LA COMMISSION DU DÉVELOPPEMENT SOCIAL ACHÈVE SON ÉCHANGE D’IDÉES SUR LES MOYENS DE RENFORCER L’INTÉGRATION POLITIQUE, ÉCONOMIQUE ET SOCIALE DES GROUPES VULNÉRABLES

SOC/4698
13 février 2006

LA COMMISSION DU DÉVELOPPEMENT SOCIAL ACHÈVE SON ÉCHANGE D’IDÉES SUR LES MOYENS DE RENFORCER L’INTÉGRATION POLITIQUE, ÉCONOMIQUE ET SOCIALE DES GROUPES VULNÉRABLES

13/02/06
Conseil économique et social
SOC/4698
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Commission du développement social

Quarante-quatrième session

8e séance – matin


LA COMMISSION DU DÉVELOPPEMENT SOCIAL ACHÈVE SON ÉCHANGE D’IDÉES SUR LES MOYENS DE RENFORCER L’INTÉGRATION POLITIQUE, ÉCONOMIQUE ET SOCIALE DES GROUPES VULNÉRABLES


La Commission du développement social a terminé ce matin son débat sur les plans et programmes d’action pertinents des organismes des Nations Unies concernant la situation de groupes sociaux, à savoir les personnes âgées, les jeunes et les personnes handicapées.  Le débat a été l’occasion pour les délégations de rendre compte des politiques adoptées, à l’échelle nationale, et dans le cadre de la coopération internationale. 


Ces questions sont urgentes, a rappelé le représentant de la République de Corée, en soulignant qu’entre 2005 et 2050, la proportion de personnes âgées de 60 ans et plus doublera, baissant de 10 à 21%, alors que celle des personnes de moins de 14 ans diminuera d’un tiers, passant de 30 à 20%.  Cette société vieillissante est déjà apparente et se développe à un rythme plus soutenu dans les pays en développement où, bien souvent, les infrastructures et les politiques nécessaires ne sont pas encore mises en place.  La question du financement s’est donc immédiatement posée, au cours du débat.  Nous devons, a suggéré la représentante des Philippines, entamer une réflexion en dehors des chemins battus et trouver des solutions novatrices et créatives.  Elle a, dans ce contexte, rappelé l’arrangement « Dette-Équité », proposé par son pays lors du Sommet mondial de septembre 2005.


La représentante des Philippines, a rappelé celle de la Commission économique pour la région d’Asie-Pacifique (CESAP), sait de quoi elle parle.  Elle vient d’une région qui abrite 680 millions de pauvres, soit deux tiers des pauvres du monde, et 717 millions de jeunes, soit 62% de la population totale de jeunes dans le monde.  Or, aujourd’hui, a insisté le représentant de l’Organisation internationale du Travail (OIT), 85% des jeunes des pays en développement, travaillent dans des conditions de travail forcé ou sont mal payés.  La croissance mondiale n’a entraîné qu’une hausse de 1,7% d’emplois alors qu’il faudrait en créer 40 millions par an pour absorber une force de travail toujours grandissante.  


Confronté à ces défis comme d’autres pays du monde en développement, le Sénégal, a affirmé son représentant, a innové dans sa démarche à travers une Stratégie de croissance accélérée, la modernisation de ses outils et mécanismes de gouvernance, la révision de son Document stratégique de réduction de la pauvreté (DSRP), l’adoption d’une nouvelle procédure de programmation des dépenses publiques à moyen terme basée sur les résultats, la mise en place d’un grand programme national de développement local participatif, le renforcement du statut de femmes et des jeunes et leur autonomisation des femmes et des jeunes. 


Dans le cadre de ce débat, les délégations ont réaffirmé l’urgence qu’il y a à mettre intégralement en œuvre le Plan d’action de Madrid sur le vieillissement de 2002 et le Programme d’action pour les jeunes de 2000.  Elles se sont dites convaincues que la convention internationale pour les personnes handicapées, actuellement en négociation, fera beaucoup pour assurer la promotion de leurs droits. 


La Commission, qui doit achever ses travaux le 17 février prochain, tiendra sa prochaine séance plénière, demain mardi 14 février, à 10 heures, pour entamer l’examen de ses méthodes de travail.



SUIVI DU SOMMET MONDIAL POUR LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL ET DE LA VINGT-QUATRIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE


Examen des plans et programmes d’action pertinents des organismes des Nations Unies concernant la situation de groupes sociaux


Suite et fin du débat général


Mme SATOMI OKAGAKI (Japon) a insisté sur les défis posés par une société vieillissante et a souligné l’importance pour son pays de créer un environnement favorable à l’épanouissement des personnes âgées.  Le taux de la population de plus de 65 ans au Japon a atteint 19,5% en 2004 et la réalité d’une société vieillissante a présenté de sérieux défis.  C’est pourquoi, le Japon a reconnu l’importance de créer un environnement propice à la condition des personnes âgées et a pris des mesures protectrices en matière d’emploi, de revenus, de santé et de bien-être en faveur des personnes âgées.  Pour promouvoir la réalisation de la santé des personnes âgées, a-t-elle ajouté, nous donnons des bourses pour les activités sociales et pédagogiques.  Elle a souligné l’importance de l’année 2007 qui marque le cinquième anniversaire de la deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement et du Plan d’action de Madrid. 


Insistant sur les initiatives du Japon, elle a mentionné la révision en 2004 de la loi fondamentale sur les personnes handicapées en 2004, et celle en 2005 de la loi sur l’emploi des personnes âgées dans le souci de renforcer les possibilités d’emploi pour les personnes handicapées.  Conscient de l’importance des jeunes pour le développement économique et le développement durable, les efforts de coopération du Japon se concentrent sur la formation des jeunes des pays en développement, notamment par le biais de la fourniture de matériel pédagogique et éducatif.  


M. SIN SONG CHOL (République populaire démocratique de Corée) a regretté que la pauvreté soit toujours d’actualité dans le monde.  Plus d’un milliard de personnes vivent dans la pauvreté absolue alors que la dette de leur pays atteint des sommets.  La mondialisation, les sanctions et les embargos ignorent le droit au développement des pays visés qui se trouvent enfermés dans le cercle vicieux de la pauvreté et de la famine.  Il est donc impératif que les pays développés se débarrassent des politiques protectionnistes et prennent des mesures pour assurer un plus grand accès aux marchés mondiaux.  Les mesures unilatérales contre certains pays doivent cesser immédiatement, a-t-il insisté.  De même, les relations fondées sur la coopération doivent être établies pour mettre un terme à l’hostilité et à la méfiance.  Il est urgent que les pays développés apportent une aide technique et financière aux pays du Sud, conformément au Consensus de Monterrey.  Toutes les organisations internationales dont le PNUD doivent coopérer avec les pays du Sud pour aboutir aux résultats escomptés du développement.  La République populaire démocratique de Corée s’efforce d’améliorer les conditions de vie de la population qui jouit, certes sans luxe, de tous ses droits sociaux. Certaines politiques gouvernementales sont le moteur qui permet de poursuivre la voie que le pays s’est tracé, en dépit des sanctions américaines et des difficultés économiques temporaires.  Cette année, le Gouvernement a apporté des innovations pour augmenter la production agricole et en améliorer sa gestion.  Malgré les politiques à son encontre, le pays continuera de défendre sa dignité et de poursuivre sa route vers le développement de son économie.  Le Gouvernement ne désire qu’une chose: entretenir des relations amicales avec tout pays qui le respecte et ce, pour la pleine réalisation des OMD.


M. GILLES NOGHÈS (Monaco) a indiqué que son gouvernement a élaboré sa politique en faveur des personnes âgées en distinguant clairement la situation des personnes du troisième âge, caractérisée par un « vieillissement actif », et celle des personnes du quatrième âge (de plus de 80 ans) dont l’indépendance vient à être limitée.  Le Gouvernement s’efforce de fournir une réponse humaine, sanitaire et financières en respectant les principales caractéristiques du Plan d’action de Madrid, la mise en œuvre de la méthode participative et le principe conceptuel d’aller « de la base au sommet », en apportant à chacun des groupes d’âge des services appropriés.  Le maintien à domicile constitue un axe prioritaire de la politique en faveur des personnes âgées.  La tâche du Gouvernement est largement facilitée par un réseau de soins.  Parallèlement, le Gouvernement reconnaît le rôle majeur que peut jouer la famille dans cette approche sociale intégrée.  C’est pourquoi, les familles sont toujours invitées à être associées à la prise de décisions et des aides financières leur sont allouées en vue de partager le fardeau financier que peut représenter la prise en charge d’une personne dépendante.  Le vieillissement de la population engendre un coût et des conséquences qui se reflètent indubitablement dans les régimes de retraite ou de sécurité sociale.  Partant, une réflexion visant à engager la responsabilité de la collectivité a été engagée et deux orientations ont été envisagées,  Aussi, sont à l’étude l’adjonction d’un risque nouveau dans le cadre de l’assurance maladie obligatoire financée par la création d’une cotisation salariale et patronale de dépendance et la création d’une allocation en terme d’aide sociale grâce à la création d’un fonds principalement abondé par l’État. 


M. SHIN DONG-IK (République de Corée) s’est félicité d’une prise de conscience grandissante sur le nécessité d’intégrer les handicapés et de les aider à participer à la vie économique et sociale.  Il a également dit le souci de son pays de tenir compte de la situation particulière des femmes handicapées qui font l’objet d’une assistance multiforme à leur attention.  Il a déclaré que la République de Corée était l’un des pays qui vieillissait le plus vite.  Neuf pour cent des Coréens ont plus de 65 ans, une proportion qui atteint 20% dans les zones rurales.  C’est pourquoi, le Gouvernement coréen a lancé en septembre 2005, un Comité présidentiel chargé du vieillissement et de la politique en matière de population.  Nous espérons très sincèrement, a-t-il ajouté, que la convention internationale sur le droit des personnes handicapées toujours en négociation pourra constituer bientôt le cadre juridique international qui nous manque.  Il a également mentionné l’objectif de son gouvernement de créer 100 000 emplois en faveur de personnes handicapées d’ici 2010.    


Par ailleurs, le représentant a indiqué que la jeunesse qui constitue 20% de la population mondiale était aussi le segment le plus vulnérable de la société car ils étaient les premiers touchés par la pauvreté absolue, le chômage et les conflits armés.  C’est pourquoi, a-t-il précisé, nous avons entrepris toute une série de programmes pour encourager les jeunes à développer leur identité individuelle.  Entre 2005 et 2050, la proportion des personnes de plus de 60 ans va doubler pour passer de 10 à 21% alors que celle de moins de 14 ans devrait baisser pour passer de 30 à 20%.  Nous sommes convaincus, a-t-il assuré, que le Programme d’action de Madrid (2002) constitue un repère incontournable pour la mise en œuvre et de politique de prise en compte du vieillissement.  Par ailleurs, il a souligné les efforts de son pays pour protéger l’intérêt des enfants en cas de divorce des parents.  


Mme ROMY TINCOPA (Pérou) a décrit les politiques que son pays a mises en œuvre, en faveur des jeunes, dans les domaines de l’éducation, de l’emploi, de la santé, de la lutte contre la faim et du combat contre la pauvreté, et de participation à la société.  Parmi les chiffres qu’elle a cités, la représentante a affirmé qu’à l’heure actuelle, 58,5% de la population jeune ont terminé les études secondaires, alors que 21% ont terminé leurs études universitaires.  Des mesures ambitieuses sont prises en faveur des jeunes qui restent en dehors du circuit de l’éducation, en particulier dans les zones pauvres.  Pour ce qui est de la participation à la société, le Gouvernement péruvien a créé un Conseil national des jeunes qui comprend un organe chargé de l’élaboration des politiques en faveur des jeunes et un autre organe par lequel sont étudiées toutes les politiques allant dans le même sens.  Venant à la situation des personnes âgées, la représentante a indiqué que le Pérou a reconnu la nécessité pour les pays de s’adapter à un monde vieillissant.  Un plan national a été mis en place qui définit le cadre conceptuel et pose un diagnostic intégral de la situation.  Quelque 36 mesures ont été prises dont la mise en place implique tant le secteur public que le secteur privé.  Un programme visant la formation de 3 000 adultes a été appliqué alors qu’un réseau de défense des vieillards et un programme d’assurance maladie ont été mis en place.  Concluant sur la situation des personnes handicapées, la représentante s’est dite convaincue que l’élaboration d’une convention internationale contribuera beaucoup à la promotion des droits de ces personnes.  Elle a terminé sur l’importance qu’attache son pays à la reconnaissance du lien entre migrations et développement. 


Mme MARIE YVETTE BANZON (Philippines) a souligné l’importance de stratégies permettant aux plus vulnérables d’avoir accès aux bénéfices du développement. C’est dans ce contexte que le Gouvernement des Philippines a développé des cadres de protection sociale, la redistribution des avoirs ou encore l’accès au microcrédit pour les plus pauvres.  Elle a exprimé le souci de son pays pour créer, préserver et renforcer l’emploi, en rappelant que la plupart des chômeurs avaient entre 15 et 24 ans aux Philippines.  Elle a mentionné des programmes visant à la protection sociale des femmes, des enfants et des personnes âgées.  Les Philippines considèrent qu’il est important d’utiliser les cadres internationaux existants pour renforcer les initiatives et politiques nationales en direction des plus vulnérables, a-t-elle encore ajouté.  Enfin, elle a mis l’accent sur l’impact important des migrations pour le développement.    


Mme PAGONENDGI-NDAKALA, Ministre de la solidarité et de la famille de la République centrafricaine, a souligné qu’en situation postconflit, son pays est classé parmi les pays les plus pauvres du monde.  Doté d’immenses richesses naturelles, d’un climat favorable à l’agriculture, et de ressources humaines de qualité, le pays n’arrive toujours pas à se hisser au niveau du développement.  Le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté est jusqu’ici en phase de finalisation, ce qui a valu au pays la perte des avantages liés aux mesures prises en faveur des pays très endettés.  Malgré ces difficultés, la Ministre a fait part de la politique de son Ministère en faveur des personnes handicapées. 


M. MAKMUR SUNUSI (Indonésie) s’est inquiété des écarts observés entre les engagements pris et les réalisations faites en matière de protection des personnes handicapées.  Il s’est dit encouragé par les succès des négociations en cours sur le projet de convention internationale sur les droits des personnes handicapées.  Il a appuyé les actions entreprises dans le cadre du Programme d’action pour les personnes âgées, adopté à Madrid en 2002.  Pour répondre aux besoins des personnes âgées, a-t-il ajouté, nous nous sommes engagés à mettre en œuvre le Programme d’action de Madrid, engagement qui s’est traduit par l’adoption de divers programmes et l’établissement d’une commission nationale des personnes âgées.  Pour les jeunes, a-t-il encore dit, il faut créer un cadre favorisant l’emploi au niveau macroéconomique.  Enfin, il a mentionné la création dans son pays de centres de formation pour améliorer l’intégration des jeunes au monde du travail. 


M. MAKHTAR LO (Sénégal) a indiqué que la politique sociale de son pays, fondée sur la transparence managériale, la participation responsable et le développement d’espaces de partenariats entre pouvoir public, société civile et organisations communautaires de base, vient d’être traduite dans un document de politique sectorielle de développement familial et social en cours d’opérationnalisation en Plan d’action décennal dont les axes fondamentaux concourent pour l’essentiel à l’amélioration des conditions de vie des groupes sociaux.  Tous ces efforts ont été bénéfiques aux populations, malgré les catastrophes naturelles qui en ont un peu réduit l’impact.  Les multiples programmes émanant de l’action redistributive de l’État ont infléchi l’incidence de la pauvreté qui a connu une réduction de 7% durant la période 1994-2004.  Près de 60 milliards sont déjà investis sous forme de transferts directs aux populations à la base par les projets de lutte contre la pauvreté dans des activités de création d’infrastructures sociocommunautaires, d’activités génératrices de revenus par la microfinance et de renforcement des capacités par la formation et la participation.  Le Gouvernement du Sénégal affecte 40% de son budget national à l’éducation et 10,5% au secteur de la santé.  Faisant part des mesures en faveur de l’emploi des jeunes, le représentant a indiqué que la Stratégie nationale de protection sociale qui vise l’extension de la protection sociale et de la gestion des risques aux groupes vulnérables a été adoptée en 2005. 


Compte tenu des moyens limités, le Sénégal innove dans sa démarche à travers une stratégie de croissance accélérée, la modernisation de ses outils et mécanismes de gouvernance, la révision de son Document stratégique de réduction de la pauvreté (DSRP), l’adoption d’une nouvelle procédure de programmation des dépenses publiques à moyen terme basée sur les résultats, la mise en place d’un grand programme national de développement local participatif, le renforcement du statut de femmes et des jeunes et l’autonomisation des femmes et des jeunes.  Le représentant a d’ailleurs rappelé que son pays a proposé un projet de résolution sur la promotion de l’emploi des jeunes. 


M. BARLYBAY SADYKOV (Kazakhstan) s’est inquiété de l’aggravation des indicateurs économiques de nombreux pays.  Tout en invitant les pays développés à faire face à leurs engagements en matière d’aide, il a exhorté les pays en développement à utiliser les ressources obtenues de manière aussi efficace que possible.  Il a dit la priorité de son gouvernement d’assurer la protection sociale des groupes les plus vulnérables.  Il a indiqué que la mise en œuvre d’un programme national de lutte contre la pauvreté a permis de faire baisser la proportion de personnes vivant dans la pauvreté absolue de 34 à 16% entre 1999 et 2004.  Il a indiqué que l’éducation primaire était obligatoire et que l’éducation supérieure et la formation professionnelle étaient gratuites.  Il a précisé que le Gouvernement accordait 3,9% du PNB aux programmes d’éducation.  Il a également mentionné, un programme national pour la jeunesse (2006-2007) qui prévoit des mécanismes destinés à la protection des enfants.


M. SUHAIM HAMAD AL-THANI (Qatar) a fait part des progrès réalisés par son pays dans la mise en œuvre du Programme d’action de Copenhague.  Abordant d’abord les questions liées à la famille, le représentant s’est dit convaincu qu’elles nécessiteront toujours une attention de la communauté internationale.  Il a voulu qu’elles fassent partie du programme de travail pluriannuel de la Commission.  Venant à la question du vieillissement, le représentant a prôné une aide au renforcement des capacités nationales et une réelle intégration des politiques. 

S’agissant des jeunes, il a souligné la nécessité de mesures ciblées à tous les niveaux et d’un examen du lien entre le Programme d’action pour la jeunesse et le Programme d’action de Copenhague.  Concluant sur la situation des personnes handicapées, le représentant s’est félicité des négociations en cours sur le projet de convention. 


M. DJIBRIL TANGARA, Ministre du développement social, de la solidarité et des personnes âgées du Mali, a présenté la situation de son pays qui demeure très pauvre puisque 63% de la population vit dans la pauvreté, dont un tiers (21%) dans l’extrême pauvreté.  Le Mali a adopté en 1998 sa Stratégie nationale de lutte contre la pauvreté (SNLP) et en 2002 celle du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) qui demeure le cadre unique de référence des politiques et des stratégies du pays à moyen terme et le principal instrument de négociation avec l’ensemble de ses partenaires techniques et financiers.  L’objectif global du CSLP  est de réduire l’incidence de la pauvreté qui était de 63,8% en 2002 à 47,5% en 2006.  Il a indiqué que son gouvernement avait mis à la disposition des populations nécessiteuses de nombreuses infrastructures de base socioéconomiques, comme les centres de santé, les écoles, les points d’eau potable, les aménagements agricoles, les périmètres maraîchers, les parcs de vaccination, l’aménagement des berges, et l’organisation d’activités génératrices de revenus. 


Par ailleurs, le Ministre a expliqué que les mauvais résultats obtenus par son pays étaient dus à plusieurs facteurs, entre autres comme les chocs extérieurs (augmentation du prix du pétrole, le déficit pluviométrique, et les effets négatifs des subventions agricoles), mais aussi l’insuffisance de prise en compte dans la CSLP des domaines comme la sécurité alimentaire, l’environnement, l’emploi, la protection sociale, et certains groupes vulnérables.  En ce qui concerne la jeunesse, il a mentionné l’adoption du Programme national de la promotion de la jeunesse (2006-2008).  


Mme THELMA KAY, représentante de la Commission économique et sociale pour la région d’Asie-Pacifique (CESAP), a souhaité que le dynamisme des économies de la région ne cache pas le fait qu’elle abrite 680 millions de pauvres, constituant les deux tiers des pauvres du monde.  Pour réduire cette pauvreté, il faut que les pays poursuivent une croissance économique encore plus importante et introduisent des changements pour rendre le processus de développement inclusif.  La CESAP apporte une aide à ces pays, en particulier dans l’élaboration des plans d’action en faveur des personnes handicapées.  La CESAP travaille aussi avec l’OIT pour l’amélioration des conditions d’emplois de ces personnes et aussi pour la collecte des données.  La jeunesse constitue 717 millions des personnes, soit 62% de la population totale des jeunes dans le monde.  L’emploi des jeunes constitue donc un problème important dans la région.  Il faut assurer une formation et le développement d’entreprises.  Avec la hausse des taux de VIH/sida et d’abus des drogues, la CESAP aide à l’élaboration d’un programme efficace de prévention, de traitement et de réinsertion, en utilisant une approche fondée sur l’égalité des droits.  Les institutions familiales ont été touchées par la transition et les changements sociaux, a poursuivi la représentante, en indiquant que compte tenu de la hausse des mariages et des grossesses tardives, la CESAP a organisé un séminaire sur les familles qui a aussi examiné l’impact de l’émigration, du trafic des êtres humains, de la diaspora.  L’impact du VIH/sida sur la famille a également été examiné.  Pour ce qui est du vieillissement, la CESAP continue de suivre les progrès effectués dans la mise en œuvre des mandats pertinents.


Mme FLORENCE CHENOWETH, Directrice de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a indiqué que la FAO avait réalisé des études sur le vieillissement des personnes rurales et l’effet de ce vieillissement sur les capacités de production.  Elle a mis l’accent sur une étude menée au Kenya pour examiner la question de la sécurité alimentaire et la situation des chefs de famille âgés, mais aussi dans le souci d’atténuer l’impact du VIH/sida sur les capacités de production.  S’agissant des personnes handicapées, a-t-elle ajouté, notre expérience nous montre que les investissements en leur faveur génère des bénéfices qui profitent à tout leur entourage.   


M. DJANKOU DJONKOU, représentant de l’Organisation internationale du Travail (OIT), a souligné qu’en dépit d’une croissance robuste et croissante, à l’échelle mondiale, l’emploi n’a cru que de 1,7%.  L’augmentation de la production n’a donc pas permis un nombre d’emplois capables d’absorber une force de travail toujours en augmentation.  Il faut créer 40 millions d’emplois tous les ans pour réussir ce pari.  L’OIT a mis des programmes liés aux conventions et normes du travail.  Aujourd’hui, 85% des jeunes vivent dans les pays en développement où ils travaillent dans des conditions de travail forcé ou sont mal payés, sans aucune protection sociale.  Après avoir attiré l’attention sur les efforts déployés, le représentant a mis l’accent sur la recommandation 152 relative au vieillissement.  


M. BERTRAND DE LOOZ, Observateur de l’Ordre souverain militaire et hospitalier de Malte, a rappelé que son Ordre était en quelque sorte un des précurseurs des institutions internationales humanitaires modernes, et que la notion de pauvreté, et donc de son élimination, était la raison d’être de cet Ordre depuis sa naissance voilà plus de 900 ans.  Il a précisé que le combat des Chevaliers de Malte était maintenant le combat de tous, celui de la lutte contre les ennemis modernes de la communauté internationale qui ont comme nom: pauvreté, faim, maladie, inégalité, injustice, catastrophes naturelles.  Cet engagement humanitaire est toujours valide pour les quelque 11 000 membres et 100 000 volontaires qui servent dans plus de 120 pays à travers le monde, sous le drapeau blanc et rouge de l’Ordre et dont les activités répondent entièrement aux principes et objectifs de la Charte des Nations Unies.  « Mille ans d’histoire et d’expérience au service de l’humanitaire, a-t-il conclu, ne doivent pas occulter  les vrais défis de l’avenir: ceux de la prévention, qui passent par l’éducation.  Nous devons toujours avoir à l’esprit que le savoir est un bien commun de l’humanité et que participer à l’éveil de la jeunesse ainsi qu’à la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes, sont des valeurs du futur ».


Mme BRENDA E. BENTLEY-GOENKA, représentante de la Fédération internationale des piétons, a vanté les mérites de la mobilité qui crée des cadresmicroéconomiques permettant à la communauté d’engranger des richesses.  Parmi tous les modes de transport, a-t-elle dit, la marche est le plus élémentaire, le mode par défaut.  Et pourtant, la marche est dangereuse compte tenu de l’imprudence des véhicules.  Il est temps de reconnaître le bien-fondé d’une activité qui ne pollue pas l’air, qui ne fait pas de bruit, qui ne menace pas les autres usagers de la route et qui n’exige pas une infrastructure lourde, a insisté la représentante. 


M. SAPORITO, représentant de l’Observatoire pour la communication culturelle et audiovisuelle pour la Méditerranée (OCCAM), a déclaré que nous devions tous lutter contre la pauvreté en éliminant les causes de chaque type de pauvreté.  Il a estimé indispensable de tenir compte des besoins particuliers des communautés dans le domaine de la santé et de l’éducation.  Il a déclaré qu’il serait absurde de ne pas saisir toutes les opportunités des technologies d’informations et de la communication en faveur de la réalisation des OMD.  Il a insisté sur le droit à la connectivité de toutes les communautés. 


M. JOSEPH KLOCK, représentant de New Humanity, a établi une distinction entre la pauvreté volontaire et la pauvreté involontaire, en expliquant que le premier type concerne des personnes qui décident de vivre séparé de leurs possessions et d’établir ainsi des « ponts d’amour ».  Ces personnes, a-t-il insisté, peuvent être le véhicule de l’élimination de la pauvreté involontaire.  Leur vie de détachement matériel consacre les valeurs de la communion.  Elles se sont données pour tâche de vaincre une indigence non choisie, en se fondant sur le partage de leurs biens avec d’autres.  Le principe est celui de la fraternité et de l’entraide, a conclu l’intervenant. 


M. ALI (Soudan) a insisté sur la pertinence des grandes conférences des Nations Unies et les plans d’action arrêtés à cette occasion au niveau international.  Malgré tous les efforts réalisés aux niveaux national et international, il semble difficile d’atteindre l’objectif de réduire de moitié la pauvreté absolue d’ici à 2015.  Il a déclaré que les conflits armés, les problèmes liés aux maladies contagieuses, l’insuffisance de l’aide au développement l’insuffisance des capacités et infrastructures.  Il s’est particulièrement félicité des accords de paix intervenus en janvier 2005 et qui ont mis fin à deux décennies de conflits civils au Soudan.  Il a estimé que cette paix enfin trouvée permettra à son pays de s’engager sans retenue sur la voie du développement économique et social.  Il a souligné les interventions de son pays en faveur des jeunes, des personnes handicapées et des personnes âgées. 


La représentante de la Fédération internationale pour la famille (IFFD) a indiqué que sa Fédération a organisé des cours de formation, à travers le monde, afin d’améliorer la compréhension et le dialogue entre les générations.  La Fédération a aussi lancé une campagne de sensibilisation des personnes âgées, qu’elle considère comme une encyclopédie des connaissances et une source d’amour inconditionnel qui constitue une source de stabilité dans les familles.  La cellule de base qu’est la famille doit être renforcée et il est heureux que l’Année internationale de la famille ait permis de passer en revue tous les aspects de la question.  La Fédération a, quant à elle, organisé le seizième Congrès international de la famille durant lequel quelque 400 délégués du monde ont les conclusions de la Fédération.


M. MARK MOROGE, représentant de l’Alliance de la jeunesse mondiale, s’est particulièrement inquiété de la situation des jeunes de 15 à 25 ans en rappelant que 85% d’entre eux vivaient dans les pays en développement.  Il a estimé que les jeunes devraient être les acteurs principaux de la réalisation des programmes de lutte contre la pauvreté des Nations Unies.  Il est important que les jeunes soient impliqués dans toutes les facettes du développement social.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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