DANS UNE DÉCLARATION SOLENNELLE LES ÉTATS RÉAFFIRMENT À L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE LEUR ENGAGEMENT À TOUT METTRE EN ŒUVRE POUR FAIRE ADVENIR « UN MONDE DIGNE DES ENFANTS »

13 décembre 2007
AG/10675

DANS UNE DÉCLARATION SOLENNELLE LES ÉTATS RÉAFFIRMENT À L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE LEUR ENGAGEMENT À TOUT METTRE EN ŒUVRE POUR FAIRE ADVENIR « UN MONDE DIGNE DES ENFANTS »

13/12/2007
Assemblée générale
AG/10675
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-deuxième session

72e & 73e séances plénières

matin & après-midi

DANS UNE DÉCLARATION SOLENNELLE LES ÉTATS RÉAFFIRMENT À L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE LEUR ENGAGEMENT À TOUT METTRE EN ŒUVRE POUR FAIRE ADVENIR « UN MONDE DIGNE DES ENFANTS »

L’Assemblée générale a conclu aujourd’hui sa séance commémorative de haut niveau sur les suites données à la session extraordinaire de 2002 consacrée aux enfants par l’adoption d’une Déclaration* qui réaffirme la détermination des États Membres à faire advenir « Un monde digne des enfants ».

Ce document a été présenté par le Président de l’Assemblée générale, Srgjan Kerim, à l’issue d’un débat qui aura duré trois jours consécutifs et enregistré une participation record avec plus de 140 orateurs.  Les ministres se sont succédés à la tribune pour détailler les politiques que leurs gouvernements ont mises en œuvre depuis l’adoption, il y a cinq ans, du Plan d’action qui visait à atteindre les objectifs prioritaires que sont la promotion d’une vie saine; l’accès à une éducation de qualité; la protection contre les mauvais traitements, l’exploitation et la violence; et la lutte contre le VIH/sida.

Comme en prend note la Déclaration, des avancées importantes ont été réalisées depuis 2002 sur la voie de la création d’un monde digne des enfants.  Ainsi, les lois, les politiques et les plans visant à protéger les enfants contre les abus ne cessent de croître.  Le nombre d’enfants de moins de cinq ans qui meurent chaque année a diminué.  Jamais le taux de scolarisation n’a été aussi élevé, tandis que les filles et les garçons se voient de plus en plus offrir les mêmes possibilités d’éducation.  En outre, les enfants, notamment ceux touchés par le VIH/sida, ont à leur disposition plus de médicaments.

Cependant, de nombreux défis subsistent, souligne l’Assemblée dans ce texte, qui identifie l’élimination de la pauvreté comme le problème le plus grave.  En effet, la pauvreté fait obstacle à la satisfaction des besoins des enfants du monde entier, ainsi qu’à la protection et à la promotion de leurs droits. 

Dans son allocution de clôture, M. Kerim a également mis en garde contre l’impact des changements climatiques sur les enfants, alors que se tenait cette semaine à Bali une Conférence internationale.  Revenant sur les propos de certains médias, qui semblaient interroger la pertinence de ce lien, le Président de l’Assemblée a répondu que rien n’était pourtant plus simple à comprendre: y-a-t-il quelque chose de plus important pour un parent que de garantir un avenir meilleur pour son enfant, a-t-il lancé? ajoutant que sans une action commune viable sur les plans économique et environnemental, cet avenir ne peut être garanti.

La Déclaration constate que la malnutrition, les pandémies, notamment le VIH/sida, ainsi que le paludisme, la tuberculose et d’autres maladies évitables continuent d’empêcher des millions d’enfants de mener une vie saine.  Le manque d’accès à l’éducation constitue toujours un obstacle majeur à leur développement.  Et un grand nombre d’enfants continuent d’être victimes de violences, d’exploitation et de mauvais traitements, mais aussi d’iniquité et de discrimination, en particulier les filles, déplore encore ce texte.

Les États Membres affirment donc qu’ils s’emploieront à rompre le cercle vicieux de la pauvreté et à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Deepali Khanna, de l’organisation non gouvernementale « Plan international », a cependant estimé que « le monde des adultes » devait attacher autant d’importance à la mise en œuvre intégrale de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, adopté il y a près de deux décennies, qu’à celle des OMD.

Pour que les objectifs de la session extraordinaire consacrée aux enfants soient atteints, il est vital, souligne la Déclaration, que les gouvernements intensifient leur action dans différents secteurs, que la coopération internationale soit renforcée, que se forgent des partenariats plus vastes et mieux ciblés, notamment avec les médias et le secteur privé, et que des initiatives mondiales, régionales et nationales soient lancées.

Elle accueille favorablement les voix et les vues des enfants, notamment des adolescents, qui ont été entendus lors de cette séance plénière commémorative, indiquant qu’elle fera tout son possible pour renforcer la participation des enfants à la prise des décisions qui les concernent.  Les États Membres encouragent également toutes les parties intéressées, et notamment la société civile, à agir à l’unisson en faveur des enfants, tandis qu’eux-mêmes, aux termes de ce texte, entendent promouvoir la responsabilité conjointe des parents, des familles, des tuteurs légaux et des autres dispensateurs de soins, et de la société en général dans ce domaine.

Le représentant des États-Unis a fait une brève intervention après l’adoption de la Déclaration pour expliquer la position de sa délégation sur ce texte.

La prochaine séance de l’Assemblée générale se tiendra lundi 17 décembre, à 15 heures.  À cette occasion, elle examinera les rapports de la Quatrième Commission, chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation.

* A/62/L.31

SÉANCE PLÉNIÈRE COMMÉMORATIVE DE HAUT NIVEAU SUR LA SUITE À DONNER AUX TEXTES ISSUS DE LA SESSION EXTRAORDINAIRE CONSACRÉE AUX ENFANTS

Déclarations

M. JEAN-PIERRE LACROIX (France) a cité trois domaines d’action que la France entend privilégier.  Tout d’abord, concernant la lutte contre le fléau des enfants soldats, le Gouvernement français a soutenu le développement des « engagements et des principes de Paris », agréés en février 2007, et qui visent à prévenir le recrutement et l’utilisation des enfants soldats par les forces et groupes armés et à obtenir leur libération et leur réintégration dans leur communauté.   Ces engagements ont déjà reçu le soutien de 66 États qui y ont souscrit, et nous entendons continuer à prendre des initiatives pour leur pleine mise en œuvre, a ajouté M. Lacroix.  La France continuera également d’œuvrer dans le cadre du Conseil de sécurité, et notamment du Groupe de travail qu’elle préside depuis sa création par la résolution 1612 (2005), a-t-il souligné.  Enfin, a poursuivi le représentant, cette action sera complétée par des actions de coopération bilatérales, menées à travers nos ambassades, où seront affectés des experts régionaux.

Par ailleurs, la France soutient les stratégies pour la survie de l’enfant, en partenariat avec l’OMS et l’UNICEF, dans le cadre du programme de prise en charge intégrée des maladies de l’enfant.  Elle s’est engagée dans un effort de protection de l’enfant contre les principales maladies que l’on peut prévenir par la vaccination, mobilisant plus de 45 millions d’euros sur la période 2004-2006 à l’appui, d’une part, de l’Initiative mondiale d’éradication de la poliomyélite, et d’autre part, de l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI), a indiqué M. Lacroix.  Le représentant a par ailleurs dit que la France mettait l’accent sur l’éducation, qui est le troisième pilier de l’action française en faveur des enfants, l’objectif étant de parvenir à l’éducation pour tous.  C’est un enjeu essentiel dans la promotion de la cohésion sociale et de la solidarité internationale en matière de développement.  Dans le cadre de l’action bilatérale, l’éducation est un secteur de concentration de notre aide dans les deux tiers des pays avec lesquels nous avons signé des documents cadres de partenariat, a indiqué le représentant français.  Au niveau multilatéral, le Gouvernement français contribue également à la réalisation de l’objectif d’éducation pour tous à travers le Fonds européen de développement et les fonds de la Banque mondiale engagés dans ce secteur, ou à travers l’UNESCO, et nous soutenons activement l’Initiative en « fast-track » de mise en œuvre accélérée de l’éducation pour tous dans les pays en développement, a conclu M. Lacroix.  Il a donné ensuite la parole à une jeune fille scolarisée au lycée français de New York.

Rappelant que son pays attachait une grande importance à la Convention sur les droits des enfants et à ses deux Protocoles facultatifs, M. PETER MAURER (Suisse) a estimé que ces instruments étaient essentiels pour assurer le droit à l’épanouissement et au développement harmonieux de chaque fille et de chaque garçon ainsi que la protection contre toute forme d’abus, de violence, d’exploitation et de discrimination.  Les actes de violence et d’exploitation contre les enfants sont toujours injustifiables et doivent être condamnés, a-t-il insisté.  À cet égard, il a souhaité que des mesures efficaces soient adoptées de toute urgence pour en déterminer l’ampleur, en identifier les causes, les contrer et les prévenir.  S’agissant de son pays, il a indiqué que la Suisse avait, ces dernières années, renforcé sa législation et ses mesures internes afin d’assurer une meilleure protection aux enfants. 

Le représentant a notamment précisé que la possession de matériel pornographique impliquant des enfants était désormais pénalisée et qu’un service national de lutte contre la criminalité sur Internet et un autre de lutte contre la traite des êtres humains étaient entrés en vigueur.  Faisant part de sa préoccupation quant au VIH/sida, aux maladies sexuellement transmissibles et aux grossesses précoces, le représentant a argué que la situation ne pourrait pas évoluer positivement si tous les adolescents et jeunes, filles et garçons, n’avaient pas un accès égal et sans restriction à l’information, aux services et aux moyens de protection de santé sexuelle et reproductive.  Il a noté que la Suisse s’employait à réaliser cet objectif sur le plan interne et dans le cadre de sa politique de coopération internationale.  M. Maurer a en outre indiqué que son pays insistait davantage dans ses programmes de coopération internationale sur les droits et besoins des enfants.  La Suisse accorde, dans ce cadre, une attention particulière aux enfants se trouvant dans des situations d’urgence, et a fait valoir que son pays s’engageait résolument contre le recrutement des enfants par des groupes armés.    

M. GOJKO CELEBIC (République du Monténégro) a indiqué qu’après avoir obtenu son indépendance, son pays a ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant et ses deux Protocoles facultatifs.  Il a ajouté qu’en 2003, le Monténégro a créé le Comité pour la protection et la promotion des droits des enfants, le Plan national pour les enfants étant quant à lui entré en vigueur en 2004.  Ce plan sert de cadre aux stratégies et politiques destinées à réaliser « Un Monde digne des enfants » au Monténégro, et il reconnaît l’importance d’associer à cet effort la société civile et les organismes onusiens des droits de l’homme, a-t-il précisé.  Le représentant a souligné que son pays s’efforce d’investir dans l’amélioration de l’éducation des plus jeunes, en particulier des plus vulnérables, à savoir les enfants de réfugiés et de personnes déplacées.  Pour ce qui est du secteur de la santé, la priorité va à la protection des enfants et des jeunes contre les risques de contamination au VIH/sida, a déclaré M. Celebic, qui a ensuite indiqué qu’un réseau d’institutions de lutte contre le trafic et d’autres formes d’exploitation des enfants est désormais actif au Monténégro.

M. DENIS DANGUE RÉWAKA (Gabon) a annoncé la mise en place dans son pays de programmes sur la prévention de la transmission de la mère à l’enfant du VIH, qui a déjà permis de sauver au premier trimestre 2006, 24 enfants nés de parents séropositifs.  Il a aussi attiré l’attention de l’Assemblée sur la prise en charge des enfants affectés par le VIH/sida, matérialisée notamment par la création d’un Centre national de nutrition qui s’occupe des enfants issus des couches sociales les plus défavorisées, affectées par la pandémie, et par la distribution des fournitures scolaires.  En outre, le Gouvernement consacre chaque année plus de 15% du budget de l’État au secteur de l’éducation.  L’école est obligatoire et gratuite jusqu’à l’âge de 16 ans.

Le Programme « Haltes-Garderies » permet aux filles mères de se libérer de la garde de leurs enfants afin de suivre une formation.  Il a permis jusqu’ici la scolarisation de quelque 1 800 filles mères.  Par ailleurs, le Gouvernement est en train de renforcer la législation nationale sur la lutte contre l’exploitation de toutes les formes de violence à l’encontre des enfants, en mettant l’accent sur la lutte contre le travail, la traite et l’exploitation sexuelle des enfants.  Cette législation prévoit aussi une procédure de réinsertion familiale des enfants victimes de la traite.  Dans le souci d’une meilleure application des instruments internationaux, le Gouvernement a créé en 2006 un Observatoire national des droits de l’enfant.  Le représentant a conclu en appelant au renforcement de la coopération internationale en vue d’une plus grande mobilisation des ressources.

M. ZACHARY D. MUBURI-MUITA (Kenya) a estimé que les objectifs identifiés à l’issue de la session extraordinaire consacrée aux enfants, tenue en 2002 en vue d’améliorer la vie des enfants et des populations les plus jeunes à travers le monde sont « ambitieux mais réalisables ».  Alors que le Kenya fête les 44 ans de son indépendance politique, a-t-il ajouté, la question du bien-être des enfants, qui représentent 65% de la population nationale, reste au cœur des processus politiques de notre pays.  Après avoir précisé que le Kenya est partie aux grandes Conventions internationales sur le droit de l’enfant, M. Muburi-Muita a indiqué que, depuis 2002, des réformes législatives y ont été engagées pour adapter le cadre juridique du Kenya aux exigences du Plan d’action « Un monde digne des enfants ».  Il a expliqué que le budget alloué à la santé a été doublé au cours de cette période, passant notamment de 265 millions de dollars en 2004 à 530 millions de dollars en 2007.  Le représentant a ensuite dit que l’accent a été mis au Kenya sur les campagnes de vaccination contre la poliomyélite, la fourniture gratuite de traitements contre le paludisme, la tuberculose et le VIH/sida.  Sur ce dernier point, il a déclaré que le Gouvernement du Kenya reconnait le besoin de vaincre la pandémie de sida pour permettre le plein exercice des droits des enfants, leur développement personnel et leur droit de vivre une vie satisfaisante.

M. Muburi-Muita a également indiqué que le budget de l’éducation a connu une augmentation considérable au cours des dernières années, passant de 1,2 milliard de dollars en 2004 à 1,6 milliard de dollars aujourd’hui.  Il a poursuivi en disant qu’en juillet 2006, les autorités du Kenya, agissant en coopération avec l’UNICEF, ont mené une campagne de sensibilisation contre la violence.  Cette campagne avait pour objectif de renforcer la sécurité des écoles et de réfléchir aux moyens à mettre en place pour prévenir efficacement la violence sexuelle à l’encontre des plus jeunes.  Pour ce qui est de l’accroissement de la participation des enfants à la vie sociale, le délégué kényen a fait savoir que des directives pour la participation des enfants ont été mises en place pour, entre autres, valoriser le rôle des travailleurs sociaux qui se consacrent à la cause des plus jeunes.

M. MILOŠ PRICA (Bosnie-Herzégovine) a indiqué qu’un Conseil des enfants avait été établi en 2002 par le Gouvernement de la Bosnie-Herzégovine.  Cette structure opère dans le cadre du Ministère d’État des droits de l’homme et des réfugiés.  Elle est chargée de surveiller la mise en œuvre du Plan national d’action en faveur des enfants pour l’exercice 2002-2010, qui a été élaboré conformément au Plan d’action « Un monde digne des enfants ».  Le Conseil coopère avec succès avec la société civile et les organisations régionales, surveillant toutes les activités liées aux enfants, de la municipalité jusqu’au niveau de l’État.  En dehors de la ratification de la Convention des Nations Unies sur les droits de l’enfant, la Bosnie-Herzégovine a été l’un des premiers pays à signer le Protocole facultatif sur le trafic des enfants et celui sur l’implication des enfants dans les conflits armés.  En outre, en mai 2004, les Gouvernements de l’Allemagne et de la Bosnie-Herzégovine ont organisé avec succès, à Sarajevo, la seconde Conférence intergouvernementale pour une Europe et une Asie centrale dignes des enfants, à l’issue de laquelle a été adoptée une Déclaration d’engagement.  Enfin, a fait valoir le représentant, la participation des enfants de Bosnie-Herzégovine aux processus de prise de décisions a été renforcée à tous les niveaux au cours des cinq dernières années.

Mme MARIA RUBIALES DE CHAMORRO (Nicaragua) a déclaré que 143 millions d’enfants dans le monde en développement souffrent toujours de malnutrition.  C’est la raison pour laquelle le Gouvernement du Nicaragua a décidé d’axer en priorité son action sur la lutte contre la pauvreté extrême, a-t-elle déclaré, soulignant qu’il fallait augmenter les investissements dans les infrastructures de base et mettre en place des services de santé gratuits.  Reconnaissant le principe de responsabilité partagée avec la communauté internationale, la représentante a souligné que l’ouverture des frontières aux exportations en provenance des pays en développement était aussi un moyen de lutter contre la pauvreté, dont les enfants sont les premières victimes.  Le Nicaragua a pour sa part adopté des régimes juridiques très stricts règlementant la protection de l’enfance et mis en place un Bureau du Procureur spécial pour l’enfance et l’adolescence.  En outre, le système national de défense des droits de l’enfant, qui sera prochainement établi, concernera 18 000 enfants âgés de moins de six ans.  Enfin, l’éducation est gratuite pour les filles et les garçons dans le primaire, s’est félicitée la délégation.

M. ARAYA DESTA (Érythrée) a expliqué qu’au niveau national, l’Érythrée s’efforce de réaliser les objectifs principaux identifiés lors de la session extraordinaire de 2002 de l’ONU sur le bien-être des enfants.  Il a indiqué que cet effort gouvernemental est mené conjointement avec la société civile et les organisations intéressées, l’accent étant surtout mis sur l’application de mesures de protection des enfants les plus vulnérables, en particulier les victimes de guerre et les orphelins.  La promotion d’une vie saine est axée sur le renforcement des structures hospitalières, a poursuivi M. Desta.  Avec l’appui de l’UNICEF, le Gouvernement de l’Érythrée s’emploie à assurer à tous ses citoyens les plus jeunes les vaccinations dont ils ont besoin, de manière efficace.  Le représentant a ainsi noté que l’Érythrée est le premier pays d’Afrique de l’Est à avoir éradiqué le tétanos maternel et néonatal, la rougeole, qui cause encore de nombreuses victimes dans le pays, étant sur le point d’être elle aussi éliminée.  S’agissant de l’éducation, M. Desta a indiqué que son pays considère ce secteur comme « un droit de l’homme » à part entière.  Il a déclaré que garantir l’accès scolaire aux enfants défavorisés et leur fournir gratuitement des services scolaires sont ainsi des priorités du Gouvernement érythréen.  Notre pays consent aussi de sérieux efforts à la protection des enfants contre les abus, l’exploitation et la violence.  Les mutilations génitales féminines ont été déclarées illégales en Érythrée, a dit M. Desta.  Il a conclu en se réjouissant que son pays soit classé parmi les plus performants d’Afrique en ce qui concerne la lutte contre le paludisme. 

Mme SAMAR AL-ZIBDEH (Jordanie) a déclaré que le niveau de développement d’un enfant dépend avant tout des possibilités qu’a eues sa famille de lui assurer un bon accès à l’éducation et de le préserver des privations que créé la pauvreté.  La Jordanie a donc réitéré sa volonté d’appliquer la Déclaration d’engagement à créer « Un monde digne des enfants ».  Dans ce cadre, le Gouvernement jordanien a modernisé ses dispositifs juridiques en faveur des enfants, et les institutions du pays se sont efforcées de mettre en place des politiques garantissant les droits de l’enfant.  Nous avons ainsi augmenté le nombre de garderies et de crèches dans tout le pays et informatisé les établissements scolaires afin de donner à l’enfant jordanien tous les outils nécessaires à son épanouissement, a indiqué la représentante.  En outre, un engagement politique a été pris au plus haut niveau pour réaliser les droits de l’enfant à la santé et à une alimentation équilibrée.  Par ailleurs, a-t-elle encore relevé, les taux de vaccination ont atteint 98% et les campagnes touchent tous les enfants du pays, a souligné la représentante de la Jordanie.

M. ZAHIR TANIN (Afghanistan) a déclaré que depuis la fin de 2001 et malgré les défis qui se posent en matière d’édification de la nation, l’Afghanistan avait enregistré des progrès dans la protection et la promotion des droits des enfants afghans.  Nous avons ratifié la Convention sur les droits de l’enfant et ses deux Protocoles facultatifs et sommes déterminés à réaliser nos Objectifs du Millénaire pour le développement à travers le Pacte pour l’Afghanistan et notre Stratégie nationale de développement intérimaire, a dit M. Tanin.  Revenant sur les réalisations intervenues dans son pays, le représentant a expliqué que près de 6 millions d’enfants avaient repris le chemin de l’école, 35% d’entre eux étant des enfants en bas âge.  Plus de 3 500 écoles ont été construites et de nouveaux programmes scolaires ont été élaborés.  De plus, le nombre d’enseignants a été multiplié par sept. 

Dans le domaine de la santé, le nombre de nourrissons et de mères décédés à la suite d’accouchements a été réduit respectivement de 85 000 et de 40 000 par an.  Il n’en reste pas moins que le taux de mortalité maternelle et infantile est toujours parmi les plus élevés au monde, a relevé M. Tanin.  De septembre à octobre, 100 000 enfants supplémentaires ont été vaccinés contre la poliomyélite tandis que 81% de la population bénéficient de services de santé de base, a-t-il précisé.  Le représentant a aussi expliqué que le programme de démobilisation des enfants soldats avait été achevé en 2006 et qu’une Équipe spéciale de lutte contre la traite des enfants avait permis de sauver 317 enfants des mains des trafiquants.

Malgré cela, les enfants afghans continuent de faire face à des défis insurmontables.  Ce sont les premières victimes du terrorisme, de l’insécurité et des campagnes d’intimidation menées par Al-Qaida et les Taliban, qui ont recours à de nouvelles tactiques brutales, comme l’exécution de tout enfant qui serait trouvé en possession de devises étrangères ou qui apprendrait l’anglais.  Entre les mois de juillet 2006 et d’août 2007, au moins 133 attaques ont eu lieu contre des écoles, ce qui a entraîné la fermeture de 384 écoles dans les provinces de Helmand, Kandahar, Uruzgan et Zabul, a regretté M. Tanin.  Dans les zones rurales, près de 1,2 million de filles ne sont pas scolarisées et restent à la maison en raison de conditions économiques désastreuses et d’une insécurité qui sont parmi les plus élevées au monde.

M. JORGE ARGUELLO (Argentine) a déclaré qu’à l’arrivée au pouvoir du Président Nestor Kirchner en 2003, la politique argentine en faveur de l’enfance n’avait pas encore porté les fruits escomptés.  En octobre dernier, le Président s’est engagé à relancer la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ainsi que la feuille de route prévue par le Plan d’action « Un monde digne des enfants », a dit M. Arguello.  Le représentant a ajouté que la loi pour la protection intégrale des droits des enfants et des adolescents, adoptée en 2005, a donné depuis cette date, des résultats considérables.  Cette loi, basée sur l’esprit et la lettre de la Convention pertinente de l’ONU, a activé le développement d’une culture de la promotion et du respect des droits de l’enfant, a notamment relevé M. Arguello.  Il a ensuite expliqué que l’action gouvernementale menée en Argentine se concentre sur la lutte contre la faim et sur la promotion de l’intégration sociale, cela grâce à des politiques actives de créations d’emplois et de revalorisation des revenus.

Le représentant argentin a ensuite évoqué le plan national de sécurité alimentaire, destiné à fournir aux familles qui sont dans le besoin une nourriture équilibrée par le biais de conseils en nutrition et en matière de soins de base.  Il a indiqué que, de manière générale, les diverses actions coordonnées ont permis de réduire les taux de pauvreté de moitié, passant de 53% en mai 2002 à 23,4% au premier semestre 2007.  L’Argentine est sur le point de réaliser l’objectif d’éducation primaire universelle, a encore dit le représentant, ajoutant que son gouvernement souhaite permettre d’ici à 2010 que tous les enfants et adolescents soient scolarisés pendant une durée d’au moins 10 ans.

M. SAUL WEISLEDER (Costa Rica) s’est félicité des réalisations de son pays dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la protection de l’enfant, et a précisé qu’elles étaient conformes aux exigences du Sommet mondial.  Néanmoins, nous nous heurtons à un problème de pauvreté, qui constitue l’obstacle le plus important à la réalisation des OMD, et contre lequel nous luttons sans relâche, a ajouté le représentant.  Parmi les objectifs prioritaires du Gouvernement du Costa Rica, figure l’élaboration d’une politique de renforcement de la participation des garçons et des filles à l’élaboration des politiques qui les concernent.  Dans ce cadre, des stratégies sont actuellement à l’étude, et elles prennent en compte tous les aspects des droits de l’enfant et de l’adolescent, a indiqué M. Urbina.  Cette réforme comprend un modèle de protection intégrale pour toute la population mineure, et un volet de décentralisation pour permettre aux personnes vivant en zones isolées de bénéficier de ses dispositions.  Le représentant a, en conclusion, saisi l’occasion de cette réunion pour saluer la proposition de la Troisième Commission de créer un poste de « représentant spécial du Secrétaire général sur les violences à l’encontre des enfants ».

M. RAYMOND WOLFE (Jamaïque) a indiqué que la ratification par son pays de la Convention des droits de l’enfant en 1991, est clairement le reflet de la détermination de la Jamaïque à améliorer le quotidien des jeunes Jamaïcains, qui représentent 37,1% de la population du pays.  Le représentant a évoqué l’Initiative de transformation scolaire et le Programme visant à lutter contre la violence à l’école, ainsi que la Commission de la petite enfance, qui a été choisie comme partenaire principale d’une ONG néerlandaise pour la mise en œuvre de la recommandation générale 7 du Comité des droits de l’enfant qui porte sur la mise en œuvre des droits de l’enfant dès le plus jeune âge.  L’Agence de développement de l’enfant est responsable de la promotion d’un environnement stable et veille au développement des enfants ayant des besoins particuliers, tout en évitant leur placement en institution, a indiqué M. Wolfe.  Le représentant a aussi abordé le problème de la violence, à laquelle sont exposés les enfants, et a précisé que le Gouvernement jamaïcain travaillait au renforcement de l’environnement familial, scolaire et communautaire au sein duquel évoluent les enfants.

M. NURBEK JEENBAEV (Kirghizistan) a indiqué que le Gouvernement de son pays avait adopté en 2002 un programme en faveur de l’enfance intitulé « Nouvelle génération ».  Ce programme a débouché sur l’adoption d’un Code pour l’enfance, élaboré en coopération avec le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).  M. Jeenbaev s’est ensuite félicité que le Kirghizistan en soit actuellement à la seconde étape de la mise en œuvre d’un plan visant à fournir aux enfants des soins de santé gratuits.  Enfin, a-t-il dit, en 2006, le Kirghizistan a mené à bien une vingtaine de projets concernant l’amélioration de la situation de l’enfance, en coopération avec de nombreuses organisations gouvernementales et non-gouvernementales.

M. GUILLAUME BAILLY-NIAGRI (Côte d’Ivoire) a indiqué que son pays est partie à la Convention des droits de l’enfant depuis 1991 et qu’il a également accédé à la Charte africaine des droits de l’enfant.  En 1992, la Côte d’Ivoire s’est dotée d’un Plan national d’action pour la survie, le développement et la protection de l’enfant, conformément aux recommandations du Sommet mondial de 1990, a indiqué M. Bailly-Niagri.  La politique gouvernementale s’est traduite, entre autres, par l’adoption de lois visant la répression des mutilations génitales féminines et des mariages forcés et précoces.  Il existe un Plan d’action pour l’enfant, dont les lignes reprennent point par point les objectifs et les cibles du Plan d’action de la session spéciale de l’Assemblée générale « Un Monde digne des enfants », et la Côte d’Ivoire a un Ministère de la famille, de la femme et de l’enfant.  Tout récemment, a ajouté le représentant, la Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés s’est dite optimiste concernant la situation des enfants affectés par le conflit ivoirien à l’issue de la visite de trois jours qu’elle a effectuée en Côte d’Ivoire.  M. Bailly-Niagri a aussi indiqué que le Gouvernement ivoirien prenait des mesures énergiques pour enrayer le fléau qu’est la traite des enfants par le biais notamment d’un plan d’urgence et d’un Comité national.

M. SOMDUTH SOBURUN (Maurice) a regretté qu’en dépit de la vigueur des engagements contenus dans la Déclaration du Millénaire, le rapport « Un monde digne des enfants » et le Plan d’action pour un monde digne des enfants en Afrique, plus de 28 millions d’enfants africains ont perdu la vie depuis 2001.  Il est grand temps de nous engager à redoubler d’efforts pour inverser cette tendance, a lancé le représentant.  Il a ensuite indiqué qu’au niveau national, Maurice s’efforce de mettre en œuvre les grandes conventions internationales relatives à la protection des droits des couches de populations les plus jeunes, auxquelles le pays est partie.  Il a également noté que son pays a été l’un des premiers du continent africain à avoir nommé un médiateur pour défendre l’application des droits des enfants.  Avec l’appui de l’UNICEF, a poursuivi M. Soburun, le Gouvernement mauricien a récemment lancé une politique nationale pour les enfants en vue de réaliser les quatre objectifs majeurs présentés dans le rapport « Un monde digne des enfants », à savoir la promotion d’une vie saine; l’amélioration de l’éducation; la protection contre l’exploitation et la violence; et la lutte contre le VIH/sida.  M. Soburun a conclu son intervention en déclarant que depuis la mise en place du système national de protection social mauricien en 1968, les Gouvernements successifs n’ont pas ménagé les efforts à déployer dans les domaines financiers et juridiques pour améliorer le bien-être des enfants.   Toutefois, beaucoup reste à faire, a-t-il dit, en soulignant que les parents devraient mieux assumer leurs responsabilités afin de donner à leur progéniture le meilleur départ possible dans la vie.

M. FRANCIS K. BUTAGIRA (Ouganda) a indiqué qu’environ 41% des enfants de son pays grandissent au sein de ménages pauvres, et que 60% des Ougandais vivant en dessous du seuil de pauvreté étaient des enfants.  L’Ouganda a donc mis en place un Plan d’action chargé de faciliter l’éradication de la pauvreté depuis 1997.  Ce Plan a été révisé à deux reprises et, définit le cadre de travail visant à faciliter la mise en œuvre des programmes destinés à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et à la mise en œuvre des engagements contenus dans la Déclaration d’engagement pour « Un monde digne des enfants ».  L’Ouganda a en outre adopté des politiques et des régimes juridiques destinés à créer un environnement propice au respect des droits des enfants, a dit M. Butagira.  Des politiques sociales sectorielles, notamment dans le domaine de l’éducation et de la santé, ont été mises en place, a-t-il ajouté.  Malgré des progrès encourageants vers certains des OMD, en particulier ceux relatifs à l’éradication de la pauvreté, à l’accès universel à l’éducation primaire, et à la lutte contre le VIH/sida, l’Ouganda se heurte à un taux élevé de mortalité infantile, en raison d’un grave problème de malnutrition et des conséquences du paludisme, a déploré le représentant.

M. CARSTEN STAUR (Danemark) a estimé que les enfants sont de « puissants agents du changement », leur donner une plus grande autonomie étant un moyen efficace de renforcer la bonne gouvernance au sein des pays.  Nous devons encourager le dialogue en nous efforçant d’accroître la contribution des enfants, a ajouté le représentant.  Pour ce dernier, si des progrès ont été accomplis au cours de la décennie écoulée, en particulier dans les domaines de la santé et la scolarisation au primaire, les objectifs ne sont pas en voie d’être atteints.  Le délégué a estimé qu’il faut combler le fossé entre législation et mise en œuvre, « entre consensus normatif et action concertée ».  Il a ensuite mis l’accent sur la faiblesse des résultats obtenus en matière de lutte contre la pandémie de VIH/sida, qui continue de faire des millions d’orphelins en Afrique.  Appelant la communauté internationale à faire plus dans ce secteur, M. Staur a annoncé que le Gouvernement du Danemark a décidé récemment d’allouer 12 millions de dollars pour appuyer la campagne de l’UNICEF, d’ONUSIDA et de l’OMS, « Unis pour les enfants, unis contre le sida ».  Le représentant a ensuite mis l’accent sur la nécessité de consacrer plus de ressources à l’éducation afin de réduire la pauvreté et promouvoir la démocratie, la tolérance et le développement.  Au moment où nous parlons, près de 50 millions de jeunes filles n’ont pas accès à l’école primaire, a-t-il dit, la parité dans ce domaine restant à accomplir.  M. Staur a par ailleurs plaidé pour une égalité de traitements entre enfants valides et enfants handicapés et pour que les plus jeunes d’origine autochtone ne soient pas oubliés.

M. HAMID AL BAYATI (Iraq) a déclaré que l’intérêt porté aux enfants représentait le meilleur investissement que peuvent faire les pays pour leur propre avenir.  Il a ensuite rappelé que les enfants iraquiens avaient été les premières victimes des mesures de sanctions imposées aux Iraquiens au lendemain de l’invasion du Koweït et continuaient de l’être aujourd’hui à cause de la guerre.  Cependant, au cours des mois derniers, grâce au redressement notable de la situation sécuritaire intérieure, le Gouvernement iraquien s’efforce de mettre fin au terrorisme et d’appliquer des mesures pour venir en aide aux enfants, a indiqué M. Al Bayati.  En outre, la Constitution permanente de l’Iraq stipule clairement l’interdiction de l’exploitation économique des enfants où qu’ils soient.  Le Gouvernement iraquien a aussi lancé des projets de promotion des droits de l’enfant au côté de l’UNICEF et d’organisations non gouvernementales.  Les autorités nationales de l’Iraq ont d’ailleurs adressé une invitation officielle à la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés pour qu’elle vienne évaluer, en personne, la situation des enfants dans le pays, a dit M. Al Bayati.  Le représentant a ensuite émis l’espoir de voir la résolution présentée aujourd’hui adoptée par consensus, dans la mesure où elle contribuera au renforcement des droits de l’enfant.  En conclusion, il a lancé un appel aux membres de la communauté internationale pour la poursuite de leur coopération avec les organisations gouvernementales et les ONG pour continuer d’œuvrer à l’amélioration de la situation des enfants dans le monde.

Mme ENKHTSETSEG OCHIR (Mongolie) a fait part de la détermination de la Mongolie à mettre en œuvre la Convention des droits de l’enfant et ses deux Protocoles facultatifs.  Elle a expliqué que son pays disposait d’un Programme d’action national pour la protection des droits de l’enfant, et que le Gouvernement mongol avait adopté le Plan d’action national contre la traite des enfants et des femmes à des fins d’exploitation sexuelle en 2005, même si ce phénomène est relativement nouveau en Mongolie.  Le Gouvernement de la Mongolie entreprend également une série d’initiatives à impact rapide visant la protection et la promotion des enfants mongols, telle que l’octroi d’une allocation mensuelle par enfant, l’allocation d’une subvention unique aux nouveaux mariés et aux familles lors de la naissance de chacun de leurs enfants et l’introduction des repas gratuits dans les écoles pour enfants, ceux-ci étant au nombre d’un million, soit près de la moitié de la population mongole.

Mme BIENCE GAWANAN, Observatrice permanente de l’Union africaine, est intervenue brièvement pour saluer l’élan pris, lors de la tenue au Caire, le mois dernier, du Forum panafricain sur les enfants, organisé par la Première Dame d’Égypte.  Mme Gawanan a également remercié les organisations internationales qui, par leur action, contribuent à assurer la survie, le développement et la participation à la vie sociale des enfants et des jeunes partout dans le monde, et en particulier en Afrique, où les besoins sont les plus criants.  Créer un environnement digne des enfants est une tâche collective, a ajouté l’Observatrice, qui a ensuite estimé que le Plan d’action eurafricain sur la traite adopté l’an dernier en Libye, et entériné ensuite la semaine dernière au Sommet de Lisbonne, porte déjà ses fruits en ce qui concerne la protection des fillettes.  Mme Gawanan a conclu en appelant l’Assemblée générale à tenir compte de la « volonté répétée » des enfants de voir les promesses et les engagements internationaux pris en leur faveur devenir réalité.

M. HUGO SILES ALVARADO (Bolivie) a rappelé que le Gouvernement bolivien avait adopté un Plan d’action national en faveur des enfants, fondé sur la promotion de la notion de bien-être et sur le respect de la pluralité culturelle et de la parité en Bolivie.  La Bolivie est un pays à forte population juvénile et d’ici à 2015, 40% des personnes vivant dans le pays seront des enfants ou des adolescents, a indiqué le représentant, qui a expliqué qu’en conséquence son gouvernement avait fait de la résolution des problèmes affectant cette catégorie de la population une priorité.  Or, un certain nombre d’enfants boliviens sont victimes de pratiques de travail forcé, une réalité que le Président Morales entend remettre en question en créant des conditions qui donneraient une éducation aux jeunes Boliviens, a annoncé M. Siles Alvarado.  Une allocation ciblée et stratégique des ressources a été décidée et elle donne la priorité à la promotion de l’égalité des chances.  Ces politiques fondamentales permettront d’en finir avec la culture de l’exclusion qui frappe les communautés autochtones de l’Amazone et des Andes, a poursuivi le représentant de la Bolivie.  Ces dispositions seront complétées par des normes juridiques appropriées, a-t-il indiqué.  Enfin, des programmes nationaux ont été mis en place pour prévenir la mortalité infantile et maternelle, ainsi qu’un programme visant à ce que tous les jeunes du pays puissent bénéficier d’une alimentation équilibrée.

M. NEGASH KEBRET BOTORA (Éthiopie) a déclaré que depuis la tenue de la session spéciale de l’Assemblée générale sur les enfants, l’Éthiopie s’était attelée immédiatement à la tâche de préparer un plan d’action national visant à traduire dans la réalité le document adopté à la fin de la rencontre.  Le Ministère de la femme et des enfants a la responsabilité de sa mise en œuvre, a dit M. Botora.  Les lois nationales ont été revues, et des dispositions contre les mutilations génitales ont par exemple été introduites dans le Code pénal révisé, tandis que les dispositions autorisant autrefois les châtiments corporels ont été éliminées.  Une part plus importante du budget national a été consacrée à l’éducation et à la santé, et par conséquent, le taux de scolarisation des fillettes a augmenté.  Les politiques en matière de santé et d’éducation ont consacré la création d’une équipe spéciale pour les enfants vivant dans des circonstances difficiles, a indiqué le représentant.  L’Éthiopie dispose également d’unités spéciales chargées de la protection des enfants, et des efforts sont en cours pour établir des tribunaux de justice qui soient adaptés aux enfants.

Mgr CELESTINO MIGLIORE, Observateur permanent du Saint-Siège, a insisté sur l’éducation, qui à ses yeux, est au cœur du développement de chaque enfant aujourd’hui.  Forte de cette conviction, l’Église catholique gère plus de 250 000 écoles dans le monde entier, ce qui représente 0,5 million d’enseignants qui éduquent 42 millions d’enfants.  Beaucoup de ces écoles, a-t-il précisé, se trouvent dans des régions isolées, dans des zones de conflit, dans des quartiers défavorisés des zones urbaines, camps et terrains vagues.  Il est nécessaire de trouver les moyens d’offrir aux enfants une éducation gratuite et de les intégrer dans le système scolaire formel.  Le représentant a également évoqué l’engagement de l’Église catholique dans le soutien des familles et enfants victimes du VIH/sida.  Des milliers d’institutions mènent des activités de prévention, de sensibilisation, de distribution de médicaments antirétroviraux et de fourniture de soins de santé de base.  Il est également important, a–t-il ajouté, d’améliorer nos politiques de santé pour lutter aussi contre des maladies mortelles telles que le paludisme et la tuberculose.  Un défi de taille est le manque d’accès des enfants et des mères aux soins de santé de base et aux services d’assainissement.

M. RIYAD H. MANSOUR, Observateur permanent de la Palestine, a souligné la « grave » situation dans laquelle vivent les enfants dans les zones de conflits armés, y compris les territoires sous occupation étrangère.  Un fossé persiste entre les normes juridiques internationales sur les droits des enfants et la mise en œuvre des lois pertinentes dans ce domaine, a ajouté M. Mansour, pour qui ce déficit dans la mise en œuvre renforce précisément l’impunité des auteurs de violence et d’abus à l’encontre des enfants et des personnes les plus jeunes.  Il a estimé que si le droit humanitaire était respecté, les enfants du monde entier seraient épargnés et pourraient jouir de la paix, de la liberté et de la prospérité nécessaires à leur bien-être.  M. Mansour a plaidé pour la fin de toute forme d’impunité à l’égard de ceux qui bafouent les droits des enfants.  Il a ensuite rappelé que deux générations d’enfants palestiniens, nés dans le Territoire palestinien occupé, n’ont connu « qu’une vie dure, marquée par l’oppression constante, la discrimination et les humiliations infligées depuis 40 ans par l’armée israélienne ».

Indiquant que les enfants palestiniens continuent d’être la cible des forces israéliennes, M. Mansour a relevé que depuis l’année 2000 près de 1 000 jeunes Palestiniens ont été tués et plus de 3 500 blessés.  Il a ajouté que toutes les violations du droit international commises par Israël ont des conséquences « négatives et traumatisantes » sur le développement des enfants palestiniens, en particulier ceux vivant dans la bande de Gaza.  L’Observateur de la Palestine a souhaité ardemment que les efforts de paix actuellement en cours en vue de parvenir à une solution pacifique au conflit israélo-arabe permettent un jour aux enfants palestiniens et israéliens de vivre ensemble dans la paix et la sécurité.  M. Riyad Mansour a en outre indiqué que la loi pour les droits des enfants palestiniens a été adoptée en janvier 2005.  Nous continuons d’œuvrer aux côtés des agences de l’ONU - au premier rang desquelles l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), de l’UNICEF, et des organisations internationales pour fournir l’appui humanitaire vital dont ont besoin les enfants palestiniens et leurs familles, a-t-il conclu.

Mme ANDA FILIP, Observatrice permanente de l’Union interparlementaire, a signalé que l’UIP avait soutenu la ratification de la Convention relative aux droits de l’enfant, et encouragé l’action parlementaire au regard de la mise en œuvre de la Déclaration et du Plan d’action intitulé « Un monde digne des enfants ».  Elle a expliqué également qu’au cours des cinq dernières années, l’Union avait développé de nombreuses activités dans le domaine de la protection des enfants en coopération avec l’UNICEF selon une stratégie en deux temps: sensibiliser les parlementaires et trouver des réponses à des problématiques donnant lieu à des actions parlementaires.  Le partenariat avec l’UNICEF a été décisif, a encore ajouté l’Observatrice, et a mené à ce que la protection des enfants soit un thème récurrent de nos réunions.  Il a aussi signalé que pour la première fois, une réunion organisée à Manille sur le thème du VIH/sida avait réuni tous les parlements du monde entier.  Au cours du premier trimestre de l’année prochaine, l’UIP participera à un forum mondial intitulé « Suivre les progrès en matière de santé maternelle, du nourrisson et de l’enfant ».

Mme SUSAN JOHNSON, Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a signalé qu’il y a deux semaines, la trentième Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a été consacrée aux enfants.  Dans sa déclaration finale, les membres de la Conférence se sont engagés à intensifier leur partenariat, qui est la clef de toute action.  La violence contre les enfants constitue une priorité de la Fédération, a ajouté la représentante, qui a donné des exemples d’actions que mènent la Croix-Rouge canadienne, la Croix-Rouge libérienne et de la Sierra Leone.  S’agissant de la pandémie de VIH/sida, la représentante a rappelé que, selon ONUSIDA, le nombre d’enfants étant infectés par le virus a augmenté, passant de 1,5 million en 2001 à 2,5 millions en 2007.  Plus de 60 sociétés nationales ont accru leurs opérations pour prévenir la propagation du VIH/sida, étendre les traitements, les soins et le soutien aux victimes, et réduire les stigmates de la discrimination.

Mme MARY REINER BARNES, Observatrice de l’Ordre militaire souverain de Malte, a déclaré que l’Ordre de Malte s’était donné comme priorité de sensibiliser aux droits des enfants et de veiller à leur respect et à leur mise en œuvre.  Ainsi, il incorpore les campagnes de vaccination contre la rougeole, la méningite, la poliomyélite et le tétanos dans nombre de ses projets en Afrique et en Asie.  L’Ordre a également mis en place des programmes de sages-femmes au Cambodge et ailleurs, qui se sont traduits par une amélioration sensible de la vie des mères et des enfants, a précisé la délégation.  En matière de lutte contre le VIH/sida, l’Ordre connaît un vif succès dans les programmes qu’il a lancés, en particulier dans le domaine de la transmission de la mère à l’enfant, que ce soit en Argentine, au Mexique, en Afrique du Sud et au Cambodge.  L’Observatrice a également relevé les projets de formation et d’éducation en cours dans les pays touchés par le tsunami en 2004, ainsi que ceux qui s’efforcent de préparer les fillettes à prendre en mains leur avenir et, d’une manière générale, à réduire la disparité entre filles et garçons.  Enfin, dans le domaine de l’abus et de l’exploitation sexuels et des violences perpétrées contre les enfants, elle a fait valoir que 80 000 volontaires et 13 000 employés de l’Ordre s’efforçaient actuellement de veiller à ce que les enfants du monde entier puissent grandir en toute sécurité et reçoivent toute l’attention requise pour leur épanouissement.

M. FERNANDO M. VALENZUELA, Chef de la délégation de la Commission européenne, a déclaré que l’un des résultats majeurs obtenus durant cette soixante-deuxième session de l’Assemblée générale est l’adoption, par la Troisième Commission, d’un projet de résolution proposant la nomination pour trois ans d’un « Représentant spécial contre la violence à l’encontre des enfants ».  Il a estimé qu’une telle avancée contribue à la promotion des droits de l’enfant, et que la Commission européenne est pleinement engagée à l’appuyer.  M. Valenzuela a cependant regretté que généralement, la situation des enfants dans le monde continue de se dégrader, les filles et les garçons subissant de plein fouet les conséquences injustes des conflits.  Les violations des droits des enfants sont non seulement une atteinte à la dignité humaine, mais ont aussi pour effet de saper le développement socioéconomique dans le monde globalisé d’aujourd’hui.

Poursuivant son intervention, le Chef de la délégation a indiqué que la politique européenne dans le domaine des enfants met l’accent sur la promotion de la réduction de la pauvreté, cela en impliquant les plus jeunes au dialogue qui doit avoir lieu entre les acteurs sociaux et les décideurs.  M. Valenzuela a également insisté sur l’accent que les Européens mettent sur la lutte contre le trafic des enfants, ajoutant que la Commission est déterminée à mettre en œuvre les Directives de l’Union européenne sur la promotion et la protection des droits des enfants, qui visent l’élimination, a-t-il rappelé, de « toutes les formes de violence à l’encontre des enfants ».  M. Valenzuela a en outre déclaré que la Commission européenne travaille actuellement à l’élaboration d’un plan d’action national, au niveau de chaque pays, pour y accélérer la mise en œuvre de la Convention sur les droits de l’enfant de l’ONU.  Ce plan s’appuie sur une approche intégrée et proposera des objectifs élargis en faveur des enfants, si on le compare aux initiatives précédentes, a-t-il dit.

Explication de vote

Le représentant des États-Unis a déclaré que sa délégation s’était jointe au consensus sur le projet de résolution A/62/L.31, qui contient le texte de la Déclaration de la séance plénière commémorative de haut niveau sur les suites données à la session extraordinaire de l’Assemblée générale consacrée aux enfants.  Il a estimé que ce texte reflète les besoins réels des enfants.  La force de ce document est également de rappeler que les enfants ont besoin de l’amour et des soins de leur famille, « unité fondamentale de la société », comme le proclame la Déclaration universelle des droits de l’homme, a dit le représentant.

REMARQUES DE CLÔTURE

Mme DEEPALI KHANNA, de l’organisation « Plan international », a noté qu’il existe toujours 72 millions d’enfants privés d’accès à l’éducation primaire.  Or, nous savons combien le développement d’un enfant, dès les premières années, est important pour son développement futur, a-t-elle ajouté, avant de souligner que la mortalité infantile en Afrique subsaharienne reste dramatique.  S’agissant toujours de l’Afrique, l’intervenante a indiqué que lors de sa participation au récent Forum du Caire organisé en vue de parvenir à « Une Afrique digne des enfants » Plan international a insisté sur la nécessité que le monde des adultes remplisse les engagements pris au nom de la cause des plus jeunes. 

Mme Khanna a ensuite déploré la situation des enfants vivant dans les campagnes, où les services de santé et d’éducation sont dramatiquement défaillants.  Évoquant les rencontres des membres de son organisation avec les enfants dans ces zones désœuvrées, l’intervenante a déclaré que ces derniers, y compris les jeunes handicapés, sont conscients de la marginalisation dont ils font l’objet.  Pour Mme Khanna, dans le monde globalisé d’aujourd’hui, aucun pays ne peut se permettre de gâcher le talent et les ressources dont sont porteuses les jeunes populations.  Un monde digne des enfants, a-t-elle encore dit, nécessite que tous, gouvernements, organisations internationales, organisations non gouvernementales (ONG) et communautés, nous respections et protégions les droits des plus jeunes, en premier lieu dans les pays en développement. 

« Trop, c’est trop, les enfants ont le droit d’apprendre sans peur », a lancé l’intervenante, en demandant que tout soit fait pour empêcher que les enfants ne tombent dans le piège de la violence.  Rappelant que la Convention relative aux droits de l'enfant a été adoptée il y a près de deux décennies, Mme Khanna a estimé que le temps est venu pour que le monde des adultes assume pleinement ses responsabilités, et qu’il attache à cette Convention autant d’importance qu’il le fait à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement. 

Mlle MILLICENT ORONDA (Kenya) a déclaré qu’il restait encore beaucoup à faire pour créer « Un monde digne des enfants ».  Nous avons encore trois ans devant nous pour y parvenir, a-t-elle affirmé.  C’est la dernière fois que nous pouvons faire une différence.  Il ne doit pas y avoir de discussion quand il y va des intérêts des enfants.  Ce doit être le principe directeur qui doit inspirer toutes vos décisions, toutes vos actions, a-t-elle dit aux représentants des États Membres réunis dans la salle de l’Assemblée générale.  Ainsi, lorsque vous préparez vos budgets nationaux, vous devez vous demander s’ils sont en mesure de couvrir les préoccupations des enfants du pays.  Si les adultes s’engagent pour notre présent, nous nous engageons à préparer l’avenir, a affirmé Millicent Oronda.  Nous nous adressons à vous, les gouvernements et les autorités locales, pour que vous œuvriez à la réalisation des droits des enfants.  Millicent Oronda s’est félicitée que pour la première fois depuis 2006, le taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans soit tombé en dessous de la barre des 10 millions, demandant en conclusion aux États Membres d’en faire encore davantage à l’avenir.

M. SRGJAN KERIM, Président de la soixante-deuxième session de l’Assemblée générale, a déclaré que la contribution la plus remarquable de cette session avait été celle faite par une vingtaine d’enfants en provenance du monde entier et par les 55 qui ont été choisis par les États Membres pour faire partie de leurs délégations.  Les priorités de cette session de l’Assemblée– répondre aux changements climatiques et réaliser les OMD – sont étroitement liées aux engagements pris pour faire advenir « Un monde digne des enfants », a-t-il souligné.  Il est clair que des progrès ont été réalisés depuis 2002, a estimé le Président de la soixante-deuxième session de l’Assemblée générale.  Le nombre d’enfants de moins de cinq ans qui meurent chaque année a diminué, a-t-il dit.  Et jamais autant d’enfants n’ont été scolarisés.  Les filles et les garçons se voient de plus en plus offrir les mêmes possibilités d’éducation, a relevé M. Kerim.  En outre, a-t-il poursuivi, les enfants, notamment ceux touchés par le VIH/sida, ont à leur disposition un plus grand nombre de médicaments.  Le nombre de lois, de politiques et de plans visant à protéger les enfants contre la violence, les mauvais traitements et l’exploitation ne cesse de croître, a encore relevé M. Kerim.

Malgré ces avancées, de nombreux problèmes subsistent, a-t-il dit.  La malnutrition, les pandémies, notamment le VIH/sida, ainsi que le paludisme, la tuberculose et d’autres maladies évitables continuent d’empêcher des millions d’enfants de mener une vie saine.  Le manque d’accès à l’éducation constitue toujours un obstacle majeur à leur développement.  De nombreux enfants continuent d’être victimes de violences, d’exploitation et de mauvais traitements, mais aussi d’iniquité et de discrimination, en particulier les filles, a regretté M. Kerim.  Les délégués enfants ont appelé à une réponse internationale coordonnée à ces questions, notamment en établissant un partenariat fort avec le secteur privé et en fabriquant des médicaments à prix abordable.  Ils ont également attiré l’attention sur le rôle émancipateur de l’éducation et le renforcement de la participation des enfants à la prise de décisions dans les programmes scolaires, a noté M. Kerim.

Le Président de l’Assemblée est revenu sur les propos de certains médias questionnant le lien entre les changements climatiques et les enfants, alors que se tenait, parallèlement à cette séance spéciale, la Conférence de Bali.  M. Kerim a répondu qu’il n’y avait rien de plus simple à comprendre: existe-t-il quelque chose de plus important pour un parent que de garantir un avenir meilleur pour son enfant?  La Déclaration contenue dans la résolution qui a été adoptée aujourd’hui est un reflet de la priorité que l’Assemblée générale accorde aux enfants, a souligné Srgjan Kerim.  Elle réaffirme la volonté politique des États Membres de mettre en œuvre leurs engagements à l’appui du bien-être et des droits des enfants dans le meilleur intérêt de l’humanité, s’est félicité en conclusion le Président de la soixante-deuxième session de l’Assemblée générale.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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