TRANSCRIPTION DE LA CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LE MOYEN-ORIENT PAR LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU ET LES AUTRES MEMBRES DE HAUT NIVEAU DU QUATUOR, AU SIÈGE DES NATIONS UNIES, LE 9 MAI 2006

10 mai 2006
SG/SM/10453

TRANSCRIPTION DE LA CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LE MOYEN-ORIENT PAR LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU ET LES AUTRES MEMBRES DE HAUT NIVEAU DU QUATUOR, AU SIÈGE DES NATIONS UNIES, LE 9 MAI 2006

10 mai 2006
Secrétaire général
SG/SM/10453
Department of Public Information • News and Media Division • New York

TRANSCRIPTION DE LA CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LE MOYEN-ORIENT PAR LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU ET LES AUTRES MEMBRES DE HAUT NIVEAU DU QUATUOR, AU SIÈGE DES NATIONS UNIES, LE 9 MAI 2006

Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Bon après-midi, mesdames et messieurs. Comme vous le savez, nous venons de terminer une journée de réunion. Le Quatuor tient à remercier les ministres des affaires étrangères de l’Égypte, de la Jordanie et de l’Arabie saoudite pour avoir fait un aussi long voyage pour se joindre à nous aujourd’hui. Leurs points de vue ont enrichi les décisions que nous avons prises. Nous avons également adressé une lettre à l’ancien Envoyé, James Wolfensohn, pour exprimer notre vive reconnaissance pour les services exceptionnels qu’il a rendus. Nous venons de publier une déclaration. Je vais vous en présenter les points saillants.

Le Quatuor a souligné qu’il reste déterminé à trouver une solution prévoyant deux États, telle qu’elle figure dans la Feuille de route ainsi que la nécessité pour les deux parties d’éviter des mesures qui pourraient porter préjudice aux questions relatives au statut final. Nous avons réaffirmé notre vive préoccupation. En effet, le Gouvernement de l’Autorité palestinienne ne s’est pas engagé jusqu’à présent en faveur des principes de non-recours à la violence, de reconnaissance d’Israël et d’acceptation d’accords précédents et d’obligations antérieures, y compris la Feuille de route. Le Quatuor s’est déclaré disposé à œuvrer en vue du rétablissement de l’aide internationale à l’Autorité palestinienne une fois que celle-ci se sera attachée à ces principes.

Le Quatuor a condamné le fait que l’Autorité palestinienne n’ait pas pris des mesures contre le terrorisme et que l’attentat-suicide à la bombe du 17 avril à Tel Aviv ait été justifié. Le Président Abbas l’a condamné à juste titre. Le Quatuor s’est déclaré préoccupé par les opérations militaires israéliennes qui entraînent la perte de vies humaines innocentes. Le Quatuor demande à Israël de garder à l’esprit les conséquences possibles de ces actes. Nous avons également exprimé notre préoccupation devant l’expansion des colonies de peuplement et le tracé du Mur.

Le Quatuor a exprimé sa vive préoccupation devant la détérioration de la situation en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, notamment pour ce qui est de l’acheminement de l’assistance humanitaire, de l’économie, de la cohésion sociale et des institutions palestiniennes. Nous demandons à la communauté internationale d’agir d’urgence pour répondre aux demandes d’aide des organisations internationales, en particulier les organismes des Nations Unies. Nous exhortons les deux parties à prendre des mesures concrètes pour honorer leurs obligations en vertu de l’Accord réglant les déplacements et le passage. Mous avons également exprimé notre volonté d’entériner un mécanisme international provisoire, limité dans sa durée et dans sa portée, pleinement responsable et assurant un acheminement direct de toute aide aux Palestiniens.

Le Quatuor a également accueilli favorablement les efforts de l’Union européenne pour élaborer et proposer un tel mécanisme et invite les donateurs et les organisations internationales à envisager d’y prendre part. Parallèlement, le Quatuor exhorte Israël à prendre des mesures pour améliorer la situation humanitaire du peuple palestinien. Le Quatuor s’est félicité de ce que le Premier Ministre Olmert ait demandé la tenue de négociations avec un partenaire palestinien attaché à la Feuille de route ainsi que de l’attachement constant du Président Abbas à un programme de paix. Le Quatuor est encouragé par ces déclarations et intentions exprimées. Enfin, nous avons réaffirmé nos déclarations antérieures et notre attachement aux différentes résolutions du Conseil de sécurité.

Question (interprétation de l’anglais): Ma première question s’adresse au Secrétaire d’État américain, Mme Condoleezza Rice. Il est indiqué dans la déclaration qu’un mécanisme temporaire a été élaboré pour faciliter l’acheminement de l’aide aux Palestiniens. Quand commencera-t-il à fonctionner ? On indique dans la déclaration « dès que possible », mais quand le mécanisme entrera-t-il en vigueur ? Ensuite, Israël retient toutes sortes de droits de douane et de sommes recueillies au nom du peuple palestinien. Quand Israël pourra-t-il débloquer ces fonds pour les restituer au peuple palestinien ?

Mme Rice (interprétation de l’anglais): L’Union européenne jouera le rôle de chef de file pour élaborer et proposer un tel mécanisme. Nous pensons qu’il faut un mécanisme bien conçu, provisoire et bien défini dans sa portée et dans sa durée. La déclaration indique en l’occurrence qu’il faut réexaminer le besoin d’un tel mécanisme après une période de trois mois. Mais permettez-moi de vous dire que la déclaration porte principalement sur la nécessité pour la communauté internationale de continuer à satisfaire les besoins du peuple palestinien.

Les États-Unis aujourd’hui même fournissent 10 millions de dollars en assistance et en nature pour répondre aux besoins urgents sur le plan médical. La communauté internationale essaie d’intervenir. Nous demandons à Israël de réagir favorablement. En fin de compte, la solution au problème est un gouvernement palestinien qui accepte ses responsabilités en matière de gouvernance, les impératifs énoncés par le Quatuor et les normes qui nous aideraient à parvenir à une solution prévoyant deux États, conformément à la Feuille de route. Puisque l’Union européenne jouera le rôle de chef de file, je demanderai peut-être à Benita de parler des délais.

Mme Ferrero-Waldner (interprétation de l’anglais): Effectivement, ce que nous proposons, c’est de convoquer une réunion d’experts dès que possible à Bruxelles afin d’établir les paramètres et tenter de rassembler les éléments du mécanisme dans les délais les plus brefs. Ce n’est à l’évidence pas un mécanisme facile à élaborer. Ce n’est pas une question de jours, mais j’espère que l’entrée en vigueur du mécanisme sera une question de semaines.

Question (interprétation de l’anglais): Pourrait-on avoir des détails plus précis au sujet du mécanisme ? Est-ce la proposition de l’Union européenne qui devrait être présentée à la Banque mondiale ? Est-ce pour payer les salaires des gens du Hamas ou les fonctionnaires du Gouvernement dirigé par le Hamas ? Quelle serait la durée du mécanisme ? Quelle est sa limitation dans le temps ? Pendant que je tiens le micro, je demande à Mme Rice si Israël et le Président Abbas devraient engager des pourparlers directs ?

Mme Rice (interprétation de l’anglais): Une fois encore, l’Union européenne jouera le rôle de chef de file et dirigera les opérations. Nous examinons plusieurs propositions. Nous avons dit qu’au bout de trois mois, le mécanisme sera évalué. L’objectif n’est pas de transférer les responsabilités du Gouvernement palestinien à la communauté internationale pour satisfaire les besoins du peuple palestinien.  L’idée est de fournir une assistance au peuple palestinien afin que ce dernier ne souffre pas de privations ou ne soit pas victime d’une crise humanitaire. C’est l’objectif. C’est la raison pour laquelle nous prévoyons un mécanisme avec une durée et une portée limitées.

Pour ce qui est des pourparlers entre le Premier Ministre et le Président Abbas, ces deux personnes ont signalé que de précédents pourparlers ont été utiles. Nous souhaitons toujours que les uns et les autres se rencontrent, parlent mais il appartiendra au gouvernement de décider si les pourparlers auront lieu et quand. Ces deux parties ont été partenaires autrefois et je pense que cela ne s’arrêtera pas là.

Mme Ferrero-Waldner (interprétation de l’anglais): Permettez-moi de vous dire que nous invitons la Banque mondiale, l’ONU et d’autres donateurs internationaux à nous rejoindre pour qu’un grand groupe d’organismes puisse être formé. Pour ce qui est du mécanisme, il vise essentiellement à satisfaire les besoins humanitaires: je pense à la santé et à l’éducation, par exemple. Mais à l’évidence, il faut élaborer ce mécanisme. Je ne peux donc pas vous donner de détails à ce stade. Mais je puis vous dire qu’il s’agit d’assurer la transparence budgétaire et fiscale.

Il s’agit d’avoir une distribution directe au peuple palestinien, sans passer par l’intermédiaire du Gouvernement palestinien.

Question (interprétation de l’anglais): Dans votre déclaration, le Quatuor se félicite de ce que le Premier Ministre israélien soit prêt à parler, mais il indique avoir besoin d’un partenaire. Le Président Mahmoud Abbas vous a écrit hier qu’il était le partenaire d’après les règles d’Oslo. Pour l’instant, le Quatuor ne reconnaît pas M. Abbas comme partenaire. Mme Rice, comment se fait-il que vous n’entériniez pas l’idée de faire d’Abbas un partenaire pour ces négociations ? M. Lavrov, pensez-vous que l’on puisse faire en sorte que le Hamas s’engage ? Pensez-vous qu’il puisse y avoir un dialogue avec le Hamas ? Qu’entendez-vous par « moyens de faire s’engager le Hamas » ?

Mme Rice (interprétation de l’anglais): Nous avons le plus grand respect pour M. Abbas. Vous le verrez dans toute la déclaration; nous le respectons pour ce qu’il a essayé de faire pour le peuple palestinien, pour son intégrité personnelle et le fait qu’il a condamné le terrorisme. Il a essayé de diriger le peuple palestinien sur la voie de la Feuille de route. Le Quatuor a le plus grand respect pour M. Abbas.

Nous avons une situation nouvelle sur le terrain. Il y a eu des élections dans les territoires palestiniens et en Israël. Les circonstances politiques dans les territoires palestiniens sont compliquées. Nous aimerions que les conditions politiques évoluent de façon à permettre un retour à la Feuille de route et à permettre aux parties de renouer le dialogue pour parvenir à une solution de deux États. Mais je crois qu’il est trop tôt pour essayer de prescrire les modalités permettant de débloquer la situation. Nous nous félicitons de l’intention exprimée par le Premier Ministre Olmert de rechercher une solution négociée et de l’intention du Président Abbas de rester attaché à la solution de deux États. Nous verrons comment la situation politique évolue.

M. Lavrov (interprétation du russe): En ce qui concerne la deuxième question, il est tout à fait clair que nous considérons qu’il est indispensable de continuer à travailler avec le Gouvernement du Hamas. C’est d’ailleurs l’avis des pays de la région et cela a été confirmé aujourd’hui au cours de nos rencontres, les rencontres du Quatuor avec les Ministres des affaires étrangères, de l’Égypte, de la Jordanie et de l’Arabie Saoudite. Nous notons que le Hamas n’a pas rempli les conditions du Quatuor et de la communauté internationale. Notre position est claire: le Hamas doit aller de l’avant. Le premier signe, bien qu’insuffisant, est que le message a été entendu de la part du Hamas.  Nous le constatons car le Hamas a dit être prêt à s’associer à l’initiative arabe de paix si cette initiative reconnaissait Israël. Je note que le Hamas ne s’oppose pas à ce que Mahmoud Abbas rencontre le Premier Ministre Olmert.

Nous appuyons Mahmoud Abbas, qui, conformément à tous ses pouvoirs, a le droit et l’obligation de régler les questions des négociations avec Israël. Je reviens au Hamas. Ce n’est qu’avec des efforts conjoints et une participation commune que nous parviendrons à des résultats. L’isolement n’aidera personne.

Question (interprétation de l’anglais): Ma question concerne l’Iran. Compte tenu des discussions qui ont eu lieu entre directeurs politiques précédemment, quelles sont les mesures d’incitation qu’on offrirait à l’Iran si celui-ci acceptait de suspendre son programme d’enrichissement de l’uranium ? Les États-Unis ont écarté la lettre comme étant essentiellement philosophique, et pourtant l’Iran mentionne des progrès scientifiques et techniques et sans doute que cela fait référence au programme nucléaire.

Mme Rice (interprétation de l’anglais): Je vous renvoie à ce qui a été présenté aux Iraniens depuis assez longtemps déjà. Il y a une proposition européenne et une proposition russe. Les directeurs politiques devaient examiner les façons dont le Gouvernement iranien pourrait encore une fois être informé des méthodes qui permettraient à l’Iran d’avoir un programme nucléaire civil dans le contexte du consensus international, à savoir que l’Iran ne peut pas disposer du cycle de combustible. Personne ne conteste que l’Iran puisse avoir un programme nucléaire civil. Il peut y avoir des progrès scientifiques; personne ne le conteste. Mais étant donné les antécédents historiques, le cycle d’enrichissement et de retraitement sur le territoire iranien pose problème. C’est là que la communauté internationale a demandé à l’Iran de suspendre ce programme et de revenir aux négociations. Je veux être claire et nette. Toute discussion sur ce que l’Iran pourrait faire en matière de programme nucléaire civil tient également compte du fait que l’Iran a, à maintes reprises, refusé d’honorer les obligations imposées à l’Iran par la communauté internationale. Cela s’inscrit également dans le contexte d’une discussion qui se poursuit au sein du Conseil de sécurité, un débat relatif à une résolution qui indiquerait très clairement à l’Iran qu’il doit effectivement s’acquitter de ses obligations, qu’il doit accepter la résolution du Conseil des Gouverneurs.

Il ne s’agit pas de parler de mesures d’incitation pour l’Iran. Il s’agit de démontrer à l’Iran qu’il y a une voie qui lui permettrait d’avoir un programme nucléaire civil. La communauté internationale appuierait cela, mais il faudrait également dire à l’Iran qu’il y a aussi un prix à payer s’il continue à défier la communauté internationale. Tout cela s’inscrit dans le débat sur une résolution et nous comptons présenter un projet de résolution au Conseil de sécurité qui obligera l’Iran à honorer ses obligations.

Question (interprétation de l’anglais): S’agit-il de propositions déjà présentées et dont on a appris l’existence ?

Mme Rice (interprétation de l’anglais): Je n’ai pas dit cela. Les directeurs politiques examinent la façon de démontrer à l’Iran qu’il y a une voie qui pourrait aboutir à un programme nucléaire civil qui sera acceptable pour la communauté internationale. Toutefois, nous avons indiqué de façon claire et nette qu’il y a également une voie et si l’Iran continue de s’engager dans cette voie, cela va aboutir à son isolement. C’est pour cela que nous continuons d’en discuter. Nous avons l’intention de proposer et de faire adopter une résolution qui indiquera très clairement à l’Iran qu’il doit honorer ses obligations énoncées par le Conseil des Gouverneurs et que c’est une obligation.

Question (interprétation de l’anglais): Pourriez-vous nous dire quelles sont les mesures concrètes qu’Israël et l’Autorité palestinienne devront prendre pour que les principes de la Feuille de route puissent être appliqués ? Pourriez-vous être très précise ?

Mme Plassnik (interprétation de l’anglais): Nous avons été précis et clairs et nets dans notre message. Il s’agit des principes énoncés par le Quatuor et nous ne changerons pas de voie. Il faut qu’on renonce à la violence; il faut qu’Israël soit reconnu, ainsi que son droit à l’existence; il faut que soient acceptés les accords conclus. Malheureusement, comme cela a déjà été dit, nous avons examiné la situation de très près pour voir si l’on pouvait déceler des progrès pour ce qui est des avancées dans cette voie et pour l’instant, les résultats n’ont guère été encourageants. Le message que nous avons transmis aujourd’hui à la communauté internationale est clair et net et je remercie le Secrétaire général d’avoir invité les partenaires de la région à s’entretenir avec nous. Nous nous soucions des Palestiniens et de leurs besoins et nous sommes prêts à prendre des mesures concrètes et pragmatiques. L’Union européenne propose d’élaborer un mécanisme international pour pouvoir acheminer l’assistance et nous allons y travailler très rapidement avec des partenaires internationaux.

Question (interprétation de l’anglais): Le Ministre des affaires étrangères Lavrov a dit que la déclaration devrait inclure quelque chose de très ferme sur des mesures unilatérales de la part de quelque partie que ce soit. La partie israélienne a dit que, si les Palestiniens ne s’acquittaient pas de ces conditions qui leur seraient imposées, ils prendraient des décisions unilatérales. Quelle est votre position sur les positions unilatérales des israéliens ?

Mme Rice (interprétation de l’anglais): Écoutez, je note que le Premier Ministre Olmert a dit qu’il aimerait avoir une solution négociée. Là, nous sommes tout à fait d’accord avec lui. Deuxièmement, nous n’avions pas l’intention de discuter avec les Israéliens de leurs positions à propos de l’avenir et je ne vais pas avoir cette discussion devant la presse avant de l’avoir avec les Israéliens. Je noterai que le dégagement de Gaza, décision unilatérale d’Israël, a mené au premier retour dans le territoire des Palestiniens au cours de toute cette période, donc cela était excellent. Nous aimerions tous avoir une solution négociée, mais les conditions politiques doivent être justes, et une des circonstances politiques qui doit changer est que le Gouvernement palestinien doit s’engager en faveur des principes sur la base desquels des négociations avec un partenaire peuvent avoir lieu - à savoir, au minimum, il faut reconnaître le droit de votre partenaire à exister et renoncer à la violence contre ce partenaire. Donc nous travaillons tous pour cette situation.

Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Si vous me permettez d’ajouter quelque chose, le Quatuor a déjà dit par le passé – cela a été dit dans le contexte de la bande de Gaza – que ces retraits devraient être coordonnés avec les Palestiniens. Et nous avions dit que les frontières finales devront être négociées indépendamment de la façon dont le retrait a lieu. Le Président a été très clair.

Mme Rice (interprétation de l’anglais): Le statut final est quelque chose qui doit faire l’objet d’un accord entre les parties.

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Déclaration du Quatuor* -- 9 mai 2006

Vous trouverez ci-après le texte de la déclaration faite le 9 mai, par le Quatuor pour le Moyen-Orient:

Les représentants du Quatuor – le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, M. Kofi Annan, le Ministre russe des affaires étrangères, M. Sergei Lavrov, la Ministre autrichienne des affaires étrangères, Mme Ursula Plassnik, la Secrétaire d’État des États-Unis, Mme Condoleezza Rice, le Haut Représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune, M. Javier Solana, et la Commissaire européenne chargée des relations extérieures, Mme Benita Ferrero-Waldner – se sont réunis aujourd’hui à New York pour examiner la situation au Moyen-Orient. Le Quatuor s’est également entretenu des questions intéressant la région avec le Ministre égyptien des affaires étrangères, M. Ahmed Aboul Gheit, le Ministre jordanien des affaires étrangères, M. Abdelelah al-Khatib, et le Ministre saoudien des affaires étrangères, M. Saud al-Faisal.

Le Quatuor a exprimé sa gratitude à M. James Wolfensohn pour la tâche qu’il a accomplie en sa qualité d’Envoyé spécial du Quatuor pour le dégagement de Gaza, et fait observer que ce dernier avait joué un rôle essentiel dans la conclusion de l’Accord sur les déplacements et le passage et l’adoption d’un programme de redressement économique en Palestine.

Le Quatuor a souligné qu’il demeurait attaché aux principes du partenariat et de la négociation en vue de parvenir à un règlement prévoyant deux États, tels qu’ils sont énoncés dans la Feuille de route. L’inaction des parties dans certains domaines clefs a empêché de progresser dans la mise en œuvre de la Feuille de route. Le Quatuor a insisté sur le fait que les deux parties devaient éviter de prendre des mesures susceptibles de préjuger des questions ayant trait au statut définitif ou de compromettre la réalisation de cet objectif.

Le Quatuor s’est une nouvelle fois déclaré gravement préoccupé par le fait que le Gouvernement de l’Autorité palestinienne ne s’était pas encore engagé à respecter le principe de la non-violence, à reconnaître Israël et à accepter les accords et obligations contractés antérieurement, dont la Feuille de route. Il a indiqué que l’absence d’engagement à cet égard avait fatalement eu des répercussions sur l’assistance directe octroyée à ce gouvernement et il s’est déclaré profondément troublé par les conséquences de cette situation pour le peuple palestinien. Les pays donateurs ont manifesté leur volonté d’œuvrer au rétablissement de l’assistance internationale au Gouvernement de l’Autorité palestinienne une fois que ce dernier se serait engagé à respecter ces principes.

Le Quatuor a examiné la situation actuelle en Israël, en Cisjordanie et à Gaza. Il a condamné le fait que le Gouvernement de l’Autorité palestinienne n’avait rien fait pour combattre le terrorisme et avait justifié l’attentat-suicide commis le 17 avril à Tel-Aviv. Le Quatuor l’a invité instamment à prendre des mesures énergiques pour lutter contre le terrorisme et mettre un terme à la violence. Il a noté que le Président Abbas avait condamné l’attentat du 17 avril tout comme il l’avait toujours fait dans le passé pour tous les autres actes de terrorisme.

Le Quatuor a exprimé l’inquiétude que lui inspiraient les opérations militaires israéliennes qui provoquent la mort d’innocents. Il a appelé à la modération et demandé à Israël de ne pas perdre de vue les conséquences éventuelles de ses actes pour la population. Il s’est déclaré préoccupé par l’expansion des colonies de peuplement. Il continuait de suivre avec préoccupation l’itinéraire de la barrière, qui entraîne la confiscation de terres palestiniennes et entrave la circulation des personnes et des marchandises. Il a réaffirmé qu’il importait que les deux parties s’abstiennent de prendre des mesures unilatérales qui préjugeraient des questions touchant le statut définitif.

Le Quatuor a examiné la situation humanitaire en Cisjordanie et à Gaza. Il s’est déclaré gravement préoccupé par la détérioration de la situation, en particulier à Gaza, en ce qui concerne l’acheminement de l’aide humanitaire, la vie économique, la cohésion sociale et les institutions palestiniennes. Il a réaffirmé qu’à son avis, l’assistance devait viser à satisfaire les besoins essentiels de la population palestinienne et à promouvoir la démocratie et l’instauration d’une société civile en Palestine, et il a demandé à la communauté internationale de répondre d’urgence aux demandes d’assistance des organisations internationales, en particulier des organismes des Nations Unies, présents en Cisjordanie et à Gaza. Le Quatuor a engagé les deux parties à prendre des mesures concrètes pour s’acquitter des obligations qui leur incombent en vertu de l’Accord sur les déplacements et le passage.

Rappelant l’engagement qu’il a pris d’être attentif aux besoins du peuple palestinien, le Quatuor s’est déclaré disposé à approuver un mécanisme international temporaire d’une portée et d’une durée limitées, qui réponde strictement aux normes de transparence et de responsabilité et qui assure la fourniture directe de l’assistance au peuple palestinien. Si ces critères peuvent être réunis, ce mécanisme international devrait commencer à fonctionner dès que possible et faire l’objet d’un examen au bout de trois mois pour déterminer s’il devait être maintenu. Le Quatuor a accueilli avec satisfaction l’offre de l’Union européenne de mettre au point et de proposer un tel mécanisme. Il a invité d’autres donateurs et organisations internationales à envisager de participer à ce mécanisme. Il a engagé vivement Israël à prendre dans le même temps des mesures propres à améliorer la situation humanitaire du peuple palestinien. Il a réaffirmé que le Gouvernement de l’Autorité palestinienne devait s’acquitter des responsabilités qui lui incombaient de satisfaire les besoins essentiels de la population, notamment dans le domaine de la santé, et d’assurer efficacement la gestion financière et la prestation des services.

Le Quatuor a accueilli avec satisfaction l’appel lancé par le Premier Ministre, M. Olmert, en faveur de négociations avec un partenaire palestinien attaché aux principes énoncés dans la Feuille de route, qui constituait le fondement le plus stable et le plus prometteur pour la poursuite du processus politique. Il s’est félicité du fait que le Président Abbas demeurait attaché à un programme de paix et a jugé encourageantes ces déclarations d’intention.

Enfin, le Quatuor a réaffirmé son attachement à ses déclarations antérieures et à un règlement juste, global et durable du conflit sur la base des résolutions 242 (1967), 338 (1973), 1397 (2002) et 1515 (2003). Il demeurera saisi de la question.

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* Pour des raisons techniques, le texte n’a pu être traduit en français le jour de la publication de la transcription de la conférence de presse.

À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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