M. IBRAHIM GAMBARI INFORME LE CONSEIL DE SÉCURITÉ QUE LES AUTORITÉS DU MYANMAR SONT PRÊTES À RENCONTRER AUNG SAN SUU KYI SOUS CERTAINES CONDITIONS

5 octobre 2007
CS/9136

M. IBRAHIM GAMBARI INFORME LE CONSEIL DE SÉCURITÉ QUE LES AUTORITÉS DU MYANMAR SONT PRÊTES À RENCONTRER AUNG SAN SUU KYI SOUS CERTAINES CONDITIONS

5/10/2007
Conseil de sécurité
CS/9136
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

5753e séance – matin

M. IBRAHIM GAMBARI INFORME LE CONSEIL DE SÉCURITÉ QUE LES AUTORITÉS DU MYANMAR SONT PRÊTES À RENCONTRER AUNG SAN SUU KYI SOUS CERTAINES CONDITIONS

Les États-Unis prévoient des sanctions si le régime ne coopère pas, tandis que la Chine invite le Conseil à adopter une attitude prudente et responsable

Le Conseiller spécial du Secrétaire général, M. Ibrahim Gambari, de retour d’une visite de quelques jours au Myanmar où il assurait une mission de bons offices, a informé, ce matin, les membres du Conseil de sécurité, de l’annonce faite hier par le principal dirigeant du pays, le général Than Shwe, de rencontrer, sous certaines conditions, l’opposante et lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi.  Si les États-Unis se sont déclarés prêts à proposer des sanctions au cas où le régime ne coopérait pas avec la communauté internationale, la Chine a plutôt invité le Conseil à agir avec prudence et de manière responsable.

Le représentant du Myanmar, pour qui la situation est revenue à la normale dans son pays, a confirmé cette annonce, précisant que le Chef de l’État accepterait cette rencontre si Aung San Suu Kyi renonçait à son attitude d’affrontement et d’obstruction.  Il ajouté que M. Gambari serait à nouveau invité à se rendre au Myanmar au mois de novembre.

Le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, s’est félicité de ce résultat important obtenu par M. Gambari, souhaitant que la réunion entre le général Than Shwe et Aung San Suu Kyi se tienne au plus vite.  Un dialogue politique sérieux et global entre le Gouvernement du Myanmar et l’opposition est indispensable, a-t-il estimé.  Jugeant « ignoble » et inadmissible le recours à la force contre des manifestants pacifiques, M. Ban a exhorté les autorités du Myanmar à prendre des mesures audacieuses en faveur de la démocratisation et du respect des droits de l’homme.

M. Ban Ki-moon a fait remarquer qu’il était encore prématuré de dire si la mission de son Envoyé spécial est un succès ou un échec mais une avancée est possible, a-t-il estimé, précisant que la perspective d’un Myanmar démocratique et prospère nécessitait un engagement de l’ONU, avec le soutien actif de la communauté internationale et d’un Conseil de sécurité uni.

M. Gambari a dressé, devant le Conseil de sécurité, un compte rendu de la mission qu’il a effectuée au Myanmar du 29 septembre au 2 octobre; une visite, a-t-il rappelé, qui poursuivait trois objectifs: une évaluation de la situation sur le terrain à la suite des manifestations récentes, la transmission de messages clairs du Secrétaire général aux autorités du Myanmar, et la promotion d’un dialogue entre le Gouvernement et l’opposition en vue de tenter de mettre un terme à la crise actuelle et de parvenir à la réconciliation nationale.

Selon M. Gambari, les autorités du Myanmar, ont annoncé, comme mesures immédiates, un assouplissement du cessez-le-feu à Yangon et à Mandaly.  Le Gouvernement l’a également informé qu’à ce jour, les 2 095 personnes arrêtées lors des manifestations avaient été relâchées, dont 728 moines, et que d’autres libérations suivraient.  Si ces décisions méritent d’être saluées, des mesures supplémentaires doivent être prises, a-t-il affirmé.

M. Gambari a affirmé avoir encouragé le Gouvernement du Myanmar à réaliser des progrès tangibles en vue de la libération de tous les prisonniers politiques, y compris ceux arrêtés lors des manifestations récentes; de la promotion d’un processus de réconciliation nationale inclusif; d’une coopération totale avec les organisations humanitaires; de la cessation des hostilités dans les zones de conflit; et du maintien de la coopération avec l’Organisation internationale du Travail (OIT).

Le représentant des États-Unis, qui s’est dit choqué par la répression brutale à laquelle s’est livré le « régime de la Birmanie » contre son propre peuple, a invité le Conseil de sécurité à ne pas rester silencieux.  Une opportunité existe pour parler à la place du « peuple birman » et il est essentiel de le faire, a-t-il ajouté.  Il a ainsi assuré que les États-Unis, si les « autorités birmanes » ne montrent pas une attitude constructive, proposeraient au Conseil le vote de sanctions telles qu’un embargo sur les armes.

Pour son homologue de la France, le devoir du Conseil de sécurité est de faire comprendre que les « autorités birmanes » en place ne pourront rester au pouvoir par le règne de la terreur et de l’arbitraire.

La « situation en Birmanie ne constitue pas seulement un affront pour le monde, mais présente également une menace pour la stabilité au-delà des frontières du pays », a constaté de son côté l’Ambassadeur du Royaume-Uni.  C’est à ce titre, a-t-il poursuivi, que les Nations Unies et le Conseil de sécurité doivent être impliqués.

Ces trois pays, comme d’autres membres du Conseil de sécurité, ont demandé la libération de tous les prisonniers politiques, y compris celle, sans condition, d’Aung San Suu Kyi, assignée à résidence.

Le représentant de la Chine a proposé, pour sa part, au Conseil de sécurité, d’adopter une approche prudente et responsable.  Les pressions n’aideront pas à trouver une solution, mais ne feront que conduire à la confrontation et à la rupture du dialogue entre le Myanmar et les Nations Unies, a-t-il jugé.

Pour le représentant de Singapour, pays qui préside actuellement l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ANASE), il convient de ne pas tomber dans le piège de la simplification excessive.  Le Myanmar n’est pas un État homogène, a-t-il expliqué, en évoquant les nombreux groupes armés opposés au pouvoir central.  Cela ne doit pas être une excuse pour retarder les progrès, mais il faut faire preuve de prudence et éviter d’avoir une « Yougoslavie en Asie du Sud-Est », a-t-il souligné.

Les représentants du Royaume-Uni, de l’Indonésie, de la Chine, de la France, de la Belgique, de l’Afrique du Sud, de la Slovaquie, des États-Unis, du Qatar, de l’Italie, du Panama, de la Fédération de Russie, du Ghana, du Myanmar et de Singapour (au nom de l’ANASE), ont pris la parole.

LA SITUATION AU MYANMAR

Déclarations

M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a indiqué avoir demandé à son Conseiller spécial, M. Ibrahim Gambari, de transmettre des messages très clairs de sa part aux autorités du Myanmar.  Il s’est dit profondément préoccupé par les événements récents et les informations selon lesquels la répression continue.  Le recours à la force contre des manifestants pacifiques est odieux et inadmissible, a-t-il déclaré.  Il a fait part de sa satisfaction après l’annonce d’un retrait de certaines forces militaires et d’un assouplissement du dispositif sécuritaire, mais s’est dit très préoccupé par le sort du nombre élevé de personnes arrêtées en dehors de toute procédure régulière et a demandé leur libération.

Le Secrétaire général a exhorté les autorités à prendre des mesures audacieuses en faveur de la démocratisation et du respect des droits de l’homme.  Il a souhaité la relance du processus réconciliation nationale sur une base large.  Un dialogue politique sérieux et global entre le Gouvernement et l’opposition est indispensable, a-t-il estimé.  Le Secrétaire général s’est félicité du résultat important obtenu par M. Gambari après l’annonce d’une rencontre prochaine entre le général Than Shwe et Aung San Suu Ki et a souhaité que cette réunion se tienne au plus vite.

Il est encore prématuré pour dire si la mission de M. Gambari est un succès ou un échec, a déclaré M. Ban, en estimant qu’une avancée était possible.  La perspective d’un Myanmar démocratique et prospère nécessite un engagement de l’ONU, avec le soutien actif de la communauté internationale, a-t-il poursuivi.  Le Secrétaire général a estimé qu’un Conseil de sécurité uni pourrait jouer un rôle important pour appuyer les efforts en cours des Nations Unies.  Il a par ailleurs remercié l’ANASE et a espéré que ses pays membres resteraient activement engagés pour contribuer à améliorer la situation au Myanmar.

M. IBRAHIM GAMBARI, Conseiller spécial du Secrétaire général, qui rendait compte de la mission qu’il a effectuée au Myanmar du 29 septembre au 2 octobre, a rappelé que celle-ci poursuivait trois objectifs principaux: évaluer la situation sur le terrain à la suite des manifestations récentes; adresser des messages clairs du Secrétaire général aux autorités les plus hautes du Myanmar; tenter de promouvoir un dialogue entre le Gouvernement et l’opposition comme meilleure voie visant à mettre un terme à la crise actuelle et parvenir à la réconciliation nationale.  M. Gambari a indiqué aux membres du Conseil avoir rencontré le Président du Conseil d’État paix et développement, le général Than Shwe, Aung San Suu Kyi, ainsi que le Premier Ministre par intérim, le général Thein Sein, et d’autres membres du Gouvernement.  Il a néanmoins précisé que, malgré des demandes répétées, il n’avait pas été en mesure de rencontrer des interlocuteurs pertinents, comme les représentants des moines et des étudiants de Génération 88.  M. Gambari a souligné que les conditions dans lesquelles sa mission s’est déroulée, de même que sa durée, étaient telles que toute évaluation de la situation sur le terrain était forcément limitée.  Au cours de la semaine qui a précédé la mission, les tensions se sont accélérées à cause d’une répression violente de la part des autorités contre les manifestants pacifiques, a-t-il expliqué, soulignant que les informations fournies par le Gouvernement faisaient état d’une douzaine de morts, y compris un journaliste japonais, de plusieurs dizaines de blessés et de plus de 2 000 arrestations.  Selon des informations non confirmées, le bilan des victimes est beaucoup plus lourd, a-t-il précisé.

Lors de ses discussions avec les responsables gouvernementaux, ceux-ci lui ont indiqué que les manifestations étaient l’initiative d’une minorité d’éléments d’opposition, soutenus de l’étranger, qu’elles étaient limitées à Yangon et à Mandalay, tandis que le reste du pays demeurait calme.  Les autorités lui ont également assuré avoir fait preuve de la plus grande retenue en tentant de régler la situation et que la plupart des personnes arrêtées pouvaient espérer être libérées peu après les enquêtes et les interrogatoires.  Il apparaît toutefois évident, de l’avis de M. Gambari, que les manifestations de ces dernières semaines sont dues, pour la plupart, à l’expression d’un profond et large mécontentement concernant les conditions sociales et économiques dans le pays.  Bien que les manifestations aient coïncidé avec la décision soudaine du Gouvernement du Myanmar, le 19 août, d’augmenter fortement le prix du carburant, les marches des moines à travers le pays semblent avoir contribué à donner à ce mouvement de protestation un caractère clairement politique, a-t-il observé.

Concernant le deuxième objectif de sa mission, M. Gambari a indiqué avoir, au nom du Secrétaire général, transmis directement au plus haut niveau des autorités birmanes des messages clairs et forts.  Le premier message visait à définir le contexte intérieur, régional et international dans lequel s’effectuait cette mission, laquelle recevait un soutien clair et fort de la part des pays voisins du Myanmar, de l’Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE) et du Conseil de sécurité.  Il s’agissait ensuite, a-t-il poursuivi, d’exprimer la profonde inquiétude du Secrétaire général et de la communauté internationale face aux événements récents et de faire des recommandations spécifiques en vue de mesures immédiates pour atténuer les tensions, ce qui signifie, a-t-il précisé, la fin des raids de nuit et des arrestations pendant le couvre-feu, la levée dès que possible du couvre-feu, la libération de toutes les personnes arrêtées pendant les manifestations, la garantie de l’accès aux cliniques pour les blessés pendant les manifestations et de l’accès du Comité international de la Croix Rouge (CICR) aux personnes détenues, le retrait des rues de l’armée, le respect des droits de l’homme et de l’état de droit, et la cessation immédiate des raids menés contre les monastères.  Il s’agissait enfin de mettre l’accent sur la nécessité de s’attaquer sans délai aux causes sociales et économiques des manifestations grâce à des mesures spécifiques à moyen et à long terme et à un dialogue entre toutes les parties prenantes. 

L’Envoyé spécial a affirmé avoir encouragé le Gouvernement à réaliser des progrès tangibles en vue de la libération de tous les prisonniers politiques, y compris ceux qui ont été arrêtés lors des manifestations récentes, de la promotion d’un processus de réconciliation nationale inclusif, d’une coopération totale avec les organisations humanitaires, la cessation des hostilités dans les zones de conflit, y compris dans l’État de Kayin, et le maintien de la coopération avec l’Organisation internationale du Travail (OIT).  Selon M. Gambari, les autorités ont, comme mesures immédiates, annoncé un assouplissement du cessez-le-feu à Yangon et à Mandaly.  Des informations font état d’une présence militaire plus réduite dans les rues, a-t-il dit.  En outre, le Gouvernement l’a informé qu’à ce jour, 2 095 personnes arrêtées lors des manifestations avaient été relâchées, dont 728 moines, et que d’autres libérations suivraient.  Il convient de saluer ces mesures, mais des mesures supplémentaires doivent être prises. 

Dans le cadre du troisième objectif de sa mission, M. Gambari s’est dit encouragé, avec prudence, par l’annonce faite hier par le général Than Shwe selon laquelle il est prêt à rencontrer Aung San Suu Kyi, mais sous certaines conditions.  Il s’est félicité de cette avancée potentielle qui appelle à une souplesse maximum de tous les côtés, a-t-il considéré, espérant que cette rencontre ait lieu le plus tôt possible.  Elle constituerait, à ses yeux, une première étape nécessaire pour surmonter le niveau élevé de méfiance entre les deux parties. 

Il existe une occasion historique pour le Myanmar, a affirmé l’Envoyé spécial, qui estime que la responsabilité de l’avenir du pays incombait en dernier ressort au Gouvernement et au peuple du Myanmar.  Le Gouvernement doit savoir que le monde a besoin d’un Myanmar pacifique, prospère et démocratique qui peut contribuer au développement de la région et jouer un rôle utile au sein de la communauté internationale.  Au cours de ces deux dernières années, le Myanmar a manifesté une plus grande ouverture et une plus grande coopération avec les Nations Unies et la communauté internationale, a-t-il dit.  Il est temps pour les autorités du Myanmar de faire des choix audacieux démontrant que ces efforts n’ont pas été vains et que le Myanmar est prêt à établir un partenariat avec la communauté internationale en réalisant des progrès tangibles dans les domaines qui préoccupent la communauté internationale, a-t-il ajouté.  M. Gambari a estimé, enfin, qu’une mission seule ne pouvait contribuer à régler les défis fondamentaux que doit résoudre le Myanmar aujourd’hui.  Faire progresser la réconciliation nationale, la démocratisation et le plein respect des droits de l’homme exigent un engagement soutenu de la part des Nations Unies, notamment à travers les bons offices du Secrétaire général, avec le soutien actif des voisins du Myanmar, les pays de l’ANASE et la communauté internationale, y compris un Conseil de sécurité uni, a conclu M. Gambari.

Le monde entier a été choqué par les images en provenance de « Birmanie », a déclaré M. JOHN SAWERS (Royaume-Uni), en décrivant des personnes prêtes à risquer leur vie pour faire entendre leur voix, et la brutalité d’un régime qui matraque et tue des manifestants pacifiques, y compris des moines bouddhistes, et procède à des arrestations arbitraires.  Il s’est dit très préoccupé par les informations données par M. Gambari sur la poursuite des violations des droits de l’homme.

Malgré la censure imposée par le régime, le monde entier a été témoin de ces événements, a-t-il répété, et en a été choqué et scandalisé.  Estimant que tout retour en arrière était impossible après la démonstration du désir de changement exprimé par le peuple birman, il a affirmé que la situation en « Birmanie » ne constituait pas seulement un affront pour le monde, mais présentait une menace pour la stabilité au-delà des frontières du pays.  C’est à ce titre, a-t-il poursuivi, que les Nations Unies et le Conseil de sécurité doivent être impliqués. 

M. Sawers a indiqué qu’il fallait tout d’abord présenter des exigences communes au régime: la fin immédiate de l’usage de la force, la libération immédiate d’Aung San Suu Kyi et de tous les autres prisonniers politiques, et le lancement d’un nouveau processus de réconciliation nationale sincère et inclusif qui permette la transition du Myanmar vers la démocratie.  Il a indiqué avoir entendu les récentes déclarations du régime, ajoutant que le véritable test serait sa disponibilité à travailler avec l’opposition.  Les dirigeants birmans seront jugés sur la base des résultats, a-t-il prévenu.  Il a souhaité que le Conseil de sécurité appuie unanimement le Secrétaire général et son Envoyé spécial qui, a-t-il dit, devrait pouvoir retourner en « Birmanie » très prochainement pour maintenir l’impulsion.

Tous ceux qui ont une influence sur le régime birman devraient également jouer leur rôle, a-t-il déclaré, en se félicitant du message sans ambiguïté de l’ANASE et en saluant le rôle de la Chine pour faciliter la visite de M. Gambari.  Les autorités birmanes doivent savoir qu’elles ne bénéficieront d’aucun appui si elles poursuivent sur la voie actuelle.  Le représentant du Royaume-Uni a déploré que les immenses ressources naturelles et humaines de la « Birmanie » aient été gaspillées depuis quarante ans par un régime corrompu.  Il a estimé que le monde était prêt à aider le pays à retrouver la place qui lui revient sur la scène internationale.

M. MARTY NATALEGAWA (Indonésie) a affirmé que la décision des autorités du Myanmar d’autoriser la visite de l’Envoyé spécial du Secrétaire général était un geste encourageant.  Cet esprit doit être promu, a-t-il dit.  Le représentant a lancé un appel aux autorités du Myanmar pour qu’elles évitent le recours à la force, recherchent des solutions politiques, reprennent le processus de réconciliation nationale avec toutes les parties, libèrent tous les prisonniers politiques, y compris Aung San Suu Kyi.  De l’avis du représentant, les événements tragiques au Myanmar ont des conséquences graves pour la crédibilité et la réputation de l’ANASE.  Il est difficile d’avancer si un membre n’arrive pas à épouser les valeurs communes du groupe, a-t-il estimé.  M. Natalegawa a appuyé les efforts du Secrétaire général visant à créer un climat favorable pour tenter de régler pacifiquement la crise actuelle.  Il a lancé un appel au Gouvernement du Myanmar pour qu’il fasse preuve de retenue et cherche à remplacer le climat de peur par un dialogue véritablement inclusif.  Il s’est également félicité de l’intention exprimée par les autorités de rencontrer Aung San Suu Kyi, espérant que cela constitue une première étape vers la réconciliation nationale.

M. WANG GUANGYA (Chine) a expliqué que son pays, qui partage 2 000 kilomètres de frontières et une longue histoire commune avec le Myanmar, souhaitait, au moins autant que de nombreux autres, voir son voisin jouir de la stabilité politique, de la prospérité économique, de l’harmonie sociale et de progrès démocratiques.  Il a noté que, depuis fin septembre, le Myanmar avait connu quelques troubles, qui ont sérieusement perturbé la vie normale de sa population.  À plusieurs reprises, la Chine, qui suit la situation de très près, a appelé toute les parties concernées à faire preuve de retenue et à rétablir la stabilité par des moyens pacifiques, a-t-il déclaré, ajoutant que la stabilité du Myanmar était dans l’intérêt, non seulement de sa population, mais aussi de la région Asie-Pacifique et, plus largement, du monde.  Sur ce point, la Chine partage la même préoccupation que le reste de la communauté internationale, a-t-il poursuivi. 

Affirmant son soutien à la mission de bons offices du Secrétaire général, M. Wang a estimé que la visite de M. Ibrahim Gambari était un pas dans la bonne direction et s’est félicité de la nouvelle invitation qui lui a été adressée par les autorités de Myanmar pour la mi-novembre.  Il a cependant rappelé que cette mission de bons offices était un processus graduel et ne pouvait pas se limiter à une ou deux missions.  De l’avis du représentant, toute action du Conseil de sécurité devrait avoir pour objectif de faciliter la mission du Secrétaire général, plutôt que de saper la confiance mutuelle qui a été établie.

M. Wang a estimé que la situation au Myanmar s’était récemment apaisée et ne présentait pas de menace pour la paix et la sécurité régionales et internationales.  L’avenir du Myanmar, a-t-il fait remarquer, est entre les mains de son peuple et de son Gouvernement.  Il a dit comprendre que le monde extérieur exprime sa préoccupation, tout en affirmant que les pressions n’aideraient pas à trouver une solution, mais ne feraient que conduire à la confrontation et à la rupture du dialogue entre Myanmar et les Nations Unies.  C’est pourquoi, il a invité le Conseil de sécurité à adopter une approche prudente et responsable.  Si la situation se dégrade à nouveau à cause d’une intervention extérieure c’est le peuple qui en pâtira, a-t-il conclu, en saluant le rôle positif que joue l’ANASE, et en assurant le Conseil que la Chine continuera à travailler avec la communauté internationale pour résoudre la question du Myanmar.

M. JEAN-PIERRE LACROIX (France) a affirmé qu’une chape de plomb s’était abattue sur la « Birmanie » depuis dix jours.  La répression brutale menée par l’armée et la police a déjà coûté la vie à de très nombreuses personnes, a-t-il dit, ajoutant que la France condamnait avec la plus grande vigueur le recours à la violence à l’encontre de manifestants pacifiques.  C’est pourquoi, a-t-il ajouté, la France a décidé, avec ses partenaires de l’Union européenne, de renforcer les mesures de sanctions ciblées mises en place à l’encontre des dirigeants birmans.  Il s’est déclaré extrêmement préoccupé quant au sort des nombreux prisonniers et disparus.  Les dirigeants birmans doivent savoir qu’ils seront tenus responsables du sort de ces personnes, a-t-il assuré.  Dans ce contexte dramatique, la France réitère son appel pressant aux autorités pour qu’elles libèrent immédiatement les personnes incarcérées pour avoir exercé pacifiquement leurs droits d’expression et de réunion, a-t-il déclaré.

La France, a poursuivi M. Lacroix, exige une nouvelle fois la libération sans conditions d’Aung San Suu Kyi et demande instamment que le Comité international de la Croix Rouge (CICR) soit autorisé sans délai à accéder aux prisons birmanes.  Le peuple birman peut être assuré du soutien de la communauté internationale, a-t-il déclaré.  De l’avis du représentant de la France, le Conseil de sécurité ne saurait seul rester silencieux.  Son devoir, a-t-il dit, est de faire comprendre que les autorités birmanes en place ne pourront rester au pouvoir par le règne de la terreur et de l’arbitraire.  Il a souligné la nécessité de délivrer un message d’espoir au peuple birman en aidant le Secrétaire général à fixer des perspectives d’avenir.  Ces perspectives sont celles d’une véritable réconciliation nationale et d’une transition vers la démocratie, a-t-il précisé.  Le représentant a réitéré le plein appui de la France à la mission de bons offices conduite par M. Gambari, souhaitant que celui-ci puisse se rendre à nouveau au Myanmar dans les plus brefs délais.  Le représentant a espéré que l’intention exprimée par la direction birmane de rencontrer Aung San Suu Kyi ne constitue pas une nouvelle manœuvre destinée à gagner du temps.

M. JOHAN VERBEKE (Belgique) a déclaré que l’ampleur des manifestations en « Birmanie » a démontré combien l’absence de dialogue s’avère intenable à long terme.  Le mouvement des moines et de la population auquel nous avons assisté depuis le 19 août dernier était en effet unique par son ampleur et son étendue dans l’ensemble du pays.  La Belgique condamne la répression brutale de ces manifestations non violentes.  Elle se dit, en outre, inquiète des nombreuses arrestations au cours de ces dernières semaines, et demande instamment au Gouvernement du Myanmar de procéder à la libération de personnes qui n’ont fait qu’user de leur droit fondamental à la liberté d’expression et d’association.

La Belgique veut faire comprendre que la répression des droits fondamentaux ne peut être aucunement tolérée, en espérant par ailleurs que des progrès dans la démocratisation et le respect des droits de l’homme nous permettent d’inverser le cours des choses.  Le rôle des pays de la région, et notamment des voisins, est dans ce cadre essentiel, a souligné M. Verbeke, en saluant la déclaration faite par la présidence de l’ANASE le 27 septembre.  Le représentant a insisté sur la nécessité de lancer incessamment un dialogue politique inclusif, d’ouvrir la voie vers une réelle démocratisation dans le plein respect des droits fondamentaux, et   de libérer immédiatement et sans conditions, les personnes arrêtées au cours de ces derniers jours, tous les prisonniers politiques, et en premier lieu Daw Aung San Suu Kyi.

M. BASO SANGQU (Afrique du Sud) a salué les efforts continus de M. Gambari depuis qu’il a été nommé Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Myanmar.  Il a fait part de sa très grande préoccupation face aux événements récents, en affirmant qu’une solution à long terme ne pouvait dépendre que d’une solution politique négociée.  Il a exhorté les autorités du Myanmar à faire preuve de retenue et à s’abstenir de tout autre acte qui pourrait détériorer la situation.  Il s’est par ailleurs félicité de la position commune adoptée par le Conseil des droits de l’homme.

M. PETER BURIAN (Slovaquie) s’est déclaré préoccupé par la détérioration de la situation au Myanmar.  Il a condamné l’action répressive et violente des dirigeants militaires contre les manifestations civiles pacifiques qui ont commencé le mois dernier.  Il s’est dit choqué et horrifié d’apprendre que des manifestants ont été tués et d’autres grièvement blessés, tout en exprimant sa profonde inquiétude quant au sort de centaines de militants et de civils qui ont été emprisonnés ou ont disparu.  M. Burian a appelé les autorités du Myanmar à cesser immédiatement toutes hostilités et abus des droits de l’homme contre ses propres citoyens, à libérer les manifestants détenus et les prisonniers de conscience, y compris Aung San Suu Kyi, et à entamer un processus politique de transformation et de réconciliation nationale.  Il a souligné que le Myanmar avait un passif lourd en matière de violations des droits de l’homme, dont le recrutement d’enfants soldats, le travail forcé et la torture.

Si cette violence et ces violations des droits de l’homme continuent, la situation au Myanmar pourrait se transformer en un dangereux conflit interne avec des conséquences terribles et imprévisibles pour toute la région, a-t-il prévenu.  Le représentant de la Slovaquie a appelé le Gouvernement du Myanmar à coopérer pleinement avec les Nations Unies pour faire face à la situation humanitaire et politique dans le pays et mettre en œuvre la Feuille de route.  La Slovaquie appuie fermement le rôle et les efforts des partenaires régionaux afin d’aider le Myanmar à répondre à la situation.  Enfin, il s’est dit convaincu que le Conseil de sécurité devrait prendre les mesures appropriées pour faire face à cette situation, en envisageant une nouvelle stratégie qui facilitera la réconciliation nationale et une véritable transition démocratique au Myanmar.

M. ZALMAY KHALILZAD (États-Unis) a appuyé la mission de bons offices conduite par M. Ibrahim Gambari.  Les États-Unis, a-t-il dit, sont choqués par la répression brutale à laquelle s’est livrée le régime birman contre son propre peuple.  Il a ainsi fait référence à des meurtres d’enfants, de femmes, d’étudiants, de moines, de religieuses, et même, a-t-il précisé, le meurtre de personnes participant à des manifestations pacifiques.  Tout cela est inadmissible et devrait être également inadmissible pour les pays qui ont une influence sur la « Birmanie » et dans la région, a-t-il déclaré.  La répression brutale se produit aujourd’hui loin des caméras, a-t-il assuré, précisant qu’il était difficile désormais de vérifier la situation sur le terrain.  De l’avis de sa délégation, l’impact de cette répression violente se fait ressentir dans l’ensemble de la région.  Les événements au Myanmar compromettent la crédibilité de l’ANASE, a fait remarquer le représentant, reprenant l’avis exprimé par plusieurs des pays de cette organisation régionale.  Il a en outre salué le rôle de la Chine qui a usé de son influence pour permettre la visite de l’Envoyé spécial du Secrétaire général au Myanmar.  Il s’est dit préoccupé par le fait que le régime ait repris la détention de citoyens quelques heures seulement après le départ du pays de M. Gambari. 

Le représentant a dit avoir pris note de l’offre faite par le général Than Shwe de rencontrer Aung San Suu Kyi, mais il a regretté que cette proposition soit assortie de conditions irréalistes.  Les États-Unis, a-t-il poursuivi, demandent au régime birman de mettre un terme immédiatement à la répression violente et aux rafles, de relâcher immédiatement les citoyens interpellés en raison de leur participation aux manifestations récentes, de libérer tous les prisonniers politiques, y compris Aung San Suu Kyi, de rétablir les liens de communication, tels que les liaisons téléphoniques et Internet, au Myanmar, ainsi qu’entre le Myanmar et le reste du monde.  Le Conseil de sécurité ne doit pas, selon lui, rester silencieux.  Une opportunité existe pour parler à la place du peuple birman, et il est essentiel de le faire, a-t-il ajouté. 

M. Khalilzad a de même estimé vital de maintenir l’élan amorcé grâce à la visite récente de l’Envoyé spécial du Secrétaire général.  Il l’a ainsi exhorté à retourner dans la région dans les plus brefs délais.  Il a également exhorté l’ANASE à développer ses efforts pour faire pression sur le régime birman.  Si le régime n’adopte pas une attitude constructive, les États-Unis sont résolus à imposer des sanctions dans le cadre du Conseil de sécurité, a-t-il affirmé.  Le représentant a assuré que son pays était prêt à décider de mesures telles qu’un embargo sur les armes.  Le moment est, selon lui, venu pour le Conseil de sécurité de faire plus que d’entendre un simple exposé.  Le Conseil de sécurité, a-t-il ajouté, doit s’exprimer au moyen d’une déclaration présidentielle pour appuyer le Secrétaire général, condamner la répression brutale des manifestations pacifiques, et demander la libération des prisonniers politiques.  Les Nations Unies devraient être solidaires du peuple birman et aider le pays à passer de la dictature à la démocratie, a-t-il conclu. 

M. NASSIR ABDOLAZIZ AL-NASSER (Qatar) a condamné les actes de répression dans toutes les parties du monde.  Il a regretté les événements récents au Myanmar, en espérant un retour rapide à la normale.  Il a souhaité que la question soit examinée de manière non sélective et a rappelé que certains organes des Nations Unies, comme le Conseil des droits de l’homme (CDH), suivaient attentivement la situation.  Le Représentant a estimé que l’action la plus efficace du Conseil de sécurité devrait être d’appuyer la mission de bons offices du Secrétaire général et les efforts de son Envoyé spécial et ceux des pays voisins, en évitant d’essayer d’exercer une influence, d’une manière ou d’une autre, sur la situation.  Il a par ailleurs demandé au Gouvernement du Myanmar d’enquêter sur les exactions commises et de juger leurs auteurs.

M. LESLIE KOJO CHRISTIAN (Italie) a lancé un appel aux autorités du Myanmar pour qu’elles ne referment pas la possibilité qui leur est offerte aujourd’hui.  Le représentant a regretté que depuis le départ de l’Envoyé spécial du Myanmar, des informations très inquiétantes faisaient état de la poursuite de la répression.  En outre, il a mis notamment l’accent sur la nécessité de procéder à la libération immédiate de tous les prisonniers politiques.  Le Conseil de sécurité ne saurait rester silencieux, a-t-il par ailleurs rappelé.  De l’avis de sa délégation, il est de plus en plus difficile de contester la compétence dont dispose le Conseil de sécurité pour tenter de régler la situation.  Un message ferme d’appui fort au Secrétaire général doit être adressé par le Conseil de sécurité, a-t-il déclaré.  Le représentant a souligné que le rôle du Conseil de sécurité sera essentiel pour atteindre les objectifs communs d’aboutir à la paix et à la démocratie.

M. RICARDO ALBERTO ARIAS (Panama) a estimé que l’organisation de cette séance du Conseil de sécurité attestait de la transparence de ses travaux.  Il a cependant regretté que le Conseil des droits de l’homme et la Haut Commissaire aux droits de l’homme n’aient pas été autorisés à prendre la parole.  Il a également regretté que les représentants de l’ANASE et du Myanmar n’aient pas été entendus avant les membres du Conseil.  Il a, par ailleurs, salué la déclaration de l’ANASE et la résolution adoptée par le Conseil des droits de l’homme.  Toute action du Conseil de sécurité devrait être menée en conformité avec ces interventions antérieures, a-t-il estimé.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a lancé un appel aux autorités du Myanmar ainsi qu’aux forces de l’opposition pour qu’elles fassent preuve de retenue et qu’elles évitent toute déstabilisation.  La Fédération de Russie a pris acte du fait que les autorités du Myanmar sont prêtes à coopérer avec la communauté internationale, notamment en manifestant l’intention de rencontrer Aung San Suu Kyi.  Le représentant s’est en outre félicité des efforts entrepris par les membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) et des autres pays de la région pour tenter d’aboutir à la normalisation au Myanmar.

M. JORGE VOTO-BERNALES (Pérou) a fait part de sa préoccupation face à la dégradation de la situation au Myanmar.  Sa délégation, a-t-il dit, fait sienne la condamnation générale par la communauté internationale de la répression des manifestations pacifiques et condamne également les violations des droits de l’homme commises dans le pays.  Le représentant a estimé que le Conseil des droits de l’homme avait assumé sa responsabilité en adoptant cette semaine une résolution à Genève.  Il a souhaité qu’un cadre de coopération et de dialogue soit établi pour parvenir à une démocratisation et à une réconciliation nationale authentique.  Il a par ailleurs appuyé la mission de bons offices du Secrétaire général, par l’intermédiaire de son Envoyé spécial, ainsi que le rôle des pays voisins et des organisations régionales

M. LESLIE KOJO CHRITIAN (Ghana) a affirmé que son pays appuyait vigoureusement les interventions positives du Secrétaire général concernant le Myanmar, à la fois directement et par le biais de son Envoyé spécial.  Le représentant a estimé que les récents événements dans le pays avaient initié une nouvelle dynamique concernant la situation politique.  Il s’est ainsi dit convaincu que la paix et la stabilité à long terme dans le pays dépendaient du respect des aspirations légitimes du peuple du Myanmar à la démocratie et à une meilleure qualité de vie.  La contribution de l’Envoyé spécial est, de ce fait, de la plus haute importance, a-t-il conclu.

M. KYAW TINT SWE (Myanmar) a précisé que le représentant de Singapour, ne ferait pas sa déclaration au nom de l’ANASE, mais au nom de son seul pays.  Il a expliqué que certains éléments de la position de Singapour, comme la mention de sanctions, étaient problématiques pour son pays, dont il a rappelé qu’il était membre de l’ANASE.

Dans chaque nation, il y a des moments difficiles, et c’est une situation de ce type que nous avons vécu, a-t-il déclaré, assurant que son Gouvernement était parvenu à ramener la stabilité et que la situation était revenue à la normale.  Il a expliqué que des rassemblements pacifiques se formaient actuellement dans tout le pays, pour saluer le succès de la Convention nationale et manifester une forte réprobation après les manifestations provocatrices de ces derniers jours.

Il a indiqué que son Gouvernement avait accepté, à la demande du Secrétaire général, d’avancer la visite, initialement prévue pour novembre, de M. Gambari, qui, a-t-il dit, a bénéficié de la pleine coopération de son Gouvernement.  Il a cité ses rencontres avec le général Than Shwe, et plusieurs ministres, ainsi que, à deux reprises, avec Aung San Suu Kyi.  Il a également assisté à une manifestation de soutien à la Convention nationale réunissant 120 000 personnes à Lashio, a poursuivi le représentant qui a noté la satisfaction exprimée, à l’issue de cette visite, par Singapour, et a regretté les positions maximalistes exprimées par certains pays avant même ce voyage.

Compte tenu de l’amélioration de la situation, le couvre-feu a été allégé à Yangon et à Mandalay, le couvre-feu a été écourté, a expliqué M. Kyaw qui a par ailleurs indiqué que parmi les personnes arrêtées 2 095 avaient été relâchées, y compris la personne travaillant pour le PNUD et sa famille.  Il a promis que d’autres libérations allaient suivre.  Sur le front politique, nous poursuivrons notre politique de réconciliation, a-t-il ajouté en rappelant que le Chef de l’État de Myanmar s’était dit prêt à rencontrer Aung San Suu Kyi, à condition qu’elle renonce à son attitude d’affrontement et d’obstruction. 

La coopération avec les Nations Unies est un principe de base de notre politique, a déclaré le représentant, en annonçant que M. Gambari avait été invité à revenir au Myanmar en novembre.  Il a estimé que, malgré les récents événements tragiques, la situation dans son pays n’était pas une menace à la paix et à la sécurité régionales ou internationales.  Il a ainsi appelé le Conseil de sécurité à s’abstenir de toute action pouvant porter atteinte à la mission de bons offices du Secrétaire général, dont il a rappelé qu’il était mandaté par l’Assemblée générale.

M. VANU GOPALA MENON (Singapour), s’exprimant en tant que Président de l’ANASE, a rappelé la déclaration faite le 27 novembre, au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, dans laquelle elle exprimait sa profonde réprobation face à la situation au Myanmar et appelait à la retenue et à la libération des prisonniers politiques.  Estimant qu’il fallait désormais se tourner vers l’avenir, il a souligné le rôle unique et irremplaçable de l’ONU, et en particulier de M. Ibrahim Gambari, présenté comme le meilleur espoir, dans la mesure où il semble avoir réussi à obtenir la confiance des deux parties.   

Il a, par ailleurs, appelé à ne pas tomber dans le piège de la simplification excessive, en rappelant la complexité de la situation du Myanmar.  Il est prématuré de dire si la visite de M. Gambari est un succès ou un échec, a-t-il dit.  Il a salué les récentes libérations, tout en regrettant que de nombreuses personnes soient encore détenues et que les arrestations continuent.  Il s’est dit encouragé par la disposition du général Than Shwe à rencontrer Aung San Suu Kyi, tout en déplorant qu’il ait posé des conditions.

Il faut être pragmatique, a-t-il dit, en rappelant que l’armée était une institution clef au Myanmar et devait donc faire partie de la solution.  Il a cité Thant Myint-U, ancien membre du Secrétariat de l’ONU et petit-fils de l’ancien Secrétaire général U Thant, qui a mis en garde contre un changement de régime qui conduirait à une anarchie semblable à celle de l’Iraq.  Le Myanmar n’est pas un État homogène, a-t-il rappelé, en évoquant les nombreux groupes armés opposés au pouvoir central.  Cela ne doit pas être une excuse pour retarder les progrès, mais il faut faire attention à ne pas avoir une « Yougoslavie en Asie du Sud-Est », a-t-il déclaré.

Le représentant s’est refusé à exclure les sanctions, tout en invitant à réfléchir attentivement à l’impact qu’elles pourraient avoir sur un régime qui n’est relié qu’à la marge au reste du monde.  Pour lui, l’objectif principal de toute action doit être de renforcer la position de médiateur de M. Gambari.  Il a rappelé que le Myanmar fait partie de la famille de l’ANASE et le resterait, quel que soit son comportement.  Il a, cependant, estimé que l’ANASE avait une influence limitée.  Il a, par ailleurs, souligné le rôle unique de la Chine et de l’Inde.  Il a salué les efforts de la Chine pour faciliter la visite de M. Gambari et a espéré que l’Inde suive cet exemple.  Il a enfin évoqué le rôle du Japon en tant que principal fournisseur d’aide au Myanmar.

*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.