LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL SE PENCHE SUR LA QUESTION DU SUIVI

19 Juillet 2006
ECOSOC/6228

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL SE PENCHE SUR LA QUESTION DU SUIVI

19/07/2006
Conseil économqiue et social
ECOSOC/6228
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil économique et social

Session de fond de 2006 – après-midi

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL SE PENCHE SUR LA QUESTION DU SUIVI

DES GRANDES CONFÉRENCES ET RÉUNIONS AU SOMMET DE L'ONU

(Publié tel que reçu)

GENÈVE, 19 juillet (Service d’information des Nations Unies) -- Le Conseil économique et social a repris, cet après-midi, son débat consacré à l'application et au suivi coordonnés des recommandations issues des grandes conférences et réunions au sommet organisées sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies, débat qu'il avait entamé le 10 juillet dernier en se penchant sur le suivi des textes issus du Sommet mondial sur la société de l'information.

M. Sarbuland Khan, Directeur de la Division de la coordination et de l'appui au Conseil économique et social, a présenté le rapport du Secrétaire général sur le rôle du Conseil dans l'application et le suivi intégrés et coordonnés des textes issus des grandes conférences et réunions au sommet organisées sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies, compte tenu des dispositions des résolutions 50/227, 52/12 B et 57/270 B qui visent notamment au renforcement des fonctions de coordination et d'examen du Conseil.  Ce rapport recense les mesures que les organes subsidiaires du Conseil pourraient prendre pour faciliter encore le suivi intégré de ces grandes conférences et réunions au sommet.  M. Khan a notamment rappelé que le Sommet mondial de 2005 a doté l'ECOSOC de nouveaux outils lui permettant d'être plus efficace dans l'application du programme de développement des Nations Unies: il s'agit d'une part des « examens de fond annuels au niveau ministériel » et d'autre part des « forums de la coopération pour le développement », deux modalités d'action qui favoriseront la cohérence du suivi des décisions. 

Les représentants de la Finlande (au nom de l'Union européenne) et de la Fédération de Russie se sont exprimés dans le cadre du bref débat qui a suivi la présentation du rapport.  Des représentants de l'Institution intergouvernementale pour l'utilisation de la microalgue spiruline contre la malnutrition, ainsi que de la Chambre de commerce internationale ont également pris la parole. 

Le Conseil économique et social poursuivra ses travaux demain matin, à 10 heures, en se penchant sur la suite donnée à la Conférence internationale sur le financement du développement.  Il sera en outre saisi d'un projet de résolution relatif à l'application du Programme d'action en faveur des pays les moins avancés pour la décennie 2001-2020 (E/2006/L.15). 

Présentation du rapport actualisé du Secrétaire général sur le rôle du Conseil dans l'application et le suivi intégrés et coordonnés des grandes conférences et réunions de l'ONU

M. SARBULAND KHAN, Directeur de la Division de la coordination et de l'appui au Conseil économique et social, a déclaré que les conférences et sommets organisés par les Nations Unies permettent de dégager une vision couvrant tous les aspects importants du développement des sociétés et des États.  Cette vision est fondée sur une série d'objectifs bien définis: éradication de la pauvreté, de la faim et des inégalités entre les sexes; lutte contre la maladie; financement du développement; promotion de la qualité de l'environnement; intégration sociale en vue de la création d'un partenariat mondial.  Ces objectifs sont tous liés entre eux: il convient donc d'instaurer un suivi systématique des décisions adoptées lors des conférences et sommets des Nations Unies, a souligné M. Khan.  Le Conseil joue un rôle central dans la promotion de cette approche intégrée de l'action de l'ONU en faveur du développement, a-t-il rappelé.  Le Conseil agit de deux manières, a-t-il précisé: d'abord en garantissant la cohérence dans l'application des décisions prises lors des conférences et sommets, ensuite en promouvant la cohérence structurelle entre les mécanismes mis en place pour assurer le suivi des décisions, de manière à ce que leur action se renforce mutuellement.  À cet égard, les commissions techniques de l'ECOSOC jouent un rôle prépondérant, a-t-il poursuivi.  Les efforts de cohérence engagés à ce jour ont déjà produit certains résultats, mais il reste encore beaucoup à faire.  Les contraintes sont imputables, entre autres, à la fragmentation institutionnelle, à la diversité des structures de gouvernance et à l'existence d'une multitude de voies possibles pour la réalisation du programme de développement des Nations Unies, a indiqué M. Khan. 

Le Sommet mondial de 2005 a permis de doter l'ECOSOC de nouveaux outils lui permettant d'être plus efficace dans l'application de ce programme de développement, a poursuivi M. Khan.  Il s'agit d'une part des «examens de fond annuels au niveau ministériel» et d'autre part des «forums de la coopération pour le développement», deux modalités d'action qui favoriseront la cohérence du suivi des décisions.  Cependant, il appartiendra encore au Conseil et à ses organes subsidiaires de prendre un certain nombre de décisions importantes.  Par exemple, les commissions techniques et régionales devront aligner leurs activités sur les nouvelles fonctions du Conseil ainsi que sur son programme de travail.  Cet alignement dépendra à son tour de l'adoption de certaines mesures d'organisation, comme par exemple l'adoption d'un programme de travail pluriannuel basé sur les domaines d'action communs aux conférences et sommets des Nations Unies.  Par ailleurs, il faudra combler les lacunes existant entre les activités normatives et opérationnelles du système des Nations Unies.  La diversité des approches à cet égard continue en effet de limiter la capacité des Nations Unies à mettre au point et adopter une action coordonnée.  M. Khan a fait valoir que les forums de coopération pour le développement pourront jouer ici un rôle important, de même qu'ils seront l'occasion de rassembler de nombreux partenaires pour l'application des objectifs de développement de l'ONU.

Le rapport du Secrétaire général sur le rôle du Conseil économique et social dans l'application et le suivi intégrés et coordonnés des textes issus des grandes conférences et réunions au sommet organisées sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies, compte tenu des dispositions des résolutions 50/227, 52/12 B et 57/270 B(E/2006/84) recense les mesures que les organes subsidiaires du Conseil pourraient prendre pour faciliter encore le suivi intégré de ces grandes conférences et réunions au sommet.  Ainsi, le rapport suggère-t-il notamment que le Conseil veille à ce que chaque processus de suivi contribue à la réalisation cohérente et homogène des objectifs de développement convenus au niveau international et la facilite, non seulement sur le plan des rapports, mais aussi du point de vue analytique et en termes de pertinence des politiques.  Le Conseil pourrait en outre envisager d'adopter au plus tôt pour ses examens annuels au niveau ministériel un programme de travail pluriannuel qui tienne compte des principales questions de politique générale soulevées lors des conférences et se fonde sur l'expérience acquise avec les programmes pluriannuels déjà adoptés par certaines commissions techniques.  Le Conseil voudra peut-être demander à ses organes subsidiaires d'introduire dans leurs rapports des analyses et des contributions, ainsi qu'un résumé de leurs délibérations sur les questions concernant les travaux qu'il mène en vue de la réalisation des objectifs de développement convenus au niveau international.  Il devrait encourager ses commissions techniques à examiner leurs priorités concrètes et leurs atouts à la lumière du Document final du Sommet mondial de 2005, et à réfléchir aux chances que ce Document leur donne d'accomplir des progrès dans les domaines relevant de leur mandat.  Le Conseil et les commissions techniques devraient continuer à collaborer à la mise en place d'un système de communications bilatérales plus efficace.  Le Conseil souhaitera peut-être mettre en avant le rôle joué par les commissions régionales en tant que centres régionaux de coordination pour les examens annuels au niveau ministériel, en tenant compte des priorités régionales.  Il pourrait en outre demander aux commissions régionales de participer aux forums biennaux de la coopération pour le développement, en organisant notamment des réunions régionales et préparatoires.  Le Conseil voudra peut-être inviter tous les fonds, programmes et institutions spécialisées du système des Nations Unies à poursuivre leurs efforts en vue de parvenir au niveau national à une approche intégrée du suivi des conférences, en veillant à ce que les bilans communs de pays, le Plan-cadre des Nations Unies pour l'aide au développement, les stratégies de réduction de la pauvreté, là où elles existent, et d'autres cadres et instruments axés sur les activités opérationnelles nationales, soient orientés vers la réalisation systématique et intégrée des objectifs de développement convenus au niveau international. 

Débat sur l'application et le suivi des recommandations issues des grandes conférences et réunions au sommet de l'ONU

M. JARL-HAKAN ROSENGREN (Finlande, au nom de l'Union européenne et des pays en voie d'accession et candidats) a reconnu l'importance du rôle de l'ECOSOC pour la coordination dans les domaines économique, social, environnemental et humanitaire, ainsi que pour la promotion du dialogue avec le système des Nations Unies dans son ensemble.  Il a fait remarquer que les tâches relatives à l'application et au suivi des grandes conférences et réunions au sommet et les Objectifs du Millénaire pour le développement étaient liées puisque la mise en œuvre de ces derniers était soumise à l'application d'un vaste programme touchant tous les domaines. 

S'il a reconnu les progrès réalisés par l'ECOSOC pour faire progresser l'application de la résolution 57/270 B de l'Assemblée générale, il a insisté sur la nécessité de mettre concrètement en œuvre les principes de cette résolution, ainsi que les résultats du Sommet mondial de 2005.  Se référant aux discussions qui se sont déroulées au mois d'avril sur le thème « Cohérence, coordination et coopération dans le contexte de l'application du Consensus de Monterrey et des résultats du Sommet mondial », il a indiqué que l'Union européenne adhérait au principe selon lequel les pays en voie de développement sont responsables de la mise en place d'un environnement national leur permettant de mobiliser leurs

propres ressources, ainsi que de la mise en place de politiques cohérences et efficaces; l'Union estime néanmoins que les pays industrialisés ont, eux aussi, des responsabilités dans ce domaine.  Ainsi, l'Union européenne a-t-elle fixé à ses pays membres, pour 2015, l'objectif de consacrer 0.7% de leur produit national brut à l'aide publique au développement, l'objectif intermédiaire pour 2010 se situant dans ce domaine à 0.56%. 

M. Rosengren a ajouté que la réduction de l'endettement promettait aussi de dégager des sources de financement pour les pays pauvres.  À cet égard, l'Union s'engage à trouver des solutions afin de soulager le poids de la dette, particulièrement celle qui affecte les pays les plus lourdement endettés, a-t-il indiqué.  Il a précisé que l'Union européenne continuerait à focaliser son aide sur ces derniers pays, sans pour autant négliger d'autres pays dans le besoin.  M. Rosengren a par ailleurs insisté sur le rôle du commerce au regard du développement et a fait savoir que l'Union encourageait une conclusion rapide des négociations de Doha sur le développement.  Il a aussi mentionné l'importance de l'initiative « Aide pour le commerce » qui fait actuellement l'objet de négociations dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce -négociations qui devraient aboutir à la fin de ce mois.  M. Rosengren a finalement indiqué que l'Union européenne s'était engagée à porter sa contribution collective en matière d'aide au commerce à 2 milliards par an d'ici 2010. 

M. NIKOLAY CHULKOV (Fédération de Russie) a souscrit à l'idée, exprimée par M. Khan, selon laquelle les objectifs de développement des Nations Unies étaient complémentaires.  Leur réalisation exige l'adoption d'une approche coordonnée sous contrôle intergouvernemental, a-t-il ajouté.  Il faut dans le même temps préserver les caractères spécifiques des résultats des diverses conférences et réunions au sommet organisées sous l'égide de l'ONU, a-t-il souligné.  D'une manière générale, l'ECOSOC doit jouer un rôle central dans les efforts que déploient les Nations Unies en faveur du développement, a poursuivi le représentant russe.  Il a rappelé que le Sommet mondial de 2005 avait joué un rôle important dans le renforcement statutaire du Conseil.  La Fédération de Russie appuie dans cette perspective l'adoption d'un programme de travail pluriannuel, en particulier pour le segment de coordination.  Elle estime aussi que les commissions techniques doivent continuer à assumer la responsabilité première en matière d'examen des progrès accomplis vers l'application des décisions des sommets et conférences organisés par les Nations Unies.  La coopération entre ces commissions est encore limitée et les nouveaux examens ministériels annuels pourront sans aucun doute la renforcer, contribuant ainsi à assurer la continuité de l'évaluation des progrès accomplis.  Les commissions devront voir leurs compétences accrues, notamment dans le domaine des analyses à caractère régional, a ajouté le représentant russe.  Il a proposé que, lors de sa session de 2007, l'ECOSOC procède aux premières évaluations des examens ministériels et des forums de la coopération pour le développement. 

M. ALESSANDRO MANINI (Institution intergouvernementale pour l'utilisation de la micro-algue Spiruline contre la malnutrition) a indiqué que son organisation a été créée au travers d'une convention interétatique focalisée sur l'utilisation des protéines algales contre la malnutrition.  Relevant qu'il restait beaucoup à faire pour réduire la pauvreté et palier aux problèmes d'alimentation dans le monde, il a insisté sur la nécessité d'utiliser toute la technologie disponible pour y répondre, particulièrement dans le secteur alimentaire.  À cet égard, il a dit que la micro-algue spiruline était en mesure de pourvoir de manière particulièrement efficace aux besoins protéiniques des enfants et des personnes souffrant de malnutrition.  Il a demandé, en conséquence, que la communauté internationale approuve son utilisation au service des Objectifs du Millénaire et du Sommet de l'alimentation. 

M. ART REILLY (Chambre de commerce internationale) a fait valoir la contribution potentielle du secteur privé à la réalisation des objectifs fixés par le Sommet mondial de la société de l'information, en partenariat avec le Conseil économique et social notamment -Conseil auquel le secteur privé pourrait fournir des informations très utiles. 

Concluant cette discussion, M. KHAN a exprimé l'espoir qu'il mènera à des résultats concrets et que le projet de résolution qui sera bientôt présenté permettra de produire des changements réels dans l'approche intégrée adoptée par le Conseil depuis une dizaine d'années.  M. Khan a cité, à titre d'exemple de cette approche, les travaux menés dans le cadre de la coordination de la lutte contre le sida.  Il faut structurer les travaux normatifs du Conseil et apporter plus de cohérence dans les activités des organes subsidiaires du Conseil, a ajouté M. Khan. 

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.