LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE DOIT PRÊTER ASSISTANCE À L’AFGHANISTAN AU FUR ET À MESURE QU’IL AVANCE VERS LA PAIX ET LA DÉMOCRATIE, SOULIGNE KOFI ANNAN

SG/SM/10331-AFG/286
31 janvier 2006

LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE DOIT PRÊTER ASSISTANCE À L’AFGHANISTAN AU FUR ET À MESURE QU’IL AVANCE VERS LA PAIX ET LA DÉMOCRATIE, SOULIGNE KOFI ANNAN

31/01/2006
Secrétaire général
SG/SM/10331
AFG/286
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LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE DOIT PRÊTER ASSISTANCE À L’AFGHANISTAN AU FUR ET À MESURE QU’IL AVANCE VERS LA PAIX ET LA DÉMOCRATIE, SOULIGNE KOFI ANNAN


Vous trouverez ci-après le texte du discours d’ouverture du Secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan, à la Conférence de Londres sur l’Afghanistan, le 31 janvier:


Nous voici réunis à un moment important du difficile processus par lequel l’Afghanistan se tire d’une période de conflit et de dévastation.  Autrefois tenu en otage par la terreur et les terroristes, le pays fait ses premiers pas comme démocratie.  Une constitution démocratique, un parlement national représentatif, un gouvernement régulièrement élu sont autant de signes du renouveau de l’État afghan, qui petit à petit reprend des forces et qui, avec chaque mois qui passe, devient mieux à même d’améliorer les conditions de sécurité et d’étendre l’effort de reconstruction.


Et pourtant, notre optimisme ne peut qu’être mitigé par la gravité des problèmes qui nous attendent encore.  Les violences récentes nous ont rappelé cruellement la fragilité de la paix dans le pays, qui reste aujourd’hui un espace d’insécurité.  Le terrorisme, la violence des extrémistes, le commerce illégal des stupéfiants et la corruption qui se développe dans son sillage menacent non seulement la suite de l’entreprise d’édification de l’État mais aussi les acquis du processus de Bonn.


Ce sont là de graves problèmes, que le courageux peuple afghan et ses énergiques dirigeants ne peuvent contourner.  Ils s’y attaquent déjà, puisqu’ils ont entamé le mouvement vers une démocratie où le pouvoir est exercé par un gouvernement représentatif.


Mais, l’expérience nous l’a appris, l’amélioration de la situation de l’Afghanistan intéresse aussi le monde entier.  Il est dans l’intérêt de toute la communauté internationale de prêter assistance au pays au fur et à mesure qu’il s’approche de plus en plus sûrement de la paix et de la démocratie et, ce qui compte le plus, que la sécurité y est renforcée, car c’est la condition du progrès sur tous les autres fronts.  Il faut absolument que le partenariat qui s’est formé à Bonn, et que nous renouvelons aujourd’hui, continue de soutenir le peuple afghan.  Il faut qu’il aide la population dans l’action menée pour donner corps à leur idée d’un État Afghanistan dynamique, doté de forces de sécurité efficaces et impartiales, respectueux des droits de l’homme, armé d’une administration civile qualifiée et d’un système d’administration de la justice qui fonctionne, et capable de répondre aux besoins élémentaires de ses citoyens.


Le Pacte pour l’Afghanistan repose sur un programme ambitieux, en vertu duquel ceux qui représentent la communauté internationale autour de cette table sont tenus de s’impliquer durablement et sans fléchir dans l’avenir du pays.  Les problèmes de sécurité y figurent en tête des priorités.  Le Pacte porte sur les domaines d’importance critique que sont l’état de droit et la gouvernance, le développement et la reconstruction et le problème des stupéfiants.  Des jalons mesurables y sont posés à des dates déterminées, pour un ensemble de priorités bien défini.  Bref, c’est un plan d’action axé sur des résultats concrets, visant à bâtir l’avenir de l’Afghanistan.


Alors que le Gouvernement afghan, sous la direction avisée du Président Karzaï, et la communauté internationale s’emploient à mettre ce plan en œuvre, l’ONU se tient prête à apporter son concours.  En tant que coprésidente du Conseil de suivi du Pacte, elle aidera le Gouvernement à faire en sorte que l’aide internationale ait des effets plus visibles pour la population.  Elle s’efforcera aussi de piloter et de coordonner la mise en œuvre du Pacte, forte de l’expérience acquise grâce à sa participation intense au processus de Bonn, pour laquelle elle a agi sous la direction si compétente de Lakhdar Brahimi, qui est parmi nous aujourd’hui.  Nous serons toujours fiers de ce qu’il a fait, et nous chercherons à suivre son exemple.  Bien sûr, nous ne pourrons continuer de réussir dans cette entreprise que si tous ceux qui sont présents ici aujourd’hui coopèrent et participent à l’action sans relâche.  Je vous suis reconnaissant de l’esprit de coopération dont mon Représentant spécial, Jean Arnault, a bénéficié de votre part dans l’action qu’il mène inlassablement pour parvenir à un Afghanistan stable et démocratique.  J’espère que vous continuerez à collaborer étroitement avec son successeur, Tom Koenigs.


Le temps est à l’action et à la détermination.  Après avoir été contraint de tant sacrifier en temps de guerre, le peuple afghan a volontairement investi encore plus dans la paix.  Il en attend un dividende, et il le mérite.  Le Président Karzaï, et avec lui les présidents des deux chambres de l’Assemblée nationale, MM. Mojadeddi et Qanooni, et les autres responsables afghans à tous les niveaux, doivent réussir à répondre à ses attentes.  Il en va à la fois de la stabilité à long terme de l’État afghan et de la crédibilité de son gouvernement.


Nous avons de bonnes raisons d’être fiers des progrès accomplis par l’Afghanistan ces dernières années.  Mais nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers, et c’est pourquoi je joins aujourd’hui ma voix aux vôtres pour réaffirmer l’attachement indéfectible de la communauté internationale au sort du peuple afghan et de son pays.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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