LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL TIENT UNE RÉUNION-DÉBAT AVEC SES COMMISSIONS TECHNIQUES

7 Juillet 2006
ECOSOC/6216

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL TIENT UNE RÉUNION-DÉBAT AVEC SES COMMISSIONS TECHNIQUES

7 juillet 2006
Conseil économique et social
ECOSOC/6216
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil économique et social

Session de fond de 2006 – après-midi

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL TIENT UNE RÉUNION-DÉBAT AVEC SES COMMISSIONS TECHNIQUES

(Publié tel que reçu)

GENÈVE, 7 juillet (Service d’information des Nations Unies) -- Le Conseil économique et social a tenu cet après-midi une réunion-débat avec les Présidents de ses Commissions techniques sur le thème de la croissance économique durable pour le développement social, notamment l'élimination de la pauvreté et de la faim

Sous la présidence de M. Hjálmar Hannesson, Vice-Président du Conseil, la réunion a entendu des présentations des Présidents des Commissions techniques suivantes: Commission du développement social, Commission de la condition de la femme, Commission de la prévention du crime et sur la justice pénale, Forum des Nations Unies sur les forêts, Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones.  Sont également intervenus des représentants au nom de la Commission de la science et de la technique au service du développement; de la Commission de statistique et de la Commission de la population et du développement.

M. Hannesson a notamment déclaré que l'une des innovations majeures du travail du Conseil pourrait consister à mettre en place des examens annuels au niveau ministériel destinés à évaluer les progrès enregistrés dans le suivi des décisions prises lors des sommets et conférences des Nations Unies, en particulier dans le domaine du développement.  Dans ce contexte, les Commissions techniques devront orienter leur action vers les principaux problèmes liés au développement international et coordonner plus étroitement leurs travaux avec l'ECOSOC.

M. Patrizio Civili, Sous-Secrétaire général à la coordination des politiques et aux affaires interorganisations, a pour sa part relevé l'importance particulière des nouvelles attributions de l'ECOSOC par rapport à ses anciennes fonctions, car elles donnent une véritable substance à son action en matière de coordination, d'analyse et de dialogue politiques orientées sur la réalisation des objectifs de développement.

Après les présentations des représentants des Commissions techniques, portant avant tout sur les mesures de coordination, de collaboration et d'harmonisation qu'elles ont prises ou entendent prendre dans le contexte de la redéfinition des mandats de l'ECOSOC, un débat s'est engagé avec les délégations suivantes: Finlande, Guinée-Bissau, Mauritanie, Guinée, République démocratique du Congo, États-Unis et Nigéria.  La nécessité de renforcer encore la cohérence et la coordination de ces organes a été fortement soulignée, de même que celle d'une articulation plus poussée de l'activité des Commissions techniques avec les

institutions des Nations Unies et les États.  Un représentant a préconisé une participation accrue des Commissions techniques aux efforts en faveur de l'emploi et relevé l'importance d'une action orientée vers les résultats.  De nombreux intervenants ont mis l'accent sur la nécessité, pour favoriser le processus de développement, de disposer de données statistiques fiables, récoltées selon de méthodes rigoureuses, et largement diffusées.

Lundi 10 juillet, à partir de 10 heures, le Conseil économique et social organise une «Manifestation spéciale sur la grippe aviaire: une situation d'urgence mondiale.  Le Conseil devrait ensuite adopter des conclusions sur son débat consacré aux questions de coordination.

Présentations

M. HJÁLMAR HANNESSON, Vice-Président du Conseil économique et social, ouvrant le débat, a notamment déclaré que l'une des innovations majeures du travail du Conseil pourrait consister à procéder à des examens annuels au niveau ministériel destinés à évaluer les progrès enregistrés dans le suivi des décisions prises lors des sommets et conférences des Nations Unies, en particulier dans le domaine du développement.  Dans ce contexte, les Commissions techniques devront orienter leur action vers les principaux problèmes liés au développement international et coordonner plus étroitement leur action avec l'ECOSOC.  Une autre innovation pourrait consister à créer un forum de la coopération au développement, une réunion de haut niveau bisannuelle qui rassemblerait tous les acteurs du développement (institutions des Nations Unies, institutions de Bretton Woods, acteur régionaux, donateurs) afin d'harmoniser leur action.  Les Commissions techniques devront à cet égard étudier les moyens d'appuyer l'action du Forum chacune dans son domaine respectif.  Les Commissions sont certes autonomes, mais elles ont aussi montré qu'elles étaient capables d'une meilleure coordination, s'est félicité M. Hannesson.

M. PATRIZIO CIVILI, Sous-Secrétaire général à la coordination des politiques et aux affaires interorganisations, a souligné   que l'importance particulière des nouvelles attributions de l'ECOSOC par rapport à ses anciennes fonctions réside dans le fait qu'elles donnent une véritable substance à son action en matière de coordination, d'analyse et de dialogue politiques orientées sur la réalisation des objectifs de développement.  Ceci est particulièrement évident dans le potentiel des Analyses ministérielles annuelles, qui devraient permettre de tirer des conclusions éclairantes pour déceler des lacunes dans l'application, responsabiliser les différents acteurs et surtout assurer une application pratique des décisions prises lors des conférences.  Cette capacité dépendra dans une large mesure de la capacité du Conseil à tirer parti du travail de ses Commissions techniques et régionales dans leurs domaines respectifs.  M. Civili a insisté à cet égard sur la nécessité d'une meilleure coordination entre les différentes Commissions, avec toujours en point de mire la réalisation de progrès réels au profit des populations concernées.

M. PABLO MACEDO (Mexique), au nom du Président de la Commission de statistique, rappelant que la Commission œuvre dans le domaine de l'harmonisation des indicateurs nationaux, a souligné que la mise en œuvre unifiée de l'Agenda pour le développement de l'ONU doit s'appuyer sur des statistiques unifiées pour assurer des progrès à long terme et dans tous les pays.  Actuellement, la capacité de certains États en matière statistique peut être qualifiée d'alarmante et l'urgence de mesures pour y remédier a été décrétée, a indiqué M. Macedo.  La validité des données est souvent compromise par des méthodologies peu transparentes.  Les Nations Unies et les donateurs doivent agir dans le sens d'un renforcement des capacités nationales de collecte des données selon les méthodes internationalement reconnues.  La coopération entre offices statistiques nationaux est particulièrement importante, et il est bon que les institutions internationales aient déjà pris des mesures de coordination, qui devront être renforcées.

M. THOMAS GASS, Vice-Président de la Commission de la population et du développement, a déclaré que la Commission étudie méthodiquement, depuis 1994, les moyens d'appliquer le Programme d'action de la Conférence internationale sur la population et le développement, lequel constitue le socle de son action.  Chaque année, un thème est retenu en fonction des capacités d'action de la Commission en matière d'application de l'Agenda pour le développement de l'ONU.  Le thème retenu en 2006 est celui des migrations transfrontalières et développement.  En 2007, la Commission se penchera sur les problèmes démographiques et leurs effets sur le développement avec, au cœur de cette thématique, le vieillissement des populations.  L'activité de la Commission ne se résume pas à une simple réflexion sur les problèmes de développement, auxquels la Commission entend contribuer activement.  C'est ainsi qu'elle est parvenue à un consensus terminologique sur la question de la santé reproductive pour le développement, insistant en particulier sur l'importance d'intégrer l'objectif d'accès universel à la santé reproductive d'ici à 2015.  Au plan de la méthode, la Commission opère, en particulier, sur des bases solides qui la rendent à même de contribuer de manière constructive aux débats sur la situation de la population dans le monde.

M. MEHDI DANESH-YAZDI, Président de la Commission du développement social, a souligné que le développement social est commun à tous les aspects du développement.  Une démarche intégrée doit être adoptée dans la prise en compte des problèmes de pauvreté, d'exclusion et de chômage.  Paix, sécurité, droits de l'homme et développement économique et social sont interdépendants, a dit M. Danesh-Yazdi, le défi à cet égard étant de mettre en œuvre les décisions des Nations Unies de manière à ce que tous les citoyens puissent en tirer parti.  Une telle démarche est particulièrement importante dans cette période de mondialisation.  L'impact politique de l'ensemble intergouvernemental onusien doit être maximisé, grâce notamment à un examen des moyens d'harmoniser méthodes de travail des Commissions techniques.  Toutes les démarches doivent être axées sur les besoins des populations, et se focaliser sur les notions de plein emploi, d'éradication de la pauvreté et d'intégration sociale.  La Commission du le développement social, qui a pour mandat d'appliquer les décisions prises lors de la Conférence de Copenhague, est bien placée pour harmoniser l'application des objectifs de développement social.

MME CARMEN GALLARDO HERNÁNDEZ, Présidente de la Commission de la condition de la femme, a notamment souligné la nécessité de permettre au Conseil et à ses organes subsidiaires de fonctionner comme un système unique basé sur un cadre unique d'objectifs de développement.  Il est nécessaire de préciser le rôle attendu des Commissions techniques, dont les activités pourraient ainsi mieux contribuer aux réflexions du Conseil.  Une meilleure organisation pratique des travaux des Commissions, notamment des réunions conjointes sur des thèmes spécifiques, serait aussi souhaitable, a dit Mme Hernández, rappelant les activités communes de sa commission avec ses homologues.  La Commission peut aussi jouer un rôle important étant donné le rôle catalyseur du Conseil économique et social en matière d'intégration d'une dimension sexospécifique dans le fonctionnement des Nations Unies.  Mme Hernández a aussi présenté des possibilités de repositionnement des Commissions techniques de manière à ce qu'elles appuient plus efficacement l'action du mécanisme d'examen ministériel annuel, et de réorientation des mécanismes de suivi des objectifs de développement des Nations Unies, dans le sens d'une analyse et d'une pertinence politique renforcées.

M. GABRIELE DE CEGLIE, Président de la Commission de la prévention du crime et sur la justice pénale, a rappelé que le développement dépend au tout premier chef du respect du droit.  M. de Ceglie a suggéré des moyens de permettre au Conseil et à ses organes subsidiaires d'agir d'une manière coordonnée dans le cadre commun des objectifs de développement et d'évaluer leur réalisation, relevant en particulier à cet égard l'importance de la coopération technique.  D'une manière générale, cette coopération doit viser à intégrer pleinement les problèmes de prévention du crime et d'administration de la justice pénale dans les programmes de développement.  M. de Ceglie a aussi évoqué la nécessité de repositionner les Commissions techniques afin de faire en sorte que les nouvelles fonctions de l'ECOSOC soient pleinement opérationnelles.  À ce titre, le Conseil devrait émettre des directives à l'intention des Commissions, expliquant la manière dont il envisage la mise en œuvre de ses décisions.

M. AMR ALJOWAILY, au nom du Président de la Commission de la science et de la technique au service du développement, a rappelé les conclusions du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) de Tunis, relevant l'existence d'une lacune et fossé dans l'accès aux moyens techniques, qui sont outils importants pour le développement.  La Commission a mis sur pied un groupe d'experts sur ce sujet et sur les suites à donner au SMSI.  Ce thème restera à l'ordre du jour pour les prochaines sessions.  L'examen de ses nouveaux rôles et mandat a permis à la Commission de dégager les particularités qui la distinguent des autres instances chargées de missions dans le même domaine et d'étudier sa composition et son éventuel élargissement pour l'aligner sur les autres organes subsidiaires de l'ECOSOC.  La nécessité d'adopter une attitude multidisciplinaire a été soulignée lors de consultations officieuses, de même que le besoin de combler certaines lacunes.  Un programme se dégage du SMSI dont l'analyse permettra de resituer le mandat futur de la Commission.

M. HANS HOOGEVEEN, Président du Bureau du Forum des Nations Unies sur les forêts, a dit que le problème de la déforestation est intimement lié à celui de la pauvreté, la déforestation se poursuivant à un rythme accéléré.  Les défis à relever dans ce domaine sont notamment la défragmentation des politiques de gestion des ressources forestières, le renforcement des ressources existantes et le renforcement des intervenants concernés, notamment des acteurs non étatiques.  Quatre objectifs doivent être poursuivis: le renversement de tendance en matière de déforestation, grâce en particulier à une gestion durable des ressources; au renforcement des avantages sociaux et économiques tirés de la forêt et à l'extension des domaines boisés.  M. Hoogeven a exprimé le soutien du Forum au principe de la tenue d'un forum biennal de la coopération au développement, ainsi que celui de sa collaboration renforcée avec les Commissions techniques, notamment l'Instance permanente des peuples autochtones.

MME VICTORIA TAULI-CORPUZ, Présidente de l'Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones, a souligné la nécessité de renforcer la coopération et la coordination des Commissions techniques en vue de parvenir à une pleine réalisation des objectifs de développement des Nations Unies.  L'Instance permanente a ainsi constaté que les questions relatives aux autochtones ne peuvent être traitées convenablement en l'absence d'une parfaite coordination entre agences onusiennes, donateurs et programmes sur le terrain.  L'Instance prend très au sérieux la question de la réforme, c'est pourquoi elle a décidé de nommer deux Rapporteurs spéciaux chargés d'analyser son fonctionnement et d'évaluer le pourcentage des recommandations de l'Instance ayant été appliquées par les Nations Unies et les États parties (50%).  L'Instance, lors de ses deux dernières sessions, s'est concentrée sur la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, en particulier sur la manière d'articuler les droits humains, le développement socio-économique et le renforcement des capacités des peuples autochtones.  Dans ce cadre, elle a formulé des recommandations destinées à la concrétisation d'une approche du développement basée sur les droits de l'homme.  Mme Tauli-Corpuz a aussi salué l'adoption récente par le Conseil des droits de l'homme de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones, dont l'Instance permanente est chargée de vérifier l'application.

Observations de membres du Conseil

Des représentants d'États membres du Conseil se sont dits très intéressés par les vues des Présidents des Commissions techniques concernant la nécessité de renforcer la cohérence de l'action ainsi que la coordination de ces organes.  L'ECOSOC et l'Assemblée générale se sont d'ailleurs saisies de ces deux aspects, qui méritent d'être encore largement renforcés.  Un autre élément positif serait l'articulation plus poussée de l'activité des Commissions avec les autres institutions des Nations Unies.  L'existence d'un lien étroit entre les Commissions et l'ECOSOC a été posée comme indispensable, de même que la création de synergies et la suppression des chevauchements dans les mandats.

Un représentant a préconisé une participation accrue des Commissions techniques aux efforts en faveur de l'emploi, thème de l'ECOSOC cette année, et relevé l'importance d'une action orientée vers les résultats au bénéfice des populations, avec en toile de fond la réalisation des objectifs de développement des Nations Unies.

L'importance de la mise à disposition, aux niveaux local et régional, de statistiques unifiées a été aussi soulignée, tout comme celle des systèmes d'information modernes.  Des mesures doivent être prises pour régler en particulier le problème du recensement des populations.  La coopération des États avec la Commission de statistique est donc une priorité.  La bonne gouvernance et le respect de l'état de droit sont aussi des priorités qui devraient être reconnues.  Une délégation a souligné l'importance de veiller au respect des droits des travailleurs migrants.

Conclusions des panélistes

MME TAULI-CORPUZ a confirmé qu'à son avis la cohérence entre les activités de l'ECOSOC et du Conseil des droits de l'homme devait figurer dans les priorités des travaux.

La coordination au sein des Nations Unies doit certes être renforcée, a dit M. HOOGEVEEN, mais aussi celle entre les institutions nationales.  Il est certes impossible au Forum sur les forêts d'intervenir dans les conflits armés, mais elle compte agir de manière plus générale dans le domaine du reboisement, en appuyant les forestiers locaux.

M. ALJOWAILY a fait valoir que le lien entre la Commission de la science et la technique et le secrétariat de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) peut servir de modèle de collaboration inter-organisations.

M. DE CEGLIE s'est félicité que la question de la bonne gouvernance ait été soulevée par plusieurs représentants.

MME GALLARDO HERNÁNDEZ a dit que sa commission est en contact permanent avec le Conseil de sécurité au sujet du respect des droits des femmes dans les conflits.  La Commission de la condition de la femme procède à des évaluations nationales au sujet de l'introduction d'une dimension sexospécifique au sein du système des Nations Unies, qui aboutiront d'ici à 2008.

M. DANESH-YAZDI a dit que la Commission du développement social et l'Organisation internationale du travail était en effet importante, mais que les chevauchements que l'on avait craints ne se sont pas manifestés.  L'Organisation internationale du travail coopère avec la Commission pour la préparation d'un prochain forum sur l'emploi, avec également la Banque mondiale, ainsi que pour la rédaction d'un rapport sur le développement social dans le monde.

M. GASS a précisé que les difficultés liées aux recensements tiennent aux moyens financiers et humains, ainsi qu'aux problèmes d'analyse des données et de diffusion des résultats.  La Commission de la population et du développement partage les inquiétudes exprimées au sujet de la normalisation des données.  La Commission analyse les travaux et les ordres du jour d'autres Commissions pour éviter les chevauchements, a assuré M. Gass.

M. MACEDO a rappelé que la Commission de statistique avait récemment recommandé l'adoption d'une résolution visant à renforcer les moyens statistiques des États.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.