L'ECOSOC SE PENCHE SUR LA COOPÉRATION RÉGIONALE, LA LUTTE CONTRE LE SIDA ET LES RÉPERCUSSIONS DE L'OCCUPATION ISRAÉLIENNE

23 Juillet 2007
ECOSOC/6302

L'ECOSOC SE PENCHE SUR LA COOPÉRATION RÉGIONALE, LA LUTTE CONTRE LE SIDA ET LES RÉPERCUSSIONS DE L'OCCUPATION ISRAÉLIENNE

23/07/2007
Conseil économique et social
ECOSOC/6302
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

L'ECOSOC SE PENCHE SUR LA COOPÉRATION RÉGIONALE, LA LUTTE CONTRE LE SIDA ET LES RÉPERCUSSIONS DE L'OCCUPATION ISRAÉLIENNE

(Publié tel que reçu)

Genève, 23 juillet (Service de l’information des Nations Unies) –- Le Conseil économique et social a débattu ce matin des répercussions économiques et sociales de l'occupation israélienne sur les conditions de vie du peuple palestinien et de la population arabe du Golan; des activités du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) et de coopération régionale.

S'agissant de la coopération régionale, le Conseil a adopté deux résolutions, l'une par laquelle il décide d'admettre la République de Corée comme État membre de la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes, l'autre pour approuver un projet de mécanisme intergouvernemental soumis par la Commission économique pour l'Afrique.   Le Conseil a également été saisi du rapport du Secrétaire général sur la coopération régionale dans les domaines économique et social et domaines connexes.  Les représentants de la Fédération de Russie et de la Chine ont fait des déclarations au titre de ce point.  Le représentant du Maroc a pour sa part présenté un projet de résolution sur la liaison fixe Afrique-Europe à travers le détroit de Gibraltar.

Le Conseil a tenu un débat suite à la présentation du rapport sur les répercussions économiques et sociales de l'occupation israélienne sur les conditions de vie du peuple palestinien dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem, et de la population arabe du Golan syrien occupé, rapport préparé par la Commission économique et sociale pour l'Asie occidentale.

De nombreux intervenants ont dénoncé les incursions répétées par Israël dans les territoires palestiniens, de même que la fermeture des frontières et d'autres mesures qui ont entraîné une dégradation constante des conditions sociales et économiques des Palestiniens.  Un représentant a préconisé que les pays s'engagent de bonne foi dans un dialogue visant à la réalisation du droit du peuple palestinien à l'autodétermination.  Un intervenant a souligné que le débat semble devenir plus anti-israélien que pro-palestinien: tant que la communauté internationale n'aura pas compris la complexité du problème, elle ne pourra avancer.

Les représentants des États suivants ont fait des déclarations suite à la présentation de ce rapport: Palestine, Syrie, Bélarus, Israël, Cuba, Algérie, Indonésie, Arabie saoudite et États-Unis.  Le Maroc et l'Algérie ont exercé le droit de réponse.

Le Conseil économique et social a ensuite été saisi du rapport du Directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA).  M. Peter Piot s'est réjoui que depuis 2005 plus de 2,3 millions de personnes dans les pays à bas revenu ou à revenu intermédiaire ont reçu un traitement antirétroviral.  Dans certains pays d'Afrique de l'Est, des Caraïbes et d'Asie, les taux d'infection diminuent.  Cependant, plus de 10 000 personnes sont toujours infectées chaque jour, et 8000 meurent de cette maladie.  Il s'agit d'une crise à long terme qui implique un engagement pendant des décennies.  Il faut donc intensifier les efforts, notamment en matière de recherche de fonds et de prévention, a souligné le Directeur exécutif. 

Au cours du débat qui a suivi, nombre de représentants ont insisté sur l'importance de la coordination de la lutte contre le sida aux niveaux international, régional et national et de la défense du principe de l'universalité de l'accès aux médicaments, dans le respect des priorités nationales en la matière.  Les représentants des États suivants ont fait des déclarations: Bélarus, Algérie, Chine, États-Unis, Thaïlande, Soudan, Guyana et Venezuela.  Une représentante de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture est aussi intervenue.

En début de séance, le Conseil a été saisi de rapports sur l'application de la déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux par les institutions spécialisées et les organismes internationaux associés à l'Organisation des Nations Unies, présentés par Mme Rebecca Hernández Toledano, Représentante du Comité spécial sur la décolonisation.

Un rapport a en outre été présenté sur la confidentialité des données génétiques et la non-discrimination, au titre de l'examen des questions sociales et relatives aux droits de l’homme.

Le Conseil poursuit ses débats cet après-midi, à 15 heures, en portant sont attention sur les questions relatives à l'économie et à l'environnement.

Adoption de résolutions concernant la coopération régionale

Le Conseil a adopté, sans procéder à un vote, une résolution sur l'examen du mécanisme intergouvernemental de la Commission économique pour l'Afrique (projet de résolution figurant au document E/2007/15/Add.1), par laquelle il approuve le projet de mécanisme intergouvernemental de la Commission économique pour l'Afrique, en tenant compte du débat dont il a été l'objet, ainsi que des recommandations qui ont été faites à la quarantième session de la Commission/Conférence des ministres africains des finances, de la planification et du développement économique, à savoir: organiser une conférence annuelle unique UA-CEA des ministres africains des finances, de la planification et du développement économique; remplacer le Comité intergouvernemental d'experts par des conférences ministérielles sous-régionales dont les réunions seront organisées conformément aux dispositifs intergouvernementaux en place dans chaque sous-région; organiser les organes subsidiaires de la CEA en sept comités sectoriels.  Ces sept comités sont: Comité de la sécurité alimentaire et du développement durable; Comité de la gouvernance et de la participation populaire; Comité de l'information, la science et la technologie au service du développement; Comité du commerce, de la coopération régionale et de l'intégration; Comité de la participation des femmes au développement; Comité de statistique; Comité du développement humain et social.

Le Conseil a adopté, sans procéder à un vote, une résolution sur l'admission de la République de Corée comme État membre de la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (projet de résolution I figurant au document E/2007/15/Add.2), le Conseil approuve la demande d'admission de la République de Corée à la qualité de membre de la Commission et, à cet effet, autorise la modification de l'alinéa a) du paragraphe 3 du mandat de la Commission par l'inclusion du nom de la République de Corée après celui du Portugal.

Examen des questions relatives à la décolonisation

Présentation

MME REBECCA HERNÁNDEZ TOLEDANO, Représentante du Comité spécial sur la décolonisation, a souligné que le Comité spécial accorde une importance considérable au point de l'ordre du jour du Conseil abordé ce matin, en particulier en raison du fait que les territoires non autonomes restent marginalisés et ne peuvent bénéficier de la coopération avec les Nations Unies.  Il s'agit donc d'aider ces territoires à renforcer leurs capacités, de promouvoir le bien-être de leurs habitants et d'y favoriser les progrès politiques et sociaux.  Mme Hernández Toledano a fait savoir que Cuba compte présenter ultérieurement un projet de résolution portant sur le soutien aux territoires non autonomes.  Elle s'est félicitée que de nombreuses institutions spécialisées du système des Nations Unies incluent les territoires non autonomes dans leur mandat dans le but de faciliter la participation de ces derniers dans leurs activités.  Il s'agit d'une nouvelle dimension d'intégration de ces territoires dans les activités de la communauté internationale, a-t-elle souligné.  Aussi, a-t-elle remercié, au nom du Comité spécial, les organisations internationales et les institutions des Nations Unies qui permettent à ces territoires de participer à leurs programmes.  À titre d'exemple, elle a rappelé que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) apporte un soutien à certains territoires non autonomes, tels que les Îles Vierges britanniques, les Îles Caïman ou Montserrat, s'agissant notamment de la gestion des risques de catastrophe et du renforcement des capacités dans la région des Caraïbes.  Dans la région Pacifique, a-t-elle ajouté, le PNUD continue d'appuyer les efforts de Tokelau dans ses efforts pour organiser un référendum sur une libre association avec la Nouvelle-Zélande.

Mme Hernández Toledano a précisé que le rapport présenté au Conseil s'agissant de l'application de la Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux évoque notamment les aspects normatifs et opérationnels du travail de l'Organisation internationale du travail dans la région, qui se consacre, entre autres, à l'élaboration de politiques et au renforcement des capacités.  Le rapport indique en outre que les travaux de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture sont pertinents pour la majorité des territoires non autonomes et que le Programme alimentaire mondial continue d'assister les réfugiés du Sahara occidental.  Revenant sur la situation de Tokelau, Mme Toledano a tenu à remercier la communauté internationale pour le soutien qu'elle apporte aux efforts de décolonisation.  Tokelau se trouve actuellement à une étape cruciale pour son avenir, puisqu'il tiendra un référendum en octobre prochain sur une possible association avec la Nouvelle-Zélande, a-t-elle rappelé.  Alors que les préparatifs de l'autodétermination de Tokelau avancent, le Fonds fiscal international a été crée en 2004 dans le but de soutenir les besoins de développement de Tokelau, a-t-elle poursuivi.  Pour conclure, elle a estimé que des progrès substantiels peuvent encore être faits pour accroître les possibilités de participation des territoires non autonomes aux travaux du Conseil économique et social.

Le rapport du Président du Conseil sur les consultations tenues avec le Comité spécial chargé d'étudier la situation en ce qui concerne l'application de la Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux (E/2007/47) contient les informations présentées par les institutions spécialisées et les organismes internationaux associés à l'Organisation des Nations Unies au sujet de leurs activités relatives aux territoires non autonomes.  Il s'agit notamment du Programme des Nations Unies pour le développement, de l'Organisation internationale du travail, de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture et du Programme alimentaire mondial.

Le rapport du Secrétaire général sur l'application de la Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux par les institutions spécialisées et les organismes internationaux associés à l'Organisation des Nations Unies (A/62/65) contient la liste des institutions spécialisées et organismes internationaux associés à l'Organisation des Nations Unies auxquels s'appliquent les dispositions de la résolution et à l'attention desquels le Secrétaire général a porté celle-ci.

Examen des questions relatives à la coopération régionale dans les domaines économique et social et domaines connexes

Présentation

M. AMR NOUR (Bureau des commissions régionales des Nations Unies) a brièvement présenté le rapport du Secrétaire général sur la coopération régionale dans les domaines économique et social et domaines connexes en soulignant notamment que la qualité des dialogues engagés entre les commissions régionales de l'ONU a permis une meilleure interaction au service des États membres, que ce soit en matière de coopération Sud-Sud, de développement de la sous-région Afrique du Nord en particulier ou de création de programmes conjoints au niveau des régions, entre autres. 

Le rapport du Secrétaire général sur la coopération régionale dans les domaines économique et social et domaines connexes (E/2007/15) met tout particulièrement l'accent sur une étude analytique des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement et les enseignements qui peuvent être tirés, dans une perspective régionale, pour intensifier les efforts au cours des prochaines années.  Outre les secteurs productifs traditionnels «favorables aux pauvres», tels que l'agriculture et le bâtiment, certains secteurs clefs de l'économie sont particulièrement importants pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, notamment trois secteurs d'infrastructure matérielle (transport, énergie et eau) et deux secteurs d'infrastructure sociale (santé et éducation), indique le rapport.  Les évaluations et analyses régionales effectuées par les commissions régionales concernant la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement font apparaître des résultats mitigés, encore qu'ils reflètent le plus souvent de grosses insuffisances, indique le rapport.  Dans l'ensemble, ces travaux continuent également de mettre en évidence des écarts importants entre les résultats obtenus, car les tendances qui se dessinent à l'échelle tant mondiale que régionale masquent d'importantes disparités entre les régions et les sous-régions, voire à l'intérieur d'un même pays.  C'est tout particulièrement le cas de l'objectif 1, éliminer l'extrême pauvreté et la faim.

Malgré les progrès tangibles réalisés par l'Afrique sur le front de la croissance économique au cours des dernières années, de l'avis général, ces bons résultats économiques n'ont pas encore eu un effet mesurable sur la pauvreté et la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, affirme le rapport.  Les études et rapports récemment établis par la Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique indiquent en revanche que la région de l'Asie et du Pacifique a remarquablement progressé sur le front de la lutte contre la pauvreté.  L'Asie du Sud et du Sud-Ouest est la sous-région de l'Asie et du Pacifique où les résultats sont globalement les plus mauvais, indique toutefois le rapport.  Pour ce qui est de l'Asie occidentale, l'instabilité politique et les conflits demeurent des obstacles majeurs à l'élimination de la pauvreté et de la faim dans la région, souligne-t-il.  Dans la région de la Commission économique pour l'Europe (CEE), les objectifs du Millénaire pour le développement sont particulièrement pertinents pour les pays d'Europe orientale, du Caucase et d'Asie centrale, ainsi que les pays de l'Europe du Sud-Est, fait savoir le rapport.  Le taux d'extrême pauvreté ou d'extrême dénuement est le plus élevé dans le Caucase et en Asie centrale, où la misère est endémique, précise-t-il. 

Le rapport contient des projets de résolution soumis pour adoption respectivement par la Commission économique pour l'Afrique et la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (Ces textes ont été adoptés: voir en début de communiqué).

M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc) a pour sa part présenté un projet de résolution sur la liaison fixe Afrique-Europe à travers le détroit de Gibraltar, relevant l'intérêt stratégique de cette voie d'eau.  L'Espagne et le Maroc souhaitent faire de cette zone une voie privilégiée de leurs échanges dans le cadre du développement économique intégré de la région Europe-Méditerranée.  Les études réalisées à ce jour ont permis d'engranger des connaissances géologiques et océanographiques notamment, permettant le choix d'une solution de liaison rapide par tunnel ferroviaire sous-marin.  Un rapport d'évaluation global sera ultérieurement soumis aux autorités concernées, y compris la Commission européenne.  Le futur tunnel se propose de relier deux continents et de contribuer ainsi de manière importante au développement régional.

Aux termes de ce projet de résolution (E/2007/L.12), le Conseil se féliciterait de la coopération établie autour du projet de la liaison à travers le détroit de Gibraltar entre la Commission économique pour l'Afrique, la Commission économique pour l'Europe, les Gouvernements espagnol et marocain, et les organisations internationales spécialisées.  Il demanderait aux Secrétaires exécutifs de la Commission économique pour l'Afrique et de la Commission économique pour l'Europe de continuer à participer activement au suivi du projet et de faire rapport au Conseil, à sa session de fond de 2009, sur les progrès réalisés.

Déclaration

M. VASSILY NEFENZIA (Fédération de Russie) a salué l'apport des commissions régionales et a souligné que les activités de coopération se sont intensifiées dans plusieurs régions.  Insistant sur le rôle actif que joue la Fédération de Russie dans ce contexte, il a notamment rappelé que l'un des objectifs recherchés est d'obtenir la stabilité économique dans l'ensemble du territoire européen.  Beaucoup reste à faire, mais il nous faut soutenir et poursuivre la coopération au niveau paneuropéen, a-t-il ajouté.  Il a dit son pays prêt à apporter son appui à cette fin, par le biais d'une contribution de 1,2 millions de dollars pour l'année 2008, et a exprimé l'espoir que la coopération continuerait dans le cadre de contacts entre l'Europe et l'Asie centrale.  À cet égard, il a expliqué que son pays, en collaboration avec la Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique, a lancé divers projets visant l'amélioration des infrastructures routières et de communication dans la région d'Asie.

M. QIAN JIN (Chine) a jugé inévitable l'option de coopération régionale, soulignant qu'elle est d'ailleurs appliquée avec succès dans la région Pacifique.  Il a noté une croissance de cette forme d'aide, en parallèle aux activités commerciales.  Les mesures de restructuration engagées parallèlement à l'analyse économique relèvent aussi de la coopération régionale, à laquelle la Chine est très attachée, a insisté le représentant.

Examen des questions relatives aux répercussions économiques et sociales de l'occupation israélienne

Présentation

M. AMR NOUR, Représentant du Bureau des Commissions régionales, a également présenté le rapport de la Commission économique et sociale pour l'Asie occidentale sur les répercussions économiques et sociales de l'occupation israélienne sur les conditions de vie du peuple palestinien dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem, et de la population arabe du Golan syrien occupé, relevant que l'occupation par Israël continue de mettre en péril la survie économique des Palestiniens.  M. Nour a relevé que des millions de dollars ont été consacrés par Israël à la destruction de logements et d'exploitations agricoles appartenant à des Palestiniens.  Dans son offensive contre Gaza, Israël a détruit de nombreuses infrastructures.  Dans tous les territoires occupés, l'accès aux réfugiés est compromis par des mesures de contrainte.  L'érection du mur de séparation a déjà et aura des conséquences très graves sur l'économie et l'agriculture palestiniennes, sur l'accès à l'eau (plus de sept mille puits ont été détruits).  M. Nour a encore noté que la situation financière de l'Autorité palestinienne s'est encore dégradée, avec des conséquences sur le fonctionnement des services de santé, de sécurité et d'éducation.  Une étude relève par ailleurs que le taux de pauvreté a augmenté, surtout dans la bande de Gaza, où plus de 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté.  Une grande part de l'aide internationale est maintenant dirigée vers l'action à très court terme, au détriment des investissements à long terme et au traitement des causes sous-jacentes à la crise.

Le rapport de la Commission économique et sociale pour l'Asie occidentale sur les répercussions économiques et sociales de l'occupation israélienne sur les conditions de vie du peuple palestinien dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem, et de la population arabe du Golan syrien occupé (E/2007/13) indique que les bouclages internes et externes, conjugués à la rétention d'une aide financière vitale pour l'Autorité palestinienne et au conflit qui s'est intensifié en 2006, ont aggravé de manière tangible la crise socioéconomique dans le territoire palestinien occupé.  Tous les indicateurs sociaux et sanitaires font apparaître une détérioration des conditions d'existence, un morcellement du tissu social et de l'espace et la montée de la désespérance et des violences.  Cette crise sur le terrain s'est accompagnée de l'affaiblissement des institutions palestiniennes, qui ont du mal à assurer en toute autonomie les services essentiels et le bien-être de la population palestinienne.  L'implantation de colonies de peuplement israéliennes, la confiscation de terres et la construction d'une barrière dans le territoire palestinien occupé, en violation de la Convention de Genève et d'autres normes du droit international, isolent le secteur occupé de Jérusalem-Est, divisent en deux la Cisjordanie et font obstacle à toute vie économique et sociale normale.  La situation budgétaire s'est fortement dégradée à l'issue des élections législatives de janvier 2006.

Conformément aux principes arrêtés par le Quatuor le 30 janvier 2006, les résultats des élections ont conduit les donateurs à réexaminer leur aide à l'Autorité palestinienne.  Le PNB palestinien a reculé d'environ 8 % au troisième trimestre de 2006, par rapport à la même période en 2005.  Les indicateurs économiques révèlent des tendances négatives persistantes.  Les taux de chômage et de pauvreté demeurent élevés, s'établissant à 30 % et 60 % respectivement, tandis que pour survivre 65 % des ménages doivent s'endetter auprès de prêteurs informels.  Les réfugiés, les femmes et les enfants sont les premières victimes de ces mesures.  Les Palestiniens n'ayant qu'un accès restreint aux services dont ils ont besoin, ils sont de plus en plus nombreux à souffrir de malnutrition et autres problèmes de santé.  Dans la bande de Gaza, 57,5 % des enfants âgés de 6 à 36 mois et 44,9 % des femmes enceintes souffrent d'anémie.  La crise a été atténuée en partie par des apports financiers internationaux plus importants qui ont transité par des circuits différents.  Cette situation a amené l'équipe de pays des Nations Unies à lancer un appel commun en décembre 2006 en vue de recueillir 453 millions de dollars, soit le double du montant sollicité en 2005.  Des pans de plus en plus importants de l'aide internationale destinée au développement à long terme sont consacrés aux secours d'urgence.  Ces mesures toutes provisoires ont certes considérablement stabilisé la situation, mais il n'y pas lieu de penser qu'elles concourront à améliorer à long terme la situation socioéconomique dans le territoire palestinien occupé.  Elles ne sauraient non plus se substituer à la responsabilité directe des parties locales ni à la relance d'un processus politique susceptible de traiter les causes profondes du conflit.

Débat

M. MOHAMMAD ABU-KOASH (Palestine) a relevé le zèle démontré par plusieurs pays occidentaux pour défendre la cause des homosexuels devant le Conseil en accordant à leurs organisations un statut spécial.  Dans le même temps, le Portugal et les États-Unis se sont exprimés contre le rejet de l'organisation Jewish National Council, une prétendue organisation non gouvernementale qui est en fait le fer de lance de la colonisation de la Palestine depuis sa création en 1901.  Or la tragédie en Palestine est une fabrication de l'Europe de la période coloniale, dont nombre des États représentés au Conseil ont souffert par le passé.  Il est à peine besoin d'insister sur les effets dévastateurs de la colonisation étrangère sur les peuples occupés et leurs conditions de vie socioéconomiques.   En particulier, les Palestiniens sont privés de leurs terres depuis 1948.  Israël, puissance occupante, refuse toujours la création promise d'un État palestinien, un refus qui est au cœur du conflit actuel.  C'est précisément ce problème qui doit être au cœur des débats, et non les simples discours autour des conditions socioéconomiques précaires des Palestiniens.  Le représentant s'est étonné de la prétention européenne d'imposer à l'Autorité palestinienne de quelconque exigence en matière de performance économique alors que les institutions des pays de l'Union européenne n'ont pas démontré leur capacité à assurer le plein emploi en Europe.  D'autant que les Palestiniens ne jouissent d'aucune autonomie et restent victimes des attaques incessantes d'Israël, sans oublier que le morcellement de leur territoire et la construction d'un mur de séparation ruinent leur tissu social et toute possibilité de gouvernance efficace.  Dans ce contexte, le fait de prétendre maintenir un équilibre entre occupé et occupant revient à ignorer les causes réelles de la situation et à l'exacerber, a estimé le représentant.  La toute première mesure à prendre doit être d'obliger Israël à respecter le droit international, et tout d'abord la 4e Convention de Genève, qui l'enjoint d'assumer le bien-être des populations occupées.  Le processus de paix doit par ailleurs être relancé sous l'impulsion de la communauté internationale, a estimé le représentant, qui s'est dit favorable à la tenue d'une conférence pour la paix au Moyen-Orient.

M. KHALIL BITAR (Syrie) a déclaré que le rapport rend compte d'une goutte dans l'océan des pratiques d'Israël contre la population arabe du Golan syrien occupé.  La situation économique de ce qui reste de la population arabe syrienne ne cesse de se dégrader, a-t-il souligné.  Les pratiques de l'autorité occupante s'étendent à tous les aspects de la vie, que ce soit la nourriture, le logement ou la culture.  Elles sont contraires aux droits les plus élémentaires de ces personnes, le droit à la vie, l'accès à la santé, l'accès au logement ou à l'éducation.  Le représentant syrien a ainsi expliqué que les autorités d'occupation font pression sur la population arabe syrienne pour qu'elle quitte son territoire et sa patrie.  Elles ont empêché les citoyens syriens de retourner dans leurs maisons, et font venir des colons juifs de partout dans le monde pour qu'ils s'implantent dans le territoire.  Le représentant syrien a souligné que les villages arabes syriens manquent cruellement d'infrastructures de santé, de cliniques et d'hôpitaux.  Il y a également un manque de médecins, notamment du fait que les autorités d'occupation ne donnent pas d'autorisation aux médecins syriens pour qu'ils puissent pratiquer dans le Golan syrien occupé.  La puissance occupante continue également de spolier les ressources en eau du Golan, par des pratiques consistant à détourner l'eau vers les colonies israéliennes, privant de fait les Syriens de cette eau, a-t-il poursuivi.  Les autorités israéliennes ont un tel mépris de la population syrienne qu'elles vont jusqu'à enfouir des déchets nucléaires dans le sol du Golan occupé, a-t-il ajouté.  Les autorités d'occupation ne veulent pas assurer le progrès et le développement, voire la vie même de cette population.  Le mépris est tel que les autorités d'occupation estiment que laisser entrer un camion ou deux pour régler la situation alimentaire est une faveur ou un exploit.  Il faut que le Conseil intervienne immédiatement pour mettre fin à ces pratiques, a-t-il conclu.

MME SVETLANA MOSCHINSKAYA (Bélarus) a déclaré avoir lu avec attention le rapport sur les conséquences de l'occupation israélienne sur les conditions de vie du peuple palestinien, relevant que cette occupation ne fait manifestement qu'aggraver la situation économique des Palestiniens.  Elle a constaté que de nombreuses obstructions aux transports et aux communications ainsi que de nombreuses autres mesures compromettent les possibilités qu'ont les Palestiniens de travailler, de se soigner ou de recevoir une éducation - autant de violations flagrantes du droit au développement économique et social.  Le Bélarus appuie l'aide au peuple palestinien, à laquelle le Conseil peut et doit contribuer.

M. TIBOR SHALEV-SCHLOSSER (Israël) a dit ne pas vouloir répondre à la déclaration de l'Observateur permanent de la Palestine, regrettant que celui-ci fasse fi du dialogue que leurs autorités respectives viennent de reprendre.  Quant au représentant de la Syrie, il est loin de la réalité; ses accusations sont fausses, a-t-il ajouté.  Il a regretté que le Conseil soit une fois de plus exploité pour une discussion politique qui n'a rien à voir avec ses travaux.  Il est contre-productif d'aborder cette question au sein de l'ECOSOC, a-t-il insisté.  Il conviendrait d'injecter un certain équilibre dans les pratiques du Conseil, a-t-il ajouté.  Se référant au rapport soumis au Conseil au titre de ce point de l'ordre du jour, le représentant israélien a déclaré que l'augmentation du nombre de décès de Palestiniens en 2006 est due à la violence entre Palestiniens.  Le rapport indique en outre que la situation fiscale dans les territoires s'est détériorée suite à l'élection du Gouvernement du Hamas, a-t-il relevé.  Il a regretté que le rapport ne mentionne pas la campagne de terreur et de violence menée à l'encontre d'Israël et qu'il ne prenne pas en considération le fait indéniable que les attaques suicides ont diminué de 100% depuis la construction du mur de sécurité et le retrait de la bande de Gaza.  Il a dénoncé la résolution qui circule actuellement sur ce sujet, arguant qu'elle ne se base pas sur la réalité.  Le texte est largement basé sur la résolution de l'an dernier, a-t-il poursuivi, rappelant qu'Israël était alors engagé dans un conflit armé contre les terroristes palestiniens à Gaza suite à l'enlèvement d'un soldat israélien.  Une telle résolution n'a pas sa place au Conseil ni aux Nations Unies, a affirmé le représentant israélien.  La motivation sous-jacente d'un tel texte n'est pas d'améliorer la situation des Palestiniens ou de faire en sorte qu'Israël puisse vivre dans la paix, a-t-il conclu.

M. PEDRO LUIS PEDROSO (Cuba) a fait observer que les Nations Unies approuvent depuis plus d'un demi-siècle des rapports faisant état de la violation par Israël des décisions de la communauté internationale.  Les incursions répétées de ce pays dans les territoires palestiniens, de même que la fermeture des frontières, ont entraîné une dégradation constante des conditions sociales et économiques des Palestiniens.  Les mesures de rétorsion économiques constituent des formes de châtiment collectif qui aggravent encore la pauvreté à laquelle la population palestinienne est réduite.  Il faut au contraire garantir le libre transit de l'aide humanitaire, a souligné le représentant cubain.  Cuba réitère sa condamnation vigoureuse de l'occupation israélienne et appelle à la création d'un État palestinien avec Jérusalem pour capitale, ainsi qu'au retour des réfugiés et à la restitution des terres usurpées.  Une conférence internationale devrait permettre de résoudre une fois pour toute le conflit, a affirmé le représentant cubain.  Il a exhorté la communauté internationale à apporter son soutien à un règlement négocié sur la base du droit international. 

M. IDRISS JAZAÏRY (Algérie) a dénoncé la tragédie des peuples qui se trouvent dans une situation où ils ne peuvent pas être souverains sur leurs territoires, soulignant qu'il s'agit là d'un déni des droits fondamentaux de ces peuples.  Ces peuples qui vivent sous occupation - du Sahara occidental au Golan syrien occupé - se sont vu prendre leurs territoires et ces territoires sont maintenant devenus leur prison, a-t-il précisé.  Il a dénoncé les pratiques des forces d'occupation, ainsi que le non-respect des résolutions des Nations Unies qui ont été adoptées sur ces diverses situations.  Destitution, humiliation, destruction des infrastructures, pillage des ressources figurent au nombre des pratiques associées à de telles situations, a-t-il insisté, déplorant en outre l'impasse politique sur ces questions.  Le représentant algérien a souhaité que les pays s'engagent de bonne foi dans un dialogue visant à la réalisation du droit à l'autodétermination.  Il s'est enfin dit surpris par la déclaration du représentant d'Israël qui a soutenu que son pays était résolu à améliorer la situation des Palestiniens.  Si Israël veut vraiment améliorer la situation des Palestiniens et mettre en place un changement de politique, il y a peut-être alors une lueur d'espoir, a-t-il conclu.

M. MUHAMMAD ANSHOR (Indonésie) a jugé profondément préoccupants le sort du peuple palestinien et les souffrances qui lui sont infligées par le Gouvernement israélien.  Il s'est dit atterré par les pratiques d'Israël et par l'impunité dont elles bénéficient.  En dépit des mesures prises au niveau international - y compris les résolutions des Nations Unies - afin de faire cesser la violence, Israël continue ses actes de belligérance, sans respect à l'égard du droit, a-t-il souligné.  Du fait de la poursuite des actions israéliennes, les conditions du peuple palestinien ne font que se dégrader, a-t-il insisté.  Tous les aspects de la vie normale sont perturbés par cette crise, a poursuivi le représentant indonésien.  Le taux de chômage a doublé, la pauvreté a augmenté et l'insécurité alimentaire et le manque d'accès à l'eau menacent l'existence des Palestiniens, a-t-il précisé.  Il faut parvenir à la paix, a-t-il déclaré.  Pour ce faire, il faut impérativement que les deux factions politiques de la Palestine se réconcilient, a-t-il indiqué.  Il a rappelé que l'Indonésie appuie la lutte et le combat du peuple palestinien qui aspire à son droit inaliénable à vivre dans un foyer indépendant et prospère.  Les Nations Unies et leurs institutions doivent continuer à jouer un rôle pour aider les Palestiniens à vivre dans la dignité et la paix, a conclu le représentant indonésien.

M. ABDULLAH RASHWAN (Arabie saoudite) a relevé les difficiles conditions de vie du peuple palestinien qui se trouve sous occupation étrangère et pâtit d'un blocus économique - autant de mesures contraires au droit international.  Le rapport soumis au Conseil au titre de cette question montre de manière éloquente que l'occupation tout comme l'érection d'une clôture de séparation sont à la base des problèmes des Palestiniens.  Le représentant a exprimé l'espoir que le processus de paix serait ravivé sous l'impulsion de la communauté internationale.

M. RICHARD T. MILLER (États-Unis) a constaté que le débat semble devenir plus anti-israélien que propalestinien.  Tant que la communauté internationale n'aura pas compris la complexité du problème, elle ne pourra avancer, a-t-il affirmé.  Il a estimé que le présent débat ne reflète ni la complexité du sujet, ni la nécessité pour les deux parties de prendre des mesures afin d'assurer la paix et la stabilité.  Les Nations Unies doivent être un partenaire honnête dans les négociations, a-t-il rappelé.  Une politisation excessive des travaux au sein des Nations Unies sape leur capacité à jouer un rôle fondamental dans le retour à la paix, a insisté le représentant des États-Unis.  Il s'agit de faire un choix entre violence et tolérance, a-t-il ajouté; le Hamas, lui, a choisi, a-t-il affirmé.

Exercice du droit de réponse

M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc), en réponse à une déclaration de l'Algérie, a estimé que le rapprochement entre la situation du peuple palestinien et celle des populations des provinces du Sud du Maroc est insultante, l'Algérie étant elle-même responsable de la situation des dizaines de prisonniers de Tindouf depuis trente ans, qui ne jouissent pas de la liberté de mouvement.  Au Maroc, les populations sont libres.

M. IDRISS JAZAÏRY (Algérie) a précisé n'avoir jamais parlé de qualifié de «prisonnier» s'agissant des populations du Sahara occidental.  Cependant, dire que les populations sahraouies de Tindouf seraient «séquestrées» n'a pas de pertinence, car on voit mal que les institutions internationales qui leur viennent en aide par dizaines de milliers se rendraient complice d'un tel délit.  Le Sahara occidental existe bel et bien, et tant qu'un référendum ne l'aura pas formellement rattaché au Maroc, on ne saurait parler de «provinces du Sud du Maroc». 

M. LOULICHKI (Maroc) a rappelé que depuis 30 ans, le Maroc et la communauté internationale demandent le recensement de la population du Sahara occidental, mais que le Gouvernement algérien empêche le Haut Commissariat des Nations Unies aux réfugiés de le faire.  Le Maroc est convaincu de ses droits sur le Sahara occidental, mais du fait des distinctions artificielles qui sont maintenues par l'Algérie, il a proposé un statut d'autonomie, et cette question est en voie d'être réglée.

M. JAZAÏRY (Algérie) a expliqué qu'il n'a abordé la question du Sahara occidental que dans le cadre du travail effectué par le Comité spécial sur la décolonisation.  S'agissant du statut du Sahara occidental, il a rappelé que le Conseil de sécurité a appelé les deux parties à entamer des négociations pour parvenir à une solution qui soit compatible avec le principe de l'autodétermination. 

Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA)

Présentation

M. PETER PIOT, Directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), s'est réjoui de réels progrès dans la lutte contre le VIH/sida depuis 2005.  Plus de 2,3 millions de personnes dans les pays à bas revenu ou à revenu intermédiaire ont reçu un traitement antirétroviral.  Dans certains pays d'Afrique de l'Est, des Caraïbes et d'Asie, les taux d'infection diminuent.  En outre, les investissements dans la lutte contre le sida ont augmenté; cette année, environ 10 milliards de dollars seront alloués à la lutte contre l'épidémie dans les pays à bas revenu ou à revenu intermédiaire.  Il a ensuite expliqué que l'ONUSIDA a accéléré et renforcé ses activités au niveau des pays et pris des mesures pour mener ses activités de manière plus cohérente aux niveaux global et national.  Un des objectifs prioritaires a été de promouvoir les efforts nationaux en vue de l'accès universel.  Jusqu'à présent, 92 pays ont défini des cibles et 36 ont établi des plans nationaux.  Afin que ces programmes soient mis en place de manière efficace, l'ONUSIDA a encouragé les différentes parties prenantes à aligner leur stratégie sur les trois principes que sont: une stratégie nationale en matière de sida, une autorité de coordination et un système d'évaluation et de surveillance au niveau du pays.  Il y a aujourd'hui 65 équipes de travail sur le sida.  En outre, le Programme s'est concentré sur un nouveau thème «Faire travailler l'argent» pour un accès universel au traitement, la prévention et les soins.  Il y a même cinq nouvelles infrastructures régionales pour l'aide technique. 

M. Piot a rappelé que plus de 10 000 personnes sont infectées par jour, et 8 000 meurent de cette maladie.  L'ONUSIDA essaie donc de renforcer la réponse.  Il s'agit d'une crise à long terme qui implique un engagement pendant des décennies, a-t-il poursuivi.  Pour assurer une réponse efficace, il faut étudier la situation avec lucidité et renforcer la cohérence et la responsabilité financière.  En dépit des progrès réalisés, il faut intensifier les efforts, notamment en matière de recherche de fonds.  À mesure que l'accès universel au traitement s'étend, il faut agir en matière de prévention, car les infections se poursuivent à un rythme préoccupant.  Il faut mieux maîtriser l'épidémie et éviter la discrimination et la marginalisation des personnes vivant avec le VIH, a-t-il conclu.

Le rapport du Directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) (E/2007/56) indique qu'en 2007, l'épidémie du sida demeure aussi réelle et complexe que jamais.  L'accroissement de l'incidence des nouvelles contaminations par le VIH et du nombre de décès causés par le sida s'accompagne d'une forte expansion du nombre de personnes en thérapie antirétrovirale.  La lutte contre l'épidémie évolue sans cesse: depuis 2005, les concepts de l'harmonisation et de l'alignement – des financements, de la programmation et de la diffusion d'informations – sont définis de manière beaucoup plus précise.  Au niveau des pays, les partenaires des activités de lutte contre le VIH/sida, s'appuyant sur les «Trois principes», renforcent leur coopération; il s'agit des gouvernements, des donateurs et des organismes bilatéraux et multilatéraux, du système des Nations Unies, de la société civile et du secteur privé.  Au sein du système, des améliorations ont été apportées en matière de cohérence, d'efficacité et de transparence.  L'initiative en faveur de l'accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et aux services d'accompagnement s'est traduite par la définition d'objectifs concrets au niveau national.  Cette approche axée sur le pays veille à ce que les objectifs correspondent au stade et au type d'épidémie dans le pays en question, et ne se rapportent pas uniquement à la situation financière ou aux programmes.  L'étendue et la qualité du suivi et de l'évaluation, ainsi que de la surveillance du VIH se sont nettement améliorées, entraînant la production de données plus fiables et plus précises à l'échelle nationale et permettant une remontée de l'information à l'échelle mondiale.  Il en va de même pour le suivi des courants de ressources financières.  Ces processus contribuent non seulement à améliorer la diffusion d'informations et l'évaluation des ressources disponibles: ils favorisent aussi la responsabilité financière et celle des programmes, contribuent aux activités de planification et d'élaboration des politiques, ainsi qu'à la conception des programmes, et justifient la mobilisation cohérente et soutenue de ressources. 

La prévention est redevenue l'élément principal de la lutte contre le sida.  ONUSIDA et divers partenaires ont intensifié les campagnes d'information et poursuivi l'élaboration de recommandations en matière de prévention et aident les pays à faire en sorte que les objectifs nationaux en faveur de l'accès universel comprennent des objectifs précis et quantifiables au titre de la prévention.  Le rapport recommande au Conseil économique et social d'envisager de noter avec satisfaction les dispositions prises par le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida visant à assurer l'accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et à la prise en charge.  Il lui recommande en outre de reconnaître les facteurs insidieux et persistants qui sont à l'origine de l'épidémie, en particulier la stigmatisation, la discrimination, l'inégalité des sexes et le non-respect des droits de l'homme, et inciter le Programme commun à intensifier ses activités d'information afin d'éliminer les obstacles à l'accès universel à tous les niveaux, et de reconnaître l'importance de la prévention dans la lutte contre le sida et féliciter le Programme commun pour le rôle qu'il a joué dans la campagne «Unis pour la prévention de la propagation du VIH» et appuyer les efforts en faveur du choix d'objectifs plus pertinents et plus spécifiques en matière de prévention au niveau national en vue d'un accès universel.

Débat

MME SVETLANA MOSCHINSKAYA (Bélarus) a déclaré avoir lu avec attention le rapport du Directeur exécutif de l'ONUSIDA, institution dont elle a relevé les progrès incontestables et la capacité à mobiliser les ressources.  L'épidémie, qui a atteint des niveaux alarmants, exige l'adoption de stratégies nationales beaucoup plus efficaces et rationnelles, que l'ONUSIDA est en mesure d'appuyer.  Pour sa part, le Bélarus a mis sur pied un bon système de prise en charge et de stabilisation, ainsi que de lutte contre le sida impliquant toutes les parties impliquées - y compris les personnes vivant avec la maladie, comme il a été recommandé par l'Assemblée générale.  Le Bélarus occupe maintenant une position de premier rang dans l'Est européen en matière de prévention du sida, dont la progression pourrait être stoppée d'ici à 2010, a estimé la représentante.

M. IDRISS JAZAÏRY (Algérie) a constaté que les régions du monde ont connu une augmentation du nombre de personnes vivant avec le VIH/sida, cette pandémie semblant rebondir dans certains pays où le taux d'infection était pourtant stable.  L'épidémie évolue, a-t-il souligné, avant de rappeler que les progrès réalisés en matière d'évaluation et de surveillance permettent de s'en rendre compte.  Il a expliqué que ses pensées vont vers les populations infectées, particulièrement en Afrique.  Il a fait observer que le coût plus élevé des thérapies de substitution met en danger la vie des personnes infectées et a appelé la communauté internationale à poursuivre ses efforts afin d'assurer l'universalité de l'accès aux traitements.  Le représentant algérien a par ailleurs expliqué que son pays a fait de la lutte contre le VIH/sida une priorité.  Par le biais d'un programme ayant pour slogan «S'unir pour la prévention du VIH», l'Algérie a mis en place des mesures d'urgence et organisé une réponse multisectorielle.  Le pays a procédé à l'élaboration d'un plan stratégique sur le VIH/sida ainsi qu'à l'évaluation de la situation dans ce domaine.  Parmi les défis qu'il importe de relever, figure le risque de l'insuffisance des ressources consacrées à la lutte contre cette maladie.  Il convient en outre de renforcer les efforts en matière de prévention et de traitement.  Dès mai 2005, l'Algérie a adhéré aux trois principes de base que sont, en matière de lutte contre le VIH/sida: l'élaboration d'une stratégie nationale, la mise en place d'une autorité en charge de la coordination dans ce domaine et la mise en place d'un système d'évaluation et de surveillance au niveau du pays.  Aussi, les mesures nécessaires ont-elles été prises à cette fin, a précisé le représentant algérien. 

MME LIU ZHONGXIN (Chine) a remercié le Directeur exécutif d'ONUSIDA pour son intervention.  Elle a rappelé que la Chine s'est engagée dans une collaboration étroite avec ce Programme.  La majorité des victimes du VIH/sida se trouvent dans des pays en voie de développement, a-t-elle souligné.  Aussi, le défi, dans ce domaine, peut et doit être relevé par le biais de la coopération internationale et, au niveau local, par des mesures résolues en faveur de la prévention, de l'information et de la recherche.  En ce qui la concerne, la Chine continuera de promouvoir la coopération internationale dans ce domaine, en vue d'améliorer la situation.  La représentante chinoise a relevé que selon le rapport soumis au Conseil au titre de cette question, les antirétroviraux profitent à 28 millions de victimes, ce qui est un nombre assez faible.  Aussi, conviendrait-il de voir comment pourrait être amélioré le taux de couverture en la matière; ONUSIDA devrait donner des précisions à cet égard. 

M. RICHARD T. MILLER (États-Unis) a souligné que la communauté internationale se trouve à la croisée des chemins en matière de lutte contre le VIH/sida.  Il s'est réjoui que les pays aient désormais mis en place des mesures et des stratégies de prévention et de lutte contre cette maladie.  Il a expliqué que les États-Unis, en cette quatrième année du plan d'urgence lancé par le Président Bush, appuient les efforts déployés au niveau local pour lutter contre la pandémie.  Le 30 mai dernier, le Président a annoncé sa volonté de travailler avec le Congrès pour renforcer ce plan, a-t-il ajouté.  Il a souligné qu'il s'agit d'une nouvelle approche de l'assistance, qui se démarque de l'approche classique «donateurs – bénéficiaires» au profit d'une approche fondée sur des partenariats.  Le Gouvernement des États-Unis travaille avec de nombreuses organisations actives sur le terrain, avec la société civile ainsi qu'avec le secteur privé, a indiqué le représentant, précisant que 83% des partenaires sont des organisations locales.  Insistant sur la nécessité de disposer de données fiables, il a indiqué que lorsque des informations précises sont disponibles, la responsabilité est mieux assumée.

MME SANSANEE SAHUSSARUNGSI (Thaïlande) a félicité M. Piot pour la qualité de son rapport.  Elle a rappelé que la Thaïlande est particulièrement attachée au principe de l'accès universel aux traitements.  Les efforts internationaux doivent être alignés sur les priorités nationales et il importe de renforcer les capacités des États en matière de prévention, de soins et d'appui, a-t-elle ajouté.  Elle a appelé les partenaires de la communauté internationale à soutenir les initiatives engagées au niveau national.  La représentante thaïlandaise a jugé impératif de redoubler d'efforts dans le domaine de la prévention durable, capable de s'adapter aux changements de comportements des individus et aux mutations épidémiologiques.  Tous les États doivent prendre des mesures concertées pour enrayer la maladie, a poursuivi la représentante, espérant que le Programme conjoint permettra de renforcer cette action.  Les États et l'ONUSIDA doivent procéder à une introspection constante visant à améliorer leur fonctionnement, a-t-elle conclu. 

M. YASSIN EISA MOHAMED (Soudan) a fait savoir que son pays a intensifié ses efforts de lutte contre le VIH/sida.  Une formation à la gestion des données ainsi que différents autres ateliers de formation ont été organisés.  L'objectif est d'assurer que l'État puisse réagir de façon efficace face à l'épidémie, a-t-il précisé.  Il a également indiqué que son pays a procédé, avec succès, à l'élaboration d'un document de politique nationale et d'un plan stratégique en matière de VIH/sida.  À cet égard, il a demandé une aide supplémentaire de la communauté internationale afin de donner suite à ces efforts.  Outre le sida, le Soudan doit lutter contre de nombreuses maladies et il a besoin de ressources pour y parvenir, a insisté le représentant.

M. TROY F. TORRINGTON (Guyana) a insisté sur l'importance de la coopération régionale en matière de lutte contre le VIH/sida - coopération qui se pratique d'ailleurs dans la région des Caraïbes, fortement touchée.  Une telle approche coopérative permet d'intensifier les efforts de lutte contre la maladie, a-t-il fait valoir.  Il s'est félicité de l'aide apportée par le Gouvernement des États-Unis dans ce domaine.

M. RUBÉN MOLINA (Venezuela) a fait observer que le rapport de M. »Piot contient des informations importantes, notamment sur les causes et facteurs qui exercent une influence en matière de VIH/sida.  À cet égard, il a jugé particulièrement bienvenue la section du rapport consacrée au développement.  Le représentant vénézuélien a ensuite expliqué que son pays a développé une stratégie de lutte contre le VIH/sida qui se base sur différents piliers, tels que l'éducation, la prévention, la gestion, la prise en charge et la surveillance épidémiologique.  Pour ce qui est de la prévention, il a précisé que depuis 2004, ce programme a permis de former des professionnels dans le cadre d'ateliers de prévention.  Des accords ont également été conclus avec différentes universités afin de former des professionnels de la santé et des conseillers spécialisés sur le VIH/sida.  Le représentant du Venezuela a fait valoir que son pays garantit le traitement de toutes les personnes infectées, sur la base des principes d'universalité, d'équité et de solidarité.  Il est important d'adopter une approche intégrale et de faire en sorte que tous les aspects du problème soient couverts, qu'il s'agisse de la prévention, de la prise en charge ou du traitement, a-t-il insisté.  Faisant observer que la population féminine est particulièrement touchée, il a indiqué que les décisions relatives à la sexualité féminine constituent de ce fait un élément clé des stratégies de prévention.  Il a ensuite attiré l'attention sur l'importance de remédier à la marginalisation dont sont victimes les personnes infectées et a une fois de plus plaidé en faveur de la promotion de l'accès universel aux traitements.

MME INGEBORG BREINES (Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture) a rappelé que les États membres de l'UNESCO ont adopté une Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme, laquelle impose le respect du principe de non-discrimination et de non-stigmatisation.  Cette Déclaration marque le début d'un vaste mouvement en faveur de la recherche, de l'éducation et de l'aide aux pays en voie de développement dans les domaines couverts par ce texte, a-t-elle souligné.  La représentante de l'UNESCO a par ailleurs insisté sur l'importance de protéger les groupes les plus vulnérables face aux VIH/sida, en particulier les femmes migrantes; il convient, dans la lutte contre cette maladie, d'appliquer une approche sexospécifique, a-t-elle insisté.

M. PETER PIOT, Directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), a remercié les délégations pour leurs déclarations et le soutien qu'elles apportent à son Programme.  Il a attiré l'attention sur l'importance d'assurer une prise en charge gratuite des personnes infectées.  Il a également mis l'accent sur le problème que constitue le prix des médicaments, reconnaissant toutefois que celui-ci a fort heureusement été réduit pour atteindre désormais une moyenne de 130 dollars par année et par patient.  Certaines personnes développent une résistance à ces traitements et il faut en tenir compte, a-t-il poursuivi.  Il a rappelé qu'il est vital d'enrayer l'épidémie, soulignant donc le rôle essentiel que doit continuer à jouer la prévention.  Chaque jour, il y a de nouvelles infections, a-t-il insisté.  Il faut mettre en place des mesures de prévention, analyser la situation, fournir des directives techniques normatives, mettre l'accent sur la collaboration Sud-Sud et créer des groupes pour la prévention, a indiqué M. Piot.

Présentation d'un rapport sur la confidentialité des données génétiques et la discrimination

M. NIKHIL SETH, Directeur du Bureau de l'appui au Conseil économique et social et de la coordination, a indiqué que le rapport du Secrétaire général qui contient les informations et observations reçues des États Membres et des organismes des Nations Unies sur la résolution 2004/9 du Conseil économique et social intitulée «Confidentialité des données génétiques et non-discrimination».  Il met en évidence les promesses et les dangers que présentent les découvertes récentes de la recherche génétique et examine un certain nombre d'initiatives récentes tendant à promouvoir le respect de la confidentialité des données génétiques et du principe de non-discrimination, notamment la Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme adoptée par l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), qui constitue un progrès considérable sur le plan international depuis la dernière fois que le Conseil a examiné la question, à sa session de 2004.  Étant donné le nombre limité de ces réponses et compte tenu du fait que la question est à l'examen dans d'autres instances des Nations Unies, le Conseil voudra peut-être décider quelles sont les instances les plus appropriées pour poursuivre cet examen.

Le rapport du Secrétaire général sur la confidentialité des données génétiques et la non-discrimination (E/2007/65 et Add.1 et Add.2) contient les informations et observations reçues des États Membres et des organismes des Nations Unies sur la résolution 2004/9 du Conseil économique et social portant su ces questions.  Il met en évidence les promesses et les dangers que présentent les découvertes récentes de la recherche génétique et examine un certain nombre d'initiatives récentes tendant à promouvoir le respect de la confidentialité des données génétiques et du principe de non-discrimination, notamment la Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme adoptée par l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), qui constitue un progrès considérable sur le plan international depuis la dernière fois que le Conseil a examiné la question, à sa session de 2004.  Étant donné le nombre limité de ces réponses et compte tenu du fait que la question est à l'examen dans d'autres instances des Nations Unies, le Conseil voudra peut-être décider quelles sont les instances les plus appropriées pour poursuivre cet examen.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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