LE CONSEIL DE SÉCURITÉ APPELLE LES ÉTATS MEMBRES À PERMETTRE AUX FEMMES DE JOUER TOUT LEUR RÔLE DANS LA CONSOLIDATION DE LA PAIX

26 octobre 2006
CS/8858

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ APPELLE LES ÉTATS MEMBRES À PERMETTRE AUX FEMMES DE JOUER TOUT LEUR RÔLE DANS LA CONSOLIDATION DE LA PAIX

26/10/2006
Conseil de sécurité
CS/8858
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Conseil de sécurité

5556e séance – matin


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ APPELLE LES ÉTATS MEMBRES À PERMETTRE AUX FEMMES DE JOUER TOUT LEUR RÔLE DANS LA CONSOLIDATION DE LA PAIX


La résolution 1325 (2000) sur les femmes, la paix et la sécurité constitue une avancée fondamentale mais six ans après son adoption, beaucoup reste à faire quant à sa mise en œuvre même si elle a permis un certain nombre d’avancées.  Tel a été l’avis exprimé par la majorité des quelque cinquante orateurs qui ont pris la parole aujourd’hui au débat annuel visant à faire le point sur la mise en œuvre du texte.  Celui-ci s’est conclu par une déclaration du Président du Conseil de sécurité dans laquelle cette instance « réaffirme sa volonté de voir appliquer intégralement et efficacement » sa résolution 1325.


Le Conseil de sécurité, qui salue dans cette déclaration « le rôle essentiel » joué par les femmes dans la consolidation de la paix, « demeure profondément préoccupé par l’omniprésence de toutes les formes de violence exercées contre les femmes dans les conflits armés ».  Il condamne ces pratiques et « appelle toutes les parties à des conflits armés à pourvoir pleinement et efficacement à la protection des femmes » tout en insistant sur « la nécessité de mettre fin à l’impunité ».  Il condamne, par ailleurs, tout acte de violence sexuelle commis par des membres du personnel des missions de maintien de la paix des Nations Unies.  Concrètement, le Conseil se dit favorable à l’institution de codes de conduite et de procédures disciplinaires afin de parvenir à la politique de « tolérance zéro » affichée déjà depuis un certain temps.  Le Conseil souligne, par ailleurs, la nécessité de faire une place à une « composante femme » dans les opérations de maintien de la paix.  Il demande à nouveau aux États Membres de continuer à mettre en œuvre la résolution 1325 pour favoriser la parité.


Lors du débat, la Conseillère spéciale du Secrétaire général pour la parité entre les sexes et la promotion de la femme, Rachel Mayanja, a estimé vital que les femmes participent à toutes les étapes des processus de paix, à la planification de la reconstruction des sociétés, ainsi qu’à la définition de stratégies de prévention pour éviter de nouveaux conflits.  Les femmes et leurs associations peuvent être, selon elle, des forces puissantes œuvrant dans le sens de la paix et de la réconciliation au sein de leur société.  Mme Mayanja a toutefois reconnu que, même lorsque la volonté politique est présente, de nombreux États hésitent souvent à aller à l’encontre des valeurs établies dans des sociétés souvent régies par le patriarcat.


Jean-Marie Guéhenno, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, a attiré l’attention sur trois problèmes majeurs, l’insécurité, en premier lieu, la participation notoirement insuffisante des femmes à la vie politique et enfin, l’abrogation des lois discriminatoires à l’encontre des femmes.  La Directrice exécutive du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), Noeleen Heyzer, a, en effet, souligné que deux des besoins les plus urgents des femmes étaient la sécurité physique et la survie économique. Concrètement, l’UNIFEM a adopté une approche basée sur la présence des femmes à la table des négociations de paix, sur le soutien aux mouvements en faveur de l’égalité des sexes ainsi que sur la promotion de la participation des femmes dans les élections et la prise de décision politique.


Si la représentante des États-Unis, Mme Phee, a estimé que le débat annuel au Conseil de sécurité sur les femmes et la paix est devenu un rendez-vous très important car il touche à de nombreux domaines, le représentant de la France, Jean-Marc de La Sablière, a expliqué que le domaine où la résolution 1325 a le plus changé le cours des choses est celui des opérations de maintien de la paix.  Évoquant les violences contre les femmes au Darfour ou en Ituri, en République démocratique du Congo, le représentant français a toutefois admis qu’il existe un écart entre les progrès réalisés dans les normes juridiques et la situation concrète sur le terrain.  Il a estimé avec plusieurs autres orateurs que le nouveau Conseil des droits de l’homme a un rôle important à jouer dans ce domaine, ainsi que la toute nouvelle Commission de consolidation de la paix.  Celle-ci a été particulièrement citée lors de ce débat, de nombreux pays estimant qu’elle peut jouer un rôle fondamental.


L’action ne relève toutefois pas seulement de la communauté internationale, chaque pays a sa partie à jouer dans la concrétisation de la résolution 1325. Ainsi, le représentant argentin, César Mayoral, a rappelé le rôle qu’avaient joué les femmes dans la démocratisation de son pays lorsqu’elles avaient uni leurs forces dans la recherche de leurs proches disparus pendant la dictature militaire.  À l’époque, ces groupes n’étaient pas protégés par un cadre juridique international tel que celui offert par la résolution 1325.  Ces femmes étaient certes reconnues comme victimes mais pas comme protagonistes de la paix.  L’expérience de l’Argentine conduit donc à reconnaître l’importance de la mise en œuvre de plans d’action nationaux inspirés de la résolution 1325 (2000), a expliqué M. Mayoral.


Apportant une tonalité plus pessimiste, les représentants de certains pays tels que le Guatemala, l’Ouganda et l’Espagne ont dressé un bilan décevant, six ans après le vote de la résolution.  Mme Silvia Escobar a ainsi noté, au nom de l’Espagne, que le nombre de textes de l’ONU faisant référence à la parité était limité.  Cinq résolutions sur 59, adoptées en 2004, traitent, selon elle, du thème de la violence contre les femmes et seulement huit font mention de la résolution 1325.  Le représentant des Pays-Bas a émis le souhait que la résolution 1325 soit systématiquement prise en compte dans les travaux du Conseil de sécurité.



LES FEMMES ET LA PAIX ET LA SÉCURITÉ


Rapport du Secrétaire général sur les femmes et la paix et la sécurité (S/2006/770)


Dans sa déclaration (S/PRST/2005/52), le Président du Conseil de sécurité avait, au nom du Conseil, prié le Secrétaire général d’actualiser, de suivre et d’examiner chaque année la mise en œuvre et l’intégration du Plan d’action portant sur les domaines d’activités liés aux femmes et à la paix et à la sécurité, qui reprend notamment les tâches prescrites par le Conseil de sécurité dans sa résolution 1325 (2000).  Le présent rapport est donc établi en application de cette demande.


La réalisation de l’objectif d’égalité des sexes inscrit dans la Charte des Nations Unies et dans la résolution 1325 (2000) est l’une des responsabilités essentielles permanentes de tous les États Membres, d’où l’importance primordiale de l’assistance de l’ONU dans ce domaine.  Il s’ensuit que le travail multidimensionnel des États Membres et de l’ONU au service de la sécurité et de la paix doit systématiquement intégrer les principes de parité et d’émancipation de la femme dans ses politiques, ses programmes et ses activités.  Alors que l’égalité des sexes apparaît de plus en plus comme un gage de paix et de sécurité internationales, le rôle des femmes dans les processus de paix reste généralement traité comme une question marginale, alors qu’il conditionne le développement d’institutions démocratiques viables et l’établissement d’une paix durable.


Le Plan d’action à l’échelle du système pour l’application de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité reflète cette dynamique globale.  Il donne une foule de renseignements sur les activités dans l’ensemble du système.  Il constitue une première tentative de démarche intégrée et cohérente pour promouvoir la question des femmes, de la paix et de la sécurité et intégrer le principe de parité dans les programmes et politiques de l’ONU en matière de paix et de sécurité.  Le présent rapport fait un bilan détaillé et sans concession des huit premiers mois de mise en œuvre de ce Plan d’action, dont l’examen demandé par le Conseil de sécurité a fait clairement ressortir les faiblesses et les potentialités, les premières pouvant ainsi être corrigées, et les secondes exploitées.


L’examen conduit par la Conseillère spéciale pour la parité des sexes et la promotion de la femme révèle que les organismes du système des Nations Unies ont fait de louables efforts et que la mise en œuvre du Plan d’action a considérablement progressé sur de nombreux fronts, notamment le maintien, le rétablissement et la consolidation de la paix.  Des projets intéressants et innovants ont été lancés pour prévenir et combattre les violences contre les femmes dans les conflits armés et apporter une aide humanitaire aux populations, souligne le rapport.


Pourtant, le document indique que les progrès pourraient et devraient être encore plus nets dans tout le système des Nations Unies.  Si l’examen a signalé des succès, il a également révélé des faiblesses, tant au Siège qu’au niveau opérationnel, ce qui a amené une série de propositions d’actions correctives concrètes.  Un certain nombre d’obstacles institutionnels et organisationnels ont freiné la mise en œuvre efficace du Plan d’action.


L’examen a confirmé l’utilité du caractère systémique du Plan d’action, poursuit le rapport.  Il est primordial que le Plan d’action soit révisé selon les indications proposées dans le présent rapport, en tirant parti des mesures correctives pour en faire un outil plus efficace de coordination interinstitutions renforcée, de responsabilisation et de maîtrise collective, de culture organisationnelle mieux acquise aux objectifs et aux idéaux contenus dans la résolution 1325 (2000).  En portant le Plan d’action à l’échelle du système à un nouveau niveau, le système des Nations Unies peut devenir un partenaire plus stratégique pour les États Membres et appuyer leur capacité à assurer la paix et la sécurité internationales et à traduire dans les faits leurs engagements en matière d’égalité des sexes.


Il faudrait tout particulièrement engager les États Membres et les autres acteurs à faire preuve d’un surcroît de volonté politique et de détermination afin de donner l’impulsion politique nécessaire à l’application de la résolution 1325 (2000).  L’application relevant en premier lieu de leur ressort, le Secrétaire général demande au Conseil de sécurité et à la Commission de consolidation de la paix de prêter une attention prioritaire à la situation des femmes dans chaque pays en situation de conflit ou d’après conflit, afin d’obtenir des résultats concrets.  L’ONU a besoin de l’appui des États Membres pour appliquer le Plan d’action à l’échelle du système.  Les différents organismes et le système lui-même devront quant à eux redoubler d’efforts pour renforcer l’esprit de responsabilité, la coordination et la capacité à appuyer l’application de ladite résolution.  Il faudrait également s’atteler plus résolument à l’harmonisation des politiques et des pratiques interinstitutions en utilisant les mécanismes existants de coordination et de concordance interinstitutions.  Ayant ces considérations à l’esprit, le Secrétaire général recommande au Conseil de sécurité que le Plan d’action à l’échelle du système des Nations Unies soit reconduit après 2007 et qu’il soit établi sur la base des constatations et des conclusions contenues dans le présent rapport.


Déclarations


Mme RACHEL MAYANJA, Conseillère spéciale du Secrétaire général pour la parité entre les sexes et la promotion de la femme, a rappelé que la place des femmes était cruciale dans la consolidation de la paix.  Nous comptons beaucoup, a-t-elle dit, sur la toute nouvelle Commission de consolidation de la paix, pour mettre l’accent sur les perspectives touchant à l’égalité des sexes dans les processus de paix.  Les femmes et leurs associations peuvent être, selon elle, des forces puissantes œuvrant dans le sens de la paix et la réconciliation au sein de leur société.  Il est donc vital que les femmes participent à toutes les étapes des processus de paix, ainsi que dans la planification de l’avenir, dans la reconstruction des sociétés et la définition de stratégies de prévention pour éviter de nouveaux conflits.


Si Rachel Mayanja estime que des progrès importants ont été faits par les États dans les processus de prise de décisions associant les femmes, l’année écoulée montre que beaucoup reste à faire pour parvenir à une rigoureuse égalité dans la consolidation de la paix.  De la République démocratique du Congo, au Soudan et de la Somalie au Timor-Leste, les femmes continuent d’être exposées à la violence, prises pour cibles par les parties en présence, marginalisées dans les processus formels.  Elles manquent des moyens élémentaires de survie et de santé tout en demeurant sous représentées dans les processus de prise de décisions. 


Mme Mayanja reconnaît que même lorsque la volonté politique est présente au sommet et qu’à la base les organisations de femmes sont actives, de nombreux États sont souvent hésitants à aller à l’encontre des valeurs établies dans les sociétés qui sont souvent patriarcales.  Pour relever ce défi, plusieurs conditions sont nécessaires.  En particulier, a-t-elle souligné, les États et les institutions des Nations Unies doivent faire preuve de volontarisme politique et allouer les ressources nécessaires à la concrétisation des intentions.


M. JEAN-MARIE GUÉHENNO, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, s’est félicité que, depuis la tenue de la dernière réunion du Conseil de sécurité sur ce thème, une femme ait été élue à la tête du Libéria, dont le Gouvernement a adopté une loi contre le viol, et que les législations de pays comme la Sierra Leone aient été amendées en vue d’améliorer la condition des femmes.  M. Guéhenno a ensuite attiré l’attention sur trois problèmes majeurs, dont le premier est le problème lancinant de l’insécurité.  La violence continue en effet d’être employée contre les femmes et les jeunes filles, y compris au lendemain de conflits, alors qu’elles s’efforcent de reconstruire leur pays.  En Afghanistan par exemple, les attaques contre les établissements scolaires se multiplient alors que les jeunes filles essaient d’améliorer leur éducation, tandis qu’au Darfour, elles sont l’objet de violences sexuelles lorsqu’elles sortent chercher du bois ou de l’eau.  Outre l’impact physique et émotionnel de ces agressions, il en va de l’état futur de leur santé, quand elles se trouvent notamment exposées à la menace du VIH/sida.  Nous devons aussi renforcer la participation des femmes à la vie politique, un aspect indispensable au relèvement de leurs sociétés, a poursuivi le Secrétaire général adjoint.  Des progrès ont été ainsi constatés là où les systèmes de quotas ont permis de favoriser la participation des femmes à la vie politique de leur pays, comme au Burundi.  Mais ce n’est pas suffisant de faire en sorte que les femmes soient élues, comme en Afghanistan, où elles sont dignement représentées au sein de la Chambre basse, il faut encore leur donner les moyens d’exercer leurs prérogatives.  La troisième priorité, a ajouté M. Guéhenno, c’est que les lois discriminatoires à l’encontre des femmes soient amendées pour permettre aux femmes de jouir des mêmes droits que ceux dont disposent les hommes, comme dans un certain nombre de pays africains, où la transmission de l’héritage, soumise à des lois coutumières, continue de poser problème.  Le Secrétaire général adjoint a enfin rappelé que le Département des opérations de maintien de la paix s’était efforcé pour sa part d’adopter des mesures en vue d’appliquer au mieux la résolution 1325 (2000).  Des lacunes persistent cependant, et nous comptons sur l’appui des États Membres pour donner au Département des opérations de maintien de la paix les ressources nécessaires à la mise en œuvre des nouvelles directives, a-t-il conclu.


Mme NOELEEN HEYZER, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), a souligné que la sécurité physique des femmes devait être assurée dans les processus de consolidation de la paix.  La question n’est pas de savoir en effet ce que les femmes peuvent faire pour cette consolidation mais plutôt ce que ce processus peut faire pour les femmes.  Deux des besoins les plus urgents des femmes sont la sécurité physique et la survie économique, le premier point étant fondamental pour leur permettre d’avoir une source de revenus.  Souvent les femmes sont sous la menace d’assassinat lorsqu’elles défendent leurs droits, a-t-elle ajouté.  Or, il arrive que l’armée et la police soient elles-mêmes à l’origine de la violence.


La justice pour les femmes est aussi un point fondamental, en particulier la mise en œuvre d’une législation égalitaire.  Souvent, le viol est considéré comme un crime mineur.  Mme Heyzer a cité le Kosovo où les femmes souvent ne parviennent pas à obtenir réparation en dépit des promesses qui leur ont été faites.  En outre, la loi coutumière prévaut souvent dans les pays sortants de conflit et celle-ci tend à perpétuer la domination d’un sexe sur l’autre, a-t-elle estimé.  Quant à la question des quotas, il s’agit selon elle d’une solution relative.  Il faut des directives de haut niveau, des systèmes concrets d’encouragement pour faire progresser la place des femmes. 


L’UNIFEM a adopté une approche basée sur cinq points: présence des femmes à la table des négociations de paix; soutenir l’engagement des femmes dans la définition de nouveaux cadres juridiques et constitutionnels; soutenir le leadership féminin dans la mise au point de nouvelles institutions; soutenir les partenariats avec les mouvements en faveur de l’égalité des sexes et de l’intégration des femmes dans les processus de paix et de sécurité; enfin, soutenir la participation des femmes dans les élections et la prise de décisions politiques.


Citant le philosophe français Montaigne, Mme Heyzer a expliqué que les femmes n’avaient pas tort de rejeter les lois les concernant, celles-ci ayant été faites par les hommes sans les consulter.  Pour consolider la paix, il faut cesser de récompenser ceux qui sont les plus destructeurs au niveau social et aider ceux qui sont les plus constructifs et pacifiques, a conclu Mme Heyzer. 


Mme CAROLYN MCASKIE, Sous-Secrétaire générale du Bureau d’appui à la consolidation de la paix, a déclaré que le renforcement de la protection des femmes dans les pays en situation de transition nécessitait des efforts supplémentaires, les femmes constituant un élément indispensable au relèvement de leurs sociétés.  À cet égard, la Commission de consolidation de la paix s’efforcera de développer des stratégies et des partenariats, notamment avec la société civile, en vue d’améliorer le statut des femmes, comme cela a été le cas lors des premières réunions consacrées au Burundi et à la Sierra Leone.  Cet organe intergouvernemental peut agir de façon à promouvoir des mesures en faveur de l’égalité et aider les gouvernements nouvellement formés à comprendre l’étendue du concept de démocratie, qui doit composer avec l’action de la société civile.  La Commission doit aussi veiller à ce que la consolidation de la paix soit toujours durable, notamment en s’efforçant de garantir que les femmes ne soient plus l’objet de discriminations.  La résolution 1325 (2000) peut être l’un des instruments pour parvenir à atteindre un tel objectif, a-t-elle souligné.  Par ailleurs, le Fonds de consolidation de la paix, a poursuivi Mme McAskie, doit permettre de fournir une partie des ressources nécessaires en vue de renforcer les capacités nationales des États qui auront été autorisés à en bénéficier.  Il faut en outre assurer un rôle accru des femmes au sein du système des Nations Unies, et particulièrement au sein du Département des opérations de maintien de la paix (DOMP), pour assurer la mise en œuvre des dispositions de la résolution 1325 (2000).  Enfin, a conclu la Sous-Secrétaire générale, pour permettre à la Commission de réussir, les gouvernements devront se consulter pour amender leurs législations en vue d’assurer l’égalité entre les sexes et la participation des femmes à la vie politique.


M. JEAN-MARC DE LA SABLIÈRE (France) a estimé que le domaine où la résolution 1325 a le plus changé le cours des choses est celui des opérations de maintien de la paix.  On peut y voir le résultat d’une conjonction de plusieurs facteurs, à savoir l’intégration plus systématique de la problématique « femme, paix et sécurité » dans les mandats donnés par le Conseil de sécurité; la répartition claire des rôles des différents acteurs dans le cadre des opérations de maintien de la paix et le rôle extrêmement positif joué par les conseillers ou les points focaux en matière de parité aujourd’hui présents dans toutes les opérations, grâce au rôle moteur joué par le Département des opérations de maintien de la paix.  Le représentant a aussi attiré l’attention sur la condamnation très sévère contenue dans la déclaration présidentielle qui sera adoptée aujourd’hui concernant les cas d’abus sexuels commis par le personnel des missions de maintien de la paix.  


Évoquant les violences que connaissent les femmes au Darfour ou dans la région de l’Ituri, en République démocratique du Congo (RDC), le représentant a admis qu’il existait un écart entre les progrès normatifs réalisés et la situation sur le terrain.  Il a estimé que le nouveau Conseil des droits de l’homme a un rôle important à jouer dans ce domaine, que ce soit pour réagir à des cas de violations graves des droits des femmes, pour adresser des recommandations à d’autres organes ou pour soutenir des actions de coopération menées par le Bureau du Haut Commissaire aux droits de l’homme.  La création de la Commission de consolidation de la paix doit nous permettre de progresser également dans le domaine de la participation des femmes aux phases de postconflit et de reconstruction.  Pour M. de La Sablière, la réhabilitation des victimes de violences sexuelles est indispensable pour assurer la pleine participation des femmes à la consolidation de la paix et à la reconstruction.  L’administration de la justice, la participation au processus de décisions et la mise en place d’institutions consacrant la parité sont aussi des conditions préalables.


M. NANA EFFAH-APENTENG (Ghana) a estimé que six ans après l’adoption de la résolution 1325 (2000), sa mise en œuvre a été très inégale.  Il s’est félicité de l’engagement des États Membres et fait un certain nombre de propositions.  La mise en œuvre de cette résolution au niveau national demeure, selon lui, essentielle.  Citant le cas de son pays, il a estimé que son application supposait une coordination entre diverses institutions gouvernementales et rappelé que l’analphabétisme était l’un des éléments empêchant une plus grande égalité. 


La question des ressources allouées est aussi une question de fond pour mettre en œuvre des bonnes intentions qui ne peuvent se concrétiser sans moyens, a souligné le représentant du Ghana.  Il a jugé que le Conseil de sécurité devrait désigner un de ses membres, qui pourrait s’entourer d’un groupe de travail composé de membres dudit Conseil, afin d’avancer dans la mise en œuvre de la résolution 1325.  La Commission de consolidation de la paix a aussi un rôle important à jouer à cet égard, a souligné le représentant du Ghana.


M. ILYA ROGACHEV (Fédération de Russie) a déclaré qu’il fallait s’appuyer sur les dispositions de la résolution 1325 (2000) pour assurer une meilleure participation des femmes à la consolidation de la paix et à la vie politique de leur pays.  La mise en œuvre du Plan d’action a certes contribué à mettre en place une stratégie de l’ONU en ce domaine, mais son potentiel n’est toutefois pas complètement réalisé, a estimé le représentant, qui a donc encouragé le Secrétariat à réfléchir aux moyens de combler les lacunes existantes.  Soutenant les activités de la Conseillère spéciale pour la parité entre les sexes et la promotion de la femme, nous souhaitons néanmoins que son travail, comme celui du système des Nations Unies en faveur des femmes, soit dépolitisé, a conclu le représentant russe.


M. ROBERT G. AISI (Papouasie-Nouvelle-Guinée), au non du Forum des îles du Pacifique, a expliqué que le rôle de l’UNIFEM en Mélanésie avait montré son efficacité même si certains programmes ont été interrompus faute de financement.  Un financement durable est donc indispensable, a-t-il insisté.  L’an prochain, des femmes de toute l’Océanie doivent se réunir dans le cadre de la dixième conférence triennale des femmes du Pacifique et de la troisième réunion ministérielle de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie afin d’examiner les progrès accomplis concernant la Plate-forme d’action 2005-2015.  En 2004, la dernière Conférence avait appelé les États à promouvoir la paix en intégrant la paix et la résolution des conflits dans les programmes éducatifs.  Quant à la place des femmes, la réunion prévue en mai 2007 permettra de faire le bilan des avancées.


M. JOHAN L. LOVALD (Norvège) a estimé que si la résolution 1325 (2000) avait permis des avancées en faveur des femmes dans les missions de maintien de la paix, beaucoup restait à faire.  Les missions des Nations Unies ont permis des progrès notables sur le terrain et en leur sein même sur la participation des femmes aux processus de paix et leur contribution à l’instauration de l’état de droit.  Toutefois, il est nécessaire d’adopter une approche plus systématique sur la question de l’égalité des sexes, a ajouté M. Lovald, en envisageant des mesures à long terme.  Ce dernier point est essentiel en particulier pour permettre une transition souple entre le maintien de la paix et sa consolidation dans lesquels les missions de l’ONU doivent jouer un rôle clef.  L’UNIFEM et le PNUD ont un rôle particulier à jouer à cet égard pour inspirer les missions de l’ONU, a souligné le représentant norvégien.  Celui-ci s’est dit encouragé par le nombre de plus en plus important de femmes qualifiées dans le Département des opérations de maintien de la paix.  Il a estimé cependant que l’on doit rééquilibrer la proportion relativement faible de femmes dans les postes de direction de cette institution.


M. JOHN MCNEE (Canada) a exhorté le Conseil de sécurité et la Commission de consolidation de la paix à intensifier leurs efforts pour s’attaquer à tous les actes de violence contre les femmes et les filles et éliminer l’impunité pour de tels actes, afin que les femmes puissent jouer leur rôle dans la reconstruction de leurs communautés et profiter des retombées de la paix.  En outre, selon le représentant, pour que la consolidation de la paix tienne pleinement compte de l’égalité entre les sexes et des droits des femmes, nous devons axer parallèlement nos efforts sur une participation directe et accrue des femmes aux processus de paix et sur une réforme institutionnelle sensible à la problématique hommes-femmes.  Cependant, malgré la promesse du Conseil de sécurité, ainsi que celle de la Commission de consolidation de la paix, de prendre des mesures pour promouvoir l’égalité entre les sexes et soutenir l’habilitation des femmes, le Canada sait aussi que l’attention sur ces questions n’est pas systématiquement intégrée.  La délégation a donc insisté sur la nécessité de mettre en place des systèmes de contrôle efficaces et des mécanismes de responsabilisation et de présentation de rapports liés à la résolution 1325 (2000).  En outre, le Canada a encouragé la Commission à élaborer des mesures visant à assurer la participation active de la société civile et d’organisations féminines représentatives et à veiller à ce que des groupes féminins contribuent à la consolidation de la paix et aux stratégies de développement à long terme.  Le Canada invite aussi la Commission à adopter une politique interne sur l’intégration de la problématique hommes-femmes dans sa structure et ses travaux.  En outre, selon le représentant canadien, le Bureau d’appui pour la consolidation de la paix pourrait tirer avantage d’un poste de conseiller permanent, à un rang supérieur, qui serait chargé de la question de la parité entre les hommes et les femmes dans ce domaine.


M. LIU ZHENMIN (Chine) a affirmé que la question des femmes, de la paix et de la sécurité couvrait plusieurs niveaux impliquant de nombreuses institutions et agences spécialisées.  Ces entités, dans les zones de conflit, a ajouté le représentant, font face à de graves problèmes organisationnels qui entravent la conduite de leur mandat.  Le représentant a ajouté que les femmes souffraient terriblement de cette situation, qui les empêche notamment de participer de manière effective aux processus de paix et à la vie politique.  M. Zhenmin a plaidé pour un rôle accru du Conseil de sécurité, et ce, en tant qu’organe des Nations Unies chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Sur ce dernier point, il a estimé que le Conseil devrait s’attaquer plus avant aux causes des conflits, en intensifiant ses activités de prévention et en créant un environnement propice à la protection des groupes les plus vulnérables, y compris les femmes. 


Le représentant a par ailleurs souhaité que les processus de paix impliquent davantage ces dernières.  Il a ainsi déclaré qu’il était impératif de tenir compte des besoins particuliers des femmes aux différentes étapes de la prévention des conflits et des activités de maintien et de consolidation de la paix.  M. Zhenmin a dit que la Commission de consolidation de la paix devra accorder toute la place qui leur revient aux femmes dans les situations postconflit.  S’agissant des réformes des Nations Unies, le représentant a indiqué que des efforts supplémentaires devaient être engagés pour renforcer la coordination entre agences, et cela en appuyant financièrement l’action collective en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité.  


Mme ELLEN MARGRETHE LØJ (Danemark), après avoir salué le Plan d’action pour la mise en œuvre de la résolution 1325, a attiré l’attention sur les problèmes en suspens.  Elle a tout d’abord estimé qu’un engagement ferme, un leadership et une responsabilité au plus haut niveau dans le système des Nations Unies étaient indispensables pour progresser.  Certes, des spécialistes de la parité entre les sexes ont été nommées dans les opérations de maintien de la paix, mais elles devraient l’être au niveau le plus élevé et bénéficier des ressources dont elles ont besoin.  En outre, le Danemark estime qu’il faut redéfinir le Plan d’action en un outil de surveillance et d’évaluation qui doit s’appuyer sur des résultats concrets.  Le renforcement du partenariat avec la société civile, les ONG et les organisations régionales peut en outre contribuer à une amélioration de la mise en œuvre des dispositions de la résolution 1325 (2000), et la délégation attend tout particulièrement de la Commission de consolidation de la paix qu’elle joue un rôle à cet égard.  La représentante a ensuite rappelé que son pays avait été l’un des touts premiers États Membres à lancer un Plan d’action national pour la mise en œuvre de ladite résolution.  Les conclusions d’un rapport récent établi par le Groupe chargé de la question des crises internationales révèlent en effet que la résolution 1325 reste largement inconnue des acteurs concernés sur le terrain, a conclu Mme Løj.


M. CÉSAR MAYORAL (Argentine) a d’abord rappelé le rôle qu’avaient joué les femmes dans la démocratisation de son pays lorsqu’elles ont décidé d’unir leurs forces dans la recherche de leurs proches disparus pendant la dictature militaire.  Mais à l’époque, ces groupes n’étaient pas protégés par un cadre juridique international tel que celui offert par la résolution 1325 (2000) dans leur quête de la vérité.  Elles étaient reconnues comme victimes mais pas comme protagonistes de la paix.  Par conséquent, l’expérience de l’Argentine nous conduit à reconnaître l’importance de mettre en œuvre des plans d’action nationaux pour la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) dans tous ses aspects, a ajouté M. Mayoral.


Le représentant argentin a évoqué les violences subies par les femmes et les jeunes filles dans les conflits armés.  Il a estimé fondamental que le Conseil de sécurité soit informé régulièrement des cas où se produit ce genre de violences pour pouvoir contribuer à la lutte contre l’impunité dont bénéficient bien souvent les auteurs de ces actes.  Cela permettrait aussi de responsabiliser les parties en conflit concernant ce type de violations, a-t-il ajouté.


M. ROBERT HILL (Australie), qui a déclaré que son pays était un fervent supporteur de la résolution 1325 (2000), a fait valoir le programme de formation lancé par son gouvernement à la mise en œuvre de ladite résolution au sein des forces armées australiennes.  En outre, l’Australie appuie deux projets d’organisations non gouvernementales visant à renforcer la mise en œuvre de la résolution dans la région Asie-Pacifique et prend des mesures pour impliquer activement les femmes dans la consolidation de la paix à l’étranger.  Une nouvelle politique d’égalité entre les sexes a notamment été développée pour renforcer les stratégies de promotion du rôle des femmes dans ce domaine, a précisé le représentant.  Il a ensuite souligné la nécessité de prendre en compte toutes les préoccupations des femmes dans la mise en œuvre de la résolution 1325, non seulement dans la réhabilitation au lendemain des conflits, mais aussi dans la reconstruction et les efforts de développement durable.  L’égalité entre les sexes est en effet indispensable pour garantir la paix et prévenir la résurgence de conflits, a prévenu M. Hill.


M. DUMISANI S. KUMALO (Afrique du Sud) a souligné qu’avec l’adoption de la résolution 1325 (2000) une prise de conscience s’était produite concernant la contribution importante des femmes dans le maintien de la paix et de la sécurité.  Les femmes ne sont pas seulement les victimes de guerres ou conflits mais elles sont aussi un acteur important dans les processus de paix, a-t-il dit.  Malheureusement, il manque encore souvent la volonté politique de permettre leur participation aux processus de paix.  Il est donc important de prendre en compte la question de l’égalité entre les sexes dans les processus décisionnels, la mise en œuvre des accords de paix, y compris les opérations de maintien de la paix.


Il est toutefois décourageant de constater que la violence sexuelle perdure, y compris la traite des femmes, en particulier dans les zones en conflit.  La lutte contre l’impunité fait donc partie intégrante de la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000), a estimé le représentant sud-africain.  Un plus grand engagement du système des Nations Unies à cet égard est, selon lui, indispensable.


S’exprimant au nom du Réseau de la sécurité humaine, M. ROMAN KIRN (Slovénie) a estimé que six ans après la résolution 1325 (2000), les femmes n’étaient toujours pas des partenaires égales dans les processus de paix et que les violences sexuelles étaient plus nombreuses.  Reconnaissant l’importance du Plan d’action à l’échelle du système des Nations Unies, il a cependant demandé la création par le Conseil de sécurité d’un mécanisme de surveillance de la mise en œuvre de ladite résolution et de toutes celles qui lui sont liées.  Le Conseil et la Commission de consolidation de la paix doivent en outre accorder la plus haute attention à l’intégration des femmes dans les processus de paix, et ce, afin d’assurer une paix durable, qui ne sera possible selon lui sans une participation active de toutes les composantes d’une société.  Il est donc essentiel d’assurer la mise en œuvre effective de la résolution 1325 dans le travail de tous les organes des Nations Unies, notamment ceux opérant en matière de maintien de la paix.  Revenant ensuite sur la violence à l’encontre des femmes et des filles dans les zones touchées par les conflits, la délégation a souligné que celle-ci était souvent utilisée comme une méthode d’intimidation des populations civiles.  Le Réseau a donc exhorté le Conseil de sécurité à prendre en compte la question de l’égalité entre les sexes dans tous les aspects de la planification et de l’exécution des opérations de maintien de la paix, notamment en appliquant rigoureusement dès le départ la politique de tolérance zéro contre les abus et l’exploitation sexuels.


M. JORGE VOTO-BERNALES (Pérou) a estimé que six ans après l’adoption de la résolution 1325 (2000), et malgré les efforts entrepris, nous étions encore loin des objectifs fixés.  Il a constaté que de plus en plus souvent l’abus sexuel et la transmission du VIH/sida devenaient une arme de guerre utilisée délibérément.  La communauté internationale doit donc utiliser tous les moyens à sa disposition pour mettre fin aux violations des droits de l’homme visant les femmes et les jeunes filles.  À cet égard, les tribunaux pénaux internationaux ont une fonction importante.  La tâche devant nous est encore considérable et c’est pourquoi elle doit être accomplie de manière conjointe, non seulement du côté des États mais également entre le système des Nations unies et la société civile, en particulier les organisations de femmes, a souligné M. Voto-Bernales.  Son pays appuie la position du Secrétaire général selon laquelle le Plan d’action du système des Nations Unies devra être actualisé après 2007.


M. PETER BURIAN (Slovaquie) a déclaré qu’en dépit de tous les efforts entrepris par la communauté internationale, les femmes continuaient de subir des violences sexuelles dans les situations de conflit.  Il a rappelé qu’au cours des dernières années, l’opinion avait été choquée d’apprendre les cas d’abus perpétrés par des personnels des Nations Unies.  Beaucoup reste à faire pour éradiquer le démon de la violence sexuelle, a dit M. Burian.  Celui-ci a estimé qu’une approche plus cohérente et systématique était nécessaire pour que la communauté internationale puisse appliquer pleinement les obligations  de la résolution 1325, en particulier celles portant sur la participation des femmes dans les activités de consolidation de la paix. 


M. Burian a par ailleurs recommandé que pour lutter contre la propagation des abus sexuels et autres violations des droits fondamentaux des femmes et des jeunes filles dans les zones de conflits armés, la communauté internationale devrait mettre fin à l’impunité des auteurs de ces crimes odieux.  Il a en outre préconisé l’adoption de mesures de prévention et de renforcement de la formation des personnels médicaux et juridiques. Le représentant s’est également exprimé en faveur d’une politique de tolérance zéro à l’égard des auteurs de crimes appartenant au système des Nations Unies.  Enfin, M. Burian a affirmé que la lutte contre la violence sexuelle exigeait la création d’un mécanisme permanent associant les victimes, la société civile, les gouvernements et les donateurs en vue de coordonner plus efficacement les actions engagées aux niveaux national et international.


M. EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni) a souligné qu’il fallait veiller à la participation des femmes à toutes les étapes des processus de paix, indispensable à une stabilité durable, et à la protection des droits des femmes, qui sont souvent les premières victimes de violences.  Sachant qu’il y a 50% de chances que les pays se relevant d’un conflit y retombent dans les 10 ans suivant la signature des accords de paix, il est donc indispensable d’intégrer pleinement les femmes à tous les niveaux, car leur exclusion ne ferait que précipiter les choses.  Évoquant ensuite le travail de la Commission de consolidation de la paix, le représentant s’est félicité des premières réunions consacrées à la Sierra Leone et au Burundi.  La délégation britannique a ensuite regretté l’absence de mécanismes de surveillance et d’évaluation, qui se traduit notamment par une faible responsabilisation quant au respect de l’égalité entre les sexes, en particulier dans la planification et l’exécution des opérations de maintien de la paix.  Un autre problème est celui de la mise en œuvre et du manque de cohérence et de coordination au sein du système des Nations Unies, a regretté M. Jones Parry, qui s’est demandé en conclusion si l’ONU était en mesure d’identifier des objectifs précis pour chacune de ses quatre opérations d’appui à la paix.  Une fois ces objectifs définis, un plan d’action convenu avec les gouvernements des pays concernés pourrait alors être mis au point, a-t-il ajouté, et ce, afin d’assurer l’application de toutes les dispositions de la résolution 1325 (2000) de manière harmonieuse.


Mme ELISABETH REHN, Ministre finlandaise pour l’égalité, qui s’exprimait au nom de l’Union européenne et d’un certain nombre de pays, a constaté que six ans après son adoption l’application de la résolution 1325 souffrait de sérieuses lacunes.  Il y a donc urgence, selon elle, de prendre des initiatives plus nombreuses et plus concrètes pour changer la vision que l’on a des femmes, de la guerre et de la paix.  Avant tout, il convient de comprendre pour quelles raisons les femmes se trouvent mises de côté dans la consolidation de la paix.  Ensuite, il faut donner la priorité aux femmes dans tout processus de paix et enfin, il faut leur permettre de participer activement aux processus décisionnels tout en leur garantissant une protection.


Mme Rehn a constaté que les femmes étaient peu nombreuses dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU.  Elle a appelé le Secrétaire général à continuer de nommer des candidates à des postes de direction.  Le relèvement après les conflits constitue une bonne occasion de faire avancer les législations concernant les femmes, selon elle.  La Commission de consolidation de la paix, par son caractère unique, est un bon instrument pour mettre en œuvre la résolution 1325.  Alors que l’Union européenne a entrepris d’augmenter la place des femmes dans tous les postes à responsabilité, a assuré Mme Rehn, l’ONU elle-même se doit d’être exemplaire dans ce domaine.  Elle a proposé que soit mis en place un groupe de travail pour superviser la mise en place de la mise en œuvre de la résolution 1325.


M. ANDERS LIDÉN (Suède) a rappelé que ces dernières années, sa délégation avait souligné à maintes reprises la responsabilité collective d’échanger idées et meilleures pratiques en vue de faciliter la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000).  Pour sa part, la Suède a indiqué qu’elle avait adopté au niveau national des directives pour renforcer la participation des femmes aux opérations de maintien de la paix.  Au niveau régional, l’Union européenne s’efforce d’encourager celles-ci à pourvoir des postes dans des pays se relevant de conflits.  D’une manière générale, la Suède a accordé son soutien matériel et financier à la mise en œuvre de la dite résolution, ainsi qu’à des mesures de réforme du secteur de la sécurité dans plusieurs pays avec lesquels elle a conclu des accords bilatéraux de développement.  Par ailleurs, en vue de prévenir les abus et l’exploitation sexuels, le Gouvernement suédois a proposé de dépêcher des observateurs civils dans les opérations de maintien de la paix, notamment des femmes, ce qui pourrait contribuer, selon la délégation, à l’application de la résolution 1325 (2000).  Enfin, le représentant a suggéré à la Commission de consolidation de la paix et au Bureau d’appui à la consolidation de la paix de mettre en œuvre les engagements de ladite résolution dans toutes leurs initiatives.


M. MICHAEL VON UNGERN-STERNBERG (Allemagne) a estimé que l’édification et la consolidation de la paix requéraient patience et détermination, ainsi que la participation des femmes comme des hommes.  Mais beaucoup trop souvent, le potentiel des femmes est sous-utilisé quand elles ne sont pas totalement laissées de côté, voire prises pour cibles comme cela a été le cas en Afghanistan.


Pour le représentant de l’Allemagne, dont le pays fait partie du groupe des amis de la résolution 1325 (2000), celle-ci doit maintenant être pleinement mise en œuvre.  Il s’est félicité que la Commission de consolidation de la paix ait pris en compte la question de l’égalité des sexes dans ses critères.  Après s’être félicité de la politique de tolérance zéro en matière d’abus sexuels au sein du Département des opérations de maintien de la paix, le représentant a évoqué les initiatives concrètes en matière de promotion du rôle des femmes dans les pays couverts par des missions de l’ONU, initiatives qui s’appuient sur les provisions de la résolution 1325.


M. MUTLAQ AL-QAHTANI (Qatar) a déclaré que son pays continuera d’œuvrer activement en faveur de la participation des femmes à tous les efforts de maintien de la paix nationale et internationale.  Il faut les protéger des abus sexuels et des violences, et mettre fin à la culture d’impunité en amendant les législations.  C’est en réaffirmant ces grands principes que nous pensons qu’il faut s’éloigner de toute politisation de la question, a poursuivi le représentant du Qatar, qui a estimé indispensable de voter des lois et des régimes sociaux répondant aux exigences spécifiques de chaque pays pour permettre aux femmes de prendre part activement à toutes les activités de leur société.  Le représentant a ensuite affirmé que le Plan d’action à l’échelle du système des Nations Unies était certes un premier pas vers une meilleure mise en œuvre de la résolution 1325, soulignant cependant qu’un plan révisé s’imposait.  Selon lui, les États Membres doivent aussi relayer au niveau national cet effort en mettant en place leurs propres plans et stratégies.


Mme CHRISTINE MITURUMBWE (Burundi), Coordonnatrice de l’association Dushirehamwe « Réconcilions-nous », a rappelé qu’un programme intitulé « Promotion du dialogue pour une meilleure cohésion sociale et réintégration des sinistrées » avait été développé par cette association dans 13 provinces, soit 98 communes, du Burundi.  À l’issue de ces travaux, des consultations ont été menées au niveau national et à l’issue desquelles des recommandations avaient été formulées.  S’agissant de la question de la bonne gouvernance, il est important non seulement d’assurer la concertation et le dialogue à tous les niveaux, mais aussi d’inclure tous les groupes sociaux, en particulier des femmes.  L’association recommande donc à la communauté internationale d’apporter son soutien au Burundi pour que le programme de renforcement des capacités de bonne gouvernance reste une priorité.  En outre, la représentante a souligné qu’il faudrait que le quota de 30% de femmes (mais qu’il serait souhaitable d’élever à 50%) soit appliqué au niveau local.  Abordant ensuite le processus de démobilisation, de désarmement et de réinsertion (DDR) en cours au Burundi, elle a rappelé que la circulation des armes au sein de la population constituait une source d’insécurité pour les femmes.  À cet égard, la communauté internationale devrait continuer son appui technique, politique et financier du Gouvernement du Burundi pour appliquer les programmes de DDR.  Enfin, pour lutter contre la pauvreté, dont les femmes sont souvent les premières victimes, la Coordinatrice a demandé aux Nations Unies de ne pas rendre les femmes otages de la situation politique du Burundi et qu’il soit permis à celles-ci d’accéder aux financements qui leur permettront d’entreprendre et de consolider le travail qu’elles font déjà dans les communautés.  Enfin, l’association a recommandé la promulgation de législations relatives à l’égalité et à l’équité selon le genre.


Mme MARIA DIAS, Présidente de « Rede Feto », réseau de femmes regroupant 17 organisations féminines non gouvernementales de Timor-Leste, a évoqué la crise d’avril dernier, en brossant un tableau particulièrement sombre d’une situation dont l’un des effets a été d’aggraver la fracture entre les populations du nord et du sud de l’île.


Après avoir énuméré les initiatives du Gouvernement timorais pour ramener la paix civile, elle a expliqué que son organisation avait entrepris de travailler avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), ainsi qu’avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’UNIFEM et l’Union européenne.  Une action d’éducation physique a été entreprise dans la perspective des élections de l’an prochain.  Rede Feto tente de jouer le rôle de médiateur en organisant des tables rondes entre membres des deux camps qui se font toujours face.  À ce stade, ont été pris des contacts entre le chef de la rébellion ainsi qu’avec les chefs des forces armées avec l’objectif de parvenir à ce qu’ils s’assoient à la même table pour que le retour à la paix civile soit définitif.


Mme Dias a ensuite évoqué les contacts établis avec les jeunes, les femmes en particulier.  Il s’agit des secteurs de la société les plus marginalisés, ce qui explique, selon elle, que les jeunes hommes aient pris une part importante aux troubles.  Elle a ensuite évoqué le suivi psychologique des personnes affectées, ainsi que la nécessité de traduire en justice les auteurs des violences.  De l’avis de Mme Dias, il est urgent d’apporter un soutien aux plus faibles de la société, en premier lieu aux femmes et aux jeunes.  Elle a demandé aux Nations Unies de réévaluer ses activités passées, lorsqu’elles avaient en charge les deux premières années de l’indépendance, afin d’identifier les faiblesses dans l’édification de l’État timorais et de les régler.  Elle a souligné que les organisations de femmes devaient être parties prenantes de cette évaluation.


M. PASCAL GAYAMA (République du Congo), après avoir rappelé le caractère historique de la résolution 1325, a souligné sa contribution à une meilleure représentation des femmes au sein des organes décisionnels.  Pourtant, malgré le rôle fondamental qu’elles jouent dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix, celles-ci sont trop souvent exclues des négociations de paix.  Pour leur part, les femmes congolaises sont impliquées dans la Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs, a fait valoir M. Gayama.  Mentionnant ensuite les retards pris dans la mise en œuvre du Plan d’action tant au niveau du système des Nations Unies qu’au niveau des États Membres, le représentant a notamment regretté les tendances relatives à la centralisation ou la décentralisation des mécanismes de gestion de la problématique genre et de la parité entre les sexes au sein des Nations Unies.  Bien que les progrès accomplis ne soient pas encore à la hauteur de ses attentes, la délégation a estimé que les avancées les plus significatives en ce qui concerne la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) ne sont pas hors de notre portée.  Ceci ne pourra être possible, selon elle, que grâce à une réponse collective adaptée à la réalité des besoins.  Évoquant enfin le caractère dit transversal des problèmes de genre, le représentant a souligné que des initiatives louables de discrimination positive pouvaient parfois avoir des effets pervers.  Ainsi, des actions menées par d’ardents adeptes de la promotion sociale des catégories dites favorisées se sont muées en alibis commodes pour la satisfaction des bonnes consciences, a conclu le représentant du Congo.


Mme MARY CATHERINE PHEE (États-Unis) a estimé que le débat annuel au Conseil de sécurité sur les femmes et la paix était devenu un rendez-vous très important car il touchait à de nombreux domaines.  Elle a noté que les femmes assumaient de plus en plus de rôles et a cité le cas de plusieurs pays africains dont la Sierra Leone, le Libéria et la République démocratique du Congo, pays où, selon elle, les femmes jouent un rôle grandissant.  Citant le cas du Népal, elle a noté que les femmes avaient joué un rôle clef dans la démocratisation actuelle.  Pourtant, a fait remarquer la représentante des États-Unis, il existe encore des résistances, alors que le rôle des femmes est essentiel et qu’il doit donc l’être dans les accords de paix.  Elles ont non seulement le droit mais aussi la responsabilité de jouer toute leur part dans les processus de paix et dans la consolidation de cette paix.


M. FRANK MAJOOR (Pays-Bas) a rappelé qu’il était indispensable de promouvoir les droits des femmes et d’impliquer davantage celles-ci dans les processus de paix.  Il a estimé que la résolution 1325 (2000) avait souligné les besoins de réformer les institutions judiciaires des Nations Unies en vue de leur faire prendre en compte l’inégalité dont sont victimes les femmes.  Pour leur part, les Pays-Bas ont établi un Groupe de travail interministériel sur les femmes en situation de conflits.  En outre, le Gouvernement néerlandais soutient l’action des organisations non gouvernementales nationales et internationales et des institutions des Nations Unies œuvrant à une meilleure participation des femmes à la consolidation durable de la paix.  Le représentant a toutefois souligné la nécessité d’améliorer la coordination entre les différents acteurs dans leurs efforts conjoints de maintien et de consolidation de la paix.  Enfin, une référence devrait être faite à l’avenir dans toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, a suggéré M. Majoor.


M. HJALMAR W. HANNESSON (Islande) a déclaré que depuis l’adoption de la résolution 1325 (2000), l’accent avait été porté sur la mise en œuvre à l’échelle du système des Nations Unies, avec notamment l’adoption d’un Plan d’action conçu pour intégrer la perspective de l’égalité entre les sexes à l’ensemble de l’Organisation.  Cependant, beaucoup reste à faire pour l’appliquer, en particulier dans les domaines du maintien et de la consolidation de la paix, a regretté M. Hannesson.  À cet égard, sa délégation a souligné le rôle important de la Commission de consolidation de la paix et du Bureau d’appui à la consolidation de la paix dans la mise en œuvre de la résolution 1325, qui garantit la pleine participation des femmes à tous les processus de prise de décisions en matière de prévention de conflit et de consolidation de la paix.  Pour sa part, l’Islande est pleinement engagée en faveur des droits des femmes et des filles, en prenant en compte la nécessité de faciliter la transition des situations de conflit vers leur rôle dans la consolidation de la paix.  Dans ce contexte, le représentant a réitéré en conclusion son soutien au travail effectué par le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM).


M. FRANCIS K. BUTAGIRA (Ouganda) a estimé que bien que la résolution 1325 (2000) soit un texte clef, fort peu a été entrepris dans sa mise en œuvre.  Alors qu’elles sont les premières à souffrir des situations de guerre, et qu’elles se retrouvent souvent chefs de famille en l’absence de leur mari parti ou mort à la guerre, les femmes n’ont pratiquement aucun rôle dans l’établissement de la paix, a-t-il noté.  L’Ouganda propose donc que les Nations Unies exercent leur influence pour inciter les délégations chargées de négociations de paix de faire figurer des femmes en leur sein ou qu’elles y participent au moins en tant qu’observatrices.  M. Butagira a aussi proposé que les missions de maintien ou de consolidation de la paix de l’ONU adoptent une démarche soucieuse d’équité entre les sexes, sans pour autant recourir à la discrimination positive.


Évoquant les actuelles négociations de paix entre le Gouvernement ougandais et l’Armée de résistance du Seigneur, le représentant ougandais a souligné que si la justice était souhaitable compte tenu des atrocités commises, il fallait savoir trouver un juste milieu entre le besoin de justice et l’impératif de la paix et de la sécurité, ce qui ne signifie pas que les autorités ougandaises donnent leur aval à l’impunité.  Mais, a assuré M. Butagira, il existe des moyens traditionnels de sévir tout en parvenant à la justice et à la réconciliation, y compris en offrant réparation en faveur des victimes.


M. ADAMANTIOS VASSILAKIS (Grèce) a regretté qu’en dépit d’une prise de conscience au sujet du rôle joué par les femmes dans le maintien et la consolidation de la paix, cette tendance ne se soit pas accompagnée de la fin des violences perpétrées à leur égard.  Les femmes ont un rôle à jouer à chaque étape du maintien et de la consolidation de la paix, ainsi que dans la prévention des conflits, comme le prévoit la résolution 1325 (2000).  Cependant, la meilleure façon d’appliquer ses dispositions est encore d’assurer la plus large participation possible des femmes à la vie politique de leur pays.  Soulignant enfin que le processus de consolidation de la paix dépendait en partie d’un développement durable, le représentant a souligné que la contribution des femmes à cet égard était inestimable, la Déclaration du Millénaire reconnaissant que la promotion des droits des femmes était aussi un enjeu de développement.


M. TUVAKO N. MANONGI (République-Unie de Tanzanie) a souligné que la paix ne pouvait se faire sans les femmes.  Heureusement, a-t-il ajouté, de plus en plus de femmes contestent l’ordre des choses qui veut qu’elles soient écartées le plus souvent des processus de prise de décisions.  Il s’est dit encouragé par la participation des femmes dans les pays sortant d’un conflit même s’il est regrettable qu’elles soient mal représentées dans les instances de décision.  Or, leur voix doit être entendue et leur avis doit être pris en considération.  Les hommes et les jeunes gens ont un rôle à jouer en vue d’accorder une place plus importante aux femmes, a estimé M. Manongi.


Concernant les violences sexuelles, des réparations doivent être accordées aux victimes.  Les réformes judiciaires et des services de sécurité doivent, selon lui, axer une de leurs priorités à l’égalité entre les hommes et les femmes.  Le représentant de la Tanzanie a estimé que la Commission de consolidation de la paix de l’ONU avait aussi un rôle à jouer concernant la parité.   On ne peut plus ignorer les violations subies par les femmes dans les conflits, a-t-il conclu.


M. KENZO OSHIMA (Japon) a rappelé que six ans après l’adoption de la résolution 1325 (2000), il était temps d’évaluer les progrès accomplis dans sa mise en œuvre.  À cet égard, il s’est félicité que la Commission de consolidation de la paix ait intégré les questions sexospécifiques lors de ses récentes réunions sur la situation en Sierra Leone et au Burundi.  Pour le Japon, l’application de la résolution 1325 doit permettre de renforcer la sécurité des femmes et promouvoir les réformes institutionnelles qui prendraient en compte leurs besoins et leurs priorités.  Dans ce contexte, son gouvernement a contribué à la mise en place en 1999 d’un Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour la sécurité humaine, qui a depuis apporté son soutien à plus de 160 projets dans plus de 90 pays et régions en faveur de l’autonomisation et la protection des femmes et des enfants.  La plupart de ces projets s’appuient sur des initiatives conjointes avec des organisations non gouvernementales, a expliqué le représentant.  À cet égard, il a cité l’exemple de l’association Dushirehamwe du Burundi qui œuvre au rapatriement des femmes déplacées et à la réconciliation nationale.


Mme CLAUDIA BLUM (Colombie) a affirmé que son pays avait entrepris d’appliquer la résolution 1325 (2000) dans sa législation par le biais de programmes spéciaux qui ont bénéficié du concours du système de l’ONU, en particulier de l’UNIFEM.  La Colombie a adopté des lois pour la protection des femmes.  Ainsi, la législation colombienne  garantit une proportion de 30% de femmes dans la hiérarchie des emplois publics.  La Colombie s’efforce de parvenir à une plus grande équité entre les sexes, notamment par la protection sociale et la pleine participation à la vie publique.  Pour la période 2006-2010, il est prévu d’inclure l’égalité des sexes dans le programme de la politique extérieure et de coopération internationale en mettant l’accent sur le développement social.


M. JOSÉ ALBERTO BRIZ GUTIÉRREZ (Guatemala) a indiqué que son gouvernement s’était efforcé d’appliquer au mieux les dispositions de la résolution 1325 (2000) et de lutter contre l’impunité dont continuent de jouir les auteurs de violences ou d’abus sexuels perpétrés contre des femmes.  Tout en se félicitant de l’adoption d’un Plan d’action à l’échelle du système des Nations Unies, le représentant a cependant fait observer que la résolution 1325 était loin d’être mise en œuvre et que seulement 26% des résolutions du Conseil de sécurité faisaient allusion à la promotion des droits des femmes et au respect de l’égalité entre les sexes.  Pour sa part, le Guatemala s’efforce d’accroître le nombre de femmes souhaitant intégrer les opérations de maintien de la paix des Nations Unies, notamment la MINUSTAH et la MONUC.  La délégation a ensuite souligné qu’il serait souhaitable de mettre en place à l’avenir un système de surveillance et d’évaluation en perspective du nouveau cycle du Plan d’action, qui débutera en 2007, en particulier en vue de renforcer la coordination globale dans les actions soucieuses de l’égalité entre les sexes menées par les institutions de l’ONU.


Mme ADIYATWIDI ADIWOSO ASMADY (Indonésie) a estimé qu’il fallait un changement général d’attitude face aux femmes.  Si l’intégration des objectifs sur l’égalité sexuelle se fait dans le système des Nations Unies, ce n’est pas le cas de toutes les institutions onusiennes, a-t-elle estimé.  Mettant en cause les chevauchements et les doubles emplois, elle a estimé urgent que les entités des Nations Unies se concertent plus étroitement.  Au niveau international, la création d’un groupe de travail se consacrant à la question de l’égalité entre les hommes et les femmes irait dans le bon sens, a-t-elle noté.  Pour la représentante indonésienne, il serait de bonne politique que le Conseil de sécurité agisse en plus étroite concertation avec les autres organes des Nations Unies afin de parvenir à un meilleur processus de décision.


M. IFTEKHAR AHMED CHOWDHURY (Bangladesh) a souligné que les femmes étaient les premières victimes des conflits.  L’application effective de la résolution 1325 (2000) doit donc permettre d’inverser cette situation et de veiller à leur représentation équitable à tous les niveaux du processus de prise de décisions.  Après avoir salué l’examen du Plan d’action à l’échelle des Nations Unies entrepris cette année, la délégation a souligné que l’intégration de la dimension sexospécifique devait tenir également compte des facteurs culturels et ethniques et du rôle joué par la société civile.  Des initiatives telles que l’accès au microcrédit peuvent ainsi favoriser l’autonomisation des femmes, a déclaré le Bangladesh, qui s’est félicité de l’attribution du prix Nobel de la paix 2006 au Professeur Yunus, de la Grameen Bank.  La délégation a ajouté qu’en tant que membre de la Commission de la consolidation de la paix, elle resterait vigilante quant à la mise en œuvre de la résolution 1325.


Mme SILVIA ESCOBAR (Espagne) a estimé que la question de l’égalité entre les hommes et les femmes devait figurer dans tous les aspects de la consolidation de la paix.  La promotion de l’égalité est souvent compromise par la marginalisation des femmes, a-t-elle noté.  La représentante espagnole a noté que le nombre de textes de l’ONU faisant référence à la parité était limité: cinq résolutions sur 59 adoptées en 2004 traitaient du thème de la violence contre les femmes et seulement huit faisaient mention de la résolution 1325 (2000).  Elle a estimé que le Conseil de sécurité devrait étudier la création d’un correspondant national chargé de suivre la promotion de l’égalité hommes-femmes et toute question liée à la résolution 1325. 


M. FILIMONE KAU (Fidji) a salué l’appel à la mise en œuvre rapide de la résolution 1325 (2000) lancé aux institutions des Nations Unies et aux États Membres.  À cet égard, nous appelons également la communauté internationale et ses partenaires à assister les États Membres dans le processus de mise en œuvre.  En effet, en dépit de quelques progrès, nous sommes convaincus que davantage peut être fait, a estimé la délégation.  Fidji avait tout récemment participé à une réunion avec les pays voisins visant à faciliter la mise en œuvre de la résolution 1325 parmi les États membres du Forum des îles du Pacifique.  Le représentant a ensuite indiqué que les femmes de Fidji avaient été actives dans les efforts de maintien de la paix, en dépit d’un manque de moyens et de politiques appropriées.  Il a également souligné qu’un plan d’action national leur avait permis un meilleur respect de la parité entre les sexes.


M. ALPHA IBRAHIMA SOW (Guinée) a estimé qu’il fallait donner une nouvelle impulsion politique et opérationnelle à la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre de la résolution 1325 (2000).  Il a jugé indispensable d’appuyer les initiatives et les actions des femmes en vue de promouvoir la paix et la réconciliation en assurant une transition sans heurt vers un développement durable.


Après avoir évoqué l’action de la Première Dame de Guinée et de sa Fondation Maman Henriette Conté, il a estimé qu’il convenait de prendre des dispositions efficaces pour amener tous les acteurs concernés à conclure des partenariats et des alliances avec les autorités, les groupes et les réseaux de femmes en vue de l’application de la résolution 1325.  Il a aussi estimé que les organisations féminines dans les pays en conflit ou qui en sortent devaient être aidées en les dotant de capacités techniques et professionnelles par l’octroi des ressources nécessaires.


S’exprimant au nom des États membres de la Communauté pour le développement des États d’Afrique australe (SADC), M. LEBOHANG F. MAEMA (Lesotho) s’est félicité de la mise en œuvre du Plan d’action à l’échelle du système des Nations Unies, adopté en vue d’appliquer la résolution 1325 (2000).  Nous sommes encouragés par le fait que des progrès considérables ont été constatés à cet égard par toutes les parties prenantes, a poursuivi le Lesotho, qui s’est ensuite déclaré convaincu que  les femmes devraient être plus nombreuses à prendre part au maintien et à la consolidation de la paix.  Des mesures concrètes sont nécessaires à cet égard pour garantir la participation plus large de celles-ci à tous les stades des processus de prise de décisions sur le terrain.  C’est pourquoi la SADC souligne l’importance de garantir la représentation équitable des femmes à la vie politique de leur pays dans les phases de relèvement.  Déplorant l’exploitation et les abus sexuels perpétrés contre les femmes, le représentant a souligné la nécessité d’appliquer scrupuleusement la politique de tolérance zéro du Secrétaire général.


M. MAGED ABDELAZIZ (Égypte) a évoqué un sentiment mitigé de succès, voire de confusion, six ans après l’adoption de la résolution 1325 (2000).  Sur 39 entités de l’ONU, 29 seulement ont répondu au questionnaire sur la parité qui leur a été adressé sans que l’on en sache la raison avec précision.  Le sujet mérite d’être éclairci, a souligné M. Abdelaziz.


Concernant l’examen des lacunes et problèmes divers, le représentant égyptien s’est interrogé sur la question de savoir s’il fallait centraliser ou décentraliser les questions de la parité au sein de l’ONU.  Pour lui, le Plan d’action doit devenir une stratégie complète des Nations Unies dotée d’objectifs clairement définis dont le Secrétariat doit s’assurer de la mise en œuvre.


Mme CARMEN MARÍA GALLARDO HERNÁNDEZ (El Salvador) a déclaré que la Commission de consolidation de la paix constituait une nouvelle occasion de mettre en œuvre la résolution 1325 (2000).  Sur la base de notre expérience, nous pouvons affirmer que le renforcement de l’autonomisation des femmes constitue un facteur susceptible de garantir une paix durable.  À l’heure actuelle, malheureusement, les femmes et les filles ont été le plus souvent transformées en cibles stratégiques dans les situations de conflit et postconflit, a regretté la représentante.  Selon elle, le phénomène des migrations internationales, qui comprend une majorité de femmes, découlerait des menaces posées par les conflits armés.  La délégation a ensuite estimé qu’il était nécessaire de favoriser les stratégies définies par le Département des opérations de maintien de la paix en vue de garantir la participation croissante des femmes au maintien et à la consolidation de la paix.  À cet égard, a-t-elle fait remarquer, la nomination de spécialistes de la parité entre les sexes serait de nature à y contribuer.  El Salvador est engagé, pour sa part, en faveur de la transversalité de toutes les questions de genre comme stratégie efficace pour réduire la pauvreté et autonomiser les femmes.


M. ABDALHALEEM (Soudan) a évoqué le rôle important du Conseil de sécurité pour améliorer la situation des femmes.  Dieu maudit tous les conflits et toutes les guerres: ceux-ci s’accompagnent inévitablement de la violation des droits de l’homme et du droit international humanitaire, a-t-il ajouté, les femmes et les enfants figurant parmi les premières victimes.  Le représentant soudanais a nommé et félicité les diverses institutions de l’ONU pour leur action dans les pays en situation de conflit, évoquant en particulier la République démocratique du Congo.


Les femmes ont un rôle particulier et important au Soudan, a assuré son représentant, citant en particulier leur rôle au Parlement depuis 50 ans.  Celui-ci est plus important que dans n’importe quel autre pays de la région, selon lui.  Les femmes jouent aussi un rôle prédominant dans nombre d’associations civiles au Soudan.  Le représentant a conclu en souhaitant que les débats du jour débouchent sur un plan d’action.


Mme MEIRAV EILON SHAHAR (Israël) s’est déclarée convaincue que les femmes doivent jouer un rôle équitable à tous les niveaux de l’État et de la société civile.  À cet égard, l’intégration des questions de parité entre les sexes dans toutes les politiques et programmes, qu’ils soient internationaux ou nationaux, peut jouer un rôle crucial dans la prévention de la discrimination, de l’exploitation et des abus sexuels, a-t-elle estimé.  Par ailleurs, pour que les besoins et intérêts des femmes soient reconnus à long terme, elles doivent prendre part aussitôt que possible à toutes les étapes du maintien et de la consolidation de la paix.  Ainsi, en Israël, des programmes tels que « Isha l’Isha » (De femme à femme) continuent de mettre en œuvre la résolution 1325 par tous les moyens possibles, notamment en diffusant l’information auprès des ONG et des organisations nationales et régionales.  Soulignant ensuite la contribution des femmes aux négociations de paix dans le conflit israélo-palestinien, la représentante a cependant regretté que l’élection du Hamas à la tête de l’Autorité palestinienne ait bloqué le processus de paix et rendu difficilement identifiables des interlocutrices capables de tenir compte des attentes des femmes.


Mme MIRJANA MLADINEO (Croatie) a souligné que la communauté internationale ne devait pas rester passive face aux violations flagrantes des droits des femmes.  Trop souvent, les femmes deviennent victimes, y compris dans les situations de postconflit, a-t-elle rappelé.  C’est la raison pour laquelle il est essentiel de donner aux femmes un rôle plus important dans les actions de consolidation de la paix.  Pour la Croatie, il s’agit à la fois d’une responsabilité internationale et nationale.  Mme Mladineo a appelé à ce qu’un rôle plus important soit donné aux femmes dans les opérations de consolidation de la paix. 


M. KYAW TINT SWE (Myanmar) a rappelé que l’intégration de la dimension sexospécifique à tous les niveaux et le respect de la parité entre les sexes constituent des facteurs de paix et de sécurité.  À cet égard, il a rappelé que la législation du Myanmar garantit les droits de la femme et condamne vigoureusement l’exploitation et les abus sexuels, qui sont d’ailleurs étrangers aux traditions du pays.  Rappelant que le terrorisme constitue une menace transfrontalière, le représentant a indiqué que les femmes du Myanmar ont pris part à des initiatives publiques de lutte contre ce fléau.  Enfin, encouragée par le début des travaux de la Commission de consolidation de la paix, la délégation a espéré qu’elle jouera à l’avenir un rôle important dans la promotion du rôle de la femme dans les situations de postconflit.


M. Z. D. MUBURI-MUITA (Kenya) a rappelé que le Président Mwai Kibaki a annoncé, l’an dernier, devant l’Assemblée générale des Nations Unies, l’intégration des femmes kényennes dans les processus de prise de décisions nationaux.  Vendredi dernier, a-t-il ajouté, le Chef de l’État a annoncé que 30% des emplois publics seraient réservés aux femmes.  Il est grand temps que les stéréotypes traditionnels qui ont constamment maintenu les femmes à l’écart soient brisés, a ajouté le représentant, qui a reconnu que beaucoup reste à faire à cet égard.  Le Kenya, a-t-il dit, se félicite que le Département des opérations de maintien de la paix ait fait des efforts conséquents en matière de parité.  Il a rappelé que son pays, dans sa volonté d’appliquer la résolution 1325, a déployé des femmes dans six des huit missions auxquelles il participe.  Il s’agit là d’une proportion qui devrait encore s’accroître, a dit le représentant.


M. PATRICK M. RITTER (Liechtenstein) a affirmé que six ans après l’adoption de la résolution 1325, le Conseil n’a toujours pas pris de mesures pour garantir l’intégration d’une perspective sexospécifique à ses travaux.  Il a également rappelé qu’en dépit des efforts de nombreuses parties prenantes, la prise de conscience quant à la nécessité de promouvoir le rôle des femmes dans la consolidation de la paix reste insuffisante.  La représentant a prôné la nomination de femmes à des postes de représentantes spéciales et d’envoyées spéciales du Secrétaire général, convaincu que cela pourrait enclencher une dynamique susceptible de favoriser l’implication des femmes dans les processus de paix.


M. MAHMOUD M. ABOUD (Comores) a reconnu qu’en raison d’une situation politique instable depuis l’indépendance du pays, la femme comorienne n’a pu exercer « aucune influence politique réelle ».  Mais avec l’élection du Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, l’archipel « inaugure une nouvelle ère politique ».  Celle-ci doit emprunter la voie de la démocratie, de l’état de droit et de la bonne gouvernance.  L’égalité des sexes est garantie par la constitution comorienne, a-t-il rappelé, en soulignant néanmoins que malgré un cadre juridique favorable,  force est de constater que les femmes comoriennes continuent de jouer un rôle marginal.  M. Aboud a lancé un appel pour son pays soit aidé dans ses projets de promotion de la femme dans le cadre de la résolution 1325. 


Déclaration présidentielle


« Le Conseil de sécurité réaffirme sa volonté de voir appliquer intégralement et efficacement sa résolution 1325 (2000) et rappelle les déclarations faites par son président les 31 octobre 2001 (S/PRST/2001/31), 31 octobre 2002 (S/PRST/2002/32), 28 octobre 2004 (S/PRST/2004/40) et 27 octobre 2005 (S/PRST/2005/52), réitérant cette volonté.


Le Conseil rappelle le Document final du Sommet mondial de 2005 (A/RES/60/1), la Déclaration et le Programme d’action de Beijing (A/52/231), les résultats de la Conférence et de la vingt-troisième session extraordinaire de l’Assemblée générale, ainsi que la Déclaration faite par la Commission de la condition de la femme à sa quarante-neuvième session, à l’occasion du dixième anniversaire de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes (E/CN.6/2005/1).


Le Conseil salue le rôle essentiel joué par les femmes dans la consolidation de la paix ainsi que leur contribution à cette entreprise.  Il se félicite des progrès qui ont été accomplis dans le sens de la participation croissante des femmes à la prise de décisions dans plusieurs pays sortant d’un conflit et prie le Secrétaire général de recenser les bonnes pratiques et les enseignements tirés de l’expérience, ainsi que les lacunes et difficultés qui subsistent, en vue de continuer à promouvoir l’application efficace et utile de la résolution 1325 (2000).


Le Conseil reconnaît que la protection et l’autonomisation des femmes, ainsi que l’appui apporté à leurs réseaux et initiatives, sont essentiels pour consolider la paix et pour promouvoir leur participation pleine et égale et améliorer leur sécurité et, à ce propos, encourage les États Membres, les donateurs et la société civile à leur fournir un appui.


Le Conseil considère qu’il est important de faire une place à une démarche soucieuse d’équité entre les sexes dans les réformes institutionnelles des pays sortant d’un conflit, tant aux niveaux national que local.  Il encourage les États Membres sortant d’un conflit à veiller à ce qu’il en soit ainsi à l’occasion de la réforme de leurs institutions, de sorte que les réformes entreprises, notamment du secteur de la sécurité et des institutions judiciaires et le rétablissement de l’état de droit, pourvoient à la protection des droits des femmes et de leur sécurité.  Le Conseil prie par ailleurs le Secrétaire général de veiller à ce que l’aide fournie par l’ONU dans ce contexte réponde bien aux besoins et aux priorités des femmes dans les situations d’après conflit.


Le Conseil prie le Secrétaire général de veiller à ce que les programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion tiennent compte en particulier de la situation des ex-combattantes et des femmes associées à des combattants, ainsi que de celle de leurs enfants, et à ce qu’ils aient pleinement accès à ces programmes.


Le Conseil se félicite du rôle que peut jouer la Commission de consolidation de la paix dans l’intégration d’une démarche soucieuse d’équité entre les sexes dans l’entreprise de consolidation de la paix.  Dans ce contexte, il se félicite en particulier des résumés établis par le Président à l’occasion des réunions de la Commission consacrées à la Sierra Leone et au Burundi, les 12 et 13 octobre 2006.


Le Conseil demeure profondément préoccupé par l’omniprésence de toutes les formes de violence exercées contre les femmes dans les conflits armés, dont les meurtres, les mutilations, les violences sexuelles graves, les enlèvements et la traite.  Il condamne à nouveau ces pratiques avec la plus grande fermeté, appelle toutes les parties à des conflits armés à pourvoir pleinement et efficacement à la protection des femmes et insiste sur la nécessité de mettre fin à l’impunité des auteurs de violences sexistes.


Le Conseil condamne une fois de plus, avec la plus grande fermeté, tous actes de violence sexuelle commis par toutes les catégories de personnel des missions de maintien de la paix des Nations Unies.  Il demande instamment au Secrétaire général et aux pays qui fournissent des contingents de garantir l’application intégrale des recommandations du Comité spécial des opérations de maintien de la paix (A/60/19).  À cet égard, le Conseil est favorable à ce que l’ONU s’emploie encore à instituer des codes de conduite et des procédures disciplinaires qui permettraient de prévenir et punir l’exploitation sexuelle et de renforcer les mécanismes de contrôle et de répression, fondés sur une politique de tolérance zéro.


Le Conseil demande au Secrétaire général de rendre compte, dans les rapports qu’il lui présente, des progrès accomplis dans le sens de l’institutionnalisation d’une démarche soucieuse d’équité entre les sexes dans toutes les missions de maintien de la paix des Nations Unies et des autres aspects qui intéressent spécialement les femmes et les petites filles.  Il souligne la nécessité de faire une place à une composante femmes dans les opérations de maintien de la paix.  Il encourage en outre les États Membres et le Secrétaire général à accroître la participation des femmes dans tous les secteurs et tous les niveaux des opérations de maintien de la paix, tant civiles que de police et militaires, dans la mesure possible.


Le Conseil demande à nouveau aux États Membres de continuer à mettre en œuvre la résolution 1325 (2000), notamment en élaborant et en appliquant des plans d’action nationaux ou autres stratégies nationales.


Le Conseil reconnaît l’importante contribution qu’apporte la société civile à l’application de la résolution 1325 (2000) et encourage les États Membres à continuer de collaborer avec elle, en particulier avec les organisations et les réseaux locaux de femmes, afin de renforcer la mise en œuvre de ce texte.


Le Conseil attend avec intérêt le rapport du Groupe de haut niveau sur la cohérence de l’action du système des Nations Unies dans les domaines du développement, de l’aide humanitaire et de la protection de l’environnement et espère qu’il contribuera à garantir une approche coordonnée de la question des femmes, de la paix et de la sécurité au sein du système des Nations Unies.


Le Conseil accueille avec satisfaction le premier rapport de suivi du Secrétaire général (S/2006/770), relatif au Plan d’action pour l’application de la résolution 1325 (2000) dans tout le système des Nations Unies.  Il prie le Secrétaire général de continuer à actualiser, suivre et examiner la mise en œuvre et l’intégration du Plan d’action et de lui faire rapport sur ce sujet, ainsi que le Président du Conseil l’a dit dans sa déclaration en date du 27 octobre 2005 (S/PRST/2005/52). »


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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