L’ASSEMBLÉE PASSE EN REVUE LE FONCTIONNEMENT DU FONDS CENTRAL D’INTERVENTION, DE L’APPROCHE SECTORIELLE ET DU SYSTÈME DES COORDONNATEURS HUMANITAIRES

19 novembre 2007
AG/10660

L’ASSEMBLÉE PASSE EN REVUE LE FONCTIONNEMENT DU FONDS CENTRAL D’INTERVENTION, DE L’APPROCHE SECTORIELLE ET DU SYSTÈME DES COORDONNATEURS HUMANITAIRES

19/11/2007
Assemblée générale
AG/10660
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-deuxième session

53e & 54e séances plénières – matin & après-midi

L’ASSEMBLÉE PASSE EN REVUE LE FONCTIONNEMENT DU FONDS CENTRAL D’INTERVENTION, DE L’APPROCHE SECTORIELLE ET DU SYSTÈME DES COORDONNATEURS HUMANITAIRES

L’Assemblée générale a examiné aujourd’hui la question du renforcement de la coordination de l’aide humanitaire fournie par les organismes des Nations Unies, en cas de catastrophes naturelles ou de conflits.  Les 40 délégations qui se sont exprimées ont passé en revue le fonctionnement des nouveaux mécanismes de coordination que sont le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires, le principe de la responsabilité sectorielle et le système des coordonnateurs humanitaires. 

Les délégations se sont félicitées du fonctionnement du Fonds central, en déclarant tout de même attendre avec intérêt l’évaluation de ses performances, en particulier les détails sur le nombre de requêtes reçues et acceptées ainsi que sur les critères d’attribution des ressources.  Les délégations ont également dit attendre l’évaluation de la mise en œuvre du principe de la responsabilité sectorielle ou approche sectorielle consistant à tirer parti des avantages comparatifs de chaque fond et programme et à éviter, en conséquence, les doubles emplois. 

Ces succès sont encourageants mais il faut aller plus loin, a estimé le représentant du Japon, en jugeant nécessaire d’augmenter les investissements dans la transition des secours d’urgence au développement, et en conséquence, d’inscrire les efforts dans les travaux de la Commission de consolidation de la paix.

En matière de prévention, de préparation, de réduction des risques et d’alerte rapide, le représentant de l’Inde a dit que le renforcement des capacités nationales doit être le point de départ, même si le rôle de la coopération bilatérale, régionale et internationale demeure indispensable.  Son homologue de la Colombie a en effet voulu que l’on reconnaisse le rôle « prioritaire et essentiel » que doivent jouer les États dans l’organisation de l’assistance humanitaire. 

La coordination entre les agences elles-mêmes est essentielle mais celle des agences et des gouvernements concernés l’est tout autant, en particulier pour l’évaluation des besoins, a-t-elle insisté, en se joignant aux appels pour un transfert plus effectif des technologies de pointe.

Les discussions ont également porté sur la transparence des différents acteurs sur le terrain.  Le représentant de la Fédération de Russie s’est, par exemple, demandé si les ONG qui travaillent en étroite collaboration avec les Nations Unies et qui se proclament indépendants, rendent des comptes.  L’indépendance ne signifie pas absence d’obligation de rendre des comptes, a-t-il indiqué, en disant craindre une situation où le mandat humanitaire autorisé par un gouvernement récipiendaire peut devenir une sorte de couverture pour des activités discutables.

Les délégations n’ont pas manqué de soulever la question de l’accès aux populations vulnérables des acteurs humanitaires.  Le représentant du Mexique a déploré que cette question soit considérée par certains comme un problème d’ingérence, alors que, selon lui, il s’agit du droit des victimes et d’une obligation découlant du droit international. 

La protection des êtres humains affectés par des urgences humanitaires, qu’il s’agisse de catastrophes naturelles ou de situations plus complexes, ne devrait pas être un sujet de controverse, a-t-il conclu, mais devrait être un objectif commun pour lequel gouvernements et organisations internationales travaillent main dans la main.

L’Assemblée générale poursuivra son débat demain, mardi 20 novembre à partir de 10 heures.

RENFORCEMENT DE LA COORDINATION DE L’AIDE HUMANITAIRE ET DES SECOURS EN CAS DE CATASTROPHE FOURNIS PAR LES ORGANISMES DES NATIONS UNIES, Y COMPRIS L’ASSISTANCE ÉCONOMIQUE SPÉCIALE

a)        Renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence fournie par les organismes des Nations Unies

b)        Assistance économique spéciale à certains pays et à certaines régions

c)        Assistance au peuple palestinien

d)        Renforcement de la coopération internationale et coordination des efforts déployés pour étudier et atténuer le plus possible les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl

Aide aux survivants du génocide de 1994 au Rwanda, en particulier aux orphelins, aux veuves et aux victimes de violences sexuelles

Documentation

Rapport du Secrétaire général sur le renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence fournie par les organismes des Nations Unies (A/62/87)

Le présent rapport rend compte des faits survenus au cours de l’année écoulée, récapitule les principales mesures prises pour améliorer le dispositif humanitaire et analyse deux questions thématiques, l’utilisation de ressources militaires dans le cadre des secours en cas de catastrophe naturelle et le financement des opérations humanitaires axé sur les besoins, y compris au moyen du Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires.  Dans ses conclusions et recommandations, le Secrétaire général observe en particulier que le nombre des catastrophes liées à des risques naturels risque de s’accroître du fait des changements climatiques et des facteurs de vulnérabilité que sont la croissance démographique, l’urbanisation, la désertification et la dégradation de l’environnement.  L’inefficacité des pouvoirs publics, les conflits armés, les tensions politiques, religieuses et ethniques et la prévalence de l’infection par le VIH et du sida ainsi que d’autres pandémies risquent d’aggraver encore les effets de ces catastrophes.  Plus le système humanitaire sera sollicité, plus les organismes des Nations Unies à vocation humanitaire, le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, l’Organisation internationale des migrations et les organisations non gouvernementales auront du mal à y faire face.  Créer des partenariats, renforcer les moyens dont disposent les autorités nationales et locales ainsi que les organisations régionales et les associations de la société civile, constituent des investissements d’une importance capitale si l’on veut œuvrer efficacement et impartialement à la réduction du facteur de vulnérabilité humanitaire.

Les États Membres sont exhortés à prendre des mesures concrètes destinées à assurer l’accès du personnel humanitaire en toute sécurité et sans obstacle, ainsi que l’acheminement de ses approvisionnements et de son matériel et à les mettre en œuvre sans restrictions, lorsque cela a été convenu avec les acteurs de l’humanitaire.  Les États Membres sont également exhortés à élaborer des plans de préparation aux situations de catastrophe à tous les niveaux et à promouvoir l’organisation périodique d’exercices y relatifs.  Les organismes des Nations Unies et autres organisations à vocation humanitaire devraient améliorer l’exactitude des données relatives aux bénéficiaires de l’aide, à leurs besoins et aux résultats obtenus et, pour cela, s’accorder sur des définitions, des indicateurs, des modalités de collecte des données et d’évaluation des besoins ainsi que sur des normes concernant les systèmes d’information.  Les États Membres sont invités à verser des contributions pluriannuelles plus importantes au Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires afin que sa dotation atteigne 500 millions de dollars, objectif fixé pour 2008.

Rapport du Secrétaire général sur le renforcement des secours d’urgence, du relèvement, de la reconstruction et de la prévention au lendemain de la catastrophe du tsunami dans l’océan Indien (A/62/83)

Le présent rapport relève que deux ans et demi après le tsunami dans l’océan Indien en 2004, les avancées sont visibles dans toute la région.  Les populations concernées vivent dans des maisons neuves, les enfants sont à nouveau scolarisés et les hôpitaux sont reconstruits ou réparés.  Les partenaires et les populations locales ont réalisé, en matière de relèvement et de reconstruction, des progrès considérables, clairement visibles à partir de la fin de 2006.  Le rapport décrit la situation et les mesures qui ont été prises en Inde, en Indonésie, aux Maldives, au Sri Lanka, en Malaisie, au Myanmar, en Tanzanie, aux Seychelles et en Somalie.

De manière globale et en ce qui concerne la transparence et la responsabilisation dans les relations avec les donateurs, y compris l’utilisation des fonds, le contrôle, l’évaluation et les progrès accomplis, le rapport indique qu’il a été donné suite à la recommandation du Secrétaire général tendant à ce que toutes les organisations locales et internationales alimentent les bases de données sur l’aide au développement en informations complètes.  Les quatre bases nationales qui ont été mises en place en vue de documenter l’aide au relèvement et à la reconstruction sont régulièrement mises à jour et fournissent projet par projet des informations sur plus de 2 500 projets distincts, d’un montant de plus de 7 milliards de dollars.  L’assistance technique fournie par le système des Nations Unies a notamment concerné le renforcement des capacités des organismes publics chargés des bases de données afin qu’ils puissent les gérer et les tenir à jour et en garantir ainsi la pérennité, de même que la diversification des données pour répondre à des objectifs plus larges et à plus long terme.

Au plan de l’atténuation des risques, de l’alerte rapide et de l’intégration de la prévention dans la planification du développement, le Secrétaire général indique que depuis le tsunami, un grand nombre d’activités destinées à évaluer et renforcer les systèmes d’alerte rapide ont été essentiellement axées sur la mise en place d’une structure de gouvernance, l’application technique des systèmes, la sensibilisation de la population et la planification préalable des secours.  Plusieurs activités de formation ciblées auxquelles ont participé plus de 150 responsables nationaux et chercheurs ont été organisées dans les pays de l’océan Indien et se poursuivent.  Enfin, à l’heure actuelle, le système d’alerte rapide aux tsunamis dans l’océan Indien comprend des réseaux d’observation sismographique et océanique, des centres d’analyse et de conseils et des centres régionaux d’alerte reliés aux activités d’évaluation des risques et de planification préalable.  Vingt-six pays (sur 28) ont mis en place des centres officiels d’alerte aux tsunamis pouvant recevoir et diffuser des alertes 24 heures sur 24.

Rapport du Secrétaire général sur le Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires (A/62/72)

Dans ce document, le Secrétaire général indique que le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF), créé en mars 2006, a progressé vers la réalisation de ses objectifs, à savoir assurer un financement rapide, coordonné, régulier et équitable pour les interventions humanitaires d’urgence, sur la base de besoins avérés.  Le Fonds a donné la preuve qu’il était un instrument précieux commun dont la communauté internationale pouvait se servir pour atteindre les objectifs fixés par l’Assemblée générale.  Il indique en outre que le Fonds a donné les meilleurs résultats lorsque l’accent était mis sur la direction à l’échelon national et la prise de décisions conjointes.  Mais pour assurer le succès et la viabilité du Fonds, il faudra accroître le niveau des ressources à 500 millions de dollars d’ici à la fin de 2008.

Rapport du Secrétaire général sur la coopération internationale en matière d’aide humanitaire à la suite de catastrophes naturelles: de la phase des secours à celle de l’aide au développement (A/62/323)

Le présent rapport met en lumière les principales tendances qui se dégagent au sujet de la préparation internationale aux catastrophes naturelles et leurs conséquences sur le plan humanitaire.  Il énonce également les principales difficultés auxquelles la communauté internationale doit faire face pour améliorer sa capacité de réagir aux catastrophes naturelles et renforcer les capacités des pays qui y sont exposés à gérer ces catastrophes.  Dans ses conclusions, il encourage les États Membres et les organisations régionales et internationales à identifier les pratiques optimales propres à améliorer la préparation aux catastrophes et à en promouvoir la diffusion, et reproduire à plus grande échelle les initiatives locales qui se sont avérées efficaces.  Les États Membres et les organismes humanitaires partenaires sont en outre invités à intensifier leurs activités destinées à mettre en œuvre le Cadre d’action de Hyōgo pour 2005 et à renforcer les systèmes permettant de déceler et de surveiller les risques de catastrophe et les points faibles.  Les États Membres sont enfin invités à envisager de promouvoir l’élaboration de textes législatifs et de cadres réglementaires destinés à appuyer les actions qui sont menées.

Rapport du Secrétaire général sur la sécurité du personnel humanitaire et protection du personnel des Nations Unies (A/62/324, Corr.1 et Corr.2)

Dans ce rapport, le Secrétaire général se dit extrêmement préoccupé par le fait que les agents humanitaires et le personnel des Nations Unies continuent malheureusement d’être victimes de prises d’otages et de menaces délibérées dans les zones de conflit, en particulier dans celles qui relèvent des opérations de maintien ou de consolidation de la paix des Nations Unies, ainsi que par la vulnérabilité du personnel des Nations Unies et des organisations humanitaires recruté au niveau local.

Les agents des Nations Unies recrutés au niveau local continuent en effet de voir leur sécurité de plus en plus menacée et ont été, dans certains cas, victimes d’actes de violence et de harcèlement et de détentions illégales dans des zones où leurs services sont tout à fait essentiels pour appuyer les activités des Nations Unies, observe le Secrétaire général.  Il est par conséquent nécessaire, ajoute-t-il, que l’Organisation et la communauté internationale maintiennent à l’examen les divers arrangements opérationnels et administratifs nécessaires pour assurer, comme il convient, la sûreté et la sécurité du personnel recruté au niveau local.  Le Département de la sûreté et de la sécurité, en consultation avec les organes et départements compétents des Nations Unies, s’efforce d’agir dans ce domaine, se félicite le Secrétaire général, mais il n’en reste pas moins urgent d’instaurer à tous les niveaux une culture de vigilance et de responsabilité pour la protection du personnel recruté au niveau local et des agents humanitaires nationaux.

L’engagement soutenu de la communauté internationale pour ce qui est de veiller à ce que la gestion de la sécurité fasse partie intégrante des opérations humanitaires des Nations Unies est essentiel pour que les mandats humanitaires soient mis en œuvre dans l’ensemble du monde, poursuit Ban Ki-moon.  Étant donné qu’il appartient au premier chef aux gouvernements hôtes d’assurer la sécurité et la protection du personnel des Nations Unies et du personnel associé, les problèmes actuels de sécurité exigent que soit instaurée une responsabilité collective mondiale et que soient prises en commun des mesures concrètes visant à promouvoir le respect des principes convenus sur le plan international pour assurer la sûreté et la sécurité des agents humanitaires et du personnel des Nations Unies, recommande le Secrétaire général.

Il est demandé à tous les États Membres de se pencher sur trois questions d’actualité: les arrestations et les détentions illégales des agents humanitaires et du personnel des Nations Unies; les obstacles à la liberté de circulation du personnel des Nations Unies et des agents humanitaires et l’impunité à l’égard d’infractions commises contre les agents humanitaires et le personnel des Nations Unies.  Les pays n’ont pas tous mené des enquêtes approfondies sur les attaques ou les menaces à l’encontre du personnel des Nations Unies recruté aux niveaux international et local et du personnel associé, ni n’ont tenu les auteurs de ces infractions responsables conformément aux dispositions du droit international ou du droit interne, fait observer le Secrétaire général.

En conclusion, celui-ci se dit gravement préoccupé par les difficultés rencontrées par les Nations Unies dans quelques pays au sujet de l’importation de matériel de communication.  Il lance donc un appel à tous les États Membres qui ont imposé des restrictions à cet égard pour qu’ils les lèvent immédiatement.  La première ligne de défense pour la protection du personnel humanitaire et des Nations Unies demeure la culture de la responsabilité de tous les intéressés et l’engagement actif des États Membres, des autorités locales et des responsables à tous les niveaux.

Rapport du Secrétaire général sur l’assistance au peuple palestinien (A/62/82)

Le présent rapport rend compte des efforts déployés par les organismes des Nations Unies, en collaboration avec leurs partenaires palestiniens et ceux des donateurs, pour venir en aide à la population et aux institutions civiles palestiniennes.  Il indique que la période de mai 2006 à avril 2007 a été marquée par une forte récession de l’économie palestinienne et l’aggravation de la situation socioéconomique et humanitaire de la population.  Nombre de donateurs ont réexaminé leur politique d’assistance à l’Autorité palestinienne au regard des trois principes énoncés en janvier 2006 par le Quatuor pour le Moyen-Orient.  Le Gouvernement israélien a, par ailleurs, continué de bloquer le transfert des recettes fiscales qu’il encaisse au nom de l’Autorité palestinienne, à l’exception d’un transfert effectué au début de 2007.  De ce fait, malgré une aide accrue, l’Autorité palestinienne doit faire face à une crise budgétaire qui ne cesse d’empirer, ce qui aggrave la situation déjà précaire du Territoire palestinien occupé.  Le rapport précise en outre que ces faits se sont déroulés sur fond de violence incessante entre Israéliens et Palestiniens, ainsi qu’entre Palestiniens, ce qui a coûté la vie à des victimes innocentes des deux côtés.

Rapport du Secrétaire général sur la recherche d’une efficacité optimale dans l’action internationale entreprise pour étudier et atténuer le plus possible les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl (A/62/467)

Le présent rapport est soumis conformément à la résolution 60/14 de l’Assemblée générale, en date du 14 novembre 2005, sur le renforcement de la coopération internationale et la coordination des efforts déployés pour étudier et atténuer le plus possible les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, dans laquelle l’Assemblée a prié le Secrétaire général de lui présenter à sa soixante-deuxième session un rapport où figurerait une évaluation détaillée de la suite qui aura été donnée à la résolution.  Le rapport présente les activités entreprises par les fonds, programmes et institutions spécialisées des Nations Unies en vue de promouvoir la remise en état des zones touchées par la catastrophe de Tchernobyl, notamment leur participation aux manifestations commémorant le vingtième anniversaire de l’accident.

Il souligne notamment que, face aux conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, les organismes des Nations Unies et les Gouvernements du Bélarus, de la Fédération de Russie et de l’Ukraine ont adopté une approche commune axée sur le développement.  Ils ont en effet reconnu que deux décennies après l’accident, le retour à une vie normale était une perspective réaliste pour la plupart de ceux qui vivent dans les régions touchées par l’accident de Tchernobyl.  Pour que cette perspective se concrétise, il faudra surtout assurer un développement social et économique durable, ce qui veut dire de nouveaux emplois, de nouveaux investissements et un sens de l’autonomie dans la communauté.  À cet effet, le Secrétaire général a souligné que la forte croissance économique que connaissent les trois pays concernés est encourageante, en ce qu’elle constitue un moteur puissant d’atténuation de la pauvreté et de création de possibilités.  Dans cette optique, M. Ban a appelé à renforcer la coopération parmi les organismes des Nations Unies et au niveau sous-régional en vue d’échanger des pratiques optimales par-delà les frontières.

De même, le rapport précise qu’il reste nécessaire de poursuivre les efforts de développement communautaire et de fournir des informations exactes aux populations touchées sur l’effet du rayonnement.  En effet, le Secrétaire général a noté que les projets de développement communautaire (comme ceux qui sont exécutés en Ukraine par le Programme de relèvement et de développement pour la région de Tchernobyl) sont très prometteurs pour ce qui est à la fois de répondre aux besoins en matière d’infrastructure à petite échelle et de rétablir le sens de la cause commune, de l’initiative et de la confiance en soi chez ceux qui, deux décennies après l’accident, souffrent encore de passivité et de désespoir.

La proposition de proclamation de la troisième décennie du développement durable des régions touchées par l’accident mérite d’être examinée, a rappelé M. Ban.  Formulée par le Bélarus, elle pourrait en effet aider à concentrer les efforts d’assistance sur l’objectif du retour à la vie normale des communautés touchées et fixer un calendrier réaliste pour la réalisation de cet objectif.  Une telle proclamation nécessiterait cependant un cadre pratique, a spécifié le rapport.  Dans cet esprit, le Bureau du Coordonnateur des Nations Unies pour la coopération internationale pour Tchernobyl a proposé de coordonner l’élaboration d’un plan d’action des Nations Unies pour le relèvement de Tchernobyl d’ici à 2016.  Un bref aperçu des activités envisagées en commun par les organismes des Nations Unies pourrait aider à utiliser au mieux les maigres ressources disponibles, à éviter les doubles emplois et à tirer le meilleur parti des mandats et des compétences des différents organismes.  L’objectif commun à atteindre, a appuyé le Secrétaire général, devrait être de faire en sorte que, d’ici à 2016, fin de la troisième décennie après l’accident de Tchernobyl, la région surmonte le discrédit dont elle souffre aujourd’hui, que les communautés prennent leur vie totalement en main et que la normalité devienne une perspective réaliste.

Rapport du Secrétaire Général sur l’aide humanitaire et l’appui au relèvement fournis à certains pays et à certaines régions (A/62/310)

Le présent rapport est soumis à l’Assemblée générale en réponse à ses demandes formulées dans les résolutions 60/217, 60/218, 60/225 et 61/217.  Il dresse un bilan de la situation dans quatre pays –Djibouti, Éthiopie, Philippines et Rwanda- et analyse les difficultés auxquelles se heurtent les Nations Unies et leurs partenaires pour apporter une aide humanitaire, des secours d’urgence et un appui au relèvement aux pays touchés par divers types de catastrophes naturelles ou causées par l’homme.

Le rapport note que le Gouvernement djiboutien n’a pas encore trouvé les ressources techniques et financières nécessaires pour résoudre le problème de la faim et travailler à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Une assistance humanitaire d’urgence est d’ailleurs nécessaire pour atténuer les conséquences néfastes des taux extrêmement élevés de malnutrition.  À cet effet, l’initiative nationale pour le développement social, qui sera lancée en janvier 2007, propose une stratégie nationale globale et équilibrée reflétant les besoins des populations les plus vulnérables, tout en s’alignant sur les Objectifs du Millénaire pour le développement.  Celle-ci repose sur les principes de la décentralisation, de la participation et de la bonne gouvernance politique, sociale, économique et financière et constituera l’épine dorsale des futures politiques djiboutiennes en matière de développement économique et social.

En Éthiopie, le Secrétaire général a jugé indispensable d’améliorer la préparation, la planification et la réduction des risques, en ce qui concerne notamment les situations d’urgence soudaines, comme les crues, afin de faciliter une intervention rapide.  Le sous-développement chronique des infrastructures, en particulier celui du réseau routier, entrave également l’accès des agents humanitaires, notamment pendant les inondations.

Il a appelé à une approche globale afin de répondre aux besoins prévisibles et urgents dans les domaines de la santé, de la nutrition, de l’eau et de l’assainissement, et de l’agriculture, de même qu’une démarche plus rationnelle afin de répondre aux besoins spécifiques des groupes vulnérables, y compris les éleveurs.

Le rapport souligne également le besoin d’intensifier le dialogue avec le Gouvernement afin d’améliorer et de faciliter l’accès humanitaire à la région somalie pour éviter d’aggraver les souffrances humaines.  Aux Philippines, le Département de l’environnement et des ressources naturelles et l’administration de la province de Guimaras ont présenté un rapport sur le programme relatif aux autres moyens de subsistance.  Ces deux entités ont indiqué que les projets avaient été menés à bien, ce qui avait permis de diversifier considérablement l’économie locale.  Ce rapport a souligné qu’au moins 3 500 familles –qui dépendent principalement de la pêche et vivent dans les zones les plus affectées– ont, dès les premières activités, bénéficié des projets, directement ou indirectement.  Par ailleurs et dans le cadre des efforts de nettoyage, de relèvement et de stabilisation de l’environnement qui se poursuivent dans la zone de la marée noire, le Département de l’environnement et des ressources naturelles a présenté au PNUD un plan de travail et de financement décrivant les modalités de suivi et d’évaluation prévues en 2007.  Ce plan vise expressément le contrôle de la qualité de l’eau, la surveillance des mangroves et l’établissement de cartes à ce sujet, et une évaluation de la diversité biologique.

Le Secrétaire général a toutefois rappelé qu’un appui supplémentaire important reste nécessaire pour atteindre les objectifs à moyen terme, et comportant notamment: la restauration complète de l’environnement endommagé, la poursuite du développement et le renforcement des programmes relatifs à des moyens de subsistance différents, l’amélioration de la gestion des risques de catastrophe, la planification préalable aux catastrophes et l’atténuation de leurs effets pour établir des communautés capables de résister aux catastrophes, et la promotion du développement dans le secteur du tourisme.

Concernant le Rwanda, le rapport note qu’au cours des dernières années, les organismes du système des Nations Unies se sont engagés avec plus de détermination à continuer d’appuyer les efforts déployés par le Rwanda pour relever les défis qui se sont posés au lendemain du génocide de 1994.  Un soutien technique et financier a été apporté par divers organismes des Nations Unies qui contribuent à l’élaboration et à la mise en œuvre de politiques économiques et sociales en faveur des personnes pauvres et défavorisées, en particulier les orphelins, les veuves et les victimes de violences sexuelles.

Le Secrétaire général a cependant noté que, pour que les Objectifs du Millénaire pour le développement soient réalisés, l’Équipe de pays des Nations Unies aura besoin d’un soutien supplémentaire afin d’investir dans les secteurs prioritaires du Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement: gouvernance, santé, éducation, environnement, croissance durable et services sociaux.

Débat interactif

M. YURIY SERGEYEV (Ukraine) a réitéré l’importance du rôle des Nations Unies, et particulièrement du Programme des Nations Unies sur le développement (PNUD), dans le renforcement de la coopération internationale pour atténuer les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.  Il a plaidé pour que la question reste à l’ordre du jour des futures assemblées générales et soit examinée en plénière dans le cadre des sessions humanitaires, en mettant l’accent sur l’aide économique.  Le projet de résolution, a estimé le représentant, est une plate-forme pour l’action future visant à optimiser la réponse internationale.  Le projet reconnait l’importance d’une coopération internationale renforcée, a-t-il ajouté.  L’intervenant a dit attacher beaucoup d’importance aux propositions du PNUD de coordonner l’élaboration d’un plan d’action des Nations Unies pour redressement de Tchernobyl d’ici à 2016, entrant dans le cadre de la Décennie en faveur des régions affectées. 

S’exprimant au nom de l’Union européenne, M. JORGE DE LEMOS GODINHO (Portugal) a rappelé que les évènements de cette année, en particulier au Darfour, avaient démontré l’importance d’une riposte immédiate et cohérente de la communauté humanitaire ainsi que la nécessité de renforcer la coopération et la collaboration avec les gouvernements nationaux et locaux.  Dans son futur « consensus sur l’aide humanitaire », qui devrait être adopté à la fin de l’année, l’Union européenne réaffirme que son action humanitaire doit être fondée sur les besoins et le respect des principes humanitaires.  L’Union appuie aussi, a poursuivi le représentant, le rôle central et de coordination des Nations Unies dans la promotion d’une réponse internationale cohérente aux crises humanitaires. 

Le représentant s’est ensuite attardé sur la question de l’accès aux populations, en dénonçant notamment les obstacles bureaucratiques.  Il a aussi condamné les attaques contre le personnel humanitaire, en soulignant une fois encore la nécessité de traduire en justice les auteurs de tels actes illégaux.  Notant que cette année, le nombre des réfugiés est passé à 10 millions et celui des personnes déplacées à 24, le représentant s’est félicité du rôle de chef de file joué par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).  L’Union, a souligné le représentant, approuve cette approche sectorielle qui permet de combler les lacunes, d’éviter les doublons et de mobiliser efforts et ressources.  Il a appelé les États à répondre à l’Appel final pour la création d’une capacité de réponse humanitaire mondiale.  Il a jugé que le système de coordonnateur humanitaire/coordonnateur résident est la clef d’une réponse humanitaire coordonnée au niveau des pays.

En l’occurrence, l’Union encourage les partenariats avec les acteurs locaux, les ONG ainsi que le Mouvement de la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge.  En outre, pour le représentant, le rôle des Nations dans la transition des activités de secours à celles de développement devraient être renforcé, aussi bien dans les cas de catastrophes naturelles que pour les situations complexes d’urgence.  Sur ce dernier point, il a déclaré que la Commission de consolidation de la paix peut faire une contribution importante à une réponse coordonnée aux États sortant d’un conflit. 

Quant au financement, le représentant s’est félicité de l’augmentation des ressources du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF).  Pour sa part, a-t-il dit, l’Union reste fidèle à l’objectif fixé de 500 millions de dollars d’ici à 2008.  Concernant les appels conjoints, il a estimé qu’il faut déployer davantage d’efforts pour mieux coordonner l’évaluation des besoins.  La communauté humanitaire doit aussi développer des mécanismes communs pour compiler des données plus précises sur les besoins, l’assistance et la performance humanitaires.  Relevant la multiplication des catastrophes naturelles, le représentant s’est félicité du Forum humanitaire mondial et de son intention de consacrer sa première phase de travail à l’impact humanitaire des changements climatiques. 

En la matière, il a exprimé l’attachement de l’Union à l’établissement d’une capacité de réduction des risques, de préparation et de réponse, à tous les niveaux.  Il a donc appelé les États à mettre en œuvre les priorités fixées dans le Cadre d’action de Hyogo et d’intégrer les efforts de réduction des catastrophes dans les stratégies de développement durable et de lutte contre la pauvreté.  Les mécanismes d’alerte rapide doivent être améliorés et élargis, a insisté le représentant.  S’agissant de la question de Tchernobyl, il a argué que compte tenu de l’amélioration de la situation, ces deux dernières années, cette question devrait figurer parmi celles du développement plutôt que dans les questions humanitaires.  Le représentant a conclu en soulignant l’importance des « principes et bonnes pratiques d’action humanitaire ».

M. VLADIMIR TSALKO, Vice-Ministre pour les situations d’urgence de la République du Bélarus, a indiqué que les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl se faisaient toujours sentir aujourd’hui aux plans démographique, environnemental et économique dans son pays.  Sur le plan économique, le représentant a estimé à 235 milliards de dollars les pertes subies par son pays au cours des 30 dernières années.  L’intervenant a ajouté que son gouvernement consentait d’énormes efforts pour atténuer ces effets en aidant les populations à vivre normalement.  Depuis 1993, a-t-il dit, trois programmes d’État ont été mis en œuvre et l’entrée en vigueur d’un quatrième programme d’un budget d’1,6 milliard de dollars vise à améliorer le système de santé et la fourniture d’eau et d’énergie dans les régions contaminées ainsi que le développement de nouveaux logements, hôpitaux, écoles et maternelles.  L’orateur a ensuite souligné l’importance de lier ces programmes nationaux avec l’assistance internationale dans les domaines économique, humanitaire et scientifique.  Enfin, M. Tsalko a appelé tous les États Membres à appuyer la candidature de son pays au Sous-Comité scientifique sur les effets des rayonnements ionisants.  

M. ABDULLATIF H.SALLAM (Arabie saoudite) a rappelé que son pays a toujours contribué aux fonds et programmes des Nations Unies et a fait des contributions supplémentaires quand le besoin s’en est fait sentir.  Quelque 361 millions de dollars ont ainsi été mobilisés au cours des trois dernières années par le Croissant-Rouge saoudien.  Par ailleurs, l’Arabie Saoudite a cette année consenti un don de 83,7 milliards de dollars, représentant 4% du PIB national -soit le pourcentage le plus élevé-, à 87 pays en développement, dans le cadre d’accords bilatéraux.  Le représentant a ajouté que l’aide humanitaire déployée par son pays ne passe pas uniquement par ces canaux bilatéraux mais aussi par les institutions régionales de développement.  Au titre de l’allégement de la dette, l’Arabie Saoudite a également annulé 6 milliards de dollars, a souligné le représentant, avant de plaider pour un pacte de développement entre le Nord et le Sud afin d’assurer la sécurité et la paix internationales, en favorisant notamment le transfert de technologies par la libéralisation du commerce international.

Mme NATASHA SMITH (Australie) a estimé qu’il n’était plus pertinent de présenter le principe de la responsabilité sectorielle, le renforcement des coordinateurs humanitaires et des mécanismes comme le CERF comme relevant de nouvelles approches. Ces composants font partie intégrante de l’action humanitaire et leur intégration doit se poursuivre en tenant compte des besoins.  Elle a d’ailleurs dit attendre avec intérêt les résultats de l’étude indépendante sur le CERF et l’approche sectorielle. Le meilleur système du monde serait inutile s’il ne peut atteindre les communautés affectées, a poursuivi la représentante en insistant sur la question de l’accès et de la sécurité du personnel humanitaire.  Sur ce dernier point, la représentante a estimé qu’il faut encourager les pays récipiendaires de coopérer étroitement avec les organisations humanitaires.   Passant ensuite à la protection des civils, la déléguée australienne s’est inquiétée de la persistance des violences sexuelles dans les situations d’urgence. Les auteurs de ces crimes doivent être traduits en justice et les victimes prises en charge, a dit Mme Smith, avant de plaider pour un accroissement des mesures de prévention dans les domaines liés de l’humanitaire et de la santé.  Elle a attiré l’attention sur le Cadre d’action de Hyōgo.

M. MOHAMMAD KHALED AL AJRAN (Koweït) a exprimé sa gratitude à tous ceux qui œuvrent sur le terrain à fournir l’aide humanitaire.  Il s’est inquiété qu’ils soient pris pour cibles ou soient l’objet de menaces et a donc appelé tous les pays qui les accueillent à entreprendre tous les efforts nécessaires pour garantir leur sécurité.  Le représentant a rappelé que son pays était en tête de ceux qui fournissent l’aide d’urgence aux victimes des catastrophes naturelles.  Cette aide s’effectue de manière bilatérale et directe avec les États des régions dévastées, a-t-il souligné, citant les interventions du Koweït pour venir en aide aux populations touchées par les inondations en République populaire démocratique de Corée en septembre 2007, le typhon Yamin au Pakistan et les inondations en Somalie en juillet 2007, l’ouragan Katrina aux États-Unis, le tremblement de terre en Asie du Sud, le Tsunami ou l’ouragan Wilma dans les Caraïbes en novembre 2005.  Il a en outre précisé que son pays contribuait au Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaire à auteur de 200 millions de dollars.  Le représentant a enfin appelé les États Membres à faire du système d’alerte rapide une des priorités des plans nationaux, régionaux et internationaux pour la gestion des catastrophes.

M. HJÁLMAR W. HANNESSON (Islande) a salué les améliorations apportées par les Nations Unies dans la coordination de l’assistance humanitaire.  Selon lui toutefois, l’incorporation des questions d’égalité hommes-femmes devraient être envisagée de manière systématique dans le cadre de la réforme de cette assistance.  Évoquant la question des ressources, il a souligné l’importance de financements prévisibles rapides et solides au lendemain de catastrophes humanitaires.  Le représentant a ensuite salué l’action des organisations non gouvernementales et du secteur privé, notamment celui des pays en développement, avec lequel l’Islande souhaite établir des partenariats.  Abordant la question de l’assistance au peuple palestinien, il a rappelé à la suite du Secrétaire général dans son rapport la nécessité de poursuivre et de renforcer cette assistance, en particulier auprès des femmes et des enfants, qui sont tout particulièrement vulnérables en situation de crise.  En sa qualité de responsable du segment affaires humanitaires de la session de fond de l’ECOSOC, M. Hannesson a voulu que dans les débats, l’on ne perde pas de vue la raison du travail humanitaire.  Pendant la session de l’ECOSOC, il s’est dit impressionné de voir combien l’accent était sur le « pourquoi » et beaucoup moins sur le « comment ».  Il semble, s’est-il félicité, que les experts gouvernementaux ou humanitaires aient réalisé qu’ils sont là pour aider les gens dans le besoin, pour sauver des vies et assister les survivants des catastrophes.  Ils ont compris, s’est encore félicité le représentant, que les moyens d’action ne sont pas une fin en soi.  Si nous continuons notre travail dans cet esprit positif, a encouragé le représentant, nous ferons la différence.

M. ANDREAS BAUM (Suisse) a affirmé que la préservation de son espace d’action est la condition préalable à l’assistance humanitaire.  Or, le personnel local et international des organisations humanitaires a payé un lourd tribut en vies humaines, a-t-il rappelé.  De même, l’accès rapide, intégral et sans entraves à toutes les personnes affectées n’est pas satisfaisant dans de nombreux contextes.  L’espace humanitaire n’est pas garanti, mais doit être négocié et assuré par un effort commun de tous les acteurs impliqués, surtout en cas de situation d’urgence complexe.  Le droit international, en premier lieu les Conventions de Genève et leurs Protocoles additionnels, mais aussi la Convention sur la sécurité du personnel des Nations Unies et le personnel associé et son Protocole facultatif, contient des normes essentielles permettant de règlementer l’espace de l’action humanitaire, a fait valoir la délégation.  Malheureusement, ces obligations sont trop souvent ignorées trop. 

Le représentant a estimé que la réforme du système humanitaire onusien, initiée il y a deux ans, montrait certains résultats encourageants, mais que les efforts pour renforcer durablement la capacité et l’efficacité du système sur le terrain doivent être redoublés.  Nous souhaitons que le processus soit placé dans une perspective plus large, a expliqué la délégation en soulignant que le renforcement de la coordination de l’aide d’urgence est un sujet qui précède cette réforme et qui demeurera au centre des préoccupations.  Alors que les réformes entamées il y a deux ans donnent une orientation claire en vue d’améliorer les aspects opérationnels de la coordination humanitaire, il y a bien moins de clarté par rapport à l’évolution normative des politiques et principes humanitaires depuis l’adoption de la résolution 46/182, a estimé le représentant.  Il a donc jugé qu’un exercice d’analyse et d’état des lieux du cadre normatif de la coordination humanitaire pourrait contribuer à identifier les domaines qui doivent être promus en priorité, y compris dans les futures résolutions de l’Assemblée générale.  Il a conclu en attirant à son tour l’attention sur les engagements pris dans le Cadre d’action de Hyōgo.

M. JORGE VOTO-BERNALES (Pérou) a, parmi les principes qui doivent présider à toute opération humanitaire, souligné l’importance d’une culture d’alerte rapide, d’une mobilisation rapide des ressources et des personnels, de programmes incluant la réhabilitation de l’état de droit, d’une coopération Nord-Sud et Sud-Sud, ainsi que l’importance de la participation d’experts aux efforts humanitaires, notamment en ce qui concerne les transferts de technologie.  Le représentant a ensuite souscrit au diagnostic posé par le Secrétaire général, estimant que les effets de plus en plus catastrophiques des changements climatiques contribuaient à l’aggravation des conditions de vie des populations.  Il faudrait, a-t-il dit, élaborer une démarche de gestion des catastrophes naturelles qui mette davantage l’accent sur l’interdépendance des phénomènes.  Par ailleurs, à mesure que le secteur privé devient un partenaire dans les opérations humanitaires déployées par les Nations Unies, il est nécessaire d’adopter des cadres normatifs pour faciliter sa participation.  M. Voto-Bernales a enfin encouragé les interventions au niveau régional, comme cela a été le cas avec la communauté des pays andins après le séisme survenu au Pérou le 15 août dernier.

M. PRAHBA THAKUR (Inde) a plaidé en faveur d’une forte coopération entre les Etats afin de définir des solutions collectives et innovantes aux défis posés par les catastrophes.  Par conséquent, il s’est félicité de la création du Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires destiné à être un instrument non-politique de coopération et de soutien aux pays en voie de développement lorsque ces derniers en ont besoin.  Il a estimé que les 2 millions de dollars apportés par son pays au Fonds, lors de son lancement l’an dernier, reflétaient le soutien de l’Inde à ce programme et étaient un signe de solidarité envers les efforts internationaux qui visent à soutenir les pays en voie de développement dans leurs besoins d’aide humanitaire.  Il a rappelé qu’afin de s’assurer du soutien des Etats Membres et des pays donateurs, le Fonds devait se montrer efficace, ce qui passe notamment par la mise à disposition rapide des ressources.  « Il est par conséquent très important qu’il demeure très performant et crédible », a-t-il souligné en demandant des détails sur toutes les demandes de fonds, la part du financement alloué dans chaque cas et les critères de ces allocations. 

En matière de stratégies, le représentant a argué le renforcement des capacités nationales doit en être le point de départ.  Il a reconnu que, dans certains cas, la réponse nationale pouvait s’avérer inadéquate.  Il a donc plaidé en faveur de la coopération bilatérale, régionale et internationale afin de s’assurer une utilisation optimale des capacités de gestion de catastrophes.  Il a également rappelé que des efforts supplémentaires devaient être faits dans le domaine de la prévention, de la réduction des risques et de l’alerte rapide.  Dans ce contexte, le représentant a appelé la communauté internationale à reconnaître la nécessité d’un partage d’information sur les technologies liées à la construction de maison dans les zones sensibles aux tremblements de terre.  Il a aussi souligné la nécessité de réfléchir à la manière d’assurer ces régions par le biais d’une approche qui répartirait les coûts et qui garantirait la viabilité financière de tels mécanismes d’assurance-risques.  Le représentant a aussi déclaré que davantage d’attention devait être portée à la phase de reconstruction à laquelle un pays devait faire face suite à une catastrophe.  En conclusion, M. Thakur a rappelé les principes généraux de l’assistance humanitaire et a déclaré qu’elle devait s’exercer en accord avec les lois nationales, de manière transparente et en étroite collaboration avec le gouvernement concerné; « il y va de la crédibilité même de l’aide humanitaire internationale », a-t-il souligné. 

M. MIKHAIL E. SAVOSTYANOV (Fédération de Russie) a jugé qu’un domaine prometteur de coopération est l’élaboration de mesures d’adaptation aux changements climatiques.  Saluant ensuite l’action du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), le représentant a appelé à davantage de clarté et de transparence.  Il a par exemple estimé qu’on ne voit pas toujours clairement à qui les ONG qui travaillent en étroite collaboration avec les Nations Unies et qui se proclament indépendants, rendent des comptes.  L’indépendance, a insisté le représentant, ne signifie pas absence d’obligations de rendre des comptes.  En l’absence d’une clause de reddition des comptes, il est difficile, a encore dit le représentant, d’assurer la responsabilité, ce qui peut conduire à une situation où le mandat humanitaire autorisé par un gouvernement récipiendaire peut devenir une sorte de couverture pour des activités contraires audit mandat.  Cela pourrait en plus compromettre le principe humanitaire qui est la volonté du fort d’aider le faible.  Le représentant a dit attendre avec impatience l’évaluation par les Nations Unies de la mise en œuvre du principe de responsabilité sectorielle dans les pays pilotes qui doit mettre l’accent sur l’interaction entre la famille des Nations Unies et les ONG. 

Pour ce qui est du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF), le représentant a dit attendre avec intérêt son évaluation, en particulier des détails sur les critères de l’allocation des ressources.  Il faut, a-t-il ajouté, réfléchir aux principes de l’interaction entre le Fonds et les autres mécanismes à travers lesquels les fonds sont versés aux pays récipiendaires, en particulier la Commission de consolidation de la paix.  Il est essentiel d’éviter les chevauchements dans les efforts et de maintenir la transparence dans les critères d’allocations des fonds. 

Le représentant a ensuite porté l’attention sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, qui, plus de 20 ans après, continuent d’affecter la santé des peuples et l’environnement de territoires entiers du Bélarus, de la Russie et de l’Ukraine.  Évoquant la politique de son pays dans ce domaine, il a indiqué que l’accent était mis sur l’évaluation continue de l’impact de la radioactivité sur les programmes de réhabilitation de ces territoires.  Le représentant a conclu en disant que l’adoption par consensus de la résolution présentée par l’Ukraine serait une démonstration de la solidarité de la communauté internationale avec les efforts entrepris par les pays touchés.  L’adoption de ce texte signifierait aussi la volonté de la communauté internationale de conserver à l’ordre du jour la question des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl au niveau mondial.    

M. FARUKH AMIL (Pakistan) a rappelé que son pays a été très durement touché par le tremblement de terre du 8 octobre 2005 qui a détruit en quelques secondes ce que des générations ont édifié.  Tirant les enseignements de cette catastrophe, le représentant a souligné l’importance qu’il y a à intégrer la réduction des risques dans tous les secteurs des politiques nationales de développement.  Il a aussi souligné l’importance que revêt le renforcement des institutions, des mécanismes et des capacités à tous les niveaux, en particulier au niveau des communautés qui sont les premières à répondre aux catastrophes.  Il a également jugé important d’exploiter les connaissances de ces communautés, leur manière de faire face aux catastrophes et leurs pratiques culturelles.  Le représentant a, par ailleurs, insisté sur l’incorporation systématique des approches de réduction des risques dans l’élaboration et la mise en œuvre des mesures de préparation aux catastrophes, dans la réponse et dans les programmes de reconstruction.

M. RIYAD H. MANSOUR, Observateur permanent de la Palestine, a spécifié que sept Palestiniens sur 10 vivent dans la pauvreté dans les territoires occupés, et que l’économie du pays est en dessous de son niveau d’il y a 10 ans à cause des restrictions de mouvement imposées par Israël sur le peuple palestinien et les biens.  La situation est d’autant plus préoccupante dans la bande de Gaza que l’occupation israélienne a plongé le territoire dans un chaos économique et social, s’est-il indigné.  Il a fustigé la punition collective infligée par l’occupant aux populations civiles, en faisant également référence à la fermeture des six points de liaison situés à Gaza, réduisant ainsi l’acheminement des biens ainsi que leurs exportations.  Des projets de construction, estimés à des dizaines de millions de dollars, et mis en œuvre par l’UNRWA, le PNUD ou d’autres agences, ont également été suspendus, a-t-il poursuivi.  Il a en outre déclaré que l’économie palestinienne a souffert d’un manque à gagner équivalent à 8,4 milliards de dollars ces cinq dernières années, avant d’affirmer que la suspension de l’aide humanitaire aux autorités palestiniennes début 2006 a eu des conséquences durables néfastes sur l’économie, et qu’en conséquence à peu près deux tiers des enfants à Gaza souffrent d’anémie, et 51% de la population est sous-alimentée.  Il a en outre milité pour que les organes de coordination d’aide soient revitalisés et s’est félicité des résultats de la réunion du Comité spécial de liaison qui s’est tenue à New York, le 24 septembre 2007, et qui a confirmé l’engagement de la communauté internationale à soutenir l’Autorité palestinienne dans la construction d’institutions viables et efficaces.  Il a conclu en déclarant beaucoup attendre de la conférence des donateurs à Paris qui doit changer, a-t-il voulu, la nature fragmentée de l’aide.  L’aide, a-t-il ajouté, demeure largement fondée sur des positions politiques à court terme plutôt que sur une vision collective à long terme.  Le plan sur la réforme et le développement que l’Autorité palestinienne a élaboré pour la période allant de 2008 à 2010 doit être vu comme ayant valeur de test pour l’appui de la communauté internationale à la reconstruction, à la relance et à la croissance économique des territoires palestiniens.  

M. AHMED AL-JARMAN (Émirats arabes unis) a invité instamment tous les États Membres à renforcer leur coopération avec les organisations humanitaires internationales, notamment en honorant leurs obligations financières auprès des agences concernées.  Les pays industriels devraient appuyer la mise en œuvre des stratégies de réponse aux catastrophes naturelles en aidant les pays récipiendaires à développer leurs capacités nationales, a-t-il suggéré.  Le représentant a également insisté sur le devoir qu’ont les gouvernements des pays récipiendaires de l’aide humanitaire d’assurer un accès sûr aux personnels onusiens et affiliés aux zones affectées par des catastrophes naturelles et des conflits armés. 

M. Al-Jarman a ensuite souligné l’importance d’accroître la solidarité internationale dans les situations d’urgence en demandant aux États Membres de verser, dans les délais impartis, les contributions financières adaptées au mandat des agences humanitaires de l’ONU.  Il a rappelé que son pays a prévu de consacrer en 2008 plus d’un million et demi de dollars à cet effort.  Les Émirats arabes unis sont l’un des contributeurs les plus importants dans le domaine de l’assistance humanitaire, a encore dit le représentant, soulignant l’accent mis par son gouvernement sur l’appui au développement de capacités de gestion et de prévention des catastrophes dans de nombreux pays à travers le monde.

Le délégué a ensuite attiré l’attention sur l’appui de son pays au peuple palestinien durant les crises humanitaires causées par les « politiques cruelles et hostiles imposées par les forces d’occupation israéliennes ».  Les Émirats arabes unis ont ainsi décidé de doubler en 2008 leur contribution à l’UNRWA, cela après avoir versé en août dernier 80 millions de dollars pour soutenir le budget de l’Autorité palestinienne.  Le représentant a de plus ajouté que son pays, par le biais de l’autorité du Croissant-Rouge, a contribué à hauteur de plus de 120 millions de dollars à diverses initiatives récentes d’assistance menées en Palestine.  M. Al-Jarman a finalement pressé les pays donateurs à augmenter cette assistance au peuple de la Palestine et à son gouvernement pour soulager leurs souffrances dans l’attente de la fin de l’occupation israélienne et la création d’un État palestinien indépendant. 

M. JOHN MCNEE (Canada) a salué les efforts déployés depuis l’an dernier pour renforcer l’efficacité et la coordination de l’action humanitaire.  La communauté internationale ne peut toutefois pas se permettre la moindre complaisance, a-t-il ajouté.  Il n’y pas besoin de regarder au-delà des situations qui prévalent dans la région soudanaise du Darfour, au Tchad, au Sri Lanka et en Afghanistan pour prendre la mesure du coût infligé par les conflits aux populations civiles.  En Afghanistan par exemple, où la fourniture d’une aide humanitaire est difficile, il est clair qu’en l’absence de sécurité, il ne pourra y avoir de reconstruction ou de développement démocratique, a indiqué le représentant, affirmant que l’action humanitaire ne pouvait se substituer aux solutions politiques.  En outre, les centaines de milliers de personnes touchées par les catastrophes naturelles survenues l’an dernier rappellent à la communauté internationale l’importance de privilégier les investissements stratégiques dans la réduction des risques afin de minimiser la vulnérabilité à ce type de catastrophes.  Le Gouvernement canadien est convaincu que les efforts pour améliorer la réponse humanitaire des Nations Unies ne devraient plus s’inscrire dans le cadre d’une « réforme ». 

Simplement, une meilleure coordination, des mécanismes de financement plus souples et des coordonnateurs résidents efficaces doivent être vus comme les meilleurs moyens de conduire l’action humanitaire.  Par ailleurs, l’approche sectorielle a prouvé qu’elle pouvait être innovante pour promouvoir une plus grande coopération entre les agences du système des Nations Unies, mieux identifier les faiblesses des capacités de réponse et faciliter le partage de l’information, a poursuivi M. McNee.  Des défis restent cependant à relever, en particulier l’importance de placer la notion de responsabilité au cœur de l’approche sectorielle, et ce afin de veiller à ce que les efforts de coordination se traduisent par des résultats concrets pour les populations en détresse, a préconisé le représentant.

Le Canada a ensuite encouragé le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) à continuer de renforcer le rôle et les capacités des Coordinateurs humanitaires, ainsi que la souplesse des mécanismes de financement des opérations.  À cet égard, le représentant a salué le rôle du Fonds central pour les interventions humanitaires d’urgence, auquel contribuent actuellement plus d’un tiers des États Membres, qu’il s’agisse de pays développés ou de pays en développement.  Il a exhorté ceux qui ne l’avaient pas encore fait à contribuer au Fonds, tout en maintenant leur niveau de participation à d’autres mécanismes de financement.  De telles contributions doivent être guidées par des évaluations fiables et cohérentes et l’OCHA a un rôle déterminant à jouer à cet égard.  Par ailleurs, les travailleurs humanitaires doivent renforcer leur coopération, a relevé M. McNee.  Dans certains cas, les militaires possèdent des capacités d’action uniques, qui peuvent être mises à contribution face à de graves catastrophes naturelles.  L’OCHA a aussi un rôle important à jouer en ce domaine, qui est de s’assurer que les effectifs déployés répondent bel et bien aux besoins recensés et non seulement à l’offre disponible.  De plus, ils doivent être déployés dans le respect des principes d’humanité, de neutralité et d’impartialité.

Ces 10 dernières années, les attaques contre le personnel des Nations Unies et d’autres travailleurs humanitaires ont augmenté considérablement, a noté la délégation, et celles-ci sont souvent perpétrées en toute impunité.  Une fois de plus, le Canada exhorte tous les États Membres qui ne l’ont pas encore fait à signer ou à ratifier la Convention de 1994 sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé, a conclu le représentant.

Mme MONA JUUL (Norvège) s’est élevée contre la persistance du recours aux violences sexuelles comme armes de guerre.  Elle a appelé à la fin de toute impunité protégeant les auteurs de ces crimes, soulignant qu’il est du devoir de la communauté internationale d’assurer que de tels actes ne demeurent pas impunis.  La réponse de l’ONU dans ce domaine doit être plus forte, par le biais notamment de la mise en œuvre des mesures préventives et de protection prévues par les nombreuses résolutions déjà adoptées.  La déléguée a ensuite mis l’accent sur la nécessité d’assurer l’accès humanitaire aux populations des communautés touchées par des catastrophes naturelles.  Selon elle, les gouvernements récipiendaires de l’assistance doivent faciliter un accès rapide et sûr en coopérant étroitement avec les Nations Unies et les autres partenaires.  Refuser un tel accès est une pratique inacceptable qui met en danger la vie de millions de personnes et alimentent d’inutiles souffrances, a estimé Mme Juul.  Elle a ajouté que pour son pays la protection des civils, en particulier dans les conflits armés, est cruciale. 

La prévention, au regard de l’évolution du climat, doit devenir une priorité des Nations Unies, cela afin de mieux faire face aux catastrophes à venir, a encore dit la représentante, pour qui des efforts accrus en la matière permettraient de sauver des vies et d’éviter des coûts importants consacrés à réparer les dégâts.  Mme Juul a conclu son intervention en estimant que les mécanismes d’assistance humanitaire en place devaient être renforcés par davantage de ressources financières et à travers une coordination accrue.

M. ABOU EL MAKAREM HUSSEIN(Égypte) s’est dit préoccupé par l’augmentation des catastrophes naturelles liées au climat, telles que les inondations, les ouragans et les sécheresses, et a rappelé que leur impact économique entrave la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Il a ainsi relevé la nécessité de renforcer la capacité des entités des Nations Unies qui fournissent une assistance humanitaire aux millions d’êtres humains touchés par les catastrophes naturelles, tout comme par les conflits.  À cet égard, il a fait observer qu’en 2006, 4 millions de personnes ont dû fuir leurs maisons en raison de conflits.  En Iraq, près de 100 civils meurent par jour, alors que 8 millions de personnes ont un besoin urgent d’assistance.  En outre, la situation qui a cours en Somalie appelle l’attention accrue de la communauté internationale, a-t-il ajouté, regrettant que peu soit fait pour combler les besoins de paix et de stabilité de ce pays.

Le représentant égyptien a ensuite réaffirmé la nécessité de renforcer les capacités nationales des pays en développement pour répondre aux catastrophes naturelles.  Ces capacités, a-t-il poursuivi, sont limitées en raison d’un manque de ressources et de financement.  Il a appelé les donateurs et les organisations humanitaires à investir dans les processus de préparation, de redressement et de réduction des risques et relevé l’importance de la dimension régionale à cet égard.  Il a souligné que les acteurs humanitaires doivent agir en conformité avec le droit national et international lorsqu’ils aident les citoyens d’un pays et s’attacher à ne pas violer les principes de la Charte des Nations Unies et du droit international humanitaire, en commettant des abus sexuels ou du trafic d’enfants, par exemple.  L’Égypte, qui souhaitait participer aux efforts internationaux pour améliorer la réponse aux catastrophes humanitaires, a tenu à être l’un des fondateurs du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires, a-t-il souligné.  D’autre part, M. EL MAKAREM a attiré l’attention sur la réalité du peuple palestinien, la qualifiant de « tragédie humaine » qui appelle un renforcement des efforts d’assistance de la communauté internationale.  Il a à cet égard fait observer que l’UNRWA devrait être en mesure d’assumer son rôle dans les territoires palestiniens et a souhaité qu’Israël respecte l’Accord sur l’accès et le mouvement. 

M. LIU ZHENMIN (Chine) a estimé que le renforcement de la coordination de l’aide humanitaire était devenu une tâche nouvelle et difficile pour l’ONU.  Au sein du système de l’ONU, a-t-il noté, de nombreux départements et agences impliqués dans l’aide humanitaire ont des compétences, des champs d’opération, des centres d’intérêts et des avantages comparatifs différents.  Ils se complètent entre eux mais doublonnent aussi dans une certaine mesure, a-t-il ajouté.  Selon lui, il faut donc renforcer la coordination interagences, améliorer la planification globale des activités humanitaires, clarifier la division du travail et renforcer l’efficacité des opérations en matière de coûts et d’utilisation des ressources.  Le représentant de la Chine a estimé également que l’ONU jouait un rôle irremplaçable dans la coordination des activités d’assistance fournies par l’ensemble de la communauté internationale.  Il a salué la construction de partenariats entre l’ONU et les pays concernés, les institutions internationales et les organisations non gouvernementales, dans la perspective d’améliorer l’échange d’informations et d’élargir les zones de coopération.  M. Zhenmin a jugé toutefois qu’en matière d’assistance humanitaire, c’était d’abord au gouvernement du pays touché de coordonner cette assistance et que l’ONU devait toujours respecter les principes d’humanité, de neutralité et d’impartialité ».  Il a salué le travail du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et a souhaité qu’il continue de coopérer activement avec les gouvernements des pays touchés.  Le représentant de la Chine a également appelé tous les gouvernements, en particulier ceux des pays développés, à contribuer généreusement au Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires, lancé en mars 2006, afin qu’il puisse atteindre l’objectif des 500 millions de dollars collectés pour 2008.

M. HILARIO G. DAVIDE (Philippines) a salué les conclusions rendues dans son rapport par le Secrétaire général au sujet de la marée noire déclenchée par le naufrage, le 11 août 2006, d’un pétrolier au large de la côte sud-ouest de la province de Guimarães, ainsi que l’assistance accordée au pays par de nombreux États Membres et organismes des Nations Unies.  Cependant, le même rapport souligne qu’un appui supplémentaire important reste nécessaire pour assurer le relèvement économique de la province.  Il devrait comporter notamment les aspects suivants: la restauration complète de l’environnement endommagé, la poursuite du développement et le renforcement des programmes relatifs à des moyens de subsistance différents, l’amélioration de la gestion des risques de catastrophe, la planification préalable aux catastrophes et l’atténuation de leurs effets pour établir des communautés capables de résister aux catastrophes et la promotion du développement dans le secteur du tourisme.  Les effets à long terme sur l’environnement et la santé des individus n’ont pas encore été pleinement évalués, a poursuivi le représentant, qui s’est également inquiété des atteintes portées à l’économie locale.  La destruction d’au moins 600 arbres dans des mangroves risque de conduire à la disparition d’espèces de poissons qui dépendaient de ces écosystèmes pour leur survie, a poursuivi le représentant.  L’industrie du tourisme ne s’est toujours pas relevée de la catastrophe, a par ailleurs regretté le représentant.  Il s’est dit cependant satisfait des efforts déployés par la communauté internationale avec le Gouvernement philippin dans le cadre de plans et de programmes, ainsi que par PETRON, la compagnie dont le pétrole est à l’origine de tous ces problèmes.

M. DALIUS ČEKUOLIS (Lituanie) est intervenu brièvement pour indiquer que 6 000 Lituaniens s’étaient exposés à de graves risques pour leur santé en prenant part aux activités de décontamination consécutives à la catastrophe de Tchernobyl.  Il a ajouté que les associations de victimes et le Gouvernement lituanien conduisaient, ensemble, des programmes dans les domaines sociaux et de la santé, la législation nationale ayant prévu un statut juridique spécial pour les personnes contaminées lors des activités de nettoyage.  Ces personnes ont été dédommagées et bénéficient, au besoin, de traitements médicaux gratuits.  Le représentant a expliqué qu’un centre de santé s’occupe désormais d’assurer le suivi des victimes et de leurs enfants, organise des conférences sur la santé de ces personnes et travaille en collaboration étroite avec des organisations spécialisées dans les effets de l’exposition aux radiations.

M. DON PRAMUDWINAI(Thaïlande) a voulu voir une approche intégrée dans les partenariats entre les entités nationales ou régionales et les agences des Nations Unies, pour assurer des synergies optimales, éviter les doubles emplois, et assurer une réponse plus efficace et plus coordonnée aux catastrophes et situations d’urgence.  L’assistance humanitaire, a-t-il dit, doit être fermement basée sur les véritables besoins sur le terrain, une gestion appropriée, une technologie sophistiquée et des ressources suffisantes.  L’amélioration de la préparation aux catastrophes, la coordination et les mécanismes d’alerte rapide peuvent fournir l’occasion de mobiliser l’appui aux investissements dans la préparation aux catastrophes et leur atténuation.  La mobilisation des ressources est toujours la question principale, a-t-il reconnu, avant de saluer la création du CERF, auquel la Thaïlande contribue annuellement.  Au niveau régional, la Thaïlande a contribué à hauteur de 10 millions de dollars à la création du Fonds d’affectation de la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP) pour faire face aux conséquences du tsunami.  Le représentant a d’ailleurs demandé le renforcement de la coopération technique pour la mise au point des systèmes d’alerte rapide.  Au niveau national, il a rappelé que son pays figure parmi les 168 pays qui ont adopté le Cadre d’action de Hyōgo.

M. SKINNER-KLEE (Guatemala) a rappelé qu’il y a 31 ans, son pays avait été frappé par un terrible séisme qui avait fait 23 000 morts et 4 millions de déplacés.  Aujourd’hui, toutes les mesures ont été prises par le Gouvernement pour faire face à la menace d’une nouvelle catastrophe, notamment dans le domaine de la coordination nationale des efforts de prévention.  En mai 2007, le Guatemala a publié une nouvelle version du manuel du Centre national de coordination de l’assistance en cas de crise humanitaire, a indiqué le représentant, soulignant que la première phase des secours était la prévention des risques.  Il a ensuite fait valoir la contribution ancestrale des peuples autochtones à la prévention des risques.  Évoquant la question du financement, la délégation a relevé que depuis sa mise en service, le CERF avait atteint plusieurs des objectifs qu’il s’était fixés, mais qu’il devait intensifier ses efforts.  Par ailleurs, comme le dit le Secrétaire général dans son rapport, le renforcement de la coordination et la bonne planification de l’assistance humanitaire exigent un engagement de tous les acteurs de la communauté humanitaire.  Dans ce contexte, la délégation a salué l’élan donné aux organisations de volontaires sur le plan local.

M. MUHAMMAD ALI SORCAR (Bangladesh) a remercié le Président ainsi que tous les délégués qui ont exprimé leur sympathie à l’égard du Bangladesh, suite au désastre de la semaine dernière.  Ce cyclone, de catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson, a frappé le pays jeudi 15 novembre, a-t-il expliqué, avec des vents allant jusqu’à 150 miles à l’heure.  Il s’agit de l’un des 10 plus violents cyclones de ces 137 dernières années, a précisé M. Sorcar.  Il a souligné l’importance des dégâts causés et indiqué que le nombre officiel des morts est de 2 048 et ne cesse d’augmenter.  Il y a de nombreux blessés et des disparus.  Même en ces temps difficiles, nous gardons espoir, a-t-il poursuivi.  Les conséquences auraient pu être bien pires, a-t-il fait observer en rappelant qu’en 1991, suite à un cyclone de magnitude similaire, plus de 140 000 Bangladais avaient péri.  Il s’est dit d’avis que la préparation extensive du Gouvernement, en collaboration avec d’autres agences, semble avoir permis de limiter les dégâts.  Il a ainsi expliqué que dans les 48 heures avant l’arrivée du cyclone, près de 3,2 millions de personnes avaient été évacuées.  Cette évacuation en masse des zones côtières à forte concentration de population et disposant de peu d’infrastructures de communication a constitué un véritable défi, a-t-il précisé. 

Le représentant a ensuite expliqué que le Gouvernement axe maintenant son action sur les besoins d’urgence, comme la nourriture, l’eau et les services sanitaires, la protection des personnes et la surveillance des maladies.  Les hélicoptères de l’armée de l’air ont, ces trois derniers jours, effectué des sorties pour acheminer des ravitaillements aux différentes zones inaccessibles par terre.  Le représentant du Bangladesh a ensuite tenu à souligner que la réponse internationale a été remarquable.  L’Équipe de pays des Nations Unies, la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ainsi que de nombreuses organisations non gouvernementales ont soutenu le Gouvernement.  En outre, de nombreux partenaires du développement, comme l’Union européenne, la Chine, la France, l’Allemagne, le Japon, l’Arabie Saoudite, l’Espagne, la Suisse, le Royaume-Uni et les États-Unis, ont rapidement apporté leurs contributions.  M. Sorcar a ainsi exprimé ses remerciements à tous les pays, organisations et entités qui ont apporté leur concours.  Pour conclure, il a fait observer que, depuis sa création en 2006, le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires a joué un rôle crucial dans les situations d’urgence.  Il a plaidé en faveur d’un renforcement de ce Fonds et souhaité qu’il continue de recevoir le soutien, autant politique que financier, des États Membres.

Mme BYRGANYM AITIMOVA (Kazakhstan) a souligné que la gravité de la situation aux alentours de la Mer d’Aral souligne la nécessité de prendre des mesures spécifiques, au niveau international, pour résoudre le problème.  Dans les années 1990, la mer d’Aral a perdu les trois quart de son eau, ce qui est une véritable catastrophe pour les millions de personnes qui vivent autour de la mer.  Le sel du fonds marin désormais visible se répand sur tout le continent eurasien et dégrade l’environnement.  Les pays de la région d’Asie centrale ont fait beaucoup pour réhabiliter la mer, a affirmé le représentant, en prévenant que sans une mobilisation des efforts internationaux, rien ne sera résolu.  Il a donc proposé que le Fonds international pour le sauvetage de la mer d’Aral soit transformé en une institution de l’ONU.  Il a appelé à un partenariat international pour développer et adopter un train de mesures liées à l’assistance financière, technique et humanitaire des Nations Unies, de ses fonds et programmes, et des institutions financières multilatérales.

M. CLAUDE HELLER (Mexique) a remercié les Nations Unies et l’ensemble de la communauté internationale pour leur solidarité, après les récentes inondations dans les États mexicains de Tabasco et du Chiapas, qu’il a classées parmi les pires catastrophes climatiques subies par son pays.  Un million de personnes ont été affectées et 350 000 ont tout perdu, a-t-il précisé.  Il a particulièrement salué le rôle du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), qui a dépêché sur place l’Équipe des Nations Unies pour l’évaluation et la coordination en cas de catastrophe.  Soulignant la nécessité de réduire les risques de catastrophes naturelles et de renforcer les stratégies de prévention, il a prôné une meilleure coordination entre les gouvernements, la société civile et les agences humanitaires et de développement.  Réaffirmant l’importance des mécanismes multilatéraux pour faire face aux situations d’urgence, M. Heller s’est félicité de l’efficacité du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires, deux ans seulement après sa création.  Le Fonds, dont le Mexique a été l’un des premiers contributeurs, rend le système humanitaire plus transparent et plus efficace, a-t-il dit, en permettant de se concentrer sur les besoins du terrain, notamment les situations d’urgence qui manquent de visibilité.  Il a indiqué que, dans le cadre des inondations du Tabasco et du Chiapas, son gouvernement venait d’approuver des programmes qui bénéficieront des ressources du Fonds.

Il a par ailleurs déploré que la question de l’accès aux civils dans les conflits armés soit considérée par certains comme un problème d’ingérence, alors que, selon lui, il s’agit du droit des victimes et d’une obligation pour toutes les parties, dans le cadre du droit international.  La protection des être humains affectés par des urgences humanitaires, qu’il s’agisse de catastrophes naturelles ou de situations plus complexes, ne devrait pas être un sujet de controverse, a-t-il conclu, mais devrait être un objectif commun pour lequel gouvernements et organisations internationales travaillent main dans la main.

M. JOSEPH NSENGIMANA (Rwanda) a rappelé que la communauté internationale n’avait malheureusement pas agi de manière décisive pour prévenir ou mettre fin aux atrocités perpétrées en 1994 au Rwanda.  Il a estimé que la communauté internationale a la responsabilité de protéger les populations contre les génocides, ce qui signifie qu’elle a la responsabilité de prévenir les génocides, la responsabilité de protéger les populations si la prévention échoue et la responsabilité de reconstruire si la protection échoue.  C’est cette dernière responsabilité qui permet au système des Nations Unies et à la communauté internationale dans son ensemble d’assumer leurs responsabilités au Rwanda 13 ans après le génocide.  Le représentant a ensuite salué le fait que le Secrétaire général avait, dans son rapport, salué les progrès accomplis dans la reconstruction du pays.  Des défis considérables restent cependant à relever, a noté le représentant, en particulier pour venir en aide aux groupes les plus vulnérables que sont les orphelins et les veuves. 

Ces personnes vulnérables ont des besoins spécifiques en matière d’hébergement, de soins de santé et de scolarisation.  Il faut aussi des traitements pour les victimes de violences sexuelles mais aussi un appui psychologique, des cours de formation ou encore des programmes de microcrédit afin de promouvoir l’autosuffisance.  Saluant par ailleurs le travail de « mémoire » du Département de l’information autour du génocide du Rwanda, la délégation a déclaré qu’il fallait maintenir ce programme au cours des deux prochaines années.  Elle a rappelé, en conclusion, que le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) devait poursuivre ses activités et conduire à leur terme un certain nombre de procès.  Il existe aussi un certain nombre de questions résiduelles liées aux rescapés du génocide à traiter, telles que l’assistance aux témoins, la consolidation du système judiciaire du Rwanda et le transfert des documents et des procès-verbaux du TPIR au Rwanda, a conclu M. Nsengimana, en souhaitant que ces questions figurent dans la résolution que l’Assemblée générale adoptera.

M. ANDRIES OOSTHUIZEN (Afrique du Sud) a demandé aux agences humanitaires de l’ONU d’appuyer les États Membres dans leurs efforts pour renforcer leurs capacités ainsi que les organisations régionales pour améliorer la réponse aux catastrophes naturelles à ce niveau.  Il a également estimé qu’un soutien financier soutenu au Bureau régional pour l’Afrique australe du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) faciliterait la tâche des pays d’Afrique australe dans le domaine de l’action humanitaire.  L’Afrique du Sud soutient ardemment le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF) et, à ce titre, attend avec impatience le prochain rapport du Secrétaire général sur les mesures à adopter pour accroître l’efficacité de cet instrument. 

Le représentant a ajouté que son pays était convaincu du rôle important que, dans une situation humanitaire complexe, toutes les parties peuvent jouer pour assurer l’accès du personnel humanitaire aux communautés vulnérables.  Il a souligné à cet égard, la nécessité pour la communauté internationale de respecter la culture, les traditions et les pratiques des pays dans lesquels elle opère.  L’acheminement de l’aide humanitaire doit aussi obéir à des principes aussi simples que la bonne gouvernance et l’éthique.  Soulignant la nécessité de protéger les civils au cours des opérations humanitaires d’urgence complexes, le représentant a appelé tous les protagonistes à lutter contre la violence fondée sur le sexe.  Le représentant a ensuite attiré l’attention sur la situation dans les territoires palestiniens occupés, soulignant combien il est important de garantir l’acheminement de nourriture, de médicaments et de carburant au peuple palestinien pour lui permettre de vivre et travailler dignement.  En ce qui concerne la phase de reconstruction des pays touchés par une catastrophe humanitaire, le délégué a plaidé pour un renforcement des mécanismes en place, en suggérant que les besoins en matière de relèvement soient pris en compte dès le déploiement des opérations d’assistance.  

M. GROVER JOSEPH REES (États-Unis) a rappelé que son gouvernement a notamment répondu à l’appel conjoint du HCR et de l’UNICEF en versant une somme de 200 millions de dollars pour venir en aide aux Iraquiens.  Il a souligné que l’assistance humanitaire doit veiller à appuyer et à renforcer, et non compromettre ou diriger les capacités nationales et communautaires.  Le représentant s’est ensuite félicité des progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’approche sectorielle, en soulignant le rôle important que doivent pouvoir y jouer les ONG.  Saluant aussi l’efficacité du CERF, il s’est déclaré ouvert à toute discussion sur la mise au point de critères plus clairs concernant le déboursement des fonds.  Toutefois, il a regretté le manque d’accès des agences humanitaires aux populations dans le besoin et les attaques perpétrées contre elles.  Le représentant a dit attendre avec intérêt les discussions que tiendra le Groupe sur les principes et les bonnes pratiques de l’action humanitaire, sur les questions liées aux évaluations basées sur les besoins, à l’amélioration de la coordination et à l’analyse des meilleures pratiques et des performances.  Il a appelé les autres donateurs à joindre ce Groupe. 

M. TRI THARYAT (Indonésie) a noté qu’il ne se passe plus un mois sans que ne survienne un désastre majeur.  Comme le suggère le rapport du Secrétaire général (A/62/323), la fréquence et l’intensité de ces désastres vont augmenter à l’avenir, créant de nombreux obstacles à l’essor des pays en développement.  Le représentant a rappelé que le tsunami, qui a ravagé il y a trois ans les pays de l’océan Indien, a démontré la grande vulnérabilité des communautés les plus pauvres face aux catastrophes naturelles.  Il a noté que le tsunami a également attiré l’attention sur la nécessité d’intégrer la réduction des risques aux efforts de développement.  C’est pourquoi, les communautés touchées, à l’instar de la nôtre, ont l’espoir que la reconstruction s’effectuera de telle sorte qu’elles puissent être en mesure de répondre à d’autres catastrophes.  Le délégué indonésien a ensuite mis l’accent sur l’importance, en cas de désastres naturels, d’une coordination accrue sur le terrain, de la phase des secours d’urgence à celle de réhabilitation et de reconstruction.   Il a souligné qu’à moyen et à long termes, l’appui des pays donateurs, des institutions financières, du secteur privé et de la société civile est toujours crucial.  Il a aussi jugé important que les mesures de prévention de nouveaux tsunamis dans l’océan Indien et en Asie du Sud-Est soient continuellement évaluées et renforcées, a-t-il ajouté, avant d’annoncer que sa délégation présentera un projet de résolution sur le renforcement des mesures de secours, de reconstruction et de prévention après le tsunami. 

Mme CLAUDIA BLUM (Colombie) a voulu que l’on ne perde pas de vue le rôle prioritaire et essentiel joué par l’État dans l’organisation de l’assistance humanitaire sur son propre territoire.  Il est essentiel, a considéré la représentante, que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires et les organes subsidiaires accentuent de plus en plus le rôle des États dans ce domaine.  La coordination entre les agences, elles-mêmes, est essentielle mais celle des agences et des gouvernements concernés l’est tout autant pour l’efficacité et le double emploi, a ajouté la représentante.  Cela s’applique également à l’approche sectorielle, a-t-elle expliqué.  Elle a noté, dans ce cadre, la nécessité d’améliorer l’appui aux autorités nationales et locales.  Si, a-t-elle dit, l’approche sectorielle fait l’objet d’une analyse au sein des Nations Unies, sa mise en œuvre ne saurait être promue que lorsqu’un pays le demande ou l’autorise.  Il est également nécessaire d’améliorer les systèmes d’information, a-t-elle dit.  Dans l’évaluation des besoins, la coordination avec les gouvernements est également importante, a dit la représentante, en citant d’abord l’appropriation nationale.  Lorsque les institutions nationales ont des systèmes d’information fiables et développés, leur évaluation doit être le moyen par lequel on détermine les besoins et les activités d’assistance, et ce pour rendre ces dernières plus conformes au contexte.

M. ROBLE OLHAYE (Djibouti) a fait part des efforts de développement social et économique déployés par son pays, qui ont été limités par le manque d’eau, les conditions climatiques extrêmes, en particulier une aridité chronique, de graves sècheresses sévères et des inondations soudaines.  Djibouti est extrêmement préoccupé par ces tendances et se demande s’il s’agit des signes préliminaires du réchauffement climatique prévu en Afrique subsaharienne, a confié le représentant, qui a appelé la communauté internationale à renforcer ses capacités à faire face à de telles situations.  La préparation aux catastrophes fera toute la différence, a-t-il insisté.  Toutefois, il a indiqué que seulement 5% des ressources humanitaires étaient dépensées au niveau mondial pour l’aide au relèvement.  Davantage doit être fait pour fournir des ressources supplémentaires aux mécanismes de financement existants, y compris les appels éclairs et consolidés et les fonds d’urgence des diverses agences des Nations Unies et des organisations non gouvernementales.  L’établissement du CERF a été une étape déterminante dans cette direction, a conclu le représentant.

Mme ENNA PARK (République de Corée) a estimé que le rapport du Secrétaire général sur la cohérence de l’action du système des Nations Unies dans le domaine du développement, de l’aide humanitaire et de la protection de l’environnement (A/61/836) forme le socle des réformes de l’ONU, les recommandations qui y figurent devant être mises en œuvre dès que possible.  La représentante a également jugé que le système humanitaire international doit s’adapter à l’évolution du climat, les récentes discussions de la réunion de haut niveau sur cette question devant être intégrées aux mesures de renforcement de la cohérence de l’édifice onusien.

Mme Park a ensuite attiré l’attention sur la persistance des crimes sexuels dont sont victimes les femmes et les enfants dans les situations d’urgence.  C’est en ce sens qu’elle a souhaité que le Coordonnateur des secours d’urgence, les organes pertinents de l’ONU et les États Membres accordent toute l’attention qu’elle mérite à la question de la violence sexuelle dans le contexte des activités humanitaires.  S’agissant du financement de l’assistance humanitaire, la représentante a prôné une répartition des ressources basée sur l’évaluation stricte des besoins par région ou pays. 

M. TAKAHIRO SHINYO (Japon) a d’abord rappelé que la famille des Nations Unies est l’une des bureaucraties les plus importantes du monde et que comme toute bureaucratie, elle connaît des problèmes de rigidité et de lenteur.  Le représentant s’est donc félicité de la création du CERF, de l’approche sectorielle et des mécanismes de coordonnateurs humanitaires.  Mais, face aux multiples défis, la réforme doit aller plus loin, a estimé le représentant, qui a voulu que l’ONU adopte les recommandations du rapport du Corps commun d’inspection.  Il a aussi souligné la nécessité d’augmenter les investissements dans la transition des secours d’urgence au développement, avant d’affirmer que le Fonds pour la sécurité humaine constitue un moyen utile pour financer cette transition.  Il a poursuivi en déclarant que ce défi de la transition a également trait à la consolidation de la paix, laquelle regroupe un ensemble de problématiques, y compris l’aide humanitaire et la reconstruction d’urgence.  En tant que Président de la Commission de consolidation de la paix, le Japon, a-t-il dit, veut apporter une contribution maximale pour produire un résultat concret, en renforçant notamment la coordination avec d’autres entités, dont la Banque mondiale, et en approfondissant les discussions stratégiques au sein de la Commission, a précisé M. Shinyo.  En troisième lieu, il a plaidé pour l’amélioration de la prévention, de la préparation, des réponses et des capacités.  Le représentant a rappelé que son pays s’est engagé à verser 2,5 millions de dollars pour financer des programmes de prévention et d’atténuation des catastrophes et des programmes de reconstruction en Asie, en Afrique et dans d’autres régions.

M. BIDYA BHANDARI (Népal) a réaffirmé le rôle important que les Nations Unies ont à jouer dans la coordination de l’assistance humanitaire dans les situations d’urgence.  Une approche plus systématique doit être privilégiée, notamment dans l’analyse des risques, l’alerte rapide et la coordination dans la réponse aux catastrophes naturelles.  En outre, un mécanisme plus efficace de sécurisation des ressources doit être mis en place, notamment dans le cadre du CERF.  La délégation a par ailleurs condamné les atteintes à la sûreté et à la sécurité des personnels humanitaires.  Le Département de la sûreté et de la sécurité devrait songer à mettre en place un mécanisme de prévention de ce type de menaces et à renforcer sa capacité à négocier dans les cas d’enlèvements ou de prise d’otages.  Le représentant a ensuite rappelé qu’il était exposé à des risques de catastrophes naturelles importantes telles que les séismes ou les inondations.  Dans ce cadre, le Gouvernement népalais accorde une grande priorité aux activités de prévention et de secours, qui sont intégrées dans les programmes de développement.  Cependant, il a besoin d’une aide pour pouvoir les appliquer pleinement.  En outre, il apprécierait grandement que la communauté internationale augmente son aide pour les secours et le relèvement des victimes du conflit qui a déchiré le Népal pendant une décennie avant la signature de l’Accord global de paix en novembre 2006.

M. PIRAGIBEDOS SANTOS TARRAGÔ(Brésil) a appuyé la recommandation du Secrétaire général de renforcer la réponse multilatérale aux catastrophes naturelles en tenant compte des changements climatiques.  Il est important dans ce cadre d’augmenter les capacités locales, nationales et régionales, et d’assurer le déploiement adéquat des ressources humaines et financières.  Le représentant a ajouté que sa délégation attendait beaucoup de l’évaluation des groupes de travail sur les mérites de l’application de l’approche sectorielle au niveau des activités de terrain.  Poursuivant, il a estimé que pour répondre au mieux aux situations d’urgence, une approche préventive est préférable.  C’est pourquoi, il a appuyé les initiatives axées sur la réduction des risques, en particulier dans les zones et communautés vulnérables.  Évoquant les actions entreprises dans son pays, le délégué brésilien a souligné le rôle des organisations communautaires et de la société civile, lors du déploiement des secours d’urgence et de relèvement.  Il s’est ensuite félicité de ce que le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF) soit sur le point d’atteindre l’objectif visant à réunir d’ici à 2008, les 500 millions de dollars de ressources nécessaires à son bon fonctionnement.  Il a aussi mis l’accent sur la question de la transition des secours au développement en mettant l’accent sur la Déclaration et le Cadre d’action de Hyōgo.

M. DANIEL CARMON (Israël) a regretté que la déclaration de la délégation palestinienne sur le rapport du Secrétaire général relatif à l’assistance palestinienne (A/62/82) ait été de nature politique au lieu de se concentrer sur la réalité.  Le représentant a évoqué les « complexités » du Moyen-Orient, comme, notamment, la violence entre Palestiniens et le terrorisme palestinien.  Il a demandé aux États Membres présents dans la salle de se concentrer sur la réalité sur place, marquée par de nombreuses initiatives d’assistance au peuple palestinien que « le représentant palestinien semble ignorer ».  M. Carmon a notamment mentionné un projet d’évacuation des eaux usées mené dans la bande de Gaza sous la direction de la Banque mondiale et les programmes éducatifs à destination des jeunes palestiniens que soutient Israël depuis 15 ans dans le cadre du centre MASHAV pour la coopération internationale.

Le représentant a aussi indiqué que son pays, « contrairement à ce qui a été dit plus tôt », a débloqué quelque 250 millions de dollars en taxes et revenus douaniers qui seront transférés d’ici à la fin de l’année, conformément aux vœux des Palestiniens.  M. Daniel Carmon a ensuite affirmé qu’Israël croit fermement que le Gouvernement palestinien en place offre la possibilité d’avancer sur la voie de la paix, ce qui explique la réouverture des points de passage en Cisjordanie afin de permettre le déploiement des forces de sécurité palestiniennes.  Les Palestiniens doivent réaliser que la sécurité d’Israël est dans leur intérêt et que tant que continueront les tirs de roquettes sur les civils de Sderot et les villes israéliennes, les restrictions seront maintenues.

M. Carmon a souhaité, s’agissant de la résolution sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, que la portée de ce texte ne soit pas cantonnée à l’avenir aux pays directement touchés par ce drame.  Il a en effet estimé que toutes les populations ayant vécu à proximité de Tchernobyl au moment de l’exposition et qui ont ensuite quitté la région devaient être concernées.

M. ABDALMAHMOOD ABDALHALEEM MOHAMAD(Soudan) a salué les efforts des ONG et des organisations internationales pour accélérer l’acheminement des secours aux personnes affectées par des conflits.  Il a reconnu l’importance du rôle des États dans la gestion de ces crises, en mettant notamment en exergue le respect de la souveraineté nationale.  Il a poursuivi en déclarant que le Soudan abrite la plus grande opération humanitaire dans le monde.  Il a rappelé qu’aucune pandémie n’a été détectée dans la région du Darfour et que les indicateurs de santé se sont nettement améliorés.  Il a également avancé que les seules régions où l’action humanitaire a stagné concernent les régions dominées par les mouvements rebelles.  Il a exhorté les Nations Unies à prêter une plus grande attention aux solutions pacifiques car elles aboutissent à des situations durables.  Par ailleurs, il a appelé au renforcement de la cohésion entre les secours d’urgence et le développement, notamment au travers de petits projets à impact rapide qui encouragent le déplacement des populations vers des régions stabilisées.  Il a conclu, en reconnaissant le rôle et la contribution des ONG pour faire face aux conflits mais s’est alarmé des dernières actions illégales de certaines de ces ONG.  Il a plaidé pour que toutes les parties respectent leurs obligations internationales.

M. AURA MAHUAMPI RODRÍGUEZ DE ORTIZ (Venezuela) a déclaré qu’il fallait sensibiliser aux risques de catastrophes naturelles en impliquant tous les acteurs aux niveaux international, régional et national.  Au Venezuela, le Président Chavez a mis en place une administration civile de gestion des catastrophes qui a pour mandat de renforcer la prévention des catastrophes en associant toutes les composantes de la société vénézuélienne.  Le Gouvernement est également en train d’établir une instance multidisciplinaire chargée de la transition de la phase de secours vers celle de la reconstruction.  Des projets éducatifs sont également prévus en vue de préparer les communautés locales à d’éventuelles catastrophes, ainsi que des initiatives dans les domaines de la santé et de l’alimentation.  Le Gouvernement a jugé par ailleurs important que le Secrétaire général prépare un rapport détaillé sur la manière dont l’OCHA a géré les fonds dans le cadre des interventions humanitaires qu’il a supervisées.

Mgr CELESTINO MIGLIORE (Observateur permanent du Saint-Siège) a noté que les États Membres s’étaient concentrés de manière croissante sur la nécessité de prévenir et d’atténuer les risques de catastrophes naturelles.  L’adoption du cadre d’action de Hyōgo pour 2005-2015 a démontré l’engagement des pays à placer la préparation et la prévention au même niveau que la réponse et le relèvement.  Cette politique a été particulièrement suivie aux niveaux national et local, s’est félicité le représentant.  Les Nations Unies occupent, pour leur part, la position idéale pour assurer la coordination de la réponse humanitaire, a ensuite indiqué l’observateur, soulignant l’importance de renforcer la collaboration entre les agences tout en respectant leurs différences et leurs spécificités.  Le relèvement durable continue d’être un défi et une nécessité, a poursuivi Mgr Migliore.  Dans ce cadre, même si la responsabilité des stratégies en la matière incombe avant tout aux gouvernements, les agences locales devraient être mises davantage à contribution en raison de leurs connaissances acquises sur le terrain, a fait observer l’Observateur.  Un engagement très ferme de la part de la communauté internationale est en outre indispensable pour empêcher que les pays sortant d’un conflit ne retombent dans la violence, a-t-il ajouté en conclusion.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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