LE FORUM DES NATIONS UNIES SUR LES FORÊTS OUVRE LES TRAVAUX DE SA SIXIÈME SESSION AU SIÈGE

ENV/DEV/883
13 février 2006

LE FORUM DES NATIONS UNIES SUR LES FORÊTS OUVRE LES TRAVAUX DE SA SIXIÈME SESSION AU SIÈGE

13/02/06
Conseil économique et social
ENV/DEV/883
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Forum des Nations Unies sur les forêts

Sixième session

2e & 3e séances – matin & après-midi


LE FORUM DES NATIONS UNIES SUR LES FORÊTS OUVRE LES TRAVAUX DE SA SIXIÈME SESSION AU SIÈGE


Les délégations s’engagent à œuvrer en faveur d’une gestion durable des forêts mais une majorité des intervenants rejettent l’idée d’un instrument juridiquement contraignant


À l’ouverture de la 6e session du Forum des Nations Unies sur les forêts, les délégations des États Membres ont élu par acclamation Mme Judith Bahemuka, du Kenya, au poste de Présidente de cette importante session qui, entre autres, s’efforcera de faire aboutir les négociations relatives à la création d’un instrument international de gestion durable des forêts.  Dans sa déclaration d’ouverture, la Présidente élue a émis l’espoir que les délégations surmonteront les difficultés et les divergences de vues qui avaient empêché le consensus et laissé un certain nombre de questions en suspens à la clôture de la 5e session du Forum.


La majorité des délégations qui se sont exprimées aujourd’hui, dont celles du Ghana, pour le Groupe africain; du Gabon, au nom de la Commission des forêts d’Afrique centrale; du Cambodge, au nom de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est; de la Colombie, pour les États de l’Amazonie; du Brésil, de l’Inde, et du Chili, ont estimé qu’il serait mal avisé pour le Forum de vouloir à tout prix négocier au cours de cette session un instrument international sur la gestion durable des forêts qui soit juridiquement contraignant.  Il serait plutôt recommandable de renforcer les cadres régionaux et multilatéraux existant déjà sur cette question, ont recommandé ces délégations.  À cet égard, le Ministre de l’économie forestière, des eaux, de la pêche et des parcs nationaux du Gabon, qui s’exprimait au nom de la Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC), dont son pays assure la présidence, a déclaré que les pays du bassin forestier tropical du Congo, qui est le deuxième par son importance après celui de l’Amazonie, recommandent un instrument international de gestion des forêts qui soit volontaire et souple.  Cet instrument, qui devra concerner tous les types de forêts, devra prendre en considération la complexité des pratiques de gestion des ressources forestières des pays d’Afrique centrale et faciliter la poursuite des efforts déployés en faveur de l’aménagement, de la mise en place de critères et d’indicateurs de gestion durable et de bonne gouvernance, a souligné le Ministre.  Le « Plan de convergence » élaboré à cet égard par les États de la COMIFAC est arrimé au Plan d’action environnementale du NEPAD, a-t-il précisé. 


Pour sa part, le représentant de l’Autriche, qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, a estimé que la communauté internationale devait inverser les tendances au déboisement que l’on observe dans de nombreuses régions du monde.  Le moyen le plus efficace pour parvenir à une gestion durable des forêts serait l’adoption d’un instrument juridiquement contraignant sur la question, a-t-il poursuivi.  Mais, reconnaissant qu’aucun consensus ne pouvait être atteint actuellement sur la négociation d’un tel cadre, il a dit que l’Union européenne souhaitait mener un dialogue constructif qui permettrait de faire des progrès en la matière tout en rendant le concept de gestion durable des forêts compatible et harmonisé avec les politiques de développement.  Évoquant la nécessité de donner plus de visibilité sur l’agenda international à la question de la préservation des forêts et de leur biodiversité, la représentante de la Croatie a rappelé que son pays avait proposé que l’Assemblée générale déclare l’année 2010 « Année internationale des forêts ».  Elle a demandé au Forum d’appuyer cette proposition auprès de l’Assemblée. 


Outre ses fonctions de Présidente de cette session du Forum, Mme Bahemuka représentera les pays d’Afrique au sein du Bureau.  Les sièges qui étaient encore vacants au sein de ce dernier ont été pourvus.  Ont été élus Vice-Présidents M. Madji Ramadan, du Liban, pour les États d’Asie; et M. José Antonio Doig, du Pérou, comme représentant des États d’Amérique latine et des Caraïbes.  À la clôture de la 5e session, les États Membres avaient déjà élu par accumulation deux Vice-Présidents, M. Tono Kruzic, de la Croatie, pour les États d’Europe orientale, et M. Franz Xaver Perrez, de la Suisse comme représentant du Groupe des États d’Europe occidentale et autres États.  Après l’élection des membres du Bureau, les délégations ont adopté ce matin le programme de travail* du Forum.  Elles ont ensuite accrédité trois organisations intergouvernementales régionales à participer aux travaux du Forum.  Il s’agit de la Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC); du Secrétariat de la Communauté du Pacifique, et du Partenariat forestier d’Asie.


Outre les États cités ci-dessus les délégations des pays et entités dont les noms suivent ont participé aux débats: Panama, Ghana, Japon, Chine, Fédération de Russie, Canada, Australie, Algérie, Fidji, Nigéria, Argentine, Pakistan et Kenya.  Les représentants du Secrétariat de la Communauté du Pacifique, des Grands groupes de la société civile, et du Traité de coopération amazonienne se sont exprimés.  Le Forum a également entendu la déclaration du Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, et celles du Directeur du Secrétariat du Forum; de l’ancien Président du Partenariat de collaboration sur les forêts et celle du Directeur des forêts à l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en tant que représentant de ce Partenariat. 


Le Forum des Nations Unies sur les forêts poursuivra ses travaux à huis clos demain, mardi 14 février, à 10 heures, en Groupes de travail.  Sa prochaine réunion publique sera annoncée dans le Journal.


* Contenu dans le document E/CN.18/2006/1



Déclarations


Mme JUDITH BAHEMUKA (Kenya), qui a été élue par acclamation comme Présidente de cette session du Forum, a expliqué que le Bureau travaille depuis un certain nombre de mois, et a pu mettre sur pied le programme de cette session après un échange de vues et d’idées avec les délégations des États Membres, espérant que ce premier consensus permettra d’aboutir à des solutions acceptables pour tous en ce qui concerne la gestion des forêts.  Les questions restées en suspens lors de la 5e  session nous montre à quel point il est important que nous parvenions à des accords sur la conservation des forêts, qui doit aussi respecter les besoins de développement des pays qui les abrite, a ensuite dit la Présidente.  À cet égard, les conclusions de la dernière session de la Commission du développement durable doivent être prises en considération, a-t-elle poursuivi.  Elle s’est ensuite félicitée de l’apport des partenariats à la mise en œuvre, sur le terrain, des décisions prises au niveau du Forum. 


Mme Bahemuka a appelé les délégations à se fixer des objectifs communs ambitieux en matière de gestion des forêts.  À ses yeux, il faut renforcer la lutte contre l’exploitation sauvage et la déforestation accélérée en vue d’une gestion durable.  Ces efforts ne peuvent aboutir qu’avec le soutien des groupes de la société civile, a estimé Mme Bahemuka en annonçant qu’un évènement parallèle au déroulement des travaux de la session du Forum serait organisé sur la question de la participation de la société civile.  Les ressources de l’aide publique au développement sont cruciales pour financer les activités de protection des massifs forestiers, a-t-elle ajouté.  Le Bureau remercie les États et les organes donateurs qui ont contribué au Fonds d’affection spéciale du Forum, ces ressources ayant permis à plusieurs représentants de délégations de certains pays de participer aux travaux qui s’ouvrent aujourd’hui.


M. JOSÉ ANTONIO OCAMPO, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, a estimé que le Forum des Nations Unies sur les forêts (FNUF) se trouvait à la croisée des chemins dans la mesure où, comme à sa session précédente, la sixième session devra permettre au Forum tracer la feuille de route pour aller plus avant et adopter des méthodes de travail efficaces, cinq ans après sa création.  Rappelant la place importante qu’occupent les forêts dans le développement économique, l’environnement et la vie de centaines de millions de personnes, M. Ocampo a également souligné les défis de la gestion durable des forêts, tel que le déboisement, pour de nombreux pays et la communauté internationale. 


Depuis la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement, qui s’est tenue à Rio en 1992, s’est-il félicité, le concept de gestion durable a reçu une attention internationale sans précédent.  L’Arrangement international sur les forêts (AIF), établi en 2000 par le Conseil économique et social (ECOSOC), a ainsi permis d’institutionnaliser un processus intergouvernemental en apportant un soutien aux États Membres et les praticiens, ainsi qu’à ceux qui vivent des forêts.


De même que le FNUF fait partie du cadre plus large du système de développement des Nations Unies, a poursuivi l’intervenant, son travail participe également de cette politique de développement de l’ONU.  Citant quelques grands accords internationaux, comme le Plan d’action de Johannesburg et le Document final du Sommet mondial de septembre 2005 qui a demandé que les arbres et les forêts puissent contribuer aux programmes de développement convenus au niveau international, l’intervenant a invité les délégations à tenir compte de ce contexte dans leurs négociations pour l’amélioration des politiques de gestion durable des forêts.  Il faut placer au centre de vos politiques, la bonne gouvernance, la gestion durable des forêts au service de la consolidation de la paix et le renforcement des capacités, a insisté M. Ocampo qui a également souhaité que le Forum réfléchisse à la façon de mieux articuler le concept de gestion durable des forêts dans la mise en œuvre intégrée des objectifs de développement.  Enfin, il a demandé que cette sixième session du Forum adopte un programme de travail clair et encourage les délégations à réfléchir au moyen de renforcer la coopération internationale en matière de gestion durable des forêts.


M. PEKKA PATOSAARI, Directeur du Secrétariat du Forum des Nations Unies sur les forêts (FNUF), a présenté au Forum la note du Secrétariat soumise sous la cote E/CN.18/2006/2.  Dans la décision 5/2, le Forum des Nations Unies sur les forêts a, à sa 5e session, décidé d’achever son processus d’examen sur la base du projet de texte établi par le Président et dont certaines recommandations figurent encore entre crochets dans l’annexe de ce document.  La note a pour objet de faciliter les débats des États Membres, a indiqué M. Patosaari.  Le projet de texte du Président, fait des propositions sur les objectifs stratégiques d’ensemble; les moyens de mise en œuvre; les modes de travail; le cadre juridique; le code volontaire, les directives et l’accord international, a indiqué M. Patosaari.


M. HOSNY EL-LAKANY, ancien Président du Partenariat de collaboration sur les forêts, a encouragé les délégations à tout mettre en œuvre lors de cette session pour trouver des solutions pour l’avenir de l’une des principales ressources de la planète.


M. MiCHAEL MARTIN, au nom du Partenariat de collaboration sur les forêts, a indiqué que les organismes membres de ce Partenariat étaient déterminés à travailler de concert pour la réalisation des objectifs de l’Arrangement international sur les forêts.  Dans le cadre des ressources disponibles, le Partenariat a su apporter une réponse positive à des demandes spécifiques du FNUF.  Au sujet de l’avenir du Partenariat, M. Martin a observé notamment qu’il fallait mettre l’accent sur une meilleure coordination pour soutenir les efforts nationaux et régionaux dans la mise en œuvre des accords internationaux pris en faveur des forêts.  Il a également souhaité que les pays soient appuyés dans leurs efforts de lutte contre la déforestation. 


M. ÉMILE DOUMBA, Ministre de l’économie forestière, des eaux, de la pêche et des parcs nationaux du Gabon, a déclaré, au nom du Gabon et de la Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC), que les forêts tropicales sont un enjeu planétaire au regard de leur importance dans le maintien des équilibres écologiques globaux.  C’est fort de ce constat que les dirigeants d’Afrique centrale se sont accordés sur la nécessité de développer des outils en faveur de la conservation et de la gestion durable des écosystèmes forestiers du bassin du Congo, qui est le second massif forestier tropical après celui de l’Amazonie. 


Dans la déclaration de Yaoundé, en date du 17 mars 1999, ils ont proclamé solennellement leur attachement à ce principe et rappelé le droit des peuples à disposer de leurs ressources forestières pour soutenir leurs efforts de développement économique et social.  La mise en œuvre de cet engagement politique concerté a conduit les chefs d’État d’Afrique centrale à créer la COMIFAC, dont le traité a été signé à Brazzaville, le 5 février 2005. 


Les États du Bassin du Congo, membres de la COMIFAC, préconisent que l’instrument international de gestion de tous les types de forêts soit à la fois volontaire et souple afin de mieux prendre en compte la complexité des pratiques de gestion de leurs ressources forestières et de faciliter la poursuite des efforts déployés ces dernières années en matière d’aménagement, de mise en place des critères et indicateurs de gestion et de bonne gouvernance, a dit le Ministre. 


À cet égard, a-t-il déclaré, j’ai l’honneur d’informer le Forum que la COMIFAC a élaboré ses stratégies et actions prioritaires dans le cadre d’un « Plan de convergence », expression de la vision commune de nos États pour une gestion concertée de leurs ressources forestières.  Nous précisons que ce Plan de convergence est arrimé au Plan d’action environnementale du NEPAD, a dit le Ministre.  La mise en œuvre de ce Plan va nécessiter un financement de 1,5 milliard de dollars sur 10 ans, a-t-il précisé.  Les contributions des États de la COMIFAC ne suffiront pas à elles seules à couvrir cette somme.  Nous rappelons donc les termes de la résolution 54/214 de l’Assemblée générale qui invite la communauté internationale à aider les pays d’Afrique centrale en leur fournissant une assistance technique et financière pour la conservation et la gestion durable de leurs écosystèmes forestiers, a dit M. Doumba.  Nous espérons que la 6e session du Forum aboutira à un accord répondant véritablement aux enjeux de la gestion forestière durable, a-t-il conclu. 


M. EANA SAVET (Cambodge) a déclaré, au nom des États de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), que les pays de l’ANASE avaient élaboré une stratégie de gestion durable de leurs forêts.  Le cadre d’action de Vientiane vise à harmoniser le développement économique et social dans les différents pays membres de l’ANASE, qui reconnaît l’importance des processus régionaux et à cet égard renforce ses cadres de coopération régionale en matière de gestion des forêts.  Un des buts est de favoriser la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement dans tous les États de l’ANASE.  Les efforts de l’ANASE ont abouti à la création d’un réseau de parcs et de réserves forestières et à un système de certification du bois pan-ANASE, a indiqué le représentant cambodgien.  Au sein de l’Association a été mis un système d’échange d’information et de bonnes pratiques en matière de protection de l’environnement, a-t-il poursuivi.  Sur la question de la mise en œuvre des programmes, l’ANASE souhaiterait qu’un fonds spécial pour les forêts soit créé et que les pays développés respectent les engagements qu’ils ont pris de verser 1% de leur PNB à l’aide publique au développement, a indiqué le représentant.


M. TOMÁS A. GUARDIA (Panama), au nom du Système d’intégration d’Amérique centrale (SYCA), a indiqué que les membres de cette organisation regrettaient que les objectifs que la communauté internationale s’était fixés, notamment à Rio en 1992, semblent de plus en plus lointains.  Lors de cette présente session, nous devons parvenir à un accord qui renforce la dimension régionale et le dialogue dans la gestion durable des forêts, a estimé le représentant.  L’accord auquel pense le SYCA, a-t-il indiqué, devrait notamment tenir compte du large éventail des produits que l’on pourrait tirer des forêts pour le bien-être de l’humanité. 


Les pays de ma région sont en faveur d’un instrument juridiquement contraignant qui serait favorable au respect de la souveraineté nationale, a insisté le représentant qui a par ailleurs souligné la nécessité de trouver des mécanismes financiers nouveaux, comme le paiement de services environnementaux.  Nous regrettons que cette question ait été laissée de côté, a-t-il dit tout en souhaitant que soient mis en exergue le renforcement du transfert de technologie et la nécessité de préserver et d’utiliser les savoirs autochtones traditionnels.


M. INGWALD GSCHANDTL (Autriche), s’exprimant au nom de l’Union européenne, a d’abord déploré que la communauté internationale ne soit pas parvenue à un nouveau cadre sur les forêts lors de la cinquième session du FNUF.  Il s’est cependant félicité des nombreux progrès accomplis ces derniers mois, notamment dans le cadre de la réunion internationale des experts qui a eu lieu à Berlin en novembre 2005.  La communauté internationale est confrontée à la nécessité d’inverser les tendances sur le déboisement.  


Cette session devrait nous donner une occasion nouvelle pour relever ces défis, a estimé le représentant qui a souligné par ailleurs qu’il était important de renforcer la préservation, et le développement de tous les types de forêts.  L’UE considère en outre que les travaux en cours, dans le cadre notamment de la Convention des Nations Unies de lutte contre la désertification et l’Organisation internationale des bois tropicaux, montrent combien il est urgent d’élaborer une approche durable des forêts.  Le moyen le plus efficace pour y parvenir à serait l’adoption d’un instrument juridiquement contraignant, mais puisque ceci n’est pas réaliste pour le moment, a reconnu l’intervenant, nous souhaitons mener un dialogue constructif afin de parvenir à un résultat qui permettrait de faire un bond en avant.


Il faut que le concept de gestion durable des forêts soit harmonisé avec les politiques de développement, a poursuivi l’intervenant.  Enfin, il a souhaité que soit utilisé le texte figurant entre crochets comme point de départ des négociations.  Il faut que nous procédions à une lecture de ce texte entre crochets afin que présidence nous présente une nouvelle mouture, a-t-il conclu. 


M. DOMINIC FOBIH (Ghana) a déclaré, au nom du Groupe des États d’Afrique, que ce Groupe accordait beaucoup d’importance à la gestion durable des forêts, qui pourrait leur permettre de parvenir à la réalisation des OMD.  De nombreux pays africains victimes de conflits ont vu certaines de leurs ressources forestières pillées par les parties aux conflits pour alimenter leurs guerres, a relevé le représentant. 


Le Groupe africain tient à ce que tout instrument international respecte trois piliers de viabilité, économique, écologique, et financière.  Tout instrument devrait reconnaître les arrangements régionaux déjà existants et devrait comporter des mécanismes d’évaluation et de financement prévisibles.  L’absence d’instruments efficaces ne favorise pas la tâche des pays africains qui souhaitent la mise en place d’un fonds international de gestion des forêts ambitieux, a dit le représentant.  Les fonds mis en place au profit de la gestion des forêts ne devraient pas ensuite être détournés à d’autres fins, par exemple en faveur de la lutte contre la désertification, a relevé le représentant.  Le Groupe africain est favorable et reste ouvert à la négociation d’un instrument de gestion des forêts réaliste et garantissant le développement durable.


M. YUKIHIRO TAKEYA (Japon) a rappelé que sa délégation avait, lors des négociations de la 5e session du FNUF, insisté sur la nécessité d’avancer de manière réaliste, s’agissant du débat sur un instrument juridiquement contraignant.  Il a estimé qu’à l’avenir la priorité devrait être donnée aux domaines sur lesquels un accord pourrait être trouvé.  Nous insistons sur l’importance de présenter des rapports sur l’état des forêts dans chaque pays afin de mieux déterminer ce qui devra être examiné à l’avenir.  Il y a d’autres objectifs importants, a par ailleurs insisté le représentant, comme le mécanisme financier et le Partenariat sur les forêts.  Lors de la 5e session, nous avons trouvé encourageant que de nombreuses délégations se soient exprimées en faveur d’un mécanisme régional.  Un tel mécanisme doit être souple et efficace, a conclu l’orateur.


Mme MIRJANA MLADINEO (Croatie) a déclaré que sa délégation souscrivait à la déclaration faite par l’Autriche au nom de l’Union européenne.  Les ressources forestières sont essentielles dans la lutte contre la pauvreté et la préservation de la vie, a dit la représentante.  La Croatie soutient les recommandations faites aux Sommet de Rio et de Johannesburg.  La Croatie invite le Forum à accepter la proposition qu’elle a faite, de proclamer 2010 l’année internationale des forêts.


M. QU GUILIN (Chine) a insisté sur le concept de gestion durable des forêts.  Il a affirmé que son pays était très actif dans ce domaine.  Le renforcement du Forum est une façon efficace de lutter contre une fragmentation accrue du secteur forestier, a-t-il estimé.  C’est pourquoi il est important de renforcer la collaboration et les activités du Forum, en particulier dans l’établissement de documents pouvant avoir un effet juridiquement contraignant.  Il faut essayer de mettre de côté les motifs de divergences et essayer de nous entendre sur des éléments visant à mettre en œuvre un instrument juridiquement contraignant.


M. PISARENKO (Fédération de Russie) a dit que la Russie s’efforçait de renforcer les mécanismes multilatéraux déjà en place.  Le Forum, qui est un organe subsidiaire à composition universelle, est un cadre approprié de discussions des questions qui se posent à la communauté internationale sur la gestion durable des forêts, a dit le représentant. 


Lors d’un sommet organisé à Saint-Pétersbourg, la Russie a adopté un concept national de développement et de gestion durables des ressources forestières nationales, a dit le représentant en soulignant que le territoire de son pays disposait du dixième des ressources forestières de la planète.  La Russie souhaite que les institutions financières internationales soient impliquées dans les discussions et les négociations qui ont cours sur la question de la gestion durable des forêts, a indiqué le représentant russe.


M. KEITH CHRISTIE (Canada) a rappelé que son pays préparait avec d’autres un document juridiquement contraignant sur les forêts.  Nous avons des attentes ambitieuses sur ce que l’on pourra faire suite aux activités du Forum, a-t-il affirmé rappelant que les forêts jouent un rôle indispensable dans l’économie, l’environnement et pour la vie de plus d’un milliard de personnes dans le monde.  C’est pourquoi, a observé le représentant, la 6e session du FNUF ne doit pas se satisfaire d’un résultat médiocre.  Si nous ne parvenons pas à trouver un accord sur un instrument juridiquement contraignant, le Canada sera contraint de participer à d’autres forums internationaux pour y parvenir, a prévenu le représentant qui a conclu en exprimant son souhait de voir les négociations aboutir à un document robuste.


M. TONY BARTLETT (Australie) a déclaré qu’il fallait trouver des consensus sur les questions restées en suspens lors de la 5e session du Forum.  L’Australie pense que la mise en place de mécanismes régionaux de gestion des forêts pourrait satisfaire les besoins de gestion durable.  Certaines délégations estiment que seul un cadre international contraignant serait viable.  Il faut trouver un terrain d’entente entre ces deux visions en respectant les points de vue et les intérêts de tous.  L’Australie reste prête à collaborer avec les autres délégations pour que cette session soit couronnée de succès.


M. MOHAMED SOFIANE BERRAH (Algérie) a indiqué que son pays se réjouissait de la prise de conscience croissante de la nécessité de mettre en place un cadre de coopération internationale consolidée, orientée sur les besoins exprimés par les pays et qui tienne compte des exigences particulières des pays dotés d’écosystèmes fragiles, y compris ceux n’ayant qu’une faible couverture forestière.  Pour renforcer ce dialogue, le Forum devrait focaliser son attention sur les moyens de mettre en œuvre les objectifs que nous nous sommes fixés au niveau international, a poursuivi le représentant.  Les résultats de nos travaux devraient permettre de mettre en place un cadre de coopération inclusif respectueux du droit souverain des États à l’exploitation de leurs forêts pour promouvoir leur développement. 


Les priorités d’actions devraient donc porter sur un ensemble de mesures complémentaires, a dit le délégué.  Parmi elles figurent notamment la nécessité d’intégrer la dimension régionale et sous-régionale et la mise en place des mécanismes financiers tout en réfléchissant à des sources novatrices de financement.  L’intervenant a par ailleurs estimé que le moment n’était pas encore opportun pour discuter de la nature contraignante d’un instrument juridique international sur les forêts.  Selon lui, il faut d’abord discuter sur son contenu.  


M. CARLOS NOTON (Chili) a déclaré que la Déclaration finale du Sommet mondial de 2005 imposait aux États la nécessité de résoudre les questions qui se posent à la gestion durable des forêts.  Les obstacles à la conclusion d’un accord sur les forêts sont sans aucun doute dus à l’ignorance des réalités de nombreux pays par certaines délégations.  Le Chili est en faveur d’un instrument international non contraignant.  L’adoption d’un tel instrument lèverait les obstacles auxquels se heurte le Forum, et laisserait la porte ouverte à la négociation, dans le futur, d’un cadre qui pourrait devenir juridiquement contraignant.  Les intérêts des pays les plus pauvres détenteurs de ressources forestières devraient prioritairement être pris en considération, a dit le représentant.


M. SAMIELA LAGATAKI (Fidji) a déclaré que sa délégation continuait d’appuyer le Forum et a présenté quelques-unes des priorités de son pays: évaluer les programmes nationaux, combattre le déboisement, réhabiliter les terres dégradées, renforcer la protection et la préservation des forêts ainsi qu’accroître la coopération internationale.


S’agissant de la mise en place d’un code national volontaire, le représentant affirmé que son pays ne saurait accepter un instrument juridiquement contraignant sur les forêts mais que le Forum devrait reconnaître les efforts juridiques consentis au niveau national.  Nous nous sommes fixés 2015 pour les mettre tous en œuvre, ce n’est qu’à partir de ce moment que nous pourrons envisager qu’un accord contraignant soit pris au niveau du Forum.  Nous considérons qu’on aurait besoin d’un processus régional très fort, a insisté le représentant qui a estimé par ailleurs que chacun des États de la Communauté des États du Pacifique devrait se doter des points focaux en lien avec le Forum.  Nous avons mis en place un Fonds pour les propriétaires autochtones terriens et souhaitons que le Forum puisse à son tour mettre en place des fonds similaires pour aider les pays en développement, a-t-il conclu. 


M. BULUS PAUL ZOM LOLO (Nigéria) a déclaré que les populations habitant les zones forestières dépendent pour leur survie des ressources de ces dernières.  Tout en étant en faveur de la gestion durable des forêts, le Nigéria ne soutiendra pas la négociation d’un instrument juridiquement contraignant sur cette question, a dit le représentant.  Les pays en développement ont plutôt besoin qu’on les aide à renforcer leurs capacités.  Les ressources dévolues à la gestion des forêts ne devraient d’autre part pas être tirées de programmes déjà en cours dans d’autres secteurs, a relevé le représentant.


M. GUSTAVO AINCHILL (Argentine) a déclaré que son pays souhaitait que le Forum progresse sur la voie d’un instrument international juridiquement contraignant sur les forêts, dont l’un des objectifs serait de réduire le rythme de la déforestation.  Selon lui, un tel instrument devrait aussi reconnaître la souveraineté des États sur l’exploitation de leurs ressources nationales tout en insistant également sur une responsabilité commune internationale, là où ce serait nécessaire.  Pour rendre cet instrument viable, a poursuivi le représentant, il faut que nous parvenions à un consensus qui nous permette de mettre en œuvre les grandes lignes d’une réforme de ce Forum.  Si les négociations actuelles échouent, il nous faudra réfléchir à une solution de remplacement, que ce soit à l’intérieur de ce Forum ou ailleurs, a prévenu l’orateur.  Mais le Forum doit continuer à exister, a-t-il conclu, tout en souhaitant que la 6e session soit couronnée de succès.   


Mme RUCHI GHANASHYAM (Inde) a estimé que des progrès avaient été réalisés sur la question de la gestion des forêts.  Les différents programmes et plans d’action adoptés à Rio et Johannesburg en témoignent.  Des insuffisances criardes se font sentir dans les domaines du transfert de technologies et des financements dont les pays détenteurs de grandes forêts ont besoin pour en assurer la gestion durable, a estimé la représentante.  De nombreux pauvres vivent en zones forestières tropicales et ont besoin des ressources forestières pour leur survie, a-t-elle fait remarquer.  La diversité des réalités que vivent ces populations et leurs pays devrait amener la communauté internationale à se doter d’un outil souple et non contraignant basé sur la Déclaration de Rio, qui reconnaît le droit des États à jouir de leurs ressources en toute souveraineté.  Nous n’avons pas besoin de nouveaux programmes pour la gestion des forêts, nous avons plutôt besoin de renforcer les structures déjà en place et les arrangements régionaux.  Le Forum devrait favoriser les transferts de technologies et le transfert prévisible de ressources vers les pays en développement, a recommandé la représentante.


M. SIRUSI BULAI (Tonga), s’exprimant au nom du Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (SPC), une organisation intergouvernementale du Pacifique, a d’abord réaffirmé le soutien de cette organisation aux activités du FNUF en matière de promotion des mesures prises au niveau international sur les forêts.  Signalant par ailleurs que le SCP, depuis plusieurs années, avait aidé ses États membres à mieux comprendre les travaux du Forum, notamment grâce à des ateliers et des séminaires offerts aux niveaux régional et international.  Des progrès notables ont été réalisés par la plupart de nos membres en vue de parvenir à une gestion durable des forêts, a reconnu l’intervenant.  S’agissant des négociations actuelles sur le renforcement de l’Arrangement international sur les forêts, il a indiqué que le SPC estimait qu’un instrument non contraignant est le choix le plus réaliste.  Toutefois nous pensons que nous devons dès maintenant travailler sur les modalités de mise en place d’un tel instrument pour l’avenir, a-t-il conclu.  


Mme HANNA GLEISNER, s’exprimant au nom des grands groupes représentant les femmes, les autochtones, les enfants et les jeunes, a dit que la participation de ces groupes de la société civile aux travaux du Forum était importante.  Beaucoup d’avantages peuvent être tirés de cette participation qui permet de se mettre d’accord sur l’apport des grands groupes dans la promotion de la gestion durable des forêts, a dit la représentante.  Les groupes de la société civile ont fait beaucoup de suggestions que l’on ne retrouve malheureusement pas dans le projet de texte soumis par le Président, a déploré la représentante en demandant que la participation des grands groupes aux réunions officielles soit renforcée.  Tous les indicateurs de mise en œuvre ou d’évaluation d’Action 21 et des autres plans d’action visant à promouvoir le développement durable et la gestion des forêts doivent inclure la reconnaissance des droits des populations autochtones et des données sexospécifiques.


Mme ROALIA ANREAGASERRANO, de l’Organisation des traités de coopération de la forêt amazonienne, dont font partie de nombreux pays d’Amérique latine, a souligné l’importance du renforcement du Forum et des efforts entrepris pour une gestion durable des forêts.  Notre association sert de cadre de concertation sur les instruments pouvant être au service de la gestion durable de la forêt amazonienne, a fait valoir l’intervenante.  Elle a par ailleurs indiqué que les pays membres de l’Organisation estimaient que l’adoption d’objectifs quantifiables ne permettait pas de répondre aux défis de tous les types de forêts.  C’est pourquoi il faut privilégier aussi l’établissement de priorités prenant en compte le facteur social, l’ordre traditionnel ou encore le renforcement des capacités nationales. 


M. JORGE HERNAN BETANCUR (Colombie), s’exprimant aussi au nom du groupe de pays de l’Amazonie rassemblant le Pérou, l’Équateur, le Suriname et le Brésil, a réaffirmé l’importance du deuxième principe de la Déclaration de Rio, sur le droit des États à exploiter leurs ressources nationales pour le développement économique.  Observant par ailleurs que ces pays étaient attachés au septième principe de cette Déclaration relatif à la responsabilité commune mais différenciée des États, le représentant a souligné l’importance du FNUF comme plateforme internationale pour décider des mesures concrètes sur les forêts. 


Nous devons insérer les forêts dans nos politiques de développement, a insisté l’intervenant qui a affirmé en outre que les pays au nom duquel il s’exprimait appuyaient également la création d’un fonds mondial pour les forêts.  Il est important de préparer des rapports nationaux, a poursuivi l’orateur qui a estimé par ailleurs que les mesures quantifiables et ponctuelles n’étaient pas la panacée pour la gestion de tous les types de forêts.  À cet effet, il a souhaité qu’il y ait une plus grande coopération internationale, y compris une coopération Sud-Sud, ainsi qu’une participation des communautés locales à la gestion forestière.


M. DA ROCHA VIANNA (Brésil) a rappelé que son pays, dont le territoire est couvert à 60% par la forêt amazonienne dont 20 millions de personnes dépendent, a affirmé que les forêts représentent bien plus qu’une ressource naturelle.  Au titre des efforts de son pays en matière de gestion durable des forêts, le représentant a signalé l’adoption d’un Programme national en 2000, l’établissement d’une Commission de coordination avec la participation de tous les secteurs concernés.  Il a aussi noté la mise en place par le Gouvernement brésilien d’un Plan d’action de prévention et de contrôle de la déforestation dans la région de l’Amazonie qui a permis de contribuer à réduire de 30% le déboisement pour la période 2004-2005. 


Au niveau régional, le représentant a rappelé que le Brésil était membre de l’Organisation du Traité de coopération de l’Amazonie, qui souhaite le renforcement du FNUF à travers la mise en œuvre de politiques et de mesures concrètes telle que l’augmentation de la part de l’aide au développement consacrée aux forêts.


S’agissant de l’instrument juridique international contraignant et de l’établissement d’un code volontaire, le représentant a affirmé que son pays y était opposé.  Le texte du Président de la cinquième session devrait servir de base à nos négociations actuelles, a-t-il précisé.  Enfin, réaffirmant l’un des principes de la Déclaration de Rio sur le droit des pays à disposer de leurs ressources nationales, le représentant a rappelé la proposition, déjà émise par sa délégation lors de la cinquième session du FNUF, sur l’établissement d’une entente internationale sur la gestion et le développement de tous les types de forêts.  Cette entente internationale pourrait inclure la coopération internationale, le transfert des technologies, le renforcement des capacités nationales et le reversement de ressources supplémentaires au Fonds mondial des forêts, a conclu l’orateur.  


Mme FARHAT AYESHA (Pakistan) a déclaré que son pays attachait une grande importance à la conservation des forêts et est en faveur de la création de partenariats pouvant soutenir la gestion durable des ressources forestières.  Accroître le couvert forestier national de 4% à 6% est un des objectifs que s’est fixé le Gouvernement pakistanais.  Nous avons à cet égard besoin du soutien du Fonds mondial pour l’environnement (FEM), a dit la représentante.  Le Pakistan appuie l’idée d’un fonds mondial des forêts, et suggère la création au sein du FEM d’un fonds spécial pour la promotion de la gestion durable des massifs forestiers.  Face aux objectifs définis, il est nécessaire que les États Membres fassent preuve de volonté politique.  Ils n’ont pas forcément besoin d’un cadre international de gestion qui serait juridiquement contraignant.


M. FREDRICK LUSAMBILI MATWANG’A (Kenya) a estimé que des écosystèmes bien gérés peuvent contribuer au développement durable et à la réalisation des OMD.  La conservation de la biodiversité est indispensable pour la survie même de l’espèce humaine, a dit le représentant.  La surexploitation des forêts tient à la grande pauvreté qui frappe les parties du monde où s’observe ce phénomène, a-t-il indiqué en invoquant le besoin pour les populations démunies de disposer de sources d’énergie prévisibles et à bon marché, dont le bois de chauffe est le meilleur exemple. 


Mme BUSZKO-BRIGGS, de la Conférence ministérielle pour les forêts en Europe, parole pour indiquer que ce processus européen tenait au renforcement des partenariats existant entre les gouvernements, la société civile et le secteur privé.  La Conférence ministérielle estime que ces partenariats sont importants dans la mise en œuvre des projets et des engagements, a indiqué la représentante.


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