LA COMMISSION D’ENQUÊTE SUR L’AFFAIRE HARIRI A PU IDENTIFIER D’ÉVENTUELS SUSPECTS, AFFIRME SERGE BRAMMERTZ DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ

19 Juillet 2007
CS/9082

LA COMMISSION D’ENQUÊTE SUR L’AFFAIRE HARIRI A PU IDENTIFIER D’ÉVENTUELS SUSPECTS, AFFIRME SERGE BRAMMERTZ DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ

19/07/2007
Conseil de sécurité
CS/9082
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Conseil de sécurité

5719e séance – matin

LA COMMISSION D’ENQUÊTE SUR L’AFFAIRE HARIRI A PU IDENTIFIER D’ÉVENTUELS SUSPECTS, AFFIRME SERGE BRAMMERTZ DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ

Le Chef de la Commission d’enquête internationale indépendante sur les assassinats commis au Liban depuis 2005, en particulier celui qui a coûté la vie à l’ancien Premier Ministre Rafik Hariri, a affirmé ce matin, devant le Conseil de sécurité, que les investigations menées au cours des quatre derniers mois avaient notamment permis d’identifier un certain nombre de personnes présentant un intérêt particulier. 

Ces personnes, a souligné le juge Brammertz, ont pu participer à certains aspects de la planification ou de l’exécution de l’attentat contre Rafik Hariri, le 14 février 2005 à Beyrouth, attaque qui a fait 22 autres morts et de nombreux blessés.  L’enquête sur cette affaire sera une priorité pour la Commission au cours des mois à venir, a-t-il ajouté. 

M. Brammertz, qui présentait au Conseil de sécurité le huitième rapport* de la Commission, a indiqué que le travail de celle-ci avait a été marqué par un vaste effort visant à faire la synthèse du considérable volume d’informations recueillies depuis la création de la Commission en 2005.  Cela s’est traduit, a-t-il dit, par la production d’une série de rapports détaillés comptant au total plus de 2 400 pages, dont un rapport récapitulatif de 2 000 pages consacré à l’enquête sur l’assassinat de Rafik Hariri. 

La Commission continue de se concentrer essentiellement sur cette affaire, a-t-il déclaré.  S’agissant de l’explosion et d’autres aspects scientifiques concernant le lieu du crime, elle a regroupé plus de 10 000 pages d’informations, recueillies à partir d’examens différents réalisés par la Commission elle-même et par des experts indépendants.  Les résultats obtenus confirment les conclusions de la Commission sur la nature et la quantité d’explosifs utilisés lors de l’attentat, ainsi que sur les circonstances exactes de l’explosion.  Des investigations sont en cours pour trouver l’origine précise des explosifs et établir des liens éventuels avec d’autres affaires, a-t-il dit.

Le Chef de la Commission a également affirmé que l’attention de celle-ci s’était aussi portée sur les investigations concernant la camionnette Mitsubishi Canter, utilisée, selon toutes probabilités, pour transporter l’engin explosif.  Le véhicule a été au Japon avant d’être expédié aux Émirats arabes unis puis acheminé vers le nord du Liban, en décembre 2004.  Des avancées ont en outre été réalisées au sujet de l’identité de l’auteur de l’attentat-suicide, a-t-il poursuivi.  La Commission a déterminé, selon lui, les pays dont cette personne pourrait être originaire.  Sur les mobiles de l’assassinat, certains aspects ont été élucidés, notamment le rôle de la Banque Al Madina, laquelle, est-il précisé dans le rapport, n’est pas un motif principal. 

La Commission se concentre sur les activités politiques de Rafik Hariri ainsi que sur les événements et la dynamique politiques préalables à l’attentat, qui ont sans doute, selon M. Brammertz, joué un rôle dans l’assassinat.  M. Brammertz a ainsi cité l’adoption de la résolution 1559 (2004) du Conseil de sécurité, les événements autour de la prorogation du mandat du Président Émile Lahoud et les résultats possibles des élections parlementaires de 2005.

M. Brammertz a en outre évoqué le concours technique apporté par la Commission aux autorités libanaises dans leurs investigations sur chacune des 17 autres affaires, lesquelles ont fait l’objet de rapports consolidés de plus de 400 pages.  Dans les attentats ciblés contre Marwan Hamedeh, Samir Kassir, George Hawi, Elias el Murr, May Chidiac, Gebran Tueni et Pierre Gemayel, la Commission a centré son attention sur l’analyse des menaces et des revendications, en déterminant notamment les mobiles possibles des attentats, leurs modes opératoires et le profil des victimes.  Elle s’attache aussi à examiner les liens possibles entre ces affaires et l’affaire Hariri, a précisé M. Brammertz.  Celui-ci a mentionné également le travail d’assistance de la Commission dans le cadre de l’assassinat, le 13 juin dernier à Beyrouth, du député Walid Eido et de sept autres personnes.  Au total, il a été procédé à 25 auditions sur les neuf attentats à l’explosif et à 27 auditions sur les attentats ciblés.

M. Brammertz a par ailleurs constaté que la Commission continuait d’avoir des relations étroites avec les autorités collégiales judiciaires libanaises.  La coopération avec la Syrie reste généralement satisfaisante, a-t-il en outre observé.  En revanche, la situation en matière de sécurité au Liban s’est, à ses yeux, détériorée depuis le dernier rapport.  Pendant la période considérée, la Commission a fait régulièrement des évaluations de tous les aspects de sa sécurité, a-t-il dit.  La sécurité des témoins doit être garantie, a-t-il insisté.  Cela doit être une priorité de la Commission et du Tribunal spécial pour le Liban, a-t-il ajouté. 

Le représentant du Liban a indiqué de son côté que les autorités de son pays avaient décidé d’intensifier les mesures visant à assurer la sécurité de la Commission et de son personnel.  Il a par ailleurs estimé que le Conseil de sécurité avait suivi la juste cause de son pays dans sa lutte contre les attentats qui l’affectent depuis plus de deux ans.

De l’avis du représentant libanais, l’assistance de la communauté internationale et du Conseil de sécurité a été couronnée par l’adoption de la résolution 1757 (2007) portant sur la création d’un Tribunal spécial pour le Liban.  Comme ce Tribunal mettra fin à l’impunité, il sera en mesure de dissuader tous ceux qui veulent poursuivre leurs activités terroristes et renforcera la stabilité du pays et le sentiment de sécurité de ses habitants, a-t-il souligné.  Le représentant a enfin rappelé que la publication du huitième rapport de la Commission intervenait au moment du premier anniversaire de l’attaque d’Israël contre le Liban.

* Huitième rapport de la Commission d’enquête internationale indépendante, établi en application des résolutions 1595 (2005), 1636 (2005), 1644 (2005), 1686 (2006) et 1748 (2007) du Conseil de sécurité publié sous la cote S/2007/424.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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