ASSEMBLÉE GÉNÉRALE: L’ONU A DONNÉ VIGOUREUSEMENT L’ÉLAN À LA MISE EN ŒUVRE DE LA STRATÉGIE ANTITERRORISTE MONDIALE, DÉCLARE BAN KI-MOON, EN LANÇANT UN MANUEL ACCESSIBLE EN LIGNE

16 février 2007
AG/10571

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE: L’ONU A DONNÉ VIGOUREUSEMENT L’ÉLAN À LA MISE EN ŒUVRE DE LA STRATÉGIE ANTITERRORISTE MONDIALE, DÉCLARE BAN KI-MOON, EN LANÇANT UN MANUEL ACCESSIBLE EN LIGNE

16 février 2007
Assemblée générale
AG/10571
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale                                         

Soixante et unième session                                 

Exposé sur la lutte contre le terrorisme

après-midi                                                 

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE: L’ONU A DONNÉ VIGOUREUSEMENT L’ÉLAN À LA MISE EN ŒUVRE DE LA STRATÉGIE ANTITERRORISTE MONDIALE, DÉCLARE BAN KI-MOON, EN LANÇANT UN MANUEL ACCESSIBLE EN LIGNE

Le projet de convention générale sur le terrorisme international est sur les rails, estime la Présidente de l’Assemblée générale

L’Assemblée générale des Nations Unies a fait cet après-midi le point de la Stratégie antiterroriste mondiale de l’ONU, adoptée en septembre dernier, séance au cours de laquelle le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, a lancé un appel en faveur d’une « action collective et concertée pour empêcher le terrorisme de poser une menace existentielle à l’humanité ».  Car, selon lui, une course de vitesse est engagée avec ce phénomène destructeur dont les tenants sont prêts à utiliser toutes les techniques meurtrières les plus modernes pour tuer.

L’objet de la réunion était de faire le point sur l’avancement de la mise en œuvre de la Stratégie dans ses aspects les plus concrets.  M. Ban Ki-moon a rappelé que pour la première fois en effet les États Membres avaient résolu d’entreprendre des actions concrètes pour agir de manière coordonnée et à tous les niveaux, aussi bien national, régional qu’international.  En quelques mois, a-t-il noté, l’Équipe spéciale de la lutte contre le terrorisme (ESLT) -qui regroupe 24 organes et institutions du système de l’ONU- a donné l’élan nécessaire à la Stratégie antiterroriste de l’ONU.  Ses groupes de travail travaillent à l’amélioration de la coordination de l’ONU dans la planification de la réponse à un attentat terroriste utilisant des moyens nucléaires, chimiques, biologiques ou radiologiques; ils travaillent aussi notamment sur la lutte contre le financement du terrorisme, ainsi que sur la protection des droits de l’homme ou la réunion des victimes de par le monde pour identifier leurs besoins.

Par ailleurs, le Secrétaire général a présenté la première version du Manuel sur la lutte antiterroriste, un outil accessible sur Internet créé par l’Équipe spéciale de la lutte contre le terrorisme.  Tout en faisant remarquer que les institutions de l’ONU pouvaient jouer un rôle considérable dans ce domaine, il a tenu à préciser que le succès de la lutte contre le terrorisme dépendait d’abord du rôle des États Membres. 

La Présidente de l’Assemblée générale, Sheikha Haya Rashed Al Khalifa, a renchéri en soulignant que la lutte contre le terrorisme ne pouvait qu’être collective.  Elle a souligné que la Stratégie antiterroriste mondiale devrait être mise en œuvre par toutes les parties, à savoir les gouvernements, les institutions de l’ONU, le secteur privé et la société civile.  À cet égard, la Présidente s’est dite encouragée par l’esprit positif affiché par les délégations et les progrès accomplis au cours de la présente session sur le projet de convention générale sur le terrorisme international.

M. Richard Barrett, Coordonnateur de la mission de suivi du Comité du Conseil de sécurité créé en application de la résolution 1267 (1999), a insisté sur les causes du terrorisme tout en reconnaissant qu’il n’était pas toujours évident de dégager un lien de causalité entre le fait d’être victime d’une injustice et le passage à l’acte violent.  En tout état de cause, des programmes sociaux, pour les jeunes en particulier, pourraient contribuer à contrecarrer la tentation terroriste, a-t-il estimé, tout en reconnaissant qu’il ne s’agissait pas d’un remède miracle.

Enfin, M. Ngonlardge Mbaidjol, Directeur du Bureau du Haut Commissariat aux droits de l’homme à New York, a rappelé que la lutte antiterroriste se devait de respecter les droits de l’homme.

SUIVI DE LA STRATÉGIE ANTITERRORISTE MONDIALE DE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES, Y COMPRIS LE LANCEMENT D’UN MANUEL SUR LA LUTTE ANTITERRORISTE ACCESSIBLE EN LIGNE

Déclarations

SHEIKHA HAYA RASHED AL KHALIFA (Bahreïn), Présidente de l’Assemblée générale, estime que la lutte contre le terrorisme est une tâche que l’on ne peut réaliser qu’en agissant ensemble.  Selon elle, si l’on n’agit pas tout de suite, l’ampleur de la menace risque de croître, affectant encore plus d’innocents.  Elle a rappelé que la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies avait été adoptée par l’Assemblée générale, le 19 septembre.  Il s’agit d’un document unique, selon elle, couvrant un éventail très vaste de questions allant de la lutte antiterroriste à la protection contre les attentats.  Il examine aussi les conditions favorables à l’expansion du phénomène, a-t-elle rappelé, ainsi que la relation entre la lutte contre le terrorisme et la protection des droits de l’homme et le règne du droit.  Chacun d’entre nous comprend l’importance de la nécessité de mesures spécifiques de lutte contre le terrorisme qui respectent le droit international, notamment la Charte de l’ONU.

La Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies explique de quelle manière le système de l’ONU peut permettre d’augmenter la capacité de l’État à contrecarrer la menace terroriste.  Elle rappelle le rôle vital de l’Assemblée générale dans la lutte contre le terrorisme, a expliqué la Présidente.  Cinq mois après son adoption, le débat d’aujourd’hui nous fournit l’occasion d’examiner dans quelle mesure nous avons avancé dans la mise en œuvre de la Stratégie et de mesurer le chemin à parcourir, a-t-elle ajouté.  Le Gouvernement de l’Autriche a offert d’accueillir un colloque sur la promotion de la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale du 14 au 18 mai prochain à Vienne, a-t-elle indiqué.  La Présidente de l’Assemblée générale a tenu à souligner que la Stratégie devrait être mise en œuvre par toutes les parties: gouvernements, institutions de l’ONU, secteur privé et société civile.  Il s’agit vraiment d’un effort collectif pour lequel chacun est responsable.

La Présidente de l’Assemblée générale a souligné que les États Membres avaient ainsi la possibilité de procéder à un échange de vues sur la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies à l’avenir.  Elle a indiqué qu’elle consultera les États Membres sur la meilleure façon de procéder.  La Présidente de l’Assemblée générale s’est dite encouragée par l’esprit positif affiché par les délégations et les progrès accomplis au cours de la présente session concernant le projet de convention générale sur le terrorisme international.  Nous devons rester fermes face à notre engagement de finaliser ce projet de convention, a-t-elle souligné.  Ainsi, a-t-elle conclu, l’Assemblée générale offrira à la communauté internationale un instrument juridique qui rehaussera nos efforts pour contrer la menace terroriste en faisant du monde un endroit plus sûr pour tous.

M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a rappelé que le terrorisme visait tout ce que les Nations Unies représentaient.  Mais si le combat contre le terrorisme est notre mission commune, a-t-il souligné, les progrès de la technique vont plus vite que nos efforts pour l’empêcher de renforcer l’arsenal de destruction des terroristes.  Le défi est donc clair, a ajouté Ban Ki-moon: « nous devons avoir une action collective et concertée pour empêcher le terrorisme de poser une menace existentielle à l’humanité ».

Le Secrétaire général a rappelé qu’en septembre dernier, l’Assemblée générale avait pris une décision historique en adoptant la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies.  Pour la première fois, a-t-il constaté, les États Membres ont résolu d’entreprendre des actions concrètes pour combattre le terrorisme de manière coordonnée à tous les niveaux (national, régional et international).  Pour la première fois, ils sont tombés d’accord sur le fait que les conditions étaient favorables au développement du terrorisme et qu’il convenait donc de lutter contre elles.  Ils sont convenus d’adopter des mesures politiques, opérationnelles et juridiques pour barrer la route au terrorisme sous toutes ses formes, tout en renforçant la capacité individuelle et collective des États et des Nations Unies à cet égard.  Ban Ki-moon a précisé que les États Membres s’étaient aussi mis d’accord pour protéger les droits de l’homme et le règne du droit dans ce combat, ce qui est selon lui d’une importance fondamentale.

En quelques mois, a-t-il noté, le Système de l’ONU a vigoureusement donné l’élan à sa Stratégie antiterroriste mondiale.  L’essentiel du travail a été accompli par l’Équipe spéciale de la lutte contre le terrorisme (ESLT), celle-ci ayant été institutionnalisée par les États Membres en septembre dernier.  L’ESLT regroupe 24 organes et institutions du système de l’ONU.  Elle a défini un programme et établi des groupes de travail pour faire avancer une première série d’initiatives.  Celles-ci couvrent un large éventail que le Secrétaire général a détaillé en énumérant en particulier les éléments suivants: renforcement de l’évaluation de l’assistance technique, de sa fourniture et de son suivi; amélioration de la coordination de l’ONU dans la planification de la réponse à un attentat terroriste utilisant des moyens nucléaires, chimiques, biologiques ou radiologiques; identification des moyens de lutte contre le détournement de l’Internet; lutte contre le financement du terrorisme; protection des cibles vulnérables telles que les équipes de l’ONU sur le terrain; protection des droits de l’homme et rapprochement des victimes de par le monde pour identifier leurs besoins.

Ban Ki-moon a constaté que si les institutions de l’ONU pouvaient œuvrer considérablement de concert, le succès dépendait avant tout de la responsabilité des États Membres de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies et de sa mise en œuvre.  Il a rappelé que l’Équipe spéciale de la lutte contre le terrorisme avait créé un Manuel sur la lutte antiterroriste accessible en ligne dont il s’est dit fier de dévoiler la première version aujourd’hui.  Ban Ki-moon a conclu qu’on ne pouvait se permettre d’échouer et qu’il fallait s’unir dans cette mission.

M. ROBERT ORR, Président du Groupe de travail sur la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale, a présenté le Manuel sur la lutte antiterroriste accessible en ligne qui peut être consulté à l’adresse Internet suivante: http://www.un.org/french/terrorism/cthandbook/.  Ce Manuel, a-t-il expliqué, rassemble différentes informations sur le terrorisme et la lutte antiterroriste, et il est possible de mener une recherche par thème.  L’utilisateur peut aussi trouver les informations concernant une équipe spéciale chargée d’un aspect particulier de cette lutte, comme le Comité contre Al-Qaïda et les Taliban.  L’adresse électronique pour le point focal de chaque activité est par ailleurs indiquée.  L’utilisateur peut aussi trouver des informations relatives au terrorisme dans des régions données.  M. Orr a en outre indiqué qu’une recherche par mot clef était possible.  Ce Manuel, a-t-il précisé, en est à sa première version et il a vocation à être évolutif.  Il a suggéré que l’étape suivante soit d’intégrer les activités antiterroristes régionales et sous-régionales.  Enfin, M. Orr a encouragé les États Membres à lui faire part des leurs commentaires après avoir navigué sur ce site.

M. RICHARD BARRETT, Coordonnateur de la mission de suivi du Comité du Conseil de sécurité créé en vertu de la résolution 1267 (1999), a estimé que la réflexion sur les causes du terrorisme devrait constituer une part importante de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies.  Les conditions socioéconomiques jouent un rôle particulier, la liste des causes ne pouvant pas être exhaustive, selon M. Barrett.  La prévention s’inscrit dans des actions telles que la réalisation pacifique des conflits ou la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Si beaucoup sont tentés par l’action violente; dans les faits, peu de personnes passent à l’acte.  Pourtant le terrorisme apparaît comme un moyen d’action de plus en plus attractif qui touche un très grand nombre de pays, a remarqué M. Barrett.  Des programmes d’inclusion sociale, particulièrement pour les jeunes, pourraient permettre de contrecarrer la victimisation et la tentation terroriste, a-t-il estimé.  Des mesures internationales sont nécessaires à tous les niveaux, a-t-il souligné.  L’une des questions est de découvrir pourquoi certaines personnes optent pour le terrorisme. 

M. JEAN-PAUL LABORDE, Chef de l’Unité de la prévention du terrorisme à l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), est intervenu sur le thème du renforcement de l’assistance technique.  Il a considéré que, pour relever le défi crucial de la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale de façon efficace et rapide, il faudrait offrir aux États Membres une assistance appropriée quand ils en faisaient ressentir le besoin.  Les organes pertinents des Nations Unies, a-t-il assuré, sont prêts à agir en ce sens.  Il a souligné que cette assistance technique devrait être intégrée dans une politique globale, c’est-à-dire la Stratégie antiterroriste mondiale, et qu’elle devrait appuyer la mise en œuvre de cette politique.  Ces actions doivent en outre être renforcées par le contrôle et l’évaluation de la mise en œuvre de la Stratégie, a-t-il ajouté.  De l’avis de M. Laborde, l’assistance technique doit aussi être fournie de façon à se renforcer mutuellement, en prenant compte de toutes les différentes facettes et en intégrant tous les acteurs, tels que les magistrats des juridictions pénales, les organes d’exécution des lois, les sociétés de transport, le secteur financier, ainsi que les victimes et la société civile dans son ensemble.  C’est pour cette raison que l’Équipe spéciale de la lutte contre le terrorisme est en train d’étudier les possibilités de faciliter cette assistance technique multidimensionnelle.  Le Manuel est un des outils qui donnera accès à toute l’information nécessaire sur les différents organes d’assistance de l’Équipe spéciale.  Au sein de l’Équipe spéciale, a poursuivi M. Laborde, un groupe de travail a été créé pour étudier les moyens de renforcer les capacités d’assistance et agir ainsi comme catalyseur de la Stratégie mondiale.  M. Laborde a enfin appelé à un soutien actif de la part de toutes les parties prenantes, en donnant l’exemple du Symposium sur la promotion de la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale que l’Autriche a l’intention d’accueillir et d’organiser conjointement avec l’ONUDC.

M. DAVID VENESS, Secrétaire général adjoint à la sûreté et à la sécurité, a rappelé les vulnérabilités des populations face au terrorisme, notamment lors de rassemblements importants, y compris dans des lieux publics courants tels que les marchés ou les gares.  Aucun État Membre n’a lui-même de solution à ce défi, a noté M. Veness.  Le fait de partager les meilleures pratiques a toutefois permis d’avancer à cet égard, a-t-il noté.  M. Veness a énuméré trois thèmes d’activité: un mécanisme pour l’échange de meilleures pratiques internationales; une approche structurée à la technique de prévention; et un examen spécifique de la vulnérabilité spécifique des civils.  Dans chacun de ces thèmes prioritaires, doit être définie une combinaison de mesures publiques et de privées, ce qui suppose une remontée des informations de la part des États Membres, a-t-il noté.  C’est pour cette raison que nous espérons que l’Équipe spéciale de la lutte contre le terrorisme pourra travailler de manière encore plus intensive avec les États Membres, a conclu M. Veness.

M. NGONLARDGE MBAIDJOL, Directeur du Bureau du Haut Commissariat aux droits de l’homme à New York, a rappelé que toutes les mesures antiterroristes devraient reposer sur le respect des droits de l’homme.  Dans la lutte antiterroriste, a-t-il remarqué, il faudrait donc prendre en considération les conditions propices à la propagation du terrorisme, condamner la violation des droits de l’homme et assurer une poursuite et une condamnation rapides des personnes responsables, tout en accordant aux victimes le plein exercice de leurs droits et la réparation des dommages subis.  Dans le cadre de la Stratégie mondiale, les États Membres se sont engagés à promouvoir la solidarité internationale, a rappelé M. Mbaidjol qui a tenu à souligner le travail de deux des groupes d’experts en matière de lutte contre le terrorisme.  Il a ainsi évoqué le Groupe de travail sur l’appui aux victimes qui a proposé l’organisation d’une journée de réunions afin de mettre en lumière les souffrances des victimes et de donner à ces dernières une voix.  L’objectif est aussi de souligner l’importance de la solidarité entre les victimes et les États, a-t-il ajouté.  Quant au Groupe de travail sur la protection des droits de l’homme, a-t-il précisé, il servira à coordonner les travaux dans les domaines du développement des législations relatives aux droits de l’homme.  La promotion des droits de l’homme et l’assistance aux victimes illustrent bien le type de mesures qui doivent être prises par les États, a conclu M. Mbaidjol.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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