LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EXHORTE LES ÉTATS MEMBRES À ÉLABORER DES PLANS DE PRÉPARATION AUX CATASTROPHES

17 Juillet 2007
ECOSOC/6297

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EXHORTE LES ÉTATS MEMBRES À ÉLABORER DES PLANS DE PRÉPARATION AUX CATASTROPHES

17/07/2007
Conseil économique et social
ECOSOC/6297
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EXHORTE LES ÉTATS MEMBRES À ÉLABORER DES PLANS DE PRÉPARATION AUX CATASTROPHES


Il demande au système de l'ONU de poursuivre les efforts visant à intégrer les objectifs de plein-emploi productif et de travail décent pour tous dans ses activités


(Publié tel que reçu)


Genève, 17 juillet (Service de l’information des Nations Unies) –- Le Conseil économique et social a adopté, cet après-midi, deux résolutions venant clore, respectivement, le débat consacré aux affaires humanitaires et le débat consacré aux questions de coordination.  En début de séance, il a terminé son débat général consacré aux affaires humanitaires en entendant les déclarations d'une vingtaine de délégations.


Dans une résolution adoptée sans vote sur le renforcement de la coordination de l'assistance humanitaire d'urgence des Nations Unies, le Conseil exhorte les États Membres à élaborer et mettre à jour des plans de préparation aux situations de catastrophe à tous les niveaux et à organiser périodiquement des exercices y relatifs. Il encourage la communauté internationale et les entités compétentes des Nations Unies, dans les limites de leurs mandats respectifs, à appuyer, sur demande, les efforts nationaux déployés à cette fin.  L'adoption de cette décision marque la fin du débat consacré aux affaires humanitaires.


Le Conseil a également adopté sans vote une résolution relative au rôle du système des Nations Unies dans la promotion du plein-emploi productif et d'un travail décent pour tous, résultat du débat consacré aux questions de coordination qui s'est tenu la semaine dernière.  Par cette résolution, le Conseil prie les fonds, programmes et organismes des Nations Unies de poursuivre leurs efforts visant à intégrer les objectifs de plein-emploi productif et de travail décent pour tous dans leurs politiques, programmes et activités, afin que la déclaration ministérielle de 2006 bénéficie d'un suivi systématique et bien coordonné.


Clôturant le débat consacré  aux affaires humanitaires, M. John Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, a notamment relevé la complexité croissante de l'action humanitaire et rendu hommage à tous ses acteurs. Le système d'aide humanitaire doit être amélioré, ce qui est le but de l'adoption du principe de la responsabilité sectorielle.  Il a ajouté que les financements doivent être plus prévisibles et mieux gérés.


Les délégations qui ont participé au débat de cet après-midi ont insisté sur les risques croissants de catastrophes naturelles et rappelé la nécessité de réduire les niveaux de vulnérabilité, de prévenir les risques et de renforcer les mécanismes d'alerte rapide.  Dans ce cadre, le renforcement des capacités nationales revêt une importance particulière, ont souligné des intervenants.  Plusieurs délégations ont rappelé que les principes d'humanité, de neutralité et d'indépendance doivent impérativement sous-tendre les activités d'aide humanitaire.


Les représentants des pays suivants ont pris la parole: Mexique, Soudan, Israël, El Salvador, Tanzanie, Venezuela, Bolivie, République de Corée, Algérie, Colombie, Argentine, Barbade et Malawi.  Les représentants de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, de l'Ordre militaire souverain de Malte, de la Communauté économique des États d'Afrique occidentale, du Haut Commissariat des Nations Unies aux réfugiés et du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont également participé au débat.


La prochaine réunion publique du Conseil aura lieu jeudi 19 juillet, à 10 heures.  Le Conseil entamera un débat consacré notamment à l'application et au suivi des textes issus des grandes conférences et réunions au sommet des Nations Unies.


Adoption de résolutions


Dans le cadre du débat consacré aux affaires humanitaires, le Conseil a adopté une résolution sur le renforcement de la coordination de l'assistance humanitaire d'urgence des Nations Unies (document E/2007/L.15, amendé oralement), dans laquelle il se déclare gravement préoccupé par l'accroissement du nombre de personnes touchées par les pertes économique croissantes causées par les situations d'urgence humanitaires, y compris les catastrophes naturelles et prend acte du rapport du Secrétaire général sur le renforcement de la coordination de l'assistance humanitaire d'urgence des Nations Unies.  Il encourage en particulier les gouvernements nationaux à créer un environnement propice au renforcement des capacités des autorités locales et des organisations non gouvernementales et communautaires locales et nationales.


Le Conseil exhorte les États Membres à élaborer et mettre à jour des plans de préparation aux situations de catastrophe à tous les niveaux et à organiser périodiquement des exercices y relatifs, comme le veut la priorité n° 5 définie dans le Cadre d'action de Hyogo, selon les besoins, en tenant compte de leur situation et de leurs capacités personnelles, et encourage la communauté internationale et les entités compétentes des Nations Unies, dans les limites de leurs mandats respectifs, à appuyer, sur demande, les efforts nationaux déployés à cette fin.  Il demande aux organismes compétents des Nations Unies, en consultation avec les États Membres, de coordonner et renforcer les évaluations des besoins et d'améliorer l'exactitude des données sur les bénéficiaires de l'aide et, pour cela, s'accorder sur des définitions, des indicateurs, des systèmes d'information et des modalités cohérentes de collecte des données.  Le Conseil encourage en outre les États Membres, les organismes humanitaires compétents et les organisations non gouvernementales à fournir en temps voulu des informations exactes sur leurs contributions et l'utilisation des fonds humanitaires au moyen du service de surveillance financière.


Au titre du débat consacré aux questions de coordination, le Conseil a adopté une résolution sur le rôle du système des Nations Unies dans la promotion du plein-emploi productif et d'un travail décent pour tous (E/2007/L.14), par laquelle il prie les fonds, programmes et organismes des Nations Unies de poursuivre leurs efforts visant à intégrer les objectifs de plein-emploi productif et de travail décent pour tous dans leurs politiques, programmes et activités, afin que la déclaration ministérielle de 2006 bénéficie d'un suivi systématique et bien coordonné.  Le Conseil demande aux commissions techniques et régionales des Nations Unies de continuer d'aborder le problème de la promotion du plein-emploi productif et d'un travail décent pour tous dans les différents volets de l'action internationale pour le développement et d'évaluer l'incidence qu'ont les politiques menées dans leurs domaines de compétence respectifs sur la réalisation d'un plein-emploi productif et d'un travail décent pour tous. 


Le Conseil encourage tous les organismes intéressés du système des Nations Unies à collaborer en vue de l'utilisation, de l'adaptation et du suivi de l'application du Guide des outils pour l'intégration de l'emploi et du travail décent, élaboré par l'Organisation internationale du travail et approuvé par le Conseil des chefs de secrétariat des organismes des Nations Unies pour la coordination.  Il demande aux fonds, programmes et institutions spécialisées des Nations Unies d'évaluer et, s'il y a lieu et dans le cadre de leurs mandats respectifs, d'intégrer à leurs plans d'action la démarche en trois temps visant à promouvoir les objectifs du plein-emploi productif et du travail décent pour tous, qui est préconisée dans le Rapport du Secrétaire général intitulé «Le rôle du système des Nations Unies dans la promotion du plein-emploi productif et d'un travail décent pour tous».


Fin du débat général sur les questions humanitaires


MME MABEL GÓMEZ OLIVER (Mexique) s'est félicitée des progrès enregistrés par la réforme de l'aide humanitaire des Nations Unies, et en particulier du renforcement du rôle des coordonnateurs humanitaires.  Par ailleurs, la réforme du Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires est probablement l'un des éléments les plus importants de cette réforme, a estimé la représentante, qui a indiqué que son pays allait renouveler son engagement financier envers cet organe.  Beaucoup de défis demeurent, en particulier en matière de coordination entre acteurs pertinents, y compris la société civile, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires doit y contribuer, a souligné la représentante mexicaine.   La répartition des tâches en matière de coopération entre Assemblée générale et l'ECOSOC a été très efficace et a permis au Conseil de se pencher sur des questions spécifiques, même s'il reste encore beaucoup à réaliser dans le domaine de la prévention des maladies évitables et de la mise en place de capacités de lutte contre la violence à l'égard des femmes et des enfants.  Le Secrétaire général pourrait à cet égard être prié d'établir un rapport sur le degré d'intégration de la perspective sexospécifique dans l'action humanitaire, ce qui permettrait aux acteurs sur le terrain de se référer à un texte indicatif en la matière.  Il importe en outre que l'ECOSOC prenne des mesures pour réduire le nombre considérable de personnes atteintes par les conséquences des catastrophes naturelles.  Enfin, tant qu'il y aura des réticences à garantir l'accès aux populations touchées et à protéger les agents de l'aide humanitaire, il ne sera pas possible de remédier aux souffrances des civils touchés.  Il ne faut jamais perdre de vue que le droit à l'aide humanitaire est un droit fondamental des peuples, a conclu la représentante du Mexique. 


MME NADIA MOHAMED K. OSMAN (Soudan) a souligné que les catastrophes naturelles font beaucoup de victimes et que les études scientifiques montrent qu'il y aura une augmentation de ces catastrophes dans les années à venir.  Il faut donc mieux coordonner les actions de la communauté internationale dans ce domaine, a-t-elle insisté.  Les inondations récentes qui se sont produites dans son pays ont eu des conséquences désastreuses dans beaucoup de villes.  La représentante soudanaise a saisi l'occasion pour remercier la communauté internationale pour l'aide qu'elle a apportée au Soudan face à cette crise humanitaire.  En mars 2007, a-t-elle poursuivi, le Soudan a signé un accord en vertu duquel un groupe spécial comprenant des représentants des Nations Unies, du Gouvernement et des autres parties prenantes, a été établi pour assurer le suivi de la mise en œuvre des opérations humanitaires dans le pays.  Le Gouvernement s'est d'ailleurs engagé à organiser des visites dans la province du Darfour.  La représentante a d'autre part souligné que la coopération et la coordination entre le Soudan et ses partenaires ont permis de stabiliser les indices humanitaires et que des améliorations en matière de nutrition et de santé ont pu être observées.  Elle a regretté que certains signataires de l'accord de mars 2007 sur l'aide humanitaire tardent à le mettre en œuvre.  Elle les a ainsi appelés à respecter cet accord et à empêcher la circulation d'armes.  Pour conclure, elle a plaidé pour que soit améliorée la coopération en matière d'assistance humanitaire et que les États puissent jouer leur rôle directeur dans l'évaluation des priorités et besoins nationaux.  Il faut à tout prix éviter la politisation des affaires humanitaires et promouvoir le renforcement des capacités nationales, a-t-elle insisté.


M. TIBOR SHALEV-SCHLOSSER (Israël) a déclaré que les événements récents ont montré que les catastrophes naturelles exigent une réponse souple et coordonnée.  Israël se félicite donc le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de ses efforts de coordination du système d'aide humanitaire des Nations Unies.  Les premiers jours d'un désastre sont déterminants pour le sort des populations.  C'est pourquoi Israël a mis au point des moyens d'intervention rapide qu'elle a déployés dans une dizaine de pays touchés par des catastrophes naturelles ces dernières années.  Israël est aussi convaincu de la nécessité de renforcer les capacités des États en matière de préparation aux catastrophes.  C'est pourquoi il dispense des formations dans le domaine de la médecine d'urgence, par exemple.  Par ailleurs, on connaît le rôle essentiel que peuvent jouer les forces armées pour porter assistance en cas de catastrophes.  Cependant, cet aspect doit être vu comme le complément d'efforts plus vastes et doivent être menés aux côtés des systèmes d'aide civils.  Enfin, il est important que toutes les parties à un conflit veillent à assurer l'accès en temps utile aux populations par les travailleurs humanitaires, et avec la certitude que les moyens engagés profiteront bien aux populations civiles, a conclu le représentant israélien.


M. BYRON FERNANDO LARIOS LÓPEZ (El Salvador) a exprimé sa préoccupation face à l'augmentation des catastrophes naturelles et aux effets dévastateurs de ces catastrophes sur les populations les plus vulnérables des pays en développement.  Il faut renforcer les capacités nationales pour lutter efficacement contre la pauvreté, réduire les inégalités et la discrimination qui résultent de ces crises, a-t-il ajouté.  Pour réduire les niveaux de vulnérabilité aux catastrophes naturelles, il est indispensable d'adopter un cadre intégré qui tienne compte de tout type de risque.  De même, il faut inclure la réduction des risques de catastrophes dans les stratégies de développement durable.  Le représentant a rappelé qu'El Salvador a fait l'expérience de nombreuses catastrophes naturelles et qu'il œuvre à la promotion de l'établissement d'un cadre régional pour faire face aux catastrophes naturelles.  Ce cadre stratégique pour la réduction de la vulnérabilité fait partie du processus de développement durable d'Amérique centrale, a-t-il précisé.  En outre, il a indiqué que suite au tremblement de terre de 2001, El Salvador a créé un Plan régional de réduction des risques qui identifie les priorités régionales et nationales en la matière.  Le pays a également créé un service national d'étude chargé de surveiller les phénomènes naturels et de renforcer les mécanismes d'alerte rapide.  Il est fondamental que les Nations Unies encouragent l'élaboration de mécanismes innovants pour prêter assistance en cas de catastrophe, a-t-il souligné.  Il faut également renforcer les mécanismes bilatéraux et multilatéraux pour mobiliser les ressources nécessaires et garantir une couverture et une répartition équitable de l'aide humanitaire. 


M. MATERN Y. C. LUMBANGA (Tanzanie) a exprimé son inquiétude face à l'augmentation du nombre des conflits armés et des souffrances des populations civiles, notamment des femmes et des enfants.  Cependant, des progrès encourageants ont été enregistrés dans la région des Grands Lacs par exemple, avec des conséquences importantes pour la Tanzanie, notamment le début du processus de rapatriement des réfugiés.  Il convient toutefois de relever que ce processus ne sera durable que si les personnes concernées trouvent à destination des conditions propices à leur retour définitif.  La Tanzanie appelle donc la communauté internationale à appliquer des mesures dans ce sens et à veiller à la pérennité du retour à la paix dans la région.  Outre les crises humanitaires engendrées par les conflits, la Tanzanie a subi une série de catastrophes naturelles causant de graves souffrances humaines et entravant son développement.  Pour y faire face, le pays a mis en place une politique de gestion des risques intégrée à sa politique de planification socio-économique.  D'autre part, la stratégie nationale de croissance et de réduction de la pauvreté met l'accent sur l'importance de la gestion des catastrophes naturelles pour réduire la pauvreté.  L'application de ce programme est cependant ralentie par manque de moyens et la Tanzanie appelle à une aide internationale pour appuyer son action.  Le représentant de la Tanzanie s'est en outre félicité de l'action entreprise par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires et d'autres organisations humanitaires pour soulager les souffrances de millions personnes en mal d'aide humanitaire.  La Tanzanie est également satisfaite du principe dit de la responsabilité sectorielle, estimant que les principales organisations d'assistance humanitaire doivent tirer parti des leçons de sa mise en œuvre.


M. JOSÉ LUIS BETANCOURT (Venezuela) a estimé que la communauté internationale devrait œuvrer en faveur d'une mobilisation mondiale visant à mieux appréhender les catastrophes naturelles et en réduire les risques en faisant participer tous les acteurs à tous les niveaux - national, international et régional.  Il a indiqué qu'en 2005, une force des affaires humanitaires «Simon Bolivar» a été créée au Venezuela pour renforcer la prévention des catastrophes naturelles et l'attention qui leur est accordée, en mettant particulièrement l'accent sur la réduction des risques.  Au niveau international, le Venezuela a apporté son soutien à la Bolivie, à Cuba, à l'Équateur, à El Salvador, au Guatemala, à la Jamaïque et à la République dominicaine, entre autres.  De même, le pays déploie de nombreux efforts en matière d'éducation relative aux catastrophes, par le biais de projets visant l'autoprotection, la préparation, l'organisation et la gestion locale, par les communautés, des risques et des catastrophes.  M. Betancourt a par ailleurs demandé que soit maintenue l'indépendance du Bureau de la coordination des affaires humanitaires.  Il a indiqué que le Venezuela était prêt à collaborer avec le Bureau, par le truchement de la force des affaires humanitaires «Simon Bolivar», en apportant assistance humanitaire à tout pays qui en aurait besoin.  Pour conclure, il a souhaité que le Secrétaire général fournisse un rapport détaillé sur les fonds destinés à soutenir les activités d'aide humanitaire et sur les impacts de ces activités.


M. FRANKLIN CONDORI-CHALLCO (Bolivie) a relevé que depuis deux ans, son Gouvernement peut se féliciter de la fidélité de ses fournisseurs d'aide humanitaire.  Il a ensuite jugé nécessaire une amélioration de la réaction face aux catastrophes, dans le cadre des Directives de Hyogo pour la prévention des catastrophes naturelles.  Au niveau des pays, il convient de porter l'action de prévention sur les terrains sociaux et institutionnels.  La Bolivie est favorable à une aide humanitaire neutre, indépendante et dépolitisée, a souligné le représentant.  Il s'est félicité de la façon dont les pays bénéficiaires de l'aide abordent désormais les questions de transparence et de qualité de gestion.  À l'heure actuelle, a indiqué le représentant, la Bolivie se trouve au bord d'une situation de conflit social: le pays est en effet confronté à des difficultés dans la gestion de catastrophes naturelles et doit subir un exode rural qui mine ses capacités de production.  Les niveaux d'investissements dans le développement sont en baisse et de ce fait, une meilleure coordination avec les institutions chargées de l'aide s'impose.  Avec cinq autres pays andins, la Bolivie met en place des politiques de bonne gouvernance locale et de prévention des catastrophes; elle s'est résolument lancée dans la promotion d'une culture de prévention, a conclu le représentant. 


M. YUN HYUN-SOO (République de Corée) a fait part des résultats d'une réunion du groupe de soutien des donateurs au Bureau de la coordination de l'aide humanitaire, qui s'est tenue à Séoul en juin dernier et à l'occasion de laquelle les pays de la région Asie-Pacifique ont exposé leur vision commune de la coopération en faveur de l'aide humanitaire.  Les participants ont notamment relevé l'importance de facteurs tels que l'urbanisation, la gravité des catastrophes naturelles, les changements climatiques et le risque pandémique.  Compte tenu des limites pratiques imposées à l'action humanitaire, notamment en termes de financement, il est indispensable de répartir cette aide en fonction des besoins.  Or, pour cela, il convient de disposer d'évaluations précises des situations, a souligné le représentant.  Il a en outre mis en garde contre la tendance à ne prendre en compte que les seules crises couvertes par les médias, pendant que l'action en faveur d'autres situations graves reste sous-financée.  Les organisations humanitaires devraient incorporer dans tous leurs projets une approche tenant compte des problèmes spécifiques rencontrés par les femmes - lesquelles représentent la majorité des victimes dans les catastrophes, a conclu le représentant.


M. NOUREDDINE BENFREHA (Algérie) a fait observer que la multiplication des défis dans le domaine de l'aide humanitaire nécessite un renforcement de la coordination des efforts du système des Nations Unies en la matière.  Il a rappelé que toute réponse à une urgence humanitaire doit s'inspirer des principes fondamentaux de neutralité, d'humanité, d'impartialité et d'indépendance.  Or, il ressort de l'analyse des faits survenus au cours de l'année écoulée que la problématique de l'aide humanitaire demeure entière, étant donné que les principes qui devraient sous-tendre l'action humanitaire restent soumis à rude épreuve.  Les principes de respect de la souveraineté nationale, de l'intégrité nationale et de l'unité nationale des États doivent trouver leur écho dans le respect du caractère prioritaire des décisions émanant des autorités nationales quant à l'identification des besoins et quant à la coordination et l'exécution de l'assistance humanitaire.  Les efforts doivent viser à approfondir l'appropriation nationale à travers le développement des capacités, a insisté le représentant.  D'autre part, il importe de continuer à développer la synergie et la coopération interinstitutions.  Il importe également de disposer du mécanisme pour une bonne préparation aux urgences humanitaires.  Le Plan d'action de Hyogo met l'accent sur l'importance du développement des capacités pour atténuer les effets des catastrophes naturelles, a rappelé le représentant algérien.  Pour conclure, il a proposé que soit étudiée la possibilité de mettre en place un organe fonctionnel intergouvernemental chargé d'œuvrer en collaboration avec le Bureau de la coordination des affaires humanitaires à la définition des modes d'intervention, ainsi qu'au suivi de la mobilisation des fonds et à l'évaluation des résultats obtenus.


Pour MME CLEMENCIA FORERO UCROS (Colombie), la coordination, la rationalisation des efforts et des ressources, ainsi que la qualité et la cohérence, sont autant de facteurs essentiels à l'amélioration de l'assistance humanitaire d'urgence.  Pour mieux répondre aux besoins de sa population, le Gouvernement colombien a identifié trois domaines d'intervention prioritaires, en coordination avec les équipes du système des Nations Unies présentes sur le terrain.  Il s'agit de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement; de la lutte contre la drogue - problème de dimension mondiale; et de la réconciliation nationale ainsi que du renforcement de la gouvernance.  Un axe d'intervention particulièrement important est celui visant les personnes déplacées, pour lequel la Colombie reçoit l'appui précieux du Programme des Nations Unies pour le développement, du Haut Commissariat pour les réfugiés et de l'Organisation internationale des migrations, entre autres.  Dans ce contexte, la Colombie apprécie l'engagement des institutions compétentes des Nations Unies ainsi que le retour d'information que le système offre aux différentes autorités du pays par le biais des institutions onusiennes.  La coordination avec ces institutions est assurée par l'agence présidentielle chargée de la prise en charge des personnes déplacées, l'une des priorités consistant en la réintégration sociale et économique de ces personnes, a indiqué la représentante.


MME ALICIA DE HOZ (Argentine) a réaffirmé la nécessité d'assurer l'accès intégral du personnel humanitaire auprès des populations qui en ont besoin.  Elle a également rappelé que les principes d'humanité, de neutralité et d'impartialité doivent sous-tendre l'aide humanitaire.  Face à l'augmentation des catastrophes naturelles, il faut une gestion coordonnée, a-t-elle poursuivi.  Il faut renforcer le rôle des Nations Unies dans la préparation et la réduction des risques.  La représentante s'est à cet égard félicitée que la première Plateforme globale organisée à Genève en juin dernier ait offert la possibilité de renforcer la préparation aux catastrophes naturelles et d'identifier des actions pour accélérer la mise en œuvre du cadre d'action de Hyogo.  Elle s'est également inquiétée des conséquences des catastrophes naturelles sur les catégories les plus vulnérables de la population.  Il faut absolument coordonner les actions en matière de réduction des risques et de changement climatique, a-t-elle préconisé.  La représentante a souligné que l'initiative «casques blancs» de l'Argentine travaille en collaboration avec les institutions des Nations Unies en vue de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement et constitue un outil d'aide humanitaire gouvernemental qui vise notamment l'élimination de la faim, l'éradication de la pauvreté et la coopération en cas de catastrophes.  Ce mode d'action de solidarité a fait les preuves de son efficacité, notamment en matière de prévention des catastrophes, a-t-elle souligné.


M. SELWIN HART (Barbade) a souligné que, compte tenu des changements climatiques actuels, les pays des Caraïbes risquent d'être confrontés à l'avenir à des ouragans particulièrement violents et d'autres phénomènes destructeurs.  Il est important dans ce contexte que la communauté internationale prévoie des mesures de réaction opportunes et coordonnées.  Il s'agit là d'une priorité régionale.  D'autre part la Barbade est favorable aux réformes du Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires visant à accélérer l'accès aux financements et à en augmenter le cercle des bénéficiaires: d'autres entités devraient y avoir accès, comme par exemple l'Agence de réaction aux catastrophes des Caraïbes, a estimé le représentant.  La Barbade demande en outre que les directives de l'ONU sur l'utilisation des ressources militaires et de la protection civile dans le cadre des opérations de secours en cas de catastrophe (directives d'Oslo) bénéficient d'une plus grande publicité et soient intégrées aux plans de réaction nationaux impliquant les organes civils et militaires.


MME LILIAN D. NG’OMA (Malawi) a souligné que les catastrophes naturelles sont de plus en plus fréquentes dans son pays.  Ces événements ne sont plus sporadiques.  Presque tous les ans, sécheresses, inondations et épidémies affectent population et économie, a-t-elle souligné.  Elle a expliqué que beaucoup de leçons peuvent être tirées de la catastrophe du tsunami de 2004, et notamment des bénéfices qui peuvent être retirés des partenariats renforcés entre gouvernements, donateurs et société civile.  En outre, on a compris que les programmes humanitaires ont plus de succès lorsque les gouvernements prennent la direction de ces programmes.  S'intéressant ensuite au Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires, elle a espéré qu'il contribuera à fournir une réponse humanitaire rapide, prévisible, équitable et efficace.  La pérennité du Fonds est essentielle et, pour ce faire, il faut élargir la base des donateurs.  Mme Ng'oma a souligné que le manque d'accès direct des organisations non gouvernementales au Fonds est un problème sérieux sur lequel il faut absolument réfléchir.  Elle a d'autre part expliqué que son pays a mis l'accent sur la réduction des risques face aux catastrophes naturelles, qui fait notamment partie de la stratégie de croissance et de développement du pays pour 2006-2011.  Pour conclure, elle a fait observer que les risques de catastrophes ne peuvent qu'être minimisés, ils ne peuvent être entièrement éliminés.  Par conséquent, la communauté internationale doit continuer de renforcer les capacités du système des Nations Unies et des autorités nationales et régionales en la matière.


M. ENCHO GOSPODINOV (Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge) a estimé important que les secours humanitaires soient octroyés en fonction des besoins réels, compte tenu en particulier de l'incidence croissante de catastrophes de faible ampleur mais récurrentes et très localisées.  La Fédération a aussi constaté un lien entre catastrophes météorologiques et menaces pour la santé publique telles que paludisme et choléra.  C'est pourquoi l'assistance humanitaire axée sur les besoins devra être conçue selon une approche globale, mettant l'accent aussi bien sur la prévention que sur la réaction aux catastrophes.  La Fédération estime aussi important d'insister sur les mesures de préparation, en particulier au niveau local et communautaire, ce qu'elle fait en collaboration avec la Banque mondiale et l'Organisation mondiale de la santé par exemple.  C'est ainsi que dans les pays de l'océan Indien touchés par le raz-de-marée, un important programme de contrôle et de surveillance a commencé à fournir des informations utiles pour la révision et la correction du programme de renforcement de la résilience.  S'agissant de la réforme dans le domaine des secours humanitaires, le représentant a notamment relevé l'importance de l'approche selon le principe de la responsabilité sectorielle, qui devra toutefois être accompagnée d'un renforcement de l'action au niveau des États.  Le représentant a aussi relayé un appel lancé en début d'année par la Fédération pour l'instauration d'un «partenariat mondial pour l'Afrique», et pour le déblocage de fonds à hauteur de 250 millions de dollars pour appuyer l'action humanitaire au niveau des communautés.  Il a également fait valoir que la Fédération a mis au point son propre mécanisme de financement de l'aide d'urgence, mis en œuvre dans 101 catastrophes pour la seule année 2006.  Ce fonds est par nature complémentaire au Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires, a précisé le représentant.


MME MARIE-THÉRÈSE PICTET-ALTHANN (Ordre militaire souverain de Malte) a rappelé que l'aide aux pauvres et à ceux qui souffrent est au cœur de la mission humanitaire de l'Ordre de Malte.  L'organisation est présente dans 120 pays et déploie des activités dans les domaines de la santé et de l'éducation.  L'Ordre collabore également activement avec les institutions spécialisées des Nations Unies, les gouvernements et les organisations non gouvernementales.  Mme Pictet-Althann a notamment expliqué que son organisation a fourni, en collaboration avec le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS), des soins de santé à plus de 115 000 personnes au Darfour.  Elle a en outre estimé que la mobilisation des personnes sur le terrain contribue à l'efficacité de l'assistance humanitaire.  D'autre part, elle a exprimé sa préoccupation s'agissant de la sécurité du personnel humanitaire.  Elle a ainsi appelé les gouvernements à faciliter un accès sûr et total pour ces travailleurs.  Elle a ensuite attiré l'attention sur les programmes mis en œuvre par l'Ordre de Malte en faveur des femmes victimes de violence, notamment en République démocratique du Congo.


MME HENRIETTA DIDIGU (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, CEDEAO) a mis l'accent sur l'importance particulière que le débat sur ces questions d'aide humanitaire revêt pour la CEDEAO.  Elle a en outre insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration avec les mécanismes nationaux, dans le contexte de l'action humanitaire.  Avec la collaboration du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, la CEDEAO a mis sur pied une force civile d'action de soutien humanitaire lors des conflits, a indiqué la représentante.  Cet outil est aussi utile pour la gestion des catastrophes naturelles, a-t-elle précisé.  Approche sectorielle, aide basée sur les besoins, application du cadre d'action de Hyogo constituent autant d'éléments importants pour l'amélioration de l'action humanitaire, a-t-elle souligné.  Elle a appelé à l'instauration de relations dynamiques entre le CEDEAO et les institutions des Nations Unies.


M. DANIEL ENDRES (Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés - HCR) a fait observer que le processus de réforme de l'action humanitaire et l'approche sectorielle adoptée ont débouché sur une action plus coordonnée et davantage prévisible face aux catastrophes naturelles et aux situations de déplacements de personnes.  Il a souligné qu'à l'instar d'autres organisations humanitaires, le HCR a contribué activement aux efforts du Bureau de la coordination des affaires humanitaires visant à renforcer les équipes par pays et le système de coordonnateur humanitaire.  Il s'est par ailleurs prononcée en faveur d'une évaluation de l'approche sectorielle; cette approche doit continuer d'être basée sur les requêtes des acteurs se trouvant sur le terrain, qui sont les mieux à même d'identifier les lacunes et autres manques en matière d'aide humanitaire.  Le déploiement rapide des capacités militaires et civiles reste essentiel pour faire face aux crises humanitaires, a par ailleurs rappelé le représentant du HCR.  Le soutien militaire doit être adapté et apporté avec le consentement du gouvernement concerné; il doit en outre rester une mesure de dernier recours, a-t-il affirmé.  Il a par ailleurs souligné l'importance que le HCR accorde Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires.  Le Haut Commissariat a reçu près de 50 millions de dollars du Fonds, a-t-il précisé.  Il s'est enfin dit favorable à un engagement plus grand des organisations non gouvernementales dans le Fonds.


M. DANIEL TOOLE (Fonds des nations Unies pour l'enfance - UNICEF) a réaffirmé l'engagement de l'UNICEF en faveur d'un renforcement de l'action dans tous les domaines humanitaires.  Dans ce contexte, le respect du principe de responsabilité sectorielle ne change pas le mandat des agences humanitaires, mais renforce au contraire le leadership et la responsabilité dans l'action, a estimé le représentant.  Le principe de responsabilité sectorielle permettra de renforcer les capacités d'action des autorités nationales et des organisations locales et nationales, ce qui aura incontestablement pour effet d'améliorer l'aide humanitaire lors de crises.  Ce phénomène s'observe déjà dans les opérations conduites en République démocratique du Congo, au Pakistan, au Liban et plus récemment au Mozambique, a fait valoir le représentant de l'UNICEF.  Il a par ailleurs noté que la désignation des coordonnateurs résidents doit tenir compte de leurs expériences et aptitudes en matière de coordination de l'aide humanitaire, en particulier.  Il n'est en effet pas souhaitable d'attendre l'émergence d'une crise pour déterminer si l'on dispose ou non des capacités de réaction indispensables.  L'UNICEF estime en outre que le Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires a grandement contribué aux activités d'urgence humanitaire et aux interventions dans des situations de crises oubliées.  Des organisations telles que l'UNICEF, le Programme alimentaire mondial ou encore le Haut Commissariat pour les réfugiés y ont recours pour compléter leurs propres budgets consacrés aux actions urgentes.  Enfin, l'UNICEF estime que la contribution des forces armées au traitement d'une crise humanitaire doit être dirigée vers la réponse à des besoins déterminés et encadrée par des directives claires.  En outre, une telle contribution doit venir compléter en dernier recours les fonds alloués à l'aide humanitaire, dans le strict respect des principes d'impartialité et d'humanité.


MME ANKE STRAUSS (Organisation internationale pour les migrations - OIM) a souligné que 2006 a été l'année de la mise en œuvre du programme de réforme de l'action dans le domaine humanitaire.  Il s'agissait notamment d'améliorer la coordination des réponses face aux crises humanitaires et d'assurer une meilleure prévisibilité du financement de l'action dans ce domaine.  L'OIM n'a pas manqué de jouer un rôle dans ce processus de réforme, a fait valoir la représentante.  Elle a fait observer que la collaboration interinstitutions aux fins de la mise en œuvre de l'approche sectorielle a montré que des possibilités non négligeables d'amélioration de la cohérence et de la coordination de l'action humanitaire existent pour autant que cette approche soit suivie par tous les partenaires.  Plus d'un an après la mise en œuvre de cette approche sectorielle, des résultats tangibles ont pu être observés, a-t-elle poursuivi.  Les réseaux existants sont en voie d'élargissement afin d'inclure davantage d'acteurs dans la réponse aux catastrophes, a-t-elle précisé.  Des ateliers et des séances de formation ont été mis en place afin de créer une équipe qualifiée, prête à être déployée en cas d'urgence.  Ces exemples attestent des bienfaits de cette approche sectorielle, notamment en termes de collaboration interinstitutions, a insisté la représentante.  Pour conclure, elle a fait observer qu'avec la globalisation de l'information, les attentes du public en termes de rapidité des réponses humanitaires ont augmenté.  De ce point de vue, le Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires a prouvé son efficacité pour ce qui est du déploiement rapide d'une réponse humanitaire, a souligné la représentante.


Conclusion


M. JOHN HOLMES, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, a relevé la complexité croissante de l'action humanitaire et rendu hommage à tous les acteurs opérant dans ce domaine.  Il convient de veilleur à ce que l'action humanitaire soit conduite de manière ferme, coordonnée et axée sur les besoins, a-t-il souligné.  Le système d'aide humanitaire doit être amélioré, ce qui est précisément l'objectif de l'approche dite de «responsabilité sectorielle» qui a été adoptée, a-t-il rappelé.  Il convient maintenant de détailler plus avant cette approche, ce qu'est précisément en train d'entreprendre une entité indépendante qui rendra ses conclusions d'ici à 2008, a indiqué M. Holmes.  La discussion concernant ces questions a permis de percevoir la nécessité de mieux cadrer et coordonner l'action humanitaire.  Tous les pays ne sont pas égaux dans ce domaine, certains ne disposant ni des fonds ni de l'expérience nécessaires.  C'est dans ce contexte que l'aide internationale prend tout son sens, y compris pour ce qui est de la coopération s'inscrivant dans des cadres régionaux.  En ce qui concerne l'engagement de militaires dans l'action humanitaire, les débats ont montré que leur rôle, certes très appréciable, doit s'inscrire dans le cadre de l'action des agences civiles.  Ont par ailleurs été constatées une augmentation des fonds destinés à l'aide humanitaire, mais aussi une demande croissante en faveur d'une affectation plus juste et plus neutre de ces fonds, a relevé M. Holmes.  Les financements de l'aide humanitaire doivent être plus prévisibles et mieux gérés - notamment au niveau administratif, où des efforts de compression des coûts doivent être consentis, a-t-il ajouté.  M. Holmes s'est enfin dit favorable à ce que le Conseil économique et social se réunisse plus souvent en sessions extraordinaires afin d'aborder des problèmes urgents. 


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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