LE CONSEIL DE SÉCURITÉ EXAMINE LA PREMIÈRE ANNÉE D’ACTIVITÉ DE LA COMMISSION DE CONSOLIDATION DE LA PAIX

17 octobre 2007
CS/9144

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ EXAMINE LA PREMIÈRE ANNÉE D’ACTIVITÉ DE LA COMMISSION DE CONSOLIDATION DE LA PAIX

17/10/2007
Conseil de sécurité
CS/9144
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

5761e séance – matin

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ EXAMINE LA PREMIÈRE ANNÉE D’ACTIVITÉ DE LA COMMISSION DE CONSOLIDATION DE LA PAIX

Les délégations insistent sur l’amélioration de la collaboration

de la Commission avec le Conseil de sécurité, l’Assemblée générale et l’ECOSOC

Le Conseil de sécurité a examiné, ce matin, le premier rapport de la Commission de consolidation de la paix (CCP), en présence des deux pays dont elle suit la situation: le Burundi et la Sierra Leone.  Les États Membres, qui ont participé au débat, ont notamment discuté des moyens de développer la collaboration de cet organe consultatif intergouvernemental avec le Conseil de sécurité, l’Assemblée générale et le Conseil économique et social (ECOSOC).

Le Président du Comité d’organisation de la Commission de consolidation de la paix, M. Yukio Takasu (Japon) a indiqué que l’architecture de consolidation de la paix des Nations Unies était désormais complètement en place.  Alors que la Commission entre dans sa deuxième année d’activité, l’accent doit être mis sur la nécessité de renforcer ses relations avec le Conseil de sécurité, l’Assemblée générale, l’ECOSOC et le Secrétariat, mais aussi avec les fonds et les programmes du système des Nations Unies, les organisations régionales et sous-régionales, les institutions financières internationales et la société civile.

Au cours du débat, les représentants des États Membres ont abondé en ce sens.  Le délégué du Congo s’est félicité, pour sa part, que l’interaction entre le Conseil de sécurité, l’Assemblée générale et l’ECOSOC, n’ait pas eu, comme on aurait pu le craindre, d’effet paralysant, tout en souhaitant une clarification des relations entre ces trois organes.  L’Italie a plaidé en faveur d’une collaboration plus efficace avec le Département des opérations de maintien de la paix, le Bureau d’appui et le reste du système des Nations Unies afin de tenter de régler les situations les plus critiques.

La Commission de consolidation de la paix a été créée conjointement par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité le 20 décembre 2005.   Elle est la concrétisation de l’engagement pris par les dirigeants de la planète lors du Sommet mondial de 2005 de « rassembler toutes les parties intéressées aux fins de la mobilisation de ressources, et de formuler des conseils sur des propositions concernant des stratégies intégrées de consolidation de la paix et de relèvement après les conflits ». 

Dans son rapport, la Commission assure avoir, au cours de sa première année d’activité, « fait œuvre de pionnier en s’efforçant de faire adopter à la communauté internationale une démarche plus cohérente et plus efficace en matière de consolidation de la paix ».

Deux pays figurent à l’ordre du jour de la Commission: le Burundi et la Sierra Leone.  La mobilisation en faveur des Gouvernements burundais et sierra-léonais « a permis à la communauté internationale, représentée par les membres de la Commission, de mener une action ciblée et de faire face aux problèmes que pose de tout temps la consolidation de la paix dans les pays se relevant d’un conflit », soulignent les auteurs du rapport.

« Un cap a été franchi », a ainsi déclaré le représentant de la France, qui a évoqué les difficultés dans la mise en place de la Commission de consolidation de la paix, illustration, selon lui, de décalages, de rivalités et d’incompréhensions.  « La paix sans pain ne mène nulle part », a lancé de son côté le délégué du Burundi, qui a déploré que les engagements pris lors de la table ronde des donateurs n’aient pas été tenus.  Il a invité le Conseil de sécurité et la Commission de consolidation de la paix à conjuguer leurs efforts pour que les promesses deviennent réalité.  La réussite du Burundi sera celle du Conseil de sécurité et de la Commission, a-t-il assuré.  « Si nous réussissons, nous réussirons ensemble, si nous échouons, nous échouerons ensemble.   Tout le pays doit renaître, grandir, se stabiliser et se développer, a-t-il dit, ajoutant qu’avec la Commission de consolidation de la paix, le Burundi arrivait au bout d’une année utile, laborieuse et couronnée de succès. 

Avec tolérance et compréhension, mais aussi avec douleur, la Sierra Leone a pu avancer vers la paix et la guérison, a témoigné, à son tour, le représentant de ce pays, pour qui l’appropriation nationale, tant sur le principe qu’en pratique, doit constituer la base des réalisations de la Commission.  Il s’est dit fier de la tenue récente d’élections parlementaires et présidentielles qui tracent  la voie d’une paix durable et du processus de démocratisation. 

La question de l’inscription de nouveaux candidats à l’ordre du jour de la Commission a également été posée par de nombreux délégués.  Celui de la France a estimé que cet ajout était indissociable de la montée en puissance de la Commission.  La Commission devrait veiller à ne pas surcharger ses activités et se limiter à un ordre du jour réaliste, a suggéré pour sa part la représentante des États-Unis.  En revanche, pour l’Italie, la Commission doit demeurer ambitieuse.  La Commission de consolidation de la paix pourrait, selon son représentant, devenir un observatoire permanent pour de nouveaux pays potentiels qui sont sur la voie de sortie d’un conflit.  L’élargissement de l’ordre du jour à de nouveaux pays devait en tout cas se faire après un débat ouvert et en fonction des besoins des pays concernés, a observé son homologue de la Fédération de Russie.

Autre sujet de débat, l’utilisation du Fonds de consolidation pour la paix, créé en octobre 2006 pour servir de fonds d’urgence pour la paix.  Pour le représentant de l’Afrique du Sud, ce Fonds ne peut et ne doit remplacer l’aide publique au développement.  S’il ne doit pas se substituer aux donateurs classiques, le Fonds de consolidation pour la paix est là pour financer des lacunes importantes ou opérer comme un fonds catalyseur, a insisté son collèguede la Belgique.  Le Fonds devrait financer les secteurs prioritaires définis par la Commission de consolidation de la paix, a noté pour sa part le représentant de la Chine, en rappelant les exigences de transparence et de bonne gestion.

Plusieurs pays ont également regretté qu’il n’y ait pas eu d’accord, au sein du Conseil de sécurité, pour inviter lors de ce débat le Portugal et la Jamaïque, pays qui représentent respectivement l’Union européenne et le Mouvement des pays non alignés, deux acteurs clefs de la consolidation de la paix.

Outre les membres du Conseil, les représentants des Pays-Bas, de la Norvège, de la Sierra Leone, du Burundi et d’El Salvador ont pris la parole.

CONSOLIDATION DE LA PAIX APRÈS LES CONFLITS

Rapport de la Commission de consolidation de la paix sur les travaux de sa première session (A/62/137-S/2007/458)

Dans son rapport, qui fait le point sur ses activités depuis sa création, la Commission de consolidation de la paix assure avoir fait œuvre de pionnier en s’efforçant de faire adopter à la communauté internationale une démarche plus cohérente et plus efficace en matière de consolidation de la paix.

La création de la Commission de consolidation de la paix est partie du constat fait par les dirigeants des États Membres lors du Sommet mondial de 2005 selon lequel, de plus en plus, les efforts de consolidation de la paix ne sont pas cohérents et n’obéissent pas à une approche stratégique globale.  Les pays qui sortent de conflit doivent faire face à des défis sans précédent et tant qu’ils ne les auront pas correctement déterminés ou relevés effectivement, les conflits risquent fort bien de reprendre.  La Commission est donc un mécanisme institutionnel destiné à répondre à ces besoins spéciaux et à aider ces pays à jeter les bases d’une paix et d’un développement durables.

Deux pays figurent à l’ordre du jour de la première année de fonctionnement de la Commission: le Burundi et la Sierra Leone.  La mobilisation en faveur des Gouvernements burundais et sierra-léonais a permis à la communauté internationale, représentée par les membres de la Commission, de mener une action ciblée et de faire face aux problèmes que pose de tout temps la consolidation de la paix dans les pays se relevant d’un conflit, soulignent les auteurs du rapport.

Dans ces deux pays, la Commission s’est engagée à mettre en œuvre un processus inclusif que les États concernés prendront en main et qui associera, dans la mesure du possible, tous les acteurs intéressés sur le terrain, y compris la société civile et la communauté internationale.  La Commission a adopté des plans de travail et envoyé des missions sur le terrain pour recueillir des informations et a relevé quatre domaines prioritaires critiques pour la consolidation de la paix dans chacun des deux pays. 

S’agissant du  Burundi, les domaines prioritaires critiques concernent la promotion de la bonne gouvernance, le renforcement de l’état de droit, la réforme du secteur de la sécurité et le relèvement des collectivités locales.  Un consensus s’est dégagé sur le fait que le Gouvernement burundais, en collaboration avec tous les acteurs du pays et de la communauté internationale, doit s’inspirer du cadre stratégique du Comité d’organisation de la Commission qui définit les priorités nationales pour assurer une paix durable.

En Sierra Leone, les domaines à réformer concernent l’emploi et la marginalisation des jeunes, le secteur de la justice et de la sécurité, la consolidation de la démocratie et la bonne gouvernance, et le renforcement des capacités.  Un des principaux résultats du séjour de la Commission en Sierra Leone a été l’accord sur le calendrier et le processus d’élaboration d’une stratégie intégrée pour la consolidation de la paix.  L’élaboration et la mise en œuvre de cette stratégie relèveront du Gouvernement sierra-léonais, aidé par l’ONU, en particulier, par l’intermédiaire du Bureau intégré des Nations Unies en Sierra Leone (BINUSIL), par les partenaires multilatéraux et bilatéraux et la société civile.

Dans son rapport, la Commission observe qu’à l’heure actuelle sa principale difficulté sera d’affiner sa démarche afin d’avoir le plus grand impact possible sur le terrain de façon à ce que le système de consolidation de la paix conçu par les Nations Unies devienne un véritable outil de collaboration internationale au service des pays qui sortent d’un conflit. 

La Commission devra à l’avenir, dit-elle, chercher avant tout à faciliter la poursuite des actions de consolidation de la paix dans les pays considérés et à faire en sorte que toutes les parties concernées remédient aux problèmes et aux carences en temps voulu et de manière cohérente en s’appuyant sur les stratégies intégrées pour la consolidation de la paix. 

La Commission souligne également la nécessité de mettre au point des mécanismes de suivi et de contrôle, en tenant compte des mécanismes déjà en place, afin de mesurer les succès obtenus en ce qui concerne les fonctions de suivi des stratégies intégrées pour la consolidation de la paix.  Elle compte donc renforcer l’efficacité de son action au Burundi et en Sierra Leone en approfondissant le dialogue avec l’ensemble des parties prenantes concernées.

De même, compte tenu du mandat qui lui a été donné d’organe consultatif intergouvernemental entretenant une relation privilégiée avec le Conseil de sécurité, l’Assemblée générale et le Conseil économique et social, la Commission doit décider des meilleurs moyens de collaborer avec ces organes et les mécanismes les plus indiqués pour donner des avis et assurer le suivi.  Il convient, selon elle, de réfléchir davantage à la manière dont elle pourrait intensifier sa coopération avec divers autres organes intergouvernementaux des Nations Unies.  Ces relations renforcées permettront de donner une plus grande visibilité aux travaux de la Commission et d’améliorer la coordination entre les différents organes, ajoutent les auteurs du rapport.

Enfin, la Commission reconnaît qu’elle doit s’efforcer de coopérer davantage avec les organisations régionales et sous-régionales concernées afin de promouvoir l’entreprise de consolidation de la paix dans les pays considérés.  Il est donc essentiel que le Secrétariat collabore avec les secrétariats de ces organisations, affirme la Commission de consolidation de la paix.

Déclarations

M. YUKIO TAKASU (Japon), Président du Comité d’organisation de la Commission de consolidation de la paix, a souligné, après avoir présenté les grandes lignes du rapport annuel de la Commission, que l’architecture de consolidation de la paix des Nations Unies était désormais complètement en place, citant ainsi le Comité d’organisation, les réunions spécialement consacrées à un pays et le Groupe de travail sur les leçons apprises, de même que le Fonds de consolidation de la paix et son Groupe consultatif, et le Bureau d’appui à la consolidation de la paix.  Alors que la Commission entre dans sa deuxième année d’activités, il convient de veiller, a estimé M. Takasu, que celles-ci soient appliquées de façon cohérente et intégrée.  Le Président du Comité d’organisation a également mis l’accent sur la nécessité de renforcer les relations de la Commission avec les institutions et les acteurs pertinents, tels que les organes principaux des Nations Unies, à savoir le Conseil de sécurité, l’Assemblée générale, le Conseil économique et social (ECOSOC), le Secrétariat, les fonds et les programmes du système des Nations Unies, les organisations régionales et sous-régionales, les institutions financières internationales et la société civile.  En outre, M. Takasu a jugé approprié le moment d’ajouter de nouveaux pays à l’ordre du jour de la Commission de consolidation de la paix, et ce, en étroite consultation avec les organes compétents.  Il a également exprimé son intention de travailler de façon plus étroite avec le Conseil de sécurité afin, notamment, d’obtenir des résultats tangibles en faveur des pays et des communautés dans les situations postconflit.  Le Président du Comité d’organisation de la Commission de consolidation de la paix a par ailleurs estimé que tous les efforts seraient entrepris pour améliorer la visibilité du travail de la Commission.  Il a espéré que, dans le même temps, des États Membres se joignent individuellement aux efforts de promotion du travail de la Commission. 

M. VITALY I CHURKIN (Fédération de Russie) a estimé que la Commission de consolidation de la paix avait un grand potentiel et pouvait devenir un instrument clef pour les situations postconflit.  Il a salué le travail important réalisé pour la Commission de consolidation de la paix par faire face aux défis et les lacunes dans le processus de consolidation de la paix en Sierra Leone et au Burundi.  Il a cependant souligné les efforts qu’il restait à accomplir pour mieux coordonner son action avec les autres acteurs de consolidation de la paix.  Il est important d’établir un équilibre entre les responsabilités des États et des partenaires internationaux, a-t-il ajouté.  Le représentant a insisté sur la priorité à donner au dialogue national impliquant toutes les forces politiques du pays et a exprimé son inquiétude à l’égard de la crise politique au Burundi.  L’État et la communauté internationale ne doivent épargner aucun effort pour rétablir le dialogue, a-t-il poursuivi, en saluant les efforts de la médiation sud-africaine et les initiatives régionales de l’Ouganda et la Tanzanie.  Concernant la Sierra Leone, il s’est félicité de la tenue des élections législatives et présidentielles.

Le représentant s’est prononcé pour un renforcement du lien organique entre la Commission de consolidation de la paix et le Conseil de sécurité, en souhaitant un échange d’informations et une meilleure complémentarité entre ces deux organes, parallèlement à une clarification des liens entre la Commission, l’Assemblée générale et le Conseil économique et social (ECOSOC).  Il a estimé que l’inscription de nouveaux candidats à l’ordre du jour de la Commission devait se faire après un débat ouvert et en fonction des besoins des pays concernés.  Il a souligné en conclusion que la Commission de consolidation de la paix n’avait pas été créée comme outil de financement complémentaire, mais que c’était avant tout un organe de coordination.

M. JORGE VOTO-BERNALES (Pérou), qui a réaffirmé que la sécurité, le développement et les droits de l’homme se renforçaient mutuellement, a estimé que les activités de consolidation de la paix devaient commencer avant même le début de l’opération de maintien de la paix, lorsque le niveau de sécurité est suffisant.  Il a mis l’accent sur la nécessité d’identifier les problèmes capitaux relatifs à la consolidation de la paix, liés en général aux causes profondes des conflits, lesquelles peuvent varier d’un pays à un autre.  La formulation d’un Cadre stratégique pour le Burundi constitue, à ses yeux, un progrès notoire vers l’élaboration du projet de stratégie intégrée.  Le représentant s’est félicité également qu’au cours des trois premiers mois, la Commission avait adopté deux démarches capitales: la recherche d’informations précises sur le terrain et le fait que les autorités du pays concerné soient à la base du processus.  Il a par ailleurs souligné l’importance du Fonds de consolidation de la paix et du Bureau d’appui.  La Commission a un long chemin à parcourir concernant le système de surveillance des stratégies prévues, a-t-il ajouté, souhaitant aussi une participation de plus en plus active des sociétés civiles respectives.

M. LUC JOSEPH OKIO (Congo) a estimé que le chantier de la Commission de consolidation de la paix avait commencé avec succès.  Il s’est félicité que l’interaction entre le Conseil de sécurité, l’Assemblée générale et l’ECOSOC n’ait pas eu, comme on aurait pu le craindre, d’effet paralysant, tout en souhaitant une clarification des relations entre ces trois organes qui ont créé la Commission.  De l’avis de sa délégation, le Conseil est le mieux à même d’évaluer les résultats de la Commission dans les deux pays inscrits à son ordre du jour: le Burundi et la Sierra Leone.  Il a appelé le Conseil à tirer la leçon de ces deux expériences réussies, malgré les lacunes, pour définir clairement les critères d’inscription des nouveaux pays à l’ordre du jour de la Commission de consolidation de la paix.  Affichant son soutien à la demande de la Guinée-Bissau, il a souhaité que les procédures soient affinées pour prendre en compte les États qui sont dans une situation de besoin d’assistance réel et urgent.

M. Okio a prôné une coordination plus étroite entre la Commission et les acteurs nationaux et la société civile, aussi bien dans la définition des objectifs que dans l’évaluation des actions entreprises.  Il a également souligné l’importance d’associer les acteurs régionaux, en expliquant que les conflits dans certains pays étaient parfois alimentés par la déstabilisation de certains États voisins.  Il a notamment cité l’enchevêtrement des conflits dans la région des Grands Lacs.  M. Okio a par ailleurs relayé l’appel du Secrétaire général pour que soit atteint l’objectif initial de 250 millions de dollars pour le Fonds de consolidation de la paix, qu’il a qualifié de « mécanisme novateur » pour appuyer les premières phases d’un processus de paix.  Il a souhaité une clarification des processus de décaissement du Fonds et des liens avec la Commission de consolidation de la paix.

M. MARTY M. NATALEGAWA (Indonésie) a estimé que la Commission de consolidation de la paix avait travaillé très dur pour établir l’architecture de consolidation de la paix.  L’architecture de consolidation de la paix est en place et il s’agit désormais de voir comment développer les stratégies sur le terrain, a-t-il souligné.  De l’avis du représentant, les meilleurs résultats peuvent être obtenus sur le terrain grâce à un appui ferme de la part de tous les organes principaux des Nations Unies, des institutions du système des Nations Unies et des autres institutions concernées.  De même, une paix durable ne peut être réalisée sans le développement économique et l’amélioration des capacités d’État, a-t-il ajouté.  Le représentant a également affirmé que l’appropriation nationale était fondamentale, mais ne pouvait être matérialisée que si les priorités postconflit des gouvernements étaient dûment respectées.  Il a jugé par ailleurs que le Conseil de sécurité devrait travailler avec la Commission pour établir une architecture fonctionnelle, complémentaire avec le rôle et les mandats du Conseil.  Il faudrait, a estimé M. Natalegawa, lui donner suffisamment de marge de manœuvre pour qu’elle puisse développer de manière innovante ses positions internationales et recevoir une attention suffisante de la part du public et des médias internationaux.

M. LIU ZHENMIN (Chine) a exprimé les grands espoirs qu’il place dans la Commission de consolidation de la paix, tout en insistant sur les tâches urgentes qui restaient à accomplir.  Il a souhaité que la Commission entretienne des relations étroites avec les différents organes de l’ONU qui ont présidé à sa création.  Il a également appelé la Commission à coordonner ses activités afin d’éviter les chevauchements institutionnels et le gaspillage des ressources.  La Commission de consolidation de la paix doit produire des résultats visibles en Sierra Leone et au Burundi, afin de répondre aux très fortes attentes des populations.

Le représentant a souhaité que les secteurs prioritaires de la Commission de consolidation de la paix ne se limitent pas aux droits de l’homme, à la justice et à la sécurité, mais soient étendus aux questions qui sont au cœur des conflits, à savoir la pauvreté et le sous-développement.  Il a prôné l’établissement de liens étroits entre le Fonds pour la consolidation de la paix et la Commission, même si cette dernière n’est pas un organisme de financement.  Les secteurs prioritaires définis par la Commission de consolidation de la paix doivent bénéficier des financements du Fonds, a-t-il poursuivi, en rappelant les exigences de transparence et de bonne gestion.  Il a estimé que le Conseil de sécurité devrait orienter le travail de la Commission de consolidation de la paix et tenir compte de ses recommandations, en faisant preuve de souplesse.  Il a également invité le Conseil à étudier les demandes d’élargissement à de nouveaux pays de l’ordre du jour de la Commission.

M. MARCELLO SPATAFORA (Italie) a souligné l’importance de conserver une approche réaliste et pragmatique, tout en ayant un ordre du jour ambitieux pour être à la hauteur des attentes exprimées par les dirigeants de la planète lors du Sommet mondial de 2005.  La Commission de consolidation de la paix a pu, selon lui, asseoir sa crédibilité en adoptant des règles et des méthodes de travail, en développant des stratégies de mise en œuvre pour les pays concernés et en rassemblant toutes les parties prenantes autour d’objectifs communs.  Le représentant a regretté que l’Union européenne, qui représente un des bailleurs de fonds les plus importants, et la Jamaïque, en tant que coordonnateur des pays non alignés, ne prennent pas la parole à l’occasion de ce débat.  Il s’est en outre félicité des résultats significatifs obtenus jusqu’à présent par la Commission, mais, a-t-il ajouté, il est important d’aller de l’avant et de relever de nouveaux défis.  La Commission, a-t-il estimé, doit rester ambitieuse et constituer un ordre du jour plus riche.  La Commission de consolidation de la paix pourrait, à ses yeux, devenir un observatoire permanent pour des nouveaux pays potentiels qui sont sur la voie de sortie d’un conflit.  Le représentant a plaidé en faveur d’un travail plus efficace avec le Département des opérations de maintien de la paix, le Bureau d’appui et le reste du système des Nations Unies, pour tenter de régler les situations les plus critiques.  Il convient également de renforcer le dialogue et la coordination parmi toutes les parties prenantes et d’impliquer davantage les institutions financières internationales.  Le représentant a par ailleurs insisté sur la nécessité d’affirmer le rôle stratégique de la Commission en développant et en mettant en œuvre des stratégies de consolidation de la paix intégrées.

M. JEAN-MAURICE RIPERT (France) a estimé que la tenue d’un débat au Conseil de sécurité sur la Commission de consolidation de la paix, une semaine après celui organisé la semaine dernière par l’Assemblée générale, témoignait de la bonne coopération entre la Commission et ses deux parents.  Il a regretté que d’autres acteurs n’aient pas été invités à y prendre part, notamment le Portugal, qui assure actuellement la présidence de l’Union européenne.

Un cap a été franchi, a-t-il déclaré, en rappelant les difficultés dans la mise en place de la Commission de consolidation de la paix, illustration selon lui, de décalages, de rivalités et d’incompréhensions.  Il a noté que la Commission avait étrenné ses activités avec deux pays, le Burundi et la Sierra Leone, inscrits depuis longtemps à l’ordre du jour du Conseil de sécurité.  Si la frontière entre maintien de la paix, prévention des conflits et consolidation de la paix est claire d’un point de vue théorique, elle s’estompe au contact des réalités du terrain, a-t-il ajouté.  Concernant le Burundi, M. Ripert a invité la Commission à passer à la phase opérationnelle et à piloter la mise en œuvre du cadre stratégique établi pendant sa première année d’existence.  Il a souhaité qu’un travail similaire puisse rapidement être accompli en Sierra Leone où, a-t-il noté, un nouveau gouvernement issu d’élections démocratiques vient de se mettre au travail.

La Commission de consolidation de la paix doit désormais atteindre son rythme de croisière, a-t-il dit.  Il a estimé que la question de l’élargissement à de nouveaux pays de l’ordre du jour de la Commission était indissociable de sa montée en puissance.  La France souhaite que la Commission développe ses activités et apporte ses avis au Conseil sur de nouveaux cas a-t-il annoncé, en précisant qu’il n’y avait pas de formule unique, comme l’ont montré les exemples du Burundi et de la Sierra Leone.

M. JOHN SAWERS (Royaume-Uni) a estimé qu’après un an de travail de fond, le temps était propice à l’examen de ce qui a été accompli par la Commission de consolidation de la paix et à une réflexion sur les défis à venir.  La véritable valeur de la Commission sera calculée à l’aune de la valeur qu’elle pourra ajouter aux travaux des autres institutions du système des Nations Unies, a-t-il dit.  Le représentant a plaidé en faveur d’une interaction plus ciblée et plus régulière entre les travaux de la Commission et du Conseil de sécurité.  Il a souhaité, de manière générale, un renforcement des relations de la Commission avec tous les organes pertinents de l’ONU, et un renforcement des relations avec les institutions financières internationales.  La Commission, a-t-il dit, ne doit pas rester statique et son ordre du jour doit être développé.  De même, a estimé M. Sawers, le Bureau d’appui pourrait jouer un rôle plus dynamique pour contribuer à façonner les activités de la Commission de consolidation de la paix.

M. DUSAN MATULAY (Slovaquie) a rappelé les fortes attentes qui ont précédé la mise en place de la Commission de consolidation de la paix, dont l’objectif est de coordonner et de renforcer l’action de tous les participants aux efforts de consolidation de la paix.  L’un des principaux atouts de cet organe est de réunir les acteurs politiques, militaires et de développement, a-t-il dit, en appelant à renforcer la coordination et les relations entre les différents organes de l’ONU, dont le Conseil de sécurité, ainsi qu’avec la société civile.  Constatant que le manque d’aide financière durable était l’une des principales faiblesses des situations postconflit, le représentant s’est félicité de la mise en place, en appui de la Commission, du Fonds de consolidation de la paix, dont il a rappelé qu’il n’était destiné qu’à combler les lacunes de financement des premières étapes postconflit.  Il a enfin salué la mise en place, au sein du Secrétariat, d’un Bureau d’appui.

Le représentant a noté que les premiers pas de la Commission de consolidation de la paix avaient suscité des réactions plutôt positives.  Il a souligné la priorité qui doit être accordée à l’appropriation nationale des stratégies mises en œuvre par la Commission, en insistant sur l’importance de parvenir à des résultats tangibles sur le terrain.  Les pays qui ont besoin d’aide pour se remettre sur pied ne manquent pas, a-t-il constaté, en estimant que la Commission de consolidation de la paix pouvait commencer à étudier l’élargissement de son ordre du jour à d’autres cas, dans la limite de ses possibilités.  

M. JOHAN VERBEKE (Belgique), qui a rappelé le caractère multidimensionnel de la Commission de consolidation de la paix, a jugé important de s’assurer que la stratégie intégrée de consolidation de la paix ne se présente pas comme un cadre de développement additionnel, alternatif, voire compétitif avec des stratégies existantes.  De l’avis de sa délégation, la Commission ne devrait pas s’enfermer dans une mécanique trop rigide.  Pour rester souple, a-t-il dit, elle devrait être en mesure de faire en temps réel des recommandations en fonction des développements sur le terrain comme cela a été le cas pour le Burundi récemment.  Le représentant a en outre estimé important que le Conseil précise, le cas échéant et dans la mesure du possible, ce qu’il attend de la Commission lorsqu’il envisage de la saisir d’un nouveau dossier.  De même, il convient, a-t-il estimé, qu’un pays candidat ait une bonne compréhension de la nature de la Commission et de ce qu’il peut légitimement en attendre.  Le représentant a relevé par ailleurs une source de confusion dans le fait qu’il existe aussi un Fonds de consolidation de la paix dont le rôle n’est pas de se substituer aux donateurs classiques mais de financer des lacunes importantes ou d’opérer comme un fonds catalyseur.

M. RICARDO ALBERTO ARIAS (Panama) a salué le travail réalisé par la Commission de consolidation de la paix dans les deux premiers pays inscrits à son ordre du jour, le Burundi et la Sierra Leone.  Il a cependant cité les défis qui restaient à relever, notamment la définition des méthodes de travail, l’évaluation des progrès et l’implication des organisations régionales.  Le représentant a également souhaité que soient redéfinis les critères d’inscription d’un nouveau pays et que soit élaborée une stratégie de communication afin que les objectifs et les réalisations de la Commission de consolidation de la paix soient connus de tous.  Il a enfin regretté que tous les pays et organisations directement impliqués dans le travail de la Commission n’aient pas été invités à participer au débat, en précisant qu’il aurait été souhaitable qu’ils prennent la parole avant les membres du Conseil de sécurité

M. DUMISANI SHADRACK KUMALO (Afrique du Sud) a regretté que le représentant du Mouvement des pays non alignés n’ait pu participer au débat du Conseil de sécurité.  Pendant sa première année de fonctionnement, sous la direction de l’Angola, la Commission de consolidation de la paix a pu travailler, a-t-il estimé, dans un cadre flexible et établir des relations avec tous ses partenaires et ses composantes.  Le représentant a jugé important que les États membres de la Commission soient la force motrice des activités de la Commission.  De l’avis de M. Kumalo, le Comité d’organisation de la Commission doit rester maître de toutes ses procédures.  La Commission devrait par ailleurs travailler de façon plus concrète et plus pragmatique et apporter une véritable différence sur le terrain, a-t-il poursuivi.  À ses yeux, le succès final du travail de la Commission réside dans la mise en œuvre de ses plans et politiques.  Il a mis l’accent sur la nécessité de maximiser l’impact de la Commission sur le terrain et de s’aligner et de coopérer avec les politiques et stratégies développées par les gouvernements.  Le représentant s’est dit convaincu du fait que les pays concernés puissent assumer l’appropriation réelle et nationale en identifiant les priorités en matière de consolidation de la paix, la Commission ayant, là, un rôle consultatif à jouer.  Le représentant a par ailleurs estimé que le Fonds de consolidation de la paix ne pouvait et ne devait se substituer à l’aide publique au développement.  Son rôle, a-t-il expliqué, est de servir uniquement de passerelle et de catalyseur pour attirer l’aide au développement à long terme pour les pays qui émergent de conflits.

M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER (Qatar) a estimé que le bilan de la Commission de consolidation de la paix, après un an d’existence, allait au delà du soutien financier à un pays, en produisant une vision intégrée pour les situations postconflit.  La Commission de consolidation de la paix n’est pas une institution donatrice mais peut faciliter la mobilisation des donateurs, a-t-il noté.  Il a salué la mise en place d’un Bureau d’appui, rattaché au Secrétariat et d’un Fonds qui a reçu des donations et a commencé à financer des projets.

Il reste des défis à relever, a estimé M. Al-Nasser, en prônant un renforcement de la coordination entre la Commission de consolidation de la paix, le Fonds et le Bureau d’appui.  Il a également souhaité que les pays sortant d’un conflit puissent s’approprier le processus de consolidation de la paix.  Il a par ailleurs salué la participation des bailleurs de fonds aux travaux de la Commission.  Après les premiers succès dans les deux pays examinés, il est normal qu’un plus grand nombre de pays puisse bénéficier de ses services, a estimé le représentant, en appelant à un examen attentif du cas de chaque pays candidat, afin d’évaluer la manière dont il peut profiter au mieux du travail de la Commission. 

Mme JACKIE WOLCOTT SANDERS (États-Unis) a affirmé que son pays était convaincu de l’importance d’une Commission de consolidation de la paix pouvant réussir dans ses travaux.  La Commission, a-t-elle estimé, est potentiellement un élément clef de l’architecture de consolidation de la paix des Nations Unies.  Les États-Unis attendent de voir que des stratégies soient adoptées et mises en œuvre en faveur des peuples du Burundi et de la Sierra Leone, a-t-elle déclaré.  De l’avis de sa délégation, les mécanismes de suivi et de surveillance dans les pays concernés sont très importants.  Elle a, de même, appuyé la création d’un fichier d’experts en utilisant les initiatives existantes en matière de coordination des efforts.  La représentante a indiqué par ailleurs que son pays n’avait pas encore contribué au Fonds de consolidation de la paix, mais qu’il était en train d’examiner la performance de ce Fonds à la fin de la première année.  La représentante a donc souhaité que le Secrétaire général procède à une évaluation indépendante du Fonds de consolidation de la paix, celui-ci devant jouer un rôle catalyseur en mobilisant un appui durable.  La représentante a plaidé en faveur d’un renforcement du rôle de la Commission des relations entre la Commission et le Conseil de sécurité et l’ECOSOC.  Enfin, elle a estimé que la Commission devait se limiter à un ordre du jour réaliste.

M. LESLIE KOJO CHRISTIAN (Ghana) a souligné le caractère unique de la Commission de consolidation de la paix qui, avec le Fonds et le Bureau d’appui, constitue une ossature de consolidation de la paix adaptée à la volonté de réforme des Nations Unies.  Il a estimé que la Commission répondait à une lacune institutionnelle et financière, tout en souhaitant que les enseignements tirés de sa première année d’existence permette d’améliorer son fonctionnement.  Il l’a invitée à devenir plus active pour mobiliser les bailleurs de fonds internationaux et permettre de combler l’écart entre l’objectif initial du Fonds et les contributions annoncées à ce jour.

Le représentant s’est interrogé sur l’évolution de la Commission de consolidation de la paix.  Est-ce que d’autres organes, comme l’ECOSOC, doivent s’occuper de consolidation de la paix pour le relèvement de pays après un conflit?  La Commission doit-elle inscrire à son ordre du jour l’ensemble des pays passant d’un état de guerre à un état de paix, ou ceux qui sont examinés par le Conseil de sécurité?  Le représentant a appuyé la demande de la Guinée-Bissau d’être inscrite à l’ordre du jour de la Commission de consolidation de la paix, en espérant qu’un consensus pourrait être obtenu sur ce cas.  Il a souhaité qu’un élargissement supplémentaire du champ d’action de la Commission ne soit pas exclu.  Le maintien de la paix et la consolidation de la paix ne sont pas exclusifs mais complémentaires, a plaidé M. Christian.  Il a souhaité que la Commission se concentre sur le renforcement des capacités nationales et qu’elle s’attaque parallèlement aux causes des conflits que constituent la pauvreté et le développement inéquitable. 

M. FRANK MAJOOR (Pays-Bas), qui s’exprimait en tant que Président de la réunion spécifique à la Sierra Leone, a indiqué qu’il rentrait de mission de ce pays et qu’il informerait plus tard les membres du Conseil de sécurité de ses résultats.  Cette mission, a-t-il dit, visait à garantir l’engagement continu du nouveau Gouvernement élu de Sierra Leone à l’égard du travail de la Réunion spécifique entrepris au sein de la Commission.  Ceci se réfère particulièrement, a-t-il précisé, aux quatre priorités de consolidation de la paix qui ont été identifiées à la fin de 2006, à savoir la réforme du secteur de la justice et de la sécurité, la bonne gouvernance et la consolidation de la démocratie, l’autonomisation des jeunes et l’emploi et le renforcement des capacités.  M. Majoor a ainsi reconnu la pertinence de la parité entre les sexes et des droits de l’homme comme questions transversales en termes de consolidation et durabilité de la paix en Sierra Leone.  Le nouveau Président élu de Sierra Leone, M. Ernest Koroma, a avalisé ces priorités et les a reflétées dans le discours qu’il a prononcé devant le Parlement le 5 octobre 2007.  Le représentant a souligné que les progrès réalisés au sein de la Commission au cours de sa première année de travail avec la Sierra Leone avaient été largement déterminés par les élections parlementaires et présidentielles qui se sont tenues dans le pays ces deux derniers mois.  De l’avis du représentant, ces élections, qui se sont déroulées dans l’ensemble de manière pacifique et ont vu un taux de participation important, peuvent être considérées comme une référence dans le processus démocratique du pays.

M. JOHAN LOVALD (Norvège) a salué les progrès considérables de la Commission de consolidation de la paix, notamment dans le cas du Burundi, dont il a eu la charge.  C’est à ce titre, a-t-il expliqué, qu’il a été invité à participer au débat du Conseil de sécurité.  Soulignant l’importance de l’appropriation nationale, il a félicité le Gouvernement et le peuple burundais pour leur participation active à la consolidation de la paix.  Après avoir identifié les priorités, la deuxième année de travail de la Commission va être consacrée à leur mise en œuvre, a-t-il poursuivi, en rappelant que la mobilisation des ressources était cruciale, compte tenu de la situation budgétaire particulièrement précaire du Burundi.

Au Burundi, il n’y a pas de développement sans sécurité, ni de sécurité sans développement, a affirmé M. Lovald.  Il a demandé au Gouvernement burundais de régler ses divergences avec le PALIPEHUTU-FNL, qui a lui-même été prié de reprendre sa participation au Gouvernement.  Saluant les efforts de l’Initiative régionale et du Facilitateur sud-africain, le représentant a lancé un appel à les soutenir et a invité le Conseil de sécurité à prendre les mesures concrètes qu’il juge appropriées, pour résoudre cette question particulièrement préoccupante. Le peuple du Burundi a besoin de vivre en paix, pour pouvoir s’attaquer à d’autres défis comme la stabilisation politique et le développement économique, a-t-il ajouté, en affirmant que la contribution concrète du Conseil de sécurité serait opportune et précieuse.

M. JOE ROBERT PEMAGBI (Sierra Leone) a affirmé que son pays avait eu la chance de devenir l’un des deux premiers États sur lequel s’est penchée la Commission de consolidation de la paix.  Le premier rapport de la Commission, a-t-il dit, est une torche qui va éclairer la voie de la Sierra Leone vers l’avenir.  Il faut s’enorgueillir, selon lui, des réalisations de la Commission au cours de sa première année d’existence.  Avec tolérance et compréhension, mais aussi avec douleur, la Sierra Leone a pu avancer vers la paix et la guérison, a-t-il souligné.  Le représentant s’est dit fier de la tenue récente d’élections parlementaires et présidentielles qui représentent une fondation importante sur la voie de la paix durable et du processus de démocratisation.  Il a ainsi remercié les Nations Unies et tous leurs partenaires bilatéraux et multilatéraux pour leur appui. 

Le représentant a en outre indiqué que si le travail sur le document du cadre de coopération entre la Sierra Leone et la Commission de consolidation de la paix avait été ralenti en raison des élections, celui-ci serait désormais accéléré pour aboutir à des conclusions permettant la mise en œuvre du programme.  Il a également estimé que l’appropriation nationale, tant en principe qu’en pratique, devait constituer la base des réalisations de la Commission.  De même, de l’avis de M. Pemagbi, la question des ressources doit être au premier plan des activités de la Commission.  La Commission de consolidation de la paix doit aussi examiner la question des relations avec les travaux du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale tout en respectant les fonctions dévolues par la Charte de l’ONU à chacun de ces organes.  Il a enfin souligné la nécessité de réfléchir à la façon dont la Commission pourrait conseiller le Conseil de sécurité sur plusieurs questions, par exemple dans l’établissement après les conflits de nouveaux bureaux intégrés des Nations Unies ou dans le développement de mandats de maintien de la paix. 

M. JOSEPH NTAKIRUTIMANA (Burundi) a expliqué qu’après 40 ans de mauvaise gouvernance et plus de 10 ans de guerre fratricide, son pays s’était récemment doté de nouvelles institutions: Assemblée nationale, Sénat, armée, police nationale, qui doivent tous être opérationnels.  Tous les pays doivent renaître, grandir, se stabiliser et se développer, a-t-il dit, ajoutant qu’avec la Commission de consolidation de la paix, son pays arrivait au bout d’une année utile, laborieuse et couronnée de succès.  Il a expliqué que la Commission avait d’abord dû connaître le Burundi, grâce à de nombreux aller et retour entre New York et Bujumbura.  Elle a ensuite identifié les priorités, puis a élaboré un cadre stratégique, dont le mécanisme de suivi est en cours de finalisation, a-t-il poursuivi.  Il a également cité le succès de la table ronde des bailleurs de fonds et des partenaires en développement du Burundi, qui s’est tenue les 24 et 25 mai dernier.

Le représentant a précisé que les projets identifiés par la Commission de consolidation de la paix étaient actuellement en cours d’exécution.  Nous voulons une paix totale et définitive sur le territoire burundais, a-t-il déclaré, en appelant le Conseil de sécurité à soutenir fermement la médiation sud-africaine et l’Initiative régionale menée par l’Ouganda.  Il a affirmé que son Gouvernement ne disposait d’aucun agenda caché pour mettre à mal le processus de paix.  Les combattants du PALIPEHUTU-FNL sont nos voisins, nos frères, nous sommes prêts à les accueillir, a-t-il affirmé.  Il a indiqué que plus de 1 400 ex-combattants venaient de déserter et il a sollicité le soutien de la communauté internationale pour leur apporter une aide alimentaire.

« La paix sans pain ne mène nulle part », a déclaré le représentant, en déplorant que les engagements pris lors de la table ronde des donateurs n’aient pas été tenus.  Il a invité le Conseil de sécurité et la Commission de consolidation de la paix à conjuguer leurs efforts pour que les promesses deviennent réalité.  Il a proposé quatre pistes pour améliorer le travail de la Commission: la priorité donnée à l’appropriation nationale ; la nécessité d’un cadre transparent, flexible et inclusif; la collaboration étroite avec l’Assemblée générale, le Conseil de sécurité, l’ECOSOC, les institutions financières internationales et les organisations régionales; la poursuite du dialogue avec tous les acteurs intéressés, donateurs, pays bénéficiaires et différents organes de l’ONU.  Il a estimé que la réussite du Burundi sera celle du Conseil de sécurité et de la Commission de consolidation de la paix.  « Si nous réussissons, nous réussirons ensemble, si nous échouons, nous échouerons ensemble », a-t-il conclu.

Mme MARIA GALLARDO HERNANDEZ (El Salvador) a affirmé que tout au long de la première année d’activités de la Commission de consolidation de la paix, les réalisations de celles-ci permettaient d’être optimiste, même si de nombreux défis sont attendus.  La représentante a estimé que la communauté internationale attendait une contribution visible de la Commission.  Chaque processus de consolidation de la paix, a-t-elle souligné, a ses propres caractéristiques et les succès dépendent de la volonté politique des acteurs nationaux.  La représentante a par ailleurs mis l’accent sur la nécessité de réfléchir à la mise en œuvre d’une mémoire historique visant à assurer une meilleure efficacité de la participation des Nations Unies dans les activités de consolidation de la paix.  Elle a jugé essentiel qu’après un conflit armé, il y ait une volonté commune pour établir des priorités à court et à moyen termes et d’agir en fonction de ces priorités.  Aucune région n’est épargnée par l’apparition d’éventuels conflits, a-t-elle également fait remarquer, insistant sur l’attention que la Commission doit porter sur l’équilibre géographique dans les pays considérés.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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