LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL CLÔT SON DÉBAT SUR LES QUESTIONS RELATIVES AUX ACTIVITÉS OPÉRATIONNELLES DU SYSTÈME DES NATIONS UNIES

13 Juillet 2006
ECOSOC/6222

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL CLÔT SON DÉBAT SUR LES QUESTIONS RELATIVES AUX ACTIVITÉS OPÉRATIONNELLES DU SYSTÈME DES NATIONS UNIES

13/07/2006
Conseil économqiue et social
ECOSOC/6222
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil économique et social

Session de fond de 2006 - matin

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL CLÔT SON DÉBAT SUR LES QUESTIONS RELATIVES AUX ACTIVITÉS OPÉRATIONNELLES DU SYSTÈME DES NATIONS UNIES

(Publié tel que reçu)

GENÈVE, 13 juillet (Service d’information des Nations Unies) -- Le Conseil économique et social a conclu ce matin son débat général sur les activités opérationnelles en procédant à une discussion générale sur la suite donnée aux recommandations de politique générale de l'Assemblée générale et du Conseil s'agissant des activités opérationnelles du système des Nations Unies au service de la coopération internationale pour le développement.

M. Patrizio Civili, Secrétaire général adjoint aux affaires et à la coordination des politiques a présenté le rapport du Secrétaire général sur l'état d'avancement de la mise en œuvre de la résolution de l'Assemblée générale relative aux activités opérationnelles.  C'est tout le système qui s'efforce de travailler à l'unisson pour améliorer la qualité et la pertinence de l'évaluation des activités en matière de développement, a souligné M. Civili.

De nombreux représentants ont insisté sur l'importance pour les pays d'être maîtres de leur développement.  Le développement est un processus endogène, a souligné un représentant, et l'aide au développement ne doit pas perpétuer la dépendance.  Les stratégies de développement doivent être actualisées pour satisfaire aux exigences et aux particularités nationales, a-t-il également été souligné.  À cet égard, la nécessité de promouvoir les capacités nationales a été soulevée à maintes reprises.  La communauté internationale et en particulier les Nations Unies doivent appuyer ces initiatives nationales, notamment par le renforcement des capacités nationales, a-t-il été souligné.

De nombreuses délégations se sont montrées favorables au renforcement du rôle des coordonnateurs résidents, un représentant ayant même souhaité que leur capacité de prise de décision soit renforcée.  D'autres questions, comme celles de la coordination des activités des diverses institutions internationales, de la nécessité de contrôler et d'évaluer les activités des Nations Unies, de la promotion de la coopération Sud-Sud et des modalités du financement des activités des Nations Unies, ont également été abordées par les délégations.  La question de la parité hommes-femmes a été abordée par certains représentants qui ont souhaité que les efforts menés par le système des Nations Unies en la matière puissent se traduire également par des mesures au niveau national.

Sont intervenues les délégations des pays suivants : Afrique du Sud, Finlande, États-Unis, Fédération de Russie, Azerbaïdjan, Australie (au nom également du Canada et de la Nouvelle-Zélande), Chine, Bangladesh, Norvège, Suisse, Indonésie, Bélarus, Inde, Guinée, Guinée-Bissau, Bénin, Thaïlande.  Ont également pris la parole les représentants de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture et de l'Organisation mondiale de la santé.

Le Conseil tiendra demain, dans le cadre de son débat consacré aux affaires humanitaires, une réunion informelle sur la question de la transition des secours d'urgence au développement.  Il tiendra à cette fin deux réunions consacrées, l'une, au relèvement après une catastrophe, et l'autre, à partir de 11h30, aux stratégies de réduction des risques dans le processus de relèvement.

DISCUSSION GENERALE SUR LA SUITE DONNEE AUX RECOMMANDATIONS DE POLITIQUE GENERALE DE L'ASSEMBLEE GENERALE ET DU CONSEIL S'AGISSANT DES ACTIVITES OPERATIONNELLES

Introduction du débat et documentation

M. PATRIZIO CIVILI, Secrétaire général adjoint aux affaires interinstitutions et à la coordination des politiques, a souligné les progrès effectués lors de ces derniers jours dans les débats consacrés aux activités opérationnelles.  Plusieurs questions importantes ont déjà été débattues, a-t-il indiqué.  Présentant le rapport E/2006/58 sur l'état d'avancement de la mise en œuvre de la résolution de l'Assemblée générale relative aux activités opérationnelles et à la réforme du fonctionnement du système des Nations Unies, M. Civili a rappelé que ce rapport a pour objectif de faciliter l'évaluation des progrès effectués.  À cette fin, il contient une mise à jour des principales mesures prises par les Nations Unies en matière de développement, a précisé M. Civili.  Le rapport A/61/77-E/2006/59, comprend quant à lui des donnés statistiques globales sur les activités opérationnelles de développement pour 2004, en différenciant mieux les contributions qui vont à l'assistance humanitaire de celles orientées vers un développement à long terme.  C'est tout le système qui s'efforce de travailler à l'unisson pour améliorer la qualité et la pertinence de l'évaluation des activités en matière de développement, a souligné M. Civili.  À cet égard, le groupe d'évaluation a lancé un projet consistant à procéder à des évaluations au niveau des pays; la première évaluation se fera en Afrique du Sud.  En conclusion, M. Civili a insisté sur l'importance d'une meilleure intégration et d'une coopération accrue.  Mais ce qui est important c'est la pertinence des activités opérationnelles et du système des Nations Unies en matière de développement, a-t-il souligné.

Dans son rapport sur l'état d'avancement de la mise en œuvre de la résolution 59/250 de l'Assemblée générale (E/2006/58), le Secrétaire général indique en particulier qu'au cours de l'année 2005, l'application des principales dispositions de la résolution 59/250 s'est accélérée à la faveur notamment du Sommet mondial et de la Déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide.  Le rapport met en lumière les efforts entrepris par le système des Nations Unies pour le développement pour poursuivre la réforme de son fonctionnement, veiller à ce que les pays en développement contrôlent l'assistance qu'il leur fournit, placer le développement des capacités au centre de son action de coopération pour le développement et favoriser une approche participative de la collaboration interinstitutions afin de faciliter l'accès des pays en développement aux connaissances et services spécialisés qu'offre le système et de réduire la charge administrative et les formalités qui pèsent sur les organismes des Nations Unies et leurs partenaires nationaux.  Le système des Nations Unies devrait jouer un rôle important dans la réalisation des objectifs de développement convenus à l'échelle internationale et montrer que son action a des effets positifs sur le développement des pays qui en bénéficient.  Le Forum biennal pour la coopération en matière de développement, qui sera organisé par le Conseil économique et social sera l'occasion pour la communauté internationale de renforcer son engagement à appuyer des politiques de développement cohérentes et durables.  Le Conseil est invité à préparer le terrain pour le prochain examen triennal des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies, que l'Assemblée conduira en 2007 et de donner des orientations au Secrétaire général à ce sujet. 

Le rapport du Secrétaire général concernant les données statistiques globales sur les activités opérationnelles de développement pour 2004 (A/61/77–E/2006/59) donne suite à une résolution du Conseil dans laquelle le Secrétaire général est prié d'affiner encore les données contenues dans le rapport pour donner une meilleure idée du financement des activités opérationnelles de développement, notamment de mieux faire la distinction entre, d'une part, les contributions au titre de l'assistance humanitaire et de la coopération pour le développement à long terme et les dépenses et, d'autre part, les contributions effectives reçues et acheminées par l'intermédiaire des fonds, programmes et institutions spécialisées des Nations Unies et du Secrétariat de l'Organisation des Nations Unies.  Il complète le rapport du Secrétaire général sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la résolution 59/250 de l'Assemblée générale (E/2006/58).  Le rapport comporte également une analyse succincte des données relatives aux fonds que les organismes du système des Nations Unies ont reçus et consacrés à leurs activités opérationnelles en 2004 et au cours des années précédentes.  L'ensemble des données retenues a été élargi aux données et analyses se rapportant à l'assistance humanitaire qu'offrent les organismes des Nations Unies.  Établi en consultation et collaboration étroites avec les organismes du système, le présent rapport a été affiné et uniformisé pour respecter dans la mesure du possible les conventions statistiques du Comité d'aide au développement de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).  Il s'achève sur une recommandation visant à améliorer les données sur les activités opérationnelles de développement

Le Conseil est également saisi d'une note du Secrétaire général relative à l'examen des tendances et des perspectives du financement de la coopération pour le développement (E/2006/60 - voir notre communiqué de presse ECS/06/20 du 11 juillet 2006, séance du matin)

Le Conseil est également saisi du rapport du Secrétaire général sur les données statistiques globales sur les activités opérationnelles de développement pour 2003 (A/60/74–E/2005/57) et du rapport du Secrétaire général sur les formules et modalités de financement des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies (A/60/83–E/2005/72).  Ce dernier rapport étudie notamment les diverses formules permettant d'accroître le financement des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies et recherchant les moyens de renforcer la prévisibilité, la stabilité à long terme et la viabilité du financement des activités de coopération pour le développement entreprises par le système des Nations Unies, sans renoncer aux avantages présentés par les modalités de financement actuelles.  Les États Membres devraient être encouragés, à titre de suivi des résultats de la Réunion plénière de haut niveau de l'Assemblée générale, à poursuivre, avec une détermination et un engagement renouvelés et dans un esprit de partenariat et de solidarité au niveau mondial, un débat politique de haut niveau sur les questions et les modalités de financement afin de renforcer effectivement les activités du système des Nations Unies pour la coopération en matière de développement. 

Débat

MME G.J. MTSHALI (Afrique du Sud, au nom du Groupe des 77 et de la Chine) a rappelé que le Secrétaire général a décelé certains problèmes dans l'application de la résolution.  À ce titre, il faut dire que les caractéristiques essentielles des activités opérationnelles des Nations Unies sont leur universalité, leur neutralité et le multilatéralisme qui doit les guider.  Le Secrétaire général relève aussi que les pratiques actuelles en matière de contributions volontaires et autres n'ont pas permis d'assurer des financements suffisants pour les activités des Nations Unies en matière de développement.  Il faut donc continuer d'explorer des options de financements et d'accroître leur fiabilité et leur prévisibilité avec en point de mire la poursuite des objectifs du Millénaire pour le développement, a dit la représentante.  Les activités en matière de développement doivent tenir compte de la nécessité de promouvoir les capacités nationales des pays en voie de développement.  En outre, le système des Nations Unies doit mettre à profit autant que possible les expertises nationales et les moyens technologiques dans ses activités de développement.  La représentante de l'Afrique du Sud a aussi précisé certaines questions qui devraient faire l'objet d'une attention accrue, telles que l'évaluation de l'efficacité de l'aide des Nations Unies au développement, en particulier sous l'angle de l'éradication de la faim et de la pauvreté, de la croissance et du développement durables; l'alignement des activités de développement des Nations Unies sur les priorités nationales; ou encore l'identification des étapes ultérieures nécessaires au renforcement du système de développement des Nations Unies afin d'assurer un passage harmonieux des secours au développement.

MME TARJA FERNÁNDEZ (Finlande, au nom de l'Union européenne) a souhaité le plein succès des réformes entreprises aux Nations Unies, ajoutant toutefois qu'il fallait déployer davantage d'efforts pour progresser et que le financement est indispensable.  D'autre part, il est souhaitable que chaque pays se sente responsable de son propre développement et qu'il se sente maître des plans suivis.  À cet égard, il est indispensable que la société civile participe au développement, a précisé Mme Fernández.  Le Plan-cadre des Nations Unies pour l'aide au développement joue à cet égard un rôle fondamental, il assure la cohérence des programmes, a estimé la représentante.  D'autre part, elle a tenu à rappeler la nécessité d'instaurer l'égalité entre hommes et femmes et de s'assurer que les femmes puissent participer aux activités opérationnelles.  Elle a préconisé de recourir à des statistiques sexospécifiques et de procéder aux analyses nécessaires afin d'adopter des mesures pour assurer l'égalité hommes-femmes.  D'autre part, il est nécessaire d'évaluer les résultats de l'ONU, de tirer parti des leçons apprises.  À cet égard, l'évaluation de l'ensemble du système des Nations Unies se révèle indispensable.  Les réformes réalisées par l'ONU portent leurs fruits et nous nous en félicitons, a réitéré Mme Fernández; mais il faut trouver de meilleurs moyens d'évaluer le système, de meilleurs moyens d'apporter de l'aide aux différents pays qui en ont besoin.  Il faut également harmoniser les différentes normes et élaborer des programmes conjoints et ce, afin que l'ONU puisse jouer un rôle important dans le développement.  L'Union européenne est certaine que les débats qui seront menés lors du prochain examen triennal fourniront des informations utiles au Secrétaire général, a conclu la représentante.

M. TERRY MILLER (États-Unis) a attiré l'attention sur plusieurs questions liées aux activités opérationnelles des Nations Unies qui devraient, selon lui, être analysées plus avant.  En ce qui concerne par exemple la maîtrise nationale, le représentant a relevé la nécessité pour chaque État de prendre en charge son propre développement, un principe d'ailleurs largement reconnu par la communauté internationale: les gouvernements doivent formuler des politiques et mobiliser les ressources pour le développement de leur pays.  La communauté internationale, en particulier les Nations Unies, doivent appuyer ces initiatives nationales, notamment en matière de renforcement des capacités nationales: infrastructures physiques et humaines, application de politiques propices au développement.  Le but ultime des activités de développement est de permettre aux États de se libérer de l'aide internationale.  Les activités de développement des Nations Unies doivent inclure une dimension de renforcement des capacités.  Le fait que certains pays aient besoin d'aide aujourd'hui ne signifie pas que cette situation doive s'éterniser.  Les institutions des Nations Unies qui assument des fonctions gouvernementales doivent faire du renforcement des capacités locales leur priorité.  Les Nations Unies doivent améliorer la manière dont elles fournissent leurs services de développement aux États.  Les fonds et programmes expérimentent depuis quelques temps de nouvelles formes de coordination sur le terrain, comme par exemple des bureaux nationaux communs: il faut suivre ces expériences de près afin de déterminer si elles sont concluantes.  Quant au financement des fonds et programmes, le représentant des États-Unis a estimé qu'il dépendait des résultats, les contributions devant rester volontaires.  Il a estimé que les fonds et programmes des Nations Unies donnent les meilleurs résultats pour les populations, louant les campagnes de vaccination du Fonds des Nations Unies pour l'enfance au bénéfice de 40% des enfants du monde ainsi que les activités du Programme alimentaire mondial et du Programme des Nations Unies pour le développement.  Les États Membres des Nations Unies doivent collaborer au renforcement de l'efficacité de ces institutions.

M. NIKOLAY CHULKOV (Fédération de Russie) s'est félicité du format à trois niveaux du processus d'examen: ce partage de tâches entre l'Assemblée générale, le Conseil économique et social et les conseils d'administration des fonds et programmes s'avère être l'un des mécanismes les plus efficaces de prise de décisions intergouvernementales des Nations Unies, a-t-il estimé.  Bon nombre des tâches incombant aux membres ont été réalisées ou sont en voie de réalisation: c'est une preuve que les réformes avancent, a estimé M. Chulkov.  S'agissant du Plan-cadre des Nations Unies pour l'aide au développement, il s'est montré en faveur de son renforcement, afin d'en faire une recette commune à tous les pays.  Il ne faut pas accorder trop d'importance à la fragmentation du système ni fusionner les institutions, mais coordonner les activités.  Et ce, particulièrement en ce qui concerne les institutions qui ne sont pas présentes dans certains pays.  D'autre part, il a souligné l'importance de renforcer la coopération régionale, notamment à travers les commissions régionales.  Ces commissions ont un potentiel technique et analytique considérable et une expertise qui permettent de mettre en œuvre des programmes efficaces dans de nombreux domaines qui intéressent les gouvernements.  S'agissant de la création de bureaux conjoints, M. Chulkov a souligné que l'efficacité du premier projet pilote doit se décanter et que, par conséquent, la délégation russe ne peut a priori pas donner son accord s'agissant du paragraphe 23 du rapport, soulignant avoir besoin de plus de détails en ce qui concerne les différentes variantes des modèles de bureaux conjoints.

M. ELCHIN AMIRBAYOV (Azerbaïdjan) a estimé qu'il est possible de poursuivre un dialogue utile entre tous les partenaires concernés par le développement.  Il faut mettre en lumière les principes guidant le développement définis lors des sommets internationaux.  Les commissions régionales doivent contribuer à l'application de stratégies de développement nationales.  Les Nations Unies doivent toujours s'efforcer de respecter les priorités nationales.  L'Azerbaïdjan apprécie aussi le principe des coordonnateurs résidents.  L'évaluation des activités de développement doit tenir compte de l'avis des experts régionaux.  L'Azerbaïdjan participe au programme spécial des Nations Unies pour l'Asie centrale, dont l'application témoigne de l'intérêt pour les gouvernements à collaborer autour de projets de développement régionaux.  Le pays collabore également avec les institutions spécialisées des Nations Unies dans l'idée de sortir de son état de dépendance et d'acquérir, notamment grâce à des connaissances techniques son indépendance en matière de développement.  Malgré les progrès qu'il a accomplis, l'Azerbaïdjan doit encore faire face à de nombreux problèmes, comme par exemple un conflit avec l'Arménie voisine qui entraîne la spoliation des droits d'une partie des citoyens azerbaïdjanais, a déploré le représentant.

MME ROBYN MUDIE (Australie, au nom du Canada et de la Nouvelle-Zélande) s'est félicitée des progrès réalisés dans la simplification et l'harmonisation des procédures, citant notamment le projet-pilote réalisé au Cap-Vert.  Elle a également tenu à féliciter l'Organisation des Nations Unies de l'amélioration effectuée en matière d'évaluation des coûts.  D'autre part, elle a salué les progrès réalisés en matière de parité.  Mais elle a regretté que ces initiatives ne trouvent pas forcément d'écho au niveau national.  Pour régler les problèmes de financement, elle a préconisé de procéder à l'évaluation des besoins autant au niveau de l'urgence qu'après les catastrophes.  Enfin, elle s'est réjouie du modèle conjoint de bureau, tout en souhaitant que le Plan-cadre des Nations Unies pour l'aide au développement soit consolidé.  À cet égard, elle a regretté que les conseils exécutifs du Fonds des Nations Unies pour l'enfance, du Programme des Nations Unies pour le développement et du Fonds des Nations Unies pour la population n'aient pu parvenir à un consensus et aient conclu que le projet de consolidation allait trop loin.  Enfin, elle s'est félicitée des activités du Groupe de travail sur le développement, signalant que le développement des capacités s'avère également important au niveau local, dans la société civile et au sein des organisations non gouvernementales. 

MME NINGNING YANG (Chine) a dit la satisfaction de son pays de constater que les fonds à la disposition des programmes des Nations Unies liés au développement ont augmenté, permettant ainsi une action renforcée en coordination avec les stratégies de développement des États.  La représentante a relevé certains problèmes inhérents au système d'aide des Nations Unies.  Certains fonds n'ont ainsi pas tous atteint leurs objectifs de ressources de base, un problème sérieux pour le maintien de l'universalité et de la prévisibilité du processus de développement.  La mise en œuvre de capacités nationales est essentielle pour la pérennité des efforts de développement, a dit la représentante chinoise.  La Chine appuie le fait que les Nations Unies s'efforcent d'améliorer la coopération en faveur de la prévention des catastrophes et des capacités de réaction dans ce domaine.  Elle estime que les activités des coordonnateurs résidents doivent être harmonisées avec celles des acteurs locaux, en particulier des gouvernements, dont les choix en matière d'axes de développement doivent être respectés.  Le principe de bureaux conjoints est une bonne manière de fédérer les ressources et capacités pour le développement.  La coopération Sud-Sud est encore sous-employée à ce jour, la Chine espérant qu'elle sera favorisée par les Nations Unies, a dit la représentante de la Chine. 

M. IFEKHAR AHMED CHOWDHURY (Banglasdesh) a déclaré que le développement est un phénomène de plus en plus généralement perçu comme multidimensionnel, synthétisant des aspects économiques, sociaux et environnementaux.  Les Nations Unies doivent tenir compte de cette réalité.  Leurs institutions, dotées de mandats spécifiques, doivent pourtant toutes collaborer à la réalisation d'objectifs communs.  La coordination entre ces entités est donc primordiale.  Le représentant a estimé que l'on ne saurait à cet égard sous-estimer l'importance de la simplification et de la rationalisation de l'Organisation.  La cohérence programmatique peut limiter les chevauchements, les coûts et faciliter l'appropriation par les États des activités des Nations Unies.  Le système des coordonnateurs résidents doit être fort et dynamique.  Le représentant a aussi insisté sur la nécessité de contrôler et d'évaluer les activités des Nations Unies et d'assurer une cohérence entre ces activités et les stratégies nationales de développement.  Il a aussi fait valoir que la crédibilité et l'efficacité du système de développement des Nations Unies dépendaient de l'existence de sources de financement stables et prévisibles, s'inscrivant dans le cadre de véritables plans pluriannuels.  Le représentant a estimé que les activités opérationnelles des Nations Unies doivent être repensées, dotées de nouveaux outils et rajeunies, des fonds supplémentaires devant être dégagés à ces fins.

M. KJELL-GUNNAR ERIKSEN (Norvège) a souligné qu'il est nécessaire de renforcer l'efficacité des activités de l'ONU dans les pays et de réduire les coûts intermédiaires.  Il a également insisté sur l'importance de favoriser la maîtrise nationale.  Une augmentation des fonds d'aide directe est indispensable pour atteindre les objectifs du Millénaire, a précisé le représentant.  Il s'agit de renforcer le lien entre le financement et le développement, veiller à ce que les pays puissent jouer un rôle primordial, notamment en matière de lutte contre la pauvreté.  Le représentant norvégien a d'autre part salué les progrès effectués en matière d'harmonisation des plans nationaux, soulignant que l'ONU doit encourager la bonne gestion des affaires publiques dans chaque pays.  À cet égard, le renforcement du rôle des coordinateurs résidents s'avère indispensable; ils devraient avoir la compétence de prendre des décisions importantes, a estimé M. Eriksen.  Enfin, faisant référence au fait que les pays partenaires souhaitent suivre les méthodes expérimentées dans le cadre des projets-pilotes, il a appelé le Conseil à respecter ce vœu.

M. OLIVIER CHAVE (Suisse) a souhaité partager la satisfaction de son pays de voir l'ECOSOC prendre ses responsabilités avec sérieux et professionnalisme, comme il l'a démontré récemment en finalisant sa résolution humanitaire dans un bel esprit de coopération.  La Suisse est très satisfaite de constater l'énergie et l'engagement démontrés par la plupart des entités opérationnelles du système à appliquer la lettre et l'esprit de l'examen triennal complet des activités opérationnelles.  La Suisse place sa fidélité dans le système onusien, dont les rôles fondamentaux sont irremplaçables.  Elle croit pourtant que tous doivent s'engager pour maintenir cette pertinence.  L'un des éléments est la rationalisation des processus de gestion des opérateurs des Nations Unies.  Le représentant a aussi estimé que la mise en place de pilotes pour des programmes intégrés des Nations Unies au Cap-Vert ou au Vietnam est fort encourageante.  Elle témoigne non seulement de l'engagement des institutions des Nations Unies mais aussi de l'identification par les pays bénéficiaires eux-mêmes du besoin pressant de mettre en place des mesures d'optimisation de la présence des Nations Unies sur le terrain.  La Suisse, qui s'est engagée en faveur de principes d'action aussi universels et clairs que possible, reconnaît aussi que, dans le domaine de l'harmonisation et de l'alignement des activités opérationnelles, il existe un besoin réel de garantir que les instruments stratégiques du système opérationnel sont assez flexibles pour s'adapter aux réalités locales.  Le représentant a aussi dit que l'augmentation générale des ressources mises à la disposition des institutions onusiennes témoigne de la reconnaissance par les donateurs de leur pertinence et de leur qualité.  Cependant, ces contributions sont avant tout d'origine extrabudgétaire, une tendance regrettable et dangereuse, car la qualité des interventions des organes des Nations Unies dépend en fin de compte de leur capacité à maintenir des services centraux forts et compétents, a fait valoir M. Chave.

Pour M. SALMAN AL FARISI (Indonésie), le processus de réformes doit être poursuivi et ce, afin d'améliorer toutes les activités opérationnelles.  Il faut veiller à ce qu'une coopération étroite se noue avec les pays bénéficiaires et ce, dans le cadre de leur propre développement, a-t-il précisé.  Il faut que les pays soient propriétaires de leurs programmes de développement et qu'ils en assument la direction.  L'Indonésie salue les mesures de renforcement des capacités qui ont été prises.  D'autre part, elle insiste sur l'importance d'assurer une plus grande cohérence entre les mesures, d'éviter la concurrence entre les donateurs et de veiller à ce que les priorités du développement national soient prises en considération.  L'Indonésie pense que les institutions internationales doivent simplifier les activités de fonctionnement et il importe de procéder à l'évaluation conjointe de ces activités, a expliqué le représentant.  Il s'est dit préoccupé par le fait que les ressources de base sont de moins en moins nombreuses et que le financement extrabudgétaire augmente, appelant à cet égard les pays donateurs à respecter leurs engagements.  D'autre part, il a estimé que la coopération Sud-Sud, pour être valable, doit s'inscrire dans le système de coopération de l'ONU.  Enfin le représentant a attiré l'attention sur le défi que représente l'augmentation du nombre et de la gravité des catastrophes naturelles pour les activités opérationnelles.

M. ANDREI TRIBUSH (Bélarus) a notamment dit que le rapport du Secrétaire général sur l'application des recommandations de l'Assemblée générale est une étape importante pour la préparation de l'examen triennal complet des activités opérationnelles qui aura lieu l'année prochaine.  Le rapport précise certains points qui pourraient guider cet examen et figurer dans une prochaine résolution, en particulier la contribution des Nations Unies au renforcement des capacités nationales, l'application du programme de réformes des Nations Unies, le renforcement du rôle des coordonnateurs résidents, la promotion de la coopération Sud-Sud et de l'égalité entre les sexes, l'amélioration de l'action des Nations Unies dans les situations de catastrophes et dans leurs activités de création des conditions de la paix.  La procédure d'examen triennal devrait, de l'avis du Bélarus, tenir compte de l'apport des acteurs engagés sur le terrain et aussi des spécificités des pays en transition.

MME RUCHI GHANSHYAM (Inde) a insisté sur l'importance d'accélérer le rythme des progrès réalisés dans les efforts de réforme et ce, d'autant que le délai de négociation pour le prochain examen triennal est déjà bien avancé.  Elle a mis en évidence la responsabilité primordiale qui incombe aux gouvernements bénéficiaires de coordonner tout type d'assistance externe, afin de l'intégrer à leur processus de développement.  D'autre part, elle a demandé au Secrétaire général d'inclure dans son prochain rapport les détails sur les économies réalisées à la suite des réformes, si économies il y a.  La représentante indienne a en outre insisté sur l'importance de promouvoir les capacités nationales dans les pays en développement.  Les stratégies de développement devraient dans toute la mesure du possible recourir à l'expertise nationale.  Mme Ghanshyam a regretté que, citant le Secrétaire général, cela n'ait pas été toujours le cas.  Enfin, elle a mentionné que les ressources «autres» ne remplacent pas celles de base.  Elle a également souligné qu'il est indispensable de pouvoir compter sur des contributions qui ne soient pas attachées à des conditions.  La sélectivité et la fragmentation des financements limitent le système des Nations Unies dans ses efforts et cette question mérite une attention collective, a souligné la représentante, préconisant à cet égard de trouver d'autres ressources de base et d'augmenter leur fiabilité.

M: ALPHA IBRAHIM SOW (Guinée) a regretté qu'à ce jour seule l'Afrique du Sud soit au programme des prochaines évaluations du Programme des Nations Unies pour le développement, demandant que certaines expériences pilotes soient analysées de manière prioritaire.  Le représentant aurait aussi souhaité que la session de l'ECOSOC soit davantage consacrée à l'étude générale des questions de développement, notamment certains domaines précis tels que la prise en charge par les États et l'alignement sur les plans de développement nationaux.  Le représentant s'est aussi dit préoccupé par la tendance à la baisse des contributions de base, tendance qui met en péril la pérennité des efforts de développement.  Il s'est félicité de la création du fonds central d'urgence renouvelable destiné à financer des activités liées au développement et a demandé que des efforts soient consentis pour éviter tout gaspillage ou chevauchement entre les dépenses des différents fonds.

M. ALFREDO CABRAL (Guinée-Bissau) a souligné que l'aide au développement ne doit pas perpétuer la dépendance.  Les pays en développement sont responsables de leur propre développement, a-t-il souligné.  L'effort doit être endogène.  Il faut faire preuve de diligence et d'efficacité, a poursuivi le représentant.  Nous devons être mus par la nécessité d'obtenir des résultats probants.  Il faut disposer de plans structurés et s'assurer de la maîtrise nationale.  Cette dernière implique également un sens élevé des responsabilités, a-t-il noté.  Dans l'ordre des priorités, le représentant a préconisé d'investir dans l'éducation.  Il est urgent de faire en sorte que l'assistance soit utilisée de manière rationnelle, a insisté M. Cabral.  Enfin, l'essentiel est d'adopter des résolutions qui soient le résultat d'une concertation fructueuse et qui poussent les États à s'engager, a-t-il conclu.

M. E. OHO GLELE (Bénin) a demandé que soit indiqué, dans le cadre du prochain examen triennal complet des activités opérationnelles, si les institutions de développement des Nations Unies sur le terrain avaient fait des progrès en matière de cohérence dans leur action dans les pays les moins avancés (PMA).

MME BANTITA PICHYAKORN (Thaïlande) a souligné qu'il n'existe pas de mesures uniformes satisfaisant tous les pays.  La coordination n'est pas toujours facile, a-t-elle concédé, soulignant qu'il y a parfois des chevauchements et des double-emplois.  La Thaïlande, siège d'une commission régionale des Nations Unies, tient à souligner qu'elle ne souhaite pas que le principe du bureau unique des Nations Unies ne détériore ou n'affaiblisse de rôle des commissions régionales de l'ONU du fait que les deux instances se trouveraient à effectuer le même travail, a-t-elle conclu.

MME WENDY MANN (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, FAO) a déclaré que le renforcement du système des Nations Unies doit permettre aux États de mener leurs propres programmes et de coordonner l'aide extérieure.  Les États ont tous leurs spécificités, dont il faut tenir compte, loin de toute volonté d'imposer une solution universelle.  La force des Nations Unies réside dans leur neutralité.  La nature de l'aide technique des institutions spécialisées évolue en fonction de l'expérience qu'elles acquièrent progressivement.  La FAO estime qu'il ne doit y avoir qu'un seul coordonnateur résident de l'aide au développement dans un pays donné.  D'ailleurs, les représentants nationaux de la FAO reçoivent toujours pour instruction d'aider le coordonnateur dans son rôle.  La FAO participe à plusieurs services communs des Nations Unies au niveau des pays partout où cela contribue à la rentabilité et à l'efficacité des programmes.  Elle partage ainsi des bureaux avec d'autres institutions onusiennes dans vingt et un pays.  La coordination est mieux gérée par une approche fondée sur le groupement des projets, a dit la représentante.  Elle a insisté sur l'idée que la «réforme pour la réforme» est improductive et sans objet.  Comme la coordination et comme la cohérence, la coordination est un moyen destiné à améliorer l'aide aux populations dans le besoin.  La coopération axée sur des domaines, des tâches ou des sujets précis est davantage susceptible de donner des résultats concrets.  C'est ainsi que la FAO et le Programme alimentaire mondial discutent actuellement de l'application de groupes de sécurité alimentaire au niveau des États.

Il convient de mettre en lumière le système d'évaluation du coordinateur résident, a estimé M. PETER JOSEPH MERTENS (Organisation mondiale de la santé).  Il a fait part de la volonté de l'OMS de continuer ses activités et de les coordonner avec d'autres institutions internationales.  Il a insisté sur l'importance de rationaliser les procédures et de réduire les coûts de fonctionnement.  L'OMS collabore étroitement avec le processus des réformes et contribue à la préparation du Plan-cadre des Nations Unies pour l'aide au développement, a souligné le représentant.  L'expérience montre qu'il n'y a pas de méthode uniforme pour la planification du développement pour tous les pays, a-t-il précisé.  Il faut veiller à ce que les pays se sentent propriétaires des mesures prises pour le développement.  Enfin, il a signalé que l'OMS souhaite s'associer au principe qui veut qu'il y ait un coordinateur de l'ONU, un plan de l'ONU et une équipe de l'ONU dans chaque pays.  Il a regretté que les équipes de l'ONU travaillent plus en groupes qu'en équipe.  Les groupes peuvent avoir des objectifs communs et chaque membre du groupe les poursuit de sa propre manière.  Les équipes travaillent suivant les principes du partage des responsabilités, des problèmes et du travail, a expliqué le représentant.

M. PATRIZIO CIVILI, Secrétaire général adjoint à la coordination des politiques et aux affaires interinstitutions, a déclaré avoir pris bonne note de remarques sur la lisibilité de certains rapports, faisant toutefois valoir une complexité inhérente à ce type de documents, chacune des institutions méritant de voir son action détaillée.  Le projet de résolution, qui devrait être adopté bientôt, ainsi que les remarques faites lors de ce débat, seront des bases de travail pour l'équipe chargée de préparer le premier examen triennal complet des activités opérationnelles.

Les financements ont fait l'objet de nombreuses remarques que l'on peut résumer en disant que le volume des ressources joue un rôle capital, tout comme les modalités de leur utilisation, a relevé M. Civili.  Différents modèles existent en la matière, comme cela ressort des discussions; il en sera tenu compte, a-t-il assuré.  Il a aussi évoqué la nécessité de favoriser le partage des connaissances, un sujet complexe qui demande une approche systématique, avec notamment la création d'un groupe stratégique d'études des expériences accumulées qui permettra aux chefs de secrétariats de prendre connaissance des activités de leurs homologues.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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