LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL SE PENCHE SUR L’ACTION EN FAVEUR DES PAYS LES MOINS AVANCÉS

19 Juillet 2007
ECOSOC/6299

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL SE PENCHE SUR L’ACTION EN FAVEUR DES PAYS LES MOINS AVANCÉS

19/07/2007
Conseil économique et social
ECOSOC/6299
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL SE PENCHE SUR L’ACTION EN FAVEUR DES PAYS LES MOINS AVANCÉS


(Publié tel que reçu)


Genève, 19 juillet (Service de l’information des Nations Unies) –- Le Conseil économique et social s'est penché cet après-midi sur l'examen et la coordination de l'application du Programme d'action en faveur des pays les moins avancés pour la décennie 2001-2010, adopté à Bruxelles en mai 2001 lors de la troisième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés.


Le rapport annuel du Secrétaire général sur l'application du Programme d'action de Bruxelles a été présenté par Mme Zamira Eshmambetova du Bureau du Haut Représentant pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement.  Elle a notamment souligné que la réalisation de l'objectif de réduire de moitié le nombre des personnes vivant dans l'extrême pauvreté et souffrant de la faim exige que les donateurs ciblent leur aide sur l'amélioration de la capacité productive des pays les moins avancés, dans le domaine agricole en particulier.  Une action urgente et résolue est maintenant requise, a conclu Mme Eshmambetova.


Un débat s'est ensuite engagé au cours duquel sont intervenus des représentants des États suivants: Pakistan au nom du Groupe des 77 et de la Chine, Bénin au nom des pays les moins avancés, Venezuela, Bangladesh, Guinée équatoriale, Turquie, Népal, Soudan, Chine, Guyana et Luxembourg.  Une représentante de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) a également pris la parole.


Les participants ont appelé à une revitalisation urgente du partenariat entre les PMA et leurs partenaires de développement.  À mesure que le délai de 2010 se rapproche, la réalisation des objectifs contenus dans le Programme d'action de Bruxelles devient de plus en plus urgente, a souligné une délégation.  Les intervenants ont ainsi préconisé que les PMA continuent de déployer des efforts conséquents pour assurer, au plan national, un environnement propice à la mise en œuvre du Programme d'action.  Les partenaires du développement, quant à eux, doivent impérativement respecter leurs engagements, notamment en matière d'augmentation de l'aide publique au développement et du transfert de technologies.  En outre, certains intervenants ont plaidé pour une plus grande ouverture des marchés des pays développés aux produits des PMA et pour que la dette des PMA soit annulée.  La nécessité de renforcer les capacités de production des PMA, notamment par la revitalisation du secteur de l'agriculture, a également été soulignée.


Plusieurs intervenants ont d'autre part regretté qu'en dépit de la contribution de nombreux donateurs, le manque de ressources et leur imprévisibilité empêchent une représentation adéquate des délégations des PMA aux sessions de fond du Conseil économique et social, certains préconisant à cet égard que ce principe soit inscrit sur le budget ordinaire des Nations Unies.


Le Conseil économique et social poursuivra ses travaux demain, dès 10 heures, afin notamment de se pencher sur les rapports des organes de coordination et sur le projet de budget-programme pour l'exercice biennal 2008-2009.  Il sera également saisi du rapport du Groupe consultatif spécial sur Haïti et de celui du Groupe consultatif spécial pour la Guinée-Bissau.


Examen et coordination de l'application du Programme d'action en faveur des pays les moins avancés pour la décennie 2001-2010


Présentation


MME ZAMIRA ESHMAMBETOVA, du Bureau du Haut Représentant pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires, a présenté le rapport du Secrétaire général sur l'application du Programme d'action en faveur des pays les moins avancés pour la décennie 2001-2010 (Bruxelles, mai 2001), relevant que l'on constate, d'une manière générale, une bonne performance économique de la part des pays les moins avancés (PMA), avec cependant quelques États en retard, surtout dans la région Pacifique.  L'aide internationale porte ses fruits et les indicateurs sociaux sont en progression.  Mais la performance socio-économique des États africains les moins avancés est toujours compromise par la croissance démographique.  Si les taux de fertilité actuels se maintiennent, on table, d'ici à 2050, sur une population de 2,7 milliards de personnes dans le pays les moins avancés.  Près de la moitié de la population de ces pays est âgée de moins de 14 ans, la médiane se situant à 19 ans.


Mais d'autres facteurs démographiques sont cependant susceptibles de permettre aux pays les moins avancés de bénéficier d'un premier «dividende démographique» entraînant une augmentation nette du revenu a poursuivi Mme Eshmambetova.  Dans ce contexte, la création d'emplois productifs pour les jeunes et les adultes est l'un des plus grands défis dans les pays les moins avancés dépendant des revenus de l'exportation des matières premières (pétrole et minéraux).  À ce jour, les progrès dans ce domaine n'ont pas profité aux populations rurales, dont l'existence dépend encore de l'agriculture.  C'est pourquoi la réalisation de l'objectif du Programme d'action de Bruxelles de réduire de moitié le nombre des personnes vivant dans l'extrême pauvreté et souffrant de la faim exige que les donateurs ciblent leur aide sur l'amélioration de la capacité productive des pays les moins avancés dans le domaine agricole en particulier.  À cet égard, le rapport du Secrétaire général indique que malgré les promesses qui ont été faites à cet égard, les contributions ne sont pas suffisantes pour atteindre les objectifs internationaux et que l'accès des produits des pays les moins avancés au marché mondial est encore soumis à des taxes en déclin trop modeste.  Bref, une action urgente et résolue est maintenant requise par la communauté internationale pour remplir ses engagements à l'égard des pays les moins avancés, a conclu Mme Eshmambetova.


Le rapport du Secrétaire général sur l'application du Programme d'action en faveur des pays les moins avancés pour la décennie 2001-2010 (E/2007/63) relève que la performance économique des pays les moins avancés a continué à s'améliorer et moins nombreux désormais sont ceux qui sont très en retard; ce sont surtout des États insulaires du Pacifique.  Les indicateurs sociaux s'améliorent également mais le progrès socio-économique général dans les pays les moins avancés africains a été gravement compromis par la poursuite de l'accroissement rapide de la population, ce continent étant celui où la fécondité est la plus forte.  Le soutien international à la santé publique y donne certes des dividendes appréciables, mais la malnutrition paraît s'aggraver, en particulier dans les campagnes, où l'agriculture ne permet pas d'absorber les effets d'un accroissement rapide de la population, de la dégradation de l'environnement et des problèmes liés au changement climatique.  De ce fait, les pays les moins avancés africains sont de plus en plus aux prises avec le risque de pénurie vivrière, de perturbations des approvisionnements et de famine.


Réaliser les objectifs du Programme d'action suppose que les donateurs mettent plus nettement l'accent sur l'augmentation de la capacité productive des pays les moins avancés, en particulier dans l'agriculture.  Surtout les donateurs doivent s'employer à accroître le volume de leur aide afin d'atteindre l'objectif international de 0,15 à 0,20 % de leur propre revenu national brut, au titre de l'aide publique au développement aux pays les moins avancés d'ici à 2010 et d'améliorer l'efficacité de l'aide (appropriation de l'aide, harmonisation, alignement, résultats et responsabilité mutuelle) comme convenu à Rome puis Paris.  Les pays développés doivent tenir sans réserve leur engagement de donner à tous les produits des pays les moins avancés un accès en franchise et sans quota à leur marché et de leur fournir une assistance technique liée au commerce.  Améliorer l'efficacité de l'accès préférentiel aux marchés suppose d'améliorer aussi la couverture et la prévisibilité des préférences et la libéralisation des règles d'origine (simplification, harmonisation et assouplissement).  Accorder le traitement non discriminatoire le plus généreux possible à tous les pays les moins avancés, de façon durable et sans condition, serait un moyen d'accroître l'utilisation des préférences non réciproques accordées par les pays développés.


De leur côté, les pays les moins avancés devraient renforcer leur appropriation de l'aide par une concertation largement sur le développement, avec la société civile et le secteur privé, et sur la mobilisation efficace des ressources intérieures et la gestion de l'aide, la transparence et l'obligation de rendre des comptes, la coordination et la cohérence, la mise en œuvre de l'aide axée sur les résultats, le suivi et l'évaluation de l'application du Programme de Bruxelles au niveau du pays.  La lutte contre la corruption doit faire partie intégrante de la lutte contre la pauvreté dans les pays les moins avancés.  Les politiques favorables aux pauvres que suivent les pays les moins avancés doivent inclure le développement durable des moyens de transport (construction, relèvement et entretien) aux niveaux local, national et transfrontière.  Enfin la coopération Sud-Sud présente un grand intérêt potentiel pour la réduction de la pauvreté dans les pays les moins avancés et doit être encore encouragée.  Cependant, elle doit être considérée non pas comme une solution différente mais comme un précieux complément à la coopération Nord-Sud.


Débat


MME FARHAT AYESHA (Pakistan, au nom du Groupe des 77 et la Chine) a regretté que le rapport du Secrétaire général ne rende pas compte de la mise en œuvre du Programme d'action de Bruxelles du point de vue des partenaires du développement, notamment s'agissant du respect de leurs engagements.  Elle a rappelé que l'Assemblée générale a procédé à l'évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre du Programme d'action en septembre dernier et souligné que les progrès en la matière ont été insuffisants et inégaux.  À mesure que le délai de 2010 se rapproche, la réalisation des objectifs contenus dans le Programme d'action de Bruxelles devient de plus en plus urgente et ne sera possible qu'avec un engagement fort à la fois des pays les moins avancés (PMA) et de leurs partenaires du développement.  Mme Ayesha a fait observer à cet égard que les PMA ont déployé des efforts conséquents pour assurer un environnement propice à la mise en œuvre du Programme d'action.  Les présentations volontaires que certains ont effectuées lors de l'examen ministériel annuel sur leurs stratégies de développement ont démontré leur volonté de respecter leurs engagements, a-t-elle souligné.  Mais le soutien des partenaires de développement fait encore défaut ou reste lacunaire.  Aussi les a-t-elle invités à faire des efforts et à relever le taux d'aide publique au développement pour les PMA à hauteur de 0,2% de leur PIB au minimum.


Il faut également que soient renforcées les capacités productives des PMA, particulièrement s'agissant de l'agriculture et du développement technologique, a poursuivi la représentante du Groupe des 77 et de la Chine.  De surcroît, il faut déployer des efforts concertés entre les PMA, les partenaires du développement, les organisations du système des Nations Unies, les institutions financières internationales, la société civile, les organisations non gouvernementales et le secteur privé.  Mme Ayesha a d'autre part insisté sur l'importance d'assurer la participation des PMA à l'examen annuel du Programme d'action effectué par le Conseil économique et social.  En dépit de la contribution de nombreux donateurs, le manque de ressources et leur imprévisibilité n'assurent pas une représentation adéquate des délégations des PMA.  Pour conclure, elle a déploré que le mandat du Haut-Représentant pour les pays les moins avancés, les pays enclavés en développement et les petits États insulaires en développement s'étende à la coordination de la mise en œuvre du Programme d'action de Bruxelles, du Programme d'action d'Almaty et du Programme d'action de la Barbade.  Ces fonctions additionnelles pourraient sérieusement freiner la réalisation des objectifs spécifiques qui sont les siens, a-t-elle souligné.


M. JEAN-MARIE EHOUZOU (Bénin, au nom des pays les moins avancés) a exprimé les sincères appréciations des PMA au Secrétaire général pour le rapport qu'il a présenté, qui fournit des informations utiles sur la mise en œuvre du Programme d'action.  Il a toutefois estimé que les analyses et les conclusions du rapport ne mettent pas suffisamment l'accent sur les actions menées par les partenaires au développement des PMA.  Il a à cet égard rappelé que l'un des objectifs du Programme d'action de Bruxelles est de contribuer à la rénovation et à la revitalisation du partenariat entre les PMA et leurs partenaires de développement par la promotion d'une responsabilité mutuelle et partagée.  Un tel objectif, a-t-il poursuivi, pourrait être facilement atteint si les politiques et les stratégies nationales des PMA et les stratégies d'assistance extérieure de leurs partenaires étaient mieux alignées.  Ce qui implique une coopération pour le développement ouverte et transparente soutenue par une volonté politique ferme.


M. Ehouzou a fait observer que chaque année, à la lecture du rapport sur la mise en œuvre du Programme d'action, le constat est que beaucoup reste à faire malgré les efforts que déploient les PMA pour maintenir un environnement national propice au financement des actions de développement contenues dans le Programme d'action, d'une part, et aux investissements étrangers directs, d'autre part.  Il faut des actions hardies.  Il est également important de garder à l'esprit que le Programme d'action en faveur des PMA porte sur des engagements concrets.  Toutefois, en dépit du bilan globalement négatif de la mise en œuvre du Programme d'action, les PMA croient résolument au renouvellement de l'engagement pris par les Chefs de gouvernement et de délégations de répondre à leurs besoins en progressant vers la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement et de se construire un avenir meilleur en accédant au développement.  À cet égard, M. Ehouzou a souligné que la conférence ministérielle qui s'est tenue à Istanbul les 9 et 10 juillet dernier sur le thème «pour une mondialisation au bénéfice des PMA» a débouché sur divers engagements et recommandations qui ne laissent aucun doute sur la détermination des PMA à poursuivre leurs efforts de développement, avec l'appui des partenaires du développement.  Pour conclure, il a fait observer que la question de la participation des délégations des PMA reste entière à cause de la nature des ressources qui y sont allouées.  À cet égard, les PMA ont préconisé à plusieurs reprises, l'inscription sur le budget ordinaire des Nations Unies de la participation de leurs délégations aux sessions de fond de l'ECOSOC.  Au vu des réticences rencontrées, les PMA risquent de n'avoir d'autre recours que de réitérer fermement cette demande.


M. JORGE ARTHURO REYES (Venezuela) a observé que nombre des objectifs de développement prévus dans la déclaration du Millénaire des Nations Unies ne pourront être atteints par les pays en voie de développement et par les pays les moins avancés en particulier.  Les progrès enregistrés dans ce domaine sont fort inégaux et il les niveaux de pauvreté sont souvent scandaleux, a déploré le représentant.  Le Venezuela reprend à son compte les demandes des pays les moins avancés visant à ce qu'ils puissent atteindre leurs objectifs de développement, notamment la concrétisation des engagements pris par les pays développés de consacrer 0,7% de leur produit intérieur brut à l'aide au développement.  Les stratégies de développement doivent être compatibles avec les politiques nationales des pays les moins avancés.  En matière commerciale, on constate qu'à l'augmentation toujours plus marquée des échanges correspond, de manière quasi proportionnelle, une augmentation de la pauvreté et de l'exclusion, ce qui montre bien que le commerce et la croissance économique ne conduisent pas nécessairement à un meilleur niveau de développement ni ne suffisent à réduire la pauvreté.  Le Venezuela appuie donc les initiatives prises pour alléger le fardeau de la dette, estimant qu'elles ne devraient pas se faire au détriment des autres formes d'aide ou activités de développement.  Il conviendrait de mettre en place un mécanisme de consultation avec les pays donateurs qui prenne en compte les stratégies de développement nationales.  En particulier, la solvabilité des pays débiteurs ne devrait pas être mesurée en fonction des volumes d'exportation des pays en développement.  Pour sa part, le Venezuela mène un programme d'aide au développement et de renforcement des relations Sud-Sud en direction de pays moins avancés d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie, dans les domaines culturels et énergétiques en particulier.  De 2000 à 2006, le Gouvernement a ainsi affecté des sommes importantes aux pays les moins avancés, sans imposer - contrairement aux habitudes en vigueur - de conditions contraires à la souveraineté des États bénéficiaires.  Le Venezuela est engagé à la construction d'un monde fondé sur la justice et la solidarité, a fait valoir le représentant vénézuélien.


MME ISMAT JAHAN (Bangladesh) a souligné que l'exemple de son pays montre que le développement est possible lorsqu'un pays est résolu à s'en sortir par lui-même.  Par le truchement de programmes de micro-financement ou d'éducation informelle des femmes, le Bangladesh a pu améliorer les conditions de vie de sa population, a-t-elle fait valoir.  Cette année, sa délégation a fait une présentation volontaire dans le cadre de l'examen ministériel annuel du Conseil au cours de laquelle elle a mis en évidence les progrès réalisés en matière d'éradication de la pauvreté.  Ces succès ont été possibles grâce aux facteurs conjugués de la stabilité politique, d'une conscience sociale et de politiques macroéconomiques solides, a-t-elle précisé.  Elle a également souligné que la responsabilité principale du développement repose sur le Gouvernement mais que les efforts nationaux doivent être appuyés par une aide internationale efficace et un environnement international économique favorable.  À cet égard, Mme Jahan a déploré que les contributions des partenaires du développement soient bien inférieures aux engagements consentis au niveau international.  De plus, le système commercial actuel est en défaveur des pays les moins avancés.  À cet égard, la représentante du Bangladesh a insisté sur la nécessité de conclure rapidement le cycle de négociations de Doha et d'assurer un accès aux marchés sans quotas pour les produits des PMA.  En outre, la dette extérieure continue d'être un défi énorme pour les PMA.  Mme Jahan a aussi souligné que si les PMA et les petits États insulaires en développement ne contribuent à l'émission de gaz à effet de serre qu'à hauteur de 0,02%, ce sont eux qui souffriront le plus des effets du réchauffement climatique.  Elle a ainsi plaidé pour que soit assuré l'accès à des ressources suffisantes et aux connaissances nécessaires pour faire face à cette menace.


M. BENIGNO-PEDRO MATUTE TANG (Guinée équatoriale) a indiqué que son pays connaît depuis dix ans, notamment grâce aux revenus tirés de l'industrie pétrolière, une amélioration marquée de ses indicateurs socio-économiques, lui permettant de se classer désormais parmi les pays à revenu intermédiaire.  Cependant, malgré ce progrès, la situation du pays reste marquée par un fossé énorme entre le niveau de développement économique et le niveau de vie de la population.  Pour lutter contre cette situation, le Gouvernement a pris des mesures économiques visant l'amélioration de l'infrastructure et des services de base à la population (éducation, santé, adduction d'eau potable, notamment).  Depuis cinq ans, l'État affecte ainsi 40% de ses revenus aux secteurs sociaux de base, un pourcentage plus élevé que celui préconisé lors du Sommet sur le développement social.   Le représentant équato-guinéen a estimé qu'étant donné que la communauté internationale est consciente de la situation dramatique qu'a connue le pays pendant 20 ans, il serait injuste que la Guinée équatoriale soit retirée de la catégorie des pays les moins avancés, compte tenu du fait que ses revenus dépendent d'une ressource non renouvelable.  En outre, le développement du pays dépend du développement de son capital humain, tel qu'il est défini dans le Programme d'action nationale.  Ce programme exigera la mise en œuvre d'importants moyens et donc de l'octroi d'une aide internationale conséquente, a rappelé le représentant.


M. AHMET ÜZÜMCÜ (Turquie) a fait observer que la position des pays les moins avancés dans la mondialisation actuelle est particulièrement difficile.  Il faut renforcer leur capacité à faire face aux défis actuels et de bénéficier des possibilités offertes par la mondialisation.  En outre, la promotion de la croissance économique, le développement durable, le renforcement des capacités et la bonne gouvernance semblent être des éléments essentiels du succès, a-t-il précisé.  Il a souligné que les PMA ont effectué des progrès considérables en matière de réforme des structures, de promotion du commerce et de développement d'entreprises privées.  Il s'est en outre réjoui des approches en faveur des pauvres qui ont été intégrées dans leurs stratégies de réduction de la pauvreté.  La communauté internationale doit pour sa part respecter ses engagements en matière d'aide au développement des PMA, a-t-il poursuivi.  L'annulation de la dette et la conclusion du cycle de négociations de Doha sont également cruciales.  M. Uzümcü a fait valoir que la Turquie a augmenté ses contributions bilatérales, l'aide humanitaire fournie par le pays ayant atteint 300 millions de dollars au cours des trois dernières années.  En outre, un fonds de 15 millions de dollars a récemment été alloué à la mise en œuvre de projets dans les PMA, les pays enclavés en développement et les petits États insulaires en développement.  La Turquie assure également un accès sans quotas au marché turc pour les produits industriels de ces pays depuis le 1er janvier 2006.  Pour conclure, le représentant a attiré l'attention sur la tenue à Istanbul la semaine dernière d'une conférence de haut niveau sur la mondialisation et les PMA.  Il a indiqué qu'une déclaration a été adoptée, réaffirmant l'engagement des PMA en faveur du Programme d'action de Bruxelles et leur préoccupation face aux difficultés qu'ils rencontrent.  En outre, cette déclaration demande aux pays développés qui ne l'ont pas encore fait de fournir un accès sans quotas aux produits des PMA sur leurs marchés.


M. BHIM PRASAD NEUPANE (Népal) a notamment relevé qu'à côté de progrès dans le domaine économique, de nombreux pays parmi les moins avancés ont accompli de remarquables progrès dans le domaine de la gouvernance, notamment par la création de mécanismes de participation, de reddition de comptes et de développement inclusif.  Mais ces pays n'ont encore acquis ni les capacités productives, ni la compétitivité nécessaire pour profiter pleinement du processus de mondialisation.  Les goulots d'étranglement au niveau de l'infrastructure, l'illettrisme, la faible disponibilité du capital humain et institutionnel, ainsi que le très faible niveau de participation au commerce et à l'investissement au niveau mondial et les transferts de technologie encore insuffisants ont compromis le développement durable des pays les moins avancés.  Ces pays ont un besoin crucial d'aide et de coopération plus importantes de la part des pays donateurs en faveur de l'amélioration de leurs infrastructures et du secteur de l'éducation et du renforcement des capacités.  De même, les pays les moins avancés ne pourront profiter de la mondialisation que s'ils sont intégrés au système commercial multilatéral et s'ils parviennent à faire entendre leurs voix au sein des grandes institutions économiques et financières.  Le représentant a également préconisé une ouverture des marchés des pays développés aux produits des pays les moins avancés. 


MME NADIA MOHAMED K. OSMAN (Soudan) a fait observer qu'à l'approche du délai de la mise en œuvre du Programme d'action de Bruxelles, il convient de procéder à une évaluation des progrès réalisés et des défis qui s'annoncent.  Il s'agit également de réfléchir aux stratégies d'après 2010.  La plupart des pays les moins avancés ont fait preuve d'un engagement sincère, a-t-elle fait observer.  De nombreux PMA ont mis en place des programmes de réforme économique, créant ainsi un environnement macroéconomique favorable à la croissance économique, au commerce et aux investissements.  Toutefois, ces efforts ont été freinés par le manque de ressources et de flux financiers, les effets du changement climatique, un système commercial international inéquitable et la faiblesse de capacités nationales, a-t-elle précisé.  Mme Osman s'est dite en accord avec le Secrétaire général s'agissant de l'importance de renforcer les capacités productives des PMA, plus particulièrement en matière agricole.   Démontrant un engagement politique ferme à l'égard du Programme d'action de Bruxelles, le Soudan a notamment établi une commission de haut niveau chargée d'entreprendre différentes études sur les sept engagements du Programme d'action.  Un rapport montrant les progrès réalisés a récemment été mis à jour, a-t-elle précisé.  Si le pays a fait des progrès en matière de développement et de gouvernance, il a dû faire face à un manque de ressources pour financer ses activités.  En outre, la dette extérieure constitue un défi pour les efforts de développement.  À cet égard, la représentante soudanaise a demandé que soit annulée la dette extérieure de son pays, qui dépasse les 27 milliards de dollars.


MME YANG NINGNING (Chine) a relevé que grâce aux efforts de tous les partenaires concernées, les pays les moins avancés ont réalisé certains progrès en matière économique et sociale, des progrès très insuffisants toutefois.  La Chine espère que l'esprit qui a animé l'examen à mi-parcours du Programme d'action pourra être préservé et que des mesures seront prises dans une série de domaines précis.  Ainsi, il convient d'augmenter le niveau de l'aide publique au développement, d'octroyer des conditions commerciales préférentielles et renforcer la capacité des pays les moins avancés en matière de productivité et de compétitivité, de manière à ce qu'ils puissent intégrer le système économique international et tirer parti ainsi à leur tour du processus de mondialisation.  La représentante chinoise a en outre estimé que le développement et le progrès des pays les moins avancés exigent non seulement l'adoption des réformes nécessaires par Chacun de ces pays, mais aussi l'aide constante et ferme de la communauté internationale.  En tant que pays en développement, la Chine comprend très bien les besoins des pays les moins avancés qu'elle s'efforce d'aider à atteindre leurs objectifs de développement.  Le Déclaration du Sommet de Beijing du Forum sur la Coopération sino-africaine a ainsi été l'occasion d'annoncer la décision d'annuler une partie de la dette des pays de ce continent et d'accorder des préférences commerciales. 


M. TROY F. TORRINGTON (Guyana) a souligné que plusieurs pays parmi les moins avancés ont vu leur situation évoluer en raison, notamment, de la mise en œuvre de politiques saines et d'approches intégrées du développement fondées sur des partenariats solides.  Il s'est ainsi félicité que des politiques nationales complétées par une aide internationale aient permis à certains PMA d'améliorer leur situation.  Il a souligné que le financement du développement revêt une importance considérable et doit être prévisible.  Le développement durable repose sur des ressources appropriées, a-t-il insisté.  Toutefois, de telles ressources font généralement défaut.  À cet égard, il a préconisé que les petits États soient considérés comme une catégorie à part, afin que leurs besoins et les défis qu'ils rencontrent soient mieux compris.   D'autre part, il a attiré l'attention sur l'importance de la revitalisation de l'agriculture et le renforcement de la sécurité alimentaire dans ces pays.  Ces deux objectifs devraient être au cœur des efforts de la mise en œuvre du Programme d'action de Bruxelles et de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-il estimé.  M. Torrington a expliqué qu'au plan régional, la Guyana déploie dans la région des Caraïbes des efforts pour créer un environnement favorable aux activités alimentaires et au développement agricole.  De tels efforts devraient être poursuivis par d'autres PMA, a-t-il suggéré.


M. JEAN FEYDER (Luxembourg) a déclaré que son pays attache une grande importance à ses relations avec les pays les moins avancés, six d'entre eux bénéficiant de son aide au développement, soit plus de 20% de l'aide au développement du Luxembourg.  Le représentant s'est félicité de l'importance nouvelle accordée à l'agriculture dans les discussions à l'ECOSOC, ce secteur étant important parce qu'il concerne entre 60% et 80% de la population des pays les moins avancés, les femmes assumant l'essentiel des travaux.  Il faut que l'aide prenne mieux en compte ce secteur.  Les pays donateurs doivent mieux tenir compte des stratégies nationales des pays les moins avancés dans ce domaine.  Un autre aspect concerne les règles commerciales en place, dont il faut se demander si elles favorisent vraiment le développement.  Il faut déplorer dans ce domaine les pratiques de dumping des produits agricoles par certains pays.  Enfin, la question de l'accès aux marchés et de l'aide au commerce doit aussi être traitée dans l'optique de favoriser le volume du commerce.


MME INGEBORG BREINES (Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture) a indiqué que l'UNESCO accorde une attention particulière à la question de l'éducation pour le développement durable, un domaine critique dans la mesure où les pays les moins avancés ne pourront se développer sans une compréhension claire de l'interdépendance et de la fragilité de l'environnement et des ressources dont dépend le bien-être de l'humanité.  L'UNESCO coordonne donc l'action des gouvernements, des enseignants et des éducateurs des pays les moins avancés pour intégrer le thème du développement durable dans les systèmes éducatifs à tous les niveaux.  De manière plus spécifique, l'UNESCO a décidé de mobiliser les connaissances scientifiques - mathématiques, génie civil - à l'appui de la réalisation du septième objectif du Millénaire pour le développement et de coopérer avec le secteur privé pour faire bénéficier les pays les moins avancés des progrès des technologies de l'information et des télécommunications.  L'UNESCO collabore également avec les pays les moins avancés pour mettre en valeur leurs industries culturelles dans le cadre de partenariats impliquant les organisations des Nations Unies et les institutions régionales concernées.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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