’une loi sur le trafic des êtres humains.  La représentante a conclu en attirant l’attention de la Commission sur la Fondation « Man mit Man » qui encourage les hommes à assumer leurs responsabilités et leur place dans la famille et dans la société, afin de pouvoir améliorer leur vie de famille et servir d’exemple aux jeunes filles et garçons.  Elle a aussi reconnu la nécessité d’accorder une plus grande attention aux femmes et aux filles autochtones dont les besoins sont pris en compte dans les documents de politique nationale. 

M. MAJDI RAMADAN (Liban) a indiqué que le Liban intégrait les objectifs de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes dans ses politiques nationales.  Le Liban a toujours joué un rôle de premier plan dans ce domaine, a-t-il déclaré, citant plusieurs initiatives comme la création en 2005 d’un réseau interparlementaire des femmes arabes.  Parmi les principaux objectifs poursuivis par ce réseau, il a parlé de l’adhésion aux textes internationaux pertinents et de l’élaboration de projets de loi pour faire appliquer les droits des femmes.  Des efforts ont aussi été entrepris au Liban pour accroître la sensibilisation sur les questions de la discrimination et de la violence à l’égard des femmes.  Nous sommes engagés à lever toutes les réserves à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, a ajouté la représentante.  Dans le domaine de l’éducation, des manuels scolaires mentionnent cette Convention et sont distribués dans toutes les écoles, publiques et privées.  Il faut aussi lier le développement de la femme au développement social car les femmes font partie de la population active de la société, a poursuivi M. Ramadan.  Le Liban tient particulièrement à l’élimination des conflits et son représentant a dénoncé l’obstacle que constitue l’occupation étrangère par Israël de terres libanaises.  C’est le fardeau le plus lourd qui entrave notre croissance, a-t-il déploré.  Il a enfin rendu hommage à deux Libanaises, l’une présentatrice de télévision au Liban et l’autre journaliste pour l’AFP, qui ont été victimes d’attaques terroristes l’année dernière.  La deuxième a été tuée par une bombe israélienne, mais la première a pu reprendre son poste l’été dernier, devenant ainsi un symbole de la liberté libanaise.

M. FILIMONE KAU (Fidji) a indiqué que dans son pays, c’est le Comité de coordination sur les enfants qui surveille et réexamine la mise en œuvre des programmes et activités liés à la Convention sur les droits de l’enfant.  Le pays a aussi créé un tribunal de la famille pour protéger les intérêts de la fillette lorsque les parents traversent une crise conjugale.  Des efforts sont en cours pour renforcer les programmes relatifs aux enfants, les dispositions sur la protection de la petite fille et les services sociaux.  Il s’agit aussi d’améliorer l’éducation à la santé pour y inclure des cours sur la santé sexuelle et reproductive et améliorer les services connexes.  Par ailleurs, la Stratégie nationale du développement pour la période 2007-2011 inclut un certain nombre de programmes liés à la protection et à la promotion des droits de l’enfant.  Il fixe aussi comme objectif d’éliminer d’ici à 2015, les disparités entre les sexes dans l’enseignement primaire et secondaire.  Le Plan d’action pour les femmes pour la décennie 1999-2008 appelle à la création d’un environnement sans violence, y compris la violence domestique, le harcèlement sexuel et les cas d’abus sexuels contre des petites filles.  Parmi les mesures prises pour lutter contre la violence à l’encontre des enfants, le représentant a cité un accord conclu entre la police, les services sociaux et le Ministère de la santé pour encourager les plaintes en cas d’abus.  En outre, des campagnes de sensibilisation et des ateliers ont été organisés pour lutter contre les punitions corporelles. 

M. LEBOHANG F. MAEMA (Lesotho) a rappelé qu’en 2003, son gouvernement a adopté la politique de la parité et du développement, dont la mise en œuvre se fait en coopération avec les ONG, le secteur privé et le milieu universitaire.  En outre, le Ministère de l’éducation a adopté un plan stratégique pour la période 2005-2015, dont l’objectif principal est de réaliser une parité totale entre les sexes, dans l’enseignement primaire et secondaire.  Étant un des pays les plus durement touchés par le VIH/sida, le Lesotho a adopté, en 2005, un plan d’action qui traite, entre autres, de la vulnérabilité des femmes et des filles face à ce fléau, et qui vise à alléger le fardeau de ces femmes et de ces filles, face aux malades du sida.  Le plan contient aussi des mécanismes visant à maintenir les filles à l’école et éviter qu’elles ne se livrent à des comportements sexuels à risques.  Pour lutter contre la violence sexuelle à l’encontre des filles, phénomène réel au Lesotho, le Gouvernement a voté une loi spécifique en 2003. 

La même année, il a créé un groupe de protection de l’enfant au sein de la police pour faciliter les plaintes.  Le Gouvernement a aussi organisé des programmes de formation pour accélérer le règlement des cas de viols.  Le programme contient, entre autres, des dispositions sur l’administration d’une prophylaxie après un viol afin de réduire les risques de contagion du VIH/sida.  Au Lesotho, une des mesures les plus importantes a été l’entrée en vigueur de la loi sur la capacité des époux qui a, d’une part, pour objectif d’abolir le pouvoir marital de l’homme sur la personne de la femme et d’autre part, de supprimer le statut de mineur de la femme.  La Commission de la réforme législative est en train d’examiner toutes les lois discriminatoires en matière d’héritage.  Le Lesotho s’attache aussi à intégrer dans sa législation nationale la Convention sur les droits de l’enfant et la Charte africaine sur les droits et le bien-être de l’enfant.

M. PAUL BADJI (Sénégal) a souscrit aux conclusions de l’Étude approfondie du Secrétaire général pour l’élimination de la discrimination et de la violence et à l’égard des femmes et des filles.  Le Sénégal, pays respectueux du droit et de la démocratie, a ratifié toutes les conventions pertinentes et adopté des lois pour pénaliser les violences faites aux femmes et aux filles.  En plus du Code de la famille de 1972, le représentant a signalé la modification du Code pénal en 1999 qui visait à renforcer le droit à l’intégrité physique et morale de la femme et de la fille.  C’est ainsi que la pratique des mutilations génitales féminines est interdite par une loi de 1999 et le Sénégal est désigné comme pays modèle à cet égard.  Le Gouvernement a aussi mis en place plusieurs mécanismes institutionnels, comme la Direction de la protection du droit des enfants, un projet de lutte contre les pires formes de travail des enfants et un projet d’éducation à la vie familiale dans les « daaras » (écoles coraniques).  Un plan d’action national a aussi été lancé en 2001 pour l’abandon de l’excision et des mariages précoces.  Le Gouvernement prend aussi en charge gratuitement le traitement des fistules obstétricales, une des conséquences du mariage précoce, a précisé le représentant.  Dans le domaine de l’éducation, le Sénégal a accompli des progrès énormes, y consacrant 40% du budget national.  La loi de 2004 rend obligatoire la scolarisation des enfants de six à 16 ans.  Enfin, 10% du budget sont alloués à la santé, ce qui permet notamment la vaccination des enfants.  Le Sénégal lutte aussi contre les pires formes de travail.  Malgré ces avancées, les résultats sont en-deçà de nos espoirs, a-t-il conclu, mais il a espéré que la volonté politique, les efforts de tous les citoyens et l’appui des partenaires au développement permettraient d’éliminer les violences faites aux petites filles.

Mme YVETTE KPONGNONHOU (Bénin) a annoncé que son pays a renforcé le cadre juridique existant et a ainsi adopté de nombreuses lois comme la loi réprimant les mutilations génitales, la loi relative à la santé sexuelle et reproductive  ou la loi sur la répression du harcèlement sexuel.  Le Code de l’enfant a été élaboré et attend d’être adopté par l’Assemblée nationale.  Mais à quoi servent les textes législatifs lorsque les populations sont analphabètes à hauteur de 80%, s’est demandée la représentante.  C’est pour cela que le Gouvernement s’emploie à vulgariser le contenu de ces lois sur l’ensemble du territoire en coopération avec les représentants de la société civile.  En matière de lutte contre les mutilations génitales, la sensibilisation des populations a porté ses fruits puisque l’excision ne se pratique plus que de manière marginale dans les villages frontaliers du Bénin.  À cet égard, a-t-elle indiqué, une conférence interrégionale est prévue pour mai-juin prochains.  En dehors de ce cadre législatif, a précisé la représentante, le Bénin s’est aussi doté d’un cadre de concertation qui regroupe certaines structures étatiques, des organisations non gouvernementales et des partenaires au développement pour la protection de l’enfant. 

Mme MARY ANN DANTUONO, Observatrice du Saint-Siège, a rappelé que ce sont les femmes qui sont les principales victimes de la prostitution et de la violence au sein de la famille.  Le commerce sexuel international est devenu une industrie, qui est particulièrement dégradante, a-t-elle relevé.  Très lucrative, cette industrie est devenue difficile à combattre.  Nous voudrions renverser cette tendance, a déclaré la représentante qui a espéré que les pays trouveraient un terrain d’entente pour faire respecter la dignité et la valeur de tous les êtres humains, notamment les plus vulnérables.  Elle a évoqué le statut inférieur des femmes dans certaines traditions locales, car elles sont considérées comme un fardeau économique et donc éliminées avant la naissance.  L’avortement, qui est souvent considéré comme un outil de libération, est souvent pratiqué par des femmes contre des femmes, a-t-elle relevé.  À côté des filières de traite des personnes lucrative, on abuse aussi souvent du mariage pour donner une façade à l’exploitation sexuelle, a dénoncé la représentante.  Pour mettre fin à la traite, il ne suffit pas de faire connaître le sort de ces femmes, mais il faut aussi remonter plus haut et s’occuper du réseau financier qui existe.  Quelle est l’instance qui doit intervenir pour faire face à cette situation? s’est-elle interrogée.  Nous ne devrions pas limiter la lutte contre la traite à quelques lois sociales, mais aussi permettre à ces femmes de rentrer chez elles en toute sécurité et sans honte, a-t-elle ajouté.

M. XAVIER (Union interparlementaire) a déclaré qu’il reste encore beaucoup à faire pour protéger et permettre aux fillettes de se développer et de s’épanouir.  Le 1er mars dernier, a-t-elle ajouté, nous avions tenu une réunion sur la dimension parlementaire des discriminations faites aux petites filles et avons accueilli à cette occasion plus de 150 membres des parlements du monde afin de compléter les délibérations de la session de la Commission de la condition de la femme.  Les parlements peuvent en effet faire beaucoup en adoptant des lois, en surveillant leur mise en œuvre et en sensibilisant l’opinion publique.  Les parlementaires peuvent aussi faire entendre la voix des enfants.  Mais la législation ne suffit pas et il est nécessaire d’adopter des règlements d’application des programmes et de débloquer les ressources financières adéquates.  Il est aussi important d’autonomiser les hommes dans les domaines dans lesquels ils ne sont pas traditionnellement actifs.  La représentante a appelé à davantage de coopération entre partenaires, comme celle qui vient d’être lancée et qui s’appelle le Réseau des femmes en politique.  Ce nouveau réseau en ligne (www.iknowpolitics.com), contribuera à faciliter la participation politique des femmes grâce au partage des informations.

Mme NDIORO NDIAYE, Organisation internationale pour les migrations (OIM), a expliqué que la migration, lorsqu’elle est réussie, pouvait être à l’origine d’effets très positifs sur l’éducation des filles.  La femme migrante envoie des fonds à sa famille restée au pays et devient ainsi le soutien de sa famille, assurant le bien-être de ses enfants.  L’expertise des femmes migrantes peut aussi s’avérer d’une grande utilité pour sensibiliser les jeunes filles aux dangers de la traite et encourager les migrations légales.  La traite est en effet la menace principale qui pèse sur les femmes migrantes.  L’OIM a assisté de nombreuses personnes victimes de la traite dans le monde, dont 82% de femmes et de filles.  En Afrique, beaucoup de jeunes filles sont recrutées pour être employées comme aides domestiques à l’étranger et payent même une certaine somme pour cela, a expliqué Mme Ndiaye.  Une fois dans le pays d’immigration, elles sont employées dans des conditions qui s’apparentent à l’esclavage moderne quand ce n’est pas pour leur exploitation sexuelle.  La représentante a expliqué la stratégie de l’OIM, qui se concentre sur la prévention, la protection et l’assistance aux victimes.  Elle a enfin rappelé que la traite des êtres humains générait chaque année près de 19 milliards de dollars au profit de la criminalité organisée.

Mme MARY REINER BARNES, Ordre militaire souverain de Malte, a insisté sur la vulnérabilité des fillettes et des femmes face au VIH/sida.  L’Ordre s’efforce essentiellement de prévenir la transmission du virus de la mère à l’enfant.  Au Mexique par exemple, l’Ordre apporte aux femmes contaminées des soins prénataux afin de leur permettre de mettre au monde des enfants en bonne santé.  En Afghanistan, l’Ordre militaire souverain de Malte a mis en place un programme de formation de sages-femmes.  Dans les territoires palestiniens, la fermeture des territoires a limité considérablement l’accès aux services hospitaliers et de ce fait, notre hôpital de Cisjordanie est devenu l’infrastructure de référence et un phare d’espoir dans la région.  L’Ordre cherche aussi à répondre aux besoins en matière de santé des filles en Afrique et, notamment, en République démocratique du Congo.  Outre des soins médicaux de base, l’Ordre a lancé un programme de soutien psychologique pour venir en aide aux filles et femmes victimes des brutalités de la guerre.

Mme RATSIFANDRIHAMANANA (Union africaine) s’est déclarée fière de l’élection d’une femme à la tête d’un État africain.  Elle a évoqué la Déclaration sur l’égalité des genres en Afrique qui date de 2004 et pour l’application de laquelle, un cadre a été adopté en 2005.  Lors de son dernier sommet en janvier 2007, l’Union africaine a réitéré sa disposition à coopérer avec toutes les parties prenantes à la réalisation des 13 engagements de la Déclaration, y compris la mise en place d’un fonds d’affectation spéciale pour les femmes.  La représentante a aussi indiqué que le mandat avait été donné à la Commission de l’Union africaine pour poursuivre son plaidoyer sur la traite des femmes, visant les politiques de migrations.  La Commission vient de publier un manuel sur les meilleures pratiques qui recense les modèles dans ce domaine en Afrique.  Les femmes africaines sont victimes plus que les autres de la discrimination et de la violence, a rappelé la représentante.  Elle a enfin réitéré son appel à la solidarité internationale en vue de soutenir le combat de l’Afrique pour la paix et le développement. 

Mme YAMINA DJACTA (ONU-HABITAT) a attiré l’attention de la Commission sur deux problèmes: les souffrances des petites filles des rues et de celles qui vivent dans des bidonvilles et le rôle des autorités locales dans la lutte contre les discriminations et la violence.  Les enfants des bidonvilles, a-t-elle signalé, sont les enfants oubliés des villes.  L’absence de droit de propriété foncière pousse les femmes pauvres vers les villes à la recherche d’une vie meilleure.  Beaucoup s’installent dans des bidonvilles ou peuplements sauvages au risque de perdre leur santé car elles subissent toutes les conséquences du manque d’assainissement et d’approvisionnement en eau potable, de l’insalubrité et de l’insécurité inhérents aux bidonvilles.  L’inceste et le viol sont de véritables problèmes dans les bidonvilles.  Les services sociaux n’ont souvent pas accès à ces personnes car les bidonvilles sont souvent considérés comme illégaux.  Il s’agit aussi de terrains fertiles pour le recrutement de femmes et de petites filles par les trafiquants d’êtres humains.  Les autorités locales, a encore signalé la représentante, ont la responsabilité de la planification urbaine, il est donc important de renforcer les liens avec ces autorités dans la lutte contre les discriminations et la violence.  Par exemple, en améliorant l’éclairage des bidonvilles, on arrivera à faire baisser l’incidence du viol.

Mme MAYRA BUVINIC, Directrice de secteur pour le genre et le développement, la réduction de la pauvreté et la gestion économique de la Banque mondiale, a estimé que les progrès réalisés cette année vers l’égalité des sexes résultaient de la collaboration avec plusieurs partenaires pour le développement.  La Banque mondiale s’est efforcée d’augmenter ses investissements dans la voirie, l’énergie, l’eau et les services financiers, ce qui profite non seulement aux femmes mais aussi aux hommes et aux enfants et à la société dans son ensemble.  Elle a fait valoir l’importance de la parité pour réduire la pauvreté et les efforts déployés pour améliorer l’autonomisation des femmes dans les domaines industriel, agricole, financier et dans le secteur privé.  Avec l’UNIFEM, la Norvège et d’autres partenaires, nous mobilisons nos efforts pour que les femmes aient accès aux ressources économiques et aux marchés afin qu’elles puissent augmenter leurs revenus.  Enfin, Mme Buvinic a indiqué qu’en collaboration avec les institutions des Nations Unies et les gouvernements, la Banque mondiale travaillait à améliorer ses connaissances et ses statistiques sur la participation économique des femmes.

M. PAULINE MUCHINA, du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida, a attiré l’attention de la Commission sur une tendance à la féminisation de l’épidémie du VIH/sida.  Il a à cet égard fait remarquer que 7 000 femmes et petites filles étaient quotidiennement contaminées par le VIH/sida et qu’elles étaient 4 à 13 fois plus exposées au risque d’infection que les hommes dans certains pays.  Cette féminisation est la preuve, selon le représentant, de politiques nationales en la matière qui ne répondent pas aux besoins des femmes et à leur vulnérabilité.  C’est la raison pour laquelle, a indiqué le représentant qu’ONUSIDA a mis en place une Coalition mondiale sur les femmes et le sida dont les principaux objectifs sont: la réduction de la violence fondée sur le sexe, la prévention de l’infection du VIH/sida chez les adolescentes, la protection de leurs droits de propriété et de succession ou encore la scolarisation des petites filles.  Après avoir démontré l’existence d’une corrélation entre la violence et l’infection du sida ou encore dénoncé le manque d’infrastructures adaptées aux jeunes filles au sein des établissements scolaires, le représentant a demandé aux gouvernements d’élaborer des programmes adaptés pour remédier aux problèmes de discrimination et de violence au sein même de leurs politiques de lutte contre le VIH/sida.  Il a par ailleurs fait part des différents partenariats que le secrétariat d’ONUSIDA a établis pour lutter contre le fléau notamment avec les partenaires de Coalition mondiale sur les femmes et le sida ou encore l’UNIFEM.  Pour conclure, le représentant a demandé un engagement politique et financier des gouvernements, de la communauté des donateurs et du système des Nations Unies, une réforme du droit et des politiques en la matière et leur application, la mobilisation sociale et l’autonomisation des femmes et des hommes.

M. DJANKOU NDJONKOU, Directeur du Bureau pour l’égalité des sexes de l’Organisation internationale du Travail (OIT), a expliqué que l’objectif premier de l’OIT était de promouvoir les chances des hommes et des femmes d’accéder à un emploi décent et productif, dans des conditions de liberté, d’égalité, de sécurité et de dignité humaine.  La parité est notamment nécessaire pour un programme de travail digne, a-t-il souligné.  Nous cherchons en particulier à lutter contre la violence à l’égard des femmes et des enfants au travail, comme le harcèlement sexuel sur les lieux de travail, le travail forcé, la traite et le travail des enfants.  Nous faisons aussi en sorte qu’on n’emploie pas les enfants en-dessous de l’âge minimum, conformément aux instruments nationaux et internationaux en la matière.  La Convention 182, adoptée en 1999, demande aux gouvernements de prendre des mesures pour éliminer les pires formes de travail des enfants, a-t-il rappelé. 

Mme SONIA MONTANO, Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), au nom des cinq Commissions régionales des Nations Unies, a mis l’accent sur la dimension régionale pour réaliser l’égalité entre les sexes.  L’importance de cette dimension, a-t-elle plaidé, doit être reconnue dans le contexte de la réforme des Nations Unies et en particulier dans la nouvelle architecture de la promotion de la femme.  Pour assurer le succès sur le terrain et éliminer les doubles emplois, il faut laisser les commissions régionales jouer leur rôle d’appui à la coordination des mécanismes nationaux, des ONG et autres parties prenantes.  Ces commissions offrent un forum unique aux gouvernements, à la société civile, au secteur privé et aux organisations internationales, qui peuvent s’échanger des informations, partager leur expérience et renforcer la coordination, a-t-elle insisté.  Après avoir passé en revue les activités de chacune des cinq commissions, la représentante a rappelé qu’elles fournissent aux gouvernements des services consultatifs et un appui technique dans le domaine de la promotion des droits des femmes et des filles. 

Fortes de cette expérience, les commissions régionales estiment que l’adoption d’une législation exige un suivi qui ne peut être efficace que s’il existe des mécanismes appropriés d’exécution, des capacités renforcées et des ressources adéquates.  Dans certains pays, la coutume et l’interprétation des préceptes religieux relatifs à la famille compromettent les efforts de protection des femmes et des enfants contre la violence.  Le manque de volonté et d’engagement politiques, les contraintes financières et l’absence de lois demeurent les principaux obstacles à une lutte efficace contre la violence faite aux femmes et aux enfants. 

Mme ANJANA SHAKYA, Caucus des ONG d’Asie et du Pacifique, a indiqué que les femmes de la région connaissaient une cohorte de problèmes similaires, à savoir la violence et l’exploitation sexuelle et une violence accrue.  Nous exigeons des États Membres qu’ils éliminent les mesures et procédures inefficaces qui n’ont pas permis de freiner l’augmentation des viols, des mariages d’enfants, de la violence familiale, de la traite et du travail des enfants.  Comme l’a reconnu la résolution 1325 du Conseil de sécurité, les conflits armés ont un impact dévastateur sur les petites filles et les femmes.  Une protection particulière est donc nécessaire.  C’est pourquoi, nous demandons instamment aux États Membres qu’ils ratifient la Convention relative aux droits de l’enfant, qu’ils promulguent des lois qui prévoient de traduire en justice les auteurs de viol, et des lois qui reprennent les dispositions des Conventions de l’OIT et qu’ils reconnaissent les besoins particuliers des petites filles et des jeunes femmes.

Mme BISI OLATERU-OLAGBEGI, Caucus des ONG africaines, a évoqué les ONG africaines qui luttent en faveur de la promotion des femmes et des filles.  Nous avons créé en Afrique un cadre juridique qui permet de s’attaquer aux problèmes rencontrés par les femmes, mais celles-ci continuent à souffrir de violence et de discrimination.  Elle a dénoncé notamment le système de patriarcat et l’absence de prise de décision par les femmes.  La traite des enfants et la pandémie du VIH/sida ont couté la vie à des nombreuses femmes et filles, a-t-elle ajouté.  Elle a demandé aux gouvernements de ratifier et mettre en application tous les instruments internationaux et régionaux en matière e de droits de la femme et des enfants.  Elle a également souhaité que les gouvernements ne négocient pas sur l’âge du mariage qui ne doit pas être inférieur à 17 ans.

Mme ANNE BENVENUTI, Caucus des ONG d’Amérique du Nord, a souhaité voir se tenir une cinquième Conférence mondiale sur les femmes qui permettra de faire participer une nouvelle génération de femmes et de filles et inspirer une nouvelle génération de travailleurs en matière de droits de l’homme.

Mme AMAL MAHMUOD FAYED, Caucus des ONG du Moyen-Orient, a indiqué que les femmes de sa région souffraient de conflits armés et a souhaité qu’elles bénéficient d’une protection accrue.  Elle a demandé l’élaboration d’une convention internationale sur les femmes en situation de conflit armé.  Elle a aussi demandé que les mines restées sur le sol libanais soient enlevées.  En Iraq, nous sommes témoins de violences quotidiennes contre les femmes, a-t-elle rappelé, demandant aux États Membres d’accorder une protection aux femmes iraquiennes, notamment celles victimes de mariages forcés.  Elle a également réaffirmé le droit à la nationalité pour les femmes et évoqué les problèmes des femmes palestiniennes.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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